j’en suis venu à m’intéresser de bien plus près à cet excellent ensemble, et très original, qu’est Les Récréations, et à son chef le violoniste Matthieu Camilleri ;
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ce qui m’a fait assez vite retrouver dans ma discothèque personnelle le CD Raum Klang RK 3008 « Johann Gottlieb Graun – Trios » de ce même ensemble Les Récréations, un CD enregistré à Frasne-le-Château du 11 au 14 novembre 2010, et publié par Raum Klang en 2012 :
un CD rien moins qu’admirable à l’écoute et ré-écoute en boucle enchantée !
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Quelle merveilleuse musique, déjà, de Johann Gottlieb Graun (Warenbrück, 28 octobre 1703 – Berlin, 17 octobre 1771) !
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Et quelle magnifique interprétation, superlative, de ces Récréations !!!
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Le violoniste Matthieu Camilleri – natif d’Aix-en-Provence en 1981 – mérite assurément que l’on se penche un peu sur sa personnalité musicale, fondamentalement probe, teintée d’une douce pointe de mélancolie, mais surtout profondément jubilatoire…
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Voilà…
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Ce samedi 6 décembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
L’excellent pianiste David Kadouch (Nice, 7 décembre 1985) nous séduit avec son délicat et délicieux tout récent CD Mirare MIR708 « Amours interdites » _ enregistré au Théâtre Auditorium de Poitiers du 23 au 26 septembre 2023 _,
_ trois compositeurs auxquels va ma prédilection toute personnelle… _,
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David Kadouch nous fait la surprise de nous donner à découvrir aussi trois ravissantes pièces pour piano de Wanda Landowska (Varsovie, 5 janvier 1879 – Lakeville, 16 août 1959) _ je ne la savais pas, jusqu’ici, aussi compositrice…. _ :
« Nuit d’automne« , « Valse en mi mineur » _ écoutez-la ici (2′ 51) _ et « Feu follet« …
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Un programme de piano délicieusement composé _ à dominante de légères touches, récurrentes, de mélancolie : autour d’amours interdites _ et interprété à ravir _ sur un beau Steinway _ par un David Kadouch comme en état de grâce…
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A passer et repasser doucement en boucle sur sa platine les jours ou nuits un peu tièdes de nostalgie…
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Ce dimanche 2 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
Le tout nouveau CD _ un peu tristounet _ « Bei Bach zu Hause _ Sylvius Leopold Weiss in Leipzig » de Diego Cantalupi, luth, et Davide Pozzi, clavecin, le CD Cremona MVC 023/67, enregistré à Fontanella (province de Bergame) du 22 au 24 mars 2022,
m’évoque irrrésistiblement le souvenir enchanté de merveilleux enregistrements discographiques de cette sublime musique pour le luth de Sylvius Leopold Weiss.
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Et je renvoie donc ici à quelques uns de précédents articles miens,
Que Johann-Sebastian Bach ait admiré profondément le génie de Sylvius Leopold Weiss (Breslau, 12 octobre 1687 – Dresde, 15 octobre 1750) n’a donc rien de vraiment surprenant…
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… Ce mercredi 28 février 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa
La très rare délicatesse de François Couperin _ si difficile à vraiment bien « attraper » et donner… _, est idéalement saisie par Michèle Dévérité en son parfait « L’Âme en peine – Pièces pour clavecin« ,
en un CD sonamusic SONA 2305,
enregistré au mois de juin 2018 à Bra-Sur-Lienne, en Belgique…
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Cf le bel article, très juste, « Couperin selonMichèle Dévérité« , d’Olivier Vrins, le 15 octobre dernier, sur le site Crescendo :
François Couperin (1668-1733) : L’âme en peine. Pièces pour clavecin.
Michèle Dévérité, clavecin ; 2018.
Notice en anglais, français, néerlandais et allemand.
80’57’’.
Sonamusica SONA2305.
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C’est une jolie surprise que nous réserve le label belge Sonamusica avec ce florilège de pièces pour clavecin de François Couperin, réunies avec goût et transcendées _ voilà _ par Michèle Dévérité, sur un instrument historique de premier choix. Un disque auquel L’âme en peine, dernière pièce du Treizième Ordre, dans la tonalité de si mineur décrite par Marc-Antoine Charpentier comme “solitaire et mélancolique”, donne son titre. Enregistré en 2018, il nous parvient enfin, en dépit du Covid et de la disparition successive de Thierry Bardon, Robert Kohnen et Jean-Pierre Nicolas -respectivement directeur artistique du projet, ancien professeur et mari de l’interprète. De quoi conférer à ce disque attachant une touche _ sans nul doute _ d’émotion supplémentaire.
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Les aficionados d’orgue et de clavecin se souviendront sans doute de l’enregistrement entrepris par Michèle Dévérité d’une anthologie de musique italienne pour clavier du 17e siècle (chez Arion) et d’une intégrale de l’œuvre des Forqueray père et fils (chez Harmonia Mundi), encensées par la critique. Cette dernière réalisation dépeignait déjà “Les tourments de l’âme” avec pudeur et sincérité, sans emphase ni dramatisme _ voilà. “L’âme en peine” est d’une veine comparable.
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Le séduisant instrument sur lequel Michèle Dévérité a jeté son dévolu pour cet enregistrement se prête à merveille au répertoire. Il s’agit d’un clavecin anonyme construit en France aux alentours de 1650, récemment restauré. La sonorité en est d’une rondeur envoûtante dans tous les registres. Le médium est généreux, les basses, charnues. Les aigus sont chatoyants, quoique plus discrets -mais qu’importe, puisque, dans ses pièces de clavecin, Couperin aime particulièrement à s’attarder sur la moitié gauche du clavier _ la plus grave, oui.
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“Dans cet enregistrement, nous avons spécialement soigné l’accord en l’adaptant à chaque tonalité”, nous précisait, il y a peu, Michèle Dévérité.
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De fait, l’accord de l’instrument bouscule quelque peu nos habitudes d’écoute : au tempérament égal, qui s’est imposé en Occident depuis la fin de la période baroque, la protagoniste de ce disque a, en toute logique, préféré le tempérament “ordinaire”, qui prévalait encore France au 17e siècle et au début du 18e siècle. Ce tempérament, issu du tempérament mésotonique, agrandit inégalement certaines tierces et certaines quintes pour pouvoir jouer dans des tonalités éloignées. L’éloquence, l’expressivité exacerbées qui caractérisent la musique baroque sont rehaussées par ces tempéraments inégaux, à l’aide desquels les compositeurs -au premier rang desquels les clavecinistes français- érigeaient des œuvres chargées d’”affects”. Comme nous l’a judicieusement fait observer l’interprète de ce disque, qu’une pièce telle que La Convalescence soit à ce point “grinçante” n’est donc ni le fruit du hasard ni le résultat de ce que nous aurions trop vite tendance à qualifier aujourd’hui d’ “intonation défectueuse”, mais au contraire un effet recherché _ oui, en toute discrétion _ par Couperin, qui, très malade à l’époque de sa composition, se savait probablement condamné.
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Cet enregistrement, dont Les Folies françoises ou les Dominos constituent le plat de consistance, offre un condensé des plus belles pièces pour clavecin de François Couperin, sans s’astreindre à ressasser coûte que coûte les plus connues (exit, donc, Les Baricades Mistérieuses !).
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Publiées en quatre recueils entre 1713 et 1730, rassemblées par tonalités en vingt-sept suites ou “ordres”, les pages pour le clavecin du neveu de Louis Couperin sont, pour la plupart, d’une profonde mélancolie _ voilà, mais jamais larmoyante. On ne s’étonnera pas, dès lors, que l’interprète ne hâte pas le pas -pas même lorsque le compositeur l’invite à jouer “sans lenteur”. Encore fallait-il, pour faire une réussite de ce disque, faire davantage que “prendre le temps de l’expression” : traduire, par la délicatesse _ et c’est bien là le mot couperinien par excellence… _du toucher et des ornements, cette intimité, cette tendresse, cette fragilité _ oui, oui, oui _ qui sous-tend l’œuvre entier du compositeur. Et ne pas oublier que, si le clair-obscur règne en maître sur un pan non-négligeable de la production couperinienne, l’art de Couperin Le Grand est avant tout celui d’un coloriste. L’humour et la fantaisie ne faisaient d’ailleurs _ certes _ pas défaut à l’auteur du _ sublime _ Concert dans le goût théâtral, comme en témoignent Les Fastes de la grande et ancienne Mxnxstrxndxsx, petite comédie en cinq tableaux qui égaie le programme en son centre, Les Amusemens, ou encore les intitulés évocateurs de nombreuses partitions.
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“J’avouerai de bonne foi que j’aime beaucoup mieux ce qui me touche que ce qui me surprend”, confessait ce peintre des sentiments qu’était François Couperin. Ce disque ne peut que ravir ceux qui partagent sa pensée. Michèle Dévérité imprègne les trente-trois pages qui défilent sous ses doigts de grâce, rêve et nostalgie _ voilà… Le langage favori de Couperin n’est-il pas, après tout, celui qui n’affirme rien mais insinue, pour reprendre la belle expression de Philippe Beaussant ?
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Soulignons, pour finir, la clarté et le relief de la prise de son _ en effet _, ainsi que la beauté de l’objet en lui-même, serti dans une pochette à l’effigie du compositeur _ au regard introspectif _ et accompagné d’une notice quadrilingue, richement illustrée et documentée. Il n’y manque qu’une biographie de l’interprète _ très discrète elle-même.