Étiquette : Lucile Richardot

  • Deux superbes très prenants récitals de « Cantate da camera » d’Alessandro Scarlatti par Philippe Grisvard, clavecin, et Lucile Richardot, mezzo-soprano (Volume 1) et Emmanuelle de Negri, soprano (Volume 2) : un splendide régal de musique…

    Ce sont deux superbes récitals de « Cantate da camera » d’Alessandro Scarlatti (Palerme, 2 mai 1660 – Naples, 22 octobre 1725) – un répertoire passionnant pas si couru que cela… – que Philippe Grisvard, au clavecin, avec Lucile Richardot, mezzo-soprano, (pour le Volume 1) et Emmanuelle de Negri, soprano, (pour le Volume 2), viennent de nous offrir, avec les parutions des CDs Audax ADX 11206 – enregistré à la Ferme de Villefavard du 13 au 16 mars 2022, et paru le 27 janvier 2023 – et Audax ADX 11217 – enregistré au château d’Hardelot du 16 au 19 juin 2025 ; et paru le 12 juin 2026 –  : un splendide régal, subtil et raffiné, profond et dramatiquement prenant, de musique…

    …

    Écoutez et regardez donc ici ceci, avec Lucile Richardot, filmé à l’Académie Bach d’Arques-la-Bataille ; 

    et puis, maintenant, écoutez ici cela, avec Emmanuelle Negri…

    …

    L’art subtil et profond de ces deux chanteuses d’exception que sont Lucile Richardot et Emmanuelle de Negri, est aussi magnifique qu’est extraordinaire et prenant leur timbre de voix, à chacune…

    …

    Le label Audax, que dirige Johannes Pramsohler, nous offre ainsi des prestations qui nous comblent de joie chaque fois – et je rappelle ici, au passage, mon article « Un superbe concert baroque de l’Ensemble Diderot (direction Johannes Pramsohler) à Saint-Pée-sur-Nivelle : Telemann et le concert français » du 11 août 2019, au terme duquel concert j’avais pu échanger quelques mots avec le si talentueux Philippe Grisvard…

    …

    Des explorations de répertoire jamais gratuites, et surtout somptueuses…

    …

    Un très grand merci à eux pour de tels bonheurs de musique…

    …

    Ce mercredi 24 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa 

  • Et la « Passion selon Saint-Jean » de Jean-Sébastien Bach, en la version révisée de 1749, par l’Ensemble Pygmalion, à l’approche de Pâques : un théâtre sacré de passions exacerbées…

    Et voici que l’Ensemble Pygmalion de Raphaël Pichon vient nous offrir, à l’approche de cette Pâques 2026, son interprétation de la « Passion selon Saint-Jean » de Jean-Sébastien Bach (BWV 245), composée en 1724, mais en sa version révisée par Bach en 1749, un an avant sa mort, en un double CD Harmonia Mundi HMM902774.75 – enregistré à Namur en avril 2025 – ,

    avec une bien belle équipe de chanteurs : Julian Prégardien, ténor, en l’Evangéliste, How Montague Rendall, baryton, en le Christ, Yin Fang, soprano, Lucile Boulanger, alto, Laurence Kilsby, ténor, Christian Immler, basse, en Pilate, et Étienne Bazola, basse, en Pierre…

    …

    En un article intitulé « Crucifixion » paru sur son site Discophilia le 20 mars dernier, Jean-Charles Hoffelé nous en a donné, comme à son habitude, un intéressant commentaire :

    …

    CRUCIFIXION

    …

    Ceux qui ont appris leur Saint-Jean chez Günther Ramin auront le souffle coupé. Là où le cantor de Saint Thomas faisait émerger – qu’est-ce-à-dire ? – l’appel au Sauveur, Raphaël Pichon et Pygmalion lancent des interjections fulgurantes, emportées dans un tempo fou.

    …

    Manière de faire surgir d’emblée un théâtre sacré qui est l’essence même de la Saint-Jean, Passion avec clous, couronne d’épines, lance, l’œuvre la plus violente – tiens, tiens ! – écrite au XVIII siècle que Raphaël Pichon fait entendre dans l’ultime version – de 1749 – . Bach, une année avant sa mort, continuait de rapprocher sa partition de la version princeps de 1724.

    …

    Trahison, Reniement, Jugement, Supplice, Mort, Mise au Tombeau, l’acuité visuelle déployée par les instrumentistes et les chanteurs déroule le drame – voilà – dans toute sa complexité, le discours preste qu’anime encore un prodigieux – oui ! – Évangéliste (Julian Prégardien osant le cri (Barrabas aber war ein Mörder et sa vocalise de fureur), atteint son acmé dans la comparution devant Pilate (terrible Christian Immler) et la flagellation, en fait un point de non-retour : ensuite l’œuvre va plonger dans la ténèbre jusqu’aux consolations finales du chœur, moment magique.

    …

    L’intensité du geste étreint Pygmalion autant que les acteurs du drame, au sommet – oui ! oui ! – le Christ d’Huw Montague Rendall  – quel merveilleux chanteur !!! – et Lucile Richardot – toujours terriblement magnifique !!! – aussi saisissante dans l’air d’outrage devant le Sauveur enchaîné que dans l’élévation spirituelle d’Es ist vollbracht, mais écoutez avec attention chaque mot du Servus de Laurence Kilsby(Erwäge, wie sein blutgefärbter Rücken), merveilleux ténor – oui, oui…

    …

    Cette Saint-Jean qui rebat les cartes d’une discographie fournie – elle s’approche singulièrement de celle de Peter Schreier par l’esprit sinon par les moyens – s’accompagne de la réédition d’une autre splendeur, la Musique funèbre pour le Prince Leopold d’Anhalt-Cöthen – ma version favorite avec celle de Gustav Leonhardt.

    …

    Déjà Aline Blondiau et Hugues Deschaux veillaient sur le Bach de ce jeune homme inspiré. Douze ans plus tard, ce disque n’a pas pris une ride.

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …

    Johann Sebastian Bach(1685-1750)

    …
    Johannes-Passion,
    BWV 245
    (version 1749)

    …

    Julian Prégardien,
    ténor (L’Évangéliste)
    Huw Montague Rendall,
    baryton (Le Christ)
    Ying Fang, soprano (Ancilla)
    Lucile Richardot, contralto
    Laurence Kilsby, ténor (Servus)
    Christian Immler, basse (Pilatus)
    Etienne Bazola, basse (Petrus)

    Pygmalion
    Raphaël Pichon, direction

    …
    Un album de 2 CD du label harmonia mundi HMM 902774.75
    ….

    Johann Sebastian Bach(1685-1750)

    …
    Köthener Trauermusik,
    BWV 244a

    …

    Sabine Devieilhe, soprano
    Damien Guillon,
    contre-ténor
    Thomas Hobbs, ténor
    Christian Immler, basse

    Pygmalion
    Raphaël Pichon, direction

    …
    Un album du label harmonia mundi HMM 93221
    …

    Photo à la une : le chef Raphaël Pichon – Photo : © Fred Mortagne

    …

    Un article de Jean-Charles Hoffelé sur cette « Saint-Jean » de Bach à comparer avec celui, intitulé « Un monde en soi« , en date du 15 avril 2022, consacré à la précédente « Saint-Matthieu » de Bach par Pygmalion,

    soit le triple CD Harmonia Mundi HMM 902691.93 de Pygmalion – et je relève au passage que trois chanteurs seulement  sont communs à ces deux Passions enregistrées par Pygmalion :Julian Prégardien, Lucile Richardot et Étienne Bazola…

    …

    À méditer et ré-écouter, en cette approche de Pâques 2026, en une actualité hallucinée…

    …

    Ce lundi 23 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La très profonde émotion, bouleversante et même renversante, du triple album « Musiques interdites » d’ActeSix, placé sous la direction magnifique de Samuel Hengebaert : une réalisation discographique considérable…

    C’est une très profonde et très vive émotion, bouleversante et même renversante, que suscite, à son écoute, le superbe triple album Oktav Records – un label fondé en 2020 par Ronan Khalil et Samuel Hengebaert –  « Musiques interdites » d’ActeSix – label fondé lui aussi, par les mêmes, en 2020 – , placé sous la direction de Samuel Hengebaert, et avec les voix supérieurement émouvantes des chanteurs Lucile Richardot, Éleonore Pancrazi, mezzo-soprano, et Edwin Crossley-Mercer, baryton, et consacré aux musiques d’Allemagne « oppressées, interdites et muselées« , de la première moitié du XXe siècle : jusqu’à celles « considérées comme dégénérées (Entarte Muzik) par le IIIe Reich allemand« …

    …

    Avec des œuvres superbement choisies d’Alban Berg (1885 – 1935), Paul Dessau (1894 – 1979), Hanns Eisler (1898 – 1962), Paul Hindemith (1895 – 1963), Friedrich Holländer (1896 – 1976), Gideon Klein (1919 – 1945), Ernst Krenek (1900 – 1991), Simon Laks (1901 – 1983), Zigmund Schul (1916 – 1944), Erwin Schulhoff (1894 – 1942), Arnold Schönberg (1874 – 1951), Franz Schreker (1878 – 1934), Viktor Ullmann (1898 – 1944) et Ilse Weber (1903 – 1944) ;

    ainsi que – afin d’illustrer la résurgence à ce moment de musiques juives anciennes… – de Gioan Pietro del Buono (ca. 1610 – ca. 1657), Johann Rosenmüller (1617 – 1884) et Salomone Rossi (ca. 1570 – ca. 1630) ;

    en un programme magnifiquement composé, autant que merveilleusement interprété par tous, les trois chanteurs, Lucile Richardot, Eléonore Pancrazi et Edwin Crossley-Mercer – quelles intenses présences en leurs voix !.. – ,  et les instrumentistes parfaits de l’ensemble ActeSix : Adam Laloum – oui – , Alexis Gournel, pianistes ; Omer Bouchez, Éva Zavaro, violonistes; Hélène Desaint, altiste ; Alexis Derouin, violoncelliste ; Julien Beautemps, accordéoniste ; Marie Rouquié, Josèphe Cottet, violonistes baroques ; Samuel Hengebaert, altiste baroque – il est là, et il dirige ! – ; Julie Dessaint, violiste de gambe ; Mélanie Flahaut, bassoniste baroque et flûtiste ; et Eloy Orzaiz, claveciniste et organiste – tous doivent être cités, ils sont magnifiques…

    …

    Les 3 CDs – d’une durée de respectivement 75′ 24, 54′ 10 et 60′ 14 – sont respectivement titrés : « Allein« , « Herbst » et « Traum« , évoquant l’exil, le temps et le sommeil…

    Et le remarquable texte du livret, très significativement intitulé « Fragment(s)« , sous la signature de Samuel Hengebaert, est lui aussi superbe et très éclairant sur le propos – d’une brûlante actualité aussi ; et je veux citer ici les derniers mots, en forme d’avertissement symbolique, du texte de Samuel Hengebaert à propos d’une histoire qui se répète : « Prophétique et allégorique, immuablement vouée à revenir à l’infini, elle invite à penser notre présent au regard de ce proche passé et sonne comme un avertissement symbolique dans les temps troublés que nous traversons. Quand l’horreur nous éloigne de la poésie, ces musiques interdites ne seraient-elles pas un rempart et un rappel mémoriel contre le retour de l’ignominie ? « … – de ce triple album d’ActeSix de redonner vie, et quelle vie !, à ces compositeurs si tragiquement malmenés, et certains assassinés, par leurs musiques malmenées et interdites, ainsi restituées, ressuscitées… 

    …

    Une réalisation discographique considérable – une formidable présence poétique et musicale, là, juste devant nous qui assistons à cet émouvantissime concert de fragments, en effet, ainsi raboutés par ce choix d’ActeSix ! enregistré aux Studios de l’ONDIF à Alfortville du 10 au 19 novembre 2024 ; et avec quelle prise de son superlative d’Aline Blondiau !.. – , qui marquera indubitablement, et profond, l’âme de ceux qui l’écouteront  !!!

    …

    Et regardez ici cette très brève vidéo de présentation (1′ 33) de ce triple album « Musiques interdites » d’ActeSix chez Oktav Records, par Samuel Hengebaert…

    Et appréciez cette autre vidéo, plus détaillée, et très éloquente en la sobriété passionnée de Samuel Hengebaert (5′ 12)…

    …

    Immense merci pour cette somptueuse magique réalisation !

    …

    Ce lundi 2 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un éclairant entretien avec Lucile Richardot sur ResMusica : la curiosité comme guide d’exploration…

    En mon article « L’intelligence exploratrice et créatrice féconde d’un passionnant chanteur singulier, le baryton viennois Georg Nigl : une assez étonnante et rare connivence d’approche de la musique en son cœur le plus intime, entre un musicien-interprète et un simple mélomane surtout discophile… » du 26 août dernier,

    j’étais parti d’une excellente et passionnante interview du baryton viennois Georg Nigl, par Dominique Adrian « Georg Nigl du clavicorde à Dusapin : les multiples univers d’un interprète créateur« , parue sur le blog du magazine ResMusica la veille, le 25 août 2025…

    …

    Et voici qu’avant-hier 1er septembre, paraît, toujours sur le site de ResMusica, une autre très intéressante interview par Dominique Adrian, cette fois de la mezzo Lucile Richardot : « Lucile Richardot, le baroque et au-delà : la curiosité comme guide« , qui met en exergue une qualité qui m’est chère : la curiosité exploratrice…

    …

    Lucile Richardot y parle en particulier de son très beau CD « Northern Lights« , avec l’Ensemble Correspondances de Sébastien Daucé, auquel j’ai consacré, le 6 mai dernier, mon article « Un très admirable CD « Northern Light – Stockholm 1680 : Music at the Court of Sweden » de l’Ensemble Correspondances et Sébastien Daucé, avec une émouvantissime Lucile Richardot…« …

    …

    À lire ; et à suivre…

    …

    Ce mercredi 3 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa