Commandés lundi dernier à mon disquaire préféré, les deux précédents CDs de Julien Beer – parus tous deux chez Harmonia Mundi – , le CD HMM 902651 « Bach – Bartok – Julien Beer » – enregistré à Villefavard du 25 au 17 juin 1019 – et le double CD HMM 902696.97 « J. S. Bach – A Well-Tempered Conversation – Julien Beer » – enregistré à la Salle Flagey à Bruxelles au mois de juillet 21021 – , que j’avais laissés échapper à leurs parutions respectives en 2020 et 2022, sont parvenus chez mon disquaire dès hier vendredi 31 octobre ; et je me suis, bien sûr, empressé de les découvrir…
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Ce samedi 1er novembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
voici ce vendredi 31 octobre ce nouvel article de pleine reconnaissance du génie d’interprétation – ravelienne ici, mais pas seulement : écoutez donc aussi ses Mozart, avec Pierre Colombet, Maté Szücs et Eckart Runge (en le merveilleux CD Harmonia Mundi HMM 902699 « Mozart 1-2-3-4 solo-duo-trio-quartet« ) et ses sublimes (!) Beethoven en ses 3 CDs de « Sonates pour violon« , avec le violon parfait de Lorenzo Gatto, les CDs Alpha 240, 407 et 565, auxquels j’ai consacrés, à l’heure de leur parution, en 2016, 2018 et 2019, d’enthousiastes articles… – de Julien Libeer,
dont je retiens d’abord ces deux justissimes expressions : « une interprétation éblouissante de beauté et d’intelligence » et « jeu clair, souple, élégant, fluide et virtuose« ,
pour caractériser ce que vient nous donner ici Julien Libeer en ce merveilleux et vraiment génial triple CD « Ravel – Julien Libeer » pour Harmonia Mundi…
En cette année qui célèbre le 150e anniversaire de la naissance de Maurice Ravel, le pianiste Julien Libeer nous propose un florilège de compositions variées, comme une errance – contrôlée et maîtrisée, pas du tout au hasard – colorée et très poétique – et surtout justissime d’interprétation – au travers de l’œuvre – d’une extrême variété ! – du compositeur français.
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Cet enregistrement éclectique composé de trois CDs sublime toutes les contradictions – raveliennes : nulle œuvre n’en copie jamais une autre… – dans une véritable promenade musicale – choisie et admirablement composée par Julien Libeer en ces 3 CDs – au-delà du temps qui réconcilie narration et abstraction, tradition et modernité, lyrisme et ascèse au gré d’une interprétation éblouissante de beauté et d’intelligence – voilà qui est parfaitement décelé ! C’est effectivement éblouissant de justesse ravelienne…
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Le premier volet associe Vocalise-étude en forme de habanera, Jeux d’eau, Miroirs comme autant de facettes d’un jeu – ravelien – envoûtant, fluide, limpide – oui ! Les emblématiquesJeux d’eau (1902), ici superbement ciselés, servent de prétexte à une musique descriptive et pointilliste, miracle d’une évocation toute de chatoiements colorés où musique et paysage ne font qu’un – voilà !Vocalise-étude déroule ensuite ses flagrances espagnolisantes au son langoureux du violoncelle de Bruno Philippe tandis que la gracieuse et très poétique Sonatine (1905) – un bijou ! – précède – les riches et très divers – Miroirs (1905) qui affiche sa modernité harmonique dans une galerie de tableaux impressionnistes magnifiquement brossés – par exemple un magique Alborada del Gracioso….
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Le second volet s’ouvre avec les trois poèmes pour piano du Gaspard de la nuit (1909) où alternent les ruissellements d’ondine, les balancements lugubres et entêtants du gibet et les facéties de Scarbo – une interprétation d’un absolument splendide raffinement ! – pour se conclure avec la Sonate pour violon et violoncelle (1922) – une œuvre vraiment extraordinaire ! et très difficile à vraiment bien saisir en sa formidable singularité, quasi schœnberguienne… – qui surprend – et combien ! – tant par l’originalité de son instrumentarium délaissant le piano – mais oui ! – , que par ses sonorités âpres et épurées – qui avoisinent Schœnberg, oui, qu’a connu et admiré ces années là, à Vienne, Ravel… – , sa dynamique hypnotique et sa beauté mélodique – tout cela est d’une parfaite justesse d’écoute…
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Le troisième et dernier volet de ce triple album regroupe Valses nobles et sentimentales (1911), la Sonate pour violon et piano (1927) où Julien Libeer est associé à son complice – magnifique lui aussi – Lorenzo Gatto et le Tombeau de Couperin (1919) : trois œuvres intemporelles – d’éternité ! – inspirées de la danse – voilà : Julien Libeer aurait pu leur adjoindre la version pour piano seul de « La Valse« … – qui échappent au temps – qu’elles transcendent comme peut y parvenir, à son meilleur, l’Art… La première comme un hommage quelque peu décalé à la Valse, la seconde – très très belle, aussi… – comme un clin d’œil fraternel au passé – par le choix de la forme sonate… – , la troisième tournée vers le jazz – éclatant. Toutes compositions qui témoignent de l’éclectisme – variété, variété, à la Valéry… – du compositeur français, souvent à contrecourant, mais toujours au bon endroit – justissime… Valses, Blues, Forlane, Menuet et autre Rigaudon se relayent – presque péremptoires, comme pouvait l’être à l’occasion Ravel, si délicat et raffiné et chic, et si humble aussi, était-il en son tempérament complexe… – dans cette polychromie musicale au gré de l’inspiration poétique – infiniment variée – et du jeu clair, souple, élégant, fluide et virtuose – l’essentiel est ici décelé et serti – de Julien Libeer qui restitue, avec une indéniable réussite – et même génie ! – toutes les couleurs et émotions de ces pages célèbres.
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Un triple album incontournable – absolument !!! – pour tous les admirateurs du musicien de Ciboure.
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Rarement Ravel a été aussi bien saisi et révélé en toute la diversité-variété de ses très riches et subtiles expressions musicales qu’en ce triple album « Julien Libeer, Ravel comme une évidence« …
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Et s’il fallait ne retenir qu’une seule œuvre interprétée ici, je choisirais paradoxalement la « Sonate pour violon et violoncelle » – par le violon de Lorenzo Gatto et le violoncelle de Bruno Philippe – , la seule où n’intervient pas dans ce triple album le piano de Julien Libeer :
preuve suprême de l’intelligence parfaite de Ravel par celui-ci pour cet album absolument sien…
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À comparer avec l’interprétation outrée (et hélas manquée !) du violoniste Pekka Kuusisto et du violoncelliste – pourtant si souvent excellent – Nicolas Alststaedt, dans le CD « Salonen -Ravel » Alpha 627 : une interprétation hélas uniment cérébrale – et expérimentale : fatigante… – , totalement dépourvue de l’absolument indispensable merveilleuse sensualité ravelienne…
Son élégance parfaite et son chic fou…
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À suivre forcément…
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Ce vendredi 31 octobre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
voici que je découvre avec énormément de plaisir, à nouveau, le CD Supraphon SU 4369-2 de l’ensemble de chambre pour vents Belfiato Quintet (flûte, hautbois, clarinette, basson, cor français : Oto Reiprich, Jan Soucek, Jiri Javurek, Jan Hudecek et Katerina Javurkova) « Belfiato Quintet – Karel Husa« , avec le Prague Philharmonia dirigé par Emmanuel Villaume, et Matous Zuka au piano, comportant, de Karel Husa, sa « Serenade for Wind Quintet , Strings, Xylophone and Horn » (de 1963), ses « Recollections for Wind Quintet and Piano » (de 1982), et ses « Five Poems for Wind Quintet » (de 1994) – enregistré au Rudolfinum de Prague en octobre 2024 et mars et avril 2025…
Un CD pragois qui me fait me ressouvenir avec un éminent plaisir des divers séjours si féconds à Prague de Mozart, notamment à la Villa Bertramka chez ses grands amis František Xaver Dušek et son épouse la cantatrice Josefa Dusek,
ce Mozart si merveilleux dans tout son œuvre si splendide et rayonnant pour vents !!!
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Ce lundi 20 octobre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
Georg Nigl a un incomparable imparable sens de la poésie la plus intime…
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Et déjà la durée des interprétations de ces 2 Lieder a une très notable signification…
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Pénétrer et servir à ce degré de vérité et naturel l’incomparable poésie si poignante du plus intime de Schubert – et celle aussi, comme jamais jusqu’ici du moins au disque, celle des Lieder (pré-schubertiens !) de Mozart dans le merveilleux CD Alpha 1142 « Mozart’s clavichord« , avec le clavicordiste magicien lui aussi qu’est Alexander Gergelyfi… – tient du miracle…
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Ces magiques CDs de Lieder – comment avais-je pu ne pas les repérer à leur sortie ??! – constituent ainsi de somptueux cadeaux musicaux !!!
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Ce vendredi 12 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa