Étiquette : Reinoud van Mechelen

  • A propos de prochaines parutions discographiques ramistes, et autres, d’oeuvres créées à l’Académie royale de Musique, à Paris, en 1723, 1735, 1751 et 1752…

    Mes échanges de courriels mélomaniaques, avec divers amis mélomaniaques eux aussi,

    portent des fruits.

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    Ainsi voici mon récent envoi de ce jour :

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    Merci, cher P., de ces bonnes nouvelles ramistes (et autres…) ;

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    et je retiens, bien sûr, et note sur mon carnet, ces CDs à venir :

    l’ « Acante et Céphise », de Jean-Philippe Rameau (Dijon, 25 septembre 1783 – Paris, 12 septembre 1764), une pastorale héroïque créée à l’Académie royale de Musique, à Paris, le 18 novembre 1751,

    par Alexis Kossenko _ qui paraîtra le 5 novembre prochain, chez Erato _,

    …

    ainsi que le CD « Legros haute-contre de Gluck » _ Joseph Legros, Monampteuil, 7 septembre 1739 – La Rochelle, 20 décembre 1793 / Christoph Willibald Gluck, Erasbach, 12 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787 _, par Reinoud Van Mechelen, décidément passionnant (et magnifique !) :

    …

    un CD qui, consacré cette fois à Joseph Legros (haute-contre principalement de Gluck), viendra s’ajouter aux passionnants CDs Alpha 554 et Alpha 753 que Reinoud Van Mechelen a consacrés (en août 2018, et septembre 2020) à Louis Dumesny _ du côté de Montauban, vers 1635 – entre 1702 et 1715… _, haute-contre principalement de Lully _ Florence, 28 novembre 1632 – Paris, 22 mars 1687 _, et à Pierre Jelyotte _ Lasseube, 13 avril 1713 – Estos, 11 septembre 1797 _, haute-contre principalement de Rameau _ Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764.

    …

    Mais connaître _ et admirer ! _ aussi quelques airs magnifiques d’œuvres marquantes, voire chefs d’œuvre, de compositeurs contemporains des grands Lully, Rameau, Gluck, mais un peu moins retenus, eux, de la postérité,

    est mieux que bienvenu pour enrichir et densifier avec justesse la culture musicale de l’honnête homme d’aujourd’hui… 

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    Parmi mes grands coups de cœur discographiques récents,

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    d’une part, le CD « Amazone  » (Erato 0190295065843) de Léa Désandré

    _ dont j’ai eu pour élève le père, P. Désandré, à Bordeaux en 1979 (!) : le 20 octobre dernier, nous avons eu le plaisir de converser un moment au téléphone… _,

    avec, notamment, de très beaux airs d’André-Cardinal Destouches (extraits de sa « Marthésie, première reine des Amazones », de 1699, à Fontainebleau)

    et Anne Danican Philidor (extraits de sa mascarade « Les Amazones », de 1700, à Marly)

    _ cf mes articles L’éclatant CD « Amazone » de Léa Désandré, Thomas Dunford, et Jupiter : la plénitude d’une splendide voix (de mezzo-soprano) et la révélation d’un répertoire français (et italien) magnifique, à redécouvrir vraiment ; ou la magie d’un CD… ,

    puis Le très enthousiasmant CD « Amazone » de Léa Désandré et l’Ensemble Jupiter chroniqué par ResMusica , dans lesquels je rectifie certaines erreurs du livret du CD… _

    …

    Les airs italiens extraits des 2 « Mitilene, regina delle Amazoni »,

    celle du florentin Giovanni Bonaventura Viviani _ Florence, 15 juillet 1638 – Pistoia, décembre 1692 _, créée à Parme (et donnée ensuite aussi à Naples) en 1681,

    et celle du napolitain Giuseppe De Bottis _ 1678 – 1753 _, créée à Naples en 1707,

    sont eux aussi splendides… ;

    …

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    ainsi que, d’autre part, le CD « Baritenor » (Erato 0190295156664) de Michael Spyres,

    dont le travail, tant de recherche que d’interprétation, m’a passionné ;

    et auquel j’ai consacré une série d’articles :

    …

    _ Le travail de composition du programme du CD « Baritenor » par Michael Spyres, eu égard à l’histoire de l’opéra et des chanteurs, entre 1781 et 1937 : l’intelligence de la dynamique souple des voix, de Michael Spyres… ;

    _ La richesse des impressions éprouvées en écoutant en boucle le programme très varié du si beau « Baritenor » de l’admirable Michael Spyres ;

    _ Ce qu’on peut apprendre aussi du précédent récital d’airs d’opéra de Michael Spyres, « Espoir », en 2017

    …

    …

    Michael Spyres est un chanteur exceptionnel ;

    …

    et Léa Désandré a désormais cessé d’être seulement « prometteuse » : elle est dès maintenant magnifiquement accomplie.

    Elle aussi nous réserve d’excellentes surprises, je n’en doute absolument pas : elle sort vraiment du lot des chanteurs de maintenant ;

    et n’a plus rien à faire de quelque parrainage _ Cecilia Bartoli, Véronique Gens, etc. _ que ce soit…

    …

    …

    Je suis aussi bien d’accord avec toi pour très vivement souhaiter des enregistrements intégraux, enfin, de ces œuvres vraiment majeures du si beau répertoire français du XVIIIe siècle, à côté des œuvres flamboyantes _ et assez bien servies au disque… _ de notre génial Rameau,

    que sont

    _ le ballet héroïque « Les Fêtes grecques et romaines », de François Colin de Blamont (Versailles, 22 novembre 1690 – Versailles, 14 février 1760), une œuvre créée à l’Académie Royale de Musique, à Paris, le 13 juillet 1723 ;

    _ la tragédie en musique « Scanderberg », de François Rebel (Paris, 19 juin 1701 – Paris, 7 novembre 1775) et François Francœur (Paris, 8 septembre 1698 – Paris, 5 août 1787), une œuvre créée à l’Académie Royale de Musique, à Paris, le 27 octobre 1735 ;

    _ le ballet héroïque « Les Amours de Tempé », d’Antoine Dauvergne (Moulins, 3 octobre 1713 – Lyon, 11 février 1797), une œuvre créée à l’Académie Royale de Musique, à Paris, le 7 novembre 1752…

    …

    …

    Quelles scandaleuses absences discographiques il y a là !..

    …

    …

    Même si la production discographique, comme sur la scène, d’un opéra revient assurément cher…

    Et si, peut-être, le public en mesure de l’apprécier, ne cesse de se réduire, et assez vite, comme une peau de chagrin…

    …

    Il n’est que de voir aussi, en aval, la réduction drastique de la plupart des rayons de CDs de classique…

    …

    Même si, très heureusement, le rayon-musique de la grande librairie Mollat à Bordeaux, résiste, pour le moment, à cette bien triste « nanisation »,

    avec des vendeurs cultivés et ultra-compétents…

    …

    …

    Bien à toi, cher P.,

    et à suivre…

    …

    Francis, à Bordeaux

    …

    …

    Voilà,

    une petite actualité de la meilleure production discographique,

    tant immédiatement présente, qu’à venir prochainement…

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    Ce vendredi 29 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • A propos de l’accessibilité discographique aux merveilles de Jean-Philippe Rameau et autres compositeurs d’opéras français d’opéras entre 1686 (« Armide » de Lully) et 1764 (« Les Boréades » de Rameau) : un sublime répertoire laissé en dormance…

    Au plus éminent des ramelliens d’aujourd’hui,

    voici un courriel exprimant une opinion sur d’éventuelles promesses de renouvellement discographique qui offrirait au grand public des mélomanes la possibilité tangible d’un peu plus facilement accéder aux trésors de la splendide musique d’opéra à la française,

    d’œuvres produites entre l’Armide de Lully, en 1686, et Les Boréades de Rameau, en 1764.

    …

    Un répertoire splendide bien trop laissé en dormance…

    …

    …

    Cher Patrick,

     
    nul n’est mieux à même que toi de goûter les merveilles du CD que Reinoud Van Mechelen vient de consacrer à « Jeliote, haute-contre de Rameau » , le CD Alpha 753.
     
    Voici l’article que je viens de lui consacrer sur mon blog :

    Je suppose que tu connais déjà ce CD ;
    et je serais bien sûr ravi de recueillir, concernant ce tout récent travail discographique, l’avis du plus éminent ramellien d’aujourd’hui !..
     
    Au passage, il est aussi très intéressant de mesurer ici, grâce à ce très riche CD
    _ au point qu’un second volume de ce répertoire chanté par Jélyotte, et dans Rameau, et dans ses contemporains, serait même tout à fait bienvenu ! Il y a très amplement matière pour… _,
    ce que les compositeurs français contemporains de Rameau, ont pu apprendre très positivement concrètement de lui ;
    de même que ce que ses plus ou moins immédiats prédécesseurs, après la mort de Lully, en 1687, ont pu apprendre ou inspirer, à Rameau lui-même, ce compositeur si essentiel…
    Et c’est parfois sidérant !!!
     
    Tout un riche pan, hélas trop mal connu jusqu’ici, parce que trop mal servi au concert comme au disque, de la si belle musique française de l’époque, commence encore timidement, par des choix de quelques airs, surtout, plutôt que par des intégrales d’opéras, à révéler ici un bout de ses trésors…
    C’est passionnant !
     
    …
     
    Au passage, 
    en un autre de mes articles,  en date du 17 octobre,
     
    j’ai relevé une erreur d’attribution, en ce CD « Amazone » produit par Erato,
    concernant, à la plage 9 de ce CD, trois extraits (Marche, Récits et le duo entre Thalestris et Hippolyte « Combattons, courrons à la gloire » _ duo interprété par Léa Désandré et Véronique Gens ; cf la vidéo de 2′ 40… _ de la mascarade « Les Amazones » , une mascarade donnée à Marly, pour Louis XIV, en 1700 ;
    …
    soient des pièces que les indications du CD accordent, mais c’est à tort, à André Danican Philidor (1652 – 1730), dit Philidor-l’aîné, le bibliothécaire et archiviste musical du roi Louis XIV,
    alors que cette mascarade-ci, « Les Amazones », est en fait l’œuvre de son fils, Anne Danican Philidor (1681 – 1728), le créateur, en 1725, de l’institution si importante à Paris, entre 1725 et 1790, du Concert spirituel :
    la dynastie des Philidor, de France, est bien moins repérée et connue que celle des Bach, d’Allemagne ; non seulement du grand public, mais même et surtout de certains musicologues ; ce qui est évidemment fâcheux et gênant…
    …
    Un tel manque de professionnalisme de la part de l’auteur-signataire du programme de ce CD, est bien triste !
    …
    Il se trouve que _ conseiller artistique de La Simphonie du Marais _ j’avais participé, début juillet 1995, à l’enregistrement, à la Maison de la Radio, à Paris, du CD _ instrumental seulement : vierge de pièces vocales chantées… _ d’Hugo Reyne et La Simphonie du Marais « Marches, fêtes et chasses pour Louis XIV », d’André Danican Philidor _ cf le récit que j’en donne en mon article du 25 juin 2020 : …
    …
     
    J’ai donc joint Hugo au téléphone, et nous avons convenu de l’incuriosité bien trop répandue aujourd’hui _ à quelques heureuses exceptions près ; tel, par exemple, à mes yeux (et oreilles !) du moins,  l’exemplaire travail du violoniste Johannes Pramsohler, en son très intéressant label discographique Audax _ de pas mal d’interprètes d’aujourd’hui,
    le plus souvent davantage obnubilés par la dure pression de leur carrière, de leur com, et de leur buzz, que soucieux d’une recherche musicologique vraiment approfondie et tant soit peu sérieuse…
    …
     
    Cependant, un des grands mérites de ce très réussi CD « Amazone » de Léa Désandré et Thomas Dunford, est de participer, lui aussi, à un début de redécouverte, au moins au disque, de ce même merveilleux répertoire français _ si extraordinairement fin et délicat _, de Lully à Rameau,
    que celui auquel nous fait accéder le magnifique CD « Jeliote, haute-contre de Rameau » de Reinoud Van Mechelen ;
    …
    avec, notamment, de très beaux extraits (aux plages 11, 13 et 16 de ce CD « Amazone ») de « Marthésie, première reine des Amazones », d’André-Cardinal Destouches (1672 – 1749), tragédie en musique créée à Fontainebleau le 16 octobre 1699…
    …
    Le CD, plus décevant, lui _ en sa réalisation _, « Passion », de Véronique Gens, m’a toutefois permis de découvrir _ ou re-découvrir _ certains airs de Pascal Collasse (1649 – 1709), extraits d’ « Achille et Polyxène » (1687) et « Thétis et Pélée » (1689) ;
    ainsi que certains airs de Henry Desmarets (1661 – 1741), extraits de « La Diane de Fontainebleau » (1686) et « Circé » (1694).
     …
    Collasse et Desmarets,
    deux vraiment magnifiques compositeurs dont Hugo Reyne et La Simphonie du Marais avaient commencé à explorer les œuvres, en leurs très beaux CDs de 1995-96 : « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine », pour ce qui concerne Collasse _ avec le sublime air du suicide d’Astrée, chanté ici par Isabelle Desrochers, extrait du merveilleux opéra « Astrée » de Collasse, sur un livret de La Fontaine, créé à l’Académie Royale de Musique, à Paris, le 25 novembre 1691… _, et « La Diane de Fontainebleau », pour ce qui concerne Desmarets…
    …
    Certes ni Collasse, ni Desmarets, non plus que Destouches, ne peuvent être considérés comme des compositeurs contemporains de Rameau (1693 – 1764), mais plutôt comme des prédécesseurs ;
    il n’empêche que l’infiniment précieuse et délicate transmission musicale au sein de la musique française _ bien distincte de ce qui se passait au même moment en Italie, ou en Allemagne _ entre les décès de Lully (en 1687) et de Rameau (en 1764), est tout à fait passionnante ;
    et encore bien trop peu servie au disque…
    …
    Et la quasi absence de Collasse au catalogue discographique constitue, à mes yeux, une énorme injustice…

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    Ce mercredi 20 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

    …

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    P. s. :

    cf aussi mon article du 17 septembre dernier : 

  • La merveille Jelyotte (1713 – 1797) magnifiquement servie par Reinoud Van Mechelen : le joyau de musique que constitue le CD « Jéliote, haute-contre de Rameau » (CD Alpha 753)

    Pour qui se réjouit de voir ces moments-ci la musique baroque française des siècles des rois Bourbon (Henri IV, Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI) enfin, certes depuis très peu, un peu mieux servie, et au concert, et au disque,

    …

    le CD « Jéliote, haute-contre de Rameau« , soit le CD Alpha 753, vient très heureusement constituer un merveilleux et rafraîchissant moment de musique,

    très fort et très élevé…

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    Une formidable réussite !

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    Le chanteur ténor haute-contre oloronais Pierre Jelyotte (Lasseube, 13 avril 1713 – Estos, 12 octobre 1797), en effet,

    représente la perfection _ admirable ! _ du chant français à l’époque de Rameau (Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764), et de ses contemporains,

    sous le règne de Louis XV

    _ cf au passage mon tout récent article, du 16 octobre dernier, à propos de l’histire de la voix de ténor : …

    …

    …

    Le CD comporte 7 airs _ magnifiques _ de Jean-Philippe Rameau,

    extraits de

    Hippolyte et Aricie (1733),

    Dardanus (version de 1744),

    Platée (1745),

    Le Temple de la gloire (1745 aussi),

    Castor et Pollux (1737)

    et Les Boréades (une oeuvre splendide achevée en 1764, mais non représentée alors du fait du décès subit de Rameau ; l’œuvre sera créée à Aix-en-Provence seulement en 1982…) ;

    …

    mais aussi 9 autres airs

    tirés d’œuvres de 9 compositeurs contemporains de Rameau :

    …

    _ de François Colin de Blamont (1690 – 1760) : Les Fêtes grecques et romaines (1723) ;

    _ de François Rebel (1701 – 1775) et François Francœur (1698 – 1787) : Scanderberg (1735) ;

    _ de Charles-Louis Mion (1698 – 1775) : Nitétis (1741) ;

    _ de Jean-Marie Leclair (1697 – 1764) : Scylla et Glaucus (1746) ;

    _ d’Antoine Dauvergne (1713 – 1797) : Les Amours de Tempé (1752) ;

    _ de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711 – 1772) : Daphnis et Alcimadure (1754) ;

    _ de Pierre-Montan Berton (1727 – 1780) : Érosine (1765) ;

    _ de Jean-Benjamin de La Borde (1734 – 1794) : Ismène et Isménias (1763) ;

    …

    ainsi qu’un air de Zélisca, une comédie-ballet de Jelyotte lui-même, créée à Versailles le 17 mars 1746…

    …

    …

    Le programme ici réuni est absolument splendide ;

    et l’interprétation qu’en donne ici Reinoud Van Mechelen, avec l’ensemble A Nocte Temporis, proprement admirable…

    …

    C’est toute la foisonnante et rayonnante vie de l’opéra français sous Louis XV qui reprend vie, ici, pour nous…

    …

    Soit carrément un CD de 80′ pour l’île déserte…

    …

    J’en avais rêvé depuis longtemps, Reinoud Van Mechelen vient de le réaliser !

    …

    Et maintenant j’attends un second CD de Reinoud Van Mechelen, avec d’autres airs aussi superbes que Rameau et ses contemporains ont composés pour le merveilleux Jélyotte ;

    il y a matière fort abondante pour cela… 

    …

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    Ce lundi 18 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Interpréter les Descentes d’Orphée aux Enfers de Marc-Antoine Charpentier : une parfaite réussite de Vox Luminis et A Nocte Temporis

    Marc-Antoine Charpentier (1643 – 1704)

    me tient tout spécialement à cœur,

    …

    ne serait-ce que par la découverte que je fis d’une partie des musiques crues perdues

    de son petit opéra de 1678 Les amours d’Acis et Galatée,

    sur un livret de Jean de La Fontaine (1621 – 1695)

    _ cf mon livret au CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, de La Simphonie du Marais dirigée par Hugo Reyne

    (CD EMI 7243 S  45229 2 5),

    un programme de concert et de disque conçu à l’occasion du tricentenaire de la mort du poète en 1995,

    et qui comporte pas mal de bien belle musique de Charpentier…

    …

    Cf aussi les précisions que j’en donne

    en mon article  du 18 avril 2009…

    …

    Cf aussi la note de Catherine Cessac à propos de cette découverte

    à la page 138 de son « Marc-Antoine Charpentier » en l’édition de 2004, chez Fayard…

    …

    …

    Aussi m’est-il hors de question

    de laisser passer le CD Orphée aux Enfers

    des Ensembles Vox Luminis et A Nocte Temporis,

    de Lionel Meunier et Reinoud van Mechelen,

    …

    soit le CD Alpha 566 qui paraît présentement ;

    …

    et comporte Orphée descendant aux Enfers (H.471)

    et La Descente d’Orphée aux Enfers (H.488)

    _ ce dernier petit opéra nous étant hélas parvenu incomplet,

    privé d’un possible Acte 3 des retrouvailles aux Enfers d’Orphée et Eurydice ;

    dont on ignore même si un tel Acte 3 a été composé, puis perdu, ou bien si l’œuvre a été laissée en cet état inachevé par Charpentier lui-même :

    le manuscrit ne comportant aucune indication qui permettrait de trancher quelle a été l’intention du compositeur…

    …

    …

    Une excellente occasion de comparer quelques interprétations de ces œuvres,

    présentes parmi les CDs de ma discothèque.

    …

    …

    Je retrouve ainsi

    le bouleversant CD Ricercar RIC 037011 intitulé Orphée descendant aux Enfers,

    enregistré en 1987

    par l’unique _ et hélas irremplacé _ Henri Ledroit (1946 – 1988),

    un an à peine avant son décès prématuré.

    …

    Ainsi que le CD Erato 063011913-2 de La Descente d’Orphée aux Enfers,

    enregistré en 1995 par Les Arts Florissants,

    avec Paul Agnew en Orphée…

    …

    …

    Autant la version (d’Orphée descendant aux Enfers) du Ricercar Consort est émouvante,

    avec les tempi qui conviennent,

    et bouleversent :

    à fendre l’âme !

    …

    autant la version (de La Descente d’Orphée aux Enfers) des Arts Flo déçoit,

    avec des tempi trop rapides, inadéquats au sujet…

    _ que l’on compare ainsi, pour commencer, l’ouverture primesautière de l’œuvre par les Arts Flo en 1995

    avec l’ouverture, infiniment plus juste, en gravité, par Vox Luminis aujourd’hui… 

    …

    …

    Le présent CD

    des Ensembles Vox Luminis et A Nocte Temporis,

    est, lui, une parfaite réussite !!!

    …

    qui rend parfaitement la tension inhumaine du drame des Enfers,

    et toute la tendresse d’Orphée…

    …
    …

    Bravo !!!

    …

    …

    Les livrets de ces deux œuvres (de 1683 et 1686 ; toutes deux pour Mademoiselle de Guise) de Marc-Antoine Charpentier

    n’indiquent pas le nom du librettiste ;

    …

    mais s’inspirent précisément, les deux, des Métamorphoses d’Ovide :

    au livre X et aux vers 1 à 63,

    …

    avec le choix d’Ixion, Tantale et Tityos _ et non pas Orion, ni Sisyphe _

    comme ombres infernales suppliciées à l’infini, sans terme à venir jamais,

    avec lesquelles dialogue tendrement Orphée, en sa catabase.

    …

     

    …

    À comparer avec la Nekuia du chant XI de l’Odyssée d’Homère ;

    et les Catabases du chant VI de l’Éneïde de Virgile

    et de l’Enfer de la Divine Comédie de Dante.

    …

    …

    « Effroyables enfers« , ne sont-elles pas les premières paroles d’Orphée

    dans l’Orphée descendant aux Enfers (de 1683) ?

    …

    et « Affreux tourments« , celles d’Ixion, Tantale et Titye

    au début du second acte de La Descente d’Orphée aux Enfers (de 1686) ?..

    …

    …

    Auxquelles répondent

    et la « douce harmonie » qui « frappe l’oreille« 

    de Tantale

    dans l’œuvre de 1683 ;

    …

    et « la touchante voix » et « la douce harmonie » qui « suspend le rigoureux tourment« 

    d’Ixion, Tantale et Titye

    dans l’œuvre de 1686…

    …

    Car tel est bien l’extraordinaire efficace du chant d’Orphée

    …

    dont ces œuvres de Marc-Antoine Charpentier nous font, à leur tour, ressentir la magie

    _ au moins pour un moment _

    consolatrice…

    …

    …

    Marc-Antoine Charpentier applique,

    avec la merveilleuse tendresse qui caractérise son art,

    ce qu’il a appris des Oratorios _ sacrés _ de Carissimi à Rome,

    à l’esprit français des soirées intimes chez Mademoiselle de Guise.

    …

    …

    Ce jeudi 23 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa