Étiquette : jeunesse

  • Christian Zacharias, plus épatamment jeune que jamais, en de pétulantes Sonates de Joseph Haydn, digne héritier de l’Empfindsamkeit de Carl-Philipp-Emanuel Bach…

    Christian Zacharias _ né le 27 avril 1950 _ vient de nous donner,

    en un merveilleux CD _ MDG 940 2257-6 _ de 4 Sonates _ Hob. XVI: 21, 44, 39 et 46, composées entre 1767 et 1780 _ de Joseph Haydn (Rohrau/Leitha, 31 mars 1732 – Vienne, 31 mai 1809),

    un magnifique de pétulante jeunesse récital de piano _ la première fois que j’ai eu la joie d’écouter Christian Zacharias en concert, c’était en l’église de Guéthary ; et je suis bien sûr resté fidèle à son immense talent… _,

    dans la parfaite droite ligne de l’enthousiaste fulguration de l’Empfindsamkeit, héritée du jubilatoire Carl-Philipp-Emanuel Bach (Weimar, 8 mars 1714 – Hambourg, 14 décembre 1788)…

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    Et voici comment, sous l’excellent titre « Pureté« , l’a si bien chroniqué sur son site Discophilia Jean-Charles Hoffelé, le 15 novembre dernier :

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    PURETÉ

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    Au moment où Christian Zacharias annonce se retirer _ espérons que ce ne sera pas le cas ! _, du moins en tant que pianiste, des salles de concert, il publie l’enregistrement de quatre Sonates de Haydn captées en juin 2021 sur un sublime Steinway, le Manfred Bürki. Si abondamment versé dans Mozart, il avait quelque peu négligé Haydn, du moins au disque, mais ceux qui l’ont connu jeune homme au Lycée International de La Celle-Saint Cloud, savent « qu’il se jouait Haydn » pour lui-même.

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    Et c’est ce qu’il fait ici, dans une intimité troublante _ oui _ dont les micros nous rendent voyeurs. Hors du temps _ c’est-à-dire pour et dans l’éternité ! _, son Haydn ; évidence dans l’Adagio de presque rien _ magique ! quasi du Mompou… _, rêverie dans un tendre soleil, de la Sonate en la bémol majeur _ Hob. XVI: 46 _, mais aussi dans les Allegros et les Prestos, joués lumineux, fluides _ oui ! tels qu’improvisés, là, sur le champ… _, sereins jusque dans le capricieux _ voilà _, avec toujours ces doigts qui timbrent sans appuyer, ces poignets souples qui éclairent les harmonies, ce giocoso subtil, ce classicisme émouvant à force de pudeur _ mais lumineuse ! _ qui au fond avoue que même chez Haydn il pense à Mozart, et je ne saurais lui donner tort _ mais j’y entends aussi la lignée de Carl-Philipp-Emanuel Bach : ce qui n’a rien de contradictoire ; je l’entends sonner encore aussi dans la bondissante juvénilité de Félix Mendelssohn…

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Franz Joseph Haydn (1732-1809)

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    Sonate pour clavier en ut majeur, Hob. XVI:21
    Sonate pour clavier en sol mineur, Hob. XVI:44
    Sonate pour clavier en sol majeur, Hob. XVI:39
    Sonate pour clavier en la bémol majeur, Hob. XVI:46

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    Christian Zacharias, piano

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    Un album du label MDG 9402257-6
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    Photo à la une : le pianiste Christian Zacharias – Photo : © DR

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    Un merveilleus récital

    pour une réalisation discographique de pure beauté !

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    Ce mardi 31 janvier 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le Mozart merveilleusement vivant, ressuscité en sa bondissante et fluide jeunesse, par le jeu clair et lumineux comme jamais de Julien Chauvin et son décidément excellent Concert de la Loge…

    Ce sont deux écoutes successives, la première sur France-Musique (et mon auto-radio) le 30 septembre dernier en route vers Saint-Jean-de-Luz, tôt le matin, et qui fit découvrir le Mozart si véloce, si clair et si parfaitement juste _ comme jamais entendu ainsi aussi bien servi par une interprétation au disque… _, de Julien Chauvin et son Concert de la Loge dans la Symphonie n°40 en sol mineur K. 550 (joliement baptisée ici « La Dodécaphonique«  _ j’avais retenu ce détail _),

    puis une autre fois, toujours sur mon auto-radio (et sur France-Musique), en un autre extrait de ce CD « Simply Mozart » Alpha 875,

    qui m’ont fait me précipiter, à sa sortie, sur ce CD Alpha 875,

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    qui comporte aussi l’Ouverture de Don Giovanni K. 527 ;

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    ainsi qu’un magnifique Concerto pour piano et orchestre n° 23, en la majeur, K. 488, idéalement servi, aussi, au pianoforte, par un plus que jamais splendide Andreas Staier…

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    Grand merci ! et Bravo !!! à ces interprètes

    si magnifiquement inspirés…

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    Ce samedi 22 octobre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Enfin un enregistrement libéré (ardent ! ) de la « Betulia liberata » K. 118/74c du jeune Wolfgang Amadeus Mozart, à Padoue, en 1771, sous la direction ici de Christophe Rousset

    La « Betulia liberata« ,

    un oratorio pour Padoue composé en 1771, lors de son premier voyage en Italie, par un jeune Wolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791) de 15 ans,

    sur un livret de Pietro Metastasio (Rome, 3 janvier 1698 – Vienne, 12 avril 1782),

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    ne comportait jusqu’ici que des enregistrements discographiques assez anciens ;

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    parmi lesquels

    un sous la direction de Mario Rossi, en 1952 (pour le label Cantus Line),

    et un autre sous la direction de Vittorio Gui, en 1977, pour Philips.

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    Hier, 9 octobre, sous le titre « Conversion« ,

    Jean-Charles Hoffelé nous propose

    sur son excellent site Discophilia,

    une recension d’une version davantage théâtralisée de cette mozartienne Betulia liberata de 1771,

    sous la direction de Christophe Rousset,

    pour le label Aparté : AP 235 (en 2 CDs) ;

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    que voici :

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    CONVERSION

    Vittorio Negri en savait les beautés, et l’enregistra _ en 1977 _ pour Philips, ayant trouvé sa Judith, Birgit Finnilä, mais il retenait la verve dramatique de l’ouvrage dans le carcan de l’oratorio _ voilà _, ce à quoi en restèrent ses successeurs ; alors qu’à la RAI, Mario Rossi s’y montrait dès les années cinquante _ en 1952, pour le label Cantus Line _ bien plus enflammé, ayant Schwarzkopf _ serait-elle donc un facteur assuré de « flammes » ?.. _ dans ses chanteurs.

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    Enfin, Christophe Rousset rend à cette Betulie libérée son théâtre, celui qu’un Mozart gamin _ de 15 ans, en 1771 _ voulait à toute fin ; d’ailleurs à Padoue comme dans toute l’Italie, les oratorios n’étaient rien d’autre que des opéras sur des sujets bibliques écrits _ détour oblige… _ pour le temps du Carême.

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    Les deux « actes » fusent d’ardeur et de virtuosité ; même la discussion théologique sur le Dieu unique entre Achior et Ozia n’en apaise pas la tension.

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    Magnifique, Teresa Iervolino, le Rinaldo _ de Haendel _ du moment _ au Festival de la Vallée d’Itria, en 2018 _, fait oublier que Judith n’est pas le personnage principal de cette parabole sur la conversion : son grand air lorsqu’elle s’apprête à partir, parée de ses bijoux, au camp d’Holopherne, son retour devant les portes de la ville une fois la décollation accomplie, sacrent une chanteuse de première grandeur _ voilà ! _ qu’entourent une distribution exemplaire, de l’Amital virtuose de Sandrine Piau à l’Achior de Nahuel Di Pierro _ un chanteur que j’apprécie beaucoup, personnellement _, mais il faut saluer d’abord l’Ozia de Pablo Bemsch, ténor assuré, vocaliste brillant, dont l’air de révolte stupéfie _ voilà.

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    Chœur et orchestre ardents, décidément Christophe Rousset est dans les secrets du jeune Mozart.

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    LE DISQUE DU JOUR

    Wolfgang Amadeus Mozart(1756-1791)
    La Betulia liberata, K. 118/74c

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    Sandrine Piau, soprano (Amital)
    Amanda Forsythe, soprano (Cabri, Carmi)
    Teresa Iervolino, mezzo-soprano (Giuditta)
    Pablo Bemsch, ténor (Ozia)
    Nahuel Di Pierro, ténor (Achior)

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    Accentus

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    Les Talens Lyriques

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    Christophe Rousset, direction

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    Un album de 2 CD du label Aparté AP235
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    Photo à la une : le claveciniste et chef d’orchestre Christophe Rousset – Photo : © DR

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    Une œuvre (pour l’Italie de 1771) ici en quelque sorte rajeunie…

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    Ce vendredi 9 octobre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Impressions de souvenirs à la lecture d’un portrait de sa grand-mère par sa petite-fille

    Ce jour,

    sans être, je l’espère, trop intrusif dans les vies de personnes amies,

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    j’aimerais narrer quelques impressions de souvenirs personnels pas très précis,

    suite à ma lecture d’un très beau texte, assez singulier et fort,

    d’un portrait d’une grand-mère (1882 – 1988) par sa petite-fille.

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    C’est un bien beau texte, et singulier, que ce portrait de votre grand-mère alsacienne, A., née S..

    Elle avait un sacré tempérament ; que le récit, par C., d’une partie de sa vie semble éclairer au moins partiellement,
    par les péripéties un peu dures de son parcours (au moins tel que vécu par elle) de jeunesse.

     
    Il me semble me souvenir _ mais peut-être est une reconstruction de mon imagination (?) _ d’avoir croisé votre grand-mère A. en son très grand âge
    au 20 avenue G. C., au cours d’une ou deux visites à votre mère,
    quand j’ai enseigné au Lycée A. K., tout à côté, dans les années 80…
     
    De toutes façons, votre mère se souciait assez de sa vieille mère, tenace, et à la forte personnalité ; et elle en parlait un peu ;
    mais jamais pour s’en plaindre ou s’en lamenter, non. Et l’image que je gardais d’elle n’avait rien de négatif, au contraire…
    D’où ma légère surprise en lisant ce portrait « vécu » par vous, C..
    Il est vrai que S. n’était jamais négative.
    Et quand elle faisait preuve d’une douce ironie (jamais appuyée), c’était toujours avec un beau sourire, pacifié.
    Et d’ailleurs le terme d’ironie est inapproprié ; c’était de l’humour, avec tendresse. Du moins tel que je l’ai vécu.
     
    Votre récit, C., a quelque chose du merveilleux et dur (sinon cruel) des contes (germaniques ?) tels que les a analysés Bruno Bettelheim…
     
    Je me souviens aussi que l’étage où votre grand-mère habitait, rue du T. P., donnait aussi rue C.-de-S.,
    au-dessus d’une boutique qu’il me semble avoir été une crémerie.
    J’ai toujours été très sensible à la disposition des lieux : j’aime me repérer.
    Mon oncle (décédé en 1982 et qui a habité rue P. jusqu’en 1979, au décès de ma tante) habitait tout près de là, rue P. ;
    et de ses fenêtres on pouvait apercevoir l’immeuble de cette crémerie, qui faisait face à la rue P.…
    Tout cela (qui remonte à assez loin) est demeuré tel quel dans ma mémoire.
     
    Et longtemps j’ai pensé, aussi, que la longévité de S. (1914 – 2014) approcherait probablement celle de sa mère (1882 – 1988)…
    Des femmes tenant bien debout, solides, tenaces.
     
    Je me souviens aussi que S. m’avait parlé de N. S.
    _ lointainement apparentée _,
    que j’avais entendue chanter à Bordeaux ; S. peut-être aussi : elle allait aux concerts…
     
    J’ai aussi retrouvé quelque chose du sourire de S. dans le sourire de P.-Y. ; une semblable forme d’humour.
     
    Rien n’est passé. Tout demeure.
    Même quand la Cerisaie est proche d’être abattue…
    Et S. aimait aussi beaucoup le théâtre. Pour sa profonde capacité poétique de vérité.

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    Ce samedi 4 juillet 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa