A propos des conditions assez exigeantes _ ne serait-ce qu’en temps et attention nécessaires … _ de lecture de ce blog-ci « En cherchant bien » _ peut-être au demeurant trop confidentiel, et cela déjà du simple fait, indépendant de ma volonté (d’auteur de ce blog), de sa complexité technico-matérielle d’accès depuis qu’il ne figure plus dans la grille générale du site de la librairie Mollat, depuis une reconfiguration, il y a quelque temps, de ce site, ayant décidé (qui ?) de faire l’impasse sur ses blogs ; mais mon blog ayant continué, lui, d’exister, plus actif que jamais… _,
et d’en recevoir peut-être _ qui sait ? l’espoir aide à vivre ; et je suis foncièrement un optimiste ! _ une forme d’un peu surprenant commentaire-réponse, à contre-pied, du côté de l’insu et de l’impensé : à découvrir à penser !,
en dialogue ouvert et surprenant qui, creusant l’impensé du message énoncé proposé, fait avancer un poil plus loin, et commence à épanouir, telle la fleur s’extrayant de son bourgeon premier, ou tel le papillon s’extrayant de sa chrysalide originaire, l’intuition essayée _ s’essayant, au participe immanquablement présent (pour le lecteur aussi !) : à la Montaigne en ses formidables « Essais« … _ de départ
_ « Penserions-nous beaucoup, et penserions-nous bien, si nous ne pensions pas pour ainsi dire en commun avec d’autres, qui nous font part de leurs pensées, et auxquels nous communiquons les nôtres ? Aussi bien, l’on peut dire que cette puissance extérieure qui enlève aux hommes la liberté de communiquer publiquement leurs pensées, leur ôte également la liberté de penser — l’unique trésor qui nous reste encore en dépit de toutes les charges civiles et qui peut seul apporter un remède à tous les maux qui s’attachent à cette condition« , proclamait de son côté, contre la censure, le cher Kant du côté de son Königsberg natal, actuellement Kaliningrad… Le combat de Sisyphe est à perpétuité… _ :
issu d’un échange de courriels avec Eric Rouyer, le maître d’œuvre du superbe label discographique « Le Palais des Dégustateurs »…
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Aider à faire œuvre de « passeur » – à quelque niveau que ce soit, et en toute modestie, forcément – d’œuvres vraies de culture, est d’une urgence absolue,
quand tant de choses, semblant pourtant solidement installées jusqu’ici, s’écroulent autour de nous, par cynisme et veulerie…
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« Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est chemin »
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Francis
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Voilà.
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Ce blog m’est cher,
et je suis mieux qu’attentif aux réponses _ inespérées/espérées, presqu’attendues : désirées… _ de ceux auxquels je les adresse et qui les déchifferont peut-être,
tels des messages dans des bouteilles livrées aux courants capricieux, incertains, aléatoires, joueurs, de la mer…
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Avec une non négligeable part, en effet, de jeu…
Et que serait nos vies sans ce jeu mieux que sérieux : vital même ?…
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Ce lundi 24 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
C’est sur le piano Blüthner (de 1904) de Claude Debussy (Saint-Germain-en-Laye, 28 août 1862 – Paris, 25 mars 1918), précieusement conservé au Musée Labenche de Brive-la-Gaillarde, que François Dumont (Lyon, 19 octobre 1985) vient d’enregistrer les 18 et 19 mars 2024 le très intéressant CD La Musica LMU 035 « Debussy – Clair de lune« , pour lequel il a choisi d’interpréter principalement les 3 cycles de Debussy qui lui tiennent le plus à cœur _ plutôt que de proposer immédiatement une réalisation discographique intégrale du piano de Debussy, comme il avait fait en 2012 pour le piano de Ravel, avec son double album Piano Classics PCLD0055 « Maurice Ravel – Complete Piano Music« … _,
tel donc a été ici son sage choix :
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la « Suite bergamasque » L82a (de 1890 – 1905), choisie pour son intimité et sa poésie verlainienne,
les « Estampes » L108a (de 1903), choisies pour leur modernité et leur volupté sonore,
et « Children’s corner » L 119a (de 1906 – 1908), choisi pour sa tendresse et son humour…
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Mission musicale et discographique pleinement réussie !
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Et voici le commentaire qu’en a donné, le 31 décembre dernier, sous le titre « La quatrième corde« , l’excellent Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia,
mettant très justement l’accent sur l’excellence du choix de ce piano Blüthner de 1904, de Debussy… :
Les _ précieux _ rouleaux laissés par Claude Debussy _ audibles par exemple au sein du coffret Warner Classics de 33 CDs « Claude Debussy – The Complete Works » paru en 2018 : il s’agit des rouleaux de 14 pièces pour piano notés avec le système Welte-Mignon que Debussy enregistra vraisemblablement en novembre 1913… _ montrent une liberté certaine, comme si le compositeur allait à l’encontre des annotations si précises dont il a surchargé ses partitions. L’une des clefs pour l’interpréter était ainsi donnée, le pianiste devant retrouver cette rigueur libre _ voici le juste paradoxe ! _ qui est bien plus qu’un paradoxe. Mais le vrai, au fond le seul mystère, celui de la magie sonore de son toucher _ voilà ! _, demeurait, celui-là même que Walter Gieseking réinventa.
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François Dumont est poursuivi par une bonne étoile. Après avoir trouvé un splendide Gaveau pour enregistrer les Nocturnes de Gabriel Fauré (voir ici), il aura découvert au Musée Labenche de Brive-la-Gaillarde, le Blüthner que Debussy joua de 1905 à sa mort _ l’instrument même de travail du compositeur constitue ainsi un très judicieux outil de réalisation, au disque comme au concert, au service de l’approche la plus sensible de la justesse rêvée de l’interprétation…
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Soudain la profondeur harmonique, la complexité de la syntaxe, les jeux de couleurs profondes, moirées _ voilà, voilà ! _, jaillissent d’évidence _ oui ! Secret de la facture des Blüthner, une quatrième corde, qui amplifie l’harmonie, la corse, ajoute un sfumato dans l’étagement des teintes, tout un paysage qui délivre un infini poétique _ impressionniste _ au long de la Suite bergamasque _ admirez ici cette vidéo (de 4′ 05) de « Clair de lune« … _, une tendresse désarmante _ et c’est très important ! _ pour Children’s Corner, des charmes sans sucre et d’autant plus troubles _ oui, oui ; et on mesure ici tout ce qui distingue la personnalité obscure, noire, ombrageuse et tourmentée, d’un Claude Debussy, de celle, mieux dominée, lumineuse et véritablement sublimée, d’un Maurice Ravel… _ pour La plus que lente, puis un abîme de ténèbres ; cette Berceuse héroïque une fois entendue ne s’oublie plus.
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C’est que François Dumont, qui pense depuis assez longtemps à graver tout l’œuvre de piano _ de Claude Debussy, comme il l’a fait pour tout l’œuvre de piano de Maurice Ravel pour le label Piano Classics en 2012 _, est chez lui ici, il a entendu les leçons _ des rouleaux Welte-Mignon de 1913 conservés _ de Debussy, jeu très libre et d’abord poétique dans les deux suites, mais que paraissent Estampes, et cette liberté prend une dimension supplémentaire : écoutez La Soirée dans Grenade, c’est une peinture de sons, et respiré comme rarement.
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Puisque le piano est trouvé, le pianiste ne doit pas en rester là, j’imagine déjà dans ce grand meuble _ qu’est ce Blüthner de Brive _ la révolution des Etudes, dont Debussy inventa les fantaisies versicolores et les abimes où sonnent plus d’une fois le clairon des tranchées, sur le noir et blanc de ce Blüthner sorcier _ c’est dit.
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LE DISQUE DU JOUR
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Claude Debussy (1862-1918)
… Suite bergamasque, CD 82 Estampes, CD 108 Children’s Corner, CD 119 Berceuse héroïque, CD 140a La plus que lente, CD 128
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François Dumont, piano
Enregistré sur le piano Blüthner de Debussy
Beaucoup de charme poétique _ et teinté de noire mélancolie, aussi _, donc, et d’approche sensible de la vérité debussyste, dans cette belle et fort intéressante réalisation musicale et discographique de François Dumont…
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Ce dimanche 9 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
je désire ce dimanche approfondir la relation d’intense filiation musicale, simplement relevée hier en mon article rapide entre les deux absolument stupéfiants CDs enregistrés au Domaine de Miraval au mois d’avril 2023 par Bertrand Chamayou, l’un à la suite de l’autre, dans la foulée l’un de l’autre : son « Letter(s) to Erik Satie » et son « Cage 2« …
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Car de fait, c’est à partir de sa passion pour l’œuvre musical _ et pas seulement théorique, sur lequel se focalisent presque toujours exclusivement et la critique discographique et l’analyse musicologique… _ de John Cage que Bertrand Chamayou en est venu, sans l’avoir prévu, par un concours heureux de circonstances, à s’intéresser vraiment et profondément musicalement, si je puis dire _ et c’est là son formidable apport ! _, à l’œuvre musical aussi _ et pas simplement anecdotique… _ d’Erik Satie.
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Et cela, pour ma part, en écoutant et ré-écoutant en profondeur, si je puis encore me permettre de si mal dire, les musiques véritablement stupéfiantes, totalement inouies à ce degré-ci de vérité (et éclatante beauté !), d’Erik Satie comme de John Cage aussi splendidement révélées ici en l’interprétation phénoménalement inspirée de Bertrand Chamayou, à Miraval, ce mois d’avril 2023….
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A cette fin, je me permets de citer ici divers articles _ de Stéphane Friédérich, le 7 janvier 2024 ; de Pierre-Jean Tribot, le 15 janvier 2024 ; de Jean-Marc Petit, le 11 octobre 2024 ; et d’Anne Ibos-Augé, le 3 janvier 2025… _ qui ont déjà un peu balisé le chemin, à l’écoute de ces stupéfiants enregistrments discographiques Satie et Cage de Bertrand Chamayou…
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Et les voici donc, ces quelques articles dénichés, dans l’ordre chronologique de leur publication,
Voici un album imprévu, anachronique même, mais aussi particulièrement bien conçu _ et c’est parfaitement juste. A la question, « de quelle manière Satie influença-t-il les minimalistes américains et l’iconoclaste John Cage ? », Bertrand Chamayounous propose _ par son jeu même au piano _ quelques éléments de réponse.
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…Nous sommes habitués à son écriture. Pourtant, à bien y réfléchir, la musique d’Erik Satie paraît toujours ainsi intemporelle. Humoristique par tempérament, doucement désespérée, nous la réécoutons après quelques temps de sevrage et nous nous interrogeons sur l’époque de sa composition, quelque part entre la Grèce Antique et le minimalisme américain d’aujourd’hui… On peut comprendre que l’œuvre en dérouta plus d’un, jusqu’à Prokofiev affirmant depuis une autre planète sonore, que Satie était un imposteur _ rien moins… Quant à Boulez, il jugea cette musique comme une succession de « pitreries maigrelettes »…
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L’enregistrement de ces pages tendres et religieusement jouées d’un dandy agnostique et pauvre ne peut surprendre venant de Bertrand Chamayou, artiste goûtant aussi bien le jeu sur pianoforte, que le décorum de Saint-Saëns, les œuvres de Boulez, Adès et Jarrell. Ces « Letter(s) to Erik Satie » dont il reconnaît « ne pas avoir su avoir longtemps trop quoi penser de cette musique » s’éclairent _ mais oui : splendidement ! _ aux contacts des expérimentations de Cage qui, comme tout Américain bien élevé, trouva chez Satie, le charme d’un parisianisme délicieusement bohème et tranquillement révolutionnaire. Cage aima Dada et Mondrian, Satie et Joyce pour peu que toute agressivité en soit bannie. Est-ce la provocation si près du vide qui l’attira dans les mélopées des Gnossiennes et Gymnopédies ? Il affirma avec un humour moins pertinent, que « la musique de Beethoven était fondamentalement une erreur et celle de Satie, correcte », justifiant cette opinion par le fait que la musique du second était basée « sur un espace de temps vide dans lequel toute chose devait se produire ».
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Bertrand Chamayou remplit aisément ce “vide” et les pièces entrent en résonance dans un ordre d’une ferveur toute énigmatique _ oui, oui. Il faut saluer la continuité du récit, le soin apporté à une narration qui laisse toutefois douter que « Satie soit l’un des pères de l’art conceptuel » selon l’interprète. L’extrême précision du toucher d’un piano bien préparé fige ces morceaux qui (dés)organisent le temps comme l’étonnante Balançoire. Satie ne peut certes se résumer à des successions de facéties sérieuses, quand bien même l’interprète fasse en toute logique l’impasse sur les partitions caf’conc’ les plus montmartroises _ et alors ?… Ce qui interroge, c’est que Bertrand Chamayou ne suggère aucune échappatoire en dehors de la relation Satie-Cage, certes l’objet de l’album, mais ce qui a pour effet de fusionner les deux langages dans une même pâte sonore, comme s’ils devaient nécessairement perdre une partie de leur identité propre _ rien de cela ne me dérange, pour ma part… De fait, certaines pièces portent un costume bien sérieux (Véritables préludes flasques, Tango Perpétuel) quand d’autres tirent parfois vers la monochromie de certains Debussy (Sarabande n° 3). En écho, la musique de Cage semble en quête d’une éternelle jeunesse, soif d’une nouvelle avant-garde (après les avant-gardes de l’après 1945), aux frontières du pastiche satiesque et au prétexte de l’hommage (Dream, All Sides of the Small Stone).
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Les œuvres des deux compositeurs réunis auxquels il faut ajouter le bruitisme de James Tenney – par ailleurs spécialiste de l’œuvre de Conlon Nancarrow – offrent, dans un voyage intimiste et original, la quête d’un temps suspendu _ oui. Voilà un album qui a le mérite d’élargir _ bien plus que cela : révéler en profonder ! _ notre vision de Satie et de compléter _ l’appréciation est bien chiche… _ la très riche discographie du “Maître d’Arcueil” depuis les témoignages de Francis Poulenc et Aldo Ciccolini, jusqu’à Denis Pascal et Anne Queffélec sans oublier les sommes de Pascal Rogé et Jean-Yves Thibaudet.
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John Cage (1912-1992) : All Sides of the Small Stone, for Erik Satie ; Prelude for Meditation ; A Room ; In a Landscape ; Swinging ; Perpetual Tango ; Dream. Erik Satie (1866-1925) : Gnossiennes n° 1 à n° 7 ; Gymnopédies n° 1 à n° 3 ; Rêverie de l’enfance de Pantagruel ; Véritables Préludes flasques (pour un chien) ; Le Bain de mer ; Nocturne n° 2 ; Sarabande n° 3 ; Songe-creux ; Prélude du premier acte : la vocation ; Le Tango perpétuel ; La Balançoire. James Tenney (1934-2006) : 3 Pages in the Shape of a Pear (in celebration of Erik Satie). Bertrand Chamayou, piano. 1 CD Erato. Enregistré aux studios Miraval à Correns, en avril 2023. Notice de présentation en français, anglais et allemand. Durée : 60:10
Letter(s) to Erik Satie. Oeuvres de John Cage (1912-1992), Erik Satie (1866-1925), James Tenney (1934-2006). Bertrand Chamayou, piano. 2023. Livret en français, anglais et allemand. 70’43’’. Warner classics 505419769442.
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Bertrand Chamayou nous propose une confrontation entre deux compositeurs si proches : Erik Satie et John Cage. Deux compositeurs pour qui l’idée et le concept sont la fondation de l’acte créatif et deux compositeurs qui ont en commun d’être plus commentés _ en effet ! _ que foncièrement joués ou enregistrés tels des noms des Histoires de la musique devant lesquels on s’attarde avec révérence mais sans foncièrement se plonger dans leurs musiques _ oui. Outre le lien dans la démarche créatrice, les frontières entre les deux musiciens s’imbriquent, ainsi John Cage vouait une immense admiration à Satie au point d’en transcrire pour deux pianos son Socrate. Pourtant, au disque cette double proposition Satie / Cage reste rare, alors qu’elle est _ ici _ évidente.
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Dès lors, saluons cet album _ bien bas ! _ qui nous permet de suivre la filiation entre ces œuvres avec un programme parfaitement conçu _ oui, et c’est à saluer ! _ qui n’oublie pas les tubes de Satie comme les Gnossiennes et les Gymnopédies. En matière de Satie, il y a souvent deux écoles d’interprétations : les prudes et les entreprenants. Les premiers se réfugient derrière la pureté du concept pour livrer des lectures abstraites et détachées de toute narration, telle une mécanique froide _ oui _ ; les autres tentent de tirer ces partitions vers un monde imaginaire de saynètes plus ou moins inspirées des modèles plus ou moins romantiques _ anecdotiques… Dans les deux cas, c’est assez décevant ou moyennement satisfaisant, comme un verre à moitié vide… Bertrand Chamayou trouve le ton juste entre une retenue qui met en avant la modernité de l’écriture et une palette des couleurs qui suggère des mondes intérieurs _ oui. Une sorte de quadrature du cercle avec ce qu’il faut de subtilités, de parfums, de style ; c’est la simplicité de l’évidence ! _ c’est mieux. Satie est ici Satie : un musicien individuel et foncièrement original qui révèle la force _ et toute la poésie _ de son geste compositionnel.
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Dans Cage, le pianiste est également parfait _ oui _, et sa grande connaissance des répertoires lui permet de varier les touchers et les nuances pour fignoler ces pièces qui avec celles de Satie ont en commun des durées courtes _ oui.
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Les deux univers servent et communiquent dans un dialogue en miroir qui se prolonge avec l’intéressant 3 Pages in the Shape of a Pear de James Tenney, autre compositeur américain admirateur d’Erik Satie.
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Notons que cet album a été enregistré dans le cadre luxueux _ oui ! et cea s’entend magnifiquement _ du studio d’enregistrement du Domaine de Miraval dans le sud de la France, propriété de l’acteur Brad Pitt. Ce clin d’œil aurait sans doute plus aux deux compositeurs. Dans tous les cas, le son est fabuleux ! _ c’cst dit !
Bertrand Chamayou consacre un deuxième album éblouissant _ oui !!! _ à John Cage. Une immersion fascinante _ absolument _ dans l’univers sonore _ oui _ du maître du « piano préparé ».
Une immersion fascinante _ oui, oui… _ dans les univers sonores inouïs _ proprement, en effet _ créés par John Cage dans les années 1940-1945 avec ces fameux « pianos préparés ». Boulons, vis, morceaux de bois, de caoutchouc, pièces de monnaies, insérés entre les cordes du piano, transforment celui-ci en ensemble de percussions, en gamelan balinais, en balafon africain, voir en synthétiseur avant l’heure _ c’est stupéfiant !
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Bertrand Chamayou a sélectionné douze compositions, à l’origine d’un spectacle en compagnie de la danseuse Elodie Sicard, et nécessitant pas moins de quatre pianos préparés sur scène, d’où la signification du titre de l’album, « Cage au carré« . A ce titre, Bertrand Chamayou a respecté l’esprit originel de ces œuvres que John Cage a conçu pour des solos de danse, notamment pour Merce Cunningham. Comme expliqué dans l’excellent livret du disque, John Cage a eu l’idée géniale du piano préparé en partant d’une contrainte : ne pouvant installer sur une scène trop étroite l’ensemble de percussions du ballet Bacchanale, il décide de transformer son modeste piano quart de queue en véritable orchestre de percussions _ c’est cela.
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Enthousiasmé _ il y avait de quoi ! L’enregistrement du CD en fait imparablement foi ! _ par les sonorités inouïes _ oui _ qu’il pouvait tirer de ce « piano augmenté » avant l’heure, John Cage a écrit un grand nombre de partitions pour cet instrument aux multiples possibilités.
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Bien loin de l’image du compositeur hermétique, provocateur, conceptuel _ voilà _ que l’on peut avoir de John Cage, les pièces pour piano préparé sont au contraire _ oui ! _ fascinantes de vie _ oui, oui _, de rythmes, de couleurs, autant de paysages sonores à la poésie irrésistible _ voilà ! _, les rendant très accessibles _ mieux extraordinairement jouissives…
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Bertrand Chamayou est, à ce titre, un fabuleux explorateur _ mais oui : jubilatoire ! _, défrichant et nous ouvrant avec finesse cette fabuleuse jungle sonore _ c’est tout à fait cela : nous nous en délectons avec lui.. Que ce soient les fascinants rythmes primitifs de Mysterious Adventure, la cérémonie Hindoue de The Unavailable Memory, la nuit totale et sans issue de In The Name of the Holocaust, l’horloge détraquée de Root of an Unfocus, la tendresse de A Valentine Out of Season, ou encore cette sensation incroyable d’entendre parler le piano dans Our Spring Will Come.
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Mais s’il ne devait y avoir qu’une seule pièce à découvrir pour le novice, c’est Daughters of the Lonesome Isle. Un prodige d’inventions sonores, où le piano se transforme en xylophone, en balafon, en jouet mécanique désarticulé, en piano bastringue, en orgue de train fantôme… Neuf minutes d’un voyage sonore hallucinant et d’une poésie folle _ absolument !
Jamais Cage n’aura autant été synonyme de liberté _ et ivresse de beauté…
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John Cage (1912-1992) : Mysterious Adventure, The Unavailable Memory of, Primitive, In the Name of the Holocaust, The Perilous Night, Root of an Unfocus, Daughters of the Lonesome Isle, A Valentine Out of season, Tossed as it is Untroubled, Bacchanale, Our Spring Will Come, And the Earth Shall Bear Again. Bertrand Chamayou, piano préparé. 1 CD Erato. Enregistré le 6 avril 2023 aux Studios Miraval, France. Notice de présentation en français, anglais et allemand. Durée : 68:04
Par Anne Ibos-Augé – Publié le 3 janvier 2025 à 08:00
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Avec pour fil rouge une impeccable poésie _ oui, c’est bien là le mot juste ! _, Bertrand Chamayou imagine une rencontre au sommet entre le maître d’Arcueil et le compositeur américain. Les œuvres de ce dernier font surgir de son piano tout un orchestre, précis, exotique et bigarré. Fabuleux !
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Un panorama d’articles assurément intéressant,
et qui rend assez bien justice à la réussite merveilleuse du travail proprement musical splendide, rayonnant, de Bertrand Chamayou,
et pour John Cage et pour Erik Satie…
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Immense merci à la parfaite sensibilité jubilatoire de Bertrand Chamayou à ses pianos…
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Et en attendant, bien sûr, la prochaine réalisation discographique de Bertrand Chamayou…
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Ce dimanche 5 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
Ce n’est qu’aujourd’hui, 4 janvier 2025, que grâce à un appel téléphonique de mon ami Karol Beffa, le 28 décembre dernier, suite à mes projets d’entretiens Ravel à Saint-Jean-de-Luz cette année « Ravel 2025« ,
m’annonçant, au passage, qu’outre son livre « Maurice Ravel : en avant la musique !« , il ferait paraître aussi prochainement cette année 2025 un « Erik Satie de A à Z« ,
que je me suis mieux penché sur la discographie d’Erik Satie _ laquelle ne m’avait jamais vraiment touché jusqu’ici, je dois bien l’avouer, en dépit d’excellents interprètes… _,
d’autant qu’était paru fin décembre 2023 un CD du présent président de la luzienne Académie Ravel, Bertrand Chamayou…
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Je me procure donc ce CD Erato 50541976964C42 « Letter(s) to Erik Satie » de Bertrand Chamayou _ enregistré (superlativement !) au Domaine de Miraval, à Correns, dans le Var, propriété de Brad Pitt, du 3 au 6 avril 2023 _, et qui me bouleverse par la révélation étourdissante du génie poétique de la musique d’Erik Satie, interprétée magiquement ainsi par Bertrand Chamayou…
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Le titre de ce CD est emprunté à John Cage ;
et le CD entremêle à un choix très judicieusement programmé d’œuvres d’Erik Satie (1866 – 1925), un choix tout aussi judicieux d’œuvres de John Cage (1912 – 1992), qui vouait un véritable culte à Erik Satie…
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Et immédiatement j’ai couru illico presto me procurer aussi le CD Erato 5021732275165 « Cage 2 » enregistré dans la foulée par Bertrand Chamayou en ce même Domaine de Miraval le 6 avril 2023 :
une réalisation elle aussi merveilleuse !
Quelle magique poésie !!!
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Bertrand Chamayou a plus que du talent ! C’est un vrai thaumaturge révélateur de profonde poésie…
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Ce samedi 4 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa