Étiquette : tendresse

  • Ecouter le tendre ténor slovaque Pavol Breslik dans les Mélodies moraves du râpeux et sublime Leos Janacek

    Géographiquement,

    Kysucké Nové Mesto,

    le lieu de naissance (le 9 mars 1979) du ténor _ slovaque _ Pavol Breslik

    _ cf mes articles des 11 février et 28 mai 2018, et 19 janvier 2020 : ,  et … _

    …

    n’est vraiment pas très éloigné

    de Hukvaldy,

    le lieu de naissance (le 3 juillet 1854) du compositeur _ morave _ Leos Janacek…

    …

    …

    C’est seulement le 1er janvier 1993 que la Slovaquie s’est séparée _ à l’amiable _ de la Bohème-Moravie, à laquelle elle était unie depuis le Traité de Saint-Germain-en-Laye, le 10 septembre 1919, qui avait créé la République de Tchécoslovaquie ;

    en conséquence de quoi Pavol Breslik a possédé à sa naissance, en 1979, la nationalité tchécoslovaque

    que possédait Leos Janacek lors de son décès, le 12 août 1928.

    …

    Surtout,

    le chanteur _ slovaque _  et le compositeur _ morave _ appartiennent au même monde culturel slave 

    assez proche de Vienne…

    …

    …

    Le CD _ Orfeo C989201 _ The Diary of one who disappeared,

    consacré à trois cycles de Mélodies de Leos Janacek :

    …

    Le Journal d’un disparu JW V/12,

    Six chants populaires d’après Eva Gabel, JW V/9

    et Mélodies de Detva, Ballades de Brigands, JW V/11,

    …

    …

    est ici servi

    par le ténor Pavol Breslik,

    accompagné au piano par Robert Pechanec ;

    …

    avec, à l’occasion, la participation des chanteuses

    Ester Pavlu, mezzosoprano,

    Dominika Hanko, soprano,

    Zuzana Marczelova, soprano

    et Maria Kovac, mezzosoprano.

    …

    …

    Pavol Breslik

    est un _ tendre _ ténor mozartien ;

    …

    et c’est avec un très grand plaisir

    que nous l’entendons pénétrer ici

    le langage un peu rapeux _ et très idiosyncrasique ; et sublime ! _ de Leos Janacek…

    …

    …

    Ce mardi 10 mars 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un superbe « Sacre royal de Louis XIV » : un DVD de reconstitution musicale magnifiquement réussie de la cérémonie à Reims le 7 juin 1654

    Sébastien Daucé,

    avec son remarquable Ensemble Correspondances

    _ ainsi que Les Pages du CMBV (sous la direction d’Olivier Schneebeli) _

    …

    nous propose un superbe et très réussi DVD

    _ de 108′ ; édité par le Château de Versailles : CVS 017 _

    d’un essai de reconstitution musicale

    de ce que furent les cérémonies, à Reims, du sacre du roi Louis XIV,

    le 7 juin 1754

    _ le jeune roi (depuis le décès de son père Louis XIII, le 14 mai 1643, à Saint-Germain-en-Laye)

    était né (à Saint-Germain-en-Laye) le 5 septembre 1638…

    …

    …

    Les chroniques du temps

    n’ont, en effet, hélas pas conservé le détail du programme musical de ces festivités du sacre

    _ pas davantage que ceux des mariages de Louis XIII avec Anne d’Autriche, le 21 novembre 1615, à Bordeaux, à la cathédrale Saint-André ;

    ou de Louis XIV avec Marie-Thérèse d’Autriche, le 9 juin 1660, à Saint-Jean-de-Luz, en l’église Saint-Jean-Baptiste :

    j’avais entrepris des recherches là-dessus…

    …

    …

    Mais il est demeuré possible de reconstituer

    avec une assez grande probabilité de justesse

    ce que purent être les musiques utilisées alors.

    …

    Ce fut la tâche des équipes du Centre de Musique Baroque de Versailles,

    sous la conduite éminemment experte de Thomas Leconte…

    …

    Et cela à partir de partitions

    _ très heureusement conservées, elles, un peu par hasard (et chance pour nous) :

    au sein de ce qui demeure de l’infiniment précieuse collection Philidor… _

    de musiques données pour des occasions sinon similaires, du moins fonctionnellement assez proches,

    et le plus souvent demeurées anonymes :

    …

    l’auteur de la composition important alors bien moins que sa fonction cérémonielle !

    …

    …

    Et la réalisation de ce concert

    a été _ superbement _ filmée

    dans le cadre somptueux de la Chapelle Royale du Château de Versailles

    _ achevée de construire, elle, en 1710…

    …

    …

    Les musiques _ d’une tendresse toute française : fondante ! _ sont ici merveilleusement données…

    …

    Et l’image,

    avec des gros plans sur les interprètes, chanteurs comme interprètes,

    est très agréable…

    …

    …

    Ce dimanche 2 février 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Interpréter les Descentes d’Orphée aux Enfers de Marc-Antoine Charpentier : une parfaite réussite de Vox Luminis et A Nocte Temporis

    Marc-Antoine Charpentier (1643 – 1704)

    me tient tout spécialement à cœur,

    …

    ne serait-ce que par la découverte que je fis d’une partie des musiques crues perdues

    de son petit opéra de 1678 Les amours d’Acis et Galatée,

    sur un livret de Jean de La Fontaine (1621 – 1695)

    _ cf mon livret au CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, de La Simphonie du Marais dirigée par Hugo Reyne

    (CD EMI 7243 S  45229 2 5),

    un programme de concert et de disque conçu à l’occasion du tricentenaire de la mort du poète en 1995,

    et qui comporte pas mal de bien belle musique de Charpentier…

    …

    Cf aussi les précisions que j’en donne

    en mon article  du 18 avril 2009…

    …

    Cf aussi la note de Catherine Cessac à propos de cette découverte

    à la page 138 de son « Marc-Antoine Charpentier » en l’édition de 2004, chez Fayard…

    …

    …

    Aussi m’est-il hors de question

    de laisser passer le CD Orphée aux Enfers

    des Ensembles Vox Luminis et A Nocte Temporis,

    de Lionel Meunier et Reinoud van Mechelen,

    …

    soit le CD Alpha 566 qui paraît présentement ;

    …

    et comporte Orphée descendant aux Enfers (H.471)

    et La Descente d’Orphée aux Enfers (H.488)

    _ ce dernier petit opéra nous étant hélas parvenu incomplet,

    privé d’un possible Acte 3 des retrouvailles aux Enfers d’Orphée et Eurydice ;

    dont on ignore même si un tel Acte 3 a été composé, puis perdu, ou bien si l’œuvre a été laissée en cet état inachevé par Charpentier lui-même :

    le manuscrit ne comportant aucune indication qui permettrait de trancher quelle a été l’intention du compositeur…

    …

    …

    Une excellente occasion de comparer quelques interprétations de ces œuvres,

    présentes parmi les CDs de ma discothèque.

    …

    …

    Je retrouve ainsi

    le bouleversant CD Ricercar RIC 037011 intitulé Orphée descendant aux Enfers,

    enregistré en 1987

    par l’unique _ et hélas irremplacé _ Henri Ledroit (1946 – 1988),

    un an à peine avant son décès prématuré.

    …

    Ainsi que le CD Erato 063011913-2 de La Descente d’Orphée aux Enfers,

    enregistré en 1995 par Les Arts Florissants,

    avec Paul Agnew en Orphée…

    …

    …

    Autant la version (d’Orphée descendant aux Enfers) du Ricercar Consort est émouvante,

    avec les tempi qui conviennent,

    et bouleversent :

    à fendre l’âme !

    …

    autant la version (de La Descente d’Orphée aux Enfers) des Arts Flo déçoit,

    avec des tempi trop rapides, inadéquats au sujet…

    _ que l’on compare ainsi, pour commencer, l’ouverture primesautière de l’œuvre par les Arts Flo en 1995

    avec l’ouverture, infiniment plus juste, en gravité, par Vox Luminis aujourd’hui… 

    …

    …

    Le présent CD

    des Ensembles Vox Luminis et A Nocte Temporis,

    est, lui, une parfaite réussite !!!

    …

    qui rend parfaitement la tension inhumaine du drame des Enfers,

    et toute la tendresse d’Orphée…

    …
    …

    Bravo !!!

    …

    …

    Les livrets de ces deux œuvres (de 1683 et 1686 ; toutes deux pour Mademoiselle de Guise) de Marc-Antoine Charpentier

    n’indiquent pas le nom du librettiste ;

    …

    mais s’inspirent précisément, les deux, des Métamorphoses d’Ovide :

    au livre X et aux vers 1 à 63,

    …

    avec le choix d’Ixion, Tantale et Tityos _ et non pas Orion, ni Sisyphe _

    comme ombres infernales suppliciées à l’infini, sans terme à venir jamais,

    avec lesquelles dialogue tendrement Orphée, en sa catabase.

    …

     

    …

    À comparer avec la Nekuia du chant XI de l’Odyssée d’Homère ;

    et les Catabases du chant VI de l’Éneïde de Virgile

    et de l’Enfer de la Divine Comédie de Dante.

    …

    …

    « Effroyables enfers« , ne sont-elles pas les premières paroles d’Orphée

    dans l’Orphée descendant aux Enfers (de 1683) ?

    …

    et « Affreux tourments« , celles d’Ixion, Tantale et Titye

    au début du second acte de La Descente d’Orphée aux Enfers (de 1686) ?..

    …

    …

    Auxquelles répondent

    et la « douce harmonie » qui « frappe l’oreille« 

    de Tantale

    dans l’œuvre de 1683 ;

    …

    et « la touchante voix » et « la douce harmonie » qui « suspend le rigoureux tourment« 

    d’Ixion, Tantale et Titye

    dans l’œuvre de 1686…

    …

    Car tel est bien l’extraordinaire efficace du chant d’Orphée

    …

    dont ces œuvres de Marc-Antoine Charpentier nous font, à leur tour, ressentir la magie

    _ au moins pour un moment _

    consolatrice…

    …

    …

    Marc-Antoine Charpentier applique,

    avec la merveilleuse tendresse qui caractérise son art,

    ce qu’il a appris des Oratorios _ sacrés _ de Carissimi à Rome,

    à l’esprit français des soirées intimes chez Mademoiselle de Guise.

    …

    …

    Ce jeudi 23 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’art du chant français du règne de Louis XIV : Dumesny, haute-contre de Lully, par Reinoud van Mechelen et A Nocte Temporis

    Dès le 17 novembre dernier,

    j’avais consacré un petit article

    au remarquable CD Alpha 554 Dumesny haute-contre de Lully

    de Reinoud van Mechelen et A Nocte Temporis.

    …

    …

    Ce vendredi 10 janvier,

    sur son blog Discophilia,

    Jean-Charles Hoffelé consacre un intéressant article

    intitulé La Voix de Lully

    à ce CD.

    …

    …

    Le voici :

    …

    LA VOIX DE LULLY

    Bernard Clédière parti _ après le succès de Proserpine en 1680 ; il avait chanté dans Cadmus et Hermione, Alceste, Thésée, Atys, Isis, Psyché, Bellérophon et Proserpine de 1673 à 1680 _, Dumesny devint le premier haute-contre de la fin du règne musical de Lully, créateur de Persée, Phaéton, Amadis, Roland, Armide, Acis et Galatée _ de 1682 à 1686. Sa haute stature, son port noble charmèrent le Florentin autant que sa voix subtile qui aimait à briller dans les emplois passionnés. Lully disparu _ le 22 mars 1687 _, Dumesny continua à fasciner les compositeurs de la génération suivante avant que l’embonpoint et le déclin de son instrument à la justesse de plus en plus incertaine l’éloigne de la scène où il lui fallait six bouteilles de champagne par soirée.

    …
    …

    L’illustration de l’album ne manque pas de piquant, on y voit Reinoud Van Mechelen, casserole _ de cuivre _ en main, rappelant que notre haute-contre, jeune homme, fut cuisinier de l’Intendant Foucault à Montauban _ beaucoup des grands chanteurs du Baroque français étaient originaires du Midi. Admiratif, le public pince sans rire lui adressait en guise de compliment : « Ah ! Phaéton, est–il possible/ Que vous ayez fait du bouillon ? ».

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    L’occasion est belle pour Reinoud Van Mechelen de parcourir les plus beaux airs que chanta Dumesny, du Persée (1682) de Lully à Amadis de Grèce (1699) de Campra, y mettant une discrète prononciation d’époque qui ne parvient pas à déparer les élégies et les plaintes, les magiques chants de sommeil, comme les airs plus expansifs (« Ma vertu cède au coup » du Théagène et Cariclée de Desmarest).

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    Au rang des premières, une merveille, « Infortuné, que dois-je faire ? » de la Didon de Desmarest et plus encore « Amour, que sous tes lois » du Céphale et Procris d’Elisabeth Jacquet de la Guerre, ouvrage qui finira bien par trouver les bonheurs du disque.

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    La voix souple, le timbre élégiaque du ténor _ oui _ se marient aux décors nostalgiques dont il cerne lui-même ses mots ; comme les couleurs de A Nocte Temporis lui font un écrin profond !

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Dumesny, haute-contre
    de Lully

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    Airs et scènes extraites d’œuvres de Jean-Baptiste Lully, Pascal Collasse, Henry Desmarest, Marin Marais, Louis de Lully, Marc-Antoine Charpentier, Elisabeth Jacquet de la Guerre, Charles-Hubert Gervais, André Cardinal Destouches, André Campra

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    Reinoud Van Mechelen, ténor
    A Nocte Temporis, mezzo-soprano

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    Un album du label Alpha Classics 554
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    Photo à la une : le ténor Reinoud Van Mechelen – Photo : © Senne Van der Ven

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    Une très remarquable contribution

    à une meilleure connaissance du chant lullyste français,

    en plus du charme tendre de sa beauté.

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    Ce vendredi 10 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa