Étiquette : label Alpha

  • A la recherche de CDs de Lieder de Mozart présents en ma discothèque personnelle : seulement deux jusqu’ici, par le ténor Guy de Mey (et Johan Huys, au piano-forte) enregistré en 1985, et Barbara Schlick (et Tini Mathot, au piano-forte), enregistré en 1990…

    Afin de comparer les interprétations de ce CD marquant « Mozart’s  Clavichord » de Lieder de Mozart par le baryton Georg Nigl (et Alexander Gergelify, au clavicorde),

    je me suis mis en recherche de CDs de Lieder de Mozart déjà présents en ma discothèque personnelle…

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    Et à ma surprise, je n’en ai trouvé que deux, passablement anciens déjà :

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    _ le CD Ricercar 035009 « Wolfgang Amadeus Mozart – Lieder – Kantate KV 619 » du ténor Guy De Mey et Johan Huss au Piano-forte – enregistré à Gand du 21 au 23 novembre 1985 – ;

    écoutez ici leur « Abendempfindung an Laura«  , sur piano-forte, en 1985 ; et celui de Georg Nigl et Alexander Gergelify, sur clavicorde, en 2024…

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    _ et le CD Erato 2292- 45645 – 2 « Mozart – Lieder / Sonata KV 332 » de la mezzo-soprano Barbara Schlick et Tini Mathot au fortepiano – enregistré à Utrecht du 20 au 25 mai 1990…
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    8 des Lieder de Mozart sont communs au CD de Georg Nigl et à celui de Guy De Mey ;

    et 4 au CD de Georg Nigl et à celui de Barbara Schlick…

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    Alors que de Mozart ne manquent pas les CDs d’Arias et Airs d’Opéra, plus spectaculaires et grand public : pour la scène…

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    Ce jeudi 28 août 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir la musique pour harpe du harpiste Marcel Tournier (1879 – 1951), par Emmanuel Ceysson…

    C’est pour me faire découvrir l’intérêt du répertoire pour la harpe, instrument que pratique au Conservatoire Régional de Bordeaux ma petite-fille Alma-Flore, que ma fille Marianne et mon gendre Sébastien, outre un original éventail à l’effigie de Maurice Ravel, m’ont offert, pour la fête des pères de ce dimanche, le CD Alpha 1133 « Images – Hommage à Marcel Tournier« , du harpiste virtuose Emmanuel Ceysson, le Quatuor Voce et Véronique Gens…

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    Voici ce qu’en a présenté avant-hier 14 juin sur le site de ResMusica, et sous le titre de  »Hommage à Marcel Tournier, poète de la harpe, par Emmanuel Ceysson« , le critique Jean-Marc Petit :

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    Hommage à Marcel Tournier, poète de la harpe par Emmanuel Ceysson

    , harpiste de l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles, rend un bel hommage à (1879-1951), l’un des grands harpistes compositeurs du XXe siècle.

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    Prix de Rome, Prix Rossini, professeur au Conservatoire de Paris de 1912 à 1948, (1879-1951) compte – voilà ! – parmi les plus grands harpistes compositeurs de son temps. Son œuvre, essentiellement consacrée à son instrument, reste cependant méconnue, dormant souvent dans les tiroirs des conservatoires. Saluons donc , ancien harpiste solo de l’Opéra de Paris, du Metropolitan Opera de New-York, et désormais au sein de l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles, qui rend un bel hommage à cet artiste attachant.

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    nous laisse quatre cahiers d’Images pour son instrument, présentés dans ce disque, aux titres plus qu’explicites : « Clair de lune sur l’étang du parc« , « Au seuil du temple« , « Cloches sous la neige« … L’influence debussyste est totalement assumée – voilà ! – , que ce soit dans les jeux de lumière, les effets harmoniques et impressionnistes que la sonorité éthérée de la harpe amplifie. Pourtant, n’a jamais été un grand adepte de cet instrument pour qui il n’a écrit que les Danses sacrée et profane de 1904 et la Sonate pour flûte, alto et harpe de 1915.

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    Marcel Tournier adapte donc le langage debussyste à son instrument, y ajoutant quelques savoureuses et insolites escapades exotiques (« Lolita la danseuse« , « Soir de fête à Sedjenane« , « Les ânesses grises sur la route d’El-Azib« ). Nous sommes là dans un orientalisme purement imaginaire, typique des années 1920, mais Marcel Tournier ne tombe jamais dans la carte postale factice, ses pièces étant toute en finesse et légèreté – oui, oui.

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    Une finesse que l’on retrouve dans le jeu nuancé et habile d’Emmanuel Teysson. Celui-ci a la judicieuse idée de proposer certaines de ces pièces dans leur version « augmentée » d’un quatuor à cordes, transformant ce qui n’était au départ que de simples études en véritable musique de chambre. C’est ainsi que la Sonatine op.30, œuvre la plus ambitieuse de Marcel Tournier, se retrouve transformée en sonate pour harpe, violon et violoncelle, à la fois légère et mystérieuse sous les archets du .

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    Le disque d’ propose également quatre mélodies, genre peu fréquenté par Marcel Tournier. La soprano y est, comme toujours, impeccable de sensibilité et de lisibilité – oui, parfaitement à la française… A l’image d’un musicien dont l’œuvre mérite largement de sortir de l’ombre.

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    « Images », Hommage à Marcel Tournier (1879-1951) : Images, suite n°1 op. 29 ; La lettre du jardinier ; Images, suite n°3, op.35 ; Insomnie ; Sonatine, op.30 ; Rêverie de Bouddha ; Images, suite n°2, op.31 ; Elle est venue, elle a souri ; Images, suite n°4, op.39. Emmanuel Ceysson, harpe. Véronique Gens, soprano. Quatuor Voce. 1 CD Alpha classics. Enregistré en septembre 2023 à la salle Colonne à Paris. Notice de présentation en français, anglais et allemand. Durée : 66:28

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    De la poésie musicale, voilà assurément…

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    Ce lundi 16 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Elargir-approfondir, à l’occasion, la connaissance-jouissance, du jeu de piano du magnifique Lukas Geniušas : ses CDs « Chopin – Mazurkas – Sonate n°3 » et « Debussy – Hahn – Stravinsky » avec le violon d’Aylen Pritchin : un immense pianiste…

    Le samedi 18 novembre 2023,

    mon article « Le son intensément profond de Lukas Genušias dans la version originale de la Sonate N°1, Op. 23, en 1907, de Sergei Rachmaninoff : une chaleur qui brule… » témoignait du choc de ma profondeur d’admiration pour le jeu de piano intensément marquant du jeune Lukas Geniušas (Moscou, 1er juillet 1990)…

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    Or, hier, chez mon disquaire préféré, et quasi par hasard – en jetant un rapide coup d’œil sur le stock renouvelé des CDs dépréciés – ,

    Kairos m’a donné l’opportunité de saisir 2 CDs de ce magnifique interprète publiés un peu auparavant, en 2020 et 2022 – et qui avaient donc à leur publication échappé à mon attention : je n’avais pas encore été touché par le marquant talent (ou le génie?) interprétatif  de ce pianiste… – ,

    les CDs Mirare MIR 508  « Lukas Geniušas – Chopin – Mazurkas – Sonate n°3 » – cf l’article « A demi » de Jean-Charles Hoffelé en date du 15 septembre 2020 –, et Mirare MIR 572 « Debussy – Hahn – Stravinsky – Aylen Pritchin violon – Lukas Geniušas – piano » – cf l’article « La Sonate du Faune » du même Jean-Charles Hoffelé en date du 28 octobre 2022…

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    Chopin comme Reynaldo Hahn me parlent…

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    Et le plaisir de ce jeu profond, à la fois intense et doux, de cet interprète infiniment sensible qu’est Lukas Geniušas, me séduit et me touche : j’aime décidément ce piano-là…

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    Ce mardi 20 mai 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Retour sur le marquant CD « Lines of life – Schubert and Kurtag », de Benjamin Appl, György Kurtag, Pierre-Laurent Aimart et James Baillieu…

    Les 22 mars dernier,

    en mon article « L’extraordinaire d’intimité bouleversante « Lines of lines – Schubert – Kurtág » de Benjamin Appl et György Kurtag : un sublime bijou tout de sobriété, pour nous accompagner à aller à l’essentiel, nous aussi, de nos vies…« ,

    j’ai déclaré l’enthousiasme éprouvé aux écoutes en boucle du merveilleux CD Alpha CD 1145 « Lines of life, Schubert & Kurtag« ,

    du baryton Benjamin Appl…

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    Et voici que sur le site de l’excellent magazine Crescendo, le 16 avril dernier,

    Jean Lacroix a signé un très intéressant article intitulé « György Kurtág et Benjamin Appl, une émouvante et féconde collaboration« ,

    que voici :

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    György Kurtág et Benjamin Appl, une émouvante et féconde collaboration

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    Le 16 avril 2025 par Jean Lacroix

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    Lines of Life. Lieder de György Kurtág (°1926), Franz Schubert (1797-1828) et Johannes Brahms (1833-1897). Benjamin Appl, baryton ; Pierre-Laurent Aimard, James Baillieu et György Kurtág, piano ; Csaba Bencze, trombone ; Gergely Lukács, tuba. 2024. Avec une conversation entre Kurtág et Appl. Notice en anglais, en allemand et en français. Textes chantés, avec traductions.  67’ 45’’. Alpha 1145.

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    Après trois parutions chez Alpha (The Christmas Album, Forbidden fruit et le Winterreise de Schubert), le baryton germano-britannique Benjamin Appl (°1982) en signe une nouvelle, fruit de sa collaboration, depuis 2018, avec le compositeur hongrois György Kurtág, qui a fêté, le 19 février dernier, son 99e anniversaire. Comme il l’explique dans la notice, Appl a répondu à un appel du Konzerthaus de Dortmund qui avait l’intention de donner en février 2020 un festival en l’honneur du créateur, celui-ci souhaitant que ses Hölderlin-Gesänge soient à l’affiche. Rencontres régulières à Budapest et travail commun ont suivi, pour aboutir au présent projet. Lors du premier contact, l’épouse de Kurtág, Márta Kinsker (1927-2019), pianiste et pédagogue réputée, vivait encore et donna son aval à la collaboration de son mari avec le chanteur. Kurtág, dans un message préliminaire, précise qu’il a tout de suite apprécié l’étonnante belle voix, la sûreté technique, la qualité de la diction et la personnalité attachante de Benjamin Appl, dont il écrit qu’il est actuellement le plus authentique interprète de ses Hölderlin-Gesänge. Après le décès de Márta Kurtág, et en hommage à cette dernière, l’idée est née entre les deux artistes d’adjoindre au cycle du compositeur des Lieder romantiques allemands, et d’associer au projet les pianistes Pierre-Laurent Aimard, un familier de longue date de Kurtág, et James Baillieu, partenaire d’Appl. Le tout a été concrétisé à Budapest en trois sessions (février, mars et mai 2024).

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    Dans une conversation en allemand de dix-huit minutes entre Kurtág et Appl, document qui complète le programme musical (traduction en français jointe), le compositeur répond à la question qui lui est posée sur son inspiration à partir de textes littéraires : Dans le cas des Hölderlin-Gesänge, cela s’est passé ainsi : nous habitions à Berlin, au Wissenschaftskolleg. Il y avait un petit lac à proximité. J’avais l’habitude d’en faire le tour, promenade qui durait en général trente minutes. Pendant longtemps, je me lisais les poèmes à haute voix – et puis, soudain, j’ai commencé à les mettre en musique. Cet opus 35a a été composé au cours de la décennie 1990 et est destiné à une voix non accompagnée, à l’exception du troisième lied, Gestalt und Geist, où interviennent un trombone et un tuba, lui conférant un côté dramatique. On apprécie la qualité de l’interprétation de Benjamin Appl dans ces pages de courte durée, le baryton alliant la clarté de la diction à une déclamation superbement chantée de ces vers au caractère énigmatique, un poème ravageur de Paul Celan complétant l’ensemble, ainsi que deux autres de Hölderlin, mis plus récemment en musique. On se souviendra qu’en 2002, Le baryton suisse Kurt Widmer (°1940) avait signé pour ECM un album convaincant, où figuraient des Hölderlin-Gesänge. Appl leur apporte un surplus d’émotion.

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    Le programme est conçu comme une alternance entre des Lieder de Schubert, de Brahms et de Kurtág. Une affiche somme toute assez courte ; on compte un peu moins de cinquante minutes de chant, le reste étant dévolu à la conversation citée. Mais le tout se présente comme un témoignage, plein de respect et de chaleur humaine, à l’égard d’un créateur qui participe à l’aventure, puisqu’il est lui-même au piano, avec une confondante clarté, pour les deux dernières plages : Der Jüngling an der Quelle D. 300 de Schubert, en recherche d’apaisement, et le chant d’amour Sonntag op. 47/3 de Brahms.

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    De Kurtág, on découvre encore, en tête de programme et en première mondiale, un émouvant Circumdederunt… de 2022 pour voix seule (d’abord conçu pour violoncelle). L’atmosphère, inspirée par deux psaumes, est proche du madrigal et plante tout de suite un décor dénudé au sein duquel la voix du Seigneur entend les appels de détresse face à la mort. Quatre autres très brefs lieder sur des poèmes au caractère expressionniste d’Ulrike Schuster, composés ou révisés entre 1996 et 2023, cette fois avec accompagnement du piano, s’y ajoutent. Le dernier d’entre eux sonne un peu comme un glas, avec des mots sobres : Tout doucement/presque imperceptiblement/mais pourtant vite/les lanternes s’éteignent. Il y a là une économie de moyens, quasi testamentaires, que le baryton, avec la complicité de Pierre-Laurent Aimard, cisèle avec délicatesse.

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    Six Lieder célèbres de Schubert (Ganymed, Totengräbers Heimweh, Im Frühling, Dass sie hier gewesen, Der Wanderer an den Mond, Litanei) complètent ce programme conçu, nous l’avons dit, en alternance. Benjamin Appl s’y coule d’une façon que l’on pourra estimer parfois linéaire, mais avec une sensibilité en adéquation avec l’atmosphère particulière de cet album conçu comme un hommage. Ici, c’est le pianiste sud-africain James Baillieu, son partenaire habituel, qui officie.

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    Dans son texte, Benjamin Appl ne cache pas sa fierté d’avoir été « choisi » pour ce qu’il considère comme un « énorme cadeau artistique » : Kurtág m’a montré le véritable sens de la vie de musicien, confie-t-il. En s’engageant profondément dans la musique, il m’a permis de mieux comprendre la nature humaine. Dont acte.

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    Son : 9    Notice : 10    Répertoire : 10    Interprétation :  10 (Kurtág) – 8,5 (Schubert et Brahms)

     

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    Un CD que je recommande très chaudement…

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    Ce dimanche 27 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa