Étiquette : rencontrer

  • L’intelligence exploratrice et créatrice féconde d’un passionnant chanteur singulier, le baryton viennois Georg Nigl : une assez étonnante et rare connivence d’approche de la musique en son cœur le plus intime, entre un musicien-interprète et un simple mélomane surtout discophile…

    C’est le CD « O Mensch ! » de Pascal Dusapin sur des textes de Nietzsche – le CD col legno WWE 2040, enregistré à Vienne les 25 et 26 mai 2012 – qui m’a fait découvrir, à partir du nom de Nietzsche, le baryton viennois Georg Nigl – né à Vienne le 2 mai 1972 ; il est âgé aujourd’hui de 53 ans…

    De ce chanteur, figure aussi dans ma discothèque personnelle le CD Alpha 241 « Bach Privat«  – enregistré en novembre 2015 – , avec Andreas Staier…

    …

    Or voici que ce matin je découvre sur le site de ResMusica une superbissime interview de Georg Nigl par Dominique Adrian, intitulée « Georg Nigl du clavicorde à Dusapin : les multiples univers d’un interprète créateur« , qui tout simplement me passionne, tant je me sens, comme infiniment rarement, en totale harmonie, de parfait plain-pied, avec ce qu’y détaille Georg Nigl de son rapport personnel, et en tant qu’interprète, lui, à la musique ; alors que mon rapport à la musique est celui d’un simple mélomane, et, plus encore – par besoin de l’écoute hyper-attentive et renouvelée que permet le CD – , via la discographie plutôt que le concert – je me suis déjà un peu exprimé là-dessus ; cf les débuts de réflexion sur le rapport de l’artiste-interprète au concert, et le rapport du simple mélomane au concert et au CD, esquissés en mon article « La jubilation sur le champ du concert pour le musicien-interprète et la joie de l’écoute chez soi du CD pour le mélomane : ce que peut apporter à la discussion et à la réflexion la lecture d’une « Conversation avec Emmanuel Despax »… » en date du 17 août dernier : c’était déjà à la lecture d’un très intéressant entretien développé et détaillé d’un musicien interprète, pianiste cette fois-là, Emmanuel Despax…

    …

    Aujourd’hui donc, ce sont les réflexions de cet artiste singulièrement intelligent qu’est l’expérimenté – il a 53 ans – baryton viennois Georg Nigl qui trouvent en moi un lecteur passionné ;

    et voici donc cet article que je vais m’empresser, avec jubilation, de commenter au passage :

    …

    En quelques années, est devenu un familier du . Construisant une carrière très personnelle et très singulière – voilà, voilà ! – , le chanteur évoque ses conceptions – aussi remarquablement intelligentes que singulières – en matière de Lied, de musique ancienne et de théâtre musical – et l’expérience théâtrale aussi est en effet marquante pour lui ; c’est bien de le souligner.

    ResMusica : Vous avez fait vos débuts à Salzbourg en 2007 – à l’âge de seulement 35 ans… – , en Saretzki dans Eugène Onéguine. Connaissiez-vous le festival avant cette date ?

    : Je connaissais Salzbourg depuis le train, je me disais en passant sur le pont que c’était très joli, et en effet c’est un lieu très particulier et magnifique, mais on ne peut vraiment pas dire que c’était un but pour moi. Je n’étais jamais allé au festival comme spectateur – voilà ! – , entre autres parce que, ayant fait partie des Wiener Sängerknaben, j’avais beaucoup voyagé dans ce cadre – et étais donc tr!s pris… Ensuite, l’été est un moment crucial pour tout le monde du classique, j’étais donc engagé ici et là – voilà. Je ne fais pas partie des gens qui vont tout voir : ce n’est pas du désintérêt – Georg Nigl est au contraire quelqu’un d’extrêmement curieux – , mais je suis tellement occupé que j’ai rarement le temps d’aller au concert ou à l’opéra. Cela dit je reste bien informé de tout ce qui se passe, mais je fais très attention à ne pas – non plus – me laisser distraire – divertir.

    RM : Qu’est-ce qui vous reste de cette expérience de Sängerknabe ? La voix de tête, par exemple ?

    GN : Oui, bien sûr, mon aisance en voix de tête, que j’utilise très régulièrement, me vient de l’expérience de Sängerknabe ; la voix mixte, ce registre qu’utilise un baryton pour pouvoir chanter piano dans l’aigu, c’est déjà presque une voix de tête, on est donc habitués à l’utiliser ; je peux chanter en voix de tête quand c’est nécessaire, par exemple dans Macbeth Underworld de Dusapin.

    RM : Comment est venu cet engagement à Salzbourg ?

    GN : J’avais déjà travaillé avec Jürgen Flimm [intendant du festival de 2007 à 2010], avec Nikolaus Harnoncourt, pour Alfonso und Estrella de Schubert et L’Anima del Filosofo de Haydn ; j’avais fait Carmen à Graz en 2005 avec Andrea Breth et Harnoncourt, et je connaissais Barenboim pour avoir fait un remplacement dans une Carmen qu’il dirigeait. Je me souviens bien, je chantais Von heute auf morgen de Schönberg à Venise, et Flimm et Barenboim m’ont appelé en me demandant si je voulais chanter le rôle, même si je faisais déjà à l’époque seulement des premiers rôles. Dans notre métier, c’est comme ça que les choses arrivent : il y a des chanteurs qui arrivent tout à coup sur le marché, en général pas des barytons, sauf cas exceptionnels comme Bryn Terfel ; pour le reste, tout se passe par contacts personnels, parce que quelqu’un vous a vu dans un spectacle, etc. Ensuite – après ce premier engagement en 2007 – , il s’est passé du temps sans Salzbourg, puis Markus Hinterhäuser m’a invité pour un Liederabend avec des œuvres de Wolfgang Rihm en 2010, et puis les choses se sont enchaînées.

    RM : Dans votre carrière, la musique contemporaine a joué un bien plus grand rôle que le répertoire classique – un fait en effet remarquable, et qui concerne aussi relative rareté de présence au disque de Georg Nigl…

    GN : Oui, je viens du milieu de la musique contemporaine – voilà – , j’ai fait une trentaine de créations d’opéra – contemporains, donc – ; ce n’est pas seulement par une décision de ma part, mais il suffit qu’on sache qu’untel sait faire en matière de contemporain, on a vite l’étiquette – voilà – : je n’ai pratiquement pas fait le grand répertoire, je n’ai jamais chanté Elias, j’ai fait une seule fois la Passion selon saint Matthieu, avec Simon Rattle il y a deux ans ; j’ai très peu chanté le répertoire classique pour baryton, à part Papageno ; j’ai chanté Don Giovanni deux fois, Figaro une seule fois. Ce n’est pas du tout parce que ça ne m’intéressait pas : il y a une époque où j’aurais rêvé d’entrer dans la troupe – voilà – du Komische Oper, d’autres maisons m’auraient aussi beaucoup intéressé.

    J’ai beaucoup travaillé avec Nikolaus Harnoncourt et son Concentus Musicus – et c’est très important – : là, on savait que de répétition en répétition l’orchestre restait exactement le même – voilà – , que tout le monde travaillait ensemble – oui -, qu’on se fondait progressivement en une véritable équipe – une troupe – ; tout ceci, je ne peux pas l’avoir dans un théâtre de répertoire – tiens donc… Quand je travaille avec le Concentus Musicus, ou avec l’Ensemble Modern, les choses se passent de façon amicale – voilà, voilà – , on peut aller jusqu’au fond des choses – ce qui est vraiment le principal musicalement – , ce qu’on ne peut pas faire quand on est engagé ponctuellement par un orchestre : dans ces cas-là, on ne connaît pour ainsi dire pas ses collègues de l’orchestre ou du chœur, comme si nous étions dans des univers différents – et toc ! – : les choses finissent par s’assembler, mais sans véritable contact – voilà, voilà – entre tous, ce n’est vraiment pas comme ça que je vois les choses – c’est excellent. L’opéra aussi, il doit s’agit d’un « nous », tous les participants unis, quand bien même j’ai une responsabilité particulière si je joue un premier rôle : le travail de chacun a la même importance – parfaitement !!!

    Au début, j’ai beaucoup chanté dans des productions de festivals, et puis est venu le moment où les portes des grandes maisons se sont ouvertes, à partir de 2005, quand j’ai chanté Faustus, The Last Night de Dusapin à Berlin. Et ensuite tout s’est enchaîné, Wozzeck, la Scala avec Stéphane Lissner, Jakob Lenz de Rihm à Vienne, etc.

    RM : Comment s’est développée cette collaboration constante avec ?

    GN : La rencontre avec Dusapin est une histoire amusante : Faustus était une coproduction entre Berlin et Lyon, mais ils n’avaient pas encore trouvé le baryton pour le rôle-titre ; la femme du directeur du casting à Lyon avait été assistante du metteur en scène pour un opéra de Georg Friedrich Haas au festival de Bregenz, et c’est elle qui a suggéré mon nom pour ce rôle très difficile. À l’époque, Dusapin n’avait pas encore l’importance qu’il a aujourd’hui, les chanteurs ne se sont donc pas précipités. L’œuvre n’a donc pas du tout été écrite pour moi, je l’ai rencontré – voilà – à cette occasion à la Staatsbibliothek en face de l’opéra, il était en haut de l’escalier, moi en bas, et je me suis tout de suite dit qu’on allait bien travailler ensemble. J’étais encore tout jeune – à la création de Faustus, the Last Night, à Berlin le 21 janvier 2006, Georg Nigl avait 33 ans – , j’avais bien préparé la partition, et au bout de vingt minutes de répétition le chef Michael Boder m’a dit que je pouvais partir. J’ai cru que je venais de me faire renvoyer, en fait c’était parce que les collègues étaient beaucoup moins prêts et qu’il devait d’abord les faire travailler ! Quand je travaille un rôle, que ce soit une création ou simplement un rôle nouveau pour moi, le travail est le même : c’est 95 % d’apprentissage – voilà, voilà : avec la plus grande minutie et probité ! – , il faut que je travaille, jusqu’au moindre détail – mais oui : et dans mes propres activités (de recherche, ou de penser) , je suis un vrai maniaque du détail ! – , pour arriver au point où je peux trouver une liberté – celle, formidable, d’improviser ensuite avec justesse : ce que je pratique en mes entretiens avec des auteurs ; la vivacité jubilatoire de la vie doit absolument être présente et ressentie à la performance…

    En deux décennies, j’ai presque tout chanté de ce qu’il a composé, des œuvres qui me sont dédiées, nous sommes devenus amis – et c’est ce qui advient en pareilles magiques connivences. Je lui ai par exemple commandé quelques Lieder pour un concert à Vienne, et il a répondu en m’apportant O Mensch – voilà ! voilà ! enregistré au disque en 2012… – , tout le cycle qui dure plus d’une heure. Les choses se passent très différemment selon les compositeurs. Rihm me demandait quels textes je voulais qu’il mette en musique pour moi. Olga Neuwirth, qui compose en ce moment un opéra pour Hambourg [Monster’sParadise, création le 1er février 2026] m’a récemment appelé pour voir ce que je pouvais faire avec ma voix de tête. Ce n’est pas du tout le cas avec Dusapin, parce qu’il connaît si bien ma voix, il sait où sont mes forces, et le résultat est du sur-mesure comme chez un grand couturier. Nous travaillons actuellement à un nouveau projet dont nous parlons depuis vingt ans ; je ne sais pas si c’est réalisable, mais nous sommes à l’œuvre – voilà, voilà, voilà…

    RM : L’aspect théâtral de votre métier compte beaucoup pour vous ?

    GN : Oui, vraiment, je suis un homme de théâtre – et cela s’entend parfaitement aussi au disque. Je fais surtout des nouvelles productions – des créations donc – , avec les six semaines de répétition, le répertoire n’est pas pour moi – voilà : d’où la relative rareté de la présence au disque de Georg Nigl... Je ne peux pas faire comme certains collègues, deux heures – seulement ! – de répétition et hop, Tosca, parce qu’ils l’ont déjà fait dix fois. Je crois cela dit que le théâtre musical est aujourd’hui en crise. Un directeur d’opéra peut aujourd’hui se mettre en avant par les interprétations des pièces qu’il fait émerger : je trouve ça positif que même s’il existe encore le star system a beaucoup moins de place qu’avant (et avec une Carmen avec les trois stars du moment on peut financer d’autres choses plus originales). Le travail du directeur, aujourd’hui, c’est de choisir les metteurs en scène, et les chanteurs sont choisis par d’autres ; de façon révélatrice, les directeurs musicaux, eux, occupent une place très faible – voilà… – dans les organisations.

    Je suis un enfant du Regietheater – c’est dit ! – l’opéra a beaucoup profité du Regietheater, il fallait certainement sortir de ces postures figées, qui sont du reste toujours le stéréotype – voilà – sur notre profession. On dit encore aujourd’hui que l’opéra est un monde poussiéreux : c’est une absurdité, il suffit de voir cette année à Salzbourg Kate Lindsey qui chante dans Maria Stuarda, elle pourrait être actrice au cinéma, ou Olga Kulchynska dans Giulio Cesare ; on n’en est plus à l’époque de Jessye Norman ou de Montserrat Caballé, qui étaient formidables en leur temps et avaient des visions tout à fait modernes de leur art, mais aujourd’hui on a un peu le problème inverse : à force de tout ripoliner – voilà ! – , on en vient presque à regretter qu’il n’y ait pas un peu de poussière. Le plus problématique, tout de même – voilà, voilà ! – , c’est que certains [metteurs en scène] arrivent souvent sans s’être vraiment préparés – Bing ! – , ce qui ne les empêche pas de venir comme s’ils étaient les seuls à détenir la vérité sur l’œuvre – voilà !! Six semaines, ça peut être très long dans ces conditions – très pénibles ! – , et il n’y a rien de pire – voilà ! – que de devoir assumer en scène cette interprétation quand on n’est soi-même pas convaincu – c’est un supplice – : dans ces conditions, le public peut difficilement adhérer – mais oui. Et c’est là une des raisons qui m’ont personnellement éloigné de telles caricaturales torturantes performances, leur préférant le disque…

    RM : Que peut vous apporter le metteur en scène dans votre travail ?

    GN : August Diehl m’a rapporté la semaine dernière une phrase de Peter Zadek : en répétant son dernier spectacle avant sa mort [2009], il a dit à ses acteurs : « Vous devez d’abord penser, et ensuite ressentir ». C’est une phrase extraordinaire, et ce n’est pas quelque chose qu’un chanteur, ou un acteur, peut trouver par lui-même : c’est par la réflexion qu’on parvient au sentiment, il faut de la distance – oui ! Bob Wilson m’a dit « Ne joue pas pour tous, joue pour un seul ». Andrea Breth m’a dit : « Traverse la scène comme si personne ne t’observait ». Tout ça, ce sont des choses que je ne peux pas oublier – bravo ! Quand Breth a mis en scène l’Eugène Onéguine dont nous parlions, il y avait toute une scène muette avant l’entrée de Grémine, où nous étions tous assis sur une grande table : j’ai adoré jouer cette scène, parce que tout était mis en place de façon si précise. De même la Chauve-Souris mise en scène par Barrie Kosky, voilà quelqu’un avec qui j’aime travailler, parce que c’est un vrai homme de théâtre – sur le terrain – , et pas quelqu’un qui travaille simplement avec des concepts – empruntés impersonnellement, de bric et de broc, et en fonction de modes supposées amener du public…

    RM : En 2023, vous avez créé au festival une série de Nachtmusiken, nuits musicales. D’où vous est venue l’idée de ces concerts si particuliers ?

    GN : J’avais imaginé un programme de Lieder, Böse Lieder (chansons méchantes ou mauvaises chansons), où on commençait gentiment par des choses relativement comiques, La chanson de la puce de Beethoven par exemple, et puis ça devenait beaucoup plus politique, pour ne pas oublier le passé, jusqu’à Eisler, Brecht, etc. J’ai été frappé par le fait qu’à la télévision, au fond, les comiques étaient les seuls à oser remettre en question le discours politique, ce que ne font plus –hélas – les émissions de débat traditionnelles – bien trop convenues, où règnent la langue de bois et les poncifs… – : je me suis donc dit que passer par le rire était une manière d’arriver à parler de choses sérieuses. J’ai fait entre autres ce programme, avec Elena Bashkirova et l’actrice Martina Gedeck dans le château de Neuhardenberg, à la frontière germano-polonaise ; dans le jardin, sous le grand chêne vieux de trois cents ans, j’ai pensé à la personne qui l’avait planté sans savoir à quoi ressemblerait le monde quand l’arbre serait devenu ce qu’il est aujourd’hui, et c’est comme en musique quand je chante Bach, Mozart, etc. J’ai alors repensé à Friedrich Gulda – 1930 – 2000, viennois – , qui avait donné un concert sur clavicorde – un vrai créatif – , et je me suis mis à écouter tout ce que je trouvais en streaming. J’ai donc commencé à me renseigner, un facteur de clavicordes m’a dit que le son de l’instrument était trop faible pour s’accommoder avec la voix, mais j’ai fini par tomber sur la bonne personne – voilà ! et celles-ci sont plutôt rares : il ne faut pas les manquer quand on les croise et fait leur rencontre,… – , Alexander Gergelyfi – natif de Linz. Quand Markus Hinterhäuser m’a demandé ce que je voulais faire à Salzbourg, je lui ai tout de suite parlé du clavicorde ; il était très surpris, puis il s’est souvenu de Gulda qui passait ses hivers à Salzbourg, dans les cafés, souvent avec un clavicorde – pour ma part, j’ai été marqué par Pierre Hantaï travaillant son clavicorde dans un couloir de l’abbaye de Saint-Michel-en Thiérache, près de son fils né tout récemment alors, c’était au mois d’août 1995, pendant qu’Elisabeth Joyé, sa compagne, enregistrait des pièces de clavecin pour le CD « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine«  pour la Simphonie du Marais et Hugo Reyne, sur un programme dont j’étais pour 90% l’auteur : je lui tournais les pages de la partition…  – : quand il ne jouait pas aux échecs, il lui arrivait de jouer de son clavicorde. Nous avons donc trouvé cette petite salle sur la colline, pour des concerts du soir puisqu’il faut le calme absolu – oui ! – , et c’était tellement magique – voilà !!! – que nous en sommes à la troisième saison, avec des articles dans les grands journaux : visiblement, on a trouvé là quelque chose qui électrise les gens – assistant à ces concerts de parfaite intimité…

    J’ai toujours eu un problème avec l’interprétation des Lieder, parce qu’il y a toujours ce côté intériorisé qui ne convient pas tellement- voilà ! – aux grandes salles de concert – cela ne m’empêche pas de le faire quand c’est justifié, par exemple avec un programme autour de la Première Guerre mondiale, Mahler, Eisler et Karl Kraus : je l’ai fait à guichets fermés au Prinzregententheater à Munich, et bientôt à l’Opéra de Vienne. Le fait de chanter ce répertoire avec des instruments anciens dans un cadre intime, avec beaucoup moins de puissance, me permet de murmurer – voilà ! – au lieu de tout chanter à pleine voix, et tout à coup un song de l’époque de Shakespeare entre en résonance avec le Leiermann du Voyage d’hiver. La Belle Meunière sur un piano carré d’époque, c’est tellement différent de ce qu’on connaît – voilà, voilà ! – , et pourtant c’est bien comme ça – mais oui ! – qu’on l’entendait à l’époque de Schubert ! C’est même très différent du pianoforte qui est parfois utilisé pour cette musique : c’était un instrument assez luxueux, et le format musical est beaucoup moins intime que ce qu’on obtient avec le – simple – piano carré. Nous vivons dans une époque où le visuel domine – ainsi que le spectaculaire pour les foules… – , où on a désappris  – hélas ! – à écouter – vraiment… – , et c’est important pour moi, cette idée d’une école de l’écoute – oui ! –  : quand le son est trop fort, rien ne va plus, cela devient douloureux ; par contre, on peut réduire à l’extrême le volume sonore, et cela crée une intimité incroyable – voilà ce qui seul convient ici : cette connexion au plus intime de la musique et de la voix…

    Nous travaillons dans la musique classique avec un instrument – le piano de concert – , « le roi des instruments », alors qu’une grande partie du répertoire n’a pas été composée pour cet instrument. Glenn Gould a essayé toute sa vie de chanter sur le clavier, avec un piano carré on y parvient tout de suite ! Pourquoi jouer sur des grands pianos modernes, alors ? Pour le business – hélas ! – , pour pouvoir jouer devant 2000 personnes ! – une réalité qui a fini par s’imposer au XVIIIe siècle avec la prolifération de concerts donnés dans des salles de concert publics, et payants… Nous avons face à nous toute une industrie – voilà ! – du divertissement – Pascal, reviens !!! – , qui veut de plus en plus de spectateurs pour des shows en plein air – à l’acoustique pitoyable : c’est tout simplement une aberration – , de plus en plus de followers – de troupeau qui fait nombre, au détriment de la qualité… – sur Instagram : pourquoi pas, mais on finit – il s’agit ici de l’interprète – par ne plus être préoccupés que de soi-même, de s’admirer – soi, seulement soi – dans ce miroir public – à la Arkadi Volodos, à la Sebastian Salgado, ces polisseurs du joli, sinistres nombrilistes égocentrés : l’ai-je bien descendu, le grand escalier de Mistinguett ?..

    RM : Comment concevez-vous le répertoire de ces concerts ?

    GN : Il y a aussi dans les programmes que je propose quelque chose de très politique, même si je n’en parle pas explicitement : je viens de faire un programme autour des Derniers jours de l’humanité de Karl Kraus, avec déjà deux concerts devant des salles combles, et dies Lieder de Eisler et de Mahler. Le programme Schubert que nous faisons dans les Nachtmusiken est aussi très politiques, avec cette lettre terrible de Gottfried Benn – oui, terrible… – qui montre bien que, malheureusement, les gens d’extrême droite ne sont pas toujours des crétins, ils n’en sont que plus dangereux. Les textes des Lieder de Schubert parlent de forêts, de ruisseaux, etc., mais ils ont été écrits à une époque où la censure était toute puissante ; on le voit aussi dans les livrets de ses opéras, où les commanditaires voulaient des livrets à la Calzabigi, à la Da Ponte, où on ne pouvait pas évoquer des rois, des prêtres, où rien ne devait pouvoir être interprété de façon politique. Les poètes peuvent être de second ordre, mais quand le texte dit « Je suis un étranger partout où je vais » [Der Wanderer, D 493], je pense à ce que dit Beckett quand il parcourt l’Allemagne en 1936 (« Cette Allemagne me court de plus en plus sur les nerfs »), j’ai une toute autre idée de ce que signifie – voilà – cette idée de la Wanderschaft, l’errance ; quand, dans Des Schäfers Klagelied, le berger dit que sa bonne amie est partie « peut-être même au-delà de la mer », on est à l’époque où tant d’Allemands sont partis jusqu’en Amérique. Evidemment qu’il y a des échos politiques – oui.

    RM : Le rapport entre texte et musique est très différent d’une soirée à l’autre. Comment travaillez-vous sur les textes ? Qui les choisit ?

    GN : Pour l’essentiel, c’est moi. Les pièces instrumentales sont choisies en dialogue, et les pièces chantées, naturellement, c’est moi qui les choisis. Pour la soirée Schubert, je me suis fait aider par un dramaturge ; je voulais de la littérature de voyage, d’exil, des années 1930, et j’ai pu faire mes choix parmi la sélection qu’il m’a fournie. Pour la soirée Shakespeare, j’ai demandé à August Diehl quels textes il voulait dire et nous avons ensuite fait le montage ensemble en fonction de nos préférences respectives : cela donne une vraie soirée de théâtre – voilà – , ce qui surprend beaucoup le public. La première année, au contraire, Ulrich Noethen avait souhaité choisir lui-même les textes qu’il disait, par exemple ceux de la poétesse Forough Farrokhzad ; j’ai alors pensé à mettre en lumière l’idée d’Orient et d’Occident, le chant juif, le chant arabe, et la civilisation méditerranéenne, et je suis alors arrivé à Monteverdi. Il ne s’agissait pas de correspondances explicites, mais d’une idée commune, d’une atmosphère – de magiques connivences très intimes…

    RM : Pensez-vous continuer cette série de concerts les prochaines années ?

    GN : Je pense, oui. Il y a encore énormément de répertoire qui m’intéresse, notamment dans les périodes anciennes, Biber, Telemann, etc. – oui ! Je les aime passionnément, moi aussi. Je me suis intéressé aussi à la littérature des trouvères et troubadours, mais c’est tellement difficile à cause de cette prononciation ancienne ! Ce que je veux faire dans ces concerts, en tout cas, ce sont des choses qui sont des découvertes – voilà – aussi pour moi. J’ai eu aussi des demandes pour des concerts similaires ailleurs en Europe, et nous envisageons aussi d’enregistrer La Belle Meunière, si possible avec un piano carré – voilà – sur lequel Schubert lui-même a composé, mais il a besoin d’une restauration.

    Crédit photographique © Anita Schmid

    …

    Georg Nigl – écoutez cet extraordinaire Mozart-ci – :

    ou l’intelligence rare et singulière d’un musicien de l’intimité absolument passionnant ! 

    …

    Ce mardi 26 août 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le tout premier courriel de réception à mon envoi de la nouvelle adresse de mon Blog encherchantbien.fr : celui de l’amie Georgie Durosoir…

    Le tout premier courriel de réception à mon envoi de la nouvelle adresse de mon Blog encherchantbien.fr , est celui de l’amie très chère Georgie Durosoir :

    …

    cher Francis,

    j’ai à peine survolé car la maison est pleine! mais je vous dis un Bravo admiratif! quel travail accompli au cours des ans, varié, compétent, fervent! Une mine d’or… Vous avez encore beaucoup à faire pour tout classer, mais c’est d’ores et déjà clair, facile d’accès, et sympathique d’aspect.

    je vous dis mes encouragements admiratifs!

    georgie 

    …

    …

    Quel travail accompli au cours des ans, varié, compétent, fervent !

    Une mine d’or : mazette ! Quels compliments !

    Et quel encouragement à poursuivre encore et encore – tant que j’aurai de l’encre et du papier, aurait dit un Montaigne ; ou plutôt, maintenant, tant que je, moi Titus Curiosus, dispose de ce clavier d’ordinateur et de cet accès si précieux à Internet … – , l’écriture jubilatoirement quotidienne de ce vital Blog encherchantbien.fr …

    …

    …

    Et je me permets de renvoyer ici, en addendum et en outre, aux échanges de courriels – on les lira avec un peu de patience ; je ne les cite pas directement ici, ils sont, comme à ma terrible habitude, bien trop détaillés… – que, suite à la réception du CD des 3 «Quatuors à cordes » de Lucien Durosoir, par le Quatuor Diotima (CD Alpha 125) que m’avais fait parvenir l’ami Jean-Paul Combet, le fondateur du merveilleux label Alpha – avec lequel je collaborais très activement – , j’avais placés en appendice à mon article du 4 juillet 2008 « Musique d’après la guerre » ; des échanges comportant les tous premiers messages de Georgie Durosoir qui avaient suivi la parution de ce CD Alpha 125 des 3 «Quatuors à cordes » de Lucien Durosoir, tels un prélude-ouverture à notre lumineuse et profonde amitié…  

    …

    J’en cite ici seulement, et très brièvement, ceci – qui va en peu de mots à l’essentiel ! – , du 23 mai 2008 à 23h 54 :

    Je vous remercie pour la qualité de votre écoute et pour ce chaleureux message ;

    et cela, du 2 juin suivant à 9h 32 :

    Je sais gré à J-P C. de m’avoir mise en relation avec vous car, à mon âge, on ne recherche plus que des gens de vérité et de sincérité.
    J’espère vous rencontrer un jour…

    …

    …

    Et cela en prélude, entre autres fécondissimes rencontres, aux 2 contributions notoires que Luc et Georgie Durosoir me donneront la fabuleuse occasion de produire, le 11 février 2011, au Palazzetto Bru-Zane à Venise, au passionnant et richissime colloque Lucien Durosoir, un compositeur moderne né romantique :

    Une Poétique musicale au tamis de la guerre  : le sas de 1919 – la singularité Durosoir :

    Approcher l’idiosyncrasie de l’art de Lucien Durosoir oblige à interroger les raisons de sa singularité, et mettre à jour les tenants et aboutissants de cet œuvre et du génie de son auteur (1878-1955). Déployée au sortir de la Grande Guerre vécue sur le front dans les tranchées les cinq ans de 1914 à 1918, et après le sas d’exercices de préparation intensifs tout l’an 1919, la composition de Lucien Durosoir s’accomplit avec une immédiate sidérante maturité comme hors contexte d’écoles, tellement les influences de départ sont transmuées en un tout puissant et une forme achevée d’œuvre. Non seulement l’homme a un fort tempérament, et le virtuose du violon qu’il fut de 1897 à 1914 par l’Europe entière, une immense culture musicale, mais l’épreuve sauvage de la Grande Guerre fixe – et pour toujours : de 1919 à 1950 – la plus haute ambition artistique qui soit à sa création : une venue à « l’essentiel », et par une poétique musicale en symbiose avec la création-figuration des poètes reçue en exemple-modèle d’une poiêsis donnant accès à l’être même du réel. Non pas selon quelque Idéal du moi de type romantique, mais selon un Idéal d’œuvre à dimension – ontologique – de monde, à l’exemple thaumaturgique d’un Leconte de Lisle en poésie. Et, après une fabuleuse première moisson de « fruits mûrs » les années 1920-21-22, ce sera dans une dynamique de grandeur en expansion, à son acmé œuvre après œuvre jusqu’en 1934, et dans une logique de modernité exigeante, audacieuse en même temps que sereine, soucieuse – à la façon d’un Paul Valéry en sa poésie comme en sa Poétique – de la clarté de ses formes et flux, jamais inchoative : moderne sans modernisme.

    et

    La Poésie inspiratrice de l’oeuvre musical de Lucien Durosoir : Romantiques, Parnassiens, Symbolistes, Modernes :

    L’œuvre musical de Lucien Durosoir est en dialogue permanent et fondamental avec la poésie : pas seulement parce que la poésie – essentiellement celle de la seconde moitié du XIXe siècle – est, au plus haut des Arts, référence et modèle ; mais parce que la poésie est matrice même de sa création : un pôle consubstantiel du déploiement du discours musical. Un tel transfert d’imageance se révèle dès les intitulations des pièces de musique d’après des poèmes ; mais encore dans les vers placés en exergue des partitions, continuant ce dialogue. Et cela, alors que le compositeur répugne au genre de la mélodie, en déficience d’imageance musicale pour lui. Historiquement, entre les courants romantique, parnassien, symboliste et moderne de la poésie dont il est le contemporain, la préférence de Lucien Durosoir va, et avec fidélité, au modèle et idéal d’œuvre parnassien, dans la version de Leconte de Lisle surtout, tant sur un plan formel qu’ontologique. Avec aussi la fréquence de références thématiques à la Grèce, celle de Sophocle, Théocrite, Chénier, et Moréas. Ainsi que l’accomplissement, œuvre après œuvre, en la chair de la musique, d’une singulière puissante dynamique serpentine, au service du rendu le plus sensuel des forces de la vie. Et cela jusque dans le rapport de Lucien Durosoir aux œuvres de Baudelaire et Rimbaud. En même temps que, et alors que rien ne s’y réfère aux poètes du modernisme, selon la voie sereinement audacieuse d’une vraie modernité musicale, parfaitement libre, ouverte et renouvelée avec constance au fil des œuvres, magnifique en sa dense clarté d’affirmation.

    …

    …

    Très simplement, voilà :

    tout se tient, se déploie et se déroule, en de telles lumineuses et fécondissimes rencontres – cf aussi mon décisif Pour célébrer la rencontre écrit en 2007 et retrouvé en 2016… – de nos vies…

    …

    …

    Ce jeudi 14 août 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En témoignage de reconnaissance à diverses personnes qui m’ont fait confiance, ou les suites fécondes, en forme d’œuvres, de bien belles rencontres…

    En témoignage de reconnaissance émue à diverses personnes qui m’ont fait confiance,
    voici 2 remarquables courriels de l’ami Eric Rouyer (en date des 22 février et 6 mars derniers), en réponse à 2 envois d’articles de mon blog « En cherchant bien » :
    …
    …

    _ d’abord celui-ci, en date du 22 février 2025 :

    …
    Cher Francis
     
    Je lis toujours vos envois avec attention, mais j’ai appris à m’en méfier ! Pour la raison qu’il faut leur consacrer toute l’attention qu’ils méritent et pour cela je dois m’assurer au préalable d’avoir pris la précaution d’une disponibilité d’environ 30 minutes.
     
    Merci pour votre juvénile enthousiasme qui fait paraitre de nombreuses personnalités de la musique fanées et inutiles.

    Sincères pensées
    Eric 
    …
    …
    Le mercredi 12 février 2025 à 06:03:08 UTC+1, Francis Lippa <francis.lippa> a écrit :
    …
    …
    A propos du partage ouvert du goût de la musique (et de la curiosité),
    et de la vraie culture, 
    …
    et au pénible et symptômatique moment où disparaissent ces fort utiles véhicules de transmission et partage de culture authentique que sont les magazines Classica, Pianiste et L’Avant-Scène-OpéraJean
    (cf l’articledu Blog de Jean-Pierre Rousseau « La messe est dite » : https://jeanpierrerousseaublog.com/2025/02/08/la-messe-est-dite/ du 8 février dernier…),
    …
    ces modestes petites réflexions-ci :
    en forme de simple exemple,
    sur mon très discret confidentiel blog « En cherchant bien »…
    …
    …
    Francis,
    passeur passionné,
    nageur à contre-courant du mainstream
    …
    …
    _ et puis celui-là, très bref, mais avec une expression cruciale, et qui me touche beaucoup : « simplicité imprégnante », en date du 6 mars suivant :
    …
    …
    …
    …
     
    Et aussi, en forme de post-scriptum, ce jour,
    cette petite réflexion-ci :
    …
    …
    chaque fois – autrement dit pas souvent : je déteste quémander (et dépendre)… – que ma candidature ou proposition de participation (à quelque chose) a été refusée,
    ma réaction, dénuée de la moindre amertume (et ressentiment), a été chaque fois de plaindre bien sincèrement et très innocemment ceux qui se privaient ainsi, stupidement, de mon concours : c’étaient eux, et pas moi, les perdants !..
    …
    C’est dire là à la fois ma modestie et ma suffisance !
    …
    …
     
    Et si j’ai à jamais chevillé au corps un « juvénile enthousiasme », pour reprendre la très juste expression d’Eric Rouyer,
    et adore m’enthousiasmer (et admirer, et même très sincèrement porter parfois au pinacle…) avec une « simplicité imprégnante »,
    …
    en revanche, je suis extrêmement exigeant en matière de goût,
    tant des œuvres (et des interprétations) que des personnes (mais oui !),
    même si je n’aime pas perdre le moindre temps (infiniment précieux : la vie défile, les années passent…) à m’épancher sur mes détestations – ce serait dangereusement contagieux… Et il vaut cent milliards de fois mieux la perfusion-infusion-diffusion et partage rayonnnants et contagieux des joies… Là-dessus, je suis absolument spinoziste…
    …
    …
    Et de fait il se trouve que si, prudent (ou lâche), j’ai très rarement candidaté à quoi que ce soit, sinon à des concours de recrutement de la fonction publique ;
    …
    presque toujours,
    étant dépourvu de la moindre ambition et visibilité sociales (la plupart des reconnaissances se faisant hélas pour de très mauvaises raisons, parasites aux vraies qualités vraies des personnes…),
    je me suis trouvé, à quelques rares occasions seulement, répondre favorablement à ces quelques uns qui ont osé solliciter ma collaboration :
    …
    j’aime, en effet, et cela par tradition familiale (ma mère, mon grand-père…), simplement gentiment, et avec total désintéressement, rendre service.
    …
    …
    Et je déteste bien sûr la servilité – mon indépendance-liberté m’est sacrée, à la Montaigne, mon voisin d’enfance…
    …
    Autant que le machiavélisme (que Machiavel le premier, dans « Le Prince », dénonçait !) – un minimum de vraie culture philosophique (et pas journalistique ! ou sciences-po-esque…) fait aussi très grand bien pour la hauteur et justesse de vue !
    …
    …
    Et si je m’amuse à essayer d’un peu lister ceux qui m’ont un jour proposé une collaboration – qui s’est par la suite avérée très féconde, et jouissive ! –,
    voici les noms de quelques uns – et j’en oublie forcément ici quelques autres… – de ceux auxquels va toute ma gratitude reconnaissante :
    …
    …
    Fernand Bentosela, mon proviseur remarquablement intelligent au Lycée Nord-Bassin d’Andernos, pour la création de mon premier atelier de pratique artistique, sur le Baroque, qui, grâce à Francis Ribemont, le dynamique et inventif conservateur du Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, me mènera, avec mes élèves de l’atelier, dix jours pleins chaque fois, le temps de bien déambuler par les rues et nous imprégner vraiment des vraies curiosités (autrement qu’en touristes superficiels ! – mais c’est là un pléonasme : c’est seulement à sa troisième année de son séjour à Rome que Goethe a pu enfin pénétrer un peu la vérité de la ville de Rome et des Romains… –), à Rome en 1992, et à Prague en 1993 et 94 – ces deux capitales baroques si incroyablement riches… – : ce furent des séjours proprement magiques ! avec, déjà, de vraies rencontres d’artistes – tel l’écrivain pragois Vaclav Jamek, rencontré les deux années…
    …
    …
    Hugo Reyne, pour la Simphonie du Marais, dont je serai un très actif et créatif « conseiller artistique » pour divers disques – surtout le magique « Portrait musical de Jean de La Fontaine« … –, la décennie des années 90 ; ainsi que récitant lors de magnifiquement stimulants concerts : la première fois, impressionnante, dans le grand salon de la mairie de Lyon, pour un beau programme Lully…
    …
    …
    Jean-Paul Combet, pour les splendides disques Alpha, dont j’accompagnerai très activement la création du merveilleux label, en 1999, et participerai de diverses façons à l’aventure inventive fabuleuse, sous la direction de Jean-Paul, la décennie suivante…
    …
    …
    Corinne Crabos, lectrice-libraire très fine et très sensible, qui me fera créer pour la librairie Mollat, en juillet 2008, mon très cher blog « En cherchant bien »…
    …
    …
    Georgie Durosoir, pour le miraculeux colloque « Lucien Durosoir » au Palazzetto Bru-Zane à Venise (en février 2011), auquel j’ai donné 2 contributions, ainsi que toutes ses extraordinaires suites, qui continuent…
    …
    …
    Et maintenant Guy Lalanne pour l’excellent Jakintza (et Ravel) à Ciboure, après 6 années de travail mien sur la Correspondance de Ravel – rassemblée par l’ami Manuel Cornejo –, depuis 2019, sur ce que j’ai nommé, en les articles de mon blog, « les cousinages cibouro-luziens » de Maurice Ravel…
    …
    …
    Sans oublier Céline Spector, sous la présidence de laquelle j’ai accepté de devenir, un peu plus visiblement que jusqu’alors – je déteste les m’as-tu-vu ! narcissiques – , « vice-président » de notre belle « Société de Philosophie de Bordeaux », dont j’étais jusque là un très fidèle et actif membre du bureau : c’est ainsi sur mon initiative personnelle qu’a été passé le contrat qui se poursuit encore aujourd’hui entre notre Société de Philosophie de Bordeaux et la librairie Mollat, pour que se tiennent dans les beaux salons de la librairie nos conférences (podcastées, puis vidéocastées) ;
    car depuis pas mal d’années déjà j’étais un assez fréquent modérateur d’entretiens, pas encore enregistrés alors, avec des auteurs que je proposais à la librairie Mollat d’inviter !..
    …
    …
     
    Voilà, pour cette petite modeste mise au point de reconnaissances à célébrer…
    …
    …
    Ce vendredi 28 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Ce qu’offre la caverne d’Ali-Baba de Francis Lippa, dont le « Sésame, ouvre-toi ! » est un simple clic à l’endroit idoine, sur son Blog « En cherchant bien », ou ses Entretiens disponibles sur le site de la librairie Mollat, à Bordeaux…

    Listing de liens donnant accès (par un clic) à divers travaux de Francis Lippa,

    philosophe
    et homme de culture (et recherche) ouverte sur le large :
    …
    …
    1) à propos de son blog « En cherchant bien – Carnets d’un curieux »,
    ouvert le 3 juillet 2008 sur le site de la librairie Mollat, et comportant 2931 articles publiés à ce jour, signés Titus Curiosus :
    …
    _ 03-08-2008 : «   »
    un article d’ouverture programmatique de ce Blog, annonciateur de ce qui allait suivre : des regards de juste un petit pas de côté…
    …
    ou un aperçu de ma philosophie pratique personnelle
    …
    un article emblématique de ce que peut offrir aujourd’hui le meilleur du web
    …
    un éloge de Bordeaux (et de ce qu’offre splendidement la radieuse librairie Mollat)
    …
    en forme de rappel du merveilleux dîner avec Jean Clair et son épouse Laura Bossi, pour honorer l’ami bruxellois Pascal Chabot…
    …
    le plus récent de mes articles, ici de philosophie éminemment pratique…
    …
    …
    2) à propos de ses entretiens avec les plus excellents auteurs, enregistrés et accessibles en podcasts et vidéos sur le site de la librairie Mollat : 
    …
    Un trésor où puiser à l’envi !..
    Le bonheur d’écouter penser- parler Jean Clair, Denis Kambouchner (sur l’école), Hélène Cixous, Karol Beffa, Pascal Chabot, François Noudelmann ou Bernard Sève, etc., est proprement jubilatoire…
    …
    …
    3) à propos de ses travaux de recherche de micro-histoire sur des Résistants dans le Sud-Ouest sous l’Occupation :
    …
    un article qui ouvre bien des perspectives…
    …
    un article salué par Denis Peschanski
    …
    dans lequel j’ai recherché à percer-réparer les silences blessés, et à jamais à vif, de mon père…
    …
    …
    4) à propos de ses recherches et découvertes (!) sur la famille basque de Maurice Ravel (Ciboure, 1875 – Paris, 1937),
    travaux à paraître pour Jakintza, à Ciboure – Saint-Jean-de-Luz, au mois de novembre prochain :
    …
    avec accès disponible à l’ensemble des articles de cette recherche patiente, ouverte le 17 mars 2019 avec l’article «   »
    Un travail pour mieux comprendre les contextes tus, voire insus, nimbant l’oeuvre musical si parfait de Maurice Ravel ! 
    …
    …
    5) à propos de ses recherches de micro-histoire sur Louis Ducos du Hauron (Langon, 1837 – Agen, 1920), l’inventeur de la « photographie de couleurs » :
    …
    Un inventeur de génie
    …
    …
    6) à propos de ses recherches de micro-histoire sur la famille algéroise et orléansvillaise d’Amédée Ducos du Hauron (Agen, 1967 – Alger, 1935) : 
    …
    Articles pour lesquels il continue de recevoir des demandes de précisions de membres de la famille orléansvillaise des Bonopera, une famille alliée aux Ducos du Hauron d’Algérie
    …
    …
    _ 7) à propos de ses travaux de musicologie :  
    …
     
     soient deux contributions hyper-détaillées au colloque « Lucien Durosoir (1878-1954), un compositeur moderne né romantique », le 21 février 2011 au Palazzetto Bru-Zane à Venise :
    un compositeur magistral, à Bélus, en Chalosse…
    …
    à propos du CD « Un Portrait musical de Jean de La La Fontaine », le CD Virgin Veritas 7243 5 45229 2 5, pa paru au mois de mars 1996, dont Francis Lippa est le principal auteur du programme, ainsi que du livret, pour La Simphonie du Marais et Hugo Reyne, dont il était alors « conseiller artistique »..
    …
    …
    _ 8) à propos de son goût passionné de la musique :
    …
    un mélomane formidablement partageur de sa passion musicale du Baroque… 
    Je pense aussi à la talençaise Claude Maupomé (« Comment l’entendez-vous ? ») : comme ils nous manquent !..
    …
    Musique et joie à portée de platine, et pas seulement pour temps de Covid…
    …
    Un merveilleux concert, inattendu, à Ciboure
    …
    …
    _ 9 ) à propos de sa recherche littéraire :
    …
    Sur un auteur majeur du XXe siècle.
    …
    Pour approcher un peu l’étrangeté, tant littéraire que biographique, de notre cousin argentin Adolfo Bioy Casares (1914 – 1999), l’ami de Borges et le mari de Silvina Ocampo,
    sur lequel ma cousine Françoise Morin-Bioy et moi-même avons organisé une semaine de colloque international (Casa Cervantès – Médiathèque de Bordeaux) au mois d’octobre 2019…
    …
    un travail de lecture-commentaire hyper-détaillé de « Liquidation », LE chef d’oeuvre (de lecture assez complexe) d’Imre Kertész (1929 – 2016), Prix Nobel de littérature 2002.
    D’Imre Kertész, lire aussi les indispenables « Etre sans destin », et « Le Drapeau anglais – Le Chercheur de traces – Procès verbal »…
    …
    …
    Continuer à vraiment (et bien) lire, et écouter, et regarderles oeuvres d’art, est bien sûr capital pour le devenir (mortel, dixit Paul Valéry) de la civilisation,
    face à tant d’impostures barbares...
    …
    …
    Ce mercredi 29 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa