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  • De vraies voix qui soient vraies : sur le chemin que se trace, en éditrice des Editions du Canoë, Colette Lambrichs, son projet courageux et passionné de résistance civilisationnelle telle qu’elle l’exprimait en décembre 2020…

    En forme de suite un peu fouillée à mon très simple hommage d’hier 1er septembre 2025, « De vraies voix : le beau mot de rentrée de Colette Lambrichs, sur son chemin…« , et en m’étant demandé au passage de ma lecture qui était ce Pierre Stapf cité par Colette Lambrichs – et, en cherchant un peu, j’ai découvert qu’il est né à Berlin le 12 janvier 1998 – ,

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    voici que ce mardi 2 septembre, je désire donner aussi accès à un manifeste splendide de Colette Lambrichs, paru le 9 décembre 2020 sur le blog « Sous les pavés la plume » de Martine Roffinella

    en un article passionné et passionnant intitulé « Pleins feux sur les Editions du Canoë !« , dans lequel la très belle écriture de Colette Lambrichs présentait le sens puissant de la poursuite de son activité d’édition au Canoë…

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    J’ai expliqué précédemment à Martine Roffinella, qui a eu la gentillesse de m’inviter sur ses plateformes, dans quelles conditions sont nées les Éditions du Canoë. Je ne vais pas y revenir. Ce qui m’importe aujourd’hui, c’est comment donner de la visibilité – voilà – aux textes que je publie, comment leur permettre d’atteindre leurs lecteurs – voilà ! – , et cela m’amène tout naturellement à parler d’édition d’une façon plus large et de la place du livre, et plus généralement de l’écrit dans la société actuelle – dont les enjeux sont tout simplement vitaux pour le devenir et le sens même de la civilisation…

    Je pense depuis longtemps qu’il y a une confusion volontairement entretenue – ah ! ah ! -, inscrite dans les mots « livre » et « édition », lesquels signifient en même temps le support et le contenu pour le premier, une technique de multiplication d’un texte et un métier pour le second – des distinctions fort bienvenues…

    Qu’y a-t-il de commun entre le bottin du téléphone et un recueil de poèmes, entre la Bible et Comment soigner mes varices ?

    Les seuls points communs sont les procédés d’impression et l’argent généré par ce qu’on a définitivement enfermé dans le vocable « produit ».

    Il fut un temps où on disait : « le livre n’est pas un produit comme un autre », mais la mise en coupe réglée de toute marginalité économique- voilà – a abouti au fait que le livre est un produit comme un autre, soumis à la concurrence, aux lois de la distribution commerciale, à celle de la publicité, bref à la loi du plus fort – voilà, c’est dit ; et je rappelle que ce texte a été écrit en 2020, pas en 2025 où nous en mesurons un peu mieux les dégâts qui nous atteignent plus directement…

    Il fut un temps en France, dans les années qui ont suivi 1968, où « les œuvres de l’esprit » – art, littérature, philosophie, poésie – jouissaient d’un prestige qui n’était pas lié à l’argent ; plus : qui se moquait et méprisait l’argent. Les gens de ma génération ou de celle qui m’a précédée s’en souviennent encore – oui !

    Ces temps sont révolus. L’Amérique que je haïssais pour sa mercantilisation de tout – voilà ! – s’est installée en France, a gangréné les esprits – oui – et va peut-être – et nous y sommes déjà – aboutir – par ses décérébrations divertissantes accélérées – à un illettrisme de masse – voilà ! – , généré tant par la pauvreté d’une partie toujours plus grande de la population, que par la privatisation rampante – et accélérée, sans complexes – de l’enseignement – ici aussi, cela se mesure un peu mieux aujourd’hui – et par la généralisation des pratiques digitales, induites par les technologies de pointe – tout cela est très lucidement perçu et magnifiquement clairement dit ici.

    Dans ce contexte, à quoi peut rêver une petite maison d’édition – campée-retranchée dans la petite ville médiévale fortifiée de Bourg-sur-Gironde… – telle que le Canoë ?

    Cela va vous paraître ridicule, prétentieux, mégalomane mais elle a déjà publié, peut, veut et va continuer à publier le meilleur – oui ! Car le meilleur est destiné, malheureusement, aujourd’hui, à un petit nombre – qualifié d’élitistes – de lecteurs passionnés qui ne se résolvent pas à acheter – en suivistes aveugles et décérébrés – des livres parce qu’ils se trouvent sur une quelconque liste – chiffrée – de meilleure vente. Ce sont des fouineurs – voilà , de vrais curieux de ce qu’ils ne connaissent pas encore, et ont l’appétit gourmand de découvrir vraiment… – , alertés par des libraires indépendants – quand (et tant que…) il en reste : cela aussi, c’est une culture… – qui ne se sont pas soumis aux pressions des grands distributeurs.

    Les Éditions du Canoë ne sont pas les seules à avoir cette ambition. D’autres petites maisons, aux chiffres d’affaires – ah les chiffres ! ah les affaires ! – méprisés par les grands groupes, sortent des chefs-d’œuvre – rien moins, voilà ! C’est là qu’il faut aller – mais oui ! – chercher – sans guère de boussole , étant donné ce que deviennent les médias inféodés et stipendiés… – son bonheur – de vrai lecteur… Car la lecture d’un bon livre, d’un vrai livre, c’est du bonheur garanti – absolument ! et librement ! non panurgique…

    Les Éditions du Canoë sont diffusées et distribuées par Paon et Serendip, une équipe de jeunes gens, filles et garçons, qui appliquent réellement les règles d’un commerce équitable, ne placent pas des titres dont les libraires ne veulent pas, lisent – vraiment, mais oui !.. –  les livres qu’ils diffusent, veillent à ne pas s’endetter, choisissent les éditeurs qu’ils représentent, ne travaillent pas avec Amazon. Des mises en place parfois trop petites mais pas de retour et l’estime générale de leurs clients – voilà, voilà…

    Depuis leur création en 2017, les Éditions du Canoë ont publié – jusqu’en décembre 2020 – vingt livres. Vous les trouverez sur le site des éditions du Canoë.

    Certains me demandent : « Mais quelle est votre ligne éditoriale ? »

    Elle est aussi fluctuante – et ouvert ! libre ! – que l’est ma curiosité – une fondamentale vertu, dico Titus Curiosus ; cf l’article de présentation de mon blog en date du 2 juillet 2008 : « Le Carnet d’un curieux« ) ; et il n’a pas vieilli… J’adhère pleinement à ce qu’écrivait Simon Leys, grand esprit que je ne me lasse pas de fréquenter, dans Le Bonheur des petits poissons : « Les distinctions de genres – romans et histoire, prose et poésie, fiction et essai – sont conventionnelles et n’existent que pour la commodité des bibliothécaires – et des maniaques des classements étanches… Les romanciers sont les historiens du présent, les historiens sont les romanciers du passé, et tout écrit qui présente une certaine qualité littéraire aspire essentiellement à être poème. » – comme c’est juste !

    Et Colette Lambrichs passe ici en revue ce qu’étaient en 2020 ses chantiers d’édition. Je passe donc directement à la conclusion de ce superbe manifeste…

    Je ne suis pas en manque de matière. Ce serait plutôt le contraire. Mes journées et une partie de mes nuits s’y envolent. Mais après tout, n’est-ce pas le signe de la passion ? – autre vocable bien sûr fondamental ; versus l’intérêt… Pascal Quignard le dit si bien dans L’Homme aux trois lettres : « Lire n’est pas rêver mais lire est comme rêver en ceci qu’il perd le temps » – au profit d l’éternité qui s’y atteint et gagne, mais oui ! Lire ici Spinoza… –  et, plus loin : « C’est le temps enchanté. »

    Pour m’aider dans cette entreprise, un jeune étudiant talentueux et brillant qui fit d’abord un stage dans la maison, Pierre Stapf, y travaille maintenant plusieurs heures par semaine pour ma plus grande joie. Je ne parle pas de Charoux, mon compagnon intransigeant et doux qui dévoile ce qu’il pense des livres que je publie sur Instagram. Il ne mâche pas ses mots !

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    Pierre Stapf. Photo : ©HalimaMoldi.

    Pour le reste, je demeure fidèle à ce qui est exposé dans le liminaire des Enseignements de la Peinture du jardin grand comme un grain de moutarde – composé en Chine entre 1682 et 1701 par des artistes et des érudits dont la passion dominante était l’admiration de l’Antiquité – , qui s’applique à toute discipline : « Pour ce qui est d’étudier la peinture, les uns préfèrent la complexité, les autres, la simplicité. La complexité est mauvaise, la simplicité est aussi mauvaise. Les uns préfèrent la facilité, les autres, la difficulté. La difficulté est mauvaise, la facilité est aussi mauvaise. Les uns considèrent comme noble d’avoir de la méthode, les autres, de ne pas en avoir. Ne pas avoir de méthode est mauvais. Rester entièrement dans la méthode est encore plus mauvais. Il faut d’abord observer une règle sévère ; ensuite, pénétrer avec intelligence toutes les transformations. » – soit conquérir par l’effort, combinant avec fluidité et élégance si possible, culture et imageance, sa liberté…

    Le logo du Canoë a été dessiné par Julio Le Parc, qui le premier m’a fait confiance dans cette nouvelle aventure. Je ne l’oublie pas.

    Colette Lambrichs et Pierre Stapf. Photo : ©HalimaMoldi.

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    Voilà !

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    Les enjeux de l’écriture, de l’édition-diffusion, et de la lecture par de vrais lecteurs de vrais livres, exprimant des voix vraies, est ainsi tout simplement, à son apparemment toute petite échelle d’abord de la personne, rien moins que civilisationnel ;

    comme les enjeux de l’école et des divertissements vulgaires inféodés qui de toutes parts, et non innocemment, la cernent et menacent de Laurine et détruire…

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    Résister à ces diverses menaces mortifères est le combat – contre les assauts insidieux et les plus souriants possibles, forcément, du nihilisme mercantile – , de chacun, à sa modeste place…

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    Ce mardi 2 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • S’entretenir d’interprétations de chefs d’oeuvre de la musique : l’oreille quasi parfaite de Jean-Charles Hoffelé en son Discophilia, à propos, ce matin, du merveilleux « Ravel Piano Concertos » d’Alexandre Tharaud et Louis Langrée, avec l’Orchestre National de France _ ou la chance de pouvoir dialoguer un peu, à la lecture, à défaut de vive voix, avec une telle oreille musicale…

    Une confirmation du coup d’éclat éblouissant d’Alexandre Tharaud _ et Louis Langrée dirigeant l’Orchestre National de France : magnifiques, eux aussi… _ dans les deux merveilleux et profonds, par delà leur virtuosité, concertos pour piano et orchestre de Maurice Ravel, en le CD Erato 5054197660719 « Ravel Piano Concertos«  qui vient de paraître vendredi 13 octobre dernier,

    avec, au réveil ce lundi matin 16 octobre, le très bel article « Les deux visages » de Jean-Charles Hoffelé _ à la si juste et honnête oreille ! _ sur son si précieux site Discophilia…

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    Une oreille juste

    comme est aussi, tellement de confiance, elle aussi, celle de Vincent Dourthe, mon disquaire préféré ;

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    et c’est assurément bigrement précieux que de pouvoir s’entretenir un peu précisément et vraiment _ de vive voix, ou à défaut, seulement par dialogue silencieux à la seule lecture… _ avec de tels interlocuteurs sur leur perception ultra-fine, au microscope _ ou stéthoscope musical… _, des interprétations au disque des œuvres de la musique…

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    Et tout spécialement, bien sûr, à propos de chefs d’œuvre d’interprétations de chefs d’œuvre _ pourtant passablement courus de bien des interprètes, qui s’y affrontent, se confrontent à de tels Everests pour eux, les interprètes… _ de la musique ; comme ici ces deux somptueuses merveilles du somptueux merveilleux _ et hyper-pointilleux et exigeant déjà envers lui-même, à l’écritoire, jusqu’au supplice ! _ Maurice Ravel…

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    Et je renvoie ici à mon article d’avant-hier samedi 14 octobre :

     

    « « …

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    LES DEUX VISAGES

    Cette douleur dans l’assombrissement de l’Adagio assai _ voilà _ qui ira jusqu’au quasi cri _ voilà : Ravel, éminemment pudique, demeure toujours dans de la retenue… _ invite _ voilà _ dans le Concerto en sol l’univers si _ plus évidemment _ noir _ lui _ du Concerto pour la main gauche, et rappelle que les deux œuvres furent écrites _ très étroitement _ en regard _ en 1930-1931 _, et de la même encre _ absolument ! Beaucoup _ d’interprètes _ n’auront pas même perçu cette _ infra-sismique _ tension, jouant tout _ de ce concerto en sol _ dans la même ligne solaire ; Alexandre Tharaud, qui connaît son Ravel par âme, s’y souvient probablement de la vision qu’y convoquait _ en 1959 _ Samson François _ oui : c’est en effet à lui, et à Vlado Perlemuter aussi, que, sur les remarques si fines et compétentes de mon disquaire préféré Vincent Dourthe, je me référais hier dimanche matin, en mon post-scriptum à mon article de la veille, samedi, « «  : références d’interprétations marquantes, s’il en est !  _ et ose ce glas qu’on n’entend jamais _ chez les autres interprètes de ce Concerto en sol.

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    Mais le Concerto en sol majeur est aussi dans ses moments Allegro cette folie _ oui _ d’un jazz en arc-en-ciel _ débridé, voilà : Ravel avait été très vivement marqué par ce qu’il avait pu percevoir de ce jazz lors de sa grande tournée récente aux États-Unis, du 4 janvier au 21 avril 1928… _ dont le pianiste ne fait qu’une bouchée, swing et échappées belles, toute une enivrante suractivité rythmique _ à la Bartok aussi, autant qu’à la Gershwin ; Maurice Ravel avait fait la connaissance de George Gershwin le 7 mars 1928, lors d’un repas organisé pour son anniversaire chez Eva Gauthier à New-York, ainsi que Ravel en témoigne à Nadia Boulanger en une lettre du lendemain 8 janvier (citée aux pages 1162-1163 de sa « Correspondance » éditée par Manuel Cornejo en 2018 : « The Biltmore New-York 8/3/28 Chère amie, voici un musicien doué des qualités les plus brillantes, les plus séduisantes, les plus profondes peut-être : George Gershwin« , et il ajoutait : « Son succès universel ne lui suffit plus : il vise plus haut. Il sait que pour cela les moyens lui manquent. En les lui apprenant, on peut l’écraser. Aurez-vous le courage, que je n’ose pas avoir, de prendre cette terrible responsabilité ? Je dois rentrer aux premiers jours de mai et irai vous entretenir à ce sujet. En attendant, trouvez ici l’expression de ma plus cordiale amitié. Maurice Ravel« )… _ que pimentent les bois du National menés avec une intense fantaisie _ voilà ! l’orchestre lui aussi brûle… _ par Louis Langrée.

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    Cet accord magique _ oui, oui, oui _ se renouvelle dans le Concerto pour Wittgenstein, mais dans des nuances de cauchemar _ à la ravelienne Scarbo… _, le prestidigitateur s’y fait diable, artificier tragique _ Ravel avait traversé et vécu, comme infirmier, les affres de la Guerre mondiale... _ dont le théâtre est un champ de mines _ oui, qui déchire et découpe les corps, comme ici le bras droit de son commanditaire Paul Wittgenstein…  La guerre de tranchées _ qui fut donc aussi celle de Maurice Ravel _ est partout sous les doigts d’Alexandre Tharaud _ oui ! _, qui convoque _ fort justement _ des visions de charnier, fait tonner son clavier en fureur, rage des traits de mitraillette _ oui, oui, oui _, proposition fascinante _ et tellement juste ! _, suivie au cordeau par un orchestre fantasque _ oui _ aux proclamations démesurées _ oui : quel chef aussi est le magnifique Louis Langrée !

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    Le jazz s’invite ici aussi _ en effet, en ce concerto pour la main gauche… _, mais déformé, amer, acide, osant la charge, le grotesque _ oui ; mais qu’on se souvienne aussi de la formidable viennoise ravelienne Valse de 1919-1920 !.. : une course à l’abîme… _, une parodie de Laideronette, impératrice des pagodes faisant diversion. Quel kaléidoscope ! _ voilà un trait éminemment ravélien… _, qu’Alexandre Tharaud fait tourner à toute vitesse _ telle sa propre viennoise Valse, créée le 12 décembre 1920… _ pour saisir cette folle course à l’abîme _ nous y voilà donc ! cf aussi, en sa course, le plus contenu et retenu, mais tout de même.., Bolero de 1928… _ et mieux suspendre les cadences où seul il élève son chant vers une voie lactée inquiète _ une des boussoles nocturnes de Maurice Ravel, sur son balcon en surplomb de la forêt et face à la nuit de Montfort-l’Amaury…

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    J’attendais _ moi aussi _ un couplage jazz, le Concerto de Gershwin comme réponse au jazz de Ravel _ certes _, mais non, ce seront les Nuits andalouses de Falla, sauvées de tant de ces lectures affadies qui les inféodent à un pâle debussysme _ voilà qui est fort bien perçu…

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    Alexandre Tharaud hausse leurs paysages fantasques _ oui _ à l’étiage de ceux _ fantasques eux aussi _ de Ravel, ardant leur con fuoco, tout duende, cambrant la gitane de la Danza lejana, implosant le feu d’artifices d’En los jardines de la Sierra de Córdoba dans l’orchestre flamboyant _ oui _ de Louis Langrée, faisant jeu égal avec les ardeurs osées par Alicia de Larrocha et Eduardo del Pueyo _ oui. Et c’est bien sûr qu’est très profond aussi le tropisme espagnol de Maurice Ravel… Ne serait-ce pas dans les jardins d’Aranjuez que se seraient rencontrés et fait connaissance ses parents, lors de leurs séjours madrilènes ?..

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    Quel disque ! _ voilà ! voilà ! _, splendidement saisi par les micros de Pierre Monteil _ et il faut en effet saluer aussi la splendide prise de son de cet éblouissant raveliennissime CD…

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Maurice Ravel (1875-1937)

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    Concerto pour piano et orchestre en sol majeur, M. 83
    Concerto pour piano et orchestre en ré majeur, M. 82 (Pour la main gauche)

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    Manuel de Falla (1876-1946)

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    Nuits dans les jardins d’Espagne

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    Alexandre Tharaud, piano
    Orchestre National de France
    Louis Langrée, direction

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    Un album du label Erato 5054197660719
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    Photo à la une : le pianiste Alexandre Tharaud –
    Photo : © Jean-Baptiste Millotune _ _ 

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    Pouvoir dialoguer vraiment si peu que ce soit avec des mélomanes à l’oreille et au goût ultra-fins et ultra-exigeants, mais capables d’enthousiasmes vrais et sincères,

    est plus que jamais indispensable,

    eu égard à la solitude grandissante des individus que nous sommes devant la misère en expansion, le désert gagne _ cf mon « Oasis (versus désert) », in le « Dictionnaire amoureux de la librairie Mollat« , aux pages 173 à 177 (celui-ci est paru aux Éditions Plon en octobre 2016) ; une contribution redonnée en mon article du 17 juin 2022 : « « , accessible ici….. _, de la plupart des médias _ le plus souvent très pragmatiquement vendus aux plus offrants… _, pour ne rien dire de pas mal des publics...

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    Car c’est ainsi qu’il arrive parfois un peu heureusement, telle une étape enfin rafraîchissante (et bien évidemment vitale) en une oasis verdoyante en la traversée assoiffante du désert si aride et si morne, que des œuvres de la civilisation _ ici musicale _ rencontrent un infra-minimal plus juste écho qui, en son petit retentissement, les prolonge, et surtout et aussi réanime leur flamme, en un partage irradiant de vraie joie…

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    Et écouter de telles interprétations de tels chefs d’œuvre de musique fait un immense bien…

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    Et ces tous derniers temps,

    les grandes interprétations, majeures et magistrales, véritablement marquantes, qui ont vu le jour, cette année 2023,

    _ celles de « L’Heure espagnole » et du « Bolero » par François-Xavier Roth et ses Siècles _ Harmonia Mundi HMM 905361 _,

    _ celle du « Trio pour piano et violoncelle » de 1914 par le Linos Piano Trio _ CAvi-Music 8553526 _,

    _ celles de l’intégrale de « L’Œuvre pour piano » du double album par Philippe Bianconi _ La Dolce Volta LDV109.0 _,

    _ et maintenant celles du « Concerto en sol » et du « Concerto pour la main gauche » par Alexandre Tharaud, Louis Langrée et l’Orchestre National de France _ Erato 5054197660719 _,

    toutes,

    savent faire enfin entendre en toute sa clarté et fluidité, allègre, intense, tonique, la puissance incisive et au final impérieuse en son irradiante tendresse, jubilatoire, de Maurice Ravel compositeur…

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    Une force de plénitude absolument accomplie…

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    Ce lundi 16 octobre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’exposition « Inferno » de Laura Bossi et Jean Clair, à Rome, au Musée des Ecuries du Quirinal, en clôture de l’année Dante, pour l’anniversaire des 700 ans de la mort du poète…

    En surfant _ hegeliennement, chaque matin _ sur la presse internationale, et en l’occurrence la presse italienne,

    _ ainsi que, dans Le Figaro, cet article-ci : « Jean Clair et Laura Bossi: «Interrogeons-nous sur notre fascination pour le mal» »… _,

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    voici que je découvre ces nouvelles-ci de mon ami Jean Clair et son épouse Laura Bossi

    _ et, au passage, je me souviens aussi, à cette occasion, de la délicieuse lamproie à la bordelaise, que nous avions tous les trois savourée à la Brasserie bordelaise, le 20 mai 2011, juste après l’entretien que Jean Clair et moi-même avions eu, dans le superbe salon Albert Mollat, à propos de ses magnifiques « Dialogue avec les morts » & « L’Hiver de la culture« … _ :

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    la tenue, à Rome, dans le Musée des Ecuries du Quirinal, de l’exposition « Inferno » de Jean Clair et son épouse Laura Bossi, du 15 octobre 2021 au 9 janvier 2022 _ prolongée jusqu’au 23 janvier _,

    en clôture de l’année du 700 ème anniversaire de la mort de Dante (Florence, 1265 – Ravenne, 14 septembre 1321).

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    DU MOYEN ÂGE À NOS JOURS

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    L’enfer d’après Dante

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    PAR OLIVIER TOSSERI, CORRESPONDANT À ROME · LE JOURNAL DES ARTS

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    LE 3 DÉCEMBRE 2021

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    ROME / ITALIE

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    À Rome, « Inferno » célèbre les sept cents ans de la mort du poète italien, puisant dans les représentations de l’enfer au cours de différentes périodes.

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    Jan Brueghel, La Tentation de Saint-Antoine, 1601-1625, huile sur bois. © Museo Nacional de Escultura, Valladolid/Photo Javier Munoz y Paz Pastor
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    Jan Brueghel, La Tentation de Saint-Antoine, 1601-1625, huile sur bois
    © Museo Nacional de Escultura, Valladolid / Photo Javier Munoz y Paz Pastor

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    Rome. Après Léonard de Vinci en 2019 et Raphaël en 2020, l’Italie célèbre cette année une autre gloire nationale : Dante Alighieri (1265-1321). Le point d’orgue du cycle des festivités marquant le 700e anniversaire de la disparition du « Poète » ne se déroule pas dans sa Toscane natale. L’exposition « Inferno » s’est ouverte le 15 octobre dernier à Rome, au Musée des Écuries du Quirinal. Elle rend hommage à cette figure tutélaire de l’imaginaire collectif italien en nous faisant voyager dans un lieu qui a hanté les artistes du Moyen Âge à nos jours.

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    C’est un couple d’intellectuels franco-italien qui guide le visiteur dans ce périple : l’historien de l’art et académicien Jean Clair et l’historienne des sciences Laura Bossi, sa compagne. « Le thème s’est imposé comme une évidence, expliquent _ lumineusement _ les deux commissaires. Pas seulement parce que l’“Enfer” est le premier mais surtout le plus connu des cantiques épiques de la “Divine Comédie”. Surtout parce que son extraordinaire iconographie a inspiré les artistes de toutes les époques avec un impact durable sur la culture visuelle européenne _ voilà. Sans oublier sa criante actualité dans un monde marqué par la destruction de la nature, les crises sociales, sanitaires, économiques et culturelles _ en effet… Elle nous oblige à réfléchir au destin de l’humanité et à sa fin. ».

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    Jean Clair et Laura Bossi font ainsi office de Charon, le passeur du Styx, le fleuve des Enfers. Le visiteur remonte le cours de leur réflexion à travers les méandres de 235 œuvres provenant de 87 musées, institutions publiques et collections privées. Il commence ainsi par traverser un modèle en plâtre des années 1880 de la Porte de l’Enfer d’Auguste Rodin. Par ses dimensions monumentales de 6,35 x 4 mètres, elle a représenté « l’un des défis organisationnels et logistiques les plus ambitieux du musée », selon l’un des porte-parole du lieu.

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    L’exposition a par ailleurs dû relever un autre grand défi, celui d’être préparée en pleine pandémie. Si la coopération des musées allemands s’est avérée complexe, cela a été plus facile avec les Offices de Florence, la Bibliothèque nationale de France, la Royal Academy de Londres, le Museo Nacional de Escultura de Valladolid ou encore le Museu Nacional de Arte Antiga de Lisbonne. Le Vatican a prêté la Carte de l’Enfer dessinée par Sandro Botticelli qui a rejoint les miniatures médiévales, ainsi que les œuvres de Jan Brueghel, Beato Angelico, Paul Cézanne, Odilon Redon, Eugène Delacroix, Francisco de Goya ou encore Franz von Stuck ou Gerhard Richter.

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    Les damnés de la terre
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    Bien qu’une section soit consacrée à l’auteur de la Divine Comédie, les damnés sont les compagnons de route privilégiés du visiteur : ceux dont l’âme tombe entre les griffes du diable dans les miniatures médiévales et dont les corps subissent tous les outrages dans les toiles de Brueghel ou de Pieter Huys à la Renaissance. Mais l’enfer ne réside pas seulement dans des abysses où l’homme serait voué aux pires gémonies et aux plus terribles souffrances après le trépas. Il est avant tout sur terre : celui de la douleur qui règne à l’usine, celui du démon intérieur qui s’exprime à l’asile. Sans oublier l’enfer vécu derrière les fils de fer barbelés d’une tranchée ou d’un camp de concentration. Terreur, pitié, fascination morbide ou curiosité scientifique sont autant de sentiments qui ont animé les artistes que ceux qui agitent le visiteur dans cette exposition dantesque. Son épilogue ne mène pas le visiteur vers les tréfonds quels qu’ils soient, mais vers le Paradis ouvrant la réflexion sur des concepts qui rencontrent un écho inaudible dans nos sociétés sécularisées : le salut et la rédemption, le péché et le châtiment, la damnation et l’expiation. « Et dès lors, nous sortîmes revoir les étoiles. » Le parcours s’achève par ce vers de Dante, le dernier de l’Enfer.

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    C’est la première fois qu’une exposition est consacrée à un tel thème. Jean Clair l’avait proposée par le passé au Musée du Prado à Madrid et au Grand Palais à Paris qui l’avaient refusée _ tiens donc... « Inferno » est également une nouvelle étape dans sa carrière _ singulièrement brillante _ de commissaire d’exposition faisant écho à « Vienne 1880-1938, l’apocalypse joyeuse » (1986), « L’âme au corps : arts et sciences, 1793-1993 » (1993), « Mélancolie, génie et folie en Occident » (2005) et « Crime et châtiment » (2010). Une nouvelle étape _ voilà _ de son voyage dans les profondeurs _ essentielles _ de nos mentalités.

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    TROIS QUESTIONS À… JEAN CLAIR,
    CO-COMMISSAIRE DE L’EXPOSITION INFERNO……
    Cette exposition marque l’aboutissement d’années de réflexion sur le thème de l’enfer…
    …Oui, car pour moi qui suis passionné par l’histoire des mentalités, l’enfer est certainement le thème le plus complexe _ voilà _ jamais inventé par l’Occident. Mon travail a été infernal, si j’ose m’exprimer ainsi, tant l’iconographie traitant ce sujet est vaste _ à embrasser. Une richesse qui ne peut malheureusement pas trouver sa place dans des musées ou dans des expositions car les œuvres les plus belles sont souvent des fresques, des mosaïques ou des sculptures que nous retrouvons sur les sols, les murs ou les tympans des églises.

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    Et pourtant, aujourd’hui, plus personne ne parle de l’enfer…
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    À commencer par l’Église catholique elle-même qui reste silencieuse sur le sujet. Le pape évoque parfois le mal, mais jamais l’enfer dont la fantasmagorie semble enfantine et ridicule. L’enfer a pourtant obsédé les fidèles et la chrétienté pendant une dizaine de siècles. On le voit à travers les miniatures du XIe au XIVe siècle, l’« âge d’or » de l’enfer, mais aussi lors des grands débats théologiques de la Renaissance et de l’époque baroque. Si la peur de l’enfer recule à l’« âge des Lumières », il revient avec force au XIXe siècle tandis que le XXe, avec ses guerres et ses différentes barbaries, a été celui de l’enfer sur terre.

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    Vous avez écrit il y a tout juste dix ans L’hiver de la culture _ cf mon entretien (merveilleux !) avec Jean Clair dans le salon Albert Mollat le 20 mai 2011 : un peu plus d’une heure où l’on perçoit même Jean Clair penser… Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le monde de l’art ?
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    Mon constat est malheureusement identique _ forcément… La disparition de la foi sous toutes ses formes, que ce soit en Dieu ou dans des idéologies politiques, a eu de graves conséquences sur l’art voué à la dérision, au sarcasme _ voilà _ et à une vulgarité _ la déferlante du trash… _ qui a atteint un niveau inédit. Une oligarchie financière mondialisée, comportant deux ou trois grandes galeries, deux ou trois maisons de ventes, et deux ou trois institutions publiques _ voilà ! et cela suffit à ce processus idéalement pragmatique en sa réalisation… _ décide de la circulation et de la titrisation _ voilà ; cf mon article du 12 mars 2011, au titre trop sinistrement, hélas, parlant : «  « …  _ d’œuvres d’art qui restent limitées _ voilà _ à la production, quasi industrielle _ hyper-efficacement managée… _, de quatre ou cinq artistes.

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    Inferno,
    jusqu’au 9 janvier 2022, aux Écuries du Quirinal, Via Ventiquattro Maggio, 16, 00186 Rome, Italie.

     

     

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    Magnifique information, miraculeusement parvenue jusqu’à ma curiosité…

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    Le catalogue de cette extraordinaire exposition (dont pas mal d’œuvres sont présentées sur ce site Scribe accroupi) est publié aux Éditions Electa.

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    La singulière merveilleuse lucidité de Jean Clair (et son œuvre) est vraiment sans prix…

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    Ce vendredi 17 décembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La remarquable humanité profondément vraie du maire Bernard Mounier dans l’affaire de la tragédie des Plantiers (Gard)

    Le traitement de l’affaire de la tragédie des Plantiers _ le meurtre de Luc Teissonnière et Vincent Guérin, puis la traque quatre jours durant de Valentin Marcone _ par les autorités locales,

    soient

    le maire de la commune des Plantiers, M. Bernard Mounier,

    le procureur de la République de Nîmes, M. Eric Morel,

    le général de Gendarmerie de la Région Provence-Alpes-Côtes d’Azur, M. Arnaud Browaeÿs,

    la préfète du Gard, Mme Marie-Françoise Lecaillon,

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    a été tout particulièrement remarquable ; 

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    et tranche singulièrement _ au moins à mon regard _ avec bient des comportements politiciens _ d’un éhonté cynisme démagogique instrumentalisant _ auxquels nous ne sommes désormais hélas que trop bien habitués…

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    Pour ma part,

    j’ai été très touché de l’humanité profonde et vraie _ telle que je l’ai ressentie _ de M. Morel, le procureur, et de M. Mounier, le maire,

    tout spécialement,

    et, bien entendu, chacun à sa place institutionnelle

    _ mais transcendant aussi cette place institutionnelle et légale de tout le rayonnement de leur personne humaine…

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    De quoi ne pas désespérer de la fonction publique, au moins,

    de notre présente République…

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    À mon jugement, 

    le Procureur Morel a simplement été parfait ;

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    et le maire Mounier, admirable d’humanité profonde,

    dans le moindre de ses mots et gestes : sobres, humbles, et surtout vrais.

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    Aussi ai-je désiré en apprendre un peu plus sur la personnalité et le parcours de vie de ce maire

    de cette toute petite commune du Gard cévenol, qu’est le village des Plantiers _ dans le canton de Saint-André-de-Valborgne (Gard) _,

    au flanc du Mont Aigoual, sur les confins des départements du Gard et de la Lozère

    _ non loin du lieu où est décédée, au pied d’une falaise, côté Lozère, la fille de Bernadette Lafont, Pauline : les Lafont sont de Saint-André de Valborgne. Un haut pays de camisards et résistants.

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    Et là je suis tombé, sur le Net, sur le Discours de Réception à l’Académie de Nîmes, le 9 janvier 2004, de Bernard Mounier : admirable d’humanité déjà _ aux pages 10 à 32 de ce document accessible en entier : lisez-le !

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    Bernard Mounier est natif _ le 6 février 1955 _ de la ville minière de La Grand Combe, quelques kilomètres au nord d’Alès, dans le département du Gard.

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    Et c’est au cours de ses années d’études à la Faculté libre de Théologie protestante, à Aix-en-Provence _ en 1979, il y présente son mémoire sur la pensée de René Girard : « Réflexion sur la violence, et recherche sur le bouc-émissaire«  : tiens, tiens… _ qu’il fait la connaissance de celle qui devient, le 5 juin 1977, aux Plantiers (dans le Gard), son épouse : Sylvette Bonfils _ les Bonfils y disposent d’une résidence secondaire…

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    De 1977 à 1984,

    Bernard Mounier est pasteur, dans les Cévennes, à Sainte-Croix-Vallée-française (Lozère),

    à une vallée de distance de Saint-André-de-Valborgne (Gard).

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    Jusqu’à ce que Bernard Mounier estime qu’ »il ne suffit plus d’être croyants,

    mais qu’il faut aussi devenir crédibles,

    et entrer dans un chemin de risque« …

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    C’est ainsi que le 12 juillet 1987, Bernard Mounier crée une société de production audio-visuelle : Acor Vidéo Télévision.

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    Il a en effet remarqué que dès 1929 _ cf la publication en 1928 de « Propaganda _ comment manipuler l’opinion en démocratie« , le maîtrelivre du marketing, d’Edward Bernays, le neveu (devenu américain) de Freud ; cf par exemple mon article du 25 janvier 2013 : … _, a commencé l’ère du marketing,

    pour lequel « il faut communiquer pour faire désirer et acheter« …

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    D’où sa volonté de s’engager, dès lors, dans la vie de la société telle qu’elle se transforme ;

    et adopter les langages qui vont devenir dominants,

    afin d’être un peu compris de ceux auxquels on veut s’adresser un peu plus efficacement…

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    Etc. Etc…

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    Et c’est ainsi que le 15 mars 2020

    Bernard Mounier est élu au premier tour des élections municipales aux Plantiers,

    dont il va devenir le nouveau maire,

    succédant au maire précédent, Francis Maurin.

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    La fonction publique de notre république a donc encore quelques beaux restes, bien vivants

    là même où « le désert gagne« …

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    Ce samedi 15 mai 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa