Étiquette : Station Ausone

  • Karol Beffa, ou « l’intelligence très sensible » _ de la musique, bien sûr et d’abord, mais pas seulement…

    Hier vendredi 25 mars, je me suis entretenu une bonne heure durant, pour un entretien vidéocasté (sans public), avec Karol Beffa, à propos de son passionnant livre _ et qui lui tient très à cœur _ « L’autre XXe siècle musical« .

    …

    …

    Je m’étais déjà entretenu avec Karol Beffa, et en cette même Station Ausone, et cette fois en présence du public, pour la séance inaugurale des conférences de la saison 2016-2017 de la Société de Philosophie de Bordeaux _ dont j’étais (et suis) vice-président… _, sur le sujet, cette fois-là de « Ce que nous fait la musique« …

    L’ami Étienne Bimbenet s’entretenant avec son ami le philosophe Francis Wolff.

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    …

    Et ces deux fois, la librairie Mollat avait bien voulu agréer ma proposition de recevoir pour un entretien en son lieu prestigieux les invités eux-mêmes prestigieux que je proposais de recevoir…

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    J’avais déjà rencontré deux fois Karol Beffa, au Festival Philosophia de Saint-Émilion :

    …

    _ la première fois, c’était lors d’un conférence _ avec illustration musicale _ de Francis Wolff, avec Karol Beffa en « illustrateur musical » _ de luxe ! _ au piano, en l’église collégiale de Saint-Émilion le samedi 30 mai 2015 ;

    …

    _ et la seconde fois, un an plus tard, le samedi 28 mai 2016, lors d’une conférence de Karol Beffa lui-même, sur le thème de « la culture« , dans les Douves du Manoir Galhaud : le sujet en était précisément « Création et créativité » _ cf ce que j’en rapportais en mon décidément bien utile article du 1er juin 2016 : « « …

    …

    …

    Et c’est à l’issue de cette conférence, ce 28 mai-là, dans les Douves ensoleillées du Manoir Galhaud, que je me suis présenté à Karol Beffa, en lui demandant si il accepterait de venir parler de musique (et de création musicale) pour la séance inaugurale de notre Société de Philosophie de Bordeaux…

    Ce que je m’offrais à aller proposer au plus vite et à notre Société de Philosophie de Bordeaux, et à la Librairie Mollat. Et qui allait être agréé. 

    …

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    Le 1er juin suivant, dans la foulée, je publiais sur mon blog Mollat « En cherchant bien » mon article intitulé « « …

    …

    …

    Ici, j’éprouve le désir rétrospectif de reproduire deux bien significatifs courriels, en date des 19 et 20 octobre 2016,

    le premier à quelques amis,

    et le second à Karol Beffa lui-même,

    en leur adressant le podcast _ réduit à de bien pauvres 32′ _ de l’entretien que l’ami Étienne Bimbenet a eu avec son ami Francis Wolff, et moi-même, Francis Lippa, avec Karol Beffa :

    …

    …

    d’abord, ce courriel à quelques amis, en date du 19 octobre 2016, à 18h 57 :

    …

    Le podcast (de 32’) de la partie « Entretien » avec Karol Beffa et Francis Wolff vient de paraître à l’instant sur le site de la librairie Mollat.

    …

    Voici un lien pour l’écouter :

    …
    Pour me consoler (un peu) de ce à quoi s’est réduit cette rencontre (et son podcast accessible réduit à 32’),
    je me représente Karol Beffa en Igor Wagner,
    le pauvre accompagnateur de cette Bianca Castafiore que serait Francis Wolff
    même si nous avons eu en la personne de Karol Beffa un accompagnateur de luxe in vivo.
    …
    Afin de s’esquiver (de Moulinsart) pour aller (au village) jouer aux courses,
    Igor Wagner use d’un subterfuge : il se fait remplacer par un enregistrement de magnétophone
    débitant obstinément les gammes auxquelles il est sensé s’exercer à son piano…
    …
    La ressource finale est d’écouter (et regarder) sur youtube les passionnantes « Leçons » de Karol Beffa au Collège de France (à la chaire de création artistique),
    telles que j’en donne les liens dans mon article du 1er juin dernier :
    …
    Mais je ne désespère pas de faire revenir Karol Beffa pour parler de son activité de composition (et de celle de György Ligeti).
    On peut lire aussi son « Les Coulisses de la création », avec Cédric Villani.
    …
    Francis
    …
    …
    Ensuite, ce courriel à Karol Beffa lui-même, en date du 20 octobre 2016, dans lequel j’aborde la question de la mélancolie au sein de sa propre poïétique musicale de compositeur :

    …

    Cher Karol,

    …
    en attendant un article un peu conséquent (et peaufiné) sur cette séance inaugurale de la Société de Philosophie de Bordeaux,
    …
    voici un lien vers le podcast (de 32’) de la partie enregistrée :
    …
    …
    Si je suis heureux que l’ami Etienne Bimbenet ait pu bien écouter Francis Wolff sur « Ce que nous fait la musique » et s’entretenir avec lui,
    ainsi que de l’assistance très nombreuse à cette manifestation _ jamais cette salle n’avait été jusqu’ici aussi remplie _,
    je le suis un peu moins d’avoir dû renoncer à m’entretenir avec vous des questions de poïétique qui m’intéressent,
    suite à votre passionnant entretien avec Hélène Lastécouères du 28 mai à Saint-Émilion, et à vos « Leçons au Collège de France » ;
    et qui m’avaient amené à organiser cette rencontre chez Mollat…
    …
    …
    Mais la question des « souffrances »
    et de la « mélancolie » dont vous parlez parfois à propos de votre travail de composition,
    et qui est aussi la couleur de la plupart, dites-vous, de vos œuvres, du moins jusqu’ici,
    continue de me travailler.
    …
    Outre l’écoute des divers extraits de vos œuvres (non disponibles hélas pour le moment en CDs) accessibles sur youtube,
    une bien intéressante interview de vous par Eva Bester, le 28 juillet 2014, sur France-Inter, dans l’émission « Remède à la mélancolie »
    m’encourage à creuser ce sillon…
    Vous y reconnaissez « un naturel mélancolique, probablement »…
    …
    …
    En réfléchissant un peu autour de vos principes esthétiques
    _ plutôt « transpiration » qu’« inspiration », et ici j’ai pensé, bien sûr, à Paul Valéry
    que, m’interrogeant sur la « singularité Durosoir », j’évoque dans mes propres contributions au colloque « Lucien Durosoir » au Palazzetto Bru-Zane, à Venise, en février 2011 _,
    j’ai trouvé un article bien intéressant de Jacques Darriulat : « la Poïétique de Paul Valéry » : http://www.jdarriulat.net/Auteurs/Valery/ValeryIndex.html
    Même si je ne partage pas tout à fait ces positions intellectualistes…
    J’aime aussi Sainte-Beuve…
    …
    Bref, je voudrais développer une autre fois ces questions avec vous.
    Et je sais qu’à la librairie Mollat on vous réinvitera.
    …
    …
    Et enfin, ce qui est une coïncidence de plus,
    après celle de la voïvodie _ de la Galicie autrichienne, de 1772 jusqu’en 1918, puis polonaise de 1919 à 1945, puis soviétique en 1945, et aujourd’hui ukrainienne depuis 1991 _ de Stanislawow _ et la contiguité des villes de Tysmienica (aujourd’hui Tysmenytsia) et Stanislawow (aujourd’hui Ivano-Frankivsk) : les villes de naissance de nos pères, le vôtre en 1943, et le mien en 1914… _,
    voici que vous séjournez régulièrement au château de Mazères, chez vos amis de Margerie,
    à Barran, dans le Gers,
    où se trouve une propriété familiale de mon gendre Pascal,
    qui s’est souvent baigné, enfant, au château de Mazères…
    …
    Bien à vous, cher Karol,
    …
    Francis Lippa, à Bordeaux
    …
    …
    Bref, vous voilà donc, cher Karol, maintenant revenu à la Station Ausone pour un nouvel et absolument magnifique entretien,
    pas tout à fait directement sur le sujet de votre propre Poïétique musicale de compositeur, en sa singularité,
    mais au moins à propos de celle de compositeurs du XXe siècle dont vous vous sentez, sur tel ou tel point de poïétique musicale, proche ; que vous aimez _ voire chérissez, même si votre enthousiasme s’exprime toujours avec beaucoup de retenue et modération… _ tout particulièrement ; et souhaitiez fermement voir un peu mieux reconnus à une plus juste place en leur siècle de composition…
    …
    …
    Bien sûr, j’espère que ce passionnant, riche, précis _ très heureusement détaillé _ premier volume de ce « L’autre XXe siècle musical« , sera bientôt suivi d’un autre qui portera le focus sur d’autres compositeurs que vous appréciez beaucoup, eux aussi, et estimez devoir, eux aussi, mieux faire reconnaître à une plus juste place parmi les compositeurs majeurs du XXe siècle…
    …
    …
    Ce samedi 26 mars 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • En répertoriant les entretiens enchanteurs accessibles d’Hélène Cixous, admirer la gamme chantée des infinies inflexions signifiantes de sa voix

    Pour débuter en beauté l’année 2022,

    …

    choisir d’écouter la voix _ tant parlée que transposée en écriture dansante _ enchanteresse, avec son incroyable gamme d’inflexions signifiantes modulées-chaloupées, d’Hélène Cixous parlant d’expérience puissamment incarnée de son enthousiasmant formidablement minutieux travail d’écriture in progress,

    …

    voici ce très varié, en fonction de la grande diversité des interlocuteurs de ses entretiens, échantillon-ci :

    …

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    _ en 2013 : Hors-Champs, avec Laure Adler (44′ 27)

    …

    _ le 15 novembre 2013 : Les Matins de France-Culture, avec Marc Voinchet (48’52)

    …

    _ le 9 décembre 2015 : Écrire la nuit (13′ 39)

    …

    _ le 28 septembre 2017 : L’entretien complet à Télérama, avec Fabienne Pascaud (52 01°

    …

    _ le 26 janvier 2019 : la Masterclass d’Hélène Cixous à la BnF, avec Caroline Broué (84′ 21)

    _ un entretien vraiment magnifique ! Très précis et très détaillé, grâce à un superbe travail préparatoire ultra compétent et sérieux de Caroline Broué, lectrice souple et minutieuse … Un modèle-exemple d’entretien !

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    _ le 23 mai 2019 : Sur « 1938, nuits« , avec Francis Lippa (62′ 23), à la librairie Mollat

    _ une entretien attentif très sereinement centré, sans hâte, sur les détails très précis et patiemment assimilés de ce livre ;

    avec le relevé, au pasage, par Francis Lippa, de la difficulté persistante pour lui d’admettre la réalité de la coexistence, réaffirmée pourtant d’un mot par Hélène Cixous, du départ d’Osnabrück (et non pas de Dresde !) de sa grand-mère Omi, au lendemain de la Kristallnacht, du 10 novembre 1938, avec l’affirmation que ce départ précipité d’Allemagne ait pu se produire sur les conseils très avisés et salvateurs ! du Consul de France à Dresde (« Madame, vous devriez partir« , lisons-nous à la page 104 de « 1938, nuits« ) ;

    Dresde, où Rosie Jonas (Osnabrück, 23 avril 1882 – Paris, 2 août 1977), veuve Klein (depuis le 29 juillet 1916), avait rejoint sa sœur Hete (Hedwig) Jonas (née le 20 octobre 1875), épouse du banquier (à la Dresdner Bank) Max Meyer Stern, après le départ de la maison Jonas d’Osnabrück, de sa fille Eve Klein (Strasbourg, 14 octobre 1910 – Paris, 1er juillet 2013), en 1929…

    Cette maison Jonas de Nicolaiort, 2, d’Osnabrück, dont le propriétaire, après le décès, à Osnabrück, le 21 octobre 1925, de Hélène Meyer, veuve d’Abraham Jonas (Borken, 18 août 1833 – Osnabrück, 7 mai 1915), était désormais l’oncle André, Andreas Jonas (Borken, 5 février 1869 – Theresienstadt, 6 ou 9 juin 1942), l’époux d’Else Cohn (Rostock, 9 juillet 1880 – Theresienstadt, 25 janvier 1944).

    Cf aussi mon article sur ce très beau « 1938, nuits« , en date du 4 février 2019 : …

    À quel moment exactement Omi avait-elle quitté son Osnabrück natal, pour gagner cette Dresde où résidait sa sœur Hete et son banquier de beau-frère Max Meyer Stern ?.. Le Livre n’en dit rien. Et toute sa vie Omi demeura si discrète…

    …

    _ le 28 septembre 2020 : Hélène Cixous écrivaine et intellectuelle, avec Charlotte Casiraghi et Fanny Arama (23′ 29)

    …

    _ le 25 octobre 2020 : Hélène Cixous, la Vie par la littérature, avec Guillaume Erner (50′ 25)

    …

    _ le 11 mars 2021 : Si toutes les femmes du monde, avec Elisabeth Quin (10’39)

    …

    _ le 7 octobre 2021 : Hélène Cixous en rêve, avec Augustin Trapenard (32′ 54)

    …

    …

    Ècouter Hélène Cixous parler en entretien _ avec un interlocuteur qui l’a au moins un peu lue _ de l’incessant passionnant working progress de son magique écrire

    est presque aussi merveilleux et enrichissant que lire les Livres absolument extraordinaires qui lui ont échappé !

    …

    …

    Bonne année 2022 !

    …

    Bonnes écoutes de ces entretiens fastueux

    quand rayonne la lumineuse grâce du merveilleux parler si vivant de l’autrice !
    …

    Et bien mieux encore :

    …

    Bien heureuses lectures de ces profus et foisonnants Livres magiques

    d’Hélène Cixous !!!

    …

    …

    Et vive Kairos !

    …

    …

    Ce samedi 1er janvier 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

    …

    …

    P. s. :

    …

    En ouverture de mon entretien du 23 mai 2019 à la Station Ausone de la librairie Mollat, à Bordeaux,

    pour présenter à l’assistance l’autrice éminemment singulière que j’avais le très grand honneur de recevoir,

    …

    j’ai employé les expressions un peu approximatives _ j’étais bien sûr, bien que tout à fait serein, assez ému aussi… _ de :

    « un écrivain de première grandeur,

    peut-être nobelisable, si les titres valent quelque chose,

    en tout cas, c’est un écrivain TRÈS important que nous recevons ce soir« …

    …

    …

    Et depuis j’ai appris,

    à l’occasion, justement, d’un de ces entretiens dont je donne ci-dessus les liens aux vidéocasts,

    que son ami Jacques Derrida qualifiait Hélène Cixous de « plus grand écrivain de langue française » actuellement vivant.

    …

    C’est là une appréciation que je partage…

    …

    …

    Et depuis,

    le 13 octobre 2021, et pour l’ensemble imposant de son œuvre,

    Hélène Cixous vient de recevoir le Prix 2021 de la Bibliothèque nationale de France :

    …

    le jury de ce prix a désiré ainsi saluer la large palette de « cette autrice engagée, à l’œuvre littéraire inclassable », dans laquelle « se rencontrent la profondeur d’une réflexion, l’écho d’engagements dans la vie intellectuelle, une recherche intime dans les méandres de la mémoire, une écriture d’une rare poésie », a déclaré en commentaire la présidente de la BnF, Laurence Engel…

    …

    Et quand les prix savent, à l’occasion (pas si fréquente), saluer une vraie valeur,

    pourquoi ne pas se permettre, en parfaite liberté, non servile, sans donc y attacher plus d’importance que cela ne le mérite _ car c’est au fond simplement anecdotique, périférique, quasi parasite _, et avec léger sourire en coin,

    de le remarquer et relever-noter au passage ?..

    …

    Rien ne valant l’avis que soi-même, d’expérience singulière _ sans se calquer sur des avis pré-formés et des clichés à emprunter-recopier-suivre… _, on apprend à finement peser, au délicat risqué juger de ses propres appréciations, de mieux en mieux éclairées, de lecteur scrupuleusement attentif de tout l’œuvre, en son incroyablement profuse richesse, qui se donne, à portée de lecture.

    Et c’est bien alors à nous, lecteurs, d’apprendre à accueillir-recueillir le tout profus, jusqu’au moindre détail, de cet œuvre livré par l’encre sur le papier, du mieux qu’il nous est possible.

    …

    Sinon, « Indiligent lecteur, quitte ce livre« ,

    prévenait aimablement le cher Montaigne en l’Ouverture lumineusement irradiée d’humour de ses « Essais« …

  • Avec la parution de son « Nietzsche et la vie », Barbara Stiegler relit le regard de Nietzsche sur « l’âge du télégraphe »…

    Source de nombreux malentendus, l’œuvre de Nietzsche demeure _ tout à fait _ essentielle pour penser notre temps de vitesse, de contraintes, de trop d’informations _ Nietzsche parlait, lui, de « l’âge du télégraphe« …

    …

    Dans son nouveau livre Nietzsche et la vie, une nouvelle histoire de la philosophie,

    Barbara Stiegler propose une relecture décisive _ absolument ! _ de son œuvre en montrant comment la biologie _ ainsi pensée à nouveaux frais par Nietzsche _ permet de renouveler _ effectivement _ profondément la philosophie.

    …

    …

    Nietzsche et la vie : une nouvelle histoire de la philosophie

    …

    …

    Ce jeudi 14 octobre, à la Station Ausone, à 18 heures, une rencontre du cycle ECHO en partenariat avec Cap Sciences.

    …

    …

    Et de fait l’entretien de Barbara Stiegler avec Pierre Coutelle,

    a été magistral,

    par le questionnement lumineux et profond que propose la lucidissime re-lecture de Nietzsche, par Barbara Stiegler, à la lumière des problèmes les plus actuels et complexes qu’affronte notre aujourd’hui…

    …

    …

    Pour écoute,

    voici le podcast (de 56′ 30) de ce très riche entretien de Barbara Stiegler avec Pierre Coutelle…

    …

    …

    Ce jeudi 14 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter Denis Kambouchner analyser l’expression « Quelque chose dans la tête » et la manie du souci de « transmettre » : l’entretien au Studio Ausone le 26 novembre dernier avec Francis Lippa, pour la Société de Philosophie de Bordeaux

    Vient d’être mis en ligne

    hier soir 9 décembre

    sur son site par la librairie Mollat

    …

    le podcast (de 62′) _ cliquez sur podcast, et vous accéderez à son écoute ! _

    de l’entretien du 26 novembre dernier à la Station Ausone,

    _ et en ouverture de la saison 2019 – 2020 de la Société de Philosophie de Bordeaux _,

    de Denis Kambouchner

    _ président de la Société française de Philosophie _

    avec Francis Lippa

    _ vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux _

    à propos du magnifique passionnant petit livre

    _ de 154 pages : quelle lumineuse finesse et ampleur d’analyse ! _

    de Denis Kambouchner,

    paru le 28 août dernier aux Éditions Flammarion

    Quelque chose dans la tête, suivi de Vous avez dit Transmettre ? ;

    …

    muni du bandeau suivant :

    « Nous avons perdu la culture de la mémoire : avons-nous gagné celle du jugement ? » 

    …

    …

    Cette question des moyens, outils et aliments

    de la riche _ et positivement complexe : quelle variété de ressources et méthodes à apprendre à mettre en œuvre et inventivement connecter (ainsi que donner à cultiver à d’autres), sans esprit fermé de système, non plus que de formalisme _ formation et « culture » _ à tous égards _ du jugement

    de tout un chacun et quiconque,

    …

    à commencer, bien sûr, par les enfants et les adolescents

    _ auxquels s’adresse d’abord, originellement du moins, en sa conception première, le premier des deux essais, Quelque chose dans la tête ;

    mais la question, bien sûr, ne s’arrête à nulle génération d’âge, ni d’époque :

    apprendre à bien juger est l’affaire de l’entièreté, de son début à sa fin, de toute vie d’une personne,

    je veux dire de la vie entière de tout un chacun ! et cela sans la moindre exception : face aux dangers et chausse-trapes incroyablement multiples des situations à tâcher d’éviter, auxquelles échapper quand elles surviennent, à entreprendre de surmonter, en apprenant comment y faire face et s’en dépêtrer et sortir vainqueur et vivant, et pas trop amoché, cabossé, blessé, souffrant… ; Montaigne nous en avertissait en ouverture du Livre III de ses Essais : « Personne n’est exempt de dire des fadaises » (ni de commettre des bêtises !)…

    et cela ne concerne pas seulement, bien évidemment, la vie humaine : puisque cet enjeu ô combien vital fait à coup sûr déjà partie des conditions de la vie et survie animales : que d’erreurs s’avèreront mortelles… _,

    …

    est en effet cruciale,

    tant à l’échelle des individus,

    qu’à celle des sociétés

    et civilisations…

    …

    …

    Et cette question-là

    des « nourritures » fondamentales et ouvertes

    _ ainsi qu’en chantier inventif et constructif permanent… _

    du bien (ou toujours mieux) juger

    ne cesse,

    …

    à côtés de ses recherches proprement cartésiennes

    _ afin d’essayer toujours de mieux pénétrer les micro-subtilités infinies (et passionnantes) du travail philosophique de Descartes,

    tâche peut-être principale du travail de Denis Kambouchner en sa carrière et œuvre philosophique _,

    …

    de constituer un pan essentiel du questionnement foncièrement pragmatique,

    et à visée d’authentiques progrès de l’esprit,

    de Denis Kambouchner.

    …

    …

    Cet art de distinguer les nuances magnifiques et merveilleuses, à bien les considérer, du pensable

    caractérise, me semble-t-il bien,

    et court la culture philosophique française :

    …

    Montaigne, bien sûr, Descartes _ et le sillage des très nombreux cartésiens _, Pascal,

    Voltaire, Diderot, Rousseau,

    Bergson, Jankélévitch, Ricœur, Derrida, etc.

    …

    Tous assez peu adeptes du concept et de ses un peu trop rigides fermetures,

    qui va dominer, me semble-t-il encore, la conquérante philosophie universitaire allemande,

    au moins à partir de Kant et Hegel.

    …

    …

    Oui, l’art des nuances subtiles, à partir de comparaisons ;

    et même de métaphores

    riches d’humour…

    …

    Afin de former et donner consistance à la finesse de la « sagacité » _ une notion cartésienne…

    …

    …

    Quant au second des deux essais qui se répondent, « en écho« ,

    Vous avez dit transmettre ?..,

    …

    celui-ci entreprend de mettre en garde _ délicatement, sans rechercher quelque polémique médiatique _ contre une tentation désagréablement fermée de concevoir l’enseignement de manière exclusivement conservatrice et rétrograde _ celle de certains idéologues réactionnaires, à la versaillaise ! _,

    et de défendre un partage ouvert et inventif-créatif _ véritablement progressiste : mais à quels mots se fier parmi l’incroyable déchaînement orwellien de notre époque ? _ de la culture :

    …

    le maître judicieux étant seulement « un nain » _ humblement _ juché sur des « épaules de géants« ,

    selon une formulation de Bernard de Chartres,

    reprise notamment par Montaigne et Pascal…

    …

    …

    Le vocable de « transmission » ne convenant, à proprement le penser,

    qu’à l’opération de léguer à quelques proches

    un héritage bien précis et spécifié à laisser en propriété et usufruit à ses descendants,

    un patrimoine à ne pas laisser se disperser et disparaître, se dissoudre,

    un secret de création-fabrication à ne pas laisser se perdre en le confiant ainsi à quelque disciple élu

    qui saura en faire, à son tour, son miel propre…

    …

    …

    Alors que la culture à même d’alimenter richement le bien juger d’autres que soi-même

    est de l’ordre de ce « pollen » multiple et divers (de mille fleurs)

    dont les abeilles _ montaniennes _ sauront faire leur « miel« ,

    « en se l’incorporant » vraiment :

    …

    « Les abeilles pillotent de ça de là les fleurs ; mais elles en font après le miel qui est tout leur ; ce n’est plus thym, ni marjolaine ; ainsi les pièces empruntées d’autrui, il les transformera et confondra pour en faire ouvrage tout sien, à savoir son jugement : son institution, son travail et étude ne vise qu’à le former.

    Qu’il cèle tout ce duquel il a été secouru, et ne produise que ce qu’il en a fait. Les pilleurs, les emprunteurs, mettent en parade leurs bâtiments, leurs achats, non pas ce qu’ils tirent d’autrui. Vous ne voyez pas les épices d’un homme de parlement : vous voyez les alliances qu’il a gagnées, et honneurs à ses enfants. Nul ne met en compte publique sa recette : chacun y met son acquêt

    Le gain de notre étude, c’est en être devenu meilleur et plus sage« , Essais, Livre I, chapitre 26, De l’institution des enfants…

    …

    …

    C’est cette profondeur et intensité de l’incorporation d’une authentique culture personnelle

    par celui qui la reçoit,

    comme par celui qui la donne _ et l’a donnée _,

    qui,

    en son authenticité généreuse et désintéressée _ pardon du pléonasme _ seulement,

    en fait l’efficace seul effectivement consistant et durable.

    …

    Le reste, utile à court terme, se dissipera sitôt l’usage effectué…

    …

    …

    Ensuite, selon le mot _ authentiquement progressiste et libérateur _ de Nietzsche, à propos de ce que donne le maître à son disciple :

    …

    « Vademecum, vadetecum« …

    …

    Tel est le paradoxe généreux du libérateur…

    …

    …

    Ce mardi 10 décembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

    …

    …

    P. s. :

    voici encore, à titre de complément de luxe,

    de quoi écouter le podcast de l’entretien _ merveilleux ! _ que j’ai eu avec Denis Kambouchner le 18 septembre 2013 à la librairie Mollat,

    à propos de son essentiel _ lucidissime ! _ L’École, question philosophique.