Étiquette : label Alpha

  • Entre chaloupés et syncopes, et magnifiques subtilités rythmiques, la très sensible intelligence du jeu de Guillaume Coppola en son marquant CD « Satie amoureux » au charme singulier un peu fou…

    Entre chaloupés jazzy et syncopes ironiques – merveilleuses subtilités rythmiques ! – , la très sensible intelligence du jeu de Guillaume Coppola nous offre un très marquant et idéalement réussi (!) CD Alpha 1192 « Satie amoureux » – enregistré à Paris au mois de mai 2015 – en forme d’hommage discographique parfaitement senti à Erik Satie (Honfleur, 17 mai 1866 – Paris, 1er juillet 1925), pour l’anniversaire des 100 ans du décès de celui-ci…

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    J’ai entendu jouer naguère, dans les salons Mollat, Guillaume Coppola – de plus très sympathique ! – ,

    mais n’avais, jusqu’ici, pas trop d’affinités avec l’univers poétique de la musique d’Erik Satie, dont ont paru l’année 2025 pas mal de CDs-hommages de divers excellents pianistes…

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    Et l’intitulé de ce CD « Satie amoureux » n’était pas non plus sans me surprendre quelque peu : Satie amoureux ? Tiens donc !?..

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    Et c’est l’article « Carte du tendre » de Jean-Charles Hoffelé – à l’oreille très fiable – consacré à ce CD « Satie amoureux« , paru sur son site Discophilia le 11 mars dernier, qui m’a laissé me convaincre d’aller y jeter une oreille – regardez et écoutez ceci ! – , et cela pour ma très grande satisfaction !

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    Oui, Guillaume Coppola a bien tout compris de l’univers poétique musical assez singulier de cet atypique et à l’abord épineux Erik Satie,

    et il le sert même ici rien moins qu’idéalement !!!.. Bravissimo !

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    CARTE DU TENDRE

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    Jacques Leguerney, raillant Satie, gloussait : « de la musique de boîte d’allumettes ! » et certains pianistes, en effet, l’auront fait tout sec, et docte, et froid – voilà, voilà, voilà ! épineux, viens-je de dire – , ses musiques tirées par les épingles que Picasso a mis dans son portrait. France Clidat y osa le ton caf’conc – voilà ! – , du brio, de la générosité, soudain Satie n’était plus dans sa boîte et toute la Belle Epoque l’envahissait, fabuleuse découverte pas assez célébrée.

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    Guillaume Coppola sur les splendeurs secrètes d’un grand Steingraeber, qu’il caresse comme avec des plumes à la place des doigts, nous replonge dans les amours orageuses du compositeur et de Suzanne Valadon, dixit le pianiste dans sa brève note d’intention.

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    Mais ce que j’entends d’abord dans l’intimité que déroule le fil de ce beau disque, c’est Satie seul, dans le réduit d’Arcueil, assis à son piano droit, et se jouant à lui-même les charmes de Je te veux, les capricieux envols de la Fantaisie-Valse où passe comme le souvenir de Chabrier, le piquant d’une Diva de l’Empire où Hans Ourdine a réussi à faire entrer dans le clavier la voix de la chanteuse et Guillaume Coppola quasi ses mots – voilà, voilà… Tout cela d’une parfaite justesse d’appréciation !

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    L’album distille une sécrète nostalgie – oui – , même la Sonatine de Clementi, posée pour modèle à la Sonatine bureaucratique, n’y fait pas hiatus : sa petite fantaisie est si bien accordée aux trois « portraits » brossés par Satie. Comme ce Steingraeber est beau ! Guillaume Coppola ne serait-il pas tenté d’y oser – maintenant – un peu de Chabrier, un peu de Poulenc ?

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Satie amoureux
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    Erik Satie (1866-1925)

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    Je te veux, valse chantée
    (version pour piano : Satie)
    Valse-Ballet
    3 Gymnopédies (extrait : No. 3. Lent et grave)
    Gnossiennes
    (3 extraits : No. 1. Lent ; No. 4. Lent ; No. 2. Avec étonnement)
    Fantaisie-Valse
    Tendrement
    Poudre d’or
    Bonjour Biqui, bonjour !
    Gnossienne « No. 7 » (extrait de « Le Fils des étoiles)
    Vexations (extraits : Thème de la basse ; Première harmonisation du motif ;
    Seconde harmonisation du motif)

    Danses gothiques (extrait : No. 1. À l’occasion d’une grande peine)
    Prélude de la porte héroïque du ciel
    3 Valses distinguées du précieux dégoûté
    Sonatine bureaucratique
    Nocturne No. 6
    Désespoir agréable
    Jack-in-the-Box (extrait : No. 1. Prélude)
    Le Piccadilly
    La Diva de l’Empire (version pour piano seul : Hans Ourdine)
    Rag-Time Parade (version pour piano seul : Hans Ourdine)
    3 Morceaux en forme de poire (2 extraits : VI. En plus. Calme ;
    VII. Redite. Dans le lent)

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    Muzio Clementi (1752-1832)

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    Sonatine pour clavier en ut majeur, Op. 36 No. 1

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    Guillaume Coppola, piano

    Un album du label Alpha Classics 1192
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    Photo à la une : le pianiste Guillaume Coppola – Photo : © Lyodoh Kaneko

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    Un CD d’un très grand charme un peu fou !, comme il le faut…

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    Ce samedi 14 mars 1026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le comme prémonitoire adieu à la vie de Denis Raisin-Dadre (1956 – 2025) : son bouleversantissime CD « Lagrime di San Pietro – Lasso – Agostini », avec son magnifique ensemble Doulce Mémoire…

    Le comme prémonitoire adieu à la vie de Denis Raisin-Dadre (Vaux-sur-Mer, 25 juillet 1956 – Tours, 29 septembre 2025) : son bouleversantissime CD « Lagrime di San Pietro – Lasso – Agostini », avec son magnifique ensemble Doulce Mémoire…

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    Oui, c’est bien un bouleversantissime testament musical et discographique – quelle merveille d’intensité (!) dans la délicatissime, déchirante et presque insoutenable, douceur de ce double adieu musical sublimé, et à l’œuvre et à la vie, et de Roland de Lassus (Mons, 1532 – Munich, 14 juin 1594), et de Lodovico Agostini (Ferrare, 1534 – Ferrare, 20 septembre 1590) : les « Lagrime di San Pietro » (1594) de l’un, et les « Lagrime del Peccatore » (1586) de l’autre, sont en effet, chacun, leur œuvre ultime, et de profonde en même temps que très humble réconciliation… – qu’avec l’extraordinaire saisissant CD Alpha 1209 « Lagrime di San Pietro – Lasso – Agostini  » de son ensemble Doulce Mémoire – enregistré à l’Abbaye de Noirlac au mois de janvier 2025 – Denis Raisin-Dadre nous laisse, lui tragiquement disparu – assassinat ? suicide ? Qu’a donné l’enquête diligentée aussitôt par le procureur de la République ? Nous l’ignorons encore à ce jour… – en son domicile, à Tours, le 28 septembre 2025…
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    Et j’ai plaisir à renvoyer ici à la brève présentation du CD, à la page 60 – « Ici mêlées à celles de Lassus, les Lagrime d’Agostini sont l’opus ultime de ce musicien de la cour des Este… et le bouleversant testament de Denis Raisin-Dadre » lui-même – , et à l’article très détaillé que lui consacre l’excellent Denis Morrier à la page 84 du numéro 753 du magazine Diapason de ce mois de mars 2028 – le CD reçoit aussi la récompense archi–méritée d’un DIAPASON D’OR de ce magazine…
    Denis Morrier concluant ainsi son article de Diapason : « L’opus ultime d’Agostini sera donc devenu celui de Raisin-Dadre, qui achève son texte de présentation sur cette troublante citation du Cantique de Siméon : « Maintenant, Seigneur, laisse ton serviteur aller en paix »… »…
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    Le programme de ce CD, superbement conçu par Denis Raisin-Dadre, entremêle sans le moindre accroc à l’écoute, sinon de subtiles nuances et contrastes, les deux « Lagrime », celui « di San Pietro » de Lassus (de 1594, à Munich) et celui « del peccatore » d’Agostini (de 1586, à Ferrare), et après une brève somptueuse (!) impérieuse ouverture instrumentale empruntée au « Deficiat in Dolore » LV 977 de Lassus, s’ouvre et se clôt par deux sublimes Laudes anonymes chantées a capella : l’ultra-déchirant « Al pie del duro sasso », en plage 1 du CD, et le presque consolant « O Sacro Santo Legno », en plage 22 (et conclusive) de ce montage subtil et magnifique de Denis Raisin-Dadre…
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    En effet, s’entrecroisent ici 9 madrigaux choisis parmi les 21 des « Lagrime di San Pietro  » de Lassus, sur des textes de Luigi Tansillo (1510 – 1568) et un texte final, en latin « Vide homo », de Philippe Le Chancelier (1165 – 1236), d’après saint-Bernard de Clairvaux (1090 – 1133), avec 10 madrigaux choisis parmi les 21 des « Lagrime del Peccatore » d’Agostini :
    un montage superbe de Denis Raisin-Dadre, dont celui-ci explicite « cette mise en regard de ces deux œuvres testamentaires » de Lassus et Agostini », d’abord à la page 8 :
    « Mettre en regard ces deux œuvres, c’est mettre en valeur leurs contrastes, la retenue, l’intériorité, des Larmes de Saint-Pierre et l’effusion expressive des Larmes du pécheur  » ;
    puis à la page 10 de son lumineux livret :
    « La rigueur contrapuntique, la sublime retenue des émotions chez Lassus se révèlent encore plus – voilà ! – en contraste avec l’effusion émotionnelle des Larmes d’Agostini. Le chemin solitaire et douloureux de Pierre est adouci – plage 20 du CD – par le madrigal – « La Croce via fu« … – adressé à la Vierge, à la Samaritaine, et surtout par la possibilité d’une espérance donnée dans ce dernier madrigal : « La Croix fut jadis mort, elle est maintenant vie ».
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    Et Denis Raisin-Dadre d’ajouter in fine de sa présentation du livret, page 16, ces ultimes mots
    qui nous marquent encore davantage aujourd’hui que nous les découvrons, 5 mois après la disparition tragique du musicien, le 29 septembre 2025 :
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    « Au début et à la fin de ces Lagrime, j’ai voulu revenir à la simplicité, à la voix du peuple, celle qui chante les laudes, une musique simple, modeste, dépouillée des artifices et subtilités du madrigal spirituel. Ces refrains touchent le cœur aussi sûrement que le texte du Nunc dimittis – le cantique de Siméon, chanté lors de complies – si souvent mis en musique par Lassus à la fin de sa vie.
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    « Maintenant, Seigneur, laisse ton serviteur aller en paix selon la parole,
       Car mes yeux ont vu ton Salut. »  »…
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    Les 7 chanteurs (Amélie Raison, Camille Fritsch, Brice Clavier-Homberg, Olivier Coiffet, François-Olivier Jean, Matthieu Le Levreur et Guillaume Olry)
    et les 7 instrumentistes (Eva Godard, Sarah Dubus, Johanne Maître, Elsa Franck, Jérémie Papasergio, Adrien Reboisson et Rémi Lécorché) de ce Doulce Mémoire que dirige merveilleusement Denis Raisin-Dadre, méritent chacun et tous notre profonde admiration…
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    Je me souviens d’avoir parlé à Denis Raisin-Dadre, notamment lors d’un bien beau concert de bande de hautbois donné dans la majestueuse grange dimière du château de Lanquais, en Dordogne – entre Bergerac et Lalinde – par La Simphonie du Marais et Hugo Reyne, le 2 août 1992, il y a aujourd’hui presque 34 ans
    – Denis Mollat et son épouse Chantal étaient eux aussi présents ce jour-là à Lanquais ; et parmi les musiciens de cette belle bande de hautbois rassemblée par Hugo Reyne, intervenaient, aux côtés de Hugo et de Denis Raisin-Dadre, l’amie Laurence Pottier, et il me semble aussi Jérémie Papasergio, et peut-être Elsa Franck ; ces deux derniers qui maintenant prennent la suite de Denis Raisin-Dadre à la tête de l’ensemble Doulce Mémoire…
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    Profonde et très vive émotion !
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    Et admirez ici cette vidéo de 3’17 de Denis Raisin-Dadre dirigeant son Doulce Mémoire dans Lassus…
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    Ce dimanche 1er
    mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Un revival Rameau (suite) : ré-écouter la tragédie en musique « Castor et Pollux » version 1737 de Jean-Philippe Rameau, magnifiquement servie par György Vashegy et ses troupes…

    En forme de reprise rectifiée à mon vraiment trop bref – escamoté ! incompréhensiblement laissé alors en jachère… – article « Un superbe « Castor et Pollux « version 1737, de Jean-Philippe Rameau, de Gyorgy Vashegyi… » en date du 6 septembre 2025, consacré au superbe double CD Alpha 1148 « Rameau – Castor et Pollux – version 1737 » de György Vashegi – enregistré à Budapest du 27 février au 2 mars 1023 – ,

    voici cette reprise améliorée-ci, à l’occasion de l’article de ce jour, 16 février 2026, « Très bon Castor et Pollux par György Vashegy« , sous la plume de Matthieu Roc, sur le site de ResMusica :

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    Très bon Castor et Pollux par György Vashegy

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    Après Dardanus, Les Boréades, Naïs, Les fêtes de Polymnie et d’Hébé, c’est encore un excellent Rameau – mais oui ! – qui nous vient de Hongrie, grâce au dynamique .

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    Il y a bien deux versions du Castor et Pollux de Rameau, celle de 1737 et celle de 1754. La première est plus « lullyste », plus traditionnelle avec un long prologue qui n’avait de circonstance politique valable – encore – qu’en 1737, et la seconde est plus « gluckiste », davantage centrée sur le drame et moins sur les divertissements. Il s’agit ici de la version première, structurée façon Hippolyte et Aricie avec force jeux, troupes légères, interventions surnaturelles, descente aux enfers, deus ex machina etc. Moins enregistrée que celle de 1754, la version de 1737 comptait deux gravures : celle de Harnoncourt en 1972, qu’on qualifiera de pionnière pour pouvoir l’oublier avec respect, et la version de William Christie datée de 1992, qui ne s’oubliera pas vite et que ce nouvel enregistrement de vient concurrencer directement. La notice de présentation fait état des progrès de la recherche musicologique depuis trente ans, mais ce seront bien les qualités d’interprétation – certes – qui feront pencher la balance du mélomane du côté de Christie ou du côté de Vashegyi.

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    Ce qui frappe dès le prologue, c’est la justesse du tempo énergique choisi par le chef hongrois. Ni frénésie, ni alanguissement, mais une joie de vivre et de chanter – fondamentalement racistes, les deux – qui sonne toujours juste, qui fait vibrer les airs, les chœurs et les tambourins, tout en laissant respirer les gavottes. La différence avec les tempi d’oratorio de Christie est frappante. C’est bien la qualité de la direction de , vrai chef d’opéra – mais oui ! – , qui fait la principale réussite de cet enregistrement. Il instaure peu à peu la tension dramatique qui atteint au dernier acte un acmé intense, et qui se résout enfin dans le feu d’artifice cosmique d’un final éblouissant – rien moins ! Les contrastes sont toujours admirables (plaisirs d’Hébé, danses des constellations…), et l’intrigue se déroule sans la moindre chute de tension. Le est superbe de netteté, d’articulation (quel français ! – mais oui… – ) et l’ est excellent. Les cordes sont moelleuses, et les vents parfois impétueux sont parfaitement maîtrisés.

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    S’il faut mentionner quelques petits problèmes, c’est du côté des solistes qu’on pourra les trouver. Dans le rôle de Télaïre, est à la fois géniale et problématique. Il n’y a rien à redire à son style ni à sa diction, mais son émission perpétuellement étranglée donne une certaine acidité à son chant qui surprend toujours un peu au début, à laquelle on s’habitue vite, mais qui donne aussi une dimension dramatique impressionnante. La tension de la voix surexprime la tension morale de Télaïre jusqu’aux limites du supportable, et sa pâmoison au cinquième acte joue alors pleinement le rôle de pivot où se défont les limites du divin et de l’humain. Son interprétation est donc parfaitement congruente – voilà – à la vision très théâtrale du chef d’orchestre. On n’a qu’un seul reproche à faire à dans le rôle du divin Pollux : il est… trop humain ! Toujours aussi magnifique et noble, et il porte dans la couleur de sa belle voix ample sa souffrance d’amoureux malheureux, et la divinité de son personnage se développe au fur et à mesure plus qu’elle n’éclate dès le début. A contrario, dans Castor est immédiatement sublime – oui. La beauté de son timbre, la souplesse de sa ligne de chant font merveille, et son air « séjour de l’éternelle paix » est une splendeur de beau chant et de déclamation  conjointement, et comme il se doit dans l’opéra baroque français. L’eau qui a coulé sous les ponts depuis l’intégrale de Christie n’a pas altéré la distinction et la puissance dramatique de . L’évolution (à peine perceptible) de son timbre va dans le sens du personnage, Phébé un peu plus passionnée, un peu plus déchirée que jadis, et toujours parfaitement dans le style du meilleur Rameau – voilà. A côté de ces vedettes du monde baroque, les « comprimari » sont tous également remarquables. fait une lumineuse Minerve et Constellation. et interprètent des ombres très heureuses, et Attila Varga- Tóth en athlètes et dieux divers sont parfaits.

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    C’est donc une rivalité très crédible pour l’iconique version de William Christie qu’a produite György Vashegyi. Celle de Christie garde intactes toutes ses qualités de pure beauté formelle un peu hiératique – voilà– , et Vashegyi apporte au drame urgence et sang vif – c’est cela. A ce niveau, le choix sera difficile, s’il faut choisir !

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    Rameau est toujours, ainsi aussi justement servi par György Vashegi et ses interprètes, enchanteur… 

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    Ce lundi 16 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir grâce au magnifique altiste qu’est Amihai Grosz une magistrale interprétation, avec le pianiste Sunwook Kim, de la Sonate Arpeggione de Schubert ainsi que du bouleversant chef d’œuvre ultime de Chostakovitch qu’est la bouleversante Sonate Op. 147 : chapeau bas !!!

    C’est un bouleversant CD Alpha 634 « Schubert – Shostakovich – Pártos » qu’ont enregistré à Berlin au mois de septembre 2019 l’altiste miraculeux qu’est Amihai Gross, et le pianiste parfait qu’est Sunwook Kim,

    nous offrant deux interprétations magistrales de la Sonate Arpeggione D. 821 de Franz Schubert, et de la Sonate pour alto Op. 147 de Dimitri Chostakovitch, son adieu à la vie…
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    Après, et en ouverture, le « Yizkor (in Memoriam) « – une prière pour les morts – du compositeur hongrois Ödön Pártos (1907 -1977), éleve du grand Zoltan Kodaly, en forme d’indication de signification profonde de ce CD,
    une interprétation merveilleusement enlevée, sinon joyeuse, du moins fondamentalement gaie, de la merveilleuse Sonate Arpeggiata D821 de Franz Schubert, à la façon tournoyante mais avançant tout de même à chaque tour d’un pas, d’une valse viennoise jusqu’au final, foncièrement ambivalent, sinon ambigu, ou bien d’un effondrement mortel, ou bien d’un explosif orgasme jouissif, ou bien les deux – Thanatos et Éros – , mais ils ne sont probablement pas tout à fait exclusifs l’un de l’autre – cf les deux interprétations également possibles et justes de « La Valse « de Maurice Ravel par et selon ses divers interprètes… – ,
    l’aboutissement génialissime d’une terrible Sonate pour alto Op. 147 de Dimitri Chostacovitch, l’ultime opus du compositeur sentant sa mort toute proche, et en hommage à la fabuleuse Suite pour 2 Pianos Op. 6 qu’en 1922 le compositeur avait écrite sous le coup de la disparition de son père, ainsi que nous le rappelle, à la page 14 du livret de ce CD, le très beau texte intitulé « In Memoriam « de Nicolas Derny…
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    Le jeu d’Amihai Grosz et Sunwook Kim nous atteint et nous étreint absolument, ici, au plus profond et en plein cœur !
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    Ce CD est ainsi un absolu chef d’œuvre d’interprétation qu’à sa parution, en 2020, faute du moindre signalement médiatique ou autre reçu, nous avons alors laissé passer…

    mais l’écoute enchanteresse maintenant de l’interprétation d’Amihai Grosz de la formidable « Sinfonia Concertante «  Kv 364 de Mozart dans le CD Alpha 996 sous la direction de Julien Chauvin

    – cf mon article « Que 2026 soit une année mozartienne ! Que nous accompagne et que se multiplie à l’envi une joie pure telle que celle que vient nous donner la «  Sinfonia concertante « KV 364 de Mozart comme viennent de nous l’offrir à un tel degré de jubilation Julien Chauvin, le concert de la loge et l’altiste Amihai Grosz en le si beau CD Alpha 996 «  en date du 1er janvier dernier… –

    nous a remis dans le droit chemin de la magnifique discographie de cet extraordinaire altiste qu’est Amihai Grosz !

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    Et permis de commander à notre disquaire préféré ce formidable CD Alpha 634, enregistré à Berlin en septembre 2019 : la négligence de 2020 est ainsi désormais superbement réparée ; et c’est maintenant en boucle que je me passe et repasse ce sublime CD…
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    Ce mardi 27 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa