Étiquette : littérature

  • De « Une Passion franco-allemande _ Souvenirs du Goethe-Institut de Bordeaux » à « Le Goethe-Institut de Bordeaux _ Une si riche passion intellectuelle franco allemande » : les souvenirs d’une passion (et d’une carrière professionnelle) de Jutta Bechstein-Mainhagu…

    De « Une Passion franco-allemande _ Souvenirs du Goethe-Institut de Bordeaux » _ imprimé au mois de septembre 2022 _ à « Le Goethe-Institut de Bordeaux _ Une si riche passion intellectuelle franco allemande » _ imprimé au mois de février 2023 _,

    soient le récit des souvenirs d’une passion (et d’une carrière professionnelle _ dans laquelle a pu se réaliser et s’épanouir cette passion « franco-allemande«  pas seulement « intellectuelle«  !.. _) de Jutta Bechstein-Mainhagu ;

    …

    ou ce qui se perd un peu d’une édition libre _ à compte d’auteur _ à une édition dans laquelle le choix du titre revient in fine à l’éditeur…

    …

    …

    En lecteur attentif de ces deux ouvrages, bien peu différents, certes,

    je regrette personnellement en effet ce qui se perd en lumière de vérité de ce passionnant et passionné récit de celle qui, de lectrice passionnée de littérature, est devenue une  passeuse passionnée et éminemment experte de la culture allemande, à Bordeaux, et très vite en France, puis en Europe, et enfin, avec Internet, dans le monde entier, auprès de lecteurs tant soit peu curieux de l’actualité la plus riche, quasi au jour le jour, de la culture allemande _ ayant à se remettre, difficilement, du poids des gravissimes crimes de l’hitlérisme, puis de celui de ses durables très pesants remords consécutifs : comment donc s’en remettre ?..

    …

    …

    Car ce n’est pas à un compte-rendu historique de ce Goethe-Institut de Bordeaux _ qui, d’ailleurs, n’a pas eu souci de se doter d’archives de ses propres activités… _ que nous avons affaire ici, mais bien aux souvenirs très investis et passés au tamis de sa vive sensibilité, de celle qui dès sa nomination comme bibliothécaire, et son entrée dans les lieux _ alors au 16-ter de la rue Boudet (entre Cours de Verdun et Esplanade des Quinconces) _, le 13 juillet 1972, en fut tout aussitôt une très active et féconde cheville ouvrière,

    devenant aussi, tout en fin de carrière _ en « 2012-2013« , est-il indiqué à la page 22 ; alors que Jutta prend sa retraite au mois de janvier 2013 ; et que c’est le 14 décembre 2012 qu’elle a fêté son 65e anniversaire… _, le neuvième directeur-directrice de ce Goethe Institut de Bordeaux,

    après Fred Mensdorf (1971 – 1977), Gerhard Trapp (1977 – 1983), Gerhard Koebe (1983 – 1988), Wolfgang Ebert (1988 – 1991), Gisela Kadar (1991 – 1996), Holger Hartmann (1996 – …), Jochen Neuberger (… – 2004), Carmen Marcou (2005 – 2012), Jutta Bechstein-Mainhagu (2012 – 2013), Gertrud de Blay (2013 – 2018), Luise Holke (depuis 2018) ;

    après être devenue auparavant, en 1997 _ et cela quinze années durant (1997-2013), c’est-à-dire jusqu’au moment de son départ à la retraite, au mois de janvier 2013 _, l’inventeur et l’animatrice infatigable de ce qu’elle-même a intitulé « le bureau de liaison littéraire du Goethe-Institut » _ à répercussions très vite internationales, même : quelle improbable aventure, au départ, en 1970, à l’âge de 22 ans, de Cobourg pour Paris !..

    …

    …

    C’est donc cette passion personnelle de la jeune Jutta Harnatt, née le 14 décembre 1947 à Kronach, en Haute-Franconie (tout au nord du vaste Land de Bavière), devenue plus tard Jutta Bechstein, puis devenue veuve en 1997, Jutta Bechstein-Mainhagu,

    qui m’a moi-même passionné par son enthousiasme très communicatif de lectrice attentive et tout à fait perspicace de la littérature allemande, notamment contemporaine ;

    avec laquelle, Jutta, je n’ai pas manqué d’avoir régulièrement, moi qui ne suis pas germanophone _ mais mon père, issu d’une famille viennoise, est né le 11 mars 1914 à Stanislaus, en Galicie alors autrichienne _, d’éclairantes conversations, d’abord _ au tout début _, autour de l’œuvre si puissante et marquante, que je découvrais alors, dans les années 80, de ce génie _ autrichien _ qu’est Thomas Bernhard (Heerlen, 9 février 1931 – Gmunden, 12 février 1989) _ lire d’abord les 5 volumes de son autobiographie (écrits en 1975, 1976, 1978, 1981 et 1982 ; et publiés en traduction française chez Gallimard respectivement en 1988 (!), 1982, 1983, 1984 et 1985) : L’origine _ simple indication, La cave _ un retrait, Le souffle _ une décision, Le froid _ une mise en quarantaine et Un enfant ;

    c’est à la parution à la NRf du « Souffle _ une décision » (celle de refuser de succomber à sa quasi mortelle maladie pulmonaire, et choisir de vivre en refusant l’avilissement-abaissement généralisé des compromissions…), le 13 septembre 1983, qu’un article enthousiaste de Jean-Louis de Rambures dans le Monde des livres, intitulé « Thomas Bernhard face à la mort« , m’a incité à me procurer et lire dare-dare, dans l’enthousiasme, pour la première et décisive fois, l’immense et formidable Thomas Bernhard : écrivain à l’implacable lucidité désormais et pour jamais indispensable ! Et donc c’est à partir de cette date-là, que j’ai aussitôt lu dès sa parution en traduction française le moindre titre paraissant de lui… ;

    de même que j’allais voir (et y mener aussi mes élèves ! depuis Andernos où j’enseignais à philosopher…) en 1991, au Théâtre du Port-de-la-Lune, dirigé alors par Jean-Louis Thamin, les représentations de trois de ses pièces, pas moins !, dont « Le Faiseur de théâtre« , magnifiquement mis en scène par l’excellent Jean-Pierre Vincent (cf ces mots rétrospectifs de Jean-Pierre Vincent le 4 février 2011, en un entretien pour Libération, intitulé « L’art n’est clairement pas leur problème« ), et « La Société de chasse« , mise en scène par Jean-Louis Thamin, mais insupportablement défigurée hélas par cet horripilant cabot qu’est le pauvre Fabrice Luchini, qui se croit irrésistiblement amusant, aussi inintelligent là qu’à son habitude, et parfaitement infidèle à la subtile et terrible efficacité de Thomas Bernhard ; la troisième pièce étant peut-être (mais j’ai échoué à en trouver jusqu’ici trace dans les archives accessibles sur le Net, ainsi que dans mes agendas) « Minetti _ portrait de l’artiste en vieil homme« … _,

    pour commencer ;

    …

    puisque je me suis ensuite passionnément intéressé à bien d’autres auteurs de la sphère d’influence germanique, en Europe centrale et orientale, comme, tout particulièrement, Bruno Schulz (« Les Boutiques de cannelle« , « Le Sanatorium au croque-mort« …), Gregor von Rezzori (« Neiges d’antan« , « Mémoires d’un antisémite« , « Sur mes traces« …), Walter Benjamin (tout l’œuvre !), Hannah Arendt (tout l’œuvre !), Lisa Fittko (« Le Chemin des Pyrénées« , devenu « Le Chemin Walter Benjamin« …), Imre Kertész (tout l’œuvre, et surtout l’indispensable « Le Chercheur de traces » _ redonné in « Le Drapeau anglais« … _ ainsi que son extraordinaire « Liquidation« , à propos des indélébiles séquelles de tout cela…),

    et bien d’autres encore, et assurément non des moindres : Aharon Appelfeld (« Histoire d’une vie« , etc.), Wlodzimierz Odojewski (le bouleversant « Et la neige recouvrit leur trace« …), Andrzej Kusniewicz (« Le Roi des Deux-Siciles« , « L’État d’apesanteur« , etc.),

    et aussi _ il ne me faut certes pas les oublier _ Pierre Pachet (« Autobiographie de mon père« ), Daniel Mendelsohn (« Les Disparus« ), Patrick Desbois (« Porteur de mémoires« ), et l’immense Saul Friedländer (les deux tomes de son monumental « L’Allemagne nazie et les Juifs« , ainsi que son « Quand vient le souvenir« …),

    etc., etc.,

    …

    jusquà mener sur quelques uns d’entre ceux-là des recherches poussées, avec même quelques découvertes _ par exemple la localisation, à Montauban, du domicile de Hannah Arendt et son époux Heinrich Blücher (à l’étage au-dessus d’un atelier de photographe), plusieurs mois durant, entre sa fuite du camp de Gurs et leur difficile sortie de France, Varian Fry et son réseau à Marseille aidant, afin, par « le chemin des Pyrénées« , et via l’Espagne et Lisbonne, de réussir à gagner New-York et les États Unis : ce dont j’ai pu faire part, les 28 et 29 avril 2014, au colloque « Hannah Arendt«  organisé au Château d’Orion par Elke Jeanrond-Premauer, avec laquelle Jutta m’avait très efficacement mis en contact… _,

    ainsi que des lectures et analyses très détaillées,

    …

    comme en mon « Lire ‘Liquidation’ d’Imre Kertész, ou ce qui dure d’Auschwitz« , achevé de rédiger le 13 janvier 2006, et redevenu accessible, grâce à Nathalie Georges-Lambrichs _ qui a réussi à le « récupérer » sur une ancienne sauvegarde sienne qu’elle est parvenue à réactiver : ouf ! immense merci à elle ! _ en mon article du 8 novembre 2022 : « « , où ce très long texte mien de lecture-commentaire-déchiffrage du « Liquidation » de Kertész est miraculeusement redevenu accessible _ il n’a finalement pas été « liquidé« , réduit au pur néant, lui, par l’accident de mon précédent ordinateur où je le conservais sans sauvegarde aucune… _ à de patientissimes lectures !!!  ;

    ce très très grand texte de Kertész qu’est ce chef d’œuvre étourdissant _ en son époustouflante complexité archi-enchevêtrée d’écriture par lui, l’auteur, puis de lecture, par nous, ses lecteurs… _, de « Liquidation« ,

    se re-révélant hélas ces jours de maintenant plus prémonitoire que jamais _ « Ce qui dure d’Auschwitz » avais-je moi aussi comme prémonitoirement sous-titré ce modeste mien « Lire ‘Liquidation’« , qui, et cela à mon plus vif étonnement (!), résiste superbement à la relecture, 17 ans après sa rédaction, achevée le 13 janvier 2006 !… _ avec le présent retour de l’incroyable plus qu’infâme barbarie déchaînée sur ces décidément malmenées _ Boutcha, Irpin, Marioupol, Bakhmout, etc. _ terres d’Ukraine ; relire ici, du très grand historien américain Timothy Snyder, pour commencer, son indispensable « Terres de sang : l’Europe entre Hitler et Staline » (et désormais Poutine !) _ et relire aussi mes articles, celui très détaillé, du 26 juillet 2012, « « , et celui, synthétique et rétrospectif, du 4 mars 2022, « « , sur ce formidable travail de Timothy Snyder en ce « Terres de sang : l’Europe entre Hitler et Staline« …

    Et où nous mesurons tout ce que nous pouvons devoir à la lucidité de poïesis la plus fine et la plus juste sur le réel des plus grands écrivains, tel ici un Kertész…

    Oui, voilà bien ce qu’apporte l’imageance des plus grands écrivains et artistes ;

    et il nous est plus que jamais indispensable, à nous leurs lecteurs, de venir toujours et à nouveau, génération après génération, les lire, et revenir, de nouveau, les relire ! Car leurs regards, via leurs très vivantes voix précieusement maintenues activement parlantes, déposées qu’elles sont dans les rythmes des phrases, des lignes et des pages de leurs livres, nous demeurent plus que jamais présents, ces extra-lucides regards visionnaires-là, via ces œuvres et chefs d’œuvre, qu’à nous, leurs potentiels lecteurs, ils ont su, tel un infiniment précieux legs, nous laisser.

    Immense merci à eux tous, ces plus grands des auteurs !!!  Et fin ici de l’incise.

    …

    …

    Ma dette amicale à l’égard de Jutta, via nos conversations passionnées à la bibliothèque du Goethe-Institut, à Bordeaux, n’est donc pas mince…

    …

    …

    Ci-joint, un lien au très intéressant petit portrait-vidéo (de 11′ 40) réalisé, il y a 4 jours aujourd’hui, par Jutta dans le petit studio ad hoc de la Librairie Mollat afin de présenter son livre,

    même si Jutta met davantage l’accent ici sur son action professionnelle _ très efficace et bien connue à Bordeaux _ au Goethe-Institut, que sur l’histoire personnelle beaucoup plus touchante de ce qu’elle a nommé cette très vive « passion franco-allemande » sienne, née en sa petite enfance et son adolescence _ à Cobourg, et d’abord à travers des livres de littérature… _, qui continue de l’animer et la faire encore et toujours se transcender…

    …

    …

    Lire aussi un remarquable entretien, excellemment synthétique, de Jutta avec le journaliste Christian Seguin, publié dans le journal Sud-Ouest du 28 janvier 2013 sous l’excellent titre, déjà, « Une passion française » ;

    …

    ainsi que peu auparavant, le 15 novembre 2012, et sous la plume, cette fois, du toujours judicieux Christophe Lucet _ petit-fils du très fin Pierre-Henri Simon… _, celui, éclairant aussi, intitulé « Les quarante bougies du Goethe Institut« …

    …

    …

    Ce mardi 14 février 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Fin ce lundi à 14h 36 de ma toute première lecture-déchiffrage du « MDEILMM _ Parole de taupe » d’Héléne Cixous : un opus conversationnel désopilant !

    Fin ce lundi 14 novembre 2022, à 14h 36, de ma toute première lecture-déchiffrage du « MDEILMM _ Parole de taupe » d’Héléne Cixous :

    un opus absolument désopilant !

    _ et à ce propos, je recommande tout spécialement l’épisode à hurler de rire, aux pages 74 à 79, des choux à la crème auxquels ne peut surtout pas résister la cousine d’Hélène, peut-être cette « cousine Pi » (et sœur du cousin « Paul-le-malheureux« ), précédemment évoquée dans son cahier « Nacres« , et qui serait née en 1932 ; cf mon article «  » du 17 octobre 2019… L’irrésistible puissance de comique d’Hélène Cixous emportant tout !

    …

    …

    H., décidément, s’amuse énormément,

    avec l’offrande de cette n-ième revisite, avec sa réserve bien giboyeuse de magiques nouveautés, du quatrième étage de la rue Philippe, à Oran, de son enfance en Algérie sous Pétain,

    …

    où continuent de venir nous parler les adorables tables tournantes des apothicaires « Monsieur Émile » et sa pas tout à fait sybilline sœur-baleine Alice Carisio,

    pour notre enchantement…

    …

    …

    Avant de rédiger un premier commentaire un peu personnel de cet opus

    qui fait suite-prolongement au déjà bien beau « Rêvoir » de l’année dernière, 2021 _ cf mes trois articles des 25 « « , 26 «  » et 27 décembre derniers «  » _,

    …

    je désire, en forme d’ouverture à mes propres remarques, citer ici deux articles consacrés à ce récent « MDEILMM _ Parole de taupe« ,

    en date des 18 octobre, « Hélène Cixous, messagère de la taupe-littérature« ,

    et 22 octobre derniers, « Frappée(e)(s) à l’âme, par Hélène Cixous, écrivain« ,

    sous les plumes de Véronique Bergen et Fabien Ribéry…

    …

    …

    Et désormais,

    en la difficile absence physique, pour Hélène, de sa bien terrienne et solide et si vivante et très généreusement prenante mère Eve, née Klein, à Strasbourg le 10 avril 1910,

    …

    ce sont sa linguiste de fille Anne-Emmanuelle, née à Sainte-Foy-la-Grande le 27 juillet 1958, et son scientifique et mathématicien de fils Pierre-François (dit Pif), né à Paris le 22 septembre 1961, qui sont devenus les interlocuteurs priviligiés de ces vives et très animées magnifiques conversations de voix d’Hélène,

    confiées à l’accueillante soie tendre, mais durable, et donc in fine assez solide, du papier

    …

    de ce qui va nous demeurer, à nous lecteurs tant soit peu attentifs _ ou inattentifs, c’est selon… _, en livres

    à toujours encore jouer _ comme Hélène Cixous, la première, en l’activité hyper-sensible et hyper-ouverte, et plutôt joyeuse, de son imageance si joueuse _ à déchiffrer _ de tels livres ne se livrant pas, de même que le plus fin nectar de leur suc, immédiatement, à la toute première lecture, un peu trop rapide : leurs mystères nous défiant (de même qu’ils défient aussi Hélène, la première, en ses séances béantes d’écriture de tels livres…) ironiquement toujours un brin… Il nous faut donc apprendre un minimum à jouer, avec délices, avec la vraie littérature s’écrivant et se lisant, ainsi que se donnant finement à écouter… _,

    et éventuellement _ c’est aussi selon nos propres humeurs… _ ruminer…

    …

    …

    À suivre, donc,

    …

    …

    Ce lundi 14 novembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Disparition d’un très Grand d’Espagne : Javier Marías (1951 – 2022). In memoriam

    Dimanche 11 septembre nous a quitté un des très Grands d’Espagne : Javier Marías (Madrid 20 septembre 1951 – Madrid, 11 septembre 2022),

    victime d’une pneumonie post-Covid.

    …
    …

    C’est un article _ détaillé _ d’El Pais, intitulé « Muere el escritor Javier Marias » et signé Javier Rodríguez Marcos, ce dimanche 11 septembre, qui me l’a appris.

    …

    …

    Muere Javier Marías, escritor clave de la literatura en español

    …

    …

    El novelista y articulista ha fallecido en Madrid, según han confirmado fuentes de la familia. Tenía 70 años. En marzo de 2021 publicó su 16ª novela, ‘Tomás Nevinson’

    …
    …
    04:55
    Javier Marías y el oficio de novelista y articulista
    …
    …

    El escritor Javier Marías, en su casa de Madrid en una imagen de 2016.Foto: SAMUEL SÁNCHEZ | Vídeo: EPV

    …

    …

    Javier Rodríguez Marcos
    JAVIER RODRÍGUEZ MARCOS
    Madrid – 11 SEPT 2022 – 16:15 CEST
    …
    …

    El escritor Javier Marías, autor de novelas como Corazón tan blanco, Todas las almas, Tu rostro mañana o Tomás Nevinson, ha fallecido este domingo en Madrid a causa de una neumonía, según han confirmado fuentes de la familia. Tenía 70 años.

    ..;

    …

    Madrileño del barrio de Chamberí, académico de la lengua y colaborador de EL PAÍS, Marías se estrenó como escritor en 1971, con 19 años. Debutó con Los dominios del lobo, una novela redactada “por las mañanas” —se consideraba escritor “vespertino”— en el apartamento parisiense de su tío, el cineasta Jesús Franco, para el que había traducido guiones sobre Drácula. El libro está dedicado a su maestro Juan Benet —que medió con la editorial Edhasa para que se publicara— y a su amigo Vicente Molina Foix, que le “regaló” el título.

    …

    …

    …
    …

    Durante años simultaneó la escritura con la enseñanza en la Universidad Complutense y con la traducción. En 1979 su versión de Tristram Shandy, de Laurence Sterne, recibió el Premio Nacional. En 2012 volvió a obtener la misma distinción, esta vez en la modalidad de narrativa, por Los enamoramientos, pero, tal y como había anunciado, lo rechazó. Esa decisión, que se limitaba a los honores otorgados por el Estado español, afectaba también al premio Cervantes (que no llegó a obtener) pero no al Nobel (al que fue candidato). De hecho, contaba ya con algunos de los galardones más importantes del panorama internacional: desde el Rómulo Gallegos hasta el de Literatura Europea pasando por el Nelly Sachs.

    …

    …

    Javier Marías fotografiado en su despacho, en 1992.
    Javier Marías fotografiado en su despacho, en 1992.CHEMA CONESA

    …

    …

    Tras ganar el Herralde con El hombre sentimental _ « L’Homme sentimental« , paru chez Rivages en 1988 _ e inaugurar su “ciclo de Oxford” con Todas las almas _ « Le Roman d’Oxford« , paru en 1989, chez Rivages _, la obra de Javier Marías dio el salto al gran público con la aparición en 1992 de Corazón tan blanco _ et c’est en effet en lisant en 1993 « Un Coeur si blanc« , paru chez Rivages, que j’ai découvert et me suis passionné pour l’écriture de Javier Marías _, que se alzó con el Premio de la Crítica. Su primera frase ―“No he querido saber, pero he sabido...”― contiene toda una poética y ocupa un lugar de privilegio en la antología de arranques memorables de la narrativa universal. En ese libro, además, cristalizó una inconfundible voz en primera persona que trata de sintetizar narración y reflexión en largas subordinadas que —al servicio de una trama misteriosa o de un dilema moral— reproduce obsesivamente el recorrido sinuoso del pensamiento. “Errar con brújula”, lo llamaba. Pero sin mapa. Más tarde vendrían Mañana en la batalla piensa en mí _ « Demain dans la bataille, pense à moi« , paru chez Rivages en 1996 : un pur chef d’œuvre ! _ y, cuando apenas se usaba en España la palabra autoficción _ voilà ! _, , en la que da una nueva vuelta de tuerca a Todas las almas.

    …

    …

    Entre 2002 y 2007 se embarcó en su obra magna: la monumental trilogía que, bajo el título de Tu rostro mañana, supuso su acercamiento a la Guerra Civil a partir de un episodio inspirado en la delación de la que fue víctima su padre, filósofo y discípulo de Ortega y Gasset. Encarcelado por republicano, Julián Marías tuvo prohibido enseñar en la universidad franquista por negarse a firmar los principios del Movimiento. Eso le obligó a realizar viajes regulares a Estados Unidos para dar clases, por lo que Javier Marías pasó su primer año de vida en Massachusetts, cerca del Wellesley College, en el que su padre era profesor. Alojados en la casa del poeta Jorge Guillén _ que j’aime tant ! _, como vecino tenía a Vladímir Nabokov _ Mazette… _, cuyos poemas terminaría traduciendo y al que retrató en el volumen Vidas escritas _ le très remarquable « Vies écrites«  est paru chez Arcades en 2019 _, mítica recopilación de los perfiles publicados en la revista Claves, fundada por su amigo Fernando Savater y Javier Pradera.

    …

    …

    La suya es una familia de humanistas. Al padre filósofo o al hijo escritor hay que sumar a Miguel (crítico de cine y exdirector de la Filmoteca Nacional), Fernando (historiador del arte y gran experto mundial en El Greco) y Álvaro (flautista clásico y musicólogo). Y, por supuesto, a la madre, Dolores Franco, maestra y traductora fallecida prematuramente en 1977 y a la que Javier, pudoroso hasta el extremo, dedicó algunas de sus páginas más emotivas. Para honrar los orígenes sorianos de su madre, el novelista llegó a pagar algunas temporadas una prima al Club Deportivo Numancia, el equipo de de la ciudad castellana.

    …

    …

    Javier Marías, en la ceremonia de su ingreso en la Real Academia Española, en 2008.
    Javier Marías, en la ceremonia de su ingreso en la Real Academia Española, en 2008.ÁLVARO GARCÍA

    …

    …

    Cuando parecía que las 1300 páginas de Tu rostro mañana _ les 3 volumes (I, II et III) de « Ton Visage demain« , parus en 2004, 2007 et 2010, que je n’ai hélas pas lus _ cerraban la obra del Marías maduro —que frisando los 50 seguía siendo “el joven Marías” (el senior era su padre)—, volvió a la ficción con un conjunto de títulos que se cuentan por éxitos : , Así empieza lo malo, Berta Isla y, en 2021, Tomás Nevinson. En el prólogo conmemorativo del medio siglo de Los dominios del lobo—su primera novela si descontamos la adolescente y todavía inédita La víspera— el escritor recordaba que, a la recurrente pregunta de por qué escribía, solía responder medio en broma: “Para no padecer a un jefe ni tener que madrugar ni someterme a horarios fijos”. Al final, el oficio de escritor tampoco era, añadía, “manera de pasar la vida para un vago” : “A veces me llevo las manos a la cabeza, consciente como soy de que cada página ha sido elaborada y reelaborada pacientemente, siempre sobre papel y siempre a máquina, con correcciones a mano y vuelta a teclear”. Durante años, además, pensó que “no viviría de­masiado, quién sabe por qué”. Lo que “desde luego” no imaginaba entonces, subrayaba, es que “aquel juego de casi infancia” le iba a llevar a “trabajar tanto”.

    …

    …

    Su último libro, ¿Será buena persona el cocinero?, llegó a las librerías en febrero pasado. Se trata de una recopilación de las columnas que había publicado entre 2019 y 2021 en El País Semanal, donde llevaba casi dos décadas ocupando la última página. “Más de 900 domingos”, le gustaba recordar, entre puntilloso y resignado por “no haber convencido nunca a nadie de nada”. Durante años fue el último colaborador regular que enviaba a la redacción sus artículos por fax. Su única concesión tecnológica fue pasar a enviarlos por Whatsapp después de fotografiar los folios que salían de una Olimpia Carrera Deluxe a la que, con ironía, vinculaba el destino de su obra : el día que fallara la máquina de escribir, lo dejaría.

    …

    …

    Fue uno de los escritores españoles más internacionales de todos los tiempos. Sus libros se han publicado en 46 idiomas y en 59 países. Y han vendido más de ocho millones de ejemplares en todo el mundo. “Si me consideran, me alegro, lo agradezco, pero si no me consideran, no me importa”, declaró en mayo, en una de las últimas entrevistas que concedió. “En mi caso todo lo que tenía que pasar, ya ha pasado en gran medida. No me puedo quejar, he tenido mucha suerte”. Era consciente de que sus libros están en la historia de la literatura y, a la vez, en miles de bibliotecas y en el imaginario de infinidad de lectores _ voilà. Pese a todo, decía no preocuparle el destino de sus novelas: “La posteridad es un concepto del pasado, valga la contradicción aparente. Hoy en día no tiene el menor sentido. Todo se queda viejo a una velocidad excesiva. Cuántos autores, en cuanto mueren, pasan a un olvido inmediato”. Vista la conmoción que ha producido la noticia de su muerte (hasta el Real Madrid expresó sus condolencias), no es aventurado decir que no será su caso _ claro que si…

    …

    …

    Gran aficionado al fútbol y al cine, fue un columnista polémico y un novelista respetado por sus pares y reverenciado por los lectores. Le gustaba firmar en la Feria del libro de Madrid. Resultaba, él mismo lo reconocía, más áspero por escrito que en persona. De cerca era un ser educado y generoso. Una vez abiertas las puertas de su estudio, su atención no distinguía entre ilustres y meritorios, redactores, fotógrafos o becarios.

    …

    …

    Sometido a una dolorosa operación de espalda poco antes de la pandemia, pasó sus últimos años recluido entre su casa de la plaza de la Villa de Madrid, atiborrada de libros, películas y soldaditos de plomo, y la de su esposa, Carme López Mercader, en Sant Cugat (Barcelona). Allí tenía como vecino al cervantista Francisco Rico, fumador empedernido como él, personaje “real” en algunos de sus relatos y encargado de responder al discurso con el que ingresó en la RAE en 2008 : Sobre la dificultad de contar. La novela que tenía en mente no pasó de las primeras líneas. Al cansancio de haber escrito cuatro en la última década, se le sumó la afección pulmonar que lo llevó al coma y, finalmente, a la muerte. El día 20 habría cumplido 71 años.

    …

    …

    Une nouvelle de décès bien vite confirmée par un autre article, de Publico, cette fois _ et plus bref _ : « Muere a los 70 Anos el escritor Javier Marias« …

    …

    …

    J’avais lu Javier Marías, et suivi en chacun de ses livres publiés chez Rivages, dans la décennie des années 90 du siècle dernier _ déjà… _

    et l’avais beaucoup, beaucoup apprécié vraiment, opus après opus…

    …

    …

    C’est là la raison pour laquelle la nouvelle de la disparition d’un tel auteur majeur, me touche,

    …

    alors même que je me suis plutôt détourné peu à peu de la littérature de fiction, au profit d’écritures davantage autobiographiques _ par exemple, les œuvres de René de Ceccatty ou Hélène Cixous, que je suis passionnément ; et avec lesquels j’ai eu, aussi, la grande joie de m’entretenir :

    au Studio Ausone de la librairie Mollat le 27 octobre 2017 avec René (le podcast dure 82′), pour son « Enfance _ dernier chapitre« ,

    et à la Station Ausone le 23 mai 2019 avec Hélène (la vidéo dure 62′), pour son « 1938 _ nuits« )…

    Mais le simple fait de penser à eux et leurs si admirables livres d’exploration de leurs vies en évoquant mes lectures de Juan Marías, indique le niveau auquel je place l’œuvre de Javier Marias, dont l’écriture a pas mal été, elle aussi, autobiographique …

    …

    …

    Oui, c’est bien là un très grand écrivain qui vient nous quitter…

    …

    …
    Ce mercredi 14 septembre 1022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En répertoriant les entretiens enchanteurs accessibles d’Hélène Cixous, admirer la gamme chantée des infinies inflexions signifiantes de sa voix

    Pour débuter en beauté l’année 2022,

    …

    choisir d’écouter la voix _ tant parlée que transposée en écriture dansante _ enchanteresse, avec son incroyable gamme d’inflexions signifiantes modulées-chaloupées, d’Hélène Cixous parlant d’expérience puissamment incarnée de son enthousiasmant formidablement minutieux travail d’écriture in progress,

    …

    voici ce très varié, en fonction de la grande diversité des interlocuteurs de ses entretiens, échantillon-ci :

    …

    …

    _ en 2013 : Hors-Champs, avec Laure Adler (44′ 27)

    …

    _ le 15 novembre 2013 : Les Matins de France-Culture, avec Marc Voinchet (48’52)

    …

    _ le 9 décembre 2015 : Écrire la nuit (13′ 39)

    …

    _ le 28 septembre 2017 : L’entretien complet à Télérama, avec Fabienne Pascaud (52 01°

    …

    _ le 26 janvier 2019 : la Masterclass d’Hélène Cixous à la BnF, avec Caroline Broué (84′ 21)

    _ un entretien vraiment magnifique ! Très précis et très détaillé, grâce à un superbe travail préparatoire ultra compétent et sérieux de Caroline Broué, lectrice souple et minutieuse … Un modèle-exemple d’entretien !

    …

    _ le 23 mai 2019 : Sur « 1938, nuits« , avec Francis Lippa (62′ 23), à la librairie Mollat

    _ une entretien attentif très sereinement centré, sans hâte, sur les détails très précis et patiemment assimilés de ce livre ;

    avec le relevé, au pasage, par Francis Lippa, de la difficulté persistante pour lui d’admettre la réalité de la coexistence, réaffirmée pourtant d’un mot par Hélène Cixous, du départ d’Osnabrück (et non pas de Dresde !) de sa grand-mère Omi, au lendemain de la Kristallnacht, du 10 novembre 1938, avec l’affirmation que ce départ précipité d’Allemagne ait pu se produire sur les conseils très avisés et salvateurs ! du Consul de France à Dresde (« Madame, vous devriez partir« , lisons-nous à la page 104 de « 1938, nuits« ) ;

    Dresde, où Rosie Jonas (Osnabrück, 23 avril 1882 – Paris, 2 août 1977), veuve Klein (depuis le 29 juillet 1916), avait rejoint sa sœur Hete (Hedwig) Jonas (née le 20 octobre 1875), épouse du banquier (à la Dresdner Bank) Max Meyer Stern, après le départ de la maison Jonas d’Osnabrück, de sa fille Eve Klein (Strasbourg, 14 octobre 1910 – Paris, 1er juillet 2013), en 1929…

    Cette maison Jonas de Nicolaiort, 2, d’Osnabrück, dont le propriétaire, après le décès, à Osnabrück, le 21 octobre 1925, de Hélène Meyer, veuve d’Abraham Jonas (Borken, 18 août 1833 – Osnabrück, 7 mai 1915), était désormais l’oncle André, Andreas Jonas (Borken, 5 février 1869 – Theresienstadt, 6 ou 9 juin 1942), l’époux d’Else Cohn (Rostock, 9 juillet 1880 – Theresienstadt, 25 janvier 1944).

    Cf aussi mon article sur ce très beau « 1938, nuits« , en date du 4 février 2019 : …

    À quel moment exactement Omi avait-elle quitté son Osnabrück natal, pour gagner cette Dresde où résidait sa sœur Hete et son banquier de beau-frère Max Meyer Stern ?.. Le Livre n’en dit rien. Et toute sa vie Omi demeura si discrète…

    …

    _ le 28 septembre 2020 : Hélène Cixous écrivaine et intellectuelle, avec Charlotte Casiraghi et Fanny Arama (23′ 29)

    …

    _ le 25 octobre 2020 : Hélène Cixous, la Vie par la littérature, avec Guillaume Erner (50′ 25)

    …

    _ le 11 mars 2021 : Si toutes les femmes du monde, avec Elisabeth Quin (10’39)

    …

    _ le 7 octobre 2021 : Hélène Cixous en rêve, avec Augustin Trapenard (32′ 54)

    …

    …

    Ècouter Hélène Cixous parler en entretien _ avec un interlocuteur qui l’a au moins un peu lue _ de l’incessant passionnant working progress de son magique écrire

    est presque aussi merveilleux et enrichissant que lire les Livres absolument extraordinaires qui lui ont échappé !

    …

    …

    Bonne année 2022 !

    …

    Bonnes écoutes de ces entretiens fastueux

    quand rayonne la lumineuse grâce du merveilleux parler si vivant de l’autrice !
    …

    Et bien mieux encore :

    …

    Bien heureuses lectures de ces profus et foisonnants Livres magiques

    d’Hélène Cixous !!!

    …

    …

    Et vive Kairos !

    …

    …

    Ce samedi 1er janvier 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

    …

    …

    P. s. :

    …

    En ouverture de mon entretien du 23 mai 2019 à la Station Ausone de la librairie Mollat, à Bordeaux,

    pour présenter à l’assistance l’autrice éminemment singulière que j’avais le très grand honneur de recevoir,

    …

    j’ai employé les expressions un peu approximatives _ j’étais bien sûr, bien que tout à fait serein, assez ému aussi… _ de :

    « un écrivain de première grandeur,

    peut-être nobelisable, si les titres valent quelque chose,

    en tout cas, c’est un écrivain TRÈS important que nous recevons ce soir« …

    …

    …

    Et depuis j’ai appris,

    à l’occasion, justement, d’un de ces entretiens dont je donne ci-dessus les liens aux vidéocasts,

    que son ami Jacques Derrida qualifiait Hélène Cixous de « plus grand écrivain de langue française » actuellement vivant.

    …

    C’est là une appréciation que je partage…

    …

    …

    Et depuis,

    le 13 octobre 2021, et pour l’ensemble imposant de son œuvre,

    Hélène Cixous vient de recevoir le Prix 2021 de la Bibliothèque nationale de France :

    …

    le jury de ce prix a désiré ainsi saluer la large palette de « cette autrice engagée, à l’œuvre littéraire inclassable », dans laquelle « se rencontrent la profondeur d’une réflexion, l’écho d’engagements dans la vie intellectuelle, une recherche intime dans les méandres de la mémoire, une écriture d’une rare poésie », a déclaré en commentaire la présidente de la BnF, Laurence Engel…

    …

    Et quand les prix savent, à l’occasion (pas si fréquente), saluer une vraie valeur,

    pourquoi ne pas se permettre, en parfaite liberté, non servile, sans donc y attacher plus d’importance que cela ne le mérite _ car c’est au fond simplement anecdotique, périférique, quasi parasite _, et avec léger sourire en coin,

    de le remarquer et relever-noter au passage ?..

    …

    Rien ne valant l’avis que soi-même, d’expérience singulière _ sans se calquer sur des avis pré-formés et des clichés à emprunter-recopier-suivre… _, on apprend à finement peser, au délicat risqué juger de ses propres appréciations, de mieux en mieux éclairées, de lecteur scrupuleusement attentif de tout l’œuvre, en son incroyablement profuse richesse, qui se donne, à portée de lecture.

    Et c’est bien alors à nous, lecteurs, d’apprendre à accueillir-recueillir le tout profus, jusqu’au moindre détail, de cet œuvre livré par l’encre sur le papier, du mieux qu’il nous est possible.

    …

    Sinon, « Indiligent lecteur, quitte ce livre« ,

    prévenait aimablement le cher Montaigne en l’Ouverture lumineusement irradiée d’humour de ses « Essais« …