Étiquette : tendresse

  • Une nouvelle magistrale réussite discographique ravélienne, le Concerto en sol et le Concerto pour la main gauche, par Alexandre Tharaud et Louis Langrée dirigeant l’Orchestre National de France : « une violence inouïe ouvrant sur le plus tendre abandon », et « l’enfance, le secret » aussi, oui…

    Et comme en suite à mon article d’hier « « ,

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    voici à nouveau une magistrale _ justissimement sentie ! _ réalisation discographique ravelienne, parue tout juste hier vendredi 13 octobre :

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    le « Ravel -Piano Concertos » d’Alexandre Tharaud avec un parfait Louis Langrée dirigeant l’Orchestre National de France _ un enregistrement des 5, 6, 7 et 8 juillet 2022 à l’Auditorium de Radio-France, et en une parfaite prise de son ;

    voir ici cette brève vidéo de 1′ ;

    et avec cette superbe phrase d’Alexandre Tharaud en quatrième de couverture du CD : « Il y a tout Ravel en deux concertos : une orchestration de haut vol, l’enfance, le secret, l’influence du jazz, les machines infernales, une violence inouïe ouvrant sur le plus tendre abandon » : voilà qui, d’expert, est magnifiquement ressenti... _,

    soit le CD Erato 5054197660719 ;

    …

    avec, en complément de ces deux sublimes Concertos, celui « en sol » _ créé à Paris, salle Pleyel, le 14 janvier 1932 par Marguerite Long et Ravel lui-même dirigeant l’Orchestre Lamoureux _ et celui « pour la main gauche » _ créé à Vienne le 5 janvier 1932 par le dédicataire Paul Wittgenstein ; puis à Paris le 19 mars 1937 par Jacques Février et Charles Munch... _ de Maurice Ravel (Ciboure, 7 mars 1875 – Paris, 28 décembre 1937),

    les « Noches en los jardines de Espana » de l’ami Manuel de Falla (Cadix, 23 novembre 1876 – Alta Gracia – Argentine, 14 novembre 1946)…

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    Ces deux concertos ainsi somptueusement interprétés et enregistrés, sont une fête des sens et de l’esprit !

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    Quelle sublime poésie que ces musiques sans jamais la moindre scorie, ni trace d’effort, de Ravel :

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    « une violence inouïe ouvrant sur le plus tendre abandon« ,

    et « l’enfance, le secret » aussi, oui…

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    …

    Ravel est tout simplement un génie.

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    Merci !

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    Ce samedi 14 octobre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Post-Scriptum, ce dimanche 15 octobre 2023 :

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    Faute de pouvoir avoir accès ici aux interprétations magnifiques d’Alexandre Tharaud et Louis Langrée dirigeant l’Orchestre National de France, les 5, 6, 7 et 8 juillet 2022 à l’Auditorium de Radio-France, à l’exception de cette trop brève mais bien engageante vidéo (d’une durée d’une minute seulement),

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    voici des liens permettant d’accéder aux interprétations

    de Vlado Perlemuter et Jascha Horenstein dirigeant l’Orchestre des Concerts Colonne, à Paris, en studio, en 1955, dans le Concerto en Sol Majeur (d’une durée de 21′ 49) et dans le Concerto pour la main gauche (d’une durée de 18′ 24) ;

    et de Samson François et André Cluytens dirigeant l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, à Paris, du 1er au 3 juillet 1959, dans le Concerto en Sol Majeur (d’une durée de 20′ 29) et dans le Concerto pour la main gauche (d’une durée de 18′ 24)…

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    Par comparaison, l’enregistrement d’Alexandre Tharaud et Louis Langrée dirigeant l’ONF, du Concerto en Sol Majeur, est d’une durée de 21′ 46, et celui du Concerto pour la main gauche, d’une durée de 16′ 51, dans le CD Erato paru avant-hier vendredi 13 octobre dernier…

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    Le son du CD Perlemuter/Horenstein (de 1955) n’est hélas pas de très bonne qualité ; et il me semble que Samson François, lui, court un brin trop vite la poste (en 1959), à mon goût du moins…

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    Tharaud/Langrée/l’ONF sont, eux, et à tous égards, en 2022, excellents :

    raveliennement justissimes…

  • Le charme extrêmement prenant de Benjamin Appl à nouveau opérant et superbe dans un programme à nouveau original et assez singulier : un bouquet de 19 Lieder de Franz Schubert en des adaptations orchestrales d’Anton Webern (5), Max Reger (7), Alexander Schmalcz (2) et 5 autres compositeurs-orchestrateurs, avec la complicité du chef, natif lui aussi de Ratisbonne, Oscar Jockel, et le Münchner Rundfunkorchester : un album infiniment séduisant de clarté et naturel, justesse et poésie…

    Benjamin Appl à nouveau superbe dans la réalisation très réussie _ quel beau timbre de voix, et quel subtil et évident art du chant ! _ d’un nouveau projet très original et singulier :

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    un bouquet magnifiquement composé de 19 Lieder _ avec piano, à l’origine _ de Franz Schubert en des adaptations orchestrales _ assez peu courues et ainsi rassemblées… _ d’Anton Webern (5), Max Reger (7), etc.,

    avec la complicité du chef _ natif de Ratisbonne (le 24 décembre 1995) comme Benjamin Appl (né le 26 juin 1982) _ Oscar Jockel, et le Münchner Rundfunkorchester :

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    soit un album BR Klassik 900346 _ enregistré à Munich du 28 au 30 septembre, le 30 novembre, et les 1er et 2 décembre 2022 (Benjamin Appl vient d’avoir 40 ans ; et Oscar Jockel a tout juste 26 ans), et en une prise de son de Christine Voitz, d’une stupéfiante clarté et un exemplaire naturel ! ; l’album est sorti le 6 octobre dernier, il y a à peine 4 jours… _ à nouveau très prenant et vraiment plein de charme…

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    De Benjamin Appl _ baryton bavarois, formé au très fécond Regensburger Domspatzen de Ratisbonne (et ultime élève de Dietrich Fischer-Dieskau), et désormais installé à Londres _, mais cette fois avec le seul piano de James Baillieu _ né, lui, en Afrique du Sud au mois de mars 1982 _,

    m’avait si fortement impressionné le très original et éminemment singulier CD Alpha 912 « Forbidden fruit » _ enregistré à Lugano du 27 au 30 juillet 2020 _, que je lui avais consacré rien moins que 4 articles, les 29, 30, 31 juillet et 1er août derniers :

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    « « ,

    …

    « « ,

    …

    « « 

    …

    et « « …

    …

    …

    De même,

    je m’étais tout de suite procuré le « Winterreise » schubertien de Benjamin Appl et James Baillieu, au piano, le CD Alpha 854 _ enregistré à Kentish Town, en Angleterre, au mois de septembre 2021 _, très réussi lui aussi.

    …

    …

    Incontestablement,

    ces 19 adaptations de Lieder avec piano seul de Franz Schubert (Lichtental, 31 janvier 1797 – Vienne, 19 novembre 1828) pour des interprétations avec accompagnement d’orchestre,

    et par des compositeurs aussi différents qu’Anton Webern (Vienne, 1883 – Mittersill, 1945) pour 5 Lieder, Max Reger (Brand, 1873 – Leipzig, 1919), pour 7 Lieder,  ou le contemporain Alexander Schmalcz (né à Weimar en 1969), pour 2 Lieder,

    mais aussi Johannes Brahms (Hambourg, 1833 – Vienne, 1897), Kurt Gillmann (Wannsee, 1889 – Hannovre, 1975), Felix Mottl (Unter Sankt Veit, 1856 – Munich, 1911), Benjamin Britten (Lowestoft, 1913 – Alderburgh, 1976), ou Jacques Offenbach (Cologne, 1819 – Paris, 1880), pour un Lied chacun,

    surprend, étonne, charme et enrichit notre écoute…

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    En commençant ici par les 2′ 39 du très beau lied « Abendstern » de la première plage du CD, un lied de 1824 sur un poème de Johann-Baptist Mayrhofer, ici dans une orchestration d’Alexander Schmalcz,

    on pourra écouter, en suivant, l’ensemble des 23 plages _ ainsi accessibles ici à l’écoute _ de ce très beau original CD…

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    De ce CD, je recommande tout spécialement la plage 5 (de 4′ 18) « Du Bist die Ruhe« , un lied de 1823 sur un poème de Friedrich Rückert, ici dans une orchestration d’Anton Webern,

    et la plage 18 (de 3′ 44) « Nacht und Träume«  _ peut-être mon lied préféré de Franz Schubert : extatique !.. _, un lied de 1825 sur un poème de Matthäus von Collin, ici dans une orchestration de Max Reger…

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    À ces 19 Lieder chantés par le baryton éminemment charmeur _ quel naturel ! quelle clarté ! _ de Benjamin Appl,

    le CD adjoint, aux plages 3, 7, 13 et 20,

    10 « Deutsche Tänze (serie 1) » de Franz Schubert, adaptées pour l’orchestre par Johann von Herbeck (Vienne, 1831 – Vienne, 1877)…

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    Le très grand talent d’interprète de Benjamin Apple, aidé ici de celui d’Oscar Jockel, est de ne jamais tomber en une réalisation hyperbolique, opératique, de ces Lieder en ces versions avec accompagnement symphonique _ toujours tendre, précis, doux, délicat et infiniment léger _,

    mais de savoir conserver et excellemment restituer l’intimité chaleureuse et tendre, complice, des humeurs des soirées de Liederabend, en un très attentif petit cercle d’amis proches, pour lesquels étaient donnés et créés ces Lieder avec un simple piano _ données du 26 janvier 1821, dans l’appartement de la famille von Schober, au 28 janvier 1828, chez Joseph von Spaun, pour ce qui concerne ces mémorables schubertiades auxquelles a participé Franz Schubert à Vienne… _,

    tout en procurant à ces si touchants et très variés Lieder, d’une infinie délicatesse, sans le moindre surlignage de moindre mauvais goût, cette coloration symphonique qu’ils comportent aussi, en très fin subtil filigrane,

    et que se sont amusés à leur apporter, à diverses époques de rayonnement de ces chefs d’œuvre intimes de Schubert _ très vite reconnus comme tels ! _, ces divers compositeurs ainsi orchestrateurs :

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    Jacques Offenbach (1819 – 1880),

    Johannes Brahms (1833 – 1897),

    Felix Mottl (1856 – 1911),

    Max Reger (1873 – 1919),

    Anton Webern (1883 – 1945),

    Kurt Gilmann (1889 – 1975),

    Benjamin Britten (1913 – 1976)

    ainsi que notre contemporain et en activité _ en particulier pour le magnifique Matthias Goerne.. _ Alexander Schmalcz (né en 1969) _ ici, en ce programme, pour les Lieder « Abendstern » et « An Sylvia« , un lied de 1826 sur un texte de Shakespeare (extrait des « Deux gentilshommes de Vérone« ) adapté par Eduard von Bauernfeld…

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    Un CD tout simplement admirable : exceptionnel de justesse, clarté, naturel

    …et poésie.

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    Benjamin Appl, décidément magnifique ; et plus que jamais à suivre…

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    Ce mardi 10 octobre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Toujours à propos du si beau « Jouissons de nos beaux ans ! » de Cyrille Dubois et Györgyi Vashegyi (suite 2)…

    Toujours à propos du si beau « Jouissons de nos beaux ans ! » de Cyrille Dubois et Györgyi Vashegyi,

    qui fait briller de superbes feux l’opéra français entre 1728 et 1771 _ cf mes articles «  » du 20 septembre et « «  22 septembre derniers… _,

    …

    voici un bel article « Que tout s’enflamme et se réveille ! » de Laurent Bury sur le site Wanderer, en date d’hier 24 septembre,

    qui rend justice, à son tour, au beau travail des interprètes de ce CD Aparté AP319 qui nous fait accéder à tout un pan jusqu’ici méconnu du répertoire lyrique français du siècle de Louis XV, contemporain des chefs d’œuvre magnifiques de Jean-Philippe Rameau…

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    Jouissons de nos beaux ans !
    Airs et danses de Rameau, Dauvergne, Mondonville, Royer, Rebel & Francœur, Grenet, Berton, de Bury, Cardonne et Iso.

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    Cyrille Dubois, haute-contre
    Orfeo Orchestra, Purcell Choir
    Direction musicale : György Vashegyi.

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    CD Aparté, AP319, TT 77′

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    Enregistré du 15 au 17 novembre 2021 au Kodály Centre, Pécs, Hongrie.
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    On trouvera peut-être trop sobre, trop « classique » la manière dont Gyorgy Vashegyi aborde dans son nouveau disque les contemporains de Rameau ; c’est pourtant avec une véritable éloquence, sans effets superficiels, qu’il a su depuis longtemps s’approprier ce répertoire, ici avec la complicité de Cyrille Dubois, toujours à son affaire dans la musique destinée aux hautes-contre de l’opéra français.

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    Que de chemin parcouru depuis 1908, lorsque l’Opéra de Paris remontait en grande pompe Hippolyte et Aricie ! Ou même depuis 1952, quand la résurrection des Indes galantes était prétexte à un déploiement de faste grâce auquel la musique « ne gênait pas » les spectateurs ! Et même dans les années 1970–80, alors que la renaissance baroqueuse s’affirmait, qui aurait pu imaginer que l’on jouerait un jour les opéras de Lully et de Rameau, non seulement en France, mais même à l’étranger ? En Europe, du moins, car l’Amérique reste un territoire à conquérir sur ce plan. Alors qu’un certain nombre d’opéras de Rameau comptent désormais plusieurs enregistrements, alors que tous ceux de Lully ont eu droit à leur intégrale, l’heure est venue de s’aventurer _ un peu plus _ loin de ces sentiers aujourd’hui _ mieux _ battus pour donner à entendre des compositeurs nettement plus confidentiels. C’est là que le Centre de musique baroque de Versailles a un rôle à jouer _ oui ! _, à travers des disques comme ce « Jouissons de nos beaux ans », qui vient de paraître.

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    Puisque Rameau paraît mainstream, l’interprétation historiquement informée peut se tourner vers ceux qui, sans pouvoir prétendre au titre de génie de la musique, ont vu leur talent couronné en leur temps par l’approbation du public. On sait par exemple que Mondonville, violoniste virtuose, a composé pour la scène une poignée d’œuvres intéressantes, et l’Opéra-Comique a récemment présenté son Titon et l’Aurore _ de 1753 _ ; Antoine Dauvergne, dont la connaissance s’est longtemps bornée à son opéra-comique Les Troqueurs, sous prétexte que le livret pouvait sembler préfigurer celui de Così fan tutte, a été révélé comme compositeur de tragédies lyriques grâce à la résurrection de son Hercule mourant par Christophe Rousset en 2011. Mais par-delà ces deux noms, dont on peut soupçonner qu’ils ne sont vraiment familiers que des amateurs de ce répertoire, il existe encore une masse considérable de partitions qui dorment dans les bibliothèques, produites par des auteurs aujourd’hui bien oubliés.

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    On sait que Pancrace Royer était claveciniste, et c’est sa musique pour le clavier qui a jusqu’ici surtout été enregistrée, à l’exception de son opéra Pyrrhus _ de 1730 _, remonté à Versailles en 2012 et enregistré dans la foulée. Pour autant, était-il l’homme d’une seule tragédie lyrique ? Pas du tout, on l’apprend en écoutant le disque, où figure des extraits de Zaïde, reine de Grenade _ de 1739 _ ou du Pouvoir de l’amour _ de 1743 . Du tandem formé par François Rebel et François Francœur, quelques chanteuses ont eu à cœur d’interpréter certain air magnifique tiré de leur Scanderberg _ de 1735 _ et on dispose d’une intégrale de leur Pyrame et Thisbé _ de 1726 _ : mais qui avait entendu parler de Tarsis et Zélie _ de 1728. Sans parler d’autres compositeurs parfaitement inconnus au bataillon, comme François-Lupien Grenet (une assez large place est accordée à des fragments de son Triomphe de l’Harmonie _ de 1737 _), Pierre Montan Berton _  auteur de Deucalion et Pyrrha, en 1755 _ ou Pierre Iso _ auteur de Phaétuse, en 1759.

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    …

    Le programme de ce disque couvre une période allant de 1728, soit quelques années avant la création _ en 1733 _ d’Hippolyte et Aricie, jusqu’à 1771, quelques années avant l’arrivée de Gluck à Paris. Autrement dit, une sélection avant tout consacrée aux contemporains de Rameau _ voilà… _, même si la musique n’est évidemment pas restée immobile pendant ces quatre décennies. D’ailleurs, l’air de 1771, extrait d’Ovide et Julie de Jean-Baptiste Philibert Cardonne, semble déjà appartenir à une autre esthétique _ en effet…

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    C’est donc ici tout un répertoire qui s’éveille _ reprend vie _, toute une théorie de belles endormies qui défilent ici, tirées de leur sommeil. Au terme d’un partenariat de plusieurs années avec le CMBV, György Vashegyi a dirigé et enregistré _ avec un grand succès _ de nombreux ouvrages lyriques du XVIIIe siècle français. Son orchestre Orfeo maîtrise ce répertoire, et l’on a déjà eu l’occasion d’admirer l’adéquation stylistique et linguistique _ mais oui ! _ de son chœur Purcell dans la tragédie lyrique. D’où vient alors cette première impression qu’il manque un petit quelque chose pour satisfaire pleinement l’auditeur ? _ mais pas moi…

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    Évidemment, il est impossible de créer, pour un disque d’extraits _ voilà _, la même tension dramatique qu’appelle un opéra donné dans son intégralité, mais ce récital semble au premier abord un peu dépourvu de fougue _ pas vraiment : tout dépend bien sûr des styles abordés… Le titre « Jouissons de nos beaux ans », emprunté à un passage des _ merveilleuses _  Boréades, dont l’esprit est aussi celui du chœur de nymphes « Nous jouissons dans nos asiles », tiré du Triomphe de l’Harmonie de Grenet, mais on est ici bien loin du slogan soixante-huitard « Jouissons sans entraves »… Rien de révolutionnaire dans cette interprétation qui paraît trop sage, et l’on se dit d’abord que les feux de l’amour, très présents dans le texte de ces opéras, ne semblent pas avoir vraiment embrasé les artistes _ mais l’amour peut aussi être tendresse…

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    …

    A moins que notre oreille n’ait en réalité été influencée par d’autres chefs qui n’ont pas hésité, dans leur recherche d’efficacité théâtrale avant tout, à trop accentuer _ possiblement… _ le rythme de certains morceaux. On se pose la question en écoutant le fameux chœur de Platée qui conclut le disque, « Chantons Bacchus, chantons Momus », qu’on a sans doute trop pris l’habitude d’entendre marteler, voire piétiner. Rien de tel ici, car György Vashegyi reste avant tout soucieux d’équilibre et d’élégance _ des traits éminemment français, voilà ! _  : dans ces livrets, « jeunesse » rime avec « tendresse » _ oui ! _, et c’est ce souci de grâce _ oui ! _ que reflète sa direction aux tempos toujours mesurés, qui se refuse à toute frénésie hors de propos _ voilà. Nous ne sommes pas ici à Naples…

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    Le chef hongrois est parfaitement secondé dans sa démarche par Cyrille Dubois _ parfaitement ! _ qui, sans rien sacrifier de l’ardeur habituelle de son _ parfait ! _ investissement dramatique, déploie tout son art _ magnifique _ de la déclamation dans les passages tourmentés _ écoutez ici le « Impétueux torrents«  (4′ 00) qui ouvre le CD… Le ténor sait se transformer _ mais oui : il a oublié d’être niais… _ pour respecter les exigences de chaque morceau, délicat pour vanter le charme des plaisirs, plus exalté – mais dans les limites du bon goût – pour chanter la victoire de l’amour _ tout cela est très  juste… Le Bacchus qu’il incarne dans deux extraits des Amours de Tempé _ de 1752 _ de Dauvergne n’a rien d’un ivrogne en proie au délire. L’expressionnisme débridé n’aurait pas ici sa place, surtout si l’on songe à la virtuosité _ oui ! _ fréquemment exigée du soliste (ainsi que du chœur), avec les figuralismes qu’inspirent des mots comme « s’envole » ou « s’enflamme ».

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    Bien sûr _ bien sûr… _, le génie de Rameau reste éclatant, rapproché de ses contemporains moins illustres : il suffit d’écouter pour s’en convaincre l’ouverture de Zaïs, l’admirable « Descente de Polymnie » des Boréades ou même un air comme « Peuples heureux », des Fêtes de Polymnie. La muse de rhétorique est décidément très présente dans ce répertoire, et c’est son éloquence sans emphase _ oui, à la française… _ qui est de mise pour ce disque.

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    Voilà donc cet article de Laurent Bury…

    …

    …

    En mon premier article sur ce CD,

    j’avais émis l’hypothèse que le choix des pièces de ce CD de Cyrille Dubois et György Vashegyi devait peut-être un petit quelque chose au riche programme un peu commémoratif si plaisamment composé pour le Festin Royal du Mariage du Comte d’Artois, à Versailles, le 16 novembre 1773, qui, après le CD pionnier en 1993 d’Hugo Reyne et la Suomphonie du Marais qui m’a fait découvrir l’oeuvre musical de François Francoeur, vient d’être idéalement servi par les 80 instrumentistes réunis par Alexis Kossenko pour son très brillant double CD « Simphonie du Festin Royal de Monseigneur le Comte d’Artois – Année 1773 » ; mais à part le nom de François Francoeur dont deux extraits du « Tarsis et Zélis« , de 1728, composé avec son compère de toute leur vie Fançois Rebel, ouvre le programme du CD « Jouissons de nos beaux ans !« ,chant français, 

    je me suis rendu compte que ces CDs n’ont en commun que l’Ouverture _ ce chef d’œuvre transcendant ! Écoutez la ici (4′ 43)  _ de « Zaïs » de Rameau,

    et des emprunts d’ailleurs différents, d’une part à la « Zaïde, reine de Grenade » de Royer _ un rondeau et une chasse en rondeau, pour le CD d’Alexis Kossenko ; et un air pour les Turcs en rondeau, pour le CD de Cyrille Dubois et György Vashegyi  _, et d’autre part au « Titon et l’Aurore » de Mondonville _ une musette, pour l’un ; et un air de Titon, pour l’autre…

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    Mais le CD Dubois-Vashegyi nous fait accéder à des extraits d’œuvres de compositeurs français jusqu’ici oubliés tels que François-Lupien Grenet (Paris, 1700 – Lyon, 25 février 1753), Louis-Joseph Francœur (Paris, 8 octobre 1738 – Paris 10 mars 1804), Pierre Iso (ca. 1715 – ca. 1794) et Jean-Baptiste-Philibert Cardonne (26 juin 1730 – après le mois d’août 1792) ;

    tandis que le double CD Kossenko, lui, sort des ténèbres de l’oubli, des extraits d’œuvres de René de Galard de Brassac, marquis de Brassac (La Roque, 1698 – Paris, 1771), Joseph-Hyacinthe Ferrand (1709 – 1791), Jean-Claude Trial (Avignon, 13 décembre 1732 – Paris, 3 juin 1771) et Louis Granier (Toulouse, 1725 – Toulouse, 1800)…

    …

    …

    Leurs musiques méritent notre écoute…

    …

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    Ce lundi 25 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’ultime CD de la dernière année (du 21 février 2021 au 2 février 2022) d’enregistrements discographiques de Lars Vogt (Düren, 8 septembre 1970 – Erlangen, 5 septembre 2022), pianiste et chef d’orchestre : le sublime CD « Mozart – Piano Concertos n° 9 & 24 », avec l’Orchestre de chambre de Paris…

    Quel bouleversant adieu à la musique (et à la vie) constitue pour nous qui l’écoutons aujourd’hui cet ultime _ qui restait encore à paraître : il vient de paraître le 8 septembre dernier… _ des 5 CDs (dont un double) enregistrés par le formidable Lars Vogt (Düren, 8 septembre 1970 – Erlangen, 5 septembre 2022), pianiste et chef d’orchestre), en onze mois et 10 jours _ du 21 au 25 février 2021, à Brème, pour 3 des 4 œuvres du double album « Schubert – Piano Trios – Notturno – Rondo – Arpeggione Sonata« , Ondine ODE 1394-2D, avec Christian et Tanja Tetzlaff, aux 1 et 2 février 2022, à Paris, pour le Quintette avec clarinette K. 581 du CD « Mozart – Clarinet Works« , Mirare MIR 626, avec le Quatuor Modigliani, pour être un peu précis… _,

    que ce sublimissime de tendresse CD « Mozart – Piano Concertos n° 9 & 24″, Ondine ODE 1414-2, avec l’Orchestre de chambre de Paris _ dirigé du piano par Lars Vogt _, enregistré à la Salle des Concerts de la Cité de la Musique à Paris, du 25 au 28 avril 2021…

    …

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    Et voici de quoi en écouter ici les 6 plages :

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    Du Concerto « Jeunehomme » n°9 en mi bémol Majeur K. 271 (de 1777) :

    …

     _l’Allegro (d’une durée de 10′ 38) ;

    …

    _ l’Andantino (de 11′ 18) ;

    …

    _ et le Rondo Presto (de 10′ 10).

    …

    …

    Et du Concerto n° 24 en ut mineur K. 491 (de 1786) :

    …

    _ L’Allegro, avec une cadence de Lars Vogt (de 13′ 44) ;

    …

    _ le Larghetto (de 6′ 39) ;

    …

    _ et l’Allegretto (de 8′ 55).

    …

    …

    Emblématique à mon goût de ce merveilleux rapport à la musique qu’entretint toute sa vie durant le merveilleux Lars Vogt, est le sublime Larghetto du Concerto n° 24 K. 491 que Lars Vogt et l’Orchestre de chambre de Paris nous donnent si généreusement ici…

    …

    …

    Parmi les nombreux articles que j’ai consacrés sur ce blog « En cherchant bien » au merveilleux Lars Vogt, je me permets de renvoyer peut-être en priorité à celui du 6 septembre 2022, le jour où j’ai appris son décès : « « , qui a le mérite de récapituler de précédents articles de ma part ;

    …

    dont celui-ci, en date du 14 novembre 2009, « « , dans lequel je m’émerveillais du travail du formidable Lars Vogt pour le magnifique et incomparable Festival Spannungen _ de musique de chambre, avec ses amis _ , qu’il avait fondé à Heimbach ;

    mon tout premier article à lui consacré « « , datant, lui, du 17 octobre précédent, en 2009. _ c’est par ce magique CD des Octuors de Mendelssohn et d’Enescu (enregistrés à Heimbach les 11 et 12 juin 2008), le CD CAvi-Music 8553163, paru en 2009, que j’avais découvert l’existence de Lars Vogt…

    …

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    Pour ce qui concerne les 5 albums de Lars Vogt, pianiste et chef d’orchestre, dernièrement parus, et ayant donné lieu à 21 séances d’enregistrement en moins d’une année, du 21 février 2021 au 2 février 2022

    _ 1) du 21 au 25 février 2021, à Brème, avec Christian et Tanja Tetzlaff, pour Schubert (CD Ondine ODE 1394-2D) ;

    2) du 25 au 28 avril 2021, à Paris, avec l’Orchestre de chambre de Paris, pour Mozart (CD Ondine ODE 1414-2) ;

    3) du 10 et 11 juin 2021, à Brème, avec Christian et Tanja Tetzlaff, pour Schubert (CD Ondine ODE 1394-2D) ;

    4) du 6 au 8 octobre 2021, à Paris, avec Raphaël Sévère et l’Orchestre de chambre de Paris, pour Mozart (CD Mirare MIR 626) ;

    5) du 2 au 5 novembre 2021, à Paris, avec l’Orchestre de chambre de Paris, pour Mendelssohn (CD Ondine ODE 1400-2) ;

    6) le 24 novembre 2021, à Londres, avec Ian Bostridge, pour Schubert (CD Pentatone PTC 5186 786) ;

    7) les 1er et 2 février 2022, à Paris, avec le Quatuor Modigliani, pour Mozart (CD Mirare MIR 626) _,

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    en voici les coordonnées discographiques :

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    _ Franz Schubert : double CD Ondine ODE 1394-2D « Piano Trios – Notturno – Rondo – Arpeggione Sonata« , Lars Vogt, piano, Christian Tetzlaff, violon, Tanja Tetzlaff, violoncelle ;

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    _ Felix Mendelssohn : CD Ondine ODE 1400-2 « Piano Concertos – Capriccio brillant« , Lars Vogt, Orchestre de chambre de Paris ;

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    _ Wolfgang Amadeus Mozart : CD Mirare MIR626 « Clarinet Works« , Lars Vogt, Raphaël Sévère, Orchestre de chambre de Paris ;

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    _ Franz Schubert : CD Pentatone PTC 5186 786 « Schwanengesang« , Lars Vogt, Ian Bostridge ;

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    _ Wolfgang Amadeus Mozart : CD Ondine ODE 1414-2 « Piano Concertos n° 9 & 24« , Lars Vogt, Orchestre de Chambre de Paris.

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    Pour les 4 CDs précédant la parution de ce CD Mozart des Concertos n° 9 & 24, que je découvre ce jour,

    voici certains des articles que je leur ai consacrés à leur parution :

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    _ mon article du 11 mars 2022, sur le CD Mendelssohn / les 2 Concertos pour piano, avec l’Orchestre de chambre de Paris :

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    _ mon article du 30 septembre 2022, sur le CD Mozart / Concerto et Quintette pour clarinette, avec Raphaël Sévère, l’Orchestre de chambre de Paris et le Quatuor Modigliani :

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    _  mon article du 26 juin 2023, sur le CD Schubert / Schwanengesang, avec Ian Bostridge :

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    _ et mon article du 29 avril 2023, sur le CD Schubert / les deux Trios et la Sonate Arpeggione, avec Christian et Tanja Tetzlaff :

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    Lars Vogt est un musicien d’exception, à nul autre pareil…

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    Et les CDs qu’à sa disparition le généreux Lars Vogt nous laisse, sont d’irremplaçables présents permanents de joie…

    Lars Vogt est vivant.

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    Ce jeudi 21 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa