L’excellent pianiste David Kadouch (Nice, 7 décembre 1985) nous séduit avec son délicat et délicieux tout récent CD Mirare MIR708 « Amours interdites » _ enregistré au Théâtre Auditorium de Poitiers du 23 au 26 septembre 2023 _,
_ trois compositeurs auxquels va ma prédilection toute personnelle… _,
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David Kadouch nous fait la surprise de nous donner à découvrir aussi trois ravissantes pièces pour piano de Wanda Landowska (Varsovie, 5 janvier 1879 – Lakeville, 16 août 1959) _ je ne la savais pas, jusqu’ici, aussi compositrice…. _ :
« Nuit d’automne« , « Valse en mi mineur » _ écoutez-la ici (2′ 51) _ et « Feu follet« …
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Un programme de piano délicieusement composé _ à dominante de légères touches, récurrentes, de mélancolie : autour d’amours interdites _ et interprété à ravir _ sur un beau Steinway _ par un David Kadouch comme en état de grâce…
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A passer et repasser doucement en boucle sur sa platine les jours ou nuits un peu tièdes de nostalgie…
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Ce dimanche 2 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
Louis Marchand (1669-1732) : Suites pour clavecin en ré (1669), en sol (1703). Livres pour orgue : extraits du Livre I et du Livre II. Grand Dialogue en ut majeur (Livre III). Emmanuel Arakélian, clavecin, orgue. Louis Alix, orgue troisième main. Livret en français, anglais. Décembre 2023. TT 80’49’’. Mirare MIR 740
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Pour son premier album en solo, Emmanuel Arakélian s’est penché sur un éminent virtuose du Baroque français, dont il aborde les pièces pour clavecin et pour orgue sur deux prestigieux instruments. À notre connaissance, il s’agit du seul disque abordant ces deux versants de l’œuvre pour clavier de Marchand par un même artiste, fruit de la double habileté de l’élève d’Olivier Latry, Michel Bouvard, Olivier Baumont et Blandine Rannou. Le programme alterne séquences pour clavecin (les deux Livres sont là en bon ordre) et pour orgue, celles-là d’une structure moins évidente : entrée en fanfare sur le Grand Dialogue en ut majeur, conclusion sur la Suite en ré, à laquelle ne manquent que les deux redondantes Tierce en taille et Basse de trompette, et dont le sublime Quatuor s’interpose en milieu de CD, encadré par des extraits du Livre II.
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Même si la toute première contribution entièrement consacrée au legs pour tuyaux reste celle de Michel Chapuis à Souvigny (Harmonia Mundi, 1962), les aînés de nos lecteurs le découvrirent peut-être grâce au vinyle d’une cinquantaine de minutes qu’André Isoir grava une décennie plus tard pour Calliope à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. C’est ce chef-d’œuvre des neveux Isnard, qui a bénéficié d’une récente restauration en 2017, qu’a retenu Emmanuel Arakélian, comme Bernard Coudurier avant lui (BNL, 1993). Il en est l’heureux titulaire, raison suffisante _ en effet ! _, qui nous permet d’admirer _ oui _ ce joyau de la facture française à son apogée (1772-1774), rescapé de la Révolution et des vicissitudes du temps. On imagine combien le Grand Jeu et la Fugue du Livre II, le Grand Dialogue en ut majeur profitent de la formidable batterie d’anches du Couvent Royal, avec Trompette à chaque plan sonore et Bombarde 16’ activable à la Résonance et son pédalier en tirasse. Cette tribune, on connaît la profonde suavité de ses Montres et Bourdons, on s’en délectera dans les Fonds.
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À l’orgue du Temple de la Fusterie à Genève (Cascavelle), reconstruit par le jeune Pascal Quoirin (son deuxième chantier, quarante ans avant le relevage de Saint-Maximin), François Delor avait proposé un enregistrement vif et piquant. Emmanuel Arakélian s’en tient à une approche plus majestueuse, magnifiée dans l’austère grandeur du Plein-jeu à six parties, à l’instar de Frédéric Desenclos à Sarlat (Tempéraments) _ oui _, puis cisèle des phrasés émus, qu’on appréciera dans tel Trio, exquisément balancé, tel Récit dessiné sur un murmure, telle Tierce en taille exhalée sur une ample rumeur. Outre Chapuis, Isoir et Coudurier à la même console, cette prestation rejoint le meilleur de la discographie, marquée par Marie-Claire Alain à Caudebec-en-Caux (Erato), Jean-Baptiste Robin à Poitiers (Triton) et Marina Tchebourkina à Versailles (Natives).
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Sous les doigts de Scott Ross, il a vu passer tout François Couperin et tout Rameau, cet emblématique hôte du château d’Assas, attribué à Pierre Donzelague (1668-1747), qu’aujourd’hui visitent Jean Rondeau, Pierre Hantaï et Justin Taylor dans la famille du Dijonnais ou dans les rivages italiens de Bach. Sans alourdir les basses, les micros d’Hugues Deschaux _ le magicien _ discernent sa limpidité mais aussi ses arômes complexes, excités dans la Gigue en plage 6. Philippe Beaussant (1930-2016) disait que la Gavotte de la seconde Suite permet de saisir, par contraste avec le reste de la production du compositeur lyonnais, combien l’art de François Couperin relève du style luthé.
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Et pourtant, dans les deux cahiers, le toucher d’Emmanuel Arakélian nous rapproche souvent de l’auteur des Idées heureuses et de La Mézangère _ François Couperin. À le bien entendre, rien de plaqué, de claqué, mais une fluidité qui convient parfaitement au Prélude non mesuré, à l’Allemande du lot en sol, et même aux caractères plus incisif de la première Suite, dont la science harmonique apparaît subtilement diffractée, privilégiant le ruissellement des accords. Certes le panache n’est pas absent, mais il se domine, comme dans la Gigue. Ou les ruminations obstinées de la Chaconne, dont Emmanuel Arakélian enserre fermement le gabarit pour mieux l’animer, dans une invention sans cesse recommencée, rappelant ce que Jean-Paul Sartre écrivait des Mobiles de Calder : « il faut vivre dans son commerce et se fasciner sur lui. Alors l’imagination se réjouit de ces formes pures qui s’échangent, à la fois libres et réglées ».
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Dans cette part du récital pincée aux becs, on n’applaudira pas les machinations ombrageuses qu’exaltait Blandine Verlet (Astrée, 1978), ni plus récemment la démonstration de brio d’Ewa Mrowca (Dux), mais une exemplaire attention accordée à la ductilité _ voilà _ typique de Marchand. À d’autres le contraste forcené, les brassées d’épices : l’interprète avignonnais nous offre une exploration de poète, où l’on peut s’abandonner à la rêverie nonchalante de la Sarabande, sondée non sans détachement, entretenant l’ambivalence envers ce qui s’apparenterait à la componction. Sans esbroufe mais non sans intensité _ oui _, Emmanuel Arakélian réveille l’intensité de ces pages auxquelles il accorde toute sa sensibilité. Dans la paire de Courantes, ces mines vaguement poseuses qu’il esquisse, mais sincères, comme éperdues devant l’indifférence des cœurs, seraient celles du Mezzetin peint par Antoine Watteau.
se voit ce jeudi 16 janvier 2025 rejoint par le très festif, à son tour, article intitulé « Vivacité » , sous la plume, cette fois de Pierre-Yves Lascar _ tiens, tiens _, sur l’excellent site Discophilia de Jean-Charles Hoffelé
pour un CD, le CD Mirare MIR 730, enregistré au théâtre élisabéthain d’Hardelot les 10 et 11 février 2020 _ il y a donc 5 ans déjà !.. _, et publié par Mirare le 14 avril 2024 :
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pourquoi donc tant de _ successifs… _ retards, pour un enregistrement si festivement jubilatoire,
Les Sonates de Mozart posent quelques pièges à qui les abordent sur un piano moderne, jamais sur un pianoforte, le discours y coule naturellement _ oui ! _, les accents piaffent, le caractère aiguisé des rythmes, la fantaisie des mélodies, les surprises de l’harmonie, tout un petit monde s’accorde soudain, prodigieux de vitalité _ voilà ! Et voilà qui convient parfaitement aussi au talent d’interprète festif de l’excellent Jérôme Hantaï…
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Jérôme Hantaï a pour lui un pétillant pianoforte anonyme de l’époque de Mozart restauré par Christopher Clarke, dont le clavier alerte sert son propos _ pétillant, alerte : des adjectifs qui conviennent parfaitement à la personnalité, et pas que musicale, du facétieux, dans la vie aussi, Jérôme Hantaï…
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Commencez par la Sonate en si bémol majeur, cette allégresse, cette fantaisie de grande allure s’incarnent dans le plaisir _ délicieux _ d’un jeu savoureux, si alerte, simplement irrésistible _oui, oui _, et qui n’exclut pas l’émotion _ en effet _, palpable au détour d’une modulation.
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Tout le disque est une fête _ voilà ! voilà ! _, évidemment commencée par le ton très Watteau _ oateux, avec son ombre délicate, à peine une brume, de mélancolie _de la Sonate en ut majeur, petite merveille de tendresse _ oui _ que Jérôme Hantaï sauve des mignardises habituelles, une fantaisie supplémentaire _ encore un caractère de Jérôme Hantaï _ paraissant dans les trois Rondos, joués sans traîner, le ré majeur doré par quelques accents Sturm und Drang est particulièrement attachant _ tout cela est parfaitement entendu….
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Il serait dommage que Jérôme Hantaï ne poursuive pas _ depuis ce mois de février 2020 de cette prise à Hardelot… _ dans ce jardin particulier que lui sont les Sonates de Mozart
_ cf aussi ses Haydn, d’abord en le CD Ambroisie AMB 9975 « Joseph Haydn – Sonates pour piano forte« , enregistré en novembre 2004 à la Cité de la Musique à Paris ; puis en un tout aussi réjouissant « Haydn – Mozart – Sonates« , le CD Mirare MIR 456 ; cf mon article « De merveilleux Haydn et Mozart au pianoforte, par un très ludique Jérôme Hantaï« en date du 5 mai 2019… .
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LE DISQUE DU JOUR
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Wolfgang Amadeus Mozart
(1756-1791)
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… Sonate pour clavier (No. 7)
en ut majeur, K. 309 Rondo en fa majeur, K. 494 Rondo en ré majeur, K. 485 Sonate pour clavier (No. 13)
en si bémol majeur, K. 333 Suite en ut majeur, K. 399/385i (extrait : II. Allemande) Rondo en la mineur, K. 511
En tout premier CD Ravel de l’ »Année Ravel 2025« ,
le label Mirare vient nous offrir un flamboyant orchestral CD MIR 582 « Ravel l’alchimiste » de Jean-François Heisser dirigeant de son beau piano un lumineux _ et avec quelle superlative prise de son ! C’est proprement saisissant ! Ecoutez donc ! _ Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine
_ l’enregistrement a eu lieu au Théâtre Auditorium de Poitiers du 11 au 13 décembre 2020 et les 2 et 3 janvier 2021, il y a déjà 4 ans…
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Voici ce qu’en déclare ce jour même Jean-Charles Hoffelé en un article qu’il intitule « Origine Piano » :
Belle idée _ et très belle réalisation ! _, et signée par un pianiste _ Jean-François Heisser ! _ : tout ce que Ravel aura composé ici _ c’est-à-dire pour ce CD-ci Mirare « Ravel l’alchimiste« , soit le « Concerto pour piano et orchestre en sol » M.83 ; « Ma Mère l’oye » M.60 (en sa transcription pour orchestre de Ravel) ; « Le Tombeau de Couperin » M.68a (en sa transcription pour orchestre de Ravel) ; et « Pavane pour une infante défunte » M.19 (en sa transcription pour orchestre de Ravel)… _ le fut d’abord _ c’est-à-dire avant le travail d’orchestration _ pour le grand meuble, et c’est bien du piano que Jean-François Heisser imagine _ et conduit l’orchestre _ les quatre pièces _ orchestrées _ ensuite, un peu plus tard _ par Ravel _ du Tombeau de Couperin, les fantaisies de Ma mère l’Oye, la tristesse mesurée de la Pavane pour une infante défunte : manière par-delà les couleurs _ splendides _ de l’orchestre de faire paraître le dessin _ originaire et magnifique _ du piano.
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Cela rend l’album précieux, et à vrai dire la lecture émue de Ma mère l’Oye y suffirait, si du piano, Jean-François Heisser ne délivrait un Concerto en sol si singulier _ oui ! singulièrement marquant même ! _, d’abord poétique, dont les raffinements rappellent quel magicien du son il peut être. L’Adagio assai est parfait _ et, pour ma part, c’est lui qui m’a le plus « tiré l’oreille » et émerveillé : écoutez-le ici … _, si mozartien par sa simplicité _ oui, oui _, le Final évite tout effet, mais ce sera d’abord l’Allegramente, surtout ses épisodes de féérie, qui tireront l’oreille.
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Demain _ en un second enregistrement possiblement, voire probablement, mis en réserve lui aussi pour célébrer avec splendeur cet anniversaire « Ravel 2025 » ! _ Jean-François Heisser osera-t-il _ cette fois _ les terreurs du Concerto pour la main gauche, en les mariant aux vertiges de La Valse, à ceux d’Une barque sur l’océan ? Espérons _ oui ! Pour un CD tragique cette fois, ce que la musique de Ravel sait, en effet, être aussi…
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LE DISQUE DU JOUR
Ravel l’alchimiste
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Maurice Ravel (1875-1937)
… Concerto pour piano et orchestre en sol majeur,
M. 83 Ma mère l’Oye, M. 60 (version orchestrale, 1911) Le Tombeau de Couperin,
M. 68a (version orchestrale) Pavane pour une infante défunte, M. 19 (version orchestrale)
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Jean-François Heisser, piano, direction Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine
La musicalité et la qualité extrême des sons que, de son piano, Jean-François Heisser obtient de chacun des instrumentistes de son orchestre, sont _ et j’y insiste _ saisissants de magie !
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Un enregistrement discographique qui fait ainsi date, pour ouvrir en renversante beauté, déjà, cette année « Ravel 2025« …
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Bravissimo maestro Heisser !
De réaliser aussi superlativement, et de son piano, le génie d’orchestrateur fabuleux de Maurice Ravel…
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Ce vendredi 10 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa