Étiquette : Rome

  • Une découverte musicale importante : le CD « Oratorio » de l’ensemble Les Accents et Blandine Staskiewicz

    C’est une découverte important et extrêmement réussie

    que nous apporte le magnifique CD

    _ de 17 airs plus beaux les uns que les autres _

    intitulé Oratorio 

    par l’ensemble Les Accents,

    la mezzo Blandine Staskiewicz,

    et sous la direction du chef et violoniste Thibault Noally :

    un CD Aparté AP 178

    de Little Tribecca.

    …

    …

    Les 5 compositeurs représentés ici

    appartiennent, pour quatre d’entre eux,

    à la troisième génération de de créateurs d’oratorios,

    à Rome, Venise, Naples, un peu Bologne, et aussi Vienne,

    au tournant du premier XVIIIe siècle ;

    …

    et le cinquième, Porpora, à la génération suivante.

    …

    La première génération _ du premier XVIIe siècle _ des créateurs d’oratorios,

    fut celle de Carissimi et Rossi, principalement à Rome,

    où fut créé le genre même de l’Oratorio, à la Chiesa Nuova,

    l’église des Oratoriens,

    l’ordre créé par saint-Charles Borromée et saint-Philippe Neri.

    …

    La seconde génération _ du second XVIIe siècle _

    fut celle de Pasquini, Provenzale, Falvetti, Legrenzi, Stradella.

    …

    Et la troisième,

    celle de quatre des compositeurs présents sur ce CD :

    …

    Antonio Caldara (1600-1736),

    Giovanni Bononcini (1670-1747),

    Francesco Gasparini (1661-1727),

    & Alessandro Scarlatti (1660-1725),

    …

    se déploie dans le premier XVIIIe siècle. 

    …

    Quant au cinquième,

    Nicola Antonio Porpora (1686-1763),

    il s’épanouit, lui, un peu plus tard dans le XVIIIe siècle.

    …

    …

    Jusqu’ici, j’avais été presque toujours déçu

    de ce que j’avais entendu au disque, ou même au concert,

    d’Antonio Caldara…

    …

    Eh bien, pas ici !

    Les quatre airs,

    extraits de quatre oratorios différents

    (La Castita al Cimento, Maddalena a piedi di Cristo, Santa Francesca Romana & Il Martirio di Santa Catarina)

    sont bouleversants de beauté,

    en une interprétation particulièrement émouvante et magnifique _ et variée d’un air à l’autre _ de la mezzo-soprano Blandine Staskiewicz.

    …

    …

    Le programme, varié,

    extrait de 7 autres Oratorios pour 13 autres airs,

    est merveilleux ;

    et nous fait pénétrer au meilleur, assez probablement _ et encore, bien des surprises nous attendent !!! _,

    de ce genre

    alors magnifiquement servi !

    …

    …

    Et la notice d’Olivier Rouvière, fournie, précise et développée,

    est particulièrement intéressante quant à ce moment d’histoire de la musique,

    et les fonctions de ce genre très touchant..

    …

    …

    Une parfaite réussite,

    qui nous met en appétit,

    tant quant au genre et aux compositeurs,

    qu’aux interprètes de ce CD  si réussi !!!

    …

    …

    Ce vendredi 15 juin 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les musiques qu’aimait à Rome en son palais la reine Christine

    La magnifique harpiste qu’est Mara Galassi

    nous gratifie d’un somptueux CD

    intitulé Portrait of a lady with a harp _ Music for Queen Christina of Sweden, (le CD Glossa 921304),

    constitué d’un très beau programme de musiques qu’à Rome aimait, ou même jouait elle-même, en son palais _ un temps dit le palais Riaro, puis aujourd’hui le palais Corsini_, situé sur la rive droite du Tibre, le long de la via della Lungara qui joint les quartiers du Vatican et du Trastevere _ juste en face de la splendide Villa Farnesina _, et au pied du Janicule,

    la reine Christine de Suède (1626 – 1689)…

    …
    Rein
    e _ ou plutôt, selon son titre officiel voulu par feu son père, « Roi«  _ de Suède depuis l’âge de six ans _ et la mort de ce père, le roi Gustave II Adolphe _ en 1632,

    elle abdique de sa couronne en 1654, et part vers l’Europe du Sud ; elle décide de se convertir secrètement au catholicisme, lors de son passage à Bruxelles ; puis publiquement cette fois lors de son passage à Innsbruck. Le pape Alexandre VII l’accueille alors fastueusement à Rome, le 20 décembre 1655, en faisant élever en son honneur la porte monumentale d’entrée de Rome qui jouxte Santa Maria del Popolo, Piazza Del Popolo.

    …

    …

    Suite à de complexes péripéties,

    elle se fixera à Rome en octobre 1668 ; et résidera, définitivement, au Palazzo Riaro alla Lungara _ l’actuel Palazzo Corsini. Elle y réunit de splendides collections de tableaux ; et y organise de superbes concerts de  musique, avec la fine fleur des musiciens présents à Rome :

    Alessandro Melani, Alessandro Scarlatti, Arcangelo Corelli, Bernardo Pasquini, Alessandro Stradella, Giacomo Carissimi, Marco Marazzoli.

    …

    Et elle ouvre aussi le premier théâtre public à Rome, le Tor di Nona.

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    …

    Au programme de ce très beau CD Glossa,

    et toutes pièces interprétées ici _ splendidement ! et avec une magnifique prise de sons _ à la harpe , au lieu du clavecin ou de l’orgue,

    une suite d’œuvres  _ dont deux Toccatas _ de l’organiste et claviériste Bernardo Pasquini (1657-1710),

    la sonate n°1 de l’opus 1 d’Arcangelo Corelli ( 1653-1713),

    une sinfonia a violino solo d’Alessandro Stradella (1639-1682),

    ainsi que quelques autres pièces d’Alessandro Scarlatti (1660-1725), de Jacques Arcadelt (1670-1747), de Bernardo Pasquini et d’Arcangelo Corelli ; ainsi que d’un compositeur anonyme.

    …

    Un récital merveilleux !!!

    …

    …

    Ce mardi 17 avril 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Jean-Christophe Bailly à Bordeaux avant-hier samedi pour le Printemps des poètes

    Avant-hier, samedi 3 mars 2018, et à l’occasion de l’annuel Printemps des poètes,

    Jean-Christophe Bailly

    était présent à Bordeaux, à la Halle des Chartrons,

    pour lire une superbe communication _ qu’il aurait dû donner à Bonn, sur les bords du Rhin, et qu’il ne put y donner pour un accident de santé _, intitulée Le Recommencement du poème.

    …

    Ce qui m’a permis de l’écouter, d’abord ; et de le rencontrer, ensuite :

    tous deux sommes de grands amis de Bernard Plossu ; et je suis un de ses très fidèles lecteurs…

    …

    Je me permets de donner ici les deux courriels que je lui ai adressés ensuite,

    le premier à 9h 45 hier :

    …

    Cher ami,

     
    au sein des manifestations du Printemps des poètes à Bordeaux,
    je participerai ce lundi soir à 19 heures à la librairie Olympique, aux Chartrons,
    à la présentation _ avec lectures des textes par leurs auteurs _ du livre de mon ami photographe Alain Béguerie Mythes d’alios (aux Éditions Marges en pages),
    en y lisant mon petit poème Chiron éducateur d’Achille enfant .
    …
    Alain Béguerie, photographe, a ramassé divers morceaux d’alios sur certains rivages de l’océan, au nord du Médoc,
    les a réunis, et en a photographié le résultat ;
    puis il a demandé à une cinquantaine des ses amis de choisir une photo
    et de bien vouloir écrire un poème (ou autre texte, à discrétion) lié à la mythologie, inspiré par cette image…
    …
    Voici donc le poème inspiré par elle (et la mythologie),
    signé Francis Lippa.
    …
    …
    Chiron éducateur
    d’Achille enfant 
    …
    Les sabots dans la glaise, et la tête dans les étoiles,
    ainsi courent les vastes plaines herbeuses
    les centaures-archers sagittaires.
    Ici, le vieux Chiron, éducateur d’Achille enfant,
    le buste encore droit bien cambré vers le ciel,
    incline avec douceur un bienveillant visage
    prodiguant à l’élève, regard aidant,
    quelque sage conseil.
    Un éclat de soleil lustre sa face patiné par les ans
    ….
    …
    Francis Lippa
    …
    P. s. : j’ai retrouvé tout ce qui concerne Thomas Jones
    _ peintre paysagiste gallois (1742 – 1803), qui sera présent dans le prochain livre de Jean-Christophe Bailly : Walles x 4, à paraître à la rentrée de septembre aux Éditions du Seuil _
    dans ma bibliothèque,
    avec, entre autres, son passionnant Journal de voyage à Rome et Naples, 1776-1783 (aux Editions Gérard Montfort).
    Mais aussi et surtout plusieurs beaux livres _ avec reproductions de paysages _ en partie à Jones consacrés,
    sur la naissance de la peinture de paysage à la fin du XVIIIe siècle, en particulier en Italie _ Jean-Christophe Bailly a longtemps enseigné à l’École nationale supérieure de la nature et du paysage de Blois…
    …
    Voici aussi un article (du 22 mai 2009) de mon blog Mollat En cherchant bien 
    où _ et en y redonnant des courriels à l’ami Plossu ! _
    je citais, à propos de ce que j’appelle « le regard étranger sur Rome », le nom du gallois Thomas Jones (« un génie ! à découvrir !!! », disais-je…) ;
    ainsi qu’un article du Monde, sous la double signature de Philippe Dagen et Michel Guerrin, associant les noms de Valenciennes (1750-1819), Jones (1742-1803) et Corot (1796-1875)…
    …
    Voici aussi l’article qui, le 23 de ce mois de mai 2009, suivait immédiatement celui-ci :
    …
    Et aussi ceci (article + podcast de mon entretien avec François Jullien, en avril 2014),
    à propos de son Vivre de paysage :
     
    Et ceci encore (en octobre 2012), à propos de l’émergence _ toujours en Italie _ du tourisme :
    suite à mon séjour (et arpentages dans les calli) à Venise en février 2011, lors du colloque Lucien Durosoir au Palazzetto Bru-Zane, où j’avais donné, le 19 février, deux contributions :
    _ cet article de mon blog, en date du 31 octobre 2012, se référait aussi au passionnant livre de Sylvain Venayre, Panorama du voyage (1780-1920)…

    …

    …

    et le second courriel , toujours hier, à 10h 30 : 

    …

    …

    Cher Jean-Christophe Bailly,

    …

    d’abord et à nouveau bravo pour votre superbe conférence d’hier, Le Recommencement du Poème :
    la Garonne à Bordeaux,
    le Rhin à Bonn (ou un peu plus en amont)
    et les chutes de Paterson, New Jersey
    se trouvent ainsi magnifiquement réuni(e)s par la double (ou triple) médiation
    de vous-même et de William Carlos Williams (+ Jim Jarmusch, aussi), d’une part et d’abord,
    et de Hölderlin, d’autre part et ensuite…
     
    Oui, tout poème
    à la fois
    commence (ou plutôt recommence, en tant que résultat _ cf les : (d’ouverture de son Paterson) de William Carlos William _,
    déjà, d’une autre expérience, antérieure : poétique elle-même ?.. ;
    et à partir de quelles conditions le devient-elle, poétique ?..)
    et inaugure comme jamais :
    en même temps ;
    …
    ou plutôt en rassemblant _ voilà ! _ hic et nunc, en un terrible geste d’urgence _ d’écriture, de l’écrire _,
    divers morceaux de temps
    (ainsi que de lieux _ cf ici le concept de télétransportation de René de Ceccatty en son merveilleux Enfance, dernier chapitre
    + mon (très détaillé, et long !) article sur ce chef d’œuvre :
    ainsi que mes remarques sur ce mot (décisif) et cette chose (décisive) de télétransportation ) :
    dans le registre d’une éternité issue _ avec gratitude au moins due, sinon effectivement rendue… _ de ces divers temps,
    par ce geste (d’écriture du poème) réunis…
    Sur ces liens _ charnels _ entre temps et éternité, relire, bien sûr, Spinoza.
    …
    (…)
    ….

    Il y a longtemps que je vous lis, cher Jean-Christophe,
    et vous suis, comme lecteur très assidu _ au moins quinze de vos livres sont à portée de directe de ma main en ma bibliothèque _,
    avant même de savoir votre amitié avec Bernard Plossu,
    dont j’ai fait la connaissance, en personne, chez Mollat, le vendredi 22 décembre 2006 seulement, dirais-je ;
    mais je connaissais déjà ses photos _ notamment L’Europe du Sud contemporaine.
    …
    Sur cette étonnante rencontre (de 45’) avec Bernard _ il s’est mis à me tutoyer au bout d’un quart d’heure, à propos de littérature et d’écrivains italiens (dont Elisabetta Rasy, que j’avais tout récemment rencontrée à Rome ; et Rosetta Loy…) _,
    j’ai écrit un petit Pour célébrer la rencontre, paru un moment sur le site de Bernard Stiegler en 2007 :
    …
    Ce texte était, à l’origine, une préface pour une publication de 3 mois d’échanges frénétiques de courriels entre Bernard Plossu et moi-même,
    mais le projet éditorial a avorté ; demeure mon texte sur le rencontrer…
    …
    Mais je veux vous dire surtout que je me sens vraiment très proche de votre forme de curiosité
    à la fois si ouverte et si exigeante en sa précision d’enquête dans le détail le plus infime du réel,
    et la variété des objets de cette curiosité, à la condition que ceux-ci méritent, bien sûr, votre intense attention !
    Outre, bien sûr, cette alliance en vous des approches poétiques et philosophiques.
    …
    Ce n’est pas sans raison que je signe les articles de mon blog Titus Curiosus…
    …
    …
     
    Si vous disposez d’un peu de temps parmi vos diverses activités,
    voici aussi des liens _ via podcasts et vidéos + les articles de mon blog Mollat En cherchant bien : http://blogamis.mollat.com/encherchantbien/ _
    à diverses rencontres de vrais amis : René de Ceccatty, Marie-José Mondzain, Bernard Plossu
    qui m’ont passionné ces derniers mois :
    …
    _ d’abord,
    ce long et dense article sur Enfance, dernier chapitre de René de Ceccatty :
    avec, pour le compléter, ce lien au podcast (de 82’) de mon entretien avec René chez Mollat
    autour de ce chef d’œuvre qu’est en effet Enfance, dernier chapitre, ainsi que sur sa traduction de La Divine Comédie de Dante :
    …
    Sur l’œuvre de René de Ceccatty,
    cf aussi ce lien à mon article du 24 mai 2016 sur son magnifique, encore, Objet d’amour :
    …
    _ ensuite,
    un lien à la vidéo de mon entretien (de 65’) avec Marie-José Mondzain, au Théâtre-du-Port-de-la-Lune le 7 novembre dernier,
    à propos du mot de Paul Klee, repris par Deleuze : « Vous savez, le peuple manque », ainsi que de son livre  Confiscation _ des mots, des images et du temps (Pour une autre radicalité) :
    …
    Sur Marie-José Mondzain,
    cf aussi ces articles :
    et
    …
    Puis celui-ci du 26 octobre 2011, à propos du livre précédent de Marie-José Mondzain, Images (à suivre) _ de la poursuite au cinéma et ailleurs :
    ainsi que cet autre, le 20 mai 2012 :
    …
    _ enfin,
    cet article à propos de Bernard Plossu et de son exposition A boire et à manger à la galerie Arrêt sur l’Image, cours du Médoc, de Nathalie Lamire-Fabre :
    avec ce lien à une courte séquence filmée (de 2’) par FR3 :
    …
    Sur Plossu,
    cf aussi ces 2 autres articles _ avec photos _ de mon blog, en 2010 et 2014 :
    à propos de Plossu-Cinéma
    …
    Et voici encore
    ceci, rédigé en 2007, en forme de proclamation : Pour célébrer la rencontre
    Si jamais, bien sûr, vous disposez de temps pour ces formes de promenades de conversations _ voilà _ avec des amis… 
    …
    Bien à vous, cher ami, dont je me sens très proche par la curiosité _ tous azimuts, ou presque _ et la pensée _ tant poétique et philosophique _,
    …
    Francis Lippa
    …
    P. s. : comme je vous l’ai dit très vite,
    je suis aussi vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux
    _ le 4 mai prochain, chez Mollat, je recevrai ainsi Frédéric Gros pour son Dés-obéir (et pour son édition des Aveux de la chair de Michel Foucault).
    Je me suis entretenu avec lui l’an dernier pour son roman Possédées ;
    _ cf le podcast de cet entretien :
    …
    Et en dehors de la Société de Philosophie,
    je m’entretiendrai aussi avec Hélène Cixous _ qui n’est jusqu’ici jamais venue chez Mollat présenter aucun de ses livres _ le 17 mai prochain,
    …
    Voici aussi un lien vers l’ensemble des podcasts de mes entretiens depuis que ceux-ci sont enregistrés et mis en ligne :
    …
    …
    Ces entretiens me sont très chers ;
    ils sont la partie émergée de mon œuvre, le reste étant non publié…
    …
    …
     
    Certains de ces entretiens _ outre ceux avec Bernard Plossu, Marie-José Mondzain et René de Ceccatty, cités ici plus haut _ sont tout simplement merveilleux !
    …
    Par exemple, celui (le 20 mai 2011) avec Jean Clair, à propos de son Dialogue avec les morts :
    …
    ou celui (le 9 mars 2017) avec Michel Deguy, à propos de son La Vie subite :
    …
    Et encore celui (le 18 septembre 2013) avec Denis Kambouchner, à propos de son L’Ecole, question philosophique :

    …

    …

    Ce lundi 5 mars 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La lumineuse tendresse du Requiem de Kerll, dans le magnifique album Requiems de Vox Luminis (CD Ricercar 368)

    En cette rentrée de l’automne 2016,

    voici un merveilleux _ de tendresse et intimité ! _ Requiem de Johan Caspar Kerll _ Missa pro defunctis _, dans le CD Ricercar Requiems, par Vox Luminis, sous la direction de Lionel Meunier, et avec le concert de violes de L’Achéron, dirigé par François Joubert-Caillet ;

    …

    à cette tendrissime Missa pro defunctis de Kerll (1627-1693), publiée en 1689 dans un recueil de cinq messes de Kerll intitulé Missae sex, cum instrumentis concertantibus, e vocibus in ripieno adjuncta unapro defunctis cum seq. Dies irae, et que Kerll destinait probablement à ses propres funérailles _  d’où ce sublime ton d’intimité, proprement enchanteur… _,

    est ici adjoint le Kaiserrequiem de Johann Joseph Fux (1660-1741), composé en 1720 pour les funérailles de l’impératrice douairière  Eleonore Magdalene von Pfalz-Neuburg (1655-1720), veuve de l’Empereur Léopold Ier de Habsbourg (1640-1705) _

    exact contemporain et cousin germain de notre Louis XIV (1638-1715), car si Léopold Ier est fils de l’infante Marie-Anne d’Autriche (1606-1646), elle-même fille du roi d’Espagne Philippe III (1578-1621), Louis XIV, lui, est fils d’Anne d’Autriche (1601-1666) , la fille aînée de ce même Philippe III roi d’Espagne, et épouse de Louis XIII (1601-1643) _,

    et « repris pour d’autres cérémonies funèbres de la cour, la dernière fois pour les funérailles de Charles VI _ 1685-1740, fils de Léopold Ier et de sa troisième épouse, Magdalene von Pfalz-Neuburg, devenu empereur en 1711, et père de Marie-Thérèse (1717-1780), pour laquelle il prit, préventivement, la Pragmatique sanction, en 1713 _ en 1740« , nous précise l’excellente notice de Jérôme Lejeune.

    Cette fois, pour ce Kaiserrequiem de Fux, c’est l’Ensemble Scorpio Collectief _ avec 2 cornets muets, 2 trombones, un basson, 2 violons, une viole, un violone et un orgue _ de Simen van Mechelen, que s’adjoint Vox Luminis, toujours dirigé par Lionel Meunier.

    …

    Achevant sa formation de musicien à Vienne, puis entré « comme organiste au service de l’archiduc Léopold Guillaume« , à Bruxelles, en 1646, Kerll est envoyé peu après, en 1648-49, se parfaire à Rome, principalement auprès de Giacomo Carissimi (1605-1674), maître de chapelle au collège germanique, et inventeur de l’oratorio.

    …

    Ce n’est donc pas tout à fait un hasard si la lumineuse tendresse de la musique de Kerll n’est pas sans évoquer très fort, pour moi, la musique d’une très grande tendresse et intimité, aussi, d’un autre voyageur romain, un peu plus tard, vers 1664-1667 : Marc-Antoine Charpentier (1643-1704).

    …

    Si la réputation de Charpentier d’avoir été l’élève à Rome de Giacomo Carissimi est peut-être erronée _ nul document jusqu’ici, en effet, ne l’atteste ; cf les remarques de Jean Lionnet en son passionnant  article Charpentier à Rome (pages 71 à 83, in le recueil dirigé par Catherine Cessac Marc-Antoine Charpentier, un musicien retrouvé, publié aux Éditions Mardaga en 2005 ; y accéder ici  _,

    il n’en demeure pas moins que le séjour romain de Charpentier l’a mis dans le bain de compositeurs tels que Bonifazio Graziani (1604-1664), Francesco Foggia (1604-1688), Bernardo Pasquini (1637-1710), Giovanni Giacomo Branca (1620-1694) ou Mario Savioni (1608-1685), dans la musique desquels Jean Lionnet trouve _ partitions à l’appui en son article, très riche _ de communs accents avec la musique, si tendre, de Charpentier…

    …

    Et plutôt que certains accents du Requiem de Mozart (en 1791 _ à Vienne, certes, mais bien longtemps après 1689, pour la Missa pro defunctis de Kerll, et 1720, pour le Requiem de Fux _) que perçoit, en son excellent livret, l’excellent Jérôme Lejeune, le maître d’œuvre de cette très belle collection Ricercar,

    ce sont plutôt ceux _ si intimes et doux… _ de Marc-Antoine Charpentier qui viennent, en effet, à mon oreille ;

    et me rappellent ce qui revient à Charpentier dans le beau CD EMI-Virgin, en 1995-96, Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, par La Simphonie du Marais sous la direction musicale de Hugo Reyne, dont je suis l’auteur à 90% du programme ;

    CD pour lequel nous fumes invités en février 1996 à l’émission de France-Musique Les Imaginaires (ici de La Fontaine), avec Marc Fumaroili et Jacques Merlet…

    …

    Cette douceur _ à la Marc-Antoine Charpentier, donc _ est aussi perceptible, encore, dans le Kaiserrequiem de Fux, de 1720, plus solennel, et ouvertement destiné, lui, à une cérémonie de cour.

    …

    Ce CD Requiems de Vox Luminis (RIC 368) est ainsi parfaitement délectable…

    …

    …
    Titus Curiosus, ce 31 août 2016