Étiquette : Johannes Brahms

  • Découvrir 12 très plaisants lieder d’Eusebius Mandyczewski (Czernowitz, 1857 – Vienne, 1929) grâce à un délicieux CD « Mélancolie » de Konstantin Krimmel, baryton, et Ammiel Bushakevitz au piano, qui accomplit le prodige de me faire apprécier, pour la toute première fois, des lieder de Johannes Brahms (Hambourg, 1833 – Vienne, 1897)…

    Découvrir 12 tout à fait plaisants lieder d’Eusebius Mandyczewski (Czernowitz, 1857 – Vienne, 1929), grâce à un délicieux CD Alpha 1258 « Mélancolie » de Konstantin Krimmel, baryton – né à Ulm le 16 janvier 1996 – , et Ammiel Bushakevitz – né à Jérusalem le 9 avril 1986 – au piano,  en un CD enregistré à Berlin au mois de novembre 2025,

    qui accomplit le prodige de me faire apprécier, pour la toute première fois (!), des lieder, au nombre ici de 14, de Johannes Brahms (Hambourg, 1833 – Vienne, 1897),  par la grâce inespérée de tels merveilleux interprètes…

    …

    Admirez ici la vidéo de ce très éloquent – et très convainquant musicalement – très réussi trailer (de 4′ 54)…

    Ainsi que ce délicieux Brahms-ci…

    …

    Je dois aussi préciser que n’aurait-ce été que ce titre – bien peu attirant – de « Mélancolie » choisi – et bien à tort ! – pour ce CD si plein de charmes, je ne l’aurais pas désiré acquérir… 

    Mais c’est mon absolue constante admiration pour Ammiel Bushakevitz qui m’a décidé !..

    …

    Le résultat de cette réalisation discographique est donc une splendide très heureuse surprise…

    Bravo !!!

    …

    Et à défaut de reproduire ici le vraiment parfait commentaire critique que donne de ce CD Sylvain Fort à la page 68 du numéro 759 de ce mois d’octobre 2026 du magazine Diapason,

    voici – et c’est une curiosité à expérimenter – un résumé de cet article tel que le propose l’IA :

    …

    Voici la teneur de la critique signée par Sylvain Fort dans le magazine Diapason, qui a décerné son célèbre Diapason d’Or à cet enregistrement :
    L’esprit de la critique :
    Sylvain Fort salue en premier lieu – et à très juste titre ! – l’intelligence de la programmation. Mettre en miroir l’immense Johannes Brahms et son ami proche Eusebius Mandyczewski (qui fut l’un des grands éditeurs de la société de musique de Vienne) permet une redécouverte majeure. Le critique souligne que les pièces de Mandyczewski – rarement enregistrées – ne souffrent d’aucun complexe d’infériorité – en effet ! – face à celles de Brahms.
    Ce qu’il dit des interprètes :
    Konstantin Krimmel : Le critique est impressionné par la plasticité de la voix du baryton allemand. Il met en avant sa diction impeccable et la façon dont il habite chaque syllabe. Krimmel, dont les racines maternelles plongent dans la culture germano-roumaine de Transylvanie, livre une interprétation idiomatique parfaite lorsqu’il bascule de l’allemand de Brahms au roumain des Cântece românești (Chants roumains) de Mandyczewski. Sa voix ductile et son timbre mordoré font merveille – absolument !

    Ammiel Bushakevitz : Sylvain Fort loue le pianiste comme un « formidable compagnon chambriste » – une nouvelle superbissime fois ! Le piano ne se contente pas d’accompagner, il tisse un véritable dialogue intime – oui – avec la voix, idéal pour restituer l’atmosphère feutrée du lied de salon viennois.
    Le verdict :
    Pour le critique, cet album réussit – très heureusement – à éviter le piège du récital austère – ce qui fait que le titre choisi de « Melancolie« , pour cet album,  est très impropre !.. Qui l’a donc si malencontreusement choisi ?.. Il le décrit comme une exploration poétique oscillant magnifiquement entre l’ombre et la lumière. C’est cette alliance de technique irréprochable et de profonde intériorité qui justifie pleinement sa note maximale – de Diapason d’or…

    …

    Une vraie découverte !

    …

    Ce mercredi 30 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le choix très déstabilisant d’un Brahms tout essoufflé et au bord immédiat de l’abîme, en un très crépusculaire double album ECM « András Schiff – Johannes Brahms – Klavierstücke », enregistré en 2021, ou les travaux de Sisyphe sur sa montagne avec son impossible rocher bien trop lourd…

    C’est le choix très déstabilisant – et bien dérangeant en cette occurence, au moins pour nous qui portons au pinacle ces absolus chefs d’œuvre de tout le répertoire de piano seul ! – d’un Brahms tout essoufflé et au bord immédiat de l’abîme, que vient nous présenter le très grand András Schiff – né à Budapest le 21 décembre 1953 – en un vraiment très très crépusculaire double album ECM New Series 2730/31 487 8876 « András Schiff – Johannes Brahms – Klavierstücke«  – enregistré à Bonn au mois de mars 2021 : pourquoi avoir tant attendu pour le publier seulement cinq années et demies plus tard ?.. – , ou les travaux de Sisyphe sur sa montagne avec son impossible rocher bien trop lourd, comportant un quasi inédit – découvert tout récemment quand András Schiff l’a joué la toute première fois pour lui, pour la BBC Radio Three, le 21 janvier 2012, nous confie-t-il à la page 6 du livret de ce double CD – « Albumblatt » de 1853, en une brève ouverture de 2′ 04, précédant les « Klavierstücke » Op. 76 de 1871-1878, les « Fantasien » Op. 116 de 1892, les « Intermezzi » Op. 117 de 1892, les « Klavierstücke » Op. 118 de 1893, et les « Klavierstücke » Op. 119 de 1893, ces chefs d’œuvre sublimissimes – je parle ici surtout des ultimes Op. 116, 117, 118 et 119 – de tout le répertoire de piano seul – j’y insiste : pour indiquer tout ce que je peux attendre de très très haut, de leur interprétation, que ce soit au concert ou au disque… – que nous a légués, en 1892 et 1893, Johannes Brahms (Hambourg, 7 mai 1833 – Vienne, 3 avril 1897)…

    …

    Regardez et écoutez ici ces quelques mots – Schiff prononce les expressions de « vieil homme » à propos du compositeur, et de « qualité automnale » de ces pièces tardives de Brahms… – et ces quelques notes d’András Schiff, présentant, très très ému – et lui-même essoufflé au micro : pour quelles raisons ? serait-il donc lui-même présentement souffrant ? – , ce double album ECM, annoncé pour paraître le 18 septembre, et que je me suis procuré et ai écouté, très surpris et déstabilisé, pris complètement à contrepied de mes attentes, le samedi 19…

    …

    Et au moment de l’enregistrement de ce double CD à Bonn au mois de mars 2021, András Schiff subissait-il un passager – ou pas ; je l’ignore ; mais peut-être que non… – coup de blues ?..

    En tout cas son parti-pris d’interprétation crépusculaire de ce double album ECM « András Schiff – Johannes Brahms – Klavierstücke » est patent et constant tout au long des 101′ que dure l’enregistrement de cette interprétation ; ainsi, ai-je noté, au fil de ma première écoute : « un peu froid, et détaché » ; « crépusculaire et d’outre-tombe » ; « en sursis, en peine, mélancolique » ; « des efforts, mais quasi vains, de Sisyphe avec son rocher« … C’est tout dire là de mon écoute-réception, peut-être un poil trop subjective ; il me faudra bien sûr y revenir… Surtout si je sais qu’András Schiff, plus jeune que moi de 6 ans – nous sommes tous deux natifs du mois de décembre : lui en 1953, le 21, et moi en 1947, le 12… – , n’est en rien moribond, ni dépressif ou déprimé, mais continue de se porter très bien – il a beaucoup de concerts prévus cette année-ci. Ce ne serait donc là qu’un choix très assumé – revendiqué, même, voilà ! – d’interprétation, « crépusculaire » donc, de la part d’András Schiff, en cet enregistrement sien, au mois de mars 2021, à Bonn, du – presque – dernier Brahms au piano seul : celui des années 1892-1893 de celui-ci…

    …

    Dont acte.

    …

    Ce dimanche – automnal, mais l’été semble vouloir s’attarder… – 20 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter le lumineux jeu apollinien de Francesco Piemontesi dans les deux Concertos pour Piano de Johannes Brahms, Op. 15 (de 1859) et Op. 83 (de 1881), avec Manfred Honeck dirigeant le Gewandhausorchester Leipzig…

    Parce que j’aime beaucoup, beaucoup Brahms (Hambourg, 7 mai 1833 – Vienne, 3 avril 1897),

    ainsi que le jeu du pianiste Francesco Piemontesi (Locarno, 7 juillet 1983) – auquel j’ai consacré jusqu’ici pas moins de 10 articles de mon blog encherchantbien.fr depuis celui en date du 26 décembre 2018 « Un pianiste très éminent, à suivre : Francesco Piemontesi, en un concert Liszt, à Lugano« … – ,

    il m’était difficile de passer à côté des deux récents CDs Brahms de celui-ci, avec Manfred Honeck (Nenzing, 17 septembre 1958) dirigeant le Gewandhausorchester Leipzig fondé en 1781 :

    …

    _ le CD Pentatone PTC 518 7461 « Brahms – Piano Concerto n°2 and Three Intermezzi Op. 117 » – enregistré à Leipzig les 10 et 11 avril 2025, et paru le 19 septembre 2025 – et sur lequel sont consultables les articles de Christophe Huss « «2e concerto de Brahms», Francesco Piemontesi et Manfred Honeck » (Le Devoir, 26 septembre 2025), David A. McConnell « Review: Brahms – Piano Concerto No. 2 – Piemontesi, Gewandhausorchester, Honeck » (The Classic Review, septembre 2025), Patrice Lieberman « Francesco Piemontesi et Manfred Honeck, Brahms aux sommets » (Crescendo Magazine, 27 octobre 2025), Salvatore Sciafani « Transparence et lyrisme : Piemontesi et Honeck font chanter Brahms au Gewandhaus » (ResMusica, 7 novembre 2025) et, en un avis dissonant, Dave Hurvitz « Basically Boring Brahms from Piemontesi and Honeck » (Classics Today.com , 21 mars 2026) ;

    …

    _ et le tout nouveau CD Pentatone PTC 518 7417 « Brahms – Piano Concerto n°1 and Six Pieces Op. 118 » – enregistré à Leipzig les 18 et 19 décembre 2025, et qui vient tout juste de paraître… – , pas encore critiqué en revues…

    …

    Eh bien, j’apprécie beaucoup ce jeu apollinien, fluide et si lumineux, du pianiste tessinois Francesco Piemontesi, qui appartient pour moi à la famille des pianistes auxquels vont mes préférences pour leur absolu naturel, si proche de l’intimité, sans esbroufe, tels un Steven Kovacevich (San Pedro, 17 octobre 1940), un  Aleksei Lioubimov (Moscou, 16 septembre 1944), ou encore un Ronald Brautigam (Amsterdam, 1er octobre 1954), parmi pas mal d’autres…

    …

    Et dans Brahms j’aime beaucoup aussi, bien sûr, l’immense Evgeni Koroliov (Moscou, 1er octobre 1949)…

    …

    De même que je me souviens avec toujours très vive émotion du CD Decca – enregistré à Londres du 20 mai au 1er juin 1962 – de Clifford Curzon avec George Szell dans le Concerto pour Piano n°1 de Brahms…

    …

    À suivre donc, avec très grand plaisir, 

    …

    Ce dimanche 30 août 2026, Francis Lippa – Titus Curiosus

  • Mieux écouter les troublantes et profondes « Mélodies hébraïques » pour alto et piano Op. 9 de Joseph Joachim, grâce au très beau CD principalement consacré au Trio Op. 114 de Johannes Brahms, de Tabea Zimmermann, Jean-Guihen Queyras et Javier Perianes…

    Mieux écouter les « Mélodies hébraïques » pour alto et piano Op. 9 de Joseph Joachim, composées en 1854 et dédiées à Johannes Brahms, grâce au CD principalement consacré au « Trio Op. 114 » de Johannes Brahms que viennent de nous proposer Tabea Zimmermann, Jean-Guihen Queyras et Javier Perianes, le CD Harmonia Mundi HMM 907 789 « Johannes Brahms – Trio Op. 114 – Robert & Clara Schumann – Joseph Joachim – Romances et Hebrew Melodies » – enregistré à Berlin du 14 au 17 septembre 2025 – ,

    tel est à mes yeux le premier mérite de l’article – consacré à ce CD – qui paraît ce mercredi 5 août, et intitulé « L’alto règne« , de Jean-Charles Hoffelé sur son  site Discophilia,

    par rapport à mon article en date du 25 avril dernier « Le merveilleux « Trio en la mineur » Op. 114 de Brahms par Tabea Zimmermann, alto, Jean-Guihen Queyras, violoncelle, et Javier Perianes, piano : une tendre et chaude intime conversation sublimement poétique…« , dans lequel mon attention s’était un peu trop focalisée sur cet absolu chef d’œuvre de Brahms qu’est son « Trio Op. 114 » pour clarinette ou alto, violoncelle et piano…

    …

    L’ALTO RÈGNE

    …

    Clarinette ou alto pour la tardive ballade automnale – en 1894 ; Johannes Brahms (Hambour, 7 mai 1833 – Vienne, 3 avril 1897) avait 61 ans… – du Trio, Op. 114 de Johannes Brahms ? Tabea Zimmermann, jouant un nouvel alto signé Patrick Robin, n’aura pas résisté à l’ajouter à l’enregistrement  – déjà réalisé par elle, pour EMI, et avec Harmut Höll; en 1993… – des deux Sonates – Op. 120 de 1894 – , et c’est merveille de l’entendre déployer ce chant profond qui semble doubler le velours du violoncelle de Jean-Guihen Queyras.

    …

    L’œuvre est mystérieuse, parcourue d’élans schumanniens qui sonnent comme autant de regrets, et c’est naturellement que l’altiste tisse dans le reste du disque les liens avec le cercle de l’auteur des Kreisleriana, trois Romances – Op. 94 – de Robert, trois autres – Op. 22 – de Clara qui ne palissent pas devant celles de son époux, ce qui est assez rare – en effet !!! – pour être souligné, le Scherzo-tempête de la Sonate « F.A.E » où l’alto fait le cor, compléments évidents qui ne doivent pas reléguer la vraie surprise du disque : les Mélodies hébraïques – Op. 9, pour alto et piano – de Joseph Joachim – Kittsee, 28 juin 1831 – Berlin, 15 août 1905 – , prières émouvantes qui serrent le dialogue entre l’alto et le piano de Javier Perianes, l’autre fil rouge poétique – voilà, voilà – d’un disque précieux.

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    Johannes Brahms (1833-1897)

    …
    Scherzo pour violon et piano (No. 3, extrait de la Sonate « Frei aber einsam » ; version pour alto et piano : Tabea Zimmermann)
    Trio en la mineur, Op. 114 (version pour alto, violoncelle et piano)

    …
    Robert Schumann
    (1810-1856)

    …
    3 Romances, Op. 94 (version pour alto et piano : Tabea Zimmermann)
    Clara Wieck-Schumann (1819-1896)

    …
    3 Romances, Op. 22 (version pour alto et piano : Tabea Zimmermann)

    …
    Joseph Joachim (1831-1907)

    …
    Hebräische Melodien, Op. 9

    …

    Tabea Zimmermann, alto
    Jean-Guihen Queyras, violoncelle
    Javier Perianes, piano

    …

    Un album du label harmonia mundi HMM 902789
    …

    Photo à la une : l’altiste Tabea Zimmermann – Photo : © Rui Camilo

    …

    Écoutez donc ici ces 3 troublantes – et profondes – « Mélodies hébraïques » Op. 9 de Joseph Joachim – sous-titrées « Impressions des poèmes de Byron » et dédiées donc à son ami Johannes Brahms…  – ,

    sous les doigts de fées de Tabea Zimmermann et Javier Perianes :

    la n°1 , sostenuto (4’40) ;

    la n° 2 , grave (7′ 29) ;

    et la  n°3 , andante cantabile (6′ 50)…

    ….

    Avec ce bref commentaire-ci, sur l’œuvre, de Jean-Guihen Queyras :

    « Joseph Joachim compose ses Mélodies hébraïques op. 9 entre 1855 et 1860. Au nombre de trois, elles le sont pour piano et alto, celui-ci pensé comme le médium idéal pour styliser la voix. Là encore, les tempos sur le versant lent cultivent un ton mélancolique. Ainsi du premier morceau, Sostenuto, intimiste et lyrique par l’usage du registre le plus grave de l’alto. Le second installe un lamento douloureux dont affleurent quelques dissonances. Un passage central semble un temps calmer l’affliction. L’Andante cantabile final, de veine consolatrice, présente d’étonnantes modulations dans le riche tissu motivique typiquement brahmsien« …

    …

    Grand merci donc, M. Hoffelé : votre oreille  est très attentive !

    …

    Ce mercredi 5 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa