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  • De très prometteuses pistes de recherche sur le devenir de François-Frédéric Wachsner depuis sa présence d’étranger interné au camp de Cepoy (Loiret) : la connaissance de son arrivée d’interné au camp de Gurs, le 25 octobre 1940…

    Mon article d’hier « Réception ce jour d’une photo de Frédéric-François Wachsner résidant en 1937, à Elbeuf, pour une demande de renouvellement de sa carte d’étranger en France : la fécondité des échanges de recherches de micro-histoire… » a au moins pour premier mérite d’avoir engendré d’intéressants échanges entre le Centre Historique de l’Arribère, d’une part, Marie Sanchez, conservateur du patrimoine retraitée, d’autre part, et moi-même Francis Lippa, intégrant la perspective pour le C. H. Ar. de Navarrenx, en Béarn, d’inclure dans la liste de son projet d’articles – prévu pour être réalisé fin 2027… – sur une soixantaine de personnalités des XIXe et XXe Siècle présentes à Navarrenx, à côté de Paul Verdalle (1860 – 1948) et de sa fille Henriette Verdalle (1896-1988), déjà prévus pour ce projet du C.H.Ar, le second mari de cette dernière, François-Frédéric Wachsner (1893-1958) – et cela, même si le travail scientifique, dans les règles les plus strictes de l’art de la recherche historique, de Madame Sanchez, va forcément, lui, prendre beaucoup de temps, a bien précisé celle-ci…

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    Mais d’ores et déjà,  je dois mettre en exergue le fait que Marie Sanchez a découvert, notamment – et je m’en tiendrai strictement là pour aujourd’hui ! – , la date d’arrivée de François-Frédéric Wachsner comme interné dans un GTE au camp de Gurs : le 25 octobre 1940, en provenance de Loriol, dans la Drôme, où il était allé rendre visite à son frère aîné Albert Wachsner, lui-même interné à Loriol… :

    soit un maillon très important qui manquait jusqu’ici pour faire le joint entre d’une part le passé exploré de François-Frédéric Sanchez par Madame Sanchez, de son séjour en France depuis son arrivée, de Berlin en 1933, jusqu’à son internement comme ressortissant étranger (allemand) au camp de Cepoy (Loiret) au début de 1940, avec, d’autre part, le devenir – d’abord au camp de Gurs, puis et surtout à Navarrenx ! – entre 1940, puis 1945 et 1958 – à son décès à Navarrenx le 28 février 1958 – , de François-Frédéric Wachsner, dont j’ai pris peu à peu connaissance en mes recherches d’abord sur le camp de Gurs et ses divers Groupes de Travailleurs Étrangers (GTEs), puis Marcel Brenot, puis Henriette Verdalle et son fils André Laclau-Barrère, et via plusieurs témoignages de personnes qui les ont connus à Navarrenx– et qui peu à peu, les unes après les autres, ont disparu, tel Henri Carsuzaa (Navarrenx, 6 décembre 1926 – Navarrenx, 12 mai 2024 : ami très proche d’André Laclau-Barrère, Cierp, 4 novembre 1925 – Pau, 1er mai 2001, et son condisciple au lycée de l’Immaculée Conception à Pau…) ; Henri Carsuzaa avec lequel je me suis entretenu, en son domicile, à Navarrenx, deux passionnantes heures durant, le mercredi 11 mai 2016 ; ou qui disparaissent encore au fil des ans… : combien d’entre ces témoins directs de la vie de Navarrenx sous l’Occupation demeurent encore en vie aujourd’hui ? Nelly Cassin-Jamet, par exemple, toujours très lucide – je l’ai eue il y a peu de temps au téléphone, en son domicile à Chaville… – , née à Paris le 8 septembre 1932, qui m’a beaucoup appris sur son séjour à Navarrenx, avec ses parents Pierre Cassin (Paris, 1er octobre 1910 – Paris, 28 juillet 2000) et Hélène Caroli (Trieste, 2 juillet 1905 – Paris, 15 novembre 1985) et son petit frère Jacques (Angers, 30 octobre 1939 – Toulouse, 16 mai 2020), entre leur arrivée à Navarrenx en 1940 et leur départ de Navarrenx, en 1943, par crainte d’une dénonciation, afin de tâcher rejoindre Nice, le berceau de la famille Cassin depuis le retour de cette famille d’Italie (Cuneo), autour de 1830 : Nice faisait encore partie alors du royaume de Piémont-Sardaigne (1720 – 1861) et Nice est devenue française en 1860…

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    C’est donc là le tout début de la suite fructueuse d’une recherche entreprise d’abord en Normandie, à Elbeuf, par Madame Sanchez, une recherche aux perspectives extrêmement prometteuses, et qui n’en sont ici qu’à leur commencement, grâce au formidable développement inattendu suite à la lecture inopinée par celle-ci, le 9 juillet dernier, du nom de François-Frédéric Wachsner, en un article de mon blog..

    Toute recherche historique sérieuse est nécessairement lente et rigoureuse, comporte bien des paliers – des lenteurs, et de soudaines accélérations par découverte d’un élément qui vient d’un coup ouvrir de fécondes perspectives complètement inattendues…  – , et prend beaucoup de temps, et demande de la patience et de la constance dans l’effort…

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    Mais je voulais simplement fêter ce jour l’avancée importante de la connaissance, pour l’histoire de Navarrenx et de ses résidants, ici de François-Frédéric Wachsner, à placer en complément de l’histoire de personnalités aussi vraiment importantes pour Navarrenx que celles de Paul Verdalle – maire et conseiller général, et décisionnaire du camp dit de Gurs, créé à l’origine pour héberger un été les républicains espagnols de la Retirada… – et de sa fille Henriette Verdalle – militante efficace des Droits de l’Homme : elle a continué à la sauvegarde de pas mal de personnes alors en danger de mort, dont les Cassin cités plus haut, protégés par elle… – , pour lesquelles histoires on peut d’ores et déjà se plonger dans les archives d’articles assez nombreux et fouillés de mon blog encherchantbien.fr mentionnant leurs noms…

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    À suivre avec patience…

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    Mais échanger ainsi de menues bribes de savoir – comme ici à propos des différentes étapes du devenir en France (de son arrivée en 1933 à son décès à Navarrenx le 28 février 1958) de François-Frédéric Wachsner, qu’il s’agit de reconstituer, étape après étape…  – permet de considérables et inespérés progrès à la recherche effective de micro-histoire…

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    Ce dimanche 2 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Réception ce jour d’une photo de Frédéric-François Wachsner résidant en 1937, à Elbeuf, pour une demande de renouvellement de sa carte d’étranger en France : la fécondité des échanges de recherches de micro-histoire…

    Ce samedi 1er août 2026, Marie Sanchez, conservateur du patrimoine retraitée, qui mène d’actives recherches sur le devenir après 1939 de l’avocat berlinois juif  Francois-Frédéric Wachsner (Ohlau, 1893 – Navarrenx, 28 février 1958), réfugié en France depuis 1933 afin de fuir les Nazis, et qu’elle savait avoir vécu en Normandie, à Elbeuf, puis, avoir été interné comme ressortissant allemand au moment de la déclaration de guerre à l’Allemagne, d’abord, en 1939, au camp de Vernuche (Nièvre) – celui-là même par lequel était passé lui aussi en 1939 Walter Benjamin (Berlin, 15 juillet 1940 – Port-ou, 26 septembre 1940) – , puis début 1940 au camp de Cepoy (Loiret) – après le passage au camp de Cepoy de Frédéric-François Wachsner, Marie Sanchez ignorait tout de son devenir ultérieur, et c’est mon mon blog qui, par hasard consulté par elle, venait tout juste de lui apprendre bien des éléments du devenir de celui-ci après Cepoy début 1940 : son déplacement et internement au camp de Gurs en 1940, puis, grâce à son ex-filtration de ce camp (grâce au commandant de GTE Marcel Brenot (Saint-Laurent-lès-Mâcon, 17 juillet 1893 – Voisins-le-Bretonneux, 1er janvier 1986)), sa vie à Navarrenx, auprès d’Henriette Verdalle (Navarrenx, 22 août 1896 – Mauléon-Licharre, 27 février 1988), et cela afin de donner des cours d’allemand au fils de celle-ci, André Laclau-Barrère (Cierp, 4 novembre 1925 – Pau, 1er mai 2001), qui préparait le bac chez lui, au Vieux Logis, à Navarrenx ; puis sa fuite ultra-risquée en Espagne, d’où, après un internement au camp franquiste de Miranda de Ebro,  il avait réussi à rejoindre Londres ; et son retour, la guerre finie et remportée, à Navarrenx où il avait, le 8 décembre 1945 épousé Henriette Verdalle ; et, enfin, était décédé le 28 février 1958 : Henriette Verdalle étant désormais Henriette Wachsner-Verdalle… – , m’a adressé une photo de celui-ci prise en 1937 à Elbeuf, pour le renouvellement de sa carte de séjour de ressortissant étranger en France, délivrée par le préfet de l’Eure le 31 août 1937…

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    Une photo accompagnée de cet aimable message de Madame Sanchez :

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    « Je vous remercie pour vos efforts – de recherche complémentaires concernant François-Frédéric Wachsner. Ces photos – de 1939, de prisonniers républicains espagnols internés au camp de Gurs, après celui de Rivesaltes au terme de leur Retirada, que m’avait adressées l’ami oloronais Jacques Bordenave, féru de recherches historiques ainsi que d’archives photographiques, et que j’avais très volontiers communiquées à Marie Sanchez… – sont très belles et intéressantes. De mon côté, j’ai poursuivi mes recherches. Mon contact avec le centre de généalogie s’est avéré très fructueux. Madame Domecq de l’association, que vous connaissez peut-être, m’a fort gentiment numérisé et transmis des documents conservés aux Archives départementales 64. Parmi ces documents, il y avait une photocopie de la carte d’étranger de Fritz Wachsner. La qualité de la photo d’identité n’est pas formidable mais c’était inespéré.

     Je vous tiendrai au courant de mes découvertes« …

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    Voici donc, aussi, à titre documentaire, ces deux photos de prisonniers espagnols jouant de la musique au camp de Gurs en 1939 – peut-être, qui sait ?, des lecteurs de ce blog y reconnaitront-ils des parents… – :

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    Partager la moindre découverte de micro-histoire peut être riche de micro-développements du savoir…

    C’est du moins le pari de maints articles de ce blog…

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    Ce samedi 1er août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Nouvelles remarques de commentaire à mon éloge du disque du mardi 26 mai dernier…

    En une nouvelle suite aux échanges de commentaires, avec mes amis le philosophe Bernard Sève et le médecin rhumatologue Joël Dehais, que rapportait mercredi 27 mai dernier mon article « L’apport de l’écoute seulement audio de la musique, quand est respecté l’idéal de probité de l’interprétation au service le plus exclusif possible de l’œuvre même (suite)…« , en réponse à mon article de la veille « Un éloge du merveilleux médium qu’est le disque, un échange de courriels hier 25 mai avec Eric Rouyer : du tissage entre le temps et l’éternité… » dans lequel je rapportais mes échanges avec l’ami Eric Rouyer, l’éditeur dynamique du label de disques Le Palais des Dégustateurs,

    voici, ce samedi 30 mai, mon échange de courriels avec le musicien, compositeur, chef d’orchestre et professeur au conservatoire de musique de Toulon, Laurent Melin :

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    De Laurent Melin, hier à 12h 03, ceci, par courriel adressé à mon blog :

    …

    Je voudrais intervenir en tant que musicien professionnel, depuis ma lointaine province du bord de mer, et aussi en tant qu’enseignant de conservatoire depuis des années. 
    Le cri d’Eric (que je salue au passage! Notre projet commun arrive à son terme, il comprendra cette « private joke » de compositeur…) me paraît cependant bien légitime : il y a un océan entre l’offre du marché pour des archives accessibles à tous, mais dont la profusion et la variété des supports finissent par noyer un peu la visibilité – trop d’information tue l’information – et la réalité des pratiques sur le terrain. 
    C’est cette dernière qu’Eric défend avec son énergie coutumière, car elle est effectivement en danger. Depuis que nos « élites » dirigeantes décomplexées attaquent plus ou moins frontalement le milieu culturel et qu’un discours, en vérité manipulatoire, est relayé ad nauseam pour discréditer le supposé « élitisme » de la culture, la défendre sur le terrain, au quotidien, devient un apostolat autant qu’une lutte vitale, sans quoi les fameux supports de tous poils, accessibles d’un clic ou d’une platine, ne seront bientôt plus que ruines dormant sous la poussière. 

    Un concert se vit en direct, la musique s’invente uniquement dans l’instant partagé de l’écoute, notre patrimoine musical s’entretient par la pratique, non pas sur les étagères muséales. 

    Et que dire de notre jeunesse, assaillie de propositions commerciales tous azimuts, qui n’a plus les outils pour recevoir et goûter les beautés de notre art ? On pouvait croire que les conservatoires seraient un îlot préservé de défense et d’entretien de ce beau patrimoine… Que nenni ! Rattrapés par la logique mercantile des tutelles qui ne pensent que par chiffres et statistiques, la pression nous a rejoints et nous nous soumettons de plus ou moins bonne grâce à une dictature du politiquement correct pour maintenir l’existant, gonfler les effectifs « quel qu’en soit le prix »… Démagogie ? 

    Notre art se vit, se partage au quotidien et sur le terrain, avec générosité et ouverture à tous les publics, à condition de leur en donner l’accès et non pas de le confisquer par « élitisme « et d’en réduire toujours plus le territoire.

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    Et voici ma réponse à ce courriel d’hier de Laurent Melin, ce matin à 8h 59 :

    …

    En forme de conversation à distance, et par l’écrit…
     
    Mes coordonnées :
    Francis Lippa
    à Bordeaux
    Je suis aussi vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux – avec, insérés en rouge, mes commentaires…
    …

    Je voudrais intervenir – sic – en tant que musicien professionnel – chef d’orchestre, compositeur, etc. – , depuis ma lointaine province – la Provence, Toulon – du bord de mer – moi, Francis Lippa, je suis philosophe, mélomane et bordelais – , et aussi en tant qu’enseignant de conservatoire – le CRR de Toulon – depuis des années – 2005 précisément. 
    Le cri d’Eric – Rouyer, le maître d’œuvre du très prospecteur label discographique Le Palais des Dégustateurs – (que je salue au passage ! Notre projet commun – de quoi s’agit-il donc ?.. – arrive à son terme, il comprendra cette « private joke » de compositeur… – qu’est aussi Laurent Melin – ) me paraît cependant bien légitime : il y a un océan entre l’offre du marché – du disque – pour des archives – sous forme d’enregistrements conservés – accessibles à tous, mais dont la profusion et la variété des supports – en dehors du seul disque… – finissent par noyer un peu la visibilité – trop d’information tue l’information – et la réalité des pratiques – musicales, dont bien sûr le concert, mais pas seulement lui, et même de très loin… – sur le terrain. 
    C’est cette dernière – la pratique musicale de terrain, donc – qu’Eric défend – comment plus précisément ? – avec son énergie coutumière, car elle est effectivement en danger – elle aussi, en effet, comme l’est l’enseignement, et toute la culture, réduits de plus en plus à l’os par des politiciens à très trés courte vue (démagogique) , celle de leur propre ré-élection ou élection à venir… Depuis que nos « élites » dirigeantes décomplexées attaquent plus ou moins frontalement – financements réduits ou carrément coupés, au tout premier chef – le milieu culturel et qu’un discours, en vérité manipulatoire, est relayé ad nauseam pour discréditer le supposé « élitisme » de la culture – hélas, je connais bien moi aussi cet angle d’attaque ! et m’emploie quotidiennement à le combattre… – la défendre sur le terrain, au quotidien, devient un apostolat – que je m’emploie, moi aussi, jour après jour, par exemple
     par mon blog quotidien encherchantbien.fr ; par ma cinquantaine d’entretiens effectifs réalisés à la librairie Mollat à Bordeaux, notamment en tant que vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux, et immédiatement accessibles par podcasts et vidéos ; par mes deux contributions au colloque « Lucien Durosoir (1878 – 1955) : un musicien moderne né romantique » au Palazzetto Bru-Zane à Venise en février 2011 ; « Une poétique musicale au tamis de la guerre : le sas de 1919 – la singularité Durosoir » et «La Poésie inspiratrice de l’œuvre musical de Lucien Durosoir : romantiques, parnassiens, symbolistes, modernes » ; par le CD « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine » de la Simphonie du Marais réalisé à Saint-Michel-en-Thiérache au mois d’août 1995 et paru chez Virgin-Veritas en mars 1996, et dont je suis l’auteur, à partir de mes recherches d’une année sur le sujet, pour 90% du programme, ainsi que le rédacteur de présentation du livret ; par mon activité de « conseiller artistique » de La Simphonie du Marais auprès de Hugo Reyne durant la décennie des années 90, quand celui-ci était professeur de flûte à bec au CNR de Bordeaux ; puis auprès de Jean-Paul Combet créant et dirigeant le brillant label Alpha… – autant qu’une lutte vitale – j’en ai fort bien conscience moi aussi et m’emploie quotidiennement, à ma place et sur mon blog, à y résister ! –  sans quoi les fameux supports de tous poils, accessibles d’un clic ou d’une platine, ne seront bientôt plus que ruines dormant sous la poussière – certes : il n’existe de mélomanes que sur le terreau bien vivant lui-même d’une pratique et d’une culture musicale très actives… Si celles-ci s’appauvrissent et végètent, la mélomanie (discophile ou pas) se réduira elle aussi comme peau de chagrin, en effet… Et toute la culture authentique aussi…

    Un concert se vit en direct – sauf si il a été aussi enregistré et peut être ré-écouté – , la musique s’invente uniquement dans l’instant partagé de l’écoute – pas tout à fait : à l’écritoire silencieuse aussi (et d’abord !) du compositeur la composant... – , notre patrimoine musical s’entretient – certes : c’est presque seulement ainsi qu’il va demeurer vivant : il n’y a de culture vivante que …réellement cultivée, attentive et animée de vraie curiosité ! – par la pratique, non pas sur les étagères muséales – s’empoussiérant faute d’être visitées ; mais une collection de disques et d’enregistrements, chez un particulier ou en une médiathèque, n’est pas exclusivement muséale tant que les enregistrements sont régulièrement écoutés et passionnément même appréciés… Encore faut-il, bien sûr, avoir appris à aimer la musique : en l’ayant soi-même ou bien pratiquée, ou bien appris à l’écouter et partager avec enthousiasme avec des interlocuteurs si possible eux-mêmes passionnés ; les deux, donc,  avec plaisir et même (et surtout !) passion…

    Et que dire de notre jeunesse, assaillie – acheteuse alléchée par la publicité qu’elle est, et source de profits pour les vendeurs… – de propositions commerciales tous azimuts, qui n’a – scandaleusement – plus les outils – culturels – pour recevoir et goûter les beautés de notre art ? On pouvait croire que les conservatoires seraient un îlot préservé de défense et d’entretien de ce beau patrimoine… Que nenni ! Rattrapés par la logique mercantile – voilà l’ennemi fauteur de barbarie à poison lent, ou rapide !.. – des tutelles qui ne pensent que par chiffres et statistiques – utiltarisme et course au profit (pour soi) aidant… – , la pression nous a rejoints – dans les conservatoires de musique aussi – et nous nous soumettons de plus ou moins bonne grâce à une dictature du politiquement correct pour maintenir l’existant, gonfler les effectifs « quel qu’en soit le prix »… Démagogie ? – oui : suicidaire à petit feu de la civilisation…

    Notre art se vit, se partage au quotidien et sur le terrain – mais aussi à distance : par la médiation de l’écoute archi-attentive et intense, mais oui !, d’enregistrements, de la part de mélomanes discophiles passionnés – avec générosité et ouverture à tous les publics, à condition de leur en donner l’accès – mais il n’y a pas, là, que la pratique de la musique en un conservatoire, ou l’assistance à un concert 
    enthousiasmant qui en soient les voies d’accés, même si l’expérience du partage des émotions est en effet cruciale : mais il existe hélas aussi des concerts ennuyeux, bâclés et ratés, de même qu’il y a aussi des leçons de pratique musicale ennuyeuses, bâclées et ratées dans les conservatoires… – et non pas de le confisquer par « élitisme » – de classe ? financier ?.. – et d’en réduire toujours plus le territoire – partager très effectivement le goût et même la passion de la musique (et de la culture authentique) est bien, en effet, une nécessité civilisationnelle de toute première urgence, dont ne partagent hélas ni la conscience ni le simple constat, la plupart de nos politiques…

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    Avec l’ajout de ce petit commentaire de synthèse final mien :

    …
    L’angle de vue du mélomane qui n’est pas lui-même musicien, à la recherche d’une écoute la plus idéale possible des œuvres des compositeurs via des interprétations accessibles à l’écoute par le concert ou par le disque, n’est forcément pas le même que celui d’un musicien professionnel dont la pratique personnelle de la musique est quotidienne, et pour lequel l’enregistrement d’une de ses œuvres au disque, pour un compositeur, ou d’une de ses interprétations, pour un interprète, est rare, très rare, ou même carrément inexistant, en particulier aujourd’hui.
     
    En mon article, c’est d’une préférence personnelle d’écoute de la musique, tranquillement chez moi, sur ma platine, sans que rien ne vienne parasiter mon écoute attentive (et ad libitum répétable), à la différence de l’assistance – passagère, fugace : sans possibilité de ré-écoute, forcément – à un concert, avec des sollicitations autres que d’écoute : visuelles par exemple, que je fais part…
     
    Ce ne sont pas les interprètes ni leurs prestations individuelles qui m’intéressent, mais leur degré de capacité à servir au mieux, avec humilité et probité – je n’apprécie pas du tout les m’as-tu vu, ni les auto-centrés narcissiques… – , l’œuvre du compositeur elle-même, en sa singularité ; ce qui n’élimine en rien, et surtout pas, l’engagement de la ferveur de la part des interprètes…
    Et très loin de mésestimer les interprètes, je suis au contraire très à l’affut – très curieux de, et ouvert à – de nouvelles belles interprétations au disque, toujours en quête de leur approche renouvelée et la plus juste possible – voilà l’idéal à approcher, et que certains côtoient parfois ! – de l’œuvre du compositeur !!!
    Quitte à revenir écouter des interprétations en les recherchant dans les disques de ma collection personnelle, en permanence à portée de ma main, sans dépendre du bon vouloir fluctuant de sites électroniques…
     
    Quant aux concerts, je m’y rends parfois, à l’occasion, et avec très vif appétit même, disposé et ‏tout prêt à m’y enthousiasmer !
    Le dernier de ces concerts à ce jour pour moi, ce fut celui du 1er mai dernier, à Saint-Lon-les-Mines, en Chalosse, pour le Festival Durosoir 2026, avec le quatuor Diotima :
    Pour un autre concert qui m’a beaucoup impressionné, cf par exemple mon article du 16 octobre 2024 :
    consacré à un magistral récital Bach de Benjamin Alard donné à l’église Saint-Vincent de Ciboure, le 6 octobre précédent…
    Ciboure, Saint-Lon-les-Mines : je peux me déplacer un peu loin de Bordeaux…
     
    Ce qui prime absolument pour moi en une interprétation musicale, c’est donc le service le plus juste et le plus probe possible de l’œuvre du compositeur…
    Mais, n’étant pas moi-même musicien, pour ces découvertes ou jouissances renouvelées d’œuvres de musique, je suis forcément tributaire de l’écoute de leurs interprétations, et ne suis certes pas un ingrat à l’égard des interprètes de l’œuvre du compositeur, loin de là…
     
    Si vous consultez les articles de mon blog encherchantbien.fr, signés Titus Curiosus – je suis un curieux insatiable ! – ,
    vous les jugerez même probablement bien trop enthousiastes – juvénilement, dit Eric Rouyer…
     
    Cf aussi ces 2 vidéos d’entretiens que j’ai eus, sur mon invitation personnelle, à la Station Ausone de la librairie Mollat à Bordeaux,
    avec le compositeur Karol Beffa le 25 mars 2022 : vidéo  ;
    et le musicologue ravelien Manuel Cornejo le 17 avril 2025 : vidéo .
    Au vif plaisir de poursuivre cet échange avec vous, M. Melin,
     
    Francis Lippa, à Bordeaux
    … 
    Et à suivre bien volontiers…
    …
    Ce samedi 30 mai 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Un éloge du merveilleux médium qu’est le disque, un échange de courriels hier 25 mai avec Eric Rouyer : du tissage entre le temps et l’éternité…

    Voici cet échange de courriels hier 25 mai, à 10h30 et 18h 20, avec l’ami Eric Rouyer, le producteur des CDs du Palais des Dégustateurs : 

    …

    Cher Eric,

    votre réponse hier par courriel à 18h 20 – un constat de situation qui vous navre, à côté d’un enthousiasme partagé – à l’envoi, à 10h 30, de mon article du 25 mai https://encherchantbien.fr/ecouter-escales-1922-de-jacques-ibert-1890-1962-dirige-par-paul-paray-a-detroit-en-1962-et-jean-martinon-a-paris-en-1974/
    me donne bien à penser…
    …
     
    Qu’il faille encore défendre notre patrimoine musical – à partir de mon propos sur « Escales » (1922) de Jacques Ibert, et la musique française… – en remerciant des chefs étrangers – l’anglais John Wilson – ou en des enregistrements – de Paul Paray et Jean Martinon – d’une autre époque – en 1962 et 1974 – n’est pas rassurant – ah !
    Votre enthousiasme – pour « Escales » , oeuvre de 1922 – pour les enregistrements  – de Paul Paray en 1962, de Jean Martinon, en 1974 – , je le partage – j’en suis heureux ! Mais il est empreint d’un constat navrant – quant à la situation présente, en 2026 ; mais à quels égards précisément ?.. 
    Ce n’est pas le verre à moitié plein ou à moitié vide. C’est le verre complètement vide – sic ! – avec quelques gouttes d’illusion pour les nostalgiques… Des résistants obsolètes qui se font un devoir. 
    Eric 
    …
     
    Nos positions sont ici à fronts enversés :
    moi, simple mélomane passionné, je ne me sens, pour ma part, ni nostalgique s’illusionnant, ni résistant obsolète : je suis tout simplement, et au présent de mes écoutes des disques, admiratif, en même temps que reconnaissant, de ce que le médium, en l’occurrence le CD que je mets sur ma platine et écoute, offre, au présent vif et intense de mon écoute enthousiaste, et de ce à quoi il permet d’accéder, et qui le transcende : l’expérience de l’éternité ainsi ressentie de chefs d’oeuvre musicaux qui nous sont ainsi transmis, à la fois et d’un seul et même mouvement, dans le temps et dans le hors-temps de l’éternité (cf leur tissage selon Spinoza).
     
    Et bien peu m’importe qu’il s’agisse là de médiations d’interprètes étrangers (John Wilson en 2019, pour le label Chandos) ou d’interprétations d’il y a plus de 50 ans (Paul Paray, en 1962, pour Mercury, ou Jean Martinon en 1974 pour EMI)… Chacun de ces enregistrements faisant accéder à l’expérience bien sensible d’une éternité jubilatoirement ressentie, au présent archi-présent, vif et incisif, de l’écoute. Car c’est bien à l’éternité même d’ « Escales » (de Jacques Ibert, composée en 1922) que très concrètement j’accède immédiatement et de plain pied, par le disque ; et cela par la qualité forcément variable, plus ou moins acérée selon le jour et l’heure, de ma propre attention, via ces médiations variées d’enregistrements discographiques que j’écoute, oui, avec jubilation… Et j’en rends grâce, avec reconnaissance, à tous les responsables de cette chaîne de médiations : le compositeur très inspiré de l’œuvre elle-même, les divers interprètes (les musiciens des orchestres, à l’écoute des excellents chefs les dirigeant), les ingénieurs du son, les producteurs de ces disques qui sont parvenus jusqu’à moi, les disquaires aussi, jusqu’à mes propres écoutes, répétées et toujours disponibles à portée de ma main, par ces disques bien tangibles posés sur ma platine et avec une intense attention écoutés…
     
    Alors que vous, cher Eric, êtes le très actif et dynamique producteur, au présent, et éminemment responsable, des disques de Palais des Dégustateurs…
     
    Aussi quand vous dites « le verre complètement vide », il me semble que c’est ici le producteur qui se désole de ne pas trouver aujourd’hui assez d’interprètes « défendant » encore aussi bien ce « patrimoine musical » – là, à enregistrer… Et cela, en dépit, pourtant, de vos incontestables réussites discographiques…
    L’enthousiasme de mes derniers articles sur les réussites discographiques d’une Aline Piboule, d’un Fabrizio Chiovetta, et aussi d’un David Lively (pour votre CD PPD042), pour prendre quelques exemples récents d’interprètes magnifiques, plaide pour un constat de situation bien moins pessimiste que le vôtre…
    Même si je ne suis ici que la modeste et humble toute petite oreille (lire ici Nietzsche, et François Noudelmann…) du tout dernier maillon de la chaîne, la mouche du coche… Mais il s’avère bien que je trouve presque au quotidien, sur la table de mon disquaire, des CDs venant satisfaire ma quête d’enregistrements réussissant à combler, même si c’est à des degrés forcément divers, mon insatiable boulimique désir, et ma curiosité sans cesse en alerte, d’enchantements musicaux à éprouver (et très effectivement éprouvés), que ce soit par des œuvres inconnues de moi jusqu’alors que je découvre par le disque, ou bien par des interprétations renouvelées et comme vivement rafraîchies… Mais oui, cela arrive ! Et je suis donc un optimiste comblé… Via de tels disques…
     
    Ne vous désespérez donc pas tant, cher Eric !!! Et continuez votre quête. Votre moisson est déjà conséquente. Et vous trouverez à nouveau de magnifiques interprètes pour les patrimoines musicaux qui méritent d’être à nouveau interprétés et mis à portée un peu durable, par les CDs, du public des mélomanes – tant qu’il en reste encore du moins…
     
    Merci donc aussi de ces réflexions partagées,
     
    Francis, à Bordeaux
    …
    Ce mardi 26 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa