Étiquette : joie

  • L’immense bonheur de la délicatesse infinie de Pierre-Laurent Aimard donnant un merveilleux accès, en son CD Pentatone « Schubert – Ländler » paru en mai 2024, à la délicatesse infinie du plus intime du compositeur, en sa vulnérabilité, sa tendresse, ses secrets, en des pièces (« Ländler », « Valses », « Ecossaises », et autres « Danses allemandes ») d’une brièveté singulière, au charme transcendant qui va au plus profond ! Un trésor de musique et d’interprétation immanquable !…

    C’est en recherchant des CDs Schubert – de ses œuvres pour piano, et tout spécialement par Ronald Brautigam : en l’occurrence le CD Bis 2624 SACD « Franz Schubert – Sonata in A Major D. 959 & B flat Major D. 960« , paru en septembre 2024 ; mais passé complètement inaperçu des disquaires eux-mêmes : je viens donc de le commander !  – en fouillant sur l’étagère qui lui est consacré dans les rayons de mon disquaire préféré,

    que je suis tombé sur un exemplaire du CD Pentatone PTC 5187 034 « Schubert – Ländler – Pierre-Laurent Aimard » – enregistré à Dobbiaco – Toblach du 19 au 22 septembre 2022 – , paru en mai 2024, et chroniqué dans le numéro 736 du magazine Diapason du mois de septembre 2024 – décidément : à quoi avais-je donc alors la tête ce mois de septembre 2024 pour passer à côté d’une telle merveille ?!.. – par le critique Erwan Gentric – et doté par le magazine Diapason de 5 étoiles… – , dont je retiens ici cet extrait significatif et très juste :

    « Pierre-Laurent Aimard élabore un parcours « somnambulesque », suspendu entre rêve et réalité, qui révèle tout ce que la spontanéité schubertienne – voilà ! – peut avoir de fragile, d’éphémère, mais également d’indélébile. L’interprète (…) cueille la plus petite note comme si tout Schubert – voilà ! – y était contenu en germe. Choyées, ciselées, toutes ces danses n’en conservent pas moins – et surtout ! – une immédiateté saisissante – oui – , une saveur exempte d’artifice – absolument ! – jusque dans leurs aspérités. Contrairement à certains enregistrements cliniques et aseptisés, celui-ci restitue sans fard le rapport charnel qu’entretient le musicien avec l’instrument (un – magnifique – Steinway de 1956 au grain typique), tout comme ses intentions toujours franches (…). Cette  plongée dans l’esprit fourmillant – voilà, voilà ! et sans si peu que ce soit s’attarder, ni a fortiori s’apesantir, jamais : tout coule… – de Schubert, dans ses peines et ses joies, dans ses petites choses insignifiantes, séduit (…). Un disque à l’ancienne, au relief et au charme bruts, où tout respire – mais oui ! – la poésie » ;

    mais probablement passé – très incompréhensiblement pour moi, qui maintenant ne cesse de l’écouter jubilatoirement en boucle… – inaperçu des sites de discophilie que je consulte quotidiennement ; et donc, par là  aussi, de ma propre vigilance musicale et discophilique…. 

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    D’autre part,

    il est tout à fait possible aussi – et ici mea culpa ! mea maxima culpa ! – que j’ai alors négligé, ce mois de mai 2024 de la parution de ce CD « Schubert – Ländler » de Pierre-Laurent Aimard, cette information de parution, pour avoir bien trop associé en mon esprit, jusqu’ici – mais je ne me laisserai désormais plus jamais surprendre en pareille négligence ! – , Pierre-Laurent Aimard surtout à des compositeurs plus tardifs – et modernes : tels un György Ligeti ou un György Kurtag ! qu’il sert si admirablement ! – qu’à Schubert…

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    Et donc me trouvant en ce moment,

    et tout particulièrement grâce au sublimissime CD Hänssler classics HC 24025 « Franz Schubert – Fantasies – Ammiel Bushakevitz » – cf mon article du vendredi 18 avril dernier : « Délectation en boucle du miraculeux CD « Franz Schubert – Fantasie » sous les doigts du merveilleux et incomparable Ammiel Bushakevitz ; pour un Schubert parfait en son idéale confondante douceur essentielle… »… – ,

    en une fastueuse période Schubert,

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    je me suis donc illico presto procuré ce CD de « Ländler » de Pierre-Laurent : pour un immense formidable bonheur ! Voilà !

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    Celui de musiques de joies dans la simplicité la plus naturelle d’une clarté et lisibilité de l’intime – que sert si bien la parfaite rectitude de jeu de  Pierre-Laurent Aimard – , qui nous va droit au cœur, et enchante,

    et fait très effectivement danser ! :

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    Schubert a composé, sa brève vie durant (1797 – 1828), plus de 450 danses de toute nature :

    « la plupart sont des haïkus, 16 mesures tout au plus, notées à la vitesse de la pensée saisissant au vol l’esprit et le charme de quelques notes vouées à l’éphémère, bulles de savon qui n’éclatent qu’au bout de la plume du compositeur (…).

    Ce sont des conglomérats d’origines et de dates très diverses, assemblés par des éditeurs peu scrupuleux qui les affublent de titres commerciaux pour appâter l’apprentie pianiste (…) Car ce sont les demoiselles de la bourgeoisie et de l’aristocratie viennoise que vise – par exemple – l’éditeur Diabelli, qui veut de l’accessible, sans trop de dièses ni de bémols – péché mignon de Schubert – et aussi peu de modulations que possible – autre plaisir secret et jouissif du compositeur (…).

    Comme le feront plus tard dans leur pays Bartok, Dvorak et Janacek, Schubert se livre (mais lui sans le savoir – pour son seul pur plaisir ! – ) à un formidable travail de mémoire des rythmes, motifs, sons et musiques populaires de Vienne et des modestes territoires de ses voyages« ,

    avance très justement aux pages 14 à 16 du livret Philippe Cassard, en une judicieuse contribution joliment intitulée « Deux Pas deux mesures« …

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    Ce sont donc là en quelque sorte des œuvrettes très brèves et sans grandiloquentes prétentions – rien de beethovenien ici… –  qui ne retiennent guère habituellement l’attention – intéressée le plus souvent – de la plupart des organisateurs de concerts – remplir les salles en sachant attirer le plus large public – ou des éditeurs de disques – séduire le chaland pour accroître leurs chiffres de vente – ,

    mais où se livre absolument, dans la plus parfaite innocence de joie, le plus intime et profond du formidable génie musical spontané de Schubert…

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    Et que Pierre-Laurent Aimard – né à Lyon le 9 septembre 1957 – sait si admirablement – avec finesse et pure joie simple de jouer – nous donner à partager en ce jubilatoire merveilleux récital-CD sobrement intitulé « Ländler » ;

    cf cette brève vidéo (de 3′ 13) de présentation par Pierre-Laurent Aimard lui-même ;

    et admirez tout simplement ceci…

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    Un trésor de musique et d’interprétation immanquable !

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    Ce dimanche 22 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Lire Thibaut Sallenave : après « Changements d’adresse – une philosophie du déménagement » (2022) et « Petit traité de la ponctualité » (2024), voici maintenant « Peut-on vraiment passer à côté de sa vie ? – de la quête du sens au supplément d’être » (2025), un modeste vademecum proposé pour l’accomplissement personnel…

    Lire Thibaut Sallenave :

    après « Changements d’adresse – une philosophie du déménagement » (2022) et « Petit traité de la ponctualité » (2024),

    voici maintenant un admirable « Peut-on vraiment passer à côté de sa vie ? – de la quête du sens au supplément d’être » (2025)…

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    Soit une philosophie-sagesse de l’existence renouvelée, foncièrement dynamique et pratique, à dimension pédagogique, aussi – tout frais, tout frais, ce début juin, Prix lycéen du livre de philosophie 2024-2025 pour « Petit traité de la ponctualité« … – , mais dénuée de la moindre lourdeur didactique dissuasive !

    Soit une initiation à un modus operandi fondamentalement ouvert – « Vademecum, vadetecum« …  – de l’accomplissement- car tel en est l’objectif  avisé esquissé – singulier de la personne de chacun.

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    Et en voici, pour commencer, ce que propose la quatrième de couverture de ce lumineux « Peut-on vraiment passer à côté de sa vie ? – de la quête du sens au supplément d’être » :

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    Donner un sens à nos vies : n’est-il pas temps de nous délivrer – pas moins… – , individuellement et collectivement, d’une telle – un poil bien trop angoissante, et cela à tous âges – injonction ? Omniprésente – galopante aujourd’hui – , elle – cette permanente impérieuse injonction d’orientation, affolante, terrorisante ; et je déteste aussi l’aveuglement auto-imposé des GPS… – alimente nos réflexions et nos choix : famille, études – ah le diabolique Parcoursup ! J’ai assisté à son sinistre impérieux démarrage… – , carrière, politique… Non sans s’accompagner d’un corollaire plus sombre – et voici la source radicale de l’angoisse – : qu’arriverait-il si nous nous trompions de chemin ? – et faisions fausse(s) route(s)… Si nous passions – en la gâchant, en la ratant : aïe, aïe, aïe… – , à côté de notre – unique et défilante – vie ? Cette recherche – terrorisée – de sens est aujourd’hui accentuée par les multiples crises que traversent nos sociétés (pandémies, environnement, guerres…). Mais doit-on réellement chercher un sens – et qui plus est un sens qui soit unique… – à sa vie ? Est-ce si important ? Ce livre vise à mettre de côté cet impératif écrasant – les Sisyphe que nous acceptons d’être – , afin de nous libérer – voilà ! et c’est ce à quoi aide vraiment le modeste régulier, quotidien, penser philosophique : Socrate, Montaigne, Spinoza, Kant, Nietzsche, etc. ; Jankélévitch le mélomane, aussi… – d’une charge qui, loin de nous motiver, est en fait un obstacle – paralysant parce qu’affolant, empêchant, par ses impérieux diktats, de vraiment et un peu sereinement, et avec joie et un minimum d’humour, réfléchir – à notre accomplissement – voilà l’objectif bien plus authentique : s’accomplir, épanouir joyeusement les meilleures potentialités (données et reçues en germes) de son être. À la place, il plaide pour une vie à soi – avec ses singularités personnelles, enrichies de rencontres vraies (cf ici mon propre article « Pour célébrer la rencontre » : un texte mien de 2007 « retrouvé » ! » en date du 26 octobre 2016), et  en vraie douce profondeur, ouvrantes et vraiment euphorisantes, un peu diverses – qui nous apporte, plus et bien mieux qu’un sens, un – fécond et jubilatoire et varié – supplément d’être – en apprenant, peu à peu à devenir, chacun, ce qu’on sera, de mieux en mieux accompli, épanoui, en nos successives (imprévisibles par quiconque, pas même par soi) métamorphoses, avec espérance et confiance, peu à peu ; sans suffisance non plus…

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    Sur le riche sillon poursuivi de Thibaut Sallenave, philosophe, cf les intuitions premières de mon enthousiaste article du 28 janvier dernier :

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    « L’admirable force de positivité et confiance de Thibaut Sallevave dans ses réalistes et justissimes « Changements d’adresse – Une philosophie du déménagement » et « Petit traité de la ponctualité » : deux précieuses aides pour apprendre très concrètement à mieux vivre, en situations de lieu et de moment à, avec finesse et subtilité, judicieusement appréhender…« 

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    Et je peux déjà  ajouter ici que « Peut-on vraiment passer à côté de sa vie ? – de la quête du sens au supplément d’être » fera partie des conférences-entretiens de notre Société de Philosophie de Bordeaux, à la Station Ausone de la librairie Mollat, pour notre saison 2025 – 2026 qui vient…

    Un rendez-vous prometteur dont la date sera prochainement fixée…

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    Ce mardi 3 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un déceptif et décevant double CD « Ravel – Complete Works for Solo Piano » de Jean-Efflam Bavouzet : froid à force de vouloir être raveliennement droit…

    Après son double CD MDG 604 1190 « Maurice Ravel – Complete Piano Works » – 2 – enregistré en janvier 2003 à Bad Arolsen : 3′ 10 ; écoutez-ici, c’est très bien ! disais-je, à propos de son « Rigaudon » du « Tombeau de Couperin » à la plage 4 du CD n°2 de ce double album pur MDG… – , 

    et à l’occasion de l’anniversaire des 150 ans de la naissance de Maurice Ravel le 7 mars 1875,

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    Jean-Efflam Bavouzet (Lannion, 17 octobre 1962) est revenu, cette fois pour le label Chandos – les enregistrements ont eu lieu aux Studios de Dunwich (Suffolk) du 4 au 6 setembre 2023, puis du 4 au 7 septembre 2024 – , à son chantier des œuvres pour Piano Seul de Maurice Ravel, pour un – nouveau – double CD Chandos CHAN 20287 « Ravel – Complete Works for Solo Piano« …

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    Pour reprendre mon choix de l’œuvre-test que constitue au moins pour moi le sublimissime « Tombeau de Couperin« , et même, plus particulièrement son si luzien le sublimissime « Rigaudon« , dédié à ses deux presque frères Pierre et Pascal Gaudin, tués ensemble par un même obus à leur arrivée sur le front le 12 novembre 1914, à Oulches-Hurtebise,

    mon impression, très déçue, est qu’à force de vouloir respecter la droiture et pureté magnifiques de l’écriture musicale de Maurice Ravel, Jean-Efflam Bavouzet y manque l’essentiel : la joie et la tendresse…

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    Pour les musiciens de l’époque de François Couperin (1668 – 1733) – à partir des sublimes exemples laissés par Johann-Jakob Froberger (1616 – 1668) et Louis Couperin (1626 – 1661, en leurs emblématiques sublimes « Tombeaux de Monsieur de Blancrocher« … – , un « Tombeau » n’a rien du tout d’affligé, ni a fortiori d’affligeant,

    c’est tout a contrario un sublime hommage – jubilatoire : sublimant la douleur de la perte du décès de l’ami – à la vie et à l’œuvre de l’ami qui vient de disparaître, mais dont le souvenir au moins (et de la vie et de l’œuvre) sublime par la joie de la musique composée en cet hommage la douleur ainsi contenue et transcendée de la perte…

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    Aussi, trouvé-je tout à fait justifié – une fois encore, ici – le point de vue du très lucide Jean-Charles Hoffelé en son sobre article nuancé d’hier 16 mai, intitulé « Retour à Ravel« ,

    à propos de ce double CD Chandos de Jean-Efflam Bavouzet :

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    RETOUR À RAVEL

    Jean-Efflam Bavouzet avait déjà livré – en 2003, pour MDG – « son » Ravel, jeu clair et objectif – voilà, voilà ! – , qui trouvaient chair et esprit dans un somptueux – oui ! –  Steinway américain de 1901. Pour l’année Ravel – 2025 – il y revient – les enregistrements pour Chandos ont eu lieu en septembre 2023 et septembre 2024 – , ajoutant le Menuet de 1904, La Valse, mais toujours pas Ma mère l’Oye, tenant à rester seul face à son clavier – il faut ajouter que Jean-Efflam Bavouzet a enregistré pour Chandos les deux Concertos pour piano et orchestre de Maurice Ravel en le CD Chandos CHSA 5084, avec le BBC Symphony Orchestra, sous la direction de Yan Pascal Tortelier, en avril 2010…

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    Jeu droit, préférant le brio à l’émotion, affaire de pudeur – certes, certes : mais pas jusqu’à cette froideur ! cette absence sidérante de tendresse – , ce qui serait assez ravélien, quelque chose de Casadesus dans l’absence d’ombres jusqu’en Gaspard de la nuit, des Miroirs posés comme des manifestes, un Tombeau sans morts – ce n’est pas faux : mais il y faut aussi la sublimation et la joie sublimée de l’hommage ! – , la perfection partout qu’enlève toujours ce même geste preste qui dépouille le clavier de tout mystère – et poésie… –  : les couleurs de l’ancien Steinway, qui faisaient le prix de se première proposition, manquent ici, accentuant encore la constance de sa vision.

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    Elle n’a pas changé, il joue Ravel en classique – oui, et il le faut, assurément, mais cela doit être avec poésie, et sans cette froideur – , il le joue comme on le regarde d’aujourd’hui, pour ainsi dire de plain-pied, mais tout une part de cet univers échappe, ce vertige – mais Ravel n’est jamais vertigineux… – que Samson François, Walter Gieseking, Vlado Perlemuter comblent en quelques mesures.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Maurice Ravel (1875-1937)

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    L’œuvre pour piano seul (Intégrale)

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    Jean-Efflam Bavouzet, piano

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    Un album de 2 CD du label Chandos CHAN20287
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    Photo à la une : Jean-Efflam Bavouzet –
    Photo : © DR

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    Ce samedi 17 mai 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Pour qui aime le hautbois baroque : le solaire CD « Concertos, Overture and Sonatas for Oboe Band – No Strings Attached » de l’Ensemble La Petite Ecurie,…

    Aimant beaucoup, passionnément, le hautbois baroque, le CD Arcana A 570 « Concertos, Overture and Sonatas for Oboe Band » de l’Ensemble No Strings Attached – constitué des 3 hauboïstes Miriam Jordi Hompanera, Valéris Colen et Marc Bonastre Riu ; du bassonniste Giovanni Battista Graziadio ; et du percussionniste baroque Philipp Lamprecht – , enregistré à Padoue du 18 au 22 mai 2023, vient combler mon plaisir,

    avec des oeuvres de Henry Purcell, Joseph Bodin de Boismortier, George-Frideric Handel, Louis-Antoine Dornel, Johann-Christian Schieferdecker, Antonio Vivaldi et Reinhard Keiser…

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    C’est la seconde moitié de l’article de Christophe Steyne « Hautbois baroque, deux récentes parutions » consacré à ce CD, un article paru sur le site de ResMusica le 26 avril dernier, qui m’a fait découvrir l’existence de ce nouveau CD : 

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    Hautbois baroque, deux récentes parutions

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    Le 26 avril 2025 par Christophe Steyne

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    « No strings attached » : une expression anglaise d’origine mercantile aux origines ambiguës, peut-être celles d’une corde accrochée à certains tissus pour signaler un défaut de confection. De nos jours elle désigne une affaire sentimentale sans lendemain, une relation libre – sans corde au cou, sans attaches -, telle qu’on retrouve ce sens dans le titre original de la comédie américaine Sex Friends (2011), et plus généralement un acte sans contrepartie ni obligation. Appliquée au présent disque, cette expression désigne un florilège d’œuvres dénuées d’accompagnement à cordes – voilà ! Puisque nous en sommes aux tournures idiomatiques, ouvrons une parenthèse linguistique. Écrire « les instrumentistes à cordes sont comme des cochons enfermés dans un sac » (page 12) que mentionnent les mémoires fictifs rédigés par Eva Ximena Traa relève peut-être d’une maladresse de traduction de l’anglais (« pig in a poke ») vers le français. Du moins perd-on le sens de l’expression « acheter un chat en poche » (utilisée en français, allemand, néerlandais), où le félin emballé dans un sac était fallacieusement substitué par le vendeur à la place d’un animal plus onéreux (tel un cochon de lait) que l’on menait au marché. Acheter sans vérifier le contenu, et nous voici gros-Jean comme devant. Sauf que les grognements des pourceaux ne sauraient ressembler aux miaulements que l’auteure du livret assimile aux bruits disgracieux des archets : dans cette opaque traduction, le lecteur risque de ne pas saisir la railleuse allusion.

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    Le recueil des Musicalische Concerte de Johann Christian Schieferdecker, prônant un quatuor d’anches en l’absence d’autres musiciens, a été pour La Petite Écurie l’étincelle de cette anthologie émancipée. Les arrangements émanent parfois de l’époque même, ainsi ceux consignés dans la Sonsfeldsche Musikalien Sammlung de la bibliothèque Fürstenbergiana d’Herdringen (Wetsphalie), et notamment les recueils qui appartinrent au général prussien Georg von Lilien (1652-1726), incluant le concerto grosso en fa majeur HWV 315 de G.F. Haendel, ici retenu. Précisons que les bandes de hautboisten, outre leur instrument de prédilection, étaient capables d’en jouer d’autres, ce qui relativise tout de même l’exclusivité de ce répertoire et sa pratique.

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    On aurait en tout cas aimé que la notice s’attardât sur les sources et leur perception. On est convié à un tour de l’Europe baroque. L’Angleterre s’invite dès l’introduction avec le Curtain Tune on a Ground du Timon of Athens de Purcell. Le royaume de Louis XIV est représenté par la Sonate en quatuor du Livre de simphonies de Dornel, dont Hugo Reyne et ses comparses (flûte, hautbois, violon) enregistrèrent – oui ! – une lecture plus brillante et aux timbres plus variés (Tempéraments, octobre 1997). Le siècle de Louis XV prête une sonate de Boismortier. L’Italie apparaît par une transcription du concerto « Per archi e cembalo » RV 153 du Prete Rosso. L’Allemagne se distingue par deux compositeurs septentrionaux, actifs ou publiés à Hambourg : un concerto de Schieferdecker, et une Ouverture en ré majeur de Keiser qui emprunte à son opéra Pomona, et qui se trouve ici enregistrée en première mondiale, dans cette parure pour anches dont le manuscrit est conservé à la bibliothèque universitaire de Lund. Cette rareté est judicieusement rythmée par la percussion de Philipp Lamprecht, dont les timbales et tambours historiques concourent à d’autres pages du programme. Outre contraste et impact jamais forcés (on souhaiterait même parfois plus d’élan, de netteté de projection, de panache), l’équipe fondée en 2018 n’oublie pas de soigner l’intonation et nuancer son phrasé. Autant d’arguments pour se laisser tenter par cet album – voilà qui est dit !

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    Christophe Steyne

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    Arcana = Son : 9 – Livret : 8 – Répertoire & Interprétation : 8,5

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    Un récital solaire, irradiant de toutes sortes de joies…

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    Ce mercredi 30 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa