Oui, l’écriture de Pierre Veilletet (Momuy, 2 octobre 1943 – Bordeaux, 2 janvier 2013 ) est somptueuse en sa lumineuse et tendre sobriété…
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Ainsi que nous offre la merveilleuse occasion de le constater la réunion superbissime de ses principaux livres publiés, intitulée ici « Oui, j’ai connu des jours de grâce – œuvres 1986 – 2010« , que nous proposent magnifiquement les éditions Arléa…
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Ce lundi 26 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
C’est un pur bonheur, et absolument continu, d’écoute de 67’ que vient nous offrir le CD Alpha 1195 « Vivaldi- Masques« –enregistre à Namur au mois de janvier 2025 – de l’excellent ensemble Café Zimmermann – dirigé par le très bon Pablo Valetti – avec le très remarquable chanteur altiste Paul-Antoine Bénos-Djian…
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Tout l’esprit de folle vivacité mais aussi de tendresse absolue d’Antonio Vivaldi (1678-1741) triomphe avec poésie et splendeur en ce merveilleux récital instrumental et vocal admirablement composé, qui plus est, par Café Zimmermann…
C’est tout son univers de méditation sonore intime, composé de 28 pièces de son répertoire les plus chères à son cœur, que vient nous livrer, comme une délicate et très fine confidence amicale, à l’occasion de ses 80 ans – il est né le 12 mai 1945 à Charenton – , Bruno Rigutto, à son piano, en un chaleureux, tendre, profond et élégant double album Aparté AP390 – enregistré à l’église Saint-Pierre à Paris du 12 au 14 mai 2026 – , sobrement intitulé, en italien, « Ricordi » – cf ce petitentretiende présentation par Bruno Rigutto lui-même – ,
et comportant en son livret 5 pages d’un entretien de confidences sur son parcours de vie de musicien, avec Aurélie Moreau…
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C’est un article de ResMusica, du 28 décembre dernier, signé par Salvatore Sclafani et intitulé « Bruno Rigutto : Ricordi, mémoires au piano« , qui m’a fait connaître la parution de cet album – le 26 septembre dernier – , que j’ai pu aller me procurer bien vite chez mon disquaire préféré, pour mon très grand plaisir : j’apprécie plus que tout ce qui est de l’ordre de l’intime…
Avec son dernier album Ricordi, paru chez Aparté cet automne, Bruno Rigutto livre l’un des enregistrements les plus personnels de sa carrière.
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Dans le livret, un entretien vivant mené par Aurélie Moreau révèle un pianiste qui dit avoir réuni ici quelques-unes de ses pièces les plus chères, parfois de très courts morceaux qu’il n’avait jamais abordés auparavant, choisis pour ce qu’ils disent intimement – voilà – de lui. Vingt-huit pièces – données en 2 CDs – dessinent ainsi un itinéraire intérieur : non seulement un florilège, mais une véritable méditation sur la mémoire et la continuité d’un geste pianistique façonné par des années d’écoute et de recherche – voilà.
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La construction du programme renforce la cohérence de l’ensemble : les pièces se succèdent tantôt par affinités, tantôt par contrastes mesurés, dessinant une cartographie intime où souvenirs, rencontres et influences dialoguent librement. L’une des forces transversales de l’album réside dans la texture transparente et délicate – oui ! – du jeu : Rigutto cultive une finesse rare – oui, oui – , où les lignes s’articulent avec une limpidité presque vocale et les nuances se déploient dans une lumière douce – absolument. Son toucher, souple et précis, révèle une science très personnelle du timbre ; chaque doigt façonne l’équilibre sonore et garantit une continuité du discours à la fois naturelle et fluide – tout ce que j’apprécie personnellement : ni esbroufe de virtuosité, ni maniérismes…
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Dans le livret, Rigutto évoque l’influence déterminante de Samson François, aux côtés d’autres grands interprètes qui ont marqué sa formation. Sa lecture de La plus que lente – écoutez-la ici (4′ 04) – de Debussy, portée par un tempo lyrique subtilement modelé, constitue un hommage explicite à son maître. En même temps, il affirme ne pas se reconnaître strictement dans une « école française » : il se considère plutôt héritier d’une tradition latine et méditerranéenne, où la chaleur sonore – voilà ; mais pas la canicule… – et la liberté interprétative – mais sans excès – occupent, selon lui, une place essentielle.
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Les œuvres réunies dans les deux disques qui composent ce travail appartiennent pour l’essentiel à un univers de méditation sonore intime – c’est cela ! – , auquel Rigutto insuffle une respiration – tout simplement – naturelle. Le contrôle de la pédale, la netteté des attaques et la précision du geste confèrent à chaque page une élégance sobre – parfaite. La prise de son, claire et proche sans dureté, instaure une atmosphère de concentration quasi confidentielle – oui, oui -, comme si la musique se construisait sous nos yeux – et c’est absolument décisif pour l’interprétation et l’interprète, au disque comme au concert.
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On est également saisi par le soin porté au phrasé : certains débuts de phrases, à peine murmurés, semblent surgir d’un silence préparé, tandis que d’autres s’élèvent en arches finement sculptées. Le piano devient alors un véritable espace de contemplation – oui, avec recul et profondeur : vers l’essentiel… Certes, il peut paraître audacieux de proposer un disque composé en grande partie de pages essentiellement lyriques – un choix qui pourrait sembler risqué par son apparente uniformité – mais Rigutto déjoue cet écueil grâce à la richesse de son toucher et à la rigueur de son interprétation.
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Il est également intéressant de constater que, sans se limiter au romantisme européen, l’album s’ouvre à des horizons plus anciens avec Carl Philipp Emanuel Bach, ainsi qu’à plusieurs compositeurs sud-américains tels que Guastavino, Ponce ou Villa-Lobos. Cet élargissement du champ esthétique constitue l’un des aspects les plus stimulants du programme : Rigutto aborde ces pages sans le moindre exotisme – mais oui – , privilégiant la structure, la pulsation interne et la continuité du chant. Les rythmes y conservent leur tension propre tout en s’intégrant avec naturel à son discours, révélant une belle versatilité dans l’approche du répertoire latino-américain du XXᵉ siècle.
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On saluera enfin la présence de compositions originales de Rigutto. Ces pages s’intègrent naturellement au programme et en renforcent la dimension autobiographique. Parmi elles, Douce valse – écoutez-la ici (2′ 57) ; c’est un des sommets de ce récital admirablement composé – retient – tout – particulièrement l’attention – oui ! – , prolongeant l’esthétique du pianiste : simplicité de la ligne, goût de la couleur, respiration naturelle – qualités éminentes, en effet, de l’art de Bruno Rigutto…
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Rigutto séduit par sa clarté, son éloquence et sa tenue – voilà !Ricordi est un album d’une profondeur durable – voilà... – , un hommage au passé tourné vers l’essentiel – c’est bien cela – , où le pianiste livre, avec une élégance discrète – exactement ! – , ce que la musique a déposé en lui.
je remarquais que des 5 CDs publiés à ce jour par le label Bis – les CDs « Schubert + Schoenberg« , « Schubert + Brahms« , « Schubert + Krenek« , « Schubert + Voříšek + Chopin + Scriabine » et le CD « Schubert + Beethoven » – , me manquait le tout premier paru – le CD « Schubert + Schoenberg« , enregistré à Hanovre du 21 au 26 mars 2022… – que je m’étais empressé d’aller illico presto commander chez mon disquaire préféré…
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Et le voici parvenu ce vendredi 29 août…
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Mais la conjonction de la lecture bien attentive des 4 pages du livret dans lesquelles Can Çakmur présente le travail de ce CD « Schubert + Schoenberg » – quasi exclusivement consacrées, ces 4 pages, à une analyse hyper-pointue de laSonate en la mineur D 537, Op. 164, de 1817 – , connectée à l’écoute en entier de ce CD, vient me confirmer dans ce qui me paraît constituer la parfaite justesse d’écoute de Patrice Lieberman telle que celui-ci l’a très précisément détaillée en son bel article « Can Çakmur éblouissant dans Schoenberg et inégal dans Schubert » du magazine Crescendo en date du 5 septembre 2023…
Mais le parcours interprétatif discographique de Can Çakmur assurément m’interpelle et me passionne : et j’en attends avec impatience et ouverture les prochaines réalisations, tant sa démarche – ramifiée et rhizomatique – de chercheur imaginatif m’est proche et m’intéresse, et enrichit ma connaissance de cet univers foisonnant, si riche et si bienfaisant, de la musique…
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Ce vendredi 29 août 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa