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  • Musiques de joie : le paradis sur terre des Selva Morale e Spirituale de Claudio Monteverdi (1640), par l’Ensemble Elyma et Gabriel Garrido

    Parmi les joies terrestres les plus extatiques _ et orgasmiques _,

    le somptueux compendium _ de toute une vie ; et quel(s) chef(s) d’œuvre !!! _ des Selva Morale e Spirituale de Claudio Monteverdi
    (Crémone, 15 mai 1567 – Venise, 29 novembre 1643) ;
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    un recueil de la plupart de ses musiques religieuses
    dédié à Eléonore de Gonzague (Mantoue, 23 septembre 1598 – Vienne, 27 juin 1655),
    fille du duc de Mantoue Vincent Ier de Gonzague (Mantoue, 21 septembre 1562 – Mantoue, 18 février 1612),
    le très décisif employeur et protecteur de Monteverdi.
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    Il est aussi à noter qu’Eléonore de Gonzague,
    qui avait épousé, à Innsbruck, le 15 février 1622, l’empereur _ il l’était depuis le 28 août 1619, et suite au décès de l’empereur Mathias III _ Ferdinand II de Habsbourg (Graz, 9 juillet 1578 – Vienne, 15 février 1637),
    en était devenue veuve _ et sans enfants _, le 15 février 1637.
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    A la date de la dédicace de ces si magistrales Selva Morale et Spirituale de Claudio Monteverdi, en 1640-1641, 
    Eléonore de Gonzague est donc désormais impératrice douairière ;
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    et c’est son beau-fils Ferdinand III (Graz, 13 juillet 1608 – Vienne, 2 avril 1657)
    _ né du premier mariage de l’empereur Ferdinand II, avec Marie-Anne de Bavière (Munich, 8 décembre 1574 – Graz, 8 mars 1616) _, 
    qui règne maintenant sur l’empire des Habsbourg.
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    Ce que permet d’inférer cette dédicace des Selva Morale e Spirituale à la très belle et très pieuse Eléonore de Gonzague,
    c’est l’hommage très reconnaissant de Monteverdi à ces Gonzague de Mantoue,
    dont Monteverdi n’a certes pas oublié les bienfaits.
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    Et si Monteverdi a quitté Mantoue pour gagner Venise en 1613,
    Venise où, en août 1613, il vient d’obtenir le poste éminemment enviable _ et extrêmement convoité _ de maître de chapelle à la basilique Saint- Marc,
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    c’est suite au décès, le 18 février 1612, de son employeur-protecteur le duc éminemment mélomane Vincent Ier de Gonzague.
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    Mais la reconnaissance envers les Gonzague mantouans _ Eléonore est la plus jeune des enfants du duc Vincent Ier _
    est toujours bien présente et vivace,
    au moment de faire un retour rétrospectif sur l’entièreté de sa carrière de compositeur de musique religieuse, dans le cœur du compositeur…
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    Pour illustrer musicalement la splendeur si jubilatoire de ces œuvres,
    que j’ai découvertes, en concert _ mémorable ! _, par les Arts Florissants, au Temple du Hâ, à Bordeaux, le 26 septembre 1986
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    _ et je dispose d’une cassette de l’enregistrement de ce magique concert ! ;
    le programme comportait notamment :
    le Beatus Vir Primo, le Laudate Dominum Primo, le Confitebor Tibi Dominum Primo et le Gloria a 7 voci de la Messa Concertata _,
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    j’ai choisi ici l’interprétation _ dionysiaque et justissime quant à l’esprit jubilatoire de ces oeuvres _ de l’Ensemble Elyma, sous la direction de Gabriel Garrido,
    en un époustouflant coffret de 4 CDs publié en 2005 _ le coffret Ambronay Editions AMY 001.
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    Une interprétation très efficacement _ et plus encore justement ! _ à même de nous faire ressentir musicalement
    ce que peut être le paradis sur terre !
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    Un enregistrement tout simplement indispensable !
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    Et j’ai choisi plus spécialement,
    splendeurs parmi les splendeurs
    de ce coffret de 4 CDs de l’Ensemble Elyma en 2005 :
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    le Confitebor Tibi Domine Terzo, à la plage 3,
    le Beatus Vir Primo, à la plage 4,
    et le Laudate Dominum Primo, à la plage 6, du CD n° 2 ;
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    et dans le CD n° 1 :
    le Gloria a 7 voci, de la Messa concertata, à la plage 12.
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    Et voici une vidéo d’extraits de cette merveilleuse Selva Morale e Spirituale de Claudio Monteverdi
    par  l’Ensemble Elyma, en concert à Ambronay, sous la direction de Gabriel Garrido…
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    Un pur régal !
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    Ce mercredi 20 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Musiques de joie : les jeux d’ombres et lumières d’Antonio Vivaldi en ses Concerti per fagotto, par le basson virtuose d’Alberto Grazzi et l’Ensemble Zefiro d’Alfredo Bernardini

    La générosité musicale d’Antonio Vivaldi

    (Venise, 4 mars 1678 – Vienne, 28 juillet 1741)
    est bien connue.
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    Aujourd’hui,
    je voudrais célébrer un pan un peu moins mis sur le devant
    par la tradition de réception de ses œuvres :
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    je veux parler de ses bien beaux Concerti per fagotto
    _ une autre fois, je traiterai de ses admirables Concerti per cello… _ ;
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    dont je veux célébrer la splendeur un peu sombre
    de ses jeux de lumières et ombres,
    peut-être entre canaux et calli de Venise…
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    J’ai choisi ici l’interprétation toute de relief et de pulpe goûteuse
    du basson virtuose d’Alberto Grazzi
    et de l’Ensemble Zefiro,
    sous la conduite du hautbois d’Alfredo Bernardini.
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    Soit le CD Arcana A 365,
    en un enregistrement de 2013.
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    Ce mercredi 13 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Musiques de joie : la merveilleuse pétulance, déjà, d’un Rossini de 12 ans, en 1804, dans ses 6 Sonate a quattro

    Gioacchino Rossini

    (Pesaro 29 février 1792 – Paris, 13 novembre 1868)

    représente _ et formidablement ! _ la quintessence de la folle gaîté en musique.

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    Pour en donner un petit échantillon,

    j’ai choisi les 6 Sonate a quattro _ pour deux violons, un violoncelle et une contrebasse _

    qu’à l’âge d’à peine 12 ans, le jeune garçon qu’il était encore

    composa, à Ravenne, l’été 1804.

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    Des œuvres d’une singulière vitalité communicative ! Déjà !

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    Et « le style bel canto que Rossini allait développer et faire progresser _ en ses merveilleux opéras, bien sûr ! _ bien au-delà de son formalisme initial,

    est déjà apparent dans ces sonates« , a fort justement noté le musicologue Howard Smith en 1992.

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    J’ai opté ici pour l’interprétation d’une parfaite vitalité et pétulance,

    associée à une délicieuse élégance,

    de Neville Marriner et son Academy of Saint-Martin in the Fields

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    en des enregistrements de juin 1966 et janvier 1968,

    republiés en 2018,

    à l’occasion des célébrations du 150e anniveraire de la disparition de Rossini,

    par Praga Digitals,

    en un superbement rossinien CD PRD 250 385.

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    Rossini est un magnifiquement généreux pourvoyeur de joie !!!

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    Et c’est avec ravissement que je me souviens aussi de ces nombreux opéras de jeunesse de Rossini (pour Venise _ le Teatro San Moise _ ou pour Milan _ la Scala _, lors de ses très fructueuses années 1810, 1812, 1813)

    que le Grand Théâtre de Bordeaux nous a offerts,

    pour notre immense plaisir renouvelé très régulièrement,

    à l’époque des années 80 – 90 :

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    à commencer par cette première merveille que fut La Pietra del paragone

    _ créée à Milan, à la Scala, 26 septembre 1812 _,

    lors du mai musical de 1986, dans une mise en scène de Jean-Louis Thamin, et avec le superbe ténor argentin _ né à Carlos Pellegrini, le 14 septembre 1950 _ Raul Giménez

    _ que l’on peut écouter dans L’Inganno Felice, avec Marc Minkowski, un CD Erato 0630-17579-2, paru en 1997 ; ainsi que dans un très beau récital titré Operatic Arias, dirigé par Michelangelo Veltri (avec des airs extraits de Tancredi, La Pietra del Paragone, Otello, Il Barbiere di Seviglia, Il Signor Bruschino, L’Occasione fa il ladro, L’Italiana in Algeri et La Cenerentola), un CD Nimbus NI 5106, paru en 1987 : 2 CDs présents dans ma discothèque… _

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    et avec d’autres opéras ayant très heureusement suivi,

    parmi la brillante série des merveilleux petits opéras _ de format similaire… _ créés à Venise, au Teatro San Moise, entre le 3 novembre 1810 et le 27 janvier 1813 _ quelle époustouflante série ! quelle créativité ! _ :

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    La Cambiale di matrimonio _ créé à Venise, au Teatro San Moise, le 3 novembre 1810 _,

    L’Inganno felice _ créé à Venise, au Teatro San Moise, le 8 janvier 1812 _,

    La Scala di seta _ créé à Venise, au Teatro San Moise, le 9 mai 1812 _,

    L’Occasione fa il ladro _ créé à Venise, au Teatro San Moise, le 24 novembre 1812 _,

    Il signor Bruschino _ créé à Venise, au Teatro San Moise, le 27 janvier 1813… 

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    Rossini est un merveilleux compagnon de joie musicale ;

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    une sorte de survivant miraculeux du Baroque

    à l’orée du Romantisme

    un tantinet pleurnichard…

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    Rossini a su généreusement _ et combien magnifiquement ! _ donner libre cours

    à l’ivresse gourmande du génie de sa pétulance _ italienne _ inventive

    si éperdument allègre…

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    Ce vendredi 24 avril 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et la joie Monteverdi !

    Bien sûr, je ne saurais passer sous silence la très irradiante éblouissante joie Monteverdi !

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    Claudio Monteverdi : Crémone, 15 mai 1567 – Venise, 29 novembre 1643.

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    Mon article du 31 mars 2016 est venu me secourir

    dans mon appel aux souvenirs :

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    J’y avais cité le très beau DVD _ Alpha 705 _ des Vespro della Beata Vergine

    _ quel chef d’œuvre ! _

    dirigées par John Eliot Gardiner à la Chapelle royale du château de Versailles.

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    Je me souviens aussi de mon tout premier concert Monteverdi,

    c’était au Temple du Hâ, à Bordeaux, le 26 septembre 1986

    _ et je possède une cassette de l’enregistrement de cet éblouissant concert qu’avaient donné les Arts Florissants,

    grâce à la très efficace et fécondissime Association Le Carré.

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    Il s’agissait pour l’essentiel de pièces extraites de la Selva Morale et Spirituale…

    Un émerveillement !

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    De ce très riche recueil de 1640-1641,

    je recommande la radieuse version en un coffret de 3 CDs de La Venexiana :

    le coffret Glossa GCD 920943.

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    Je pense aussi au madrigal,

    par exemple, Zefiro torna,

    par la Venexiana

    _ beaucoup de ses chanteurs font aujourd’hui partie de l’admirable Compagnia del Madrigale _,

    dans le merveilleux coffret de 11 CDs The Complete Madrigal Books de Claudio Monteverdi,

    le coffret Glossa GCD 920929 :

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    un absolu indispensable !

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    Indispensable pour son inépuisable _ infini _ trésor de joies !

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    La joie Monteverdi n’étant comparable à nulle autre : 

    une radieuse paix, pleine, archi-vivante, lumineuse…

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    Ce mardi 24 mars 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa