Étiquette : puissance

  • Musiques de joie : la joie paradoxale du sombre et incisif Quatuor de Debussy par le Parkanyi Quartet

    Le plutôt ombrageux Claude Debussy (Saint-Germain-en-Laye, 22 août 1862 – Paris, 25 mars 1918)

    _ cf aussi l’encre acerbe de son Monsieur Croche… _

    n’a pas la réputation d’être particulièrement un joyeux,

    y compris, et bien sûr d’abord et surtout, en sa musique…

    …

    Et encore n’ai-je pas lu les 449 pages du récent ouvrage de Benjamin Lassauzet, paru aux Éditions Hermann au mois de juillet 2019, L’Humour de Claude Debussy…

    …
    …

    Pourtant sa musique

    non particulièrement joyeuse, en effet,

    génère beaucoup de joie,

    sinon à l’interpréter, pour le musicien ou chanteur

    qui vient physiquement l’incarner,

    …

    du moins à l’écoute attentive _ et exigeante _ du mélomane…

    …

    …

    J’en veux pour exemple

    ce chef d’œuvre puissant et subtil qu’est son Quatuor à cordes,

    en sol mineur,

    créé le 29 décembre 1893 à la Société Nationale de Musique, à Paris.

    …

    …

    Alors quelle interprétation au disque choisir ici ?

    …

    …

    J’opte, et après écoute de plusieurs CDs,

    _ de même que pour mon choix à propos du Quatuor de Ravel _

    pour l’incarnation, incisive et puissante, du Párkányí Quartet

    _ István Párkányí et Heinz Oberdorfer, violons, Ferdinand Erblich, alto, et Michael Müller, violoncelle _,

    enregistrée à Deventer, aux Pays-Bas, en décembre 2003 ;

    …

    soit, à nouveau, le superbe CD Praga Digitals PRD 250 312.

    …

    …

    Debussy réclame une forte présence d’incarnation.

    …

    …

    Si Debussy n’a pas le charme poli, élégant, soyeux, de Ravel,

    sa musique, tout autant d’esprit français,

    est d’une merveilleuse et constamment inventive _ sans formules à suivre et dérouler, ou répéter _ subtilité

    qui nous comble, elle aussi, d’une enivrante puissante joie musicale.

    …

    …

    De ce Quatuor en sol mineur de Claude Debussy,

    voici aussi un très éloquent podcast, en 1958, par le Budapest String Quartet

    _ Joseph Roisman et Alexander Schneider, violons, Boris Kroyt, alto, et Mischa Schneider, violoncelle.

    …

    …

    Ce dimanche 14 juin 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : le romantisme radieux de Johannes Brahms (II) : la puissance sidérante du premier Concerto pour Piano, opus 15, par Clifford Curzon et le London Symphony Orchestra dirigé par George Szell en 1962

    Encore une royale et stupéfiante performance

    que celle du pianiste Clifford Curzon

    (Londres, 18 mai 1907 – Londres, 1er septembre 1982),

    et du chef George Szell

    (Budapest, 7 juin 1897 – Cleveland, 30-7-1970)

    à la tête du London Symphony Orchestra, en mai 1962,

    …

    pour le Premier Concerto pour Piano et Orchestre, en ré mineur, opus 15,

    de Johannes Brahms

    (Hambourg, 7 mai 1833 – Vienne, 3 avril 1897) ;

    chef d’œuvre dont la première eut lieu à Hanovre le 22 janvier 1959,

    avec Brahms au piano ;

    …

    soit le CD Decca 417 641-2,

    enregistré à Londres en 1962.

    …

    …

    J’ai écouté quelques autres interprétations qui me sont tombées sous la main

    dans le désordre de ma discothèque :

    …

    Rudolf Serkin et George Szell à Cleveland, hier,

    …

    et aujourd’hui Lars Vogt dirigeant du piano l’orchestre du Royal Northern Sinfonia,

    ou Adam Laloum et Kazuki Yamada dirigeant le Rundfunk SinfonieOrchester Berlin :

    …

    elles n’ont pas la puissance sidérante

    et de la plus parfaite évidence

    qui convient tant au jeu du piano

    qu’à celui de l’orchestre…

    …

    …

    C’est somptueux !

    …

    Qu’on en juge par la jubilation que procure le podcast…

    …

    Quel éblouissement…

    …

    …

    Ce jeudi 11 juin 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa 

  • Musiques de joie : le sublime Air de cour « Quand on vous dit que l’on vous ayme… » de Joseph Chabanceau de La Barre (1633 – 1678) par le sublime Henri Ledroit (1946 – 1988), en 1984 et en 1987

    Au sein du _ merveilleux _ répertoire de l’Air de cour français,

    la place royale, au disque, revient sans conteste au sublime

    Henri Ledroit (Villacourt, 11 mars 1946 – Nancy, 10 mai 1943),

    …

    et tout spécialement dans ses interprétations d‘Airs

    de Joseph Chabanceau de La Barre (Paris, 21 mai 1633 – Paris, 6 mai 1678) ;

    …

    dont le possède 2 CDs absolument magnifiques,

    stupéfiants de vie, charme et beauté  :

    …

    _ le CD Joseph Chabanceau de La Barre Airs de cour,

    soit le CD Fy FYCD 117,

    enregistré en studio à Paris du 7 au 9 août 1984,

    et comportant 14 Airs, 

    extraits du Livre d’Airs à 2 parties avec les seconds couplets en diminutions, du compositeur, publié en 1669 ;

    avec au luth et au théorbe Matthias Spaeter ;

    …

    dont le merveilleux Un feu naissant vient d’enflammer mon cœur…

    …

    …

    _ et le CD d’hommage Henri Ledroit (contreténor),

    publié par INA Mémoire vive IMV 021, en 1996,

    et comportant 4 Airs de cour de Joseph Chabanceau de La Barre ;

    avec Anne-Marie Lasla à la viole de gambe et Aline Zylberajch au clavecin,

    enregistrés live dans le cadre des Journées Lully du Centre de Musique Baroque de Versailles, en 1987 :

    …

    « Si c’est un bien que l’espérance« ,

    « Depuis quinze jusqu’à trente« ,

    « Ah ! je sens que mon cœur va mourir« 

    et « Quand on vous dit que l’on vous ayme » : mon préféré ; je le repasse en boucle…

    …

    Un clic, et vous les écoutez ici.

    …

    …

    De ce merveilleux Air Quand on vous dit que l’on vous ayme

    …

    on peut aussi comparer

    cette interprétation-là d’Henri Ledroit en 1987,

    avec la viole de gambe d’Anne-Marie Lasla et le clavecin d’Aline Zylberajch, dans le CD INA Mémoire vive

    …

    avec celle-ci d’Henri Ledroit en 1984,

    avec le luth de Matthias Spaeter, dans le CD Fy… 

    …

    …

    La voix

    et l’art de dire et chanter d’Henri Ledroit

    sont _ pour l’éternité _ frémissants de vie…

    …

    …

    Henri Ledroit,

    fauché par la camarde en mai 1988,

    n’a pas eu de vrai successeur

    dans ce chant français si délicat et fort…

    …
    …
    Ce dimanche 31 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : la puissance envoûtante de l’oratorio San Giovanni Battista, d’Alessandro Stradella (1643 – 1682)

    L’histoire-tragédie de la décollation de Jean-Baptiste
    ne constitue certes pas, a priori, un récit très propice à la joie.
    …
    …
    Cependant la grande force musicale d’Alessandro Stradella
    (Bologne, 3 mars 1643 – Gênes, 25 février 1682)
    soulève l’enthousiasme
    et emporte l’adhésion jubilatoire de l’auditeur,
    …
    tout spécialement en ce puissamment envoûtant oratorio,
    San Giovanni Battista,
    représenté à Rome en 1675.
    …
    ..
    Ici, j’ai choisi le CD Hyperion CDA 67617 ;
    …
    soit l’interprétation on ne peut plus idoine de l’Academia Montis Regalis,
    dirigée par Alessandro De Marchi,
    …
    enregistré à Mondovi en mars 2007.
    …
    …
    Ce jeudi 14 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa