Étiquette : Mathias Enard

  • Simple actualisation du listing des podcasts et vidéos des entretiens de Francis Lippa avec de passionnants très divers auteurs-interlocuteurs, ce 26 mars 2026 : un riche catalogue d’entretiens enregistrés disponibles, pour des jubilations à partager, au présent dans la salle, ainsi qu’au loin, urbi et orbi, tel un très précieux legs à destination de tous et chacun d’un peu curieux de vraies valeurs de par le vaste monde un peu bienveillant…

    Dans le cadre des diverses salles (Salon Albert-Mollat, Salle du 91 rue Porte-Dijeaux, Studio Ausone, Station Ausone, ainsi que Théâtre du Port-de-la-Lune, à Bordeaux) organisées à cet effet par la Librairie Mollat, à Bordeaux,

    voici un listing actualisé, ce jeudi 26 mars 2026, des 47 enregistrements disponibles de mes entretiens enregistrés avec divers auteurs -interlocuteurs passionnants, la plupart d’entre eux sur mon initiative, et quelques uns dans le cadre aussi des saisons de la Société de Philosophie de Bordeaux, dont je suis vice-président :

    …

    1)  Yves Michaud, philosophe, Qu’est-ce que le mérite ? (52′) le 13 octobre 2009 : un podcast.

    2)  Jean-Paul Michel, poète et éditeur, Je ne voudrais rien qui mente dans un livre (62′), le 15 juin 2010 : un podcast.

    3)  Mathias Enard, écrivain, Parle-leur de rois, de batailles et d’éléphants (57′), le 8 septembre 2010 : un podcast.

    4)  Emmanuelle Picard, historienne, La Fabrique scolaire de l’histoire (61′), le 25 mars 2010 : un podcast.

    5)  Fabienne Brugère, philosophe, Philosophie de l’art (45′), le 23 novembre 2010 : un podcast.

    6)  Baldine Saint-Girons, philosophe, Le Pouvoir esthétique (64′), le 25 janvier 2011 : un podcast.

    7)  Jean Clair, conservateur du patrimoine et écrivain, membre de l’Académie française, Dialogue avec les morts & L’Hiver de la culture (57′), le 20 mai 2011 : un podcast.

    8)  Danièle Sallenave, écrivain, membre de l’Académie française, La Vie éclaircie _ Réponses à Madeleine Gobeil (55′) le 23 mai 2011 : un podcast.

    9)  Marie-José Mondzain, philosophe, Images (à suivre) _ de la poursuite au cinéma et ailleurs (60′), le 16 mai 2012 : un podcast.

    10) François Azouvi, historien, Le Mythe du grand silence (64′), le 20 novembre 2012 : un podcast.

    11) Denis Kambouchner, philosophe, L’École, question philosophique (58′), le 18 septembre 2013 : un podcast.

    12) Isabelle Rozenbaum, photographe, Les Corps culinaires (54′), le 3 décembre 2013 : un podcast.

    13) Julien Hervier, écrivain biographe, Ernst Jünger _ dans les tempêtes du siècle (58′), le 30 janvier 2014 : un podcast.

    14) Bernard Plossu, photographe, L’Abstraction invisible (54′), le 31 janvier 2014 : un podcast.

    15) Régine Robin, philosophe, Le Mal de Paris (50′), le 10 mars 2014 : un podcast.

    16) François Jullien, philosophe, Vivre de paysage _ ou l’impensé de la raison (68′), le 18 mars 2014 : un podcast.

    17) Jean-André Pommiès, historien, Le Corps-franc Pommiès _ une armée dans la Résistance (45′), le 14 janvier 2015

    18) François Broche, historien, Dictionnaire de la collaboration _ collaborations, compromissions, contradictions (58′), le 15 janvier 2015 : un podcast.

    19) Corine Pelluchon, philosophe, Les Nourritures _ philosophie du corps politique (71′), le 18 mars 2015 : un podcast.

    20) Catherine Coquio, écrivain, La Littérature en suspens _ les écritures de la Shoah : le témoignage et les œuvres & Le Mal de vérité, ou l’utopie de la mémoire (67′), le 9 septembre 2015 : un podcast.

    21) Frédéric Joly, essayiste, Robert Musil _ tout réinventer (58′), le 6 octobre 2015 : un podcast.

    22) Ferrante Ferranti, photographe, Méditerranées & Itinerrances (65′), le 12 octobre 2015 : un podcast.

    23) Bénédicte Vergez-Chaignon, historienne, Les Secrets de Vichy (59′), le 13 octobre 2015 : un podcast.

    24) Frédéric Martin, éditeur, Vie ? ou Théâtre ? de Charlotte Salomon (61’), le 25 novembre 2015 : un podcast.

    25) Marcel Pérès, musicien, Les Muses en dialogue _ hommage à Jacques Merlet (64’), le 12 décembre 2015 : un podcast.

    26) Yves Michaud, philosophe, Contre la bienveillance (64′), le 7 juin 2016 : un podcast.

    27) Karol Beffa, compositeur, et Francis Wolff, philosophe, Comment parler de musique ? & Pourquoi la musique ? (32′), le 11 octobre 2016 : un podcast.

    28) Etienne Bimbenet, philosophe, L’Invention du réalisme (65′), le 6 décembre 2016 : un podcast.

    29) Olivier Wieviorka, historien, Une Histoire des Résistances en Europe occidentale 1940-1945 (54′), le 8 mars 2017 : un podcast.

    30) Michel Deguy, philosophe, poète et écrivain, La Vie subite _ Poèmes, biographies, théorèmes (75′), le 9 mars 2017 : un podcast.

    31) Frédéric Gros, philosophe et écrivain, Possédées (58′), le 6 avril 2017 : un podcast.

    32) Sébastien Durand, historien, Les Vins de Bordeaux à l’épreuve de la seconde guerre mondiale (55′), le 6 juin 2017 – non diffusable publiquement, hélas, pour des raisons techniques : l’entretien est passionnant ! À défaut, lire le livre : « Les Vins de Bordeaux à l’épreuve de la Seconde Guerre mondiale : 1938-1950, une filière et une société face à la guerre, l’Occupation et l’épuration« , paru aux Éditions Memoring…

    33) François Jullien, philosophe, Dé-coïncidence (61′), le 17 octobre 2017 : un podcast.

    34) René de Ceccatty, écrivain et biographe, Enfance, dernier chapitre (52′) & La Divine comédie (30′), de Dante (traduction en vers et en français de René de Ceccatty), le 27 octobre 2017 : un podcast.

    35) Marie-José Mondzain, philosophe, Confiscation _ des mots, des images et du temps (65′), le 7 novembre 2017, au Théâtre du Port-de-la-Lune : un podcast et une vidéo

    .36) Pascal Chabot, philosophe, L’homme qui voulait acheter le langage (49′), le 20 septembre 2018 : un podcast.

    37) Nathalie Castagné, traductrice / Goliarda Sapienza, écrivain : Carnets (49′), le 29 avril 2019 : un podcast.

    38) Jean-Paul Michel, poète et éditeur : Défends-toi, Beauté violente ! & Jean-Paul Michel « La surprise de ce qui est«  & Correspondance 1981-2017 avec Pierre Bergounioux  (82′), le 3 mai 2019 : : un podcast et une vidéo

    39) Hélène Cixous, écrivain : 1938, nuits (62′), le 23 mai 2019 : un podcast et une vidéo

    40) Denis Kambouchner, philosophe : Quelque chose dans la tête & Vous avez dit transmettre (62′), le 26 novembre 2019 : un podcast.

    41) Karol Beffa, compositeur : L’Autre XXe siècle musical (53′), le 25 mars 2022 : un podcast et une vidéo 

    42) René de Ceccatty écrivain et biographe : Le Soldat indien (9′), le 4 novembre 2022 : un podcast et une vidéo

    43) Pascal Chabot, philosophe : Avoir le temps : Essai de chronosophie ainsi que Après le progrès & Les sept stades de la philosophie & Global burn-out & L’Âge des transitions & Exister, résister _ ce qui dépend de nous & Traité des libres qualités (64′), le 22 novembre 2022 : un podcast et une vidéo

    44) François Noudelmann, philosophe : Les Enfants de Cadillac ainsi que Le Toucher des philosophes : Sartre, Nietzsche, Barthes au piano & Les Airs de famille. Une philosophie des affinités & Le Génie du mensonge _ les plus grands philosophes sont-ils de sublimes menteurs ?  & Penser avec les oreilles & Un tout autre Sartre (61′), le 9 janvier 2024 : un podcast et une vidéo.

    45) Bernard Sève, philosophe : Les Matériaux de l’art (60′), le 14 janvier 2025 : un podcast et une vidéo.

    46) Manuel Cornejo, musicologue : Maurice Ravel : Correspondance, écrits et entretiens (73′), le 17 avril 2025 : un podcast et une vidéo.

    47) Thibaut Sallenave, philosophe : Peut-on vraiment passer à côté de sa vie ? De la quête de sens au supplément d’être (59′ 20), le 24 mars 2026 : un podcast et une vidéo.

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    Et aussi, à la Cité du Vin, à Bordeaux :

    Nicolas Joly, viticulteur – le vigneron prodigieux du prestigieux vignoble de La Coulée de Serrant, en Anjou… – , et Gilles Berdin, éditeur : La Biodynamie (94′), le 17 janvier 2017  : une vidéo.

    Stéphane Guégan, conservateur du patrimoine, à propos de la très réussie exposition à la Cité du Vin Bistrot ! De Baudelaire à Picasso (96′), le 28 mars 2017 : une vidéo.

    …

    En forme d’œuvre un peu atypique de ma modeste part de lecteur-admirateur un peu attentif – j’aime passionnément l’interlocution très soigneusement préparée par des lectures successives, en même temps qu’entièrement improvisée, l’instant-t, Kairos aidant, au fil des écoutes hyper-attentives mutuelles réciproques, hyper-empathiques, en un échange oral le plus possible enthousiasmant, pour la qualité de la réception présente et à venir, urbi et orbi !.. – ,

    dont je suis fier…

    …

    Pour une jubilation à partager très loin,

    …

    À suivre !..

    …

    Ce jeudi 26 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Quelques premières précisions sur quelques personnages (et événements) apparaissant un peu floutés dans le récit de François Noudelmann en son passionnant et très beau « Les enfants de Cadillac » : les noms floutés de plusieurs femmes…

    En une sorte de second Avant-propos,

    après celui d’hier 21 mai en mon article « « ,

    …

    et conformément à la méthode de lecture-enquête _ sainte-beuvienne _ dont je suis coutumier, « en cherchant bien« , en creusant un peu plus les détails,

    …

    …

    voici ce jour de premières précisions _ d’identité de personnes, de lieux, ou de dates laissés un peu flous dans le récit donné par l’auteur… _ en réponse à quelques unes de mes questions,

    au fil et au terme _ provisoire _ de mes lectures successives _ au nombre de 3 jusqu’ici… _ de ce récit _ « roman » continue de passablement me gêner, en dépit du constat que, en son entretien (un peu trop rapide, et même un peu trop sec, à mon goût…) sur France-Culture, le 5 décembre 2021, avec l’ami Mathias Enard _ cf le podcast de mon entretien avec lui du 8 septembre 2010 ; et mon article du 21 septembre 2008 à propos de son stupéfiant chef d’œuvre « Zone » : « « … _, François Noudelmann l’assume, et même fermement _, qu’est ce passionnant « Les enfants de Cadillac« …

    …

    Pas mal d’éléments laissés flous dans le fil souvent rapide du récit s’éclairant davantage quand on s’avise de les relier à d’autres détails situés plus loin dans le récit, et dans notre lecture de parties ultérieures de ce récit, et eu égard à d’autres aspects de ces mêmes éléments rapportés, dans le cadre parfois un peu chahuté de la chronologie _ historique _ des éléments de ce réel évoqué ;

    et si, bien sûr, le lecteur un peu curieux de tels éléments et faits, opère effectivement de telles un peu éclairantes mises en relation, et cela sans que l’auteur ait cherché vraiment à nous les cacher :

    …

    comme par exemple la plupart de ce qui concerne sa mère.

    …

    Et plus généralement aussi les compagnes de trois générations (Chaïm, Albert, François) de Noudelmann :

    …

    _ 1) Marie Schlimper, la grand-mère paternelle de François, née à Lemberg _ Lviv aujourd’hui : désormais en Ukraine… _ en 1881 et inhumée au cimatière de Bagneux _ j’ignore la date de son décès _, épouse _ en secondes noces : elle était veuve de Hersch Friedmann (j’ignore ses dates et lieux de naissance et de décès), dont elle avait 4 enfants : Jacques (Paris 18e, 7 novembre 1902 – Livry-Gargan, 1er juin 1978), Rachel (Paris 18e, 25 août 1904 – Dreux, 2 août 1999), Raymonde (Paris 18e, 3 avril 1907 – Villiers-le-Bel, 1er avril 1995) et Bernard (Paris 18e ? – disparu entre 1941 et 1945…) : demi frères et sœurs d’Albert Noudelmann (Paris 18e, 24 juin 1916 – Limoges, 16 juillet 1998)… _, puis veuve, de Chaïm Noudelmann (1891 – Cadillac, 21 février 1941), et de dix ans plus âgée que lui, et la mère bien peu maternelle d’Albert _ ce qui éclaire pas mal de choses qui vont s’ensuivre en la vie de son fils Albert, et peut-être aussi, bien qu’il ne l’ait probablement pas connue, de son petit-fils François, les liens étant rompus entre Marie Schlimpel, veuve Noudelmann, et son fils Albert Noudelmann. Celui qui conservera les liens, documents familiaux, dont des photos, est un cousin _ j’ignore par quels liens précis : était-il un neveu de Hersch Friedmann, le premier mari de Marie Schlimper ?… _, Henri Friedmann (Metz, 22 décembre 1925 – Suresnes, 9 novembre 2019) ; et c’est de ce cousin Henri Friedmann que François Noudelmann reprendra le flambeau de l’entretien de la tombe de sa grand-mère paternelle, dans le carré juif du cimetière de Bagneux : « La mort d’Henri Friedmann, ce cousin vigilant, m’a imposé la responsabilité d’entretenir à mon tour cette tombe que je ne connaissais pas et que mon père n’honorait pas, bien que sa mère y reposât. (…) Le  passage de témoin eut lieu lorsque Henri fut inhumé _ en novembre 2019, donc _ dans une sépulture sur laquelle est écrit le nom de ses parents « morts en déportation ». Le jour où ils furent raflés, le 16 juillet 1942, la maîtresse d’école le somma de ne pas rentrer chez lui. Elle lui donna une adresse dans la Drôme et il réussit à franchir la ligne de démarcation pour passer le reste de la guerre à travailler chez des paysans. C‘est lui, Henri l’orphelin, maroquinier de son état, qui garda la mémoire de la famille, en conserva quelques photos et honora ses tombeaux« , peut-on ainsi lire, page 53..

    …

    _ 2) les trois épouses successives _ dont la mère de François : demeurée sans nom ni prénom tout le long du récit : elle quittera brutalement son mari Albert (et son fils François) pour suivre un autre homme (non nommé précisément, un médecin de province, un notable…), qu’elle épousera ; et François, après le jugement de divorce de ses parents, la verra deux week-ends par mois jusqu’à sa majorité… _ d’Albert Noudelmann, après Huberte Bordes, la première, et avant la troisième, non nommée elle non plus _ une fois l’union entre cette dernière et Albert réalisée (en 1972 semble-t-il…), et la nouvelle famille installée dans un pavillon de la banlieue de Limoges, « je passai brutalement du bonheur à deux _ avec son père Albert, à Lyon _à l’enfer à six » _ à Limoges _, résume François Noudelmann… _, elle dont la conduite accula François, « après quatre années de galère » _ familiale malencontreusement recomposée et de fait affreusement toxique, de 1972 à 1976 _, à prendre « la fuite, à dix-sept ans _ en 1976, donc : François est né le 20 décembre 1958. La rupture avec mon père _ écrit ainsi François Noudelmann page 184 _ fut violente et définitive, à la mesure de l’amour trahi _ lire ici les sublimes pages 172 à 174 à propos de la vie (de « paradis » de tendresse paternelle et filiale), entre 1967 et 1972 (entre ses huit ans et ses treize ans), de François avec son père Albert « devant élever seul un enfant depuis ses huit ans » (en 1967, donc ; page 169), entre le départ de l’épouse et mère (« un père et son fils abandonnés par une femme qui était partie avec un autre homme« , page 171), en 1967 donc, quand François a huit ans, et la catastrophe du père se remariant, en 1972 (François a alors 13 ans), avec une épouse (de substitution) qu’il n’aurait absolument pas fallu, ni au mari Albert, ni à l’enfant François ; et mettant alors fin à la vie « plus conjugale que familiale« , que mena, entre 1967 et 1972, François avec son père : « Depuis mon jeune âge, j’avais pris en effet l’habitude de dormir avec lui et de chercher son contact, restant sur ses genoux après le déjeuner, reniflant l’odeur de son pyjama dans le lit. » L’auteur de 2020 commentant  malicieusement : « Il faut dire aux lecteurs suspicieux qu’un père juif est souvent une mère normale« , page 172… On comprend donc bien ce que peut ici signifier l’expression puissante d’« amour trahi« , page 184, sous la plume magnifiquement subtile du narrateur rétrospectif (et pardonnant tout à son père suicidé : le 16 juillet 1998) de 2020… Avant de partir _ en 1976 _, je brûlai toutes les lettres que je lui avais écrites et je ne revins jamais chez lui, ou plutôt chez eux » _ à Limoges, donc, tant que dura ce troisième et ultime mariage d’Albert (« Ce mariage fut un désastre qui dura longtemps _ de 1972 à 1977-78, probablement _, la supposée mère révélant son instabilité mentale par des crises cycliques, provoquant des hurlements et des insultes nocturnes, prolongés par des actes de violence. Rien n’échappait à sa fureur destructrice« , lit-on, pages 182-183 ;  cependant, c’est probablement après la fin de ce troisième mariage d’Albert, fin advenue probablement avant 1980 (voir plus bas), que François recueillera, probablement en 1980, si l’on se fie aux « quarante années«  écoulées qui sont évoquées, au présent du récit du narrateur en 2020, entre l’enregistrement des 10 heures de confidences d’Albert à son fils, et ce présent du récit de 2020, selon cette indication de la page 61, en ces si précieuses 10 heures d’enregistrement sur un petit magnétophone à cassettes, de l’extraordinaire récit des six ans de guerre d’Albert, le père prisonnier et s’évadant et étant repris à plusieurs reprises, principalement en Silésie aujourd’hui polonaise : « Nous avions pris nos distances, toi et moi _ c’est au présent de son récit, en 2020, que François Noudelmann s’adresse ici par la pensée à son père disparu, par suicide (avec « un pistolet à grenailles« , page 158), le 16 juillet 1998 _, lorsque je voulus forcer ta vérité _ c’est donc François qui prit l’initiative de cela, retournant alors, peut-être à cette fin, chez son père, demeuré en Limousin… Je cherchais _ voilà, en 1980, François Noudelmann a alors 21 ans… _ le cadavre planqué sous le parquet de ta vie _ enfin, désormais, depuis qu’Albert étaist redevenu solitaire… _ bien rangée _ et même quasi vide _, et ne me contentais pas du mot de résilience qui rassure et qui écrase. Pour quelle raison tu acceptas de déroger à ce mutisme tellement maîtrisé qu’il passait inaperçu autour de toi, je ne le sais toujours pas. Tu consentis à une parole fleuve qui fut une « confidence », car elle supposait à la fois du secret et de la confiance _ envers François, son fils. As-tu voulu retrouver ainsi notre intimité _ voilà : filiale, d’entre 1967 et 1972 _ trahie _ par le calamiteux remariage d’Albert, en 1972, et le départ du domicile de Lyon pour Limoges… _, ou as-tu cherché à réintégrer _ en une identité décidément malmenée… _ une part de ton existence que tu avais soigneusement comprimée, empaquetée, refoulée ? Tu délivras ce récit en un seul flot, dix heures durant, et une fois pour toutes, sans plus jamais le répéter, et le petit magnétophone à cassettes que tu m’avais offert pour mes dix ans _ en décembre 1968, donc _ servit _ douze ans plus tard ; et François, le récipiendaire de ce récit tellement important, avait alors vingt-deux ans… _ à l’enregistrer. Pendant quarante années _ en remontant à partir de cette écriture-ci, en 2020, cela fait 1980... _, je n’ai jamais songé à le transcrire, ni à le transmettre, parce qu’il fut un geste confidentiel _ et comme de réconciliation, à travers la distance de leurs vies désormais séparées l’une de l’autre _, accompli d’un père à un fils, non communicable. Peut-être n’avais-je pas envie de le partager, conservant ainsi la complicité exclusive _ voilà _ que j’avais entretenue avec toi depuis l’enfance _ voilà, voilà. Peut-être ne voulais-je pas non plus m’identifier à ce vécu _ de Juif ostracisé _, soucieux de maintenir à mon tour l’innocuité de ce passé clandestin _ et vigoureusement tu, de victime de sa judéité. Alors que cette parole devait rester entre toi et moi, je l’entends autrement à présent _ en cette écriture pensante et creusante, si finement, de 2020 _ et sans doute fallait-il que mes oreilles se tapissent d’abord d’une couche de temps qui rende ta voix un peu étrangère, et que la poigne des affects se desserre. Tel est le paradoxe de pouvoir accéder au discours transmissible d’un père lorsqu’on s’en est détaché, ce qui s’appelle, probablement, devenir adulte _ oui _, et il n’est jamais trop tard pour y arriver _ en effet : penser vraiment possède un tel pouvoir de « reprise » correctrice et comprise. Afin de te comprendre aujourd’hui _ en 2020 _, et d’entendre _ en vérité _ ce que tu dis et ce que tu caches, je dois te ventriloquer _ en cette expérience d’écriture exploratrice et révélatrice magnifique, de 2020 _, parler pour toi en continuant de m’adresser à toi, car cette confidence ponctuelle  _ de 1980 _, non destinée à la publication, ne s’adressait à personne d’autre _ que le fils, François _ et n’avait pas vocation à entrer dans une enquête _ nous y voici ! _  sur l’identité française » _ ce qu’est fondamentalement ce magnifique et si profond livre qu’est ce « Les enfants de Cadillac« … _, a-t-on pu découvrir, pages 60-61-62, pour ce qui concerne cette intimité quasi conjugale entre Albert, le père, et François, le fils… _ ;

    …

    _ 3) et les compagnes (?) du très discret François Noudelmann, dont, surtout, la mère des deux enfants qui l’ont accompagné et se sont installés au moins une année avec lui aux États-Unis (à New-York ?), peu après le suicide d’Albert, qui avait eu lieu, à Limoges, le 16 juillet 1998 : « à la fin du siècle dernier, nous _ comment s’appelle-t-elle donc ? Cela demeure tu… _ nous y sommes installés en couple _ voilà _ avec nos deux enfants _ non prénommés dans le récit, eux non plus ; tout au plus « mes enfants jouaient au base-ball« , lit-on page 217… _, vivant pour la première fois dans une maison _ et non plus en un appartement, comme jusqu’alors… _, comme des pionniers imaginaires, prêts à mener la vie conventionnelle de nouveaux arrivants qui veulent s’intégrer au melting pot. Tout en cherchant à fuir le souvenir du suicidé _ de 1998 _, ayant résolu de bannir toute photographie ou lettre de mon père – ce qui fut le cas jusqu’à aujourd’hui -, je me rejouais le film des immigrants juifs arrivant à New-York _ via le sas d’Ellis Island. Le scénario généalogique m’attendait _ déjà alors, avant 2000 _ comme le bonbon qu’un enfant ne résiste pas à croquer« , lit-on aux pages 216-217.

    Mais « Cette vita nuova _ new-yorkaise de 1999 ? _ se nourrissait d’un récit contradictoire qui visait, dans le même temps, à oublier une parenté disparue et à retrouver une impulsion généalogique lointaine _ celle du grand-père Chaïm fuyant, vers l’Ouest, les pogroms de Lithuanie, en 1909. Et lorsque la mythologie gouverne une existence, la névrose n’est jamais loin, surtout quand elle se pare d’une recherche de l’origine authentique, la meilleure alliée de la mauvaise foi « , lit-on ensuite, page 218.

    Avec cet aboutissement immédiat-ci : « Sans doute n’étais-je pas prêt à imposer cette fiction personnelle à mon entourage _ épouse et enfants, voilà… _ et, pendant les vingt ans _ dates à préciser : 2000 -2020 ?.. _ qui suivirent le retour à Paris _ en 2000 ? _, je me suis _ mais sans mon entourage, demeuré, lui, sinon à Paris, du moins en France… _ divisé entre la France et les États-Unis, par d’incessants allers-retours et séjours temporaires _ universitaires là-bas… La vie pendulaire avait du bon, avec ses départs enthousiastes _ là-bas, loin, en Amérique… _ et ses douces rentrées _ ici, en douce France…

     (…) 

    Je trouvais mon chemin entre l’idéal des voyageurs que décrit Baudelaire, ceux qui « partent pour partir«  _ cf son beau poème « Le Port« … _, et l’expérience de l’altérité préférée _ et expérimentée _ par Lévi-Strauss _cf, pour commencer, le récit de « Tristes tropiques« …  _, qui recherchait la plongée dans des cultures différentes. La joie de changer de perspective _ d’abord géographique _ correspond, à une échelle modeste, au regard éloigné des anthropologues. Briser ses propres représentations, se rapprocher du plus distant puis, en retour, percevoir ce qui était proche avec les yeux du lointain, voilà qui déracine l’esprit et le libère de ses stéréotypes » _ soit l’hygiène la plus saine et la plus juste du penser, du ressentir et du vivre, découverte, élaborée et construite-déconstruite peu à peu par François Noudelmann toutes ces années-là… _, lit-on, superbement exprimé ainsi, page 219.

    …

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    Voilà pour débuter cette recherche de précisions factuelles _ selon ma méthode de curiosité de lecture sainte-beuvienne, du qui ? où ? quand ? comment ?.. _, ce lundi.

    …

    …

    Et à suivre, bien sûr…

    …

    …

    Ce lundi 22 mai 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Réactualisation, à la date du 16 décembre 2022, de la bibliothèque de podcasts et vidéos d’Entretiens de Francis Lippa, à Bordeaux, de 2009 à 2022, avec les plus excellents auteurs, et parfois amis…

     

    Ce vendredi 16 décembre 2022,

    …

    voici une nouvelle réactualisation

    du listing des podcasts (et vidéos) de mes divers entretiens enregistrés avec d’excellents auteurs

    à la Librairie Mollat (et un peu ailleurs : Théâtre-du-Port-de-la-Lune, Cité du Vin…)

    enregistrés depuis le 13 octobre 2009,

    disponibles _ et accessibles à l’écoute ! _ par podcasts, et aussi vidéos, sur les sites de la librairie Mollat

    …

    reprenant et complétant les listes de mes articles

    du 22 octobre 2015 6 ans d’ entretiens d’un curieux, Francis Lippa, à la librairie Mollat _ et comment accéder à leur écoute

    du 11 février 2016 Actualisation du listing des entretiens de Francis Lippa à la librairie Mollat, à la date du 11 février 2016 

    du 10 avril 2017 Nouvelle actualisation du listing des entretiens avec Francis Lippa à la Librairie Mollat à la date du 10 avril 2017

    du 27 novembre 2017 

    du 11 juin 2019 

    et du 6 avril 2022 

     

    …

    …

    1)  Yves Michaud, Qu’est-ce que le mérite ? (52′) le 13-10-2009

    2)  Jean-Paul Michel, Je ne voudrais rien qui mente dans un livre (62′) le 15-6-2010

    3)  Mathias Enard, Parle-leur de rois, de batailles et d’éléphants (57′) le 8-9-2010

    4)  Emmanuelle Picard, La Fabrique scolaire de l’histoire (61′) le 25-3-2010

    5)  Fabienne Brugère, Philosophie de l’art (45′) le 23-11-2010

    6)  Baldine Saint-Girons, Le Pouvoir esthétique (64′) le 25-1-2011

    7)  Jean Clair, Dialogue avec les morts & L’Hiver de la culture (57′) le 20-5-2011

    8)  Danièle Sallenave, La Vie éclaircie _ Réponses à Madeleine Gobeil (55′) le 23-5-2011

    9)  Marie-José Mondzain, Images (à suivre) _ de la poursuite au cinéma et ailleurs (60′) le 16-5-2012

    10) François Azouvi, Le Mythe du grand silence (64′) le 20-11-2012

    11) Denis Kambouchner, L’École, question philosophique (58′) le 18-9-2013

    12) Isabelle Rozenbaum, Les Corps culinaires (54′) le 3-12-2013

    13) Julien Hervier, Ernst Jünger _ dans les tempêtes du siècle (58′) le 30-1-2014

    14) Bernard Plossu, L’Abstraction invisible (54′) le 31-1-2014

    15) Régine Robin, Le Mal de Paris (50′) le 10-3-2014

    16) François Jullien, Vivre de paysage _ ou l’impensé de la raison (68′) le 18-3-2014

    17) Jean-André Pommiès, Le Corps-franc Pommiès _ une armée dans la Résistance (45′) le 14-1-2015

    18) François Broche, Dictionnaire de la collaboration _ collaborations, compromissions, contradictions (58′) le 15-1-2015

    19) Corine Pelluchon, Les Nourritures _ philosophie du corps politique (71′) le 18-3-2015

    20) Catherine Coquio, La Littérature en suspens _ les écritures de la Shoah : le témoignage et les œuvres & Le Mal de vérité, ou l’utopie de la mémoire (67′) le 9-9-2015

    21) Frédéric Joly, Robert Musil _ tout réinventer (58′) le 6-10-2015

    22) Ferrante Ferranti, Méditerranées & Itinerrances (65′) le 12-10-2015

    23) Bénédicte Vergez-Chaignon, Les Secrets de Vichy (59′) le 13-10-2015

    24) Frédéric Martin, Vie ? ou Théâtre ? de Charlotte Salomon (61’) le 25-11-2015

    25) Marcel Pérès, Les Muses en dialogue _ hommage à Jacques Merlet (64’) le 12-12-2015

    26) Yves Michaud, Contre la bienveillance (64′) le 7-6-2016

    27) Karol Beffa et Francis Wolff, Comment parler de musique ? & Pourquoi la musique ? (32′) le 11-10-2016

    28) Etienne Bimbenet, L’Invention du réalisme (65′) le 6-12-2016

    29) Olivier Wieviorka, Une Histoire des Résistances en Europe occidentale 1940-1945 (54′) le 8-3-2017

    30) Michel Deguy, La Vie subite _ Poèmes, biographies, théorèmes (75′) le 9-3-2017

    31) Frédéric Gros, Possédées (58′) le 6-4-2017

    32) Sébastien Durand, Les Vins de Bordeaux à l’épreuve de la seconde guerre mondiale (55′) le 6-6-2017 _ non diffusable publiquement, hélas, pour des raisons techniques : l’entretien est passionnant ! À défaut, lire le livre : « Les Vins de Bordeaux à l’épreuve de la Seconge Guerre mondiale : 1938-1950, une filière et une société face à la guerre, l’Occupation et l’épuration« , aux Éditions Memoring…

    33) François Jullien, Dé-coïncidence (61′) le 17-10-2017

    34) René de Ceccatty, Enfance, dernier chapitre (52′) & La Divine comédie (30′), de Dante (traduction), le 27-10-2017

    35) Marie-José Mondzain, Confiscation _ des mots, des images et du temps (65′), le 7-11-2017, au Théâtre du Port-de-la-Lune : une vidéo. 

    36) Pascal Chabot : L’homme qui voulait acheter le langage (49′), le 20-9-2018

    37) Nathalie Castagné / Goliarda Sapienza : Carnets (49′), le 29-4-2019

    38) Jean-Paul Michel : « Défends-toi, Beauté violente ! » & « Jean-Paul Michel « La surprise de ce qui est«  » & « Correspondance 1981-2017 » avec Pierre Bergounioux  (82′), le 3-5-2019 : une vidéo

    39) Hélène Cixous : 1938, nuits (62′), le 23-5-2019 : une vidéo

    40) Denis Kambouchner : Quelque chose dans la tête & Vous avez dit transmettre (62′), le 26-11-2019

    41) Karol Beffa : L’Autre XXe siècle musical (53′), le 25-3-2022 : une vidéo 

    42) René de Ceccaty : Le Soldat indien (9′), le 4-11-2022 : une vidéo

    43) Pascal Chabot : Avoir le temps : Essai de chronosophie (64′), le 22-11-2022 : une vidéo

    …

    …

    À suivre…

    …

    Le lien à l’article suivant de mon blog le 27 avril 2017 Deux merveilleux entretiens à l’Auditorium de la Cité du Vin, à Bordeaux, avec Nicolas Joly et Stéphane Guégan donne accès, lui, à deux très riches vidéos d’entretiens à la Cité du Vin :

    le premier, le 17 janvier 2017, avec Nicolas Joly, et Gilles Berdin, à propos du livre La Biodynamie (94′) : une vidéo ;

    et le second, le 28 mars 2017, avec Stéphane Guégan, à propos de la passionnante exposition à la Cité du Vin Bistrot ! De Baudelaire à Picasso (96′) : une vidéo…

    …

    Bonnes écoutes ! Prenez-en le temps…

    …
    …

    Une telle bibliothèque sonore et visuelle est sans prix :

    victoire sur le temps, et dans le temps, et grâce au temps et à la vie, avec les rencontres et les œuvres qui en naissent, elle comporte d’irremplaçables joyaux, demeurant hic et nunc disponibles.

    …

    …

    Ce vendredi 16 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • A propos du chef d’oeuvre de Philippe Forest, « Toute la nuit », lu en 2004…

    Quand mon gendre Sébastien, chargé de cours de littérature en classe préparatoire, parle au lecteur féru _ qu’il sait que je suis de l’œuvre de Philippe Forest _, de sa présente lecture de celle-ci,

    notamment « L’enfant éternel« ,

    …

    il me confie aussi sa sorte de réticence, voire réserve, ou même crainte, à aborder son « Toute la nuit«  ;

    et me demande ce que j’en pense…

    …

    Je lui réponds :

    …

    « Chef d’œuvre absolu !« , « Œuvre d’une nécessité totale…« ,

    « Ne surtout pas passer à côté : une priorité de lecture toutes affaires cessantes !« …

    …

    …

    Et en remontant à l’étage et à mon ordinateur,

    je recherche immédiatement les articles de mon blog _ un blog ouvert le 4 juillet 2008 : soit postérieurement à mes lectures de « L’Enfant éternel » (que j’ai lu seulement dans le tirage de mars 2002 de son édition en Folio) ; « Toute la nuit« , paru en 1999, mais lu à la suite de ma lecture du précédent, qui m’avait bien sûr tellement marqué, je pense en 2004, au moment de la parution de « Sarinagara« … ; « Sarinagara« , lu dans son édition de 2004 ; « Tous les enfants sauf un« , lu à sa parution en janvier 2007 ; « Le Nouvel amour« , lu à sa parution en paru en juin 2007 ; et les suivants, je les ai bien sûr lus dès leur parution ; et j’ai pu rencontrer à plusieurs reprises Philippe Forest…  _, que j’ai consacrés à Philippe Forest

    et son œuvre marquante

    _ et tous ces articles sont bien sûr accessibles en inscrivant le nom de l’auteur (ici Philippe Forest) dans la case ad hoc de la rubrique Archives, dans la colonne en haut et à droite du titre de l’article…

    …

    …

    Et je redécouvre _ avec un vif plaisir ! _ mon article du 5 mai 2018, intitulé «  » :

    …

    je ne saurais mieux exprimer le fond _ constant ! _ de ma pensée…

    …

    …

    Je le redonne donc ici tel quel,

    «  » :

    …

    …

    M’étant procuré ce jour _ 5 mai 2018 _ le volume qui vient de paraître des Actes du colloque international (14-16 janvier 2016) intitulé Philippe Forest _ une vie à écrire,

    …

    je découvre avec surprise _ mais pas étonnement ! _ certaines circonstances qui ont fait et font que Sarinagara _ qui est celui des livres de Philippe Forest que j’ai lus, qui m’a le moins plu _ un grand succès de vente,

    à la différence de Toute la nuit

    …

    _ LE chef d’œuvre de l’auteur, selon moi ;

    cf en mon article «  «  du 15 avril dernier, et à propos des livres « de ma prédilection« ,

    ceci :

    …

    « René de Ceccatty (en son Enfance, dernier chapitre),

    Philippe Forest (en son absolument déchirant et torturant Toute la nuit),

    Mathias Enard (en son immense et génialissime Zone),

    le grand Imre Kertesz (en ce terrifiant sommet de tout son œuvre qu’est Liquidation),

    William Faulkner (l’auteur d’Absalon, Absalon !),

    Marcel Proust (en cet inépuisable grenier de trésors qu’est sa Recherche…),

    et quelques autres encore parmi les plus grands ;

    …

    mais pourquoi ne sont-ce pas les œuvres souveraines et les plus puissantes des auteurs qui, via de telles médiations médiatiques, se voient le plus largement diffusées, commercialisées par l’édition, et les mieux reconnues, du moins à court et moyen terme, du vivant des auteurs, par le plus large public des lecteurs ? Il y a là, aussi, un problème endémique des médiations culturelles et de ses vecteurs, pas assez libres de l’expression publique de leurs avis, quand ils sont compétents, car, oui, cela arrive ; mais bien trop serviles, au final, dans leurs publications, inféodés qu’ils se sont mis à des intérêts qui les lient, bien trop exogènes à l’art propre : j’enrage…« .

    Soit la question même que je désire ici aborder.

    …

    …

    Or voici ce que je découvre ici même :

    …

    Pages 300 et 301,

    et à propos de ses livres traduits,

    ces déclarations de Philippe Forest lui-même :

    …

    « Mes livres sont traduits dans une dizaine de pays _ mais souvent seul un titre ou deux est disponible, en général L’Enfant éternel et Sarinagara, car sans un prix littéraire il est rare qu’un éditeur fasse _ courageusement, et selon un vrai goût ! _ l’acquisition des droits pour un roman français _ tiens, tiens !  C’est tout dire des critères des choix éditoriaux… Je n’ai pas étudié la question, mais il me semble bien qu’il en va ainsi : n’importe quel roman primé _ aussi insignifiant qu’il soit (hélas !)  _ se trouve automatiquement _ par pur réflexe algorithmique en quelque sorte _ traduit dans un grand nombre de langues quand beaucoup de chefs d’œuvre restent en rade à tout jamais _ voilà le barrage de plomb qu’opposent à la culture véritable et le commerce de l’édition et les médias qui s’en font les complices… Existent cependant d’heureuses exceptions !…

    (…) Je ne désespère pas de devenir un jour un auteur à succès _ dit-il avec humour. Mais il est vrai que je n’en prends pas le chemin. Mes livres passent parfois pour trop « littéraires » _ pas assez fun pour le commun des lecteurs (« indiligents« , dirait Montaigne... Les lecteurs se plaignent de la difficulté qu’ils éprouvent _ les malheureux _ à entrer dedans. Ils ne sont pas assez dans l’air _ de la gaudriole _ du temps. (…)

    Je crois surtout _ je veux croire peut-être _ que l’expérience du deuil à laquelle je reste fidèle depuis le début et dont je traite d’une manière qui la rend irrécupérable _ voilà ! _ au regard des fausses valeurs _ de dilettantisme et de fric _ qui règnent dans le monde, continue à éloigner de mes livres le plus grand nombre des lecteurs, soucieux d’ouvrages plus distrayants et consolateurs » _ et tout est dit là !

    …

    …

    Mais je remarque aussi, à la page 314, dans la section intitulée « Chronologie de l’auteur« ,

    ceci :

    …

    « Mars 1999 : parution de Toute la nuit dans la collection « Blanche » des Éditions Gallimard. Philippe Sollers _ à qui le livre avait été présenté _ n’a pas souhaité que l’ouvrage paraisse dans sa collection _ tiens donc… L’info est précieuse… Teresa Cremini en assure la publication. Malgré de bonnes critiques, le livre passe inaperçu _ Nietzsche, lucidissime : « Je hais les oisifs qui lisent« … A l’occasion de sa traduction, il obtiendra en 2007 le prix Grinzane Cavour décerné chaque année à Turin aux trois meilleurs romans étrangers parus en italien ».

    …

    …

    Un panorama édifiant du monde du livre _ et de ses principaux prescripteurs _ tel qu’il fonctionne…

    …

    …

    Reste aussi le fossé qui sépare,

    et ce dès l’origine,

    l’auteur _ sauvage et ravageur _ de Toute la nuit,

    et l’univers _ hyper-hédoniste et cérébral, si confortable _ de Philippe Sollers et des siens…

    …

    Philippe Forest, lui, est un faux carriériste ; et un écrivain vrai ,

    travaillé au corps qu’il est _ jusqu’à la chair et l’os _ ici par son sujet

    _ tel un Egon Schiele…

    …

    …

    Ce samedi 5 mai 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

    …

    …

    Post-scriptum :

    …

    Sur Philippe Forest,

    cf mes deux articles des 19 septembre et 28 octobre 2010 :

    …

    &  ;

    …

    et sur Philippe Sollers,

    cf mon article du 31 octobre 2012 :

    …

    …

    …

    Les écrivains qui ont ma prédilection sont ceux de la chair

    et de la poiesis ;

    pas ceux des étais-poutres toujours trop lourds et inadéquats de la theoria.

    …

    La poiesis étant la voie unique _ et nécessairement risquée, et courageuse _ de l’entrée dans la chair…

    …

    …

    À cela,

    il me faut adjoindre ici et maintenant les dédicaces manuscrites apposées par Philippe Forest 

    à mes exemplaires de :

    …

    « Toute la nuit » :

    « Pour Francis Lippa, ce roman auquel je tiens. En le remerciant de sa lecture, Philippe Forest » ;

    …

    « Tous les enfants sauf un » :

    « Pour Francis Lippa, cet essai , Très cordialement, Philippe Forest » ;

    …

    et « Le Nouvel amour » :

    « Pour Francis Lippa, en le remerciant de son texte, avec toute la sympathie de Philippe Forest« …

    …

    …

    Ainsi que l’annonce que c’est seulement en 2013 _ 14 années plus tard que l’édition originale… _ qu’est parue l’édition Folio de « Toute la nuit« …

    …

    …

    Ce samedi 8 octobre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa