Étiquette : Saint-Jean-de-Luz

  • Philippe Hattat, pianiste, en séquoia, pour le dossier « Les plus belles pousses du piano nouveau », du numéro de septembre de Classica

    C’est dans le cadre de mes recherches des cousinages cibouro-luziens de Maurice Ravel

    que Philippe Hattat a pris contact avec moi, en juillet et septembre 2019,

    pour me faire part de très fécondes découvertes raveliennes siennes !

    …

    Grand merci à lui !

    …

    …

    Philippe Hattat connaît bien mes amis Georgie et Luc Durosoir,

    ainsi que mon amie cibouro-luzienne Francine Aldin.

    …

    …

    C’est donc avec plaisir que je découvre un très élogieux article, intitulé « Philippe Hattat, le séquoia« 

    dans le dossier « Les plus belles pousses du piano nouveau« , sous la direction d’Olivier Bellamy,

    du magazine Classica de ce mois de septembre 2020 (le numéro 225).

    …

    …

    Il y est dit _ je résume ! _ que

    Philippe Hattat, pianiste, « dégage une impression de solidité, de science et de transparence qui est la marque des vrais grands esprits universels« .

    …

    « Si le musicien est l’homme complet (Valéry), alors Philippe Hattat est complet au carré« .

    …

    …

    Le compliment n’est pas mince !

    …

    …

    À suivre…

    …

    …

    Ce mardi 1er septembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

    …

    …

    P. s. :

    …

    Et, pour mémoire, ce récapitulatif commode, en date du 30 avril dernier,

    ,

    recherches interrompues par le déclenchement de l’épidémie de Covid,

    et l’inaccessibilité, depuis, des archives municipales de Ciboure.

  • Le grand et beau Ramiro Arrue du Trinquet Maitena à Saint-Jean-de-Luz, vendu aux enchères le 8 août dernier…

    Hier samedi 8 août 2020,

    a été vendu aux enchères par l’Étude luzienne Lelièvre-Cabarrouy

    un tableau de grande dimension (de 3 mètres de long) de Ramiro Arrue

    (Bilbao, 20 mai 1892 – Saint-Jean-de-Luz, 1er avril 1971),

    « Fête au Pays basque avec danseur au gilet rouge« ,

    réalisé tout spécialement, en 1934, pour le Trinquet Maitena à Saint-Jean-de-Luz.

    …

    …

    Saint Jean-de-Luz, où Ramiro Arrue s’est installé en 1917,

    et a vécu le reste de sa vie.

    …

    …

    Et où une place, proche de ce Trinquet Maitena _ par la très tranquille rue du Midi _ porte désormais son nom.

    …

    …

    Par la plume d’Olivier Darrioumerle,

    le journal Sud-Ouest nous fait part de cet événement luzien

    en l’assortissant d’une vidéo de 5′ 12…

    …

    …

    Une belle œuvre, marquante,

    de ce peintre important du pays basque. 

    …

    …

    Ce dimanche 9 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : le romantisme radieux du Concerto pour violon de Johannes Brahms par David Oistrakh et Franz Konwitschny dirigeant la Staatskapelle de Dresde en 1954

    En hommage à notre amie Simone Rey, née Spéraber

    (Poudenx, 1919 – Guéthary, 2 décembre 2014).

    …

    …

    C’est notre chère amie luzienne, Simone Rey,

    excellente pianiste et très fine mélomane,

    qui m’a fait découvrir, sur disque noir,

    l’interprétation radieuse du magique Concerto pour violon en ré Majeur, opus 77, de Johannes Brahms

    (Hambourg, 7 mai 1833 – Vienne, 3 avril 1897),

    …

    par l’impérial David Oistrakh

    (Odessa, 30 septembre 1908 – Amsterdam, 24 octobre 1974)

    …

    et la Staatskapelle de Dresde

    dirigée par le très grand Franz Konwitschny

    (Fulnek, en Moravie, 14 août 1901 – Belgrade, 28 juillet 1962) ;

    …

    soit le CD DG 423 399-2,

    enregistré à Berlin en février 1954.

    …

    Une merveille d’interprétation

    de ce chef d’œuvre de la musique romantique ;

    …

    composé par Brahms pour son ami le violoniste virtuose Joseph Joachim,

    achevé l’été 1878,

    et créé à Leipzig le 1er janvier 1879 par Joseph Joachim, au violon,

    et Johannes Brahms lui-même à la tête de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig.

    …

    …

    En voici le podcast.

    …

    …

    Une impériale splendeur !

    …

    …

    Ce mercredi 10 juin 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : la formidable jubilation musicale de la frénésie retenue, contenue, de La Valse de Ravel ; par Jean Martinon, par Martha Argerich et Nelson Freire, et par Beatrice Rana

    Il y a quelque chose d’une frénésie rageuse mais retenue, contenue,

    dans La Valse de Ravel,

    composée dans la solitude montagneuse de Lapras, près de Lamastre, en Ardèche,
    entre le tout début de décembre 1919 et le 15 avril 1920
    _ 50 pages de musique en quatre mois et demi de travail acharné : Ravel est un perfectionniste.
    …
    …
    A Lapras, dans les Cévennes,
    en la résidence secondaire de son ami André-Ferdinand Hérold,
    où Ravel s’était réfugié, pour pouvoir travailler vraiment au calme dans une solitude absolue _ sans voir personne _,
    au sortir de la Grande Guerre,
    et marqué, aussi _ à jamais _, par la perte de sa mère, le 5 janvier 1917.
    …
    …
    Car ce n’est qu’un peu plus tard, en janvier 1921, que Maurice Ravel achètera sa petite maison de Montfort-L’Amaury, Le Belvédère :
    …
    « C’est à son amie Georgette Marnold, fille de son ami critique musical Jean Marnold, que revient le mérite d’avoir trouvé le Belvédère en décembre 1920. Le 25 mars 1920, le musicien lui avait confié _ la lettre se trouve aux pages 688-689 de l’indispensable Intégrale de la Correspondance de Maurice Ravel réunie très efficacement par Manuel Cornejo _ la mission de lui trouver une maison en ces termes :
    …
    Je me suis si bien fait à la solitude – un peu mortelle, c’est vrai : mais ça ne me gêne pas – que je vais vous prier de vous enquérir d’une bicoque à 30 km au moins de Paris. Vous avez le temps : je ne compte pas rentrer avant fin avril. […] Je pense quelquefois à un admirable couvent, en Espagne. Mais, sans la foi, ce serait complètement idiot. Et le moyen d’y composer des valses viennoises et autres fox-trotts »…
    …
    …
    Ravel n’avait plus rien pu composer depuis son Trio,
    à Saint-Jean-de-Luz, rue Sopite, l’été 1914.
    …
    …
    La Valse _ pour orchestre _ est une commande chorégraphique,
    à partir d’un projet déjà ancien, 
    dont Ravel réalisera d’abord _ par commodité pratique de composition _ une version pour piano seul ;
    ainsi, ensuite, qu’une transcription _ afin d’y inscrire durablement et conserver, pour le piano aussi, quelque chose de proprement orchestral : on sait le génie ravelien de l’orchestration... _ pour piano à quatre mains.
    …
    …
    L’œuvre, avant de prendre ce titre
    _ assez archétypique : « une espèce d’apothéose de la valse viennoise
    à laquelle se mêle dans mon esprit l’impression d’un tourbillon fantastique et fatal » :
    le moindre mot, comme toujours chez Ravel, est capital ! Qu’on y médite !.. _
    de La Valse,
    fut d’abord, dans la tête de Ravel, intitulée Wien.
    …
    …
    Et de fait, ce fut bien à Vienne, en Autriche,
    que fut interprétée pour la première fois, et avec grand succès, la version pour piano à quatre mains de La Valse,
    par Maurice Ravel et son ami Alfredo Casella, le 23 octobre 1920 ;
    et cela pour la plus grande joie du compositeur…
    …
    …
    Quant à l’œuvre symphonique chorégraphique
    _ commandée dans l’optique d’un ballet (destiné au départ à Serge Diaghilev ; et qui n’en voulut hélas pas, au final : Ravel et lui se fâchant alors définitivement !..) ; 
    et l’œuvre fut dédicacée, in fine, à l’amie Misia Sert _,
    sa première a eu lieu à la salle Gaveau, à Paris, le 12 décembre 1920,
    par l’Orchestre Lamoureux.
    …
    …
     En tête de la partition Ravel a écrit le descriptif _ très explicitement onirique _ suivant :
    …
    « Des nuées tourbillonnantes laissent entrevoir, par éclaircies, des couples de valseurs. Elles se dissipent peu à peu : on distingue une immense salle peuplée d’une foule tournoyante. La scène s’éclaire progressivement. La lumière des lustres éclate au ff. Une Cour impériale, vers 1855. »
    …
    Soit une démarche _ à la fois fantastique et ombrée de nostalgie _ qui semble anticiper de quelques années le chef d’œuvre d’exil _ au Brésil, très loin de Vienne _ du pur viennois, lui, qu’était Stefan Zweig,
    le merveilleux et essentiel Le Monde d’hier _ Souvenirs d’un Européen…
    Et on remarquera que le tapuscrit du Monde d’hier fut expédié par Zweig à son éditeur le 21 février 1942,
    soit la veille même des suicides conjoints de Stefan Zweig et son épouse, à Petropolis, au Brésil, le 22 février 1942.
    Soit un legs en quelque sorte testamentaire de la part du viennois. 
    …
    …
    Pour cette rayonnante Valse orchestrale-ci de Maurice Ravel,
    j’ai choisi l’interprétation _ magistrale de frénésie contenue, suprêmement élégante en la sensualité si charnelle de ses frémissements presque jusqu’à la fin retenus… ;
    la personnalité complexe (et résolument tenue secrète) de Maurice Ravel, tant l’homme que le compositeur, demeure mystérieuse ;
    et c’est seulement en sa musique qu’elle se laisse, encore discrètement, entrevoir… _
    de Jean Martinon
    à la tête du Chicago Symphony Orchestra,
    enregistrée à Chicago, par Decca, le 16 mai 1967
    _ soit le CD n° 10 du coffret RCA 88843062752.
    …
    L’écouter ici avec ce bienvenu podcast de youtube.
    …
    C’est une merveille absolue de sensualité.
    …
    Quelle intelligence de chef
    si intensément ravelien !
    …
    …
    Pour la version pour piano à 4 mains de La Valse,
    j’ai déniché cette vidéo d’une interprétation brillante, forcément, de Martha Argerich et Nelson Freire en octobre 2003 à Tokyo ;
    et cette autre, par les mêmes, et plus merveilleuse encore, prise vingt et un ans plus tôt, à Munich, en 1982.
    …
    …
    Et pour la version pour piano seul,
    j’aime beaucoup l’interprétation de Beatrice Rana en son récent CD Warner Classics 0190295411091, en 2019 ;
    ainsi que cette vidéo prise le 3 juin 2019.
    …
    …
    On comprend ainsi assez bien ce qui a pu conduire, ensuite, Ravel à composer, en 1928,
    et sur commande de la danseuse Ida Rubinstein,
    en un assez similaire projet chorégraphique,
    son encore plus vertigineux Bolero.
    …
    …
    Je remarque ainsi, au passage, le lien très profond qui unit Maurice Ravel
    au plus consubstantiel, probablement, du génie de l’esprit français,
    …
    je veux dire la tendresse la plus sensuelle inscrite en la légèreté la plus aérienne de l’envol,
    parfois jusqu’au vertige, mais le plus souvent, sinon toujours contenu, du moins retenu, élégant, jamais sauvage,
    de la danse
    _ et je pense ici, aussi, au très lucide Degas, danse, dessein du magnifiquement subtil, et très sensuel, lui aussi, Paul Valéry, publié en 1936 :
    la France (les Suites pour clavecin de Louis Couperin, Rameau, Degas, Ravel, Valéry) est d’abord une civilisation… _ :
    …
    le lien très consubstantiel de cette musique française à la danse…
    …
    …
    Et Ravel, comme Rameau, et comme Louis Couperin,
    fait très profondément corps musicalement à ce génie français de la joie de la danse.
    …
    …
    En leur si parfaite élégance sensuelle, ces trois Valses-ci de Maurice Ravel
    sont superbement, et « à la française », jubilatoires…
    …
    …
    Ce mardi 28 avril 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa