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  • « Tous les auteurs rêvent d’avoir des lecteurs tels que vous, qui savent décortiquer une pensée sans la trahir »…

    Après réception de mon envoi, à une amie très amatrice d’arts, de ma collection de liens aux podcasts et vidéos de mes entretiens, tels que je les ai rassemblés – sur une durée de 16 ans jusqu’ici – en mon article du 18 janvier dernier «  »,
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    ainsi qu’après le visionnage par cette amie de la vidéo – d’une durée d’exactement une heure – de l’entretien – le plus récent  en date des 47 disponibles jusqu’ici, depuis celui du 13 octobre 2009, avec l’ami Yves Michaud à propos de son « Qu’est-ce que le mérite ? »,… – que j’ai mené le 14 janvier dernier à la Station Ausone avec mon ami Bernard Sève, profond et vaste, subtil et pénétrant, philosophe de l’art, à propos de son magistral travail, paru aux Editions du Seuil, « Les Matériaux de l’art »…
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    voici ce bien agréable à recevoir courriel que celle-ci m’a adressé en retour :
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    « J’ai regardé hier l’entretien avec Bernard Séve, qui était passionnant. Tous  les auteurs rêvent d’avoir des lecteurs tels que vous qui savent décortiquer une pensée sans la  trahir. Merci pour les liens.
    Ce que fait Station Ausone est remarquable.
    Et c’est vrai que Denis Mollat est un passionné de technique »
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    – un élément que, en effet, je mettais en exergue en mon envoi à cette amie amatrice d’arts, à propos de ces formidables enregistrements de conférences et entretiens, ainsi conservés et diffusés, à partager, urbi et orbi, grâce précisément à l’initiative fécondissime de ce génie particulièrement inventif et remarquablement efficace de Denis Mollat), sur le site de la librairie Mollat, à Bordeaux ;
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    puis, quelquefois aussi, à l’occasion (probablement algorithmique..), sur l’efficace et très largement présent Google (merci Google !) ;
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    Google qui, à mon grand étonnement (je ne m’en étais guère sérieusement avisé jusqu’ici, même si, à l’occasion, je l’avais effectivement constaté, ne serait-ce qu’en recevant quelques courriels de personnes désirant me remercier ; ou aussi, à deux mémorables occasions, me morigéner et me demander de retirer l’accessibilité à ces deux articles ! ; ce que j’ai bien évidemment accepté de faire… ; désirant me remercier, donc, d’articles déjà anciens les concernant, eux ou leur famille, et me transmettre des demandes de précisions complémentaires…)… ;
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    Google qui, à mon grand étonnement, fonctionne pour mon blog comme une importante (et très heureusement bienvenue !) instance de secours, ou plutôt de rattrapage en matière d’accessibilité aux articles de mon blog, puisque le site de la librairie Mollat, lui, ne comporte hélas plus, depuis la plus récente réorganisation de ce site, d’accès direct (!) à ce blog mien « En cherchant bien« , qui lui, jour après jour que je dispose, sinon d’encre et de papier, comme Montaigne ou Proust, du moins des touches du clavier de mon ordinateur, et d’électricité, continue et prospère plus que jamais, à raison de la production et mise en ligne d’un article quotidien… ;
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    une situation de fait qui a pour conséquence, ironique, de faire mériter à ce blog « En cherchant bien » d’une seconde façon, en quelque sorte cette fois prémonitoire, et du versant de ses éventuels lecteurs, ce titre-nom que je lui avais attribué à l’origine, du versant de l’auteur que j’étais (et suis et demeure, fidèlement), afin de mettre un discret focus sur cette situation mienne de chercheur passablement « Curiosus » (là encore une signature éminemment significative…)… ;
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    cf là-dessus les indications de mon article inaugural de présentation de ce blog « En cherchant bien« , en date du 3 juillet 2008, que j’avais choisi d’intituler : « le Carnet d’un curieux » : à consulter ici… ;
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    fin ici de cette trop longue incise sur les véhicules d’accès aux articles de mon blog « En cherchant bien« …
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    « Tous  les auteurs rêvent d’avoir des lecteurs tels que vous qui savent décortiquer une pensée sans la  trahir  » :
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    un compliment assurément précieux,
    et qui fait rudement plaisir.
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    Et je pourrais y ajouter ces recommandations-ci : 

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    parmi les plus merveilleux de ces 47 entretiens enregistrés et disponibles en cliquant sur les liens,
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    devrait vous passionner, et au tout premier chef – le destinataire de mon courriel initial étant Conservateur de Musée et du Patrimoine… – , celui – accessible par podcast – , tout simplement magique (!), avec Jean Clair, le 20 mai 2011, à propos de ses « Dialogue avec les morts » & « L’Hiver de la culture » : on l’y entend et écoute, en ses pauses – et ses rythmes – de paroles, vraiment penser : c’est prodigieux… ;
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    mais aussi celui – accessible par vidéo – , assez extraordinaire – elle creuse profond, profond… – , avec Hélène Cixous, le 23 mai 2019, à propos de son puissant et magnifique « 1938, nuits » – pour moi, Hélène Cixous est tout simplement le plus grand auteur français vivant ! « Nobelisable », hasardais-je même, alors, en ouverture à notre entretien à la Station Ausone… ; et la lire est chaque fois pour moi profondément jubilatoire… – ;
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    et encore l’entretien très riche – accessible par vidéo – , avec l’ami compositeur – et ultra-compétent mélomane ! – Karol Beffa, du 25 mars 2022, à propos de son lucidissime passionnant « L’Autre XXe siècle musical »…
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    Et aussi  celui – accessible par vidéo – avec mon ami philosophe bruxellois Pascal Chabot, du 22 novembre 2022, à propos de son crucial et décisif, splendide « Avoir le temps : Essai de chronosophie »,
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    ainsi que celui – accessible par vidéo – avec François Noudelmann (fraîchement débarqué exprès de New-York où il enseigne…), du 9 janvier 2024, à propos de son infiniment touchant et profond « Les Enfants de Cadillac »…
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    Et encore ceux avec mes chers amis,
    Bernard Plossu – accessible par podcast – , le splendide photographe de l’intime, le 31 janvier 2014, à propos de son très riche et panoramique « L’abstraction invisible » ;
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    et René  de Ceccatty – accessible par podcast – , le 27 octobre 2017, à propos de son – un chef d’œuvre ! – « Enfance, dernier chapitre » et de sa traduction en vers de Dante « La Divine comédie »…
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    Et pas mal d’autres entretiens encore,
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    tel celui – accessible par podcast – avec l’ami Denis Kambouchner, le 18 septembre 2013, à propos de son très important, et même fondamental « L’Ecole, question philosophique »,
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    et encore celui – accessible par podcast – avec la chère Marie-José Mondzain, le 16 mai 2012, à propos de son passionnant et très éclairant « Images (à suivre) _ de la poursuite au cinéma et ailleurs »,
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    etc., etc., etc.,
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    qui sont, eux aussi, très chers à mon cœur..
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    Ce dimanche 30 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Pénétrer vraiment la substantifique mœlle de très précieuses œuvres de Chostakovitch et Silvestrov : une nouvelle reconnaissance de l’exceptionnelle et attachante personnalité créatrice de Valentin Silvestrov dans le magique CD PDD041 « Shostakovich – Silvestrov » du constamment merveilleux Palais des Dégustateurs d’Eric Rouyer…

    Comme en écho un peu tardif à mes articles « La magie de l’œuvre pour alto et piano de Valentin Silvestrov sublimement servie par l’alto d’Ettore Causa et le piano de Boris Berman, en un somptueux mélancolique CD « Shostakovich – Silvestrov » du toujours exigeant Palais des Dégustateurs, d’Eric Rouyer : une méditation intense aux franges du silence… » et « Avancer dans la connaissance (et la jouissance) de l’œuvre, au moins discographique, de Valentin Silvestrov : une sidération !.. » des 27 et 28 décembre derniers (2024) sur ce blog « En cherchant bien« ,

    voici que je découvre ce petit matin à mon réveil ce bel article de reconnaissance du magique CD « Shostakovich – Silvestrov » d’Ettore Causa, alto, et Boris Berman, piano – soit le CD PDD041 du Palais des Dégustateurs de mon ami Eric Rouyer –, ce bel article suivant, sous la plume de Jean-Luc Caron et paru hier 5 mars sur le site de ResMusica, intitulé « Ettore Causa et Boris Berman dans les mondes singuliers de Chostakovitch et Silvestrov » – et dont je relève tout de suite la belle et juste expression de « mondes singuliers » appliquée à ces deux très grands compositeurs : oui, c’est bien cela ! –,

    que je m’empresse de bien volontiers reproduire ici :

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    Après plusieurs enregistrements – déjà – très remarqués – oui ! – pour le label Le Palais des dégustateurs, l’altiste et le pianiste défendent avec brio des pièces précieuses – merveilleuses, sublimes : des chefs d’œuvre !.. – de Chostakovitch et Silvestrov dont ils pénètrent – par la profonde justesse d’inspiration de leur interprétation – la substantifique mœlle – voilà !

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    La Sonate pour alto et piano op.147, dernier chef-d’œuvre – oui : c’est en effet là son mot de la fin, son œuvre ultime et splendide… – du Russe qui y porte le point final le 5 juillet 1975, est dédiée au fameux altiste du Quatuor Beethoven Fiodor Droujinine. Le compositeur souffrant et épuisé – oui, il est au bout de sa vie, et de son œuvre… – peine à venir à bout de cette pièce puissante qui contient plusieurs réminiscences – en effet – et constitue une manière d’adieu déchirant à la vie – voilà ! L’altiste d’origine italienne  et le pianiste russe en offrent une lecture exempte de tout pathos, évitant une excessive mélancolie et défendant un tonus créateur digne du vaste catalogue de Chostakovitch qui s’éteint le 8 août 1975. Cette exigence de véracité – oui ! –  infiltre les trois mouvements de la Sonate. Le Moderato initial est marqué par un courant sonore tonique enrichi d’élans exacerbés et la présence d’interrogations sans réponses précises que les musiciens contrôlent efficacement dans les toutes dernières mesures. Le deuxième mouvement, Allegretto, se veut dès l’entrée davantage sautillant et ne dédaigne pas l’expression d’un certain optimisme renouant une ultime fois avec la rythmique si spécifique et tellement appréciée du compositeur – en effet. Énergie et vitalité – oui – que le duo Causa et Berman traduit magnifiquement, ne négligeant pas la proximité – électrique ! – d’un esprit enflammé et d’un corps meurtri. Le final, un long Adagio d’une quinzaine de minutes, se concentre sur une méditation impressionnante – voilà, voilà – , toutefois dénuée d’effusion romantique palpable, offrant un sentiment douloureux de beauté, de dignité – oui – et de rappels de musiques antérieures dont il évoque le souvenir non sans une certaine modestie – c’est une musique toute d’intimité, pour soi… On repère ainsi des souvenirs de la Sonate Au clair de lune de Beethoven, du Concerto pour violon « à la mémoire d’un ange » d’Alban Berg, des évocations de la Symphonie n° 5 « du destin » de Beethoven, mais encore des passages s’appuyant sur la Symphonie n° 4 de Tchaïkovski, sans oublier des emprunts à Rachmaninov, à Wagner et à certains de ses propres opus.

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    Récemment redécouvert (2017), le très bref Impromptu pour alto et piano op. 33, une pièce de 1931, montre la distance existant entre le créateur mature et singulier et le jeune musicien, alors âgé de 25 ans, encore très perméable à l’esprit du romantisme.

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    , obligé de quitter son Ukraine natale en 2022 – pour les terribles raisons que l’on ne sait que trop !, tout particulièrement ces terribles jours-ci d’effroyable trahison… -, est défendu ici avec un engagement puissant et brillant par Causa et Berman, ce dernier connaissant personnellement le compositeur -oui. Aujourd’hui internationalement apprécié – oui -, Silvestrov a élaboré un très copieux catalogue riche d’authentiques chefs-d’œuvre – mais oui ! – aux grands écarts esthétiques inspirés – absolument…

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    Causa interprète seul et en première gravure mondiale Élégie, dédiée elle aussi à Fiodor Droujinine. Musique quasiment athématique, presque aphoristique, expressive, s’achevant par une seule note en suspens. Avec les Trois Intermezzi pour piano seul, pièce récente (2022) dédiée au pianiste , on constate un retour à la mélodie et au beau son, un climat de méditation apaisée et douce – oui, telle une berceuse.

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    Le tout récent Triptych pour alto et piano, 2023, en trois très brefs mouvements, totalise une dizaine de minutes. L’Intermezzo adopte un rythme de marche non conventionnel, la Sérénade a été qualifiée de « chant sans paroles » – à la Mendelssohn – et Moment musical – à la Schubert -, à l’avancée légère, mais aux intrications sonores complexes des deux interprètes, permet d’évoquer de grands créateurs romantiques du passé – en effet.

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    et Boris Berman, grâce à cette interprétation de haut vol et leur souci de véracité rare – oui, oui ! – , défendent l’exceptionnelle et attachante personnalité créatrice de  – tout cela est très juste.

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    Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Sonate pour alto et piano, op.147 ; Impromptu pour alto et piano, op.33 ; Valentin Silvestrov (né en 1937) : Elegy pour alto ; Epitaphium (L.B.) ; Three Intermezzi pour piano forte ; Triptych pour alto et piano. Ettore Causa, alto ; Boris Berman, piano. 1 CD Le Palais des Dégustateurs PDDO41. Enregistrement réalisé du 7 au 9 juin 2024 au Couvent des Jacobins, Beaune, France. Notice bilingue : français et anglais. Durée : 67’40

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    Une belle reconnaissance qui devrait élargir le cercle des amoureux de la musique de Valentin Silvestrov, ainsi que celui des amateurs des superbes réalisations discographiques du vaillant Palais des Dégustateurs, de cet admirable défricheur – et partageur généreux de splendides beautés musicales – qu’est, par son label discographique audacieux et très probe, Eric Rouyer…

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    Ce jeudi 6 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Du pays du matin calme aux rives de la Seine (ainsi qu’à Berlin), l’apollinien piano seul de Ravel, presque placide, de Seong-Jin Cho : une grâce musicale et artistique à partager, pour mieux vivre…

    C’est un bien séduisant apollinien piano seul de Ravel que vient, en cette prometteuse _ nous allons bien voir ce qu’elle nous réserve ! _ « Année 2025 – Ravel « , nous proposer, en un assez réussi double CD Deutsche Grammophon DG 486 6814 _ enregistré à Berlin au mois de septembre 2024 _ « Ravel – The Complete Solo Piano Works« , le jeune coréen _ né le 28 mai 1994 à Seoul, il a donc 30 ans _ Seong-Jin Cho _ voir son introductif rapide entretien « Seong-Jin Cho et les défis Ravel » avec Rémy Franck le 2 février dernier pour Crescendo magazine _,

    en une approche presque placide _ peut-être en partie héritée de son enfance au pays du matin calme… _, qui a le mérite certain de toucher à la lumière d’écriture hors de pair _ même si très française : au cœur le plus secrètement battant du plus intime et essentiel du doux génie français ; sensible, et en sa singularité aussi, tout spécialement en la quintessence que vient offrir, en l’œuvre pour piano seul de Ravel, le ravelissime génial « Tombeau de Couperin » : pour moi le mot le plus haut (de même que factuellement ultime : composé pièce après pièce, tombeau après tombeau, durant les années de la Grande Guerre, et Ravel y fut physiquement très courageux !) de cet œuvre pour piano seul de Ravel…  _ du compositeur cibourien, né le 7 mars 1875, il y a 150 ans..

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    Cf par exemple cette vidéo-ci (de 3′ 29) de Seong-Jin Cho interprétant le beau Prélude du sublimissime « Tombeau de Couperin« , ce chef d’œuvre absolu…

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    Une remarquable réalisation discographique ravélienne, donc, par ce jeune pianiste de 30 ans qu’est Seong-Jin Cho,

    en attendant, bien sûr, et aussi, bien d’autres CDs Ravel cette année 2025-ci, car quel interprète ne va pas, discographiquement déjà, s’y essayer, en la fenêtre de cette attrayante « année Ravel 2025 » _ je veux dire par là musicalement ; pour le reste, 2025 est passablement préoccupant, sinon alarmant !..

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    Mais le charme sidérant de la musique de Ravel a le pouvoir _ magique, tel un baume d’Orphée _ de venir nous apporter quelques minutes de réconfort de joie, sinon une absolue définitive consolation _ la musique adoucit peut-être les mœurs, mais elle ne peut pas, non plus, tout…

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    L’art faisant et donnant, œuvre après œuvre et moment après moment de la vie créative, elle-même souvent cabossée en ses péripéties, de ses créateurs, ce qu’il peut, à qui apprend, peu à peu lui aussi, réception après réception d’œuvre, et suivant les propres péripéties d’existence de chacun, à bien le recevoir : c’est une affaire d’attention ainsi que de culture _ comment celle-ci se porte-t-elle, en les institutions qui ont pour mission d’au moins l’entretenir, la soutenir, sinon, bien sûr, la créer ? Pas trop bien, ces derniers temps-ci, hélas, constatons-nous avec effroi…

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    Et c’est alors, les planètes s’alignant presque miraculeusement, une grâce effectivement partagée _ entre créateur(s) et récepteur(s), au singulier cependant chaque fois… _ ; et c’est déjà énorme ! : afin de _ chacun et tous _ sensiblement mieux vivre ! _ « Vivi felice ! » fut la devise du bon et indispensable, lui aussi, Domenico Scarlatti.

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    Oui, Ravel aide très effectivement à mieux vivre heureux…

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    Ce mercredi 5 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • S’entretenir d’interprétations de chefs d’oeuvre de la musique : l’oreille quasi parfaite de Jean-Charles Hoffelé en son Discophilia, à propos, ce matin, du merveilleux « Ravel Piano Concertos » d’Alexandre Tharaud et Louis Langrée, avec l’Orchestre National de France _ ou la chance de pouvoir dialoguer un peu, à la lecture, à défaut de vive voix, avec une telle oreille musicale…

    Une confirmation du coup d’éclat éblouissant d’Alexandre Tharaud _ et Louis Langrée dirigeant l’Orchestre National de France : magnifiques, eux aussi… _ dans les deux merveilleux et profonds, par delà leur virtuosité, concertos pour piano et orchestre de Maurice Ravel, en le CD Erato 5054197660719 « Ravel Piano Concertos«  qui vient de paraître vendredi 13 octobre dernier,

    avec, au réveil ce lundi matin 16 octobre, le très bel article « Les deux visages » de Jean-Charles Hoffelé _ à la si juste et honnête oreille ! _ sur son si précieux site Discophilia…

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    Une oreille juste

    comme est aussi, tellement de confiance, elle aussi, celle de Vincent Dourthe, mon disquaire préféré ;

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    et c’est assurément bigrement précieux que de pouvoir s’entretenir un peu précisément et vraiment _ de vive voix, ou à défaut, seulement par dialogue silencieux à la seule lecture… _ avec de tels interlocuteurs sur leur perception ultra-fine, au microscope _ ou stéthoscope musical… _, des interprétations au disque des œuvres de la musique…

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    Et tout spécialement, bien sûr, à propos de chefs d’œuvre d’interprétations de chefs d’œuvre _ pourtant passablement courus de bien des interprètes, qui s’y affrontent, se confrontent à de tels Everests pour eux, les interprètes… _ de la musique ; comme ici ces deux somptueuses merveilles du somptueux merveilleux _ et hyper-pointilleux et exigeant déjà envers lui-même, à l’écritoire, jusqu’au supplice ! _ Maurice Ravel…

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    Et je renvoie ici à mon article d’avant-hier samedi 14 octobre :

     

    « « …

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    LES DEUX VISAGES

    Cette douleur dans l’assombrissement de l’Adagio assai _ voilà _ qui ira jusqu’au quasi cri _ voilà : Ravel, éminemment pudique, demeure toujours dans de la retenue… _ invite _ voilà _ dans le Concerto en sol l’univers si _ plus évidemment _ noir _ lui _ du Concerto pour la main gauche, et rappelle que les deux œuvres furent écrites _ très étroitement _ en regard _ en 1930-1931 _, et de la même encre _ absolument ! Beaucoup _ d’interprètes _ n’auront pas même perçu cette _ infra-sismique _ tension, jouant tout _ de ce concerto en sol _ dans la même ligne solaire ; Alexandre Tharaud, qui connaît son Ravel par âme, s’y souvient probablement de la vision qu’y convoquait _ en 1959 _ Samson François _ oui : c’est en effet à lui, et à Vlado Perlemuter aussi, que, sur les remarques si fines et compétentes de mon disquaire préféré Vincent Dourthe, je me référais hier dimanche matin, en mon post-scriptum à mon article de la veille, samedi, « «  : références d’interprétations marquantes, s’il en est !  _ et ose ce glas qu’on n’entend jamais _ chez les autres interprètes de ce Concerto en sol.

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    Mais le Concerto en sol majeur est aussi dans ses moments Allegro cette folie _ oui _ d’un jazz en arc-en-ciel _ débridé, voilà : Ravel avait été très vivement marqué par ce qu’il avait pu percevoir de ce jazz lors de sa grande tournée récente aux États-Unis, du 4 janvier au 21 avril 1928… _ dont le pianiste ne fait qu’une bouchée, swing et échappées belles, toute une enivrante suractivité rythmique _ à la Bartok aussi, autant qu’à la Gershwin ; Maurice Ravel avait fait la connaissance de George Gershwin le 7 mars 1928, lors d’un repas organisé pour son anniversaire chez Eva Gauthier à New-York, ainsi que Ravel en témoigne à Nadia Boulanger en une lettre du lendemain 8 janvier (citée aux pages 1162-1163 de sa « Correspondance » éditée par Manuel Cornejo en 2018 : « The Biltmore New-York 8/3/28 Chère amie, voici un musicien doué des qualités les plus brillantes, les plus séduisantes, les plus profondes peut-être : George Gershwin« , et il ajoutait : « Son succès universel ne lui suffit plus : il vise plus haut. Il sait que pour cela les moyens lui manquent. En les lui apprenant, on peut l’écraser. Aurez-vous le courage, que je n’ose pas avoir, de prendre cette terrible responsabilité ? Je dois rentrer aux premiers jours de mai et irai vous entretenir à ce sujet. En attendant, trouvez ici l’expression de ma plus cordiale amitié. Maurice Ravel« )… _ que pimentent les bois du National menés avec une intense fantaisie _ voilà ! l’orchestre lui aussi brûle… _ par Louis Langrée.

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    Cet accord magique _ oui, oui, oui _ se renouvelle dans le Concerto pour Wittgenstein, mais dans des nuances de cauchemar _ à la ravelienne Scarbo… _, le prestidigitateur s’y fait diable, artificier tragique _ Ravel avait traversé et vécu, comme infirmier, les affres de la Guerre mondiale... _ dont le théâtre est un champ de mines _ oui, qui déchire et découpe les corps, comme ici le bras droit de son commanditaire Paul Wittgenstein…  La guerre de tranchées _ qui fut donc aussi celle de Maurice Ravel _ est partout sous les doigts d’Alexandre Tharaud _ oui ! _, qui convoque _ fort justement _ des visions de charnier, fait tonner son clavier en fureur, rage des traits de mitraillette _ oui, oui, oui _, proposition fascinante _ et tellement juste ! _, suivie au cordeau par un orchestre fantasque _ oui _ aux proclamations démesurées _ oui : quel chef aussi est le magnifique Louis Langrée !

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    Le jazz s’invite ici aussi _ en effet, en ce concerto pour la main gauche… _, mais déformé, amer, acide, osant la charge, le grotesque _ oui ; mais qu’on se souvienne aussi de la formidable viennoise ravelienne Valse de 1919-1920 !.. : une course à l’abîme… _, une parodie de Laideronette, impératrice des pagodes faisant diversion. Quel kaléidoscope ! _ voilà un trait éminemment ravélien… _, qu’Alexandre Tharaud fait tourner à toute vitesse _ telle sa propre viennoise Valse, créée le 12 décembre 1920… _ pour saisir cette folle course à l’abîme _ nous y voilà donc ! cf aussi, en sa course, le plus contenu et retenu, mais tout de même.., Bolero de 1928… _ et mieux suspendre les cadences où seul il élève son chant vers une voie lactée inquiète _ une des boussoles nocturnes de Maurice Ravel, sur son balcon en surplomb de la forêt et face à la nuit de Montfort-l’Amaury…

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    J’attendais _ moi aussi _ un couplage jazz, le Concerto de Gershwin comme réponse au jazz de Ravel _ certes _, mais non, ce seront les Nuits andalouses de Falla, sauvées de tant de ces lectures affadies qui les inféodent à un pâle debussysme _ voilà qui est fort bien perçu…

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    Alexandre Tharaud hausse leurs paysages fantasques _ oui _ à l’étiage de ceux _ fantasques eux aussi _ de Ravel, ardant leur con fuoco, tout duende, cambrant la gitane de la Danza lejana, implosant le feu d’artifices d’En los jardines de la Sierra de Córdoba dans l’orchestre flamboyant _ oui _ de Louis Langrée, faisant jeu égal avec les ardeurs osées par Alicia de Larrocha et Eduardo del Pueyo _ oui. Et c’est bien sûr qu’est très profond aussi le tropisme espagnol de Maurice Ravel… Ne serait-ce pas dans les jardins d’Aranjuez que se seraient rencontrés et fait connaissance ses parents, lors de leurs séjours madrilènes ?..

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    Quel disque ! _ voilà ! voilà ! _, splendidement saisi par les micros de Pierre Monteil _ et il faut en effet saluer aussi la splendide prise de son de cet éblouissant raveliennissime CD…

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Maurice Ravel (1875-1937)

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    Concerto pour piano et orchestre en sol majeur, M. 83
    Concerto pour piano et orchestre en ré majeur, M. 82 (Pour la main gauche)

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    Manuel de Falla (1876-1946)

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    Nuits dans les jardins d’Espagne

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    Alexandre Tharaud, piano
    Orchestre National de France
    Louis Langrée, direction

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    Un album du label Erato 5054197660719
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    Photo à la une : le pianiste Alexandre Tharaud –
    Photo : © Jean-Baptiste Millotune _ _ 

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    Pouvoir dialoguer vraiment si peu que ce soit avec des mélomanes à l’oreille et au goût ultra-fins et ultra-exigeants, mais capables d’enthousiasmes vrais et sincères,

    est plus que jamais indispensable,

    eu égard à la solitude grandissante des individus que nous sommes devant la misère en expansion, le désert gagne _ cf mon « Oasis (versus désert) », in le « Dictionnaire amoureux de la librairie Mollat« , aux pages 173 à 177 (celui-ci est paru aux Éditions Plon en octobre 2016) ; une contribution redonnée en mon article du 17 juin 2022 : « « , accessible ici….. _, de la plupart des médias _ le plus souvent très pragmatiquement vendus aux plus offrants… _, pour ne rien dire de pas mal des publics...

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    Car c’est ainsi qu’il arrive parfois un peu heureusement, telle une étape enfin rafraîchissante (et bien évidemment vitale) en une oasis verdoyante en la traversée assoiffante du désert si aride et si morne, que des œuvres de la civilisation _ ici musicale _ rencontrent un infra-minimal plus juste écho qui, en son petit retentissement, les prolonge, et surtout et aussi réanime leur flamme, en un partage irradiant de vraie joie…

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    Et écouter de telles interprétations de tels chefs d’œuvre de musique fait un immense bien…

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    Et ces tous derniers temps,

    les grandes interprétations, majeures et magistrales, véritablement marquantes, qui ont vu le jour, cette année 2023,

    _ celles de « L’Heure espagnole » et du « Bolero » par François-Xavier Roth et ses Siècles _ Harmonia Mundi HMM 905361 _,

    _ celle du « Trio pour piano et violoncelle » de 1914 par le Linos Piano Trio _ CAvi-Music 8553526 _,

    _ celles de l’intégrale de « L’Œuvre pour piano » du double album par Philippe Bianconi _ La Dolce Volta LDV109.0 _,

    _ et maintenant celles du « Concerto en sol » et du « Concerto pour la main gauche » par Alexandre Tharaud, Louis Langrée et l’Orchestre National de France _ Erato 5054197660719 _,

    toutes,

    savent faire enfin entendre en toute sa clarté et fluidité, allègre, intense, tonique, la puissance incisive et au final impérieuse en son irradiante tendresse, jubilatoire, de Maurice Ravel compositeur…

    …

    …

    Une force de plénitude absolument accomplie…

    …

    …

    Ce lundi 16 octobre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa