Étiquette : variété

  • Et reprendre un petit coup de joie-Telemann : pour le jubilatoire plaisir… Aujourd’hui le CD « Telemann – Ino Cantata and Double Concertos » du toujours excellent Ensemble Florilegium d’Ashley Solomon

    Reprendre un petit coup de Telemann fait toujours très grand bien : Telemann est le musicien par excellence de la joie, tout spécialement dans ses Ouvertures à la française, ses Concertos à l’italienne, et son exceptionnellement radieuse musique pour petits effectifs, Sonates, Quatuors, etc., donnée à profusion et d’une constante extrême qualité (!),

    lui, Georg-Philipp Telemann (Magdebourg, 14 mars 1681 – Hambourg, 1767), qui fut l’inventeur, à Leipzig, au Café Zimmermann, de jubilatoires petits concerts publics avec ses élèves et étudiants à l’université… 

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    Ainsi, voici ce jour, le très beau et très représentatif CD Channel Classics CCS 48926 « Telemann – Ino Cantata and Double Concertos » de l »excellent Ensemble Florilegium d’Ashley Solomon, avec ici Elizabeth Watts, soprano, et Rachel Podger, violon – enregistré à Londres du 9 au 11 avril 2025 – , une nouvelle fois au service de l’inépuisable et contagieuse formidable joie Telemann, en une sélection d’œuvres illustrant une bonne partie de son magnifique et très inventif parcours d’infatigable créateur, et faisant dialoguer l’ancien et le nouveau :

    la cantate « Ino« , de 1765, « fait le lien entre les styles baroque tardif et pré-classique, préfigurant Gluck et le jeune Mozart« , écrit Ashley Solomon en sa présentation intitulée « L’ancien et le nouveau« , à la page 12 du livret, alors que la délicieuse petite « Sonate pour flûte et violon » des plages 18 à 21 du CD est empruntée au « Der getreue Music-Meister« , publié en 25 volumes entre 1728 et 1729 ; par ne rien dire des dates de composition du « Concerto pour violon, flûte traversière et cordes » et du « Concerto pour flûte à bec, flûte traversière et cordes » des pages 1 à 5 et 22 à 25 de ce très très plaisant CD…

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    Philipp Georg Telemann « a composé quelques 1200 cantates sacrées, 50 cantates profanes, 50 passions, des centaines d’autres oeuvre chorales, et près de 50 opéras sur trois décennies, outre plus de 700 oeuvres instrumentales. Sa richesse mélodique, la clarté de ses textures musicales et sa volonté d’adapter son style aux goûts changeants du public ont fait de lui un compositeur majeur des périodes baroque et pré-classique. (…) Il adopta rapidement la structure tonale et thématique développée par Vivaldi, tour en imaginant souvent dans ses concertos des combinaisons instrumentales inhabituelles« , indique aussi très justement Ashley Solomon à la page 11 du livret de ce CD…

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    Avec ici ce très bref – et frustrant par sa mesquine brièveté – extrait…

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    Ce mercredi 18 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le Duphly varié de Loris Barrucand en son beau CD « Eclats et derniers feux -Jacques Duphly » à L’Encelade…

    « Duphly semble avoir cultivé une certaine ambivalence stylistique nourrie par diverses influences« , voilà qui résume mon impression de très plaisante variété à l’écoute du riche choix de pièces de Jacques Duphly, de diverses influences, en effet, qu’a souhaité mettre en valeur Loris Barrucand en son remarquable CD L’Encelade ECL 2584 – enregistré à Valezan du 27 au 30 juillet 2025 – « Éclats et derniers feux -Jacques Duphly« …

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    CD sur lequel j’ai trouvé une très détaillée et pointue critique de Viet-Linh Nguyen, intitulée « Le Monde d’hier » sur le site de La Muse Baroque, en date du 20 février dernier :

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    CDS & DVDS, CRITIQUES

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    Le monde d’hier (Duphly, Eclats et derniers feux, Loris Barrucand – L’Encelade)

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    duphly barrucand

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    “Eclats et derniers feux”

    Jacques DUPHLY (1715-1789)
    Pièces de clavecin extraites des Livres I (1744), II (1748), III (1756) et IV (1768)

    Loris Barrucand, clavecin Antony Sidey d’après Jean-Henri Hemsch

    Un CD digipack, enregistré du 27 au 30 juillet 2025 à l’église Saint-François-de-Sales de Valloire (Savoie). L’Encelade, 62′

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    Peut-on rêver dates plus évocatrices que celles de la vie de Jacques Duphly ? Ce dernier naît en 1715, année de la mort du Roi Soleil. Il meurt le lendemain de la prise de la Bastille, le 15 juillet 1789. Il s’éteint discrètement en son logement, trois pièces au deuxième étage de l’hôtel de Juigné — qui se situait à l’emplacement actuel de l’école des Beaux-Arts — où il vivait en compagnie de son fidèle domestique Nicolas Depommier, qui le servait depuis trente ans. Sur la fin de sa vie, il vivait au milieu de ses livres, cent quatre volumes, dont des œuvres de Voltaire et des partitions. Mais son inventaire après décès ne mentionne pas même un clavecin.

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    Jacques Duphly fut l’un des grands et derniers représentants du clavecin des Lumières. Gustav Leonhardt lui-même, que l’on a trop souvent réduit à son image de protestant rigoriste, a apprécié ce clavecin trop facilement décrit comme galant. Un premier enregistrement, raide et sec, parut chez Sony en 1973, mais c’est surtout dans celui de chez Harmonia Mundi, en 1991, qu’il rendit justice en quelques pièces à celui qui s’inscrivit en partie dans la filiation des Couperin et des Rameau. D’ailleurs, ces pièces manuscrites furent un temps attribuées à Rameau.

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    Jean-Patrice Brosse en fut un ardent défenseur, lui qui a consacré à ce compositeur deux des trois intégrales — il l’enregistra d’ailleurs par deux fois ! — la première d’une rare élégance n’étant hélas jamais reparue en CD (EMI), la seconde plus vive mais moins rêveuse (Pierre Verany) — nous le décrit comme « une figure de solitaire modeste, introverti, dépressif peut-être ». Pas de portrait, peu de descriptions, peu de renseignements sur sa vie. Aucune charge d’organiste. Il fut l’élève de François d’Agincourt, connut le succès, composa ses quatre livres de clavecin jusqu’à l’âge de 53 ans, puis, progressivement, se retira de la vie parisienne. Lui qui pourtant était l’un des professeurs de clavecin les plus en vue de la capitale et fréquentait, dans ses grandes années, la haute société culturelle parisienne des années 1740. On trouve d’ailleurs nombre de dédicaces dans les titres de ses œuvres. L’État ou Tableau de Paris de Jèze, paru en 1757, le fait figurer en bonne position. Pascal Taskin lui-même donne le prix de ses leçons : six livres, c’est-à-dire autant que Balbastre.

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    Certes, le Troisième Livre est imprégné d’influences un peu plus italiennes et modernes. Le Quatrième, relativement court et contenant également des pièces accompagnées au violon, use et abuse un peu des rodomontades, de la basse rudimentaire d’Alberti, sacrifiant à la mode du pianoforte. Les mélodies sont un peu faciles, mais en même temps on y trouve “La du Bucq“, “La de Vaucanson” ou “La Pothoüin“, magnifiques chefs-d’œuvre dignes des époques précédentes.

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    A chacun son Duphly. Le nôtre a été profondément marqué par la vision de majesté nostalgique d’un Leonhardt, ou de Scott Ross, notamment dans les live à Radio France du 15 janvier 1983. Et puisqu’on parle de Scott Ross, comment ne pas mentionner la poésie alanguie d’Élisabeth Joyé, chez Alpha, sur ce même clavecin historique du château d’Assas lui-même ? Ou encore de Catherine Latzarus (Calliope), cette grande ramiste. D’autres, et non des moindres, ont voulu tirer Duphly vers davantage de sanguinité. C’est le cas de Christophe Rousset dans son superbe double opus chez Aparté, enregistré dans la Galerie Dorée de la Banque de France. Est-ce que les boiseries Régence et leurs mouvements l’ont inspiré ? C’est un enregistrement magique qui concilie à la fois une certaine nervosité bouillonnante, sans tomber dans la facilité, et des articulations d’une transparence éclairante qui éblouissent comme un soleil d’hiver.

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    Daquin louait son toucher. En 1753, il écrit : « On lui trouve beaucoup de légèreté dans le toucher et une certaine mollesse qui, soutenue par des grâces, rend à merveille le caractère de ces pièces. ». Ce n’est pas le chemin que prend Loris Barrucand, qui choisit un Duphly nettement plus énergique, et nous propose une vision radicalement différente, extrêmement variée de Duphly : il dessine avec ductilité et jubilation un Duphly fier, cuivré, plein d’entrain, parfois de morgue, d’une assertivité virtuose. À l’inverse du caractère introverti décrit par Jean-Patrice Brosse, ce Duphly souhaite croquer la vie à pleines dents. Et d’ailleurs, son valet est mentionnait encore pour le dimanche 12, dans sa liste de courses du “sirop de groseille”. le claveciniste a saisi ce Duphly gourmand…

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    Sur un clavecin d’Anthony Sidey (d’après Jean-Henri Hemsch) capté d’un peu (trop) près, très viril, carré, “La de Vaucanson” joue les montagnes russes. C’est normal, le Quatrième Livre en met plein la vue. Mais “La Félix” du Second, extrêmement bien balancée, est plus démonstrative que tendre. “La de Latour” est brillante, mondaine : c’est une coquette. Il faut attendre le “Rondeau” du Premier Livre pour qu’enfin Loris Barrucand esquisse un sourire au lieu de rire aux éclats. Ce rondeau de premier rendez-vous, à la timidité d’une midinette, à la gêne d’une Françoise Hardy, sait dans sa pudique discrétion retrouver une éloquence qu’on attendait. De même, si “La d’Héricourt” est un peu sévère, avec cette main gauche très présente, elle sait par ses chromatismes, ses sautes d’humeur, tracer un portrait délié et original.

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    Autre passage très attendu, la deuxième “La de Drummond” du Quatrième Livre, remarquablement chantante, lyrique, très classique dans son Empfindsamkeit. Il y a du Rousseau dans cette “Drummond“. Si les Menuets ou l’Allemande du Deuxième Livre laissent froid, si l’Allemande du Premier Livre est abordée sur un tempo un peu trop pas lent, de même que la Courante du même livre, La Vanloo par son équilibre est réminiscente de Rameau mais le toucher dénote une dureté tendue, ciblée.

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    Et puis, sans doute le meilleur pour la fin, “La Pothoüin“, d’une densité complexe, aux lignes condensées, peu de lumière, tel un malaise en mineur d’une profondeur mouvante. Tout cela se finit sur une vaste chaconne. Elle lorgne moins sur un spleen diffus à la Lully que sur une grandeur théâtrale et colorée, quasi orchestrale. Elle est dansante, elle est démonstrative, elle est souriante, elle est presque triomphante. Cette pièce majeure du Troisième Livre, incontournable, mais que beaucoup de clavecinistes omettent à dessein dans leur anthologie, étale sa superbe. Loris Barrucand s’y vautre avec une jubilation talentueuse et une excitation croissante.

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    Le Mercure de France de janvier 1756 écrivait : « M. Duphly vient de mettre au jour son troisième livre de pièces de clavecin qui se vend aux adresses ordinaires. Son talent et son mérite sont trop connus pour avoir besoin d’être prônés. Le nom seul de l’auteur fait l’éloge de l’ouvrage. » Saluons cette parution variée et enthousiaste, et qui redonne à Jacques Duphly un visage pluriel. Un Duphly moins taiseux, moins attachant et moins sensible peut-être qu’à l’ordinaire, mais qui, comme l’indique le titre, jette avec brio ses éclats et les derniers feux du clavecin de l’Ancien Régime, celui d’un monde qui s’éteint au son des cordes et des sautereaux.

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    Alors, en ce 15 juillet 1789, alors que Paris est en ébullition et que bientôt le royaume entier se consumera, l’on se demande simplement si Monsieur Duphly — que le Journal Général de la France recherchait le 27 novembre 1788 pour savoir s’il était encore en vie (au sujet d’arrérages sur des rentes viagères) — l’on se demande si Monsieur Duphly a pu, avant son trépas, déguster en paix un dernier sirop de groseille et dire adieu à un monde finissant qu’il représentait si bien.

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    Viet-Linh Nguyen

    Technique : captation claire et franche, avec le clavecin capté de près (on entend les bruits mécaniques par moments).

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    Écoutez donc ici – de la plage n°7 de son CD L’Encelade ECL 2504 – sous les doigts de Loris Barrucand et sur un clavecin Anthony Sidey d’après Jean-Henri Hemsch, »La De Drummond » du 4e livre de Duphly (de 1768), une pièce dont Jean-Charles Hoffelé – qui a écrit un peu plus tard sur ce CD de Loris Barrucand, le 23 avril 2026, un article qu’il a choisi d’intituler « L’intime et le vif« … – a pu dire, en un autre article intitulé, lui, « Découvrir Duphly » en date du 30 juillet 2024 :

    « Si ce n’est pas Mozart qui pointe dans La De Drummond !« …

    Ainsi pourrez-vous en juger… 

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    Ce mercredi 4 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa 

  • La sublime évidence Ravel du « Ravel – Julien Libeer », à nouveau reconnue et admirée, après Jean-Charles Hoffelé ainsi que moi-même, Francis Lippa, maintenant par Patrice Imbaud sur ResMusica : un génie, rien moins, d’interprétation ravelienne, d’élégance parfaite et chic fou…

    En confirmation si jamais besoin en était – et ce n’est certes pas le cas ! – ,

    après l’article « Nouvelles lignes claires » de Jean-Charles Hoffelé – Discophilia du 25 octobre dernier,

    ainsi que mes 2 articles « Le splendide Rigaudon, assez vif, avec un peu de gravité retenue, du spendide « Tombeau de Couperin » dans le splendide triple album « Ravel – Julien Libeer » du toujours excellent Julien Libeer pour Harmonia Mundi…« 

    et « Deux transcendants bijoux pas assez reconnus, sublimement servis par les trois interprètes du merveilleux triple album « Ravel – Julien Libeer », que sont Lorenzo Gatto, au violon, Bruno Philippe, au violoncelle, et Julien Libeer lui-même, au piano : la « Sonate pour violon et violoncelle » (1921-1922) et la « Sonate pour violon et piano n°2 » (1923-1927) : chapeaux bien bas, Messieurs les transcendants interprètes ! » des 25 et 28 octobre derniers,

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    voici ce vendredi 31 octobre ce nouvel article de pleine reconnaissance du génie d’interprétation – ravelienne ici, mais pas seulement : écoutez donc aussi ses Mozart, avec Pierre Colombet, Maté Szücs et Eckart Runge (en le merveilleux CD Harmonia Mundi HMM 902699 « Mozart 1-2-3-4 solo-duo-trio-quartet« ) et ses sublimes (!) Beethoven en ses 3 CDs de « Sonates pour violon« , avec le violon parfait de Lorenzo Gatto, les CDs Alpha 240, 407 et 565, auxquels j’ai consacrés, à l’heure de leur parution, en 2016, 2018 et 2019, d’enthousiastes articles… – de Julien Libeer,

    en l’article parfaitement adéquat lui aussi « Julien Libeer, Ravel comme une évidence » de Patrice Imbaud sur ResMusica ;

    dont je retiens d’abord ces deux justissimes expressions : « une interprétation éblouissante de beauté et d’intelligence » et « jeu clair, souple, élégant, fluide et virtuose« ,

    pour caractériser ce que vient nous donner ici Julien Libeer en ce merveilleux et vraiment génial triple CD « Ravel – Julien Libeer » pour Harmonia Mundi…

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    Julien Libeer, Ravel comme une évidence…

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    En cette année qui célèbre le 150e anniversaire de la naissance de , le pianiste nous propose un florilège de compositions variées, comme une errance – contrôlée et maîtrisée, pas du tout au hasard – colorée et très poétique – et surtout justissime d’interprétation – au travers de l’œuvre – d’une extrême variété ! – du compositeur français.

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    Cet enregistrement éclectique composé de trois CDs sublime toutes les contradictions – raveliennes : nulle œuvre n’en copie jamais une autre… – dans une véritable promenade musicale – choisie et admirablement composée par Julien Libeer en ces 3 CDs – au-delà du temps qui réconcilie narration et abstraction, tradition et modernité, lyrisme et ascèse au gré d’une interprétation éblouissante de beauté et d’intelligence – voilà qui est parfaitement décelé ! C’est effectivement éblouissant de justesse ravelienne…

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    Le premier volet associe Vocalise-étude en forme de habanera, Jeux d’eau, Miroirs comme autant de facettes d’un jeu – ravelien –  envoûtant, fluide, limpide – oui ! Les emblématiques Jeux d’eau (1902), ici superbement ciselés, servent de prétexte à une musique descriptive et pointilliste, miracle d’une évocation toute de chatoiements colorés où musique et paysage ne font qu’un – voilà ! Vocalise-étude déroule ensuite ses flagrances espagnolisantes au son langoureux du violoncelle de tandis que la gracieuse et très poétique Sonatine (1905) – un bijou ! – précède – les riches et très divers – Miroirs (1905) qui affiche sa modernité harmonique dans une galerie de tableaux impressionnistes magnifiquement brossés – par exemple un magique Alborada del Gracioso….

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    Le second volet s’ouvre avec les trois poèmes pour piano du Gaspard de la nuit (1909) où alternent les ruissellements d’ondine, les balancements lugubres et entêtants du gibet et les facéties de Scarbo – une interprétation d’un absolument splendide raffinement ! – pour se conclure avec la Sonate pour violon et violoncelle (1922) – une œuvre vraiment extraordinaire ! et très difficile à vraiment bien saisir en sa formidable singularité, quasi schœnberguienne… – qui surprend – et combien ! – tant par l’originalité de son instrumentarium délaissant le piano – mais oui ! – , que par ses sonorités âpres et épurées – qui avoisinent Schœnberg, oui, qu’a connu et admiré ces années là, à Vienne, Ravel… – , sa dynamique hypnotique et sa beauté mélodique – tout cela est d’une parfaite justesse d’écoute…

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    Le troisième et dernier volet de ce triple album regroupe Valses nobles et sentimentales (1911), la Sonate pour violon et piano (1927) où est associé à son complice – magnifique lui aussi – et le Tombeau de Couperin (1919) : trois œuvres intemporelles – d’éternité ! – inspirées de la danse – voilà : Julien Libeer aurait pu leur adjoindre la version pour piano seul de « La Valse« … – qui échappent au temps – qu’elles transcendent comme peut y parvenir, à son meilleur, l’Art… La première comme un hommage quelque peu décalé à la Valse, la seconde – très très belle, aussi… – comme un clin d’œil fraternel au passé – par le choix de la forme sonate… – , la troisième tournée vers le jazz – éclatant. Toutes compositions qui témoignent de l’éclectisme – variété, variété, à la Valéry… – du compositeur français, souvent à contrecourant, mais toujours au bon endroit – justissime… Valses, Blues, Forlane, Menuet et autre Rigaudon se relayent – presque péremptoires, comme pouvait l’être à l’occasion Ravel, si délicat et raffiné et chic, et si humble aussi, était-il en son tempérament complexe… – dans cette polychromie musicale au gré de l’inspiration poétique – infiniment variée – et du jeu clair, souple, élégant, fluide et virtuose – l’essentiel est ici décelé et serti – de qui restitue, avec une indéniable réussite – et même génie ! – toutes les couleurs et émotions de ces pages célèbres.

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    Un triple album incontournable – absolument !!! – pour tous les admirateurs du musicien de Ciboure.

    …Maurice Ravel (1875-1937) : Vocalise-étude en forme de habanera ; Jeux d’eau ; Sonatine ; Miroirs ; Gaspard de la nuit ; Sonate pour violoncelle et piano ; Valses nobles et sentimentales ; Sonate pour violon et piano ; Le Tombeau de Couperin. Julien Libeer, piano. Lorenzo Gatto, violon. Bruno Philippe, violoncelle. 1 coffret de 3 CD Harmonia mundi. Enregistrés en septembre 2024 au Concertgebouw Brugge et décembre 2024 à Schiedam (Pays-Bas). Notice de présentation en français, anglais, allemand. Durée : 50:17+42:34+60:59

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    Rarement Ravel a été aussi bien saisi et révélé en toute la diversité-variété de ses très riches et subtiles expressions musicales qu’en ce triple album « Julien Libeer, Ravel comme une évidence« …
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    Et s’il fallait ne retenir qu’une seule œuvre interprétée ici, je choisirais paradoxalement la «  Sonate pour violon et violoncelle » – par le violon de Lorenzo Gatto et le violoncelle de Bruno Philippe  – , la seule où n’intervient pas dans ce triple album le piano de Julien Libeer :
    preuve suprême de l’intelligence parfaite de Ravel par celui-ci pour cet album absolument sien…
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    À comparer avec l’interprétation outrée (et hélas manquée !) du violoniste Pekka Kuusisto et du violoncelliste – pourtant si souvent excellent – Nicolas Alststaedt, dans le CD « Salonen -Ravel » Alpha 627 : une interprétation hélas uniment cérébrale – et expérimentale : fatigante… – , totalement dépourvue de l’absolument indispensable merveilleuse sensualité ravelienne…
    Son élégance parfaite et son chic fou…
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    À suivre forcément…
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    Ce vendredi 31 octobre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Epatantissime « Tansman cosmopolite », par le très dynamique Novi Piano Duo, formé d’Anna Wielgus-Nowak et Grzegorz Nowak…

    Dans la série de mes articles enchantés consacrés à des CDs comportant, pour tout ou partie, des œuvres d’Alexandre Tansman (Lodz, 11 juin 1897 – Paris, 15 novembre 1986),

    soient en priorité les articles des 8, 9, 10 et 11 mai derniers

    _ « « ,

    « « ,

    «  »

    et « « … _,

    ..

    et plus particulièrement dans la très jouissive continuité musicale de l’enthousiasmant CD « Tansman – Piano Music » de Maria Argenterio,

    dont je donnais dès vendredi 10 mai un lien de podcast à l’intégralité (de 61′ 02) de ce CD Piano Classics  PCL 10260 :

    « proprement jubilatoire« , m’étais-je alors exprimé ! Et c’est absolument le cas !!!,

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    voici que, ce vendredi 17 mai, me parvient _ commandé tout juste vendredi dernier 10 mai _, le CD « Tansman Cosmopolite » _ le CD Dux 1969, enregistré à Kielce les 5 et 6 avril, puis le 1er novembre 2023 _, du Novi Piano Duo, formé d’Anna Wielgus-Nowak et Grzegorz Nowak :

    …

    à nouveau un CD absolument jubilatoire !!!

    au service de la brillante et très variée musique dynamique et généreuse d’Alexandre Tansman…

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    Déjà, lundi dernier 13 mai, venait de paraître _ en quelque sorte parallèlement à ma propre curiosité _ sur l’excellent site Discophilia, et sous la plume de la décidément parfaite oreille de Jean-Charles Hoffelé,

    et sous le titre de « L’enfant terrible » _ pour qualifier Tansman… _,

    ce très juste commentaire d’écoute suivant du CD :

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    L’ENFANT TERRIBLE

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    La suractivité rythmique _ expression idéalement adéquate ! _ de la syntaxe Tansman appelait naturellement la danse, mais la danse moderne, foxtrots épicés de jazz, tangos pervertis, valses instables. Les ballets, cette part décisive _ en effet _ de son _ déjà très riche _ catalogue des années trente, sont le vrai sujet de ce disque _ oui _ qui en offre les brillantes réductions pour piano à quatre mains réalisées par le compositeur _ lui-même.

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    C’est peu d’écrire qu’Anna Wielgus-Nowak et Grzegorz Nowak emportent avec brio _ oui _, et surtout avec le grain de folie nécessaire _ voilà ! _ les micros-épisodes qui forment le trame du Train de nuit, partition géniale  _ de 1951 _ où, à l’orée des années cinquante, Tansman regarde en arrière, résumant la parenthèse enchantée _ pour lui et pas mal d’autres, avant la catasrophe hitlérienne _ de l’entre-deux-guerres par un fabuleux pied de nez.

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    Cette vitalité irrépressible _ oui, oui _, ce motorisme impertinent _ encore oui ! _ qui fascinent tant dans Le Train de nuit emplissaient déjà, avec des espaces de songes éveillés en plus, La Grande ville _ de 1935 _, dont le compositeur tire trois épisodes simplement irrésistibles : La rue a un petit air Gershwin. _ absolument !

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    Autre regard en arrière, la Fantaisie _ sur les Valses de Johann Strauss, de 1961 _ très libre où il promène son piano dans quelques souvenirs de Valses de Johann Strauss avec le sentiment que ce monde là est vraiment perdu _ à la Stephan Zweig… _, partition troublante au possible, l’envers des deux cahiers de Fugues, celui de 1942 si moderniste, des fugues au carré, celui de 1938, paraphrase surprenante où le piano semble inviter le souvenir des orgues de Bach.

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    Interprétations superlatives _ voilà ! _ pour un disque plus qu’utile _ nécessaire, par conséquent : pour parfaire sa culture et son plaisir….

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    LE DISQUE DU JOUR

    Tansman cosmopolite

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    Alexandre Tansman
    (1897-1986)

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    Le Train de nuit
    La Grande ville
    Fantaisie sur les Valses de Johann Strauss
    3 Fugues
    Introduction et Fugue

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    Novi Piano Duo
    Anna Wielgus-Nowak, piano
    Grzegorz Nowak, piano

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    Un album du label DUX Records 1969
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    Photo à la une : les deux membres du – Photo : © Piotr Markowski

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    Épatantissime musique, comme interprétation, vous-dis-je…

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    Ce vendredi 17 mai 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa