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  • Du sublime dans la musique baroque française : le merveilleux « vivier » Marc-Antoine Charpentier…

    Coup de cœur pour un nouveau merveilleux CD Marc-Antoine Charpentier :

    après le CD Alpha 138 « Motets pour le Grand Dauphin » de l’Ensemble « Pierre-Robert » dirigé par Frédéric Désenclos (cf mon article du 2 février 2009 : « Le “sublime” de Marc-Antoine Charpentier + la question du “déni à la musique”, en France » ;

    une impressionnante (de justesse musicale) version de la « Missa assumpta est Maria » (H. 11), par le Concert Spirituel que dirige Hervé Niquet (CD Glossa GCD 921617)…

    …

    « La « Missa assumpta est Maria«  (H. 11 _ au catalogue Hitchcock de l’œuvre de Charpentier) peut être considérée comme la plus extraordinaire des onze messes de Marc-Antoine Charpentier (1643-1704), mais aussi comme un chef-d’œuvre dans l’œuvre religieuse du compositeur. C’est la dernière des messes écrites par ce musicien dans les années 1698-1702, la première datant des années 1670. » (…) Elle « illustre le style de la maturité de Charpentier et résume toutes les qualités du plus génial _ à côté des Couperin, Louis (c. 1626-1661) et François (1668-1733) et Rameau (1683-1764), probablement, et pour ce moment « baroque » _ des compositeurs français : équilibre parfait entre intimité des voix et brillance chorale, richesse du langage harmonique et habileté du contrepoint ; et enfin un sens inouï des effets selon une conception typiquement française du sublime« , indique fort justement l’introduction de la notice dans le livret du CD, sous la plume de Fannie Vernaz (page 15) ; nous reportant à un article de Thierry Favier, « Lalande et le sublime : doctrines rhétoriques et tradition oratoire dans ses premiers grands motets« , in « Lalande et ses contemporains » (aux Éditions des Abesses, à Paris, en 2008, pages 119-141)…

    …

    Selon Catherine Cessac, en son indispensable « Marc-Antoine Charpentier« , aux Éditions Fayard (seconde édition _ remaniée en août 2004), l’œuvre fut probablement donnée pour la première fois le 15 août 1702 à la Sainte-Chapelle, « un des foyers musicaux les plus actifs de la capitale » (page 16) ; où Marc-Antoine Charpentier a été nommé en 1698 « maître de musique des enfants de la Sainte-Chapelle du Palais« … La « grande version » de cette « Missa«  (H. 11) « requiert des effectifs imposants qui (de toutes façons) laissent supposer qu’elle ait été donnée au moins une fois dans le cadre d’une cérémonie exceptionnelle.« 

    …

    Et dans cette version que propose ici au disque Hervé Niquet, « on entendra _ ainsi que cela se pratiquait « au quotidien«  alors, si je puis dire, en son extrême variabilité… _ , outre les cinq parties ordinaires de la messe telles que Charpentier les a écrites _ en sa très précieuse (non détruite, non volée) « partition manuscrite et autographe » cataloguée H. 11 : « Kyrie« , « Gloria« , « Credo« , « Sanctus » & « Agnus Dei » (ainsi qu’un « Benedictus pour l’orgue« … _ plusieurs autres éléments provenant d’œuvres plus anciennes de Charpentier ou bien _ aussi _ des improvisations«  _ nécessaires, exigées par la partition même, ainsi que nous allons le constater ! (page 17) : ainsi, avant le « Christe« , « l’orgue joue(-t-il) ici un couplet« «  ; et « de même, après le « Christe », Charpentier indique « Icy l’on rejoue la simphonie de devant le Kyrie puis l’on reprend le Kyrie »…

    …

    « A la fin du « Gloria », nous entendrons une pièce pour voix de basse a cappella « Pour plusieurs martyrs, motet à voix seule sans accompagnement, Sancti Dei per fidem vicerunt regna » (H. 361) de Charpentier, qui date du début des années 1690. Cette liberté prise par Hervé Niquet d’ajouter ici ce motet permet _ très judicieusement, remarque la livrettiste, page 17 _ un contraste total avec la fin du « Gloria » et une certaine méditation avant le « Credo », même si aucune indication dans la partition ne mentionne ici l’ajout d’une pièce«  _ et l’auditeur ne peut que s’en réjouir, tant l’effet est splendide et sans rien de forcé ou artificiel, page 18.

    …
    « A la fin du « Credo », Charpentier indique la présence d’une offertoire

    _ sans davantage de précision notée : c’est une sorte de « pense-bête » pour lui-même ; d’avoir à choisir, sur le moment, entre diverses pièces également possibles, et à cette fin bien précise, entre ses partitions (fort bien classées ;

    …

    cf, sur ce point de la méticulosité de Marc-Antoine Charpentier,

    ce qu’en mentionne mon propre livret pour le CD « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine« , par la Simphonie du Marais, dirigée par Hugo Reyne, en 1996 : CD EMI 7243 S  45229 2 5… :

    …

    le programme (de ce CD EMI, en 1995-96),

    construit autour de l’amitié (si importante pour La Fontaine : dont l’œuvre commence, en 1647, par une « chanson » à l’ami Maucroix, et se clôt, le 10 février 1695, par une « lettre » à ce même ami Maucroix ! cf ici le second volume des « Œuvres complètes » de Jean de La Fontaine, « Œuvres diverses », par Pierre Clarac, en 1958),

    avait pour acmé l’œuvre quasi inconnue (et retrouvée par Hugo Reyne et moi-même) de Jean de La Fontaine, pour le livret, et Marc-Antoine Charpentier : le « petit opéra » « Les Amours d’Acis et Galatée », représentée à Paris, chez Monsieur de Rians, pour « carnaval », en février 1678…

    …
    Or, Hugo Reyne et moi-même n’avons pu

    _ cf la note de Catherine Cessac à ce propos à la page 138 de son « Marc-Antoine Charpentier » en l’édition de 2004 _

    reconstituer ce « petit opéra » qu’à partir de plusieurs pièces (instrumentales aussi bien que chantées) réutilisées pour d’autres œuvres par Marc-Antoine Charpentier (dont une reprise, le 17 octobre 1679, de sa pièce à succès « L’Inconnu »),

    une partie des manuscrits très bien classés et conservés de Marc-Antoine Charpentier, et légués, plus tard, par son neveu à la Bibliothèque du Roi _ dont le volume de l’année 1678 ! mais pas celui de l’année 1679 ! _ ayant été volée à la Bibliothèque Nationale au cours du XIXème siècle…

    …

    Fin de l’incise sur la méticulosité de Marc-Antoine Charpentier ; et retour à la nécessité d’ »une offertoire » :

    « A la fin du « Credo », Charpentier indique la présence d’une offertoire » _

    …

    ce qu’Hervé Niquet ajoute effectivement en introduisant les symphonies « Pour un reposoir » (H. 508) de Charpentier, pièces instrumentales pour orchestre à cinq parties écrites au début des années 1670 pour les processions de la fête du Saint-Sacrement. On pourra y entendre, entre autres, une « Ouverture » à la française, ainsi qu’une « Allemande grave », témoignant _ commente Fannie Vernaz, page 18 _ d‘un réel talent du compositeur » aussi (oui !!!) en « sa musique instrumentale« …

    …
    « Après le « Sanctus », on peut lire l’indication _ de la main de Marc-Antoine Charpentier _ « Icy on chante une Elévation courte S’il y a le temps » ; suivie de cette autre indication « Benedictus pour l’Orgue ». Hervé Niquet insère donc ici le motet « O Salutaris » (H. 262) pour un dessus vocal, deux hautbois et basse continue, pièce écrite par Charpentier au début des années 1690. Ce type d’œuvres de courte durée était le plus souvent destiné à la messe pour apporter un climat particulier _ ad hoc… la musique était d’abord fonctionnelle ! ce qui est loin d’interdire la beauté ! ou le sublime ! bien an contraire : tout se faisait selon le feu sacré... _ au cours de l’office _ de la sainte messe _ entre le « Sanctus » et le « Benedictus », au moment de la levée de l’hostie » _ et, donc, du rappel du mystère (sacré) de la transsubstantiation du Corps et du Sang du Seigneur Jésus-Christ…

    …

    « C’est ici _ souligne Fannie Vernaz, page 18 _ un moment _ musicalement _ très sensuel _ par sa douceur (et son élévation) _ où la voix de dessus, associée à la sonorité douce et plaintive _ à quel degré de calme ! _ des hautbois, exprime une _ très _ tendre ferveur. » Et « une pièce d’orgue improvisée succède aussitôt à cette élévation, comme il est expressément demandé par Charpentier. »

    …

    « Après le « Domine salvum fac regem »,

    Charpentier indique « Passez au motet de sortie » ; mais malheureusement le manuscrit autographe ne présente que les portées vides d’un prélude à deux temps et à quatre parties instrumentales (dessus, haute-contre, taille et basse), sans armure » _ indique Fannie Vernaz page 18… Aussi « Hervé Niquet a(-t-il) choisi de donner un second « Domine salvum fac regem » (H. 291) de Charpentier, datant des années 1680. Ce motet est écrit pour deux chœurs à quatre voix (dessus, hautes-contre, tailles et basses) accompagnés d’un orchestre à quatre parties et basse continue, dans le même ton de ré mineur que celui du premier « Domine salvum » ; et dans un style très élégant, tout en retenue, et caractérisé par des rythmes pointés dans le plus pur style du baroque français » _ le résultat de cet enregistrement est, d’un bout à l’autre, je tiens à le souligner, magnifique d’évidence !

    …

    Je peux aussi reproduire le commentaire conclusif que donne Fannie Vernaz,

    tant je partage cette « appréciation » de sa part :

    …

    « En plus _ en effet : c’est tout à fait intéressant quant à la « fabrique » (aussi improvisée pour la particularité, chaque fois, des circonstances ; ainsi qu’en fonction des moyens du bord !..) _ du travail approfondi sur la résolution des nombreux mystères de cette messe _ de Charpentier _,

    l‘interprétation qu’en font Hervé Niquet et le Concert Spirituel met en valeur un choix de couleurs instrumentales et vocales étonnamment variées, avec une palette sonore très colorée, riche d’effets ; et par conséquent particulièrement émouvante«  _ oui !

    …

    Le choix de l’effectif proposé y contribue largement : treize musiciens, dont un continuo de quatre instrumentistes, offre un bel équilibre avec les parties solistes _ 5 chanteurs : 2 dessus, une haute-contre, une taille, une basse _  et chorales (onze choristes). Selon les différents dispositifs vocaux et instrumentaux _ en permanence variés ! contrastés _, cet ensemble permet de faire ressortir _ à ressentir _ toutes les nuances du texte _ c’est capital ! et dans le style français absolument nécessaire !!! _ et l’expression des émotions aussi ardentes que profondes _ rien à ajouter, ni retrancher ! Le Baroque est un dispositif de signification via le ressenti des affects en leurs figures…

    …

    Cette interprétation, ajoutée à la gravité solennelle _ certes ! il s’agit essentiellement là d’une fête de la foi !.. _ de cette œuvre majestueuse _ en effet ! sous le règne de Louis le Grand ! _ est aussi un bel hommage au compositeur dont la musique a su imposer un style particulier dans l’histoire musicale européenne _ à la jointure des styles français et italien : car c’est à Rome que Marc-Antoine Charpentier fut d’abord formé à la musique par Giacomo Carissimi… _ ; et a permis de révéler l’un des plus grands maîtres de la musique française » _ conclut fort justement Fannie Vernaz sa notice du livret de ce CD, page 19…

    …

    Une musique _ de Marc-Antoine Charpentier _ et une interprétation _ du Concert Spirituel et Hervé Niquet _ splendides,

    qui  rendent merveilleusement le « sublime« 

    de Marc-Antoine Charpentier

    en ce très beau CD Glossa de la « Missa assumpta est Maria » (H. 11)…

    …
    Titus Curiosus, ce 18 avril 2009

  • Le charme intense de la musique de style français (suite) : avec des oeuvres de Marc-Antoine Charpentier et Georg-Philip Telemann

    Après les CDs François Couperin

    (« Pièces de clavecin des livres I & II » de François Couperin, par Frédérick Haas : CD Alpha 136)

    & Rameau

    (« Pièces de clavecin » de Rameau, par Céline Frisch : CD Alpha 134)

    _ cf mon article du 7 novembre 2008 « Retour aux fondamentaux en musique : percevoir l’oeuvre du temps aussi dans l’oeuvrer de l’artiste« ;

    …

    les CDs Ravel

    ( » Ravel : Trio _ Sonate pour violon & violoncelle _ Sonate pour violon & piano » par le Trio Dali / CD Fuga Libera FUG 547)

    & Dall’Abaco

    (« Concerti à piu Istrumenti _ Opera Sesta » d’Evaristo Felice Dall’Abaco, par « Il Tempio Armonico« , Orchestra Barocca di Verona, dirigé par Alberto Rasi : double CD Stradivarius STR 33791)

    _ cf mon article du 26 décembre 2008 « Un bouquet festif de musiques : de Ravel, Dall’Abaco, etc… » ;

    …

    le CD Rameau

    (« Rameau _ La Pantomime » : œuvres de Jean-Philippe Rameau, par Skip Sempé (et avec Olivier Fortin pour les pièces interprétées à deux clavecins) : CD Paradizo PA005

    _ cf mon article du 2 janvier 2009 « Interpréter _ magnifiquement _ la musique : Rameau (par Skip Sempé), Bach (par Bernard Foccroule) » ;

    …

    le CD Leclair

    (« Sonatas » : extraites du « Troisième Livre » de Jean-Marie Leclair, par John Holloway, Jaap ter Linden et Lars Ulrik Mortensen) : CD ECM 2009 n° 476 6280

    _ cf mon article du 12 janvier 2009 « une merveilleuse “entrée” à la musique de goût français : un CD de “Sonates” de Jean-Marie Leclair, avec le violon de John Holloway » ;

    …

    et le CD Debussy

    (« Debussy/Nelson Freire« , par Nelson Freire) : CD Decca 478 1111

    _ cf mon article du 16 janvier « de la dimension de profondeur _ et avec intensité ! _ dans la musique française ; et son interprétation : le magnifique exemple Claude Debussy / Nelson Freire » ;

    …

    voici deux nouvelles merveilles d’interprétation de musique française

    _ pour le cas du CD consacré à des « Motets » de Marc-Antoine Charpentier _ ;

    et de « style français »

    _ pour le cas du CD consacré à des « Ouvertures » et des « Concerti » de Georg-Philip Telemann _ :

    …

    les CDs

    « Motets pour le Grand Dauphin » de Marc-Antoine Charpentier, par l’Ensemble Pierre-Robert et Frédéric Desenclos : CD Alpha 138 ;

    …

    et « Les Trésors cachés » de Georg-Philip Telemann, par l’Ensemble Arion, orchestre baroque, placé sous la direction du chef invité Jaap ter Linden : CD EMCCD-7766…

    …

    Le programme de (six) « Motets pour le Grand Dauphin« 

    _ le fils unique (seul légitime : Fontainebleau, 1er novembre 1661 – Meudon, 14 avril 1711) du roi Louis XIV (Saint-Germain-en-Laye, 5 septembre 1638 – Versailles, 1er septembre 1715) et de la reine Marie-Thérèse (Madrid, 10 septembre 1638 – Versailles, 30 juillet 1683) _

    de Marc-Antoine Charpentier (Paris, 1643 – Paris, 24 février 1704) : « Precation pro filio Regis » _ Hitchcock 166 _ ; « Solo vivebat in antris » _ H. 373 _ ; « Supplication pro defunctis » _ H. 328 _ ; « Quemadmodum desiderat cervus » _ H. 174 _ ; « O Salutaris hostia » _ H. 248 _ ; et « Gratiarum actiones pro restitua delphini salute » _ H. 326 _ ;

    …

    entrecoupés de quatre pièces d’orgue : « Fugue sur les anches » ; « Fond d’orgue » ; « Tierce en taille » ; et « Fugue » de Louis Marchand (Lyon, 2 février 1669 – Paris 17 février 1732), interprétées sur l’orgue Le Picard / Thomas de la basilique de Tongres par Frédéric Desenclos ;

    …

    et, pour les « Motets » : Thomas Leconte & Ruth Unger, flûtes ; Michelle Tellier, basse de flûte ; Stephan Dudermel & Yannis Roger, violons ; Florence Bolton, basse de viole ; Alexandre Salles, basson ; Benjamin Perrot, théorbe ; et Frédéric Désenclos, à l’orgue Le Picard / Thomas de la basilique de Tongres (Belgique) ; & à la direction de l’Ensemble Pierre-Robert…

    …

    est,

    ainsi que son interprétation d’une extrême délicatesse,

    d’une tendresse à fondre…

    …

    Le ton de Marc-Antoine Charpentier est reconnaissable entre tous…

    …

    Pour s’en faire une (petite) idée,

    je recommande aussi l’écoute d’un précédent _ proprement sublime ! _ CD de l’Ensemble Pierre-Robert et Frédéric Désenclos : le CD « Méditations pour le carême » (CD Alpha 091) :

    …

    on comparera notamment les voix des chanteurs : Marcel Beekman, haute contre , Robert Getchell, taille & Robbert Muuse, basse taille, pour les « Méditations » (CD 091) ; et Anne Magouët, dessus, Sarah Breton, bas-dessus & Edwin Crossley-Mercer, basse, pour les « Motets » (CD 138) ; dont je n’ai pas encore parlé…

    …

    Ainsi que, dans un tout autre genre (non religieux, cette fois), la réédition de divers airs, d’une grande variété de registres,

    _ « Airs sérieux » :

    « Rendez-moi mes plaisirs » _ H. 463 _ ; les trois premières « Stances du Cid » _ H. 457, 458 & 459 _ ; « Tristes déserts » _ H. 469 _ ; « Ah qu’on est malheureux » _ H. 443 _ ; « Amour, vous avez beau redoubler mes alarmes » _ H. 445 _ ; « Auprès du feu on fait l’amour » _ H. 446 _ et « Le bavolet » _ H. 499a _ ;

    ainsi que la « cantate française »  » Orphée descendant aux enfers«  _ H. 471 _ ; enregistrés en 1987

    par l’unique Henri Ledroit (1946 – 1988) :

    …

    en un irremplaçable (!!) CD « Marc-Antoine Charpentier Rendez-moi mes plaisirs » (CD Ricercar 278)…

    …

    comportant aussi des pièces chantées de Franz Tunder ( 1614-1667), Leopold I (1640-1705), Claudio Monteverdi (1567-1643) & Alessandro Grandi (?-1630) ; enregistrées, elles, en 1981 et 1985…

    …

    Sur la vie et l’œuvre de Marc-Antoine Charpentier,

    on lira avec grand profit, le très beau (et passionnant) travail _ en une seconde édition (révisée, d’août 2004 ; la première était en 1988) _ de Catherine Cessac : « Marc-Antoine Charpentier« , aux Éditions Fayard…

    …

    En un autre siècle,

    et en un autre volet témoignant du rayonnement du style français (louis-quatorzien) par toute l’Europe des Lumières _ quand « L’Europe parlait français » (cf le merveilleux livre de Marc Fumaroli, aux Éditions de Fallois, en octobre 2001 ; et Le Livre de Poche, en 2003)… _,

    la rare réussite, formidablement jubilatoire (!),

    d’ »Ouvertures«  _ TWV 55 : D4 (dont, outre la diversité des danses coutumières de telles « suites » françaises : « menuets, passepieds, loure, canaries, chacconne, bourrée« , on peut relever, pour les pièces « à titre » : un « Furies. très viste« ) ; TWV 55 : e8 (dont une « Pastorelle. Modéré » ; « Les Jeux. Vite » ; « Les Magiciens. Gravement-Fort vite » ) ; & TWV 55 : Es 1 (dont un « La Douceur » ; « Les Coureurs » ; « Les Gladiateurs » ; « Les Querelleurs » : ces indications nous révélant le génie télemannien de la singularité dans le détail raffiné de son extrême variété… _

    & « Concerti«  _ TWV 53 : C1 (« alla francese » ! « cette œuvre hybride a un fort accent français : son recours aux solos pour bois est redevable à Lully et à ses disciples, tandis qu’on perçoit nettement l’influence de la musique de danse française ; témoignent également de cette influence les indications de mode. Les parties provenant de Darmstadt (copiées vers 1726-1730, un peu après la date de leur composition) ont pour titre « Concerto alla francese » ; elles appartiennent au sous-genre de ces concertos « au parfum français », commez l’affirme fièrement Telemann dans son autobiographie de 1718« ) ; & TWV 53 : G2 (avec « la partie solo de Telemann originellement pour hautbois » _ instrument éminemment français !..)  _ ;

    comme on les entend rarement sonner ainsi, de Georg-Philip Telemann (Magdebourg, 14 mars 1681 – Hambourg, 25 juin 1767) ;

    …

    dans la diversité, chatoyante et subtile, de la palette raffinée et « simple », tout à la fois, du goût français…

    du CD « Telemann Les trésors cachés » d’Arion _ sous la direction de Jaap ter Linden _ : CD EMCCD-7766…

    …
    Bref, un régal rare ; et d’une joie jubilatoire, je ne saurais mieux dire !

    …
    Un grand disque ; dont il serait bien dommage (et tristounet) qu’il passe inaperçu ;

    quand il peut rendre le si grand service d’illuminer _ comme royalement… _ vos journées…

    …

    Sur la vie et l’œuvre de ce musicien généreux qu’est Georg-Philip Telemann,

    lire « Georg Philipp Telemann ou le célèbre inconnu » de Gilles Cantagrel (paru aux Éditions Papillon, en mars 2003)…

    …

    Titus Curiosus, ce 27 janvier 2009

  • Un bouquet de « glamour » musical _ et autres _ pour « temps de crise »…

    Pour passer en douceur le week-end

     et/ou supporter les anxiétés/angoisses de ce « tournant » de « crise » (autre que musicale) : celle des « valeurs »

    _ et pas seulement rien que (et même loin de là) boursières !!! _,

    un « bouquet » de musiques (en CDs) autour de ce « glamour » qui nous fait « fondre » de plaisir, en une explosive douceur « fantastique » _ au sens de « phantasie » (= « fantaisie »), qui « pousse » un peu plus loin la douceur qu’un bonbon, une liqueur, une confiture, une caresse :

    …

    1) « Debussy/Poulenc« , un récital d’œuvres pour violoncelle et piano, par Jean-Guilhen Queyras & Alexandre Tharaud (CD HMC 902012 Harmonia Mundi) ;

    2) « Un Frisson français _ A century of French song« , un récital de mélodies françaises _ de Bizet et Gounod à Poulenc, en passant par Chausson, Duparc, Hahn, Debussy et Ravel _, par Susan Graham (CD Onyx 4030) ;

    3) les « Quatuors à cordes » _ « String Quartet in E minor » _ de Gabriel Fauré et _ « String Quartet in D Major«  _ de César Franck,  par le Dante Quartet (CD Hyperion CDA 67664) ;

    4) le « Troisième Livre de Sonates à violon seul avec la basse continue » de Jean-Baptiste Senaillé, par l’Ensemble Baroques-Graffiti (CD Acte Préalable APO 115 ) ;

    5) un récital de « Lieder » de Franz Schubert par Bernarda Fink et Gerold Huber, au piano (CD Harmonia Mundi HMC 901991) ;

    6) un autre récital de lieder de Schubert : « An mein Herz _ lieder, volume 2 » par Matthias Goerne

    accompagné au piano par Helmut Deutsch et par Éric Schneider : un double album Harmonia Mundi, dit « Schubert Édition 2« , HMC 902004.05 ;

    7) un récital de mélodies tchèques et moraves de Magdalena Kožená, intitulé « Songs my mother taught me« , accompagné au piano par Malcom Martineau (CD Deutsche Grammophon 477 6665) ;

    8) les deux « Quatuors à cordes » de Leoš Janáček, par le Quatuor Diotima (CD Alpha 133) ;

    9) un oratorio « baroque » de Giovanni Battista Bononcini « San Nicola di Bari« , par « Les Muffati » (direction Peter Van Heygen) et les chanteurs Lavinia Bertotti, Elena Cecchi Fedi, Gabriella Martellacci et Furio Zanasi (CD Ramée Ram 0806) ;

    10) un récital Traincha, avec le Metropole Orchestra (dirigé par Vince Mendoza) intitulé « Who’ll speak for love«  et sous-titré « Burt Bacharach Songbook II« , chez « Blue Note » (CD Music from EMI n° 50999 5205512 6).

    …

    …

    Ce (riche) bouquet (musical) tournera autour d’un bien bel échantillon de musique française

    autour

    d’un récital _ de violoncelle et piano _ Debussy-Poulenc, de pièces élues par deux (très) talentueux interprètes, que sont Jean-Guilhen Queyras & Alexandre Tharaud, « autour » de deux sonates pour violoncelle et piano  de ces deux compositeurs (la n°1, en ré mineur, de Claude Debussy (1862-1918), composée en 1915 ; et l’unique de Francis Poulenc (1899-1963), « esquissée en 1940 et terminée en 1948 à la demande de son dédicataire et créateur (aux côtés de Poulenc), Pierre Fournier« , précise le livret du CD, page 6) : un CD « Debussy /Poulenc » par Queyras & Tharaud (CD HMC 902012 Harmonia Mundi) ;

    …

    un récital de toute beauté (« simple » :

    à la François Couperin :

    « en 1908, Debussy prend connaissance des « Goûts réunis » de Couperin, édités par Paul Dukas, et travaille lui-même à l’édition d’un opéra de Rameau, « Les Fêtes de Polymnie« , dans le cadre de la publication des « Œuvres complètes » du maître _ Jean-Philippe Rameau _ sous la direction de Saint-Saëns« ,

    indique, page 4, Anne Roubet, sur le livret du CD ;

    …

    qui ajoute :

    « L’influence durable de ce travail se fait tout particulièrement sentir dans la « Sonate pour violoncelle et piano« , composée en 1915« .

    …

    Mais, « dès 1904 _ poursuit la librettiste, Anne Roubet _, Debussy s’exclamait :

    …

    « La musique française (…), c’est la clarté, l’élégance, la déclamation simple et naturelle (…). Couperin, Rameau, voilà de vrais français !« .

    …

    Et aussi :

    « Pourquoi ne pas regretter cette façon charmante d’écrire la musique

    que nous avons perdue,

    aussi bien

    qu’il est impossible de retrouver la trace de Couperin ?

    …

    Elle évitait toute redondance

    et avait de l’esprit ;

    …

    nous n’osons presque plus avoir de l’esprit,

    craignant de manquer de grandeur,

    ce à quoi nous nous essouflons

    sans y réussir

    bien souvent »

    _ écrivait magnifiquement Claude Debussy.

    …

    …

    Et encore, toujours Debussy :

    « Nous avons besoin de méditer l’exemple que nous proposent certaines petites pièces de clavecin de Couperin ;

    elles sont d’adorables modèles

    d’une grâce et d’un naturel

    que nous ne connaissons plus.

    …

    Rien ne peut faire oublier le parfum

    sournoisement voluptueux _ qui ne s’en délectera ? _

    la fine perversité inavouée _ et d’autant délectables _

    qui rôdent innocemment _ mais oui, parfaitement ! _

    autour des « Barricades mystérieuses« 

    _ de François Couperin,

    dit « le grand« , afin de le distinguer (un peu) de son oncle Louis (ca 1626-1661),

    plus « grand » encore (!!!), lui,

    si cela se peut…

    …

    Quant à Poulenc,

    c’est quasi devenu un lieu commun, dirai-je,

    que son exquis goût

    pour « l’exquise mauvaise musique« 

    _ « dans une écriture du plus grand raffinement« ,

    précise Anne Roubet, page 7 du livret.

    …

    D’où cette conclusion d’Anne Roubet, page 8 du livret :

    « La tendance _ de Poulenc comme de Debussy _ à passer sans crier gare

    _ à la française,

    ou d’un François Couperin _

    …

    la tendance à passer sans crier gare _ donc _ de l’humour et de la distance

    au sérieux et à « la chair nue de l’émotion »,

    selon les propres mots de Debussy

    _ quelle forte, belle, et, plus encore, « juste » expression du maître ! _

    …

    est sans doute ce qui manifeste le mieux dans le programme présenté ici

    _ par nos deux joyeux et sérieux, tout à la fois, « lascars »

    et « lurons » : Jean-Guilhen Queyras et AlexandreTharaud _,

    …

    ce qui manifeste le mieux (…)

     la fraternité _ magnifique _ entre Debussy et Poulenc«  ;

    …

    ainsi que

    leur « glamour » profond…

    me permettai-je d’ajouter

    à ce beau commentaire de la performance de ce récital, au disque…

    …

    Ce (riche) bouquet (musical) tournera autour d’un bien bel échantillon de musique française

    autour, ensuite

    _ après ce merveilleux CD « Debussy/Poulenc » par Queyras & Tharaud _,

    …

    d’un florilège de mélodies françaises « Un Frisson français _ A century of French song« 

    _ de Bizet et Gounod à Poulenc, en passant par Chausson, Duparc, Hahn, Debussy et Ravel, ai-je annoncé _,

    « ravissamment » interprétées

    _ le choix du mot « frisson » (pour le titre de ce CD-« récital ») est on ne peut plus juste :

    …

    …

    qu’on écoute, par exemple, cette version-ci (à se pâmer !..), de « A Chloris » de Reynaldo Hahn, sur un poème de Théophile de Viau :

    un pur « ravissement », vous dis-je… _

    …

    par l’on ne peut plus délicieuse mezzo Susan Graham

    _ de la « Chanson d’avril » de Georges Bizet (1838-1875),

    ou de « Au rossignol » de Charles Gounod (1818-1893 :

    …

    « d’après Maurice Ravel, qui n’est pas l’une des moindres autorités _ en pareille « matière _, « le véritable instaurateur de la mélodie en France a été Charles Gounod ».

    D’autres auraient plutôt attribué le rôle à Berlioz, mais Bizet aurait certainement été de l’avis de Ravel : lui-même _ Bizet _ disait à Gounod, vieil ami et mentor, qu’il _ lui, Gounod _ était le commencement de sa vie d’artiste,

    qu’il _ lui, Bizet _ jaillissait de lui _ de lui, Gounod _ ;

    _ sentiment joliment illustré dans sa « Chanson d’avril« , qui semble dériver de la « Chanson de printemps« « ,

    indique, et commente, à propos de cette « filiation mélodique » à Gounod,

    Gerald Larner, en sa présentation du programme, à la page 10 du livret)

    …

    jusqu’à « La Dame de Monte-Carlo« , de Francis Poulenc (1899-1963, donc), sur un texte de Jean Cocteau, en 1961… _,

    en un CD Onyx 4030 ;

    …

    et autour de

    _ troisième « pièce de base » de ce « bouquet de musique » « glamour » _

    autour des Quatuors à cordes,

    créés,

    celui de César Franck (1822 – 8 novembre 1890), le 19 avril 1990, à la salle Pleyel _ à Paris _,

    et, celui de Gabriel Fauré (1845 – 4 novembre 1924), en mi mineur, opus 121, créé (posthume) à la salle du Conservatoire, le 12 juin 1925 :

    ici, les « String Quartet in E minor de Gabriel Fauré et String Quartet in D Major de César Franck« , interprétés tant avec la flamme d’une ferveur ardente, qu’avec la plus parfaite justesse _ et finesse de nuances _ de sensibilité par le Dante Quartet

    (CD Hyperion CDA 67664),

    soient Krysia Osostowicz et Giles Francis, violons, Judith Busbridge, alto, et Bernard Gregor-Smith, violoncelle :

    …

    un moment de musique assurément très « fort »

    en sa sublime délicatesse,

    et un disque promis à marquer durablement la discographie

    de tels chefs d’œuvre majeurs

    de la musique française…

    …

    Autour de ce « buisson » de musique française riche de « glamour »

    parfaitement dosé

    _ tant pour les œuvres que pour les interprétations qui, en ces CDs-ci, parfaitement les « servent » _,

    je disposerai

    _ en « rhizome » ? l’image convient-elle à un « bouquet » ?.. _,

    d’abord,

    le « Troisième Livre de Sonates à violon seul avec la basse continue » de Jean-Baptiste Senaillé « le fils » (1687-90 – 1730), par l’Ensemble Baroques-Graffiti,

    constitué en l’occurrence du violon de Jaroslaw Adamus,

    du clavecin de Jean-Paul Serra,

    et du violoncelle de Frédéric Audibert, pour la « basse continue » :

    un très joli précoce répertoire des toutes premières sonates pour violon françaises,

    parues à Paris en 1716, pour ce troisième livre (en ce CD Acte Préalable APO 115)

    _ celles du premier livre de Senaillé : « Recueil de plusieurs Sonates françaises avec la basse continue » parurent en 1710, à Paris :

    et un CD d’extraits de ces sonates fut _ très joliment aussi, déjà _ donné au disque en 2004 par Odile Edouard, au violon, Freddy Eichelberger, au clavecin, et Emmanuel Jacques, au violoncelle, en un CD K617 : « Premier Livre de Sonates à violon seul avec la Basse Continue, composées par M. Senaillé le fils« ,  CD K61764 _ ;

    suivi encore par deux autres « livres » de telles « Sonates à violon seul avec la basse continue » :

    en 1722, un nouveau « Recueil de plusieurs Sonates françoises avec la basse continue et autres pièces de symphonies à deux et trois parties » ;

    et jusqu’en 1627, pour un cinquième,

    pour ce compositeur parisien qui mourut « le 15 octobre 1730, à Paris, rue du Petit Pont« , et fut « enterré à Saint-Séverin » _ indique la page 6 du livret K617…

    Cette musique pétille de vie…

    …

    Puis,

    pour compléter,

    mais hors « musique française », cette fois,

    ce « bouquet » de « glamour » musical,

    …

    je placerai _ en « faire-valoir » de luxe (!!!), en quelque sorte _ les délices offertes

    par les deux _ proprement merveilleux, tous les deux ! _ récitals de mélodies (ou lieder) de Schubert (1797-1828) :

    …

    d’une part, d’un côté du « bouquet »,

    les « Lieder » par Bernarda Fink (et Gerold Huber, au piano) _ un somptueux de musicalité tendre et sobre (toute de « probité »)  _ CD Harmonia Mundi HMC 901991 ;

    …

    et d’autre part, de l’autre côté du bouquet,

    le double récital « An mein Herz _ lieder, volume 2« 

    par les tout aussi somptueux de musicalité tendre et sobre (toute de « probité »), mais oui ! (que l’unique Bernarda Fink, et son accompagnateur, Gerold Huber) , Matthias Goerne

    et Helmut Deutsch, pour un premier Cd,

    et Eric Schneider, pour un second :

    double album Harmonia Mundi, dit « Schubert Edition 2« , HMC 902004.05 ;

    …

    des interprétations, l’une et l’autre,

    par la mezzo, comme par le baryton,

    comme on en rêve (pour quelque « île déserte » fantasmée…) :

    la chose même tout « simplement » « donnée » là,

    en quelque sorte,

    …

    dans l’amitié que « purent » être,

    dans la grâce de leur « meilleur »,

    les « schubertiades« ,

    se laisse-t-on à « imaginer »…

    …

    Et encore,

    en ce « florilège »,

    dans l’ordre toujours du « récital de mélodies »,

    et un peu en profondeur, sur le « plan » du « bouquet » (de musique),

    …

    le très émouvant _ et tout de « simplicité », lui aussi _ récital de mélodies tchèques et moraves

    _ l’interprète, mezzo-soprano encore, est elle-même née à Brno, en Moravie

    (où Janáček a vécu, et « la ville a un lien si fort avec sa personne qu’on sent sa présence« , confie Magdalena Kožená, page 16 du livret) _

    de Magdalena Kožená,

    intitulé « Songs my mother taught me« 

    _ d’après la mélodie « Když mne stara matka » d’Antonín Dvořák (1841-1904) : superbe de tendresse !.. _ :

    soient des mélodies de Leoš Janáček (1854-1928), Antonín Dvořák, Erwin Schulhoff (1894-1942 _ au « camp » de  Teresienstadt), Petr Eben (1929-2007), Jan Josef Rösler (1771-1813), Vítězslav Novák (1870-1949) et Bohuslav Martinů (1890-1959) ; et tout cela, à partir d’une mélodie traditionnelle : « Kebych bola jahodú » _ « Si j’étais un fraisier » _ afin d’entr’ouvrir la porte (et la voix) aux souvenirs…

    accompagnée au piano par Malcom Martineau,

    en un CD Deutsche Grammophon 477 6665.

    …

    Puis,

    en _ poignant _ contrepoint, cette fois,

    à ces mélodies moraves _ et silésiennes, aussi _,

    …

    de l’unique _ toujours ! en son génie à mille lieues d’un autre approchant… _ (et morave) Leoš Janáček (Hukvaldy, 1854 – Ostrava, 1928),

    une très puissante fervente interprétation des deux « Quatuors à cordes » du même Leoš Janáček, par le Quatuor Diotima

    _ qui avait si bien « réussi » les trois « Quatuors à cordes » de Lucien Durosoir (CD Alpha 125 ;

    cf mes 2 articles sur ce blog :

    « musique d’après la guerre » ;

    et « de la critique musicale (et autres) : de l’ego à l’objet : vers un dialogue« ) _,

    …

    il s’agit du tout nouveau CD Alpha 133…

    …

    Le « Quatuor » n° 2 « Lettres intimes »

    _ « composition fébrilement réalisée entre le 29 janvier et le 17 février 1928« , indique la notice d’Alain Poirier à la page 10 du livret du CD : le compositeur mourant, à Ostrava, le 12 août 1928 ; « j’ai appelé l’œuvre « Lettres intimes«  », a conclu sa lettre à Kamila Stösslová, le 20 février : « cette liaison essentiellement épistolaire (…) a littéralement illuminé les dernières années de la vie de Janáček« , précise le librettiste, toujours page 10 _

    donne lieu en ce Cd à deux versions de ce second et ultime quatuor :

    une avec alto,

    l’autre avec viole d’amour

    _ pour lequel instrument, Garth Knox vient remplacer l’alto de Franck Chevalier au sein du quatuor à cordes Diotima : les violonistes Naaman Sluchin & Yun-Peng Zhao, et le violoncelliste Pierre Morlet…

    Ainsi l’auditeur est-il à même de se faire une idée qualitativement très précise à l’oreille ;

    et « confronter les deux versions » de cette sublime œuvre (« terminale ») de Janáček : « l’originale avec viole d’amour ayant un charme très particulier et probablement plus proche de ce que souhaitait Janáček« , indique Alain Poirier page 11 : « intensément séduisante« …

    …

    Et pour terminer _ enfin… _ le bouquet de ce « glamour musical » de mon titre,

    je placerai, encore,

    deux pièces (ou « fleurs ») un peu plus « éloignées » du « centre » du « bouquet » :

    …

    d’une part,

    un magnifique _ et « éclatant » (= « romain » !) _ oratorio « baroque » _ « a quattro con concertino e con grosso » _ en 1693,

    alors que Giovanni Bononcini travaille alors à Rome pour les prestigieux princes Colonna (et La Cerda),

    en 1693, donc ;

    …

    l’oratorio de Giovanni Battista Bononcini

    (Modène, 1670 – Vienne, 1747 : il allait être _ dans les années 1720 _ un prestigieux « rival », pour l’opéra, à Londres de George Frédéric Haendel)

    pour la musique,

    et de Silvio Stampiglia (1664 -1725), pour le livret :

    …

    « San Nicola di Bari« ,

    interprété jubilatoirement ici par « Les Muffati » que dirige Peter Van Heygen

    et _ en parfaite italianité ! _ Lavinia Bertotti, soprano, Elena Cecchi Fedi, soprano, Gabriella Martellacci, alto, et Furio Zanasi, basse.

    Le CD Ram 0806 est superbement produit par Ramée.

    …

    Et, enfin,

    en fond du « bouquet »,

    pour lui donner comme une pointe d’ampleur,

    et de « retentissement », encore,

    en un tout autre « genre »,

    …

    _ at last, but not at least : pour une autre « bonne« , et excellente, même, « bouche » _,

    un récital Traincha

    _ Trijntje Oosterhuis, superbe chanteuse néerlandaise : quelle voix ! quel timbre ! quelle chaleur (et art) du chant ! _,

    avec le Metropole Orchestra (dirigé par Vince Mendoza),

    intitulé « Who’ll speak for love« 

    et sous-titré « Burt Bacharach Songbook II«  :

    …

    on ne peut plus _ et mieux ! _ « glamourous » !

    en une collection « The finest in Jazz since 1939« , chez la prestigieuse « Blue Note »

    _ un CD Music from EMI n° 50999 5205512 6 :

    une merveille de sensualité tendre et chaleureuse ;

    qui retentit aussi longtemps en vous…

    …

    Qu’on peut même compléter, pour le « fun »

    _ ad libitum _,

    d’abord, par le « Burt Bacharach Songbook I » (autre CD Blue Note, déjà : n° 3768392) ;

    …

    ensuite, par la riche compilation « The Look of love _ The Burt Bacharach collection« 

    en 2 CDs Warner (954-39624-2)…

    le compositeur _ comme le montrent les photos _ étant un tout fringant jeune homme

    de quatre-vingt printemps, à peine, en cet automne 2008…

    …

    Voilà pour ce « bouquet », aux parfums entêtants, de « glamoureuses » musiques

    (et autour :

    les « Quatuors » de Janáček étant, peut-être, en partie du moins, semble-t-il, d’une autre « veine »

    que le « glamour »

    _ comme « adjacente » au « glamour », si l’on veut bien… _,

    …

    en contrepoint _ « au chaud » _ des nouvelles un peu plus agressivement _ ou aigrement _ « venteuses », elles, ces temps-ci,

    d’un monde

    où des Bourses  _ et des « valeurs » _ vont,

    ces jours-ci,

    « dégringolant »…

    …
    Titus Curiosus, ce 11 octobre 2008

    Photographies : Sans Titre, © Bernard Plossu