Étiquette : Station Ausone

  • Lire le décisivement éclairant « Avoir le temps _ essai de chronosophie » de Pascal Chabot

    C’est la venue samedi prochain à Saint-Émilion de l’excellent Pascal Chabot,

    qui m’a décidé à lire son essai paru le 3 février 2021, aux PUF, « Avoir le temps _ essai de chronosophie« , que j’avais acheté il y a quelques mois, dès que je l’ai aperçu sur une table du rayon « Philosophie » de ma chère librairie Mollat,

    mais que n’avais pas encore abordé.
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    Mais voilà ce qui, pour mon plus grand agrément, est désormais chose faite ce mercredi 25 mai 2022…

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    C’est un travail absolument passionnant, dans le parfait prolongement de ses essais précédents ;

    et tout spécialement de ce magnifique (!) « Global burn-out« , dont la lecture m’avait si vivement impressionné, à sa parution, en février 2013 _ cf l’éloge que j’en faisais en mon article du 25 avril 2013: « « …

    Cf aussi mes articles des 15 et 21 septembre 2018 : «  » et «  » (article donnant accès au podcast de notre entretien du 20 septembre 2018, au Studio Ausone, et qui a une durée de 48′ 45)… 
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    « Avoir le temps » :

    probablement la question existentielle majeure

    _ écoutez et regardez ici la brève présentation vidéo qu’en a donné Pascal Chabot lui-même… _,

    et qui se pose décisoirement à n’importe lequel d’entre nous

    au quotidien du moindre de ses jours !..

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    Avoir le temps Essai de chronosophie

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    Être, c’est avoir du temps. Et ne jamais avoir le temps, c’est être à moitié, vivre à demi.

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    Le propre de notre civilisation est de vivre simultanément sous quatre régimes temporels qui s’entrechoquent : le Destin, le Progrès, l’Hypertemps et le Délai de la catastrophe écologique. De là viennent autant la fabuleuse complexité de ce que nous vivons que les impasses redoutées. Car notre attitude envers le temps a l’impact le plus profond sur notre vie. Nous naviguons entre nostalgie du passé, addiction au présent et espoir des lendemains qui chantent. Dès lors quelle temporalité privilégier ? Dans l’Hypertemps contemporain, l’heure est partout, le temps nulle part. Comment le retrouver ? Tout le défi est de construire une sagesse du temps _ voilà ! Et c’est bien là ce que signifie ce terme de « chronosophie « … _ à la mesure des enjeux actuels : une chronosophie.

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    Ce mercredi 25 mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un entretien avec Martin Fröst, autour de la musique, que faire de sa vie, et la maladie de Ménière…

    Ce vendredi matin 6 mai, à l’aube, je découvre sur ResMusica, cet intéressant entretien-ci _ d‘Alexandra Ivanoff, du magazine Papageno _ avec Martin Fröst, un musicien que j’apprécie beaucoup

    _ cf mon article du 26 avril dernier « « , à propos de son superbe récent CD « Night Passages« … _ :

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    Le Prix « ICMA Artiste de l’année » 2022 a été décerné au clarinettiste et chef d’orchestre suédois Martin Fröst pour sa carrière internationale innovante, son impressionnante discographie et sa philanthropie. Notre confrère Alexandra Ivanoff du magazine Papageno, membre du jury, s’est entretenue avec lui.

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    ICMA : Que signifie pour vous le Prix de l’Artiste de l’année des ICMA ?

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    Martin Frös : Cela signifie beaucoup, parce que l’histoire des représentations et des enregistrements est très spéciale dans la vie des musiciens, et je pense que dans mon cas, il y a toujours eu un équilibre intéressant, parce que je voulais rendre le répertoire de base _ voilà _ aussi bon que possible – quelque chose qui m’a toujours obsédé. En même temps, j’étais attiré par l’idée de développer quelque chose de nouveau dans la musique classique, de la présenter sous de nouvelles formes et d’enregistrer de la musique nouvelle _ voilà aussi. J’ai attendu longtemps avant de sortir des sentiers battus ; c’est pourquoi j’ai un catalogue d’enregistrements assez varié. C’est une partie importante de ma vie, surtout lorsque je propose des enregistrements de Messiaen, de Vivaldi, de « Roots » et de « Night Passages » – des disques si différents les uns des autres. Alors à présent, je pense que je fais vraiment ce que je crois être _ voilà _ mon meilleur travail.

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    ICMA : Comment les deux années de chaos avec le Covid ont-elles affecté votre quotidien et votre vision de l’avenir ?

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    MF : Je dois être honnête avec vous parce que j’ai ce problème dans mon oreille interne, une inflammation qui s’appelle la maladie de Ménière. C’est comme un vertige, un problème d’équilibre qui va et vient par épisodes. Tous les deux ans _ rien moins… _ , j’avais un épisode, ce qui signifie que vous êtes totalement déséquilibré, que vous perdez l’ouïe et que vous êtes par terre avec des nausées, tandis que le monde entier tourne autour de vous ! Mais, après ne pas l’avoir eu pendant quelques années, je ne l’ai eu que pendant six ou sept mois d’affilée pendant la pandémie _ tiens donc… J’ai donc été alité pendant longtemps, et je n’ai pas donné de concerts pendant cette période. D’une certaine manière, cela tombait bien, car je n’ai pas eu à annuler quoi que ce soit. Je me débats encore avec cela ; parfois, j’ai des malaises pendant un mois ou six mois, puis je suis à nouveau déséquilibré.

    Je suis toujours créatif, que je donne des concerts ou non _ voilà. Donc, pendant cette période, je souffrais davantage pour mes confrères, pour les danseurs et les acteurs, pour les techniciens et toutes sortes de personnes liées aux arts qui ont vraiment souffert. J’ai souffert d’autres choses, mais pas tellement de la pandémie. J’ai pu rencontrer mon orchestre, et je leur ai dit et redit que cette époque allait apporter du changement. Ne vous préparez pas à revenir à la situation antérieure après trois semaines ou un mois ; nous devons nous forcer à ouvrir une nouvelle porte vers l’avenir _ voilà.

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    ICMA : Votre spectre musical est extraordinairement large : quand et pourquoi votre esprit a-t-il eu besoin de se détacher de l’orthodoxie ?

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    MF : J’étais récemment à Miami pour une convention de clarinettes, et j’ai rencontré des collègues du Philharmonique de Berlin, du Philharmonique de New York et d’autres. Bien qu’ils soient un peu plus jeunes que moi, ils m’ont dit que je suivais une voie différente, avec un concept totalement différent de ce que l’on peut faire avec cet instrument. C’est une chose à laquelle je n’avais jamais réfléchi auparavant – que c’était différent des milieux musicaux américains ou allemands. D’une certaine manière, j’ai été très heureux d’entendre cela, car cela a amené beaucoup de jeunes générations à dire : « Oh, vous pouvez faire ceci, ou cela aussi, avec la clarinette ! »

    J’ai toujours, toujours été obsédé, avant tout, par le fait de participer à un changement _ c’est tout à fait intéressant. Je dirais sans aucun doute que si je pouvais contribuer à faire évoluer la musique _ voilà _, ce serait vraiment énorme pour moi – plus que toute autre chose, en fait. Très tôt, j’ai toujours pensé à ouvrir de nouvelles portes vers l’avenir ; même si j’interprétais un répertoire standard, j’étais secrètement sur un nouveau terrain dès le départ. Je ne le montrais pas tellement, car j’étais toujours préoccupé par le fait que je devais _ professionnellement _ interpréter le grand répertoire standard aussi bien que possible.

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    ICMA : Mais à quel stade – enfance, années d’études ou autre – avez-vous ressenti le besoin d’aller vers des univers musicaux différents tout en gardant toute votre technique classique ?

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    MF : Ce développement va de pair avec toutes ces techniques traditionnelles. Lorsque je donne des masterclasses, les gens me demandent : « Comment pratiquez-vous la double langue, ou la respiration circulaire ? », et j’étais du genre à pratiquer les choses difficiles ou nouvelles uniquement lorsque j’en avais besoin. Aujourd’hui, les gens les pratiquent généralement, mais j’avais besoin d’apprendre la respiration circulaire parce que certaines phrases durent deux minutes et demie sans respirer ! J’ai appris la double langue parce que c’était une chose horriblement difficile, et j’étais l’un des premiers à utiliser ces techniques. Je suis allé du côté sauvage, puis je suis revenu au traditionnel avec une version plus riche _ musicalement enrichie ainsi  _ de moi-même et de mon jeu _ les deux étant intimement liés…

    En ce moment, j’ai un nouveau projet appelé « Xodus » et j’en suis totalement ravi. Il sortira dans un mois et demi. Il a un très bon titre – de plus en plus pertinent aujourd’hui. Il est lié au projet « Genesis », qui portait sur les débuts de la musique. Nous avons donné des concerts avec ces projets en Allemagne, aux États-Unis et en Suède. Nous avons ensuite créé « Retrotopia » qui s’inscrit dans le prolongement de « Genesis » et porte sur le thème « Où allons-nous maintenant ? », en utilisant la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle dans la musique. Nous les avons joués en Allemagne, et le répertoire de « Xodus » est donc plus ou moins un mélange de ces deux projets. Il y a toujours le concept de commencer avec de la musique ancienne et tout est toujours entremêlé _ voilà _ car je parle entre les accords – il n’y a donc pas de silence dans le concert. « Xodus » dit _ voici l’explication de ce terme _ « la sortie se trouve à l’intérieur » : qu’il s’agisse de sortir de la salle de concert, ou de la sortie d’une addiction à l’alcool, ou d’une guerre – quel que soit le problème _ sortir par l’intérieur, donc, en creusant… Je travaille avec un artiste et un poète suédois. Cela me permet de raconter des histoires que je trouve intéressantes, en plus de mes enregistrements.

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    ICMA : Une grande partie de votre travail comporte un élément d’improvisation. Avez-vous étudié l’improvisation jazz ?

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    MF : Non, pas vraiment, mais mon bassiste _ Sébastien Dubé _ dans « Night Passages » est un grand joueur de jazz, et nous avons fait des projets d’enregistrement ensemble. Lorsque je réalise des projets avec lui, il m’apprend l’improvisation. Ainsi, lorsque je joue les rappels, j’improvise – c’est ainsi que j’ai appris à le faire. Il m’a dit : « Si tu veux apprendre à improviser, monte sur scène et essaie _ voilà ! _, car c’est la seule façon d’apprendre. Vous ne pouvez pas rester dans votre salon ou chez vous, et espérer le maîtriser. » J’ai beaucoup de respect pour cela, et nous le faisons sur cet enregistrement – dans l’air [« It Never Entered My Mind » de R. Rodgers] que Miles Davis et moi avons joué ensemble, et le morceau [« Good-bye » de G. Jenkins] que Benny Goodman jouait à la fin de chaque concert.

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    ICMA : Qu’est ce qui est le plus marquant dans tout votre travail ?

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    MF : Je le ressens, bien sûr, dans mon contact avec le monde de la clarinette, mais maintenant je développe un instrument avec Buffet Crampon et trois collègues en France. Nous avons commencé il y a cinq ans, en partie parce que j’étais comme ailleurs (comme vous l’avez dit) lorsque je jouais, mais je ne me suis jamais soucié de ce sur quoi je jouais. Je prenais simplement mon instrument et j’en jouais. Au cours des cinq dernières années, j’ai utilisé les clarinettes que j’avais – comme la vieille clarinette de l’album Vivaldi, par exemple. Mais cette nouvelle Buffet crée de nouvelles formes, de nouveaux sons. Elle a de nouveaux doigtés, une nouvelle perce et un son plus chaud _ voilà ! _, et comme elle est un peu plus longue, elle a de nouvelles notes basses. Je le joue sur l’enregistrement _ si réussi ! _ « Night Passages ». J’en suis très fier et je pense que c’est un grand changement pour le monde de la clarinette.

    Mais pour répondre à votre question, lorsque je donne des masterclasses, j’ai de plus en plus le sentiment que nous devrions partager _ voilà _ beaucoup de choses, car c’est ainsi que nous nous développons _ vraiment : par de nouvelles « hybridations« , pour reprendre un mot de Karol Beffa dans le passionnant entretien que j’ai eu avec lui à la Station Ausone à Bordeaux le 25 mars dernier ; cf aussi mon article du 10 avril dernier : « « . Je suis très fier de la nouvelle génération qui arrive, car elle change les choses. Ils peuvent jouer d’une manière différente de ce qu’ils faisaient en Allemagne, il y a même vingt ans, par exemple.

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    ICMA : J’ai été très frappé par votre ligne de chant pleine d’âme lorsque vous jouez. Avez-vous étudié le chant ?

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    MF : Je viens d’une famille qui chantait beaucoup, et j’ai chanté dans des chorales d’enfants, des chorales de garçons, et j’ai pris des cours. Mais vous savez, je suis très lié à mon instrument – son côté mélancolique – il est proche de mon cœur.

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    ICMA : Qu’est-ce qui a inspiré la Martin Fröst Foundation ?

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    MF : Le texte que j’ai écrit pour les « Night Passages » est basé sur mes rêves du passé – des souvenirs très peu orthodoxes – et sur des réflexions concernant « ce que vous devriez faire du reste de votre vie », combien de temps vous devriez travailler et avec quoi… C’est à cette époque que j’ai eu la maladie de Ménière et que j’ai pris deux décisions importantes : J’ai commencé à diriger un orchestre, et j’ai créé la fondation. Je me suis dit que c’était le moment de faire quelque chose de totalement différent _ l’imageance est véritablement fondamentale en toute vie ; et tout particulièrement pour tout artiste, quel qu’il soit : en l’occurrence ici tant interprète que compositeur... Cette fondation est liée avec Buffet parce que j’ai conçu cette clarinette pour eux ; ils m’ont aidé pour elle et le financement de la fondation. Ils participent aux projets à Madagascar, au Kenya et en Afghanistan, où nous envoyons des instruments et de l’enseignement. Nous sommes en train de construire une école de musique à Madagascar.

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    ICMA : Que pensez-vous de l’éducation musicale, quel que soit le pays, pour le développement de l’esprit humain ?

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    MF : Oui, c’est absolument important ! Notre école de musique à Madagascar, par exemple, se trouve dans l’un des trois pays les plus pauvres du monde. Nous accueillons des gens de la rue au sein de son système éducatif, en leur donnant un repas par jour, un instrument et une éducation musicale. J’ai toujours pensé : pourquoi ne donner qu’une éducation musicale et pas de nourriture ? C’est un excellent système pour eux.

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    ICMA : En utilisant une machine à remonter le temps, avec quelles personnalités musicales du passé aimeriez-vous dîner ?

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    MF : Je reviendrais au début du XXᵉ siècle, lorsque l’Europe _ en pleine effervescence créative _ comptait tous ces compositeurs et artistes. C’était une époque fantastique. Nijinsky, Chaplin, Picasso, c’est difficile de choisir. Comme le dit Woody Allen dans son film Midnight in Paris, on pense toujours que tout était mieux avant… Je veux dire que c’est toujours un grand défi de rester _ aussi _ dans son propre temps _ celui imparti par le temps non infini d’une vie… Je suppose que je n’ai jamais pensé à cela parce que je fais toujours attention à ce que je fais ici et maintenant.

    Mais pour répondre à la question, j’irais avec un large éventail de personnes, comme Chaplin, Stravinsky, Nijinsky, Gertrude Stein… (rires) bien sûr, avec une telle compagnie à table on disparaitrait totalement ! Il serait tellement intéressant de ressentir _ activement, sans se laisser trop intimider, voire inhiber _ l’énergie _ formidablement créative, d’imageance bouillonnante  _ de toutes ces personnalités, car elles ont participé au changement. C’est ainsi que je pense : vivre tel un artiste qui essaie d’apporter du _ fécond _ changement. Je pense que la scène classique souffre d’être extrêmement conservatrice _ probablement trop pauvrement répétitive seulement… Il n’y a pas que les musiciens, il y a aussi les maisons de disques, les agences _ mues par la préoccupation systématique des seuls intérêts, profits, gains… _, tout le monde essaie de protéger ce qu’il pense être juste et ce qui lui permet de gagner de l’argent _ nous y voici _, etc. _ sans passion ni générosité. Puis dès que quelqu’un arrive et crée quelque chose de différent, et s’il a du succès, le système veut en faire partie également _ en se contentant bassement, le plus souvent, de seulement copier… Je pense qu’il est important d’avoir des discussions _ vraiment ouvertes _ pour essayer de créer _ vraiment : voilà ! _ de nouvelles choses.

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    ICMA : Inversement, de quoi aimeriez-vous parler dans une interview dans cinq ans ?

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    MF : S’imaginer dans cinq ans est très difficile. J’ai toujours un plan. Je planifie mes concerts quatre ans à l’avance. En réalité, nous n’avons aucune idée de ce qui se passera dans cinq ans – nous ne savons même pas ce qui se passera dans un an. Nous n’avons pas vu venir la pandémie, nous n’avons pas vu venir la guerre, nous n’aurions pas pu la prédire…

    Un jeu d’enfant que je faisais souvent était exactement le contraire : Je faisais semblant d’avoir 80 ans et je regardais en arrière pour savoir de quoi je pouvais être fier, et peut-être de quoi je ne serais pas si fier. Si vous posez cette question aux gens – peu importe que vous soyez Nelson Mandela – qui que vous soyez, vous regretterez certaines choses et serez fier de certaines autres dans votre vie professionnelle ou personnelle. La plupart des gens diraient « J’aurais aimé passer plus de temps avec ma famille », par exemple. Quand je me pose cette question, je ne serais pas fier d’avoir joué des centaines de concerts de Rossini – c’est ce que tout le monde fait. Je pense plutôt que je serais très fier des nouvelles choses que j’ai essayées _ voilà, avec audace, vaillance et courage… Mais la question devrait être : « Que changeriez-vous maintenant ? » C’est-à-dire, faites comme si vous aviez 80 ans, que vous regardiez en arrière, que vous soyez fier de ceci mais pas de cela… alors, peut-être devriez-vous tout changer maintenant ?

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    ICMA : Comment faites-vous avec toutes vos casquettes ?

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    MF : Mon objectif artistique est de connaître mes limites, car je pense qu’il est très bon d’avoir des limites. Ainsi, si je donnais 150 concerts par an, je ne devrais plus en donner que 60 ou 70 – en faisant ce qui est important… important pour la fondation, mon orchestre, Buffet Crampon, mes projets et mes résidences _ mesurer ce qui est vraiment important, et ne l’est pas ; en essayant de se centrer sur le vraiment essentiel ! J’ai une résidence avec le Royal Concertgebouw Orchestra qui arrive, et avec d’autres formations aussi. Il est important de créer des projets avec des orchestres. Et puis faire attention à la façon _ la meilleure si possible _ dont les choses évoluent.

    Il est important de s’entraider _ certes. Les solistes d’aujourd’hui sont _ hélas la plupart _ trop centrés sur eux-mêmes _ et leurs profils calculés de carrière... J’ai vu le film Imitation Game, sur un homme qui a vécu pendant la Seconde Guerre mondiale [ndlr : Alan Turing]. Il pouvait donner l’impression d’être autiste, et il a aidé à déchiffrer le code Enigma qui révélait où les Allemands allaient bombarder. Il y a une scène à la fin où une femme lui dit : « Vous avez raccourci la guerre de deux ans ! Je vis dans un village et je vais dans une école qui n’existerait pas aujourd’hui sans votre aide. » Il était sous couverture, donc personne ne savait ce qu’il faisait _ ainsi en cachette du public. La beauté de la chose, c’est qu’il était tellement reconnaissant et heureux de ce qu’elle lui a dit, et que quelqu’un a vu qui il était et a compris ce qu’il avait fait. Aujourd’hui, c’est exactement le contraire : dans les réseaux sociaux, on doit tout dire _ narcissiquement _ sur soi-même _ cf la prolifération stupidissime des selfies... Les artistes postent : « Je joue ici et là, et voici mon dîner… » C’est une évolution un peu _ c’est trop gentil ! _ triste, car je pense que nous devrions nous concentrer sur l’entraide plutôt que sur le « Regardez-moi, regardez-moi… »

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    ICMA : Y a-t-il une question que personne ne vous a jamais posée ? Ou, une question « et si »…

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    MF : Lorsque j’étais malade pendant quatre mois, la question que je me posais était « Que vais-je faire si je ne peux plus jouer ? Devrais-je quitter le pays et acheter un chien ? ». C’est en fait rafraîchissant d’avoir ces pensées maintenant, car quand j’étais plus jeune (et même maintenant) je ne me posais jamais cette question. Je n’aurais pas pu faire autre chose que ce que je faisais. C’est effrayant, mais vous devriez vous la poser _ oui, sortir un peu de soi et son étroit présent narcissique.

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    Crédits photographiques : © Jonas Holthaus / Sony

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    Propos recueillis par Alexandra Ivanoff du magazine Papageno, membre du jury des ICMA

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    Ce vendredi 6 mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En revenant méditer, avec un peu de recul, sur le passionnant, très riche et très fluide, entretien que j’ai eu la chance de mener le 25 mars dernier avec un interlocuteur de la qualité d’intelligence, de sensibilité et de culture tel que Karol Beffa…

    Le visionnage attentif, à diverses reprises, du passionnant très riche et très fluide entretien que j’ai eu, sans public présent le 25 mars dernier, entre 13 et 14h sur la scène éclairée de la très vaste salle de la Station Ausone, obscure et très calme pour l’occasion, avec Karol Beffa, à propos de son déjà lui-même très riche et très clair livre de réflexion-méditation _ et commentaires extrêmement judicieux… _ « L’Autre XXe siècle musical » (aux Éditions Buchet-Chastel),

    m’apporte, par divers _ et chaque fois plus nombreux _ infra-détails, qui, peu à peu, et uns à uns, adviennent ainsi, par surprise advenant _ par la grâce de l’incisif, généreux et tranchant, Kairos _ au regardeur-écouteur à chaque attentive nouvelle vision de la vidéo, à une prise de conscience, de nouveaux éléments de paroles _ mais aussi expressions du visage _ de Karol Beffa, qui viennent enrichir chaque fois un peu davantage ma propre réflexion _ in progress _ de regardeur, après avoir été un interlocuteur _ comme ce que vient offrir, aussi, au lecteur attentif la lecture attentionnée et méditative de la succession des lignes et pages d’un livre… _ ;

    et c’est bien sûr là un des multiples avantages et ressources  _ et pas les moindres _ d’une telle archive vidéo ou podcastée, à consulter, en sa disponibilité présente, là, et conservée, afin de pouvoir, tout à loisir, y revenir méditer et approfondir, au calme fécond du silence propice à la méditation du chez soi, peu, ou un peu plus longtemps, après le feu d’artifice exaltant de l’échange improvisé sur le champ et à vif des paroles de l’exaltant entretien-conversation que nous avons eu ce 25 mars là en cette Station Ausone bordelaise…

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    Depuis cet entretien du 25 mars dernier

    _ et auparavant, déjà, au fil de mes lectures et relectures successives de ce petit trésor judicieux que constitue ce si riche et très clair « L’Autre XXe siècle musical« ,

    le 6 mars, à propos de l’admirable mélodie « Hôtel«  de Francis Poulenc, telle que la commente Karol Beffa, cet article-ci :  ;

    puis le 22 mars, à propos de tout l’œuvre de Reynaldo Hahn abordée par le regard affuté, tant analytique que synthétique, de Karol Beffa, cet article-la : … _,

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    j’ai déjà eu l’occasion, à plusieurs reprises déjà, de livrer, sur ce blog quotidien « En cherchant bien » dont en toute liberté je dispose, diverses infra-réflexions, dont voici les liens d’accès :

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    _ le 26 mars : 

    _ le 27 mars : 

    _ le 28 mars : 

    _ le 30 mars : 

    _ le 1er avril : 

    _ et le 7 avril, afin de donner le lien à la vidéo de l’Entretien publiée et désormais accessible : 

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    Il me semble donc que la présente réflexion à mener sur ce que viennent m’apporter, sur le fond, les successifs visionnages de cette riche vidéo de notre Entretien du 25 mars dernier, doivent démarrer sur ce qui me semble constituer le projet de base de ce livre, « L’Autre XXe siècle musical« , de Karol Beffa, soit sa signification même, qui  me paraît être de lever urgemment quelques obstacles fâcheusement inhibiteurs d’une création musicale contemporaine bien plus ouverte et joyeuse, et heureuse ;

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    ainsi que le public auquel ce livre me semble destiné d’abord en priorité : celui de nouvelles générations de compositeurs jeunes, à encourager, stimuler dans (et à) la joie, et ouvrir à des créations bien plus ouvertes et décomplexées ; le public des mélomanes curieux et ouverts (et hédonistes), lui, venant immédiatement en second…

    …

    Il s’agissait donc pour Karol Beffa, et c’est parfaitement explicite, de corriger la partialité, le sectarisme et les terribles injustices de la doxa dominante en matière d’histoire de la musique du XXe siècle _ cf le « La Musique du XXe siècle » publié en 1992, et constamment republié depuis, dont Karol Beffa a eu entre les mains un exemplaire en 1997, à l’âge de 24 ans… _, caractérisée par une conception adornienne de l’Histoire même _ héritée par Adorno de Hegel _et de la discipline qui en rend compte _ ici pour la musique _, l’histoire d’un irréversible et nécessaire uniforme progrès _ ici en l’occurrence musical… _, qui, par ses accents péremptoires _ pire qu’intimidants : carrément castrateurs ! _, rejette impitoyablement aux poubelle de l’Histoire tout ce qui ose s’écarter de la voie magistrale impériale _  et voie unique de l’Avenir _ vers toujours davantage de la radicalité idéale affirmée triomphante par ces idéologues sectateurs, coupant sans pitié les moindres rejets s’écartant du tronc unique, comme constituant de vaines pièces stériles, hors de la voie unique de la glorieuse postérité à venir…

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    Et c’est donc aussi en tant que lui-même compositeur en voie d’oser créer sa propre musique, œuvre après œuvre, comme improvisation après improvisation, à la recherche de sa propre singularité musicale, qui apprend à oser aussi faire son miel _ par naturelle hybridation joyeuse _, via un formidable appétit de curiosité et ouverture à toutes les musiques disponibles, de très multiples et très divers riches éléments de compositeurs très variés, dans le passé comme dans le présent de la musique, et ici et là, de par le monde, par tranfiguration de tout cela, ludiquement et joyeusement _ à la façon de l’évidence la plus naturelle et bondissante d’un Mozart… _, que s’adresse aussi à lui-même ici Karol Beffa, de tels encouragements à oser créer avec toujours plus d’ouverture et plus de confiance et de joie…

     

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    Et il me semble que, à cet égard, le chapitre consacré à Nadia Boulanger _ aux pages 93 à 123 _ fonctionne dans le livre comme l’avertissement d’un écueil _ démesurément et à tort intimidant et carrément castrateur, au final, dans le cas malheureux de Nadia Boulanger, qui cessa de composer en 1920, elle n’avait pas 32 ans…  _ à éviter et surmonter pour ne pas se laisser abattre par un Idéal du Moi – Sur-Moi par trop inhibiteur d’œuvre propre et singulière _ vaillance et courage (versus paresse et lâcheté) étant les conditions nécessaires de la sortie, même une fois devenu adulte par l’âge, de l’état de minorité réductrice, ainsi que l’affirmait splendidement Kant en ouverture de son indispensable « Qu’est-ce que les Lumières ?« …

    Tout créateur _ y compris de (et en) sa propre existence d’humain, au quotidien des jours _ doit, outre la vaillance au travail et son patient artisanat _ à la Ravel _,  apprendre le courage d’oser !

    …

    De même, inversement, le chapitre consacré aux Minimalistes américains, Terry Riley, Steve Reich, Philip Glass, John Adams _ aux pages 161 à 180 _, ainsi que, plus spécifiquement encore, celui, très détaillé _ aux pages 181 à 200 _, consacré à ce chef d’œuvre qu’est l’ »El Dorado » de John Adams (en 1991), présentent des exemples pleinement positifs de créations _ américaines, donc, d’abord _ parfaitement et très heureusement décomplexées, et donc tout à fait encourageants, d’ouverture et d’hédonisme heureusement débridé et joyeux, pour sa propre œuvre à venir oser laisser naître, enfanter et former, et donner à partager, pour Karol Beffa lui-même en tant que compositeur, comme, aussi et surtout, pour les jeunes futurs compositeurs de l’assistance auxquels ses « Leçons » à l’École Normale Supérieure s’adressaient au départ _ et c’est sur la pirouette rieuse de cette note heureuse de joie musicale de création osée réaliser, qu’a été conclue, au montage, la vidéo de notre Entretien…

    …

    Et à plusieurs reprises j’ai pu percevoir ainsi, à divers re-visionnages de la vidéo, certains sourires rieurs de Karol Beffa…

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    À suivre…

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    Ce dimanche 10 avril 2022, Titus Curiosus, Francis Lippa

  • L’Entretien magnifique de Karol Beffa avec Francis Lippa à la Station Ausone, à Bordeaux, le 25 mars 2022, à propos de son passionnant « L’Autre XXe siècle musical » : artisanat, singularités, hédonisme, en un panorama considérablement élargi et ouvert, et infiniment plus juste et heureux, de la création musicale au XXe siècle…

    Vient d’être très heureusement publié sur le site de la Librairie Mollat

    la vidéo du très bel Entretien que le compositeur décidément important d’aujourd’hui qu’est Karol Beffa (né en 1973) a eu, le vendredi 25 mars dernier, à la Station Ausone de la Librairie Mollat à Bordeaux, avec le mélomane passionné qu’est Francis Lippa (né en 1947), vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux,

    afin de chercher à creuser un peu plus avant encore en les lucidissimes analyses que Karol Beffa a superbement développées et détaillées en son très remarquable et nécessaire _ et à poursuivre ! J’attends impatiemment un volume 2… _ « L’Autre XXe siècle musical« , qui vient de paraître aux Éditions Buchet-Chastel…

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    À l’initiative de Francis Lippa, et en ouverture de la saison 2016-2017 de la Société de Philosophie de Bordeaux, un précédent Entretien de Francis Lippa et Karol Beffa, intitulé, lui, « Ce que nous fait la musique », avait eu lieu en cette même Station Ausone le mardi 11 octobre 2016…

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    Car écouter l’intelligence si sensible de Karol Beffa, son intelligence toujours mesurée et parfaitement argumentée _ Karol Beffa est en effet aussi un admirable pédagogue _, d’une très grande justesse en les nuances qu’il sait détailler avec une éloquente simplicité en ses lucidissimes _ j’insiste là-dessus _ analyses, est, chaque fois, un irremplaçable plaisir _ cf mon article détaillé du 1er juin 2016 «  » que j’avais développé suite à notre rencontre du samedi 28 mai au Festival Philosophia de Saint-Emilion, où je venais de savourer l’excellent Entretien que Karol Beffa venait d’avoir avec Hélène Lastécouères sur le sujet, bien sûr fondamental, qu’est « Création et créativité« …

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    À ce passionnant Entretien de ce vendredi 25 mars dernier à la Station Ausone,

    d’une durée de 53′ _ sans une seule seconde d’ennui ou de redondance ! _,

    je me permets de joindre ici, et bien sûr en toute modestie _ je n’aime pas du tout me mettre en avant ; l’art (bien français) de la conversation amicale, tel que l’a superbement analysé Marc Fumaroli en son « L’Art de la conversation« , consistant, et avec le plus grand naturel possible, à seulement mettre en valeur et faire briller son interlocuteur _ un commentaire que par courriel m’a adressé, en retour de mon envoi de cette vidéo, et après attentif visionnage, mon lucidissime ami René de Ceccatty _ un maître, lui aussi, tout comme Karol Beffa, tant de l’analyse la plus fine que de la synthèse la plus lumineuse... _ : 

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    Cher Francis, j’ai vu et entendu ce très bel entretien d’une grande clarté, d’un grand naturel et d’une parfaite entente entre vous. Tu es (ce n’est pas une découverte pour moi…) vraiment l’interlocuteur idéal, érudit, pénétrant et discret, et admiratif, ce qui stimule évidemment ton invité, du reste assez modeste, mais maîtrisant parfaitement son sujet et ses prises de position.
    J’avais lu un essai de lui publié par le Seuil _ il s’agit de « Parler, composer, jouer _ 7 Leçons sur la musique« , ces lumineuses Leçons données par Karol Beffa au Collège de France, dont j’avais données à regarder les vidéos en mon article du 1er juin 2016 ; mais qui ont hélas cessé d’être accessibles en ces liens aux vidéos, je viens de le constater… Il est nuancé, jamais sectaire, partisan de l’hybridation musicale… Quel génie musical n’a pas puisé dans les cultures populaires et même exotiques ? Car la vraie musique est au-delà de tous les genres. Il y a une impasse du modernisme et de l’avant-garde quand ils se proclament et se célèbrent eux-mêmes, car loin d’être novateurs ils sont piégés par le néo-académisme. Malgré son génie de chef d’orchestre et du reste d’orchestrateur, Boulez est tombé à pieds joints dans ce piège ! Et pourtant c’était un homme curieux et d’une certaine générosité.
    J’envoie le lien à mon frère _ Jean Pavans, mélomane lui aussi passionné _ qui sera ravi, j’en suis sûr.
    Et je commande le nouveau livre de Karol Beffa.
    Avec mon amitié
    René
    J’espère que tu gardes précieusement tous tes entretiens qui mériteraient d’être retranscrits _ un bien utile conseil d’ami...

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    Voilà donc une très précieuse contribution à une meilleure connaissance d’un panorama élargi et considérablement plus ouvert _ et heureux ! _ de la musique au XXe siècle,

    face à l’étroitesse ronchonne, grise et triste, des sectateurs d’un purisme moderniste acétique un moment hégémonique dans les institutions musicales en France, très éloigné des goûts du public des mélomanes, au risque de tarir la composition de musique d’exigence de qualité en France…

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    Mais le vent a commencé de très heureusement tourner…

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    Un immense merci, donc, à Karol Beffa, et à son œuvre ouverte et, somme toute _ en ses diverses très riches modalités, et in fine _, heureuse, en toute sa très humaine modestie, et son goût généreux du partage… 

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    Ce jeudi 7 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa