Étiquette : ouverture

  • Cette mine d’intuitions passionnantes qu’est le « Dictionnaire amoureux de l’esprit français », du turco-suisse Metin Arditi

    Le mardi 26 février dernier,

    …

    et suite à mon écoute, le dimanche 24, de l’émission Musique émoi, d’Elsa Boublil,

    qui lui était consacrée

    _ cf mon article …  _,

    …

    j’avais brièvement présenté

    mon très vif plaisir de l’entame

    _ jusqu’à la page 167 / 661, ce premier soir de lecture : j’en arrivais à l’article Debussy, après l’article Dada _

    de ma lecture de ce très riche travail

    _ de l’helvéto-turc Metin Arditi (né à Ankara le 2 février 1945) _,

    sur un sujet qui de très loin, moi aussi, et depuis très longtemps,

    me travaille :

    …

    je veux dire

    les mystères et arcanes de ce « esprit français« 

    auquel je suis tellement sensible, moi aussi, dans les Arts

    _ et sans nationalisme aucun (ni encore moins de sourcilleuse exclusivité !), est-il utile que je le précise ?!

    …

    Il s’agit seulement du simple constat renouvelé chaque fois

    et non sans surprise

    _ je ne le recherche en effet pas du tout ! Non, mais cela vient me tomber dessus,

    et me ravir et combler… _

    de ce qui vient au plus profond secrètement me toucher,

    et me fait fondre de délectation :

    telle la reconnaissance d’affinités intenses comme congénitales…

    …

    …

    Voici,

    pour aller d’emblée à l’essentiel de ce que vais un peu discuter,

    le résumé

    …

    Dans ce dictionnaire, l’écrivain sélectionne des traits selon lui exemplaires de la culture française, comme le culte de l’élégance, le sens de l’ironie et l’art de la conversation _ rien à redire, bien sûr, à cet excellent choix-ci. Les entrées abordent aussi bien les institutions, les personnalités et des aspects historiques, de l’Académie française à Louise de Vilmorin, en passant par la haute couture, l’impressionnisme et Jacques Prévert.

    …

    puis la quatrième de couverture de ce Dictionnaire amoureux de l’esprit français, de Metin Arditi,

    publié aux Éditions Plon et Grasset :

    …

    Dictionnaire amoureux de l’Esprit français :

    « Je voudrais bien savoir, dit Molière _ plaidant ici pro domo _, si la grande règle de toutes les règles n’est pas de plaire. » Partant de ce constat, Metin Arditi examine d’une plume tendre _ en effet _ les formes dans lesquelles s’incarne cet impératif de séduction _ oui… _ : le goût du beau _ davantage que du sublime _, le principe d’élégance _ oui, toujours ! a contrario de la moindre vulgarité _, le sens de l’apparat _ un peu survalorisé par l’auteur, selon moi _, mais aussi le souci de légèreté _ fondamental, en effet _, l’humour _ oui, avec toujours un léger décalage… _, l’art de la conversation _ très important : civilisateur _, un attachement historique à la courtoisie _ parfaitement ! _, l’amour du trait _ d’esprit et parole, seulement _ assassin, la délicatesse _ c’est très, très important aussi !!! l’égard et ses formes, envers l’autre _ du chant classique « à la française » _ la quintessence peut-être du goût français _, un irrésistible penchant pour la théâtralité _ surévalué à mon goût, à contresens de la délicatesse et de la discrétion, selon moi _, l’intuition du bon goût _ oui ! _, la tentation des barricades _ à l’occasion, faute de parvenir à assez se bien faire entendre _, une obsession du panache _ surévaluée, elle aussi, comme le penchant à la théatralité : le panache de Cyrano illustrant la couverture du livre ! _, et, surtout, une _ sacro-sainte et irrépressible ! _ exigence de liberté _ oui, cela, c’est incontestable : ne jamais être comdamné à emprunter des voies toutes tracées, ou disciplinaires ; mais disposer d’une capacité permanente d’invention, et de singularité. En un mot, le bonheur à la française _ oui : à savourer assez paisiblement et durablement en sa profonde et somme toute discrète intensité. À l’heure où chacun s’interroge sur la délicate question de l’identité _ mais non assignable à des traits fermés et une fois pour toutes donnés, invariants… _, ce dictionnaire rappelle que l’esprit français est, surtout, un inaltérable cadeau _ d’ouverture et fantaisie. Une lecture qui fait plaisir… et pousse à réfléchir _ et discuter, entamer le dialogue.

    …

    …

    Voici aussi le texte accompagnant le podcast de l’émission Musique émoi du dimanche 24 février dernier,

    qui reprend ces diverses thématiques :

    …

    Metin Arditi, amoureux  comme personne de  l’esprit français, examine d’une plume légère et souvent espiègle les  diverses formes dans lesquelles s’incarne en France le désir de plaire.

    …

    « On ne considère en France que ce qui plaît », dit Molière, « C’est la grande règle, et pour ainsi dire la seule ».

    …
    Partant de cet indiscutable constat, l’auteur de ce dictionnaire,  lui-même amoureux  comme personne de l’esprit français, examine d’une  plume légère et souvent espiègle les diverses formes dans lesquelles  s’incarne en France le désir de plaire : au fil des siècles se sont  développés le goût du beau, bien sûr, mais aussi le principe d’élégance,  le sens de l’apparat, le souci de légèreté, l’humour, l’art de la  conversation, un attachement historique à la courtoisie, la délicatesse  du chant classique « à la française », le penchant pour la théâtralité,  l’amour du juste, le goût des barricades, du panache, oui, du panache,  et, surtout, une exigence immodérée de liberté. Ce dictionnaire parle de  Guitry et de Piaf, de Truffaut et de Colette _ oui _, mais aussi de Teilhard de  Chardin, Pascal, Diderot, Renan, Péguy, les prophètes qui ont nourri  les artistes de leur pensée et les ont libérés dans l’exercice de leurs talents.

    …
    L’esprit français a aussi ses interdits. Ne jamais être lourd…  Ne pas faire le besogneux… _ c’est en effet capital ! Et Nietzsche vénérait tout spécialement cet aspect-là de l’esprit français… Comment plaire, sinon ?

    …
    Au fil des pages, ce dictionnaire rappelle que le goût des belles choses a _ aussi _ un prix _ économique, financier _, qu’un tel bonheur ne vient pas sans facture _ à régler in fine ! À défaut,  l’esprit français ne serait pas ce qu’il est… _ assez impécunieux…  Sans vouloir  transformer un pays qui, c’est heureux, n’est pas transformable, on  pourrait peut-être imaginer, ça et là _ mais c’est bien un vœu pieux ! une pure vue de l’esprit… _, quelques mesures aptes à diminuer _ mais est-ce vraiment réaliste ? _ le montant de l’addition.

    …
    À l’heure où chacun s’interroge sur la délicate question de l’identité du pays, ce dictionnaire rappelle combien l’esprit français est un  cadeau _ sans prix, eu égard au bonheur (d’être vraiment d’esprit français).

     

    …

    …

    Je regrette aussi que manquent en ce Dictionnaire amoureux

    certaines entrées

    que pour ma part je trouve bien plus essentielles

    que Sacha Guitry ou Edmond Rostand,

    …

    telles

    Joachim du Bellay, Montaigne, Marivaux, Chardin, Monet, Paul Valéry, Pierre Bonnard, Charles Trenet, par exemple,

    qui,

    les uns comme les autres,

    ont si merveilleusement _ et idiosyncrasiquement : un trait lui aussi bien français ! _ su chanter

    l’incomparable douceur de notre France.

    …

    …

    En tout cas,

    j’éprouverais un très vif plaisir à dialoguer de tout cela

    avec Metin Arditi,

    s’il venait à Bordeaux.

    …

    …

    Ce jeudi 7 mars, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Telemann et sa passion des timbres des instruments les plus variés : ici les vents…

    Georg Philipp Telemann

    (1681 – 1767)

    …

    est un compositeur merveilleusement sympathique,

    ouvert, curieux,

    extrêmement entreprenant,

    en sa longue et très féconde vie de compositeur polyglotte

    de par l’Europe entière.

    …

    …

    A preuve

    le très intéressant et riche CD

    d’Eolus

    et Jean-François Madeuf

    intitulé

    Georg Philipp Telemann Per tromba & Corno di caccia :

    …

    le. CD Ricercar RIC 397.

    …

    …

    Ici,

    c’est sa passion pour les timbres des instruments à vent,

    trompettes, cors, hautbois, bassons,

    qui s’y déploie superbement

    pour notre pleine réjouissance.

    …

    …

    Ce mardi 25 décembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le bien que la musique de Bach fait-faisait à Claude Sautet : infinie gratitude !

    A l’instant,

    peu avant 8 heures, sur France-Musique,

    et en 8 minutes _ musique comprise

    et sous les doigts de Leon Fleisher en 2004 _,

    …

    ce magnifique _ si juste, profond, avéré de la plupart d’entre nous _ propos de Claude Sautet _ 1924 – 2000 _

    en 1982,

    à l’émission _ merveilleuse et irremplacée ! _ de Claude Maupomé

    _ talençaise, décédée le 31 mars 2006 ; elle officia splendidement (et en parfaite modestie) de 1975 à 1990 sur France-Musique ;

    la notice nécrologique Claude Maupomé, productrice à France Musique de Gérard Condé dans Le Monde du 15 avril 2006

    est excellente ! _

    Comment l’entendez-vous ?,

    …

    à la fois sur Jean-Sébastien Bach

    et sur le bien que l’écouter lui faisait-fait _ nous fait _ :

    …

    le propos sur Bach de Claude Sautet 

    …

    …

    Écoutez-le !

    …

    …

    Infinie gratitude !!!

    …

    …

    Ce dimanche 2 septembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

    …

    …

    P. s. :

    …

    généraliser aveuglément

    _ tels les algorithmes paresseux qui trop souvent nous mutilent et nous font fulminer ! _

    est certes stupide ;

    …

    mais nous pouvons étendre ce propos à presque toute la musique

    _ presque toutes les musiques,

    quand elles atteignent, du moins, la perfection : certaines chansons de trois minutes (par exemple le Respect d’Aretha Franklin) ;

    et, aussi, que nous sommes en disposition (ce n’est hélas pas toujours le cas) de les recevoir le mieux possible,

    condition sine qua non, et toujours perfectible… _ ;

    …

    et à tous les chefs d’œuvre de l’art

    _ y compris les très grands (et très longs) livres : par exemple, Proust, Faulkner, etc. ! ;

    pas seulement un bref poème (par exemple verlainien) qui nous touche et bouleverse pour jamais ;

    il faut que tout un monde plein s’ouvre

    et s’emplisse de lumières par là :

    c’est la une voie d’accès privilégiée, et parfaitement temporelle (immédiate et dynamisante !), à l’éternité, rien que cela !!!

    et en toute simplicité et évidence

    pour peu qu’on sache l’accueillir, saisir, prendre, suivre, nous laisser conduire par elle

    et ses multiples affluents et confluents _,

    …

    même s’il ne s’agit en rien _ à commencer pour leurs auteurs _ de médicaments

    _ à consommer mécaniquement à la Pavlov (tous sens fermés, éteints, anesthésiés, quasi morts)…

    …

    …

    Mais entrer

    _ si peu que soit, pour commencer, et par quelque sens que ce soit ; même furtivement, mais à plein !… _

    dans quelque moment de joie

    …

    élève

    _ tel est l’effet (euphorisant) de cette irrésistible dynamique ! à poursuivre… _

    l’entrant

    qui est amené à rencontrer et partager ainsi l’aisthesis

    infiniment riche en quelques traits simplement réunis

    de l’œuvre !

    …

    Et à l’approfondir et cultiver, ensuite

    et surtout !

    …

    Une culture se construisant, pas à pas, œuvre à œuvre,

    inter-connectées

    par notre sensibilité s’aiguisant et se formant

    _ et c’est là l’œuvre (de larges confluences) de toute une vie

    peu à peu de mieux en mieux nôtre !

    En la singularité de ses riches partages multiples formateurs (et non formatés)…

    Jusqu’à peut-être former-inaugurer son propre style, à soi…

    …

    C’est tout un monde plein et lumineux qui vient ainsi s’ouvrir-offrir à nous,

    si nous savons l’accueillir

    et y répondre…

  • Un passionnant et très riche entretien avec la merveilleuse Chantal Thomas à Sciences-Po Bordeaux le 8 mars 2018

    A la recherche de documents et témoignages autour d’Hélène Cixous

    professeur d’Anglais au Lycée Grand Air d’Arcachon durant trois années : de septembre 1959 à juin 1962 ;

    _ lycée Grand Air où j’ai moi-même enseigné (la Philosophie) de septembre 1976 à juin 1978 ; puis, à nouveau, l’année scolaire 1981-82 _,

    …

    il se trouve que présentement je m’intéresse aux années durant lesquelles Hélène Berger,

    toute jeune professeur agrégée d’Anglais au lycée Grand Air d’Arcachon _ son tout premier poste _,

    a eu pour élève la jeune _ arcachonnaise _ Chantal Thomas,

    qui accomplit toute sa scolarité secondaire à Grand Air,

    de septembre 1956, son entrée en Sixième, à juin 1963, son année de Terminale, en classe de Philosophie ;

    juin 1963 où Chantal Thomas obtint son Bac ;

    et rejoint alors Bordeaux

    d’abord en Classe Préparatoire,

    puis à l’université, à la Faculté des Lettres du Cours Pasteur…

    …

    …

    Outre un joli article de Sud-Ouest, Chantal Thomas à 12 ans, sous la plume de Christian Seguin, en date du 15-8-2010,

    …

    voici qu’en naviguant un peu sur le web,

    je tombe sur un très remarquable _ passionnant ! et très riche _ entretien récent (le 8 mars dernier) avec la merveilleuse Chantal Thomas

    _ qui fut ma condisciple en Philosophie sur les bancs de la Faculté des Lettres de Bordeaux (de septembre 1965 à juin 1967) _

    à Sciences-Po Bordeaux,

    et sous la direction de Jefferson Desport (du journal Sud-Ouest),

    d’une durée de 99 minutes :

    …

    le Grand Oral de Chantal Thomas,

    dont voici la très riche et magnifique vidéo.

    …

    C’est passionnant !!!

    …

    …

    Chantal Thomas est un auteur majeur et vrai ! de la France contemporaine,

    par la finesse et l’extrême ouverture tellement juste de sa sensibilité et son intelligence _ inséparables l’une de l’autre !

    en plus de la précision et profondeur de sa très vaste et très ouverte culture (dont les Corto Maltese du vénitien Hugo Pratt !) acquise aussi en ses travaux de chercheur _,

    et avec une œuvre à la fois très variée et très importante,

    je veux dire civilisationnellement _ sans rien dire de sa merveilleuse élégance...

    …

    …

    Ce samedi 11 août 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa