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  • Ecouter les chefs d’oeuvre de musique de chambre singuliers d’Ernö Dohnanyi (1877 – 1960)

    Le CD Solo Musica SM 250

    intitulé Being earnest,

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    et comportant ces deux chefs d’œuvre de la musique de chambre d’Ernö Dohnanyi

    (Pozsony _ Pressburg – Bratislava _, 27 juillet 1877 – New-York, 9 février 1960),

    que sont

    le Quintette pour piano et cordes n°2, en mi bémol Majeur, op. 26 (de 1914)

    et le Sextuor, en do Majeur, op. 37 (de 1935),

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    fait l’objet, ce jeudi 23 juillet, de la chronique

    intitulée Sang magyar

    de Jean-Charles Hoffelé, sur son excellent site Discophilia.

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    SANG MAGYAR

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    Le couplage est logique, mieux, imparable, le deuxième Quintette avec piano tragique, mystérieux, jusque dans la valse de son Intermezzo, œuvre _ en 1914 _ d’un jeune homme que Brahms _ Hambourg, 7 mai 1833 – Vienne, 3 avril 1897 _ accueillit à bras ouverts mais avec étonnement _ lors de son Quintette avec piano n°1 en do mineur, op. 1, de 1895 _, et le Sextuor, cette sérénade étrange qui roule des tempêtes et danse le tango, sont les deux opus de chambre les plus sombres _ probablement _ qui soient coulées de la plume d’Ernő Dohnányi.

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    Le Sextuor reste dans ce domaine son chef-d’œuvre, l’emploi de la clarinette et du cor donnant à l’ensemble des effets réalistes dans la ballade nocturne fantasque qu’est l’Allegro appassionato, Thorsten Johanns faisant souffler des rafales de bises, Olivier Darbellaymenaçant comme un cavalier d’apocalypse de son grand pavillon. Quelle œuvre !, que les Nash avaient gravée avec poésie, une lyrique brahmsienne, et dont les versions se comptent hélas sur les doigts d’une main _ je possède au moins celle de l’Ensemble Kheops…

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    Alexander Sitkovetsky et ses amis de l’Ensemble Raro l’entendent dans d’autres couleurs, rappelant que tout conservateur qu’on le suppose (et qu’il s’affirmait d’ailleurs, et pas seulement dans le seul domaine des arts), Dohnányi fut et le professeur de Bartók, et son contemporain. La marche amère, pleine de fifres et de trompes qui hérisse l’Intermezzo est moderne à sa façon, les instruments à vent inspirant à Dohnányi des harmonies âpres que les jeunes gens font éclater autour du piano diseur de Diana Ketler, l’Allegro con sentimento avec ses contrastes d’humeurs et ses citations ironiques de Beethoven déroule son cortège de masques, avant que le Finale ne persiffle son bal composite, passant du salon au cabaret, si vert, si vif ici _ et qui m’enthousiasme, oui !

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    Tiendrais-je enfin la version que j’espérais de cette œuvre hors cadres ? Oui, mais ne négligez pas non plus le Deuxième Quintette _ de 1914 _ si émouvant où dans le sombre romantisme d’un jeune homme fasciné par Brahms, le piano _ quelle superbe partie est là offerte ! _ de Diana Ketler met toute une poésie de notes, de timbres, comme la voix d’une mezzo.

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    Disque d’une sombre magie, que j’avais égaré, que le confinement m’a fait retrouver pour mon bonheur et pour le vôtre, je l’espère.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Ernő Dohnányi (1877-1960)
    Quintette avec piano No. 2 en mi bémol mineur, Op. 26
    Sextuor pour piano, violon, alto, violoncelle, clarinette et piano en ut majeur, Op. 37

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    Ensemble Raro

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    Un album du label Solo Musica SM 250
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    Photo à la une : le compositeur Ernő Dohnányi – Photo : © DR

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    Je ne possède pas ce CD de l’Ensemble Raro,

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    mais, en fouillant un peu en ma discothèqueque,

    j’ai retrouvé

    d’une part une interprétation du Quintette pour cordes avec piano n° 2, op. 26,

    par Shmuel Ashkenasi, violon, Nobuko Imai, alto et le Trio Nota Bene (Lionel Monnet, piano, Julien Zufferey, violon et Xavier Pignat, violoncelle),

    en un CD Claves 50-1505, de 2015

    _ et en voici le podcast _ ;

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    et d’autre part une interprétation du Sextuor pour piano, violon, alto, violoncelle, clarinette et cor, op. 37,

    par l’Ensemble Kheops,

    constitué de Muhiddin Dürrüoglu, piano, Graf Mourja, violon, Lise Berthaud, alto, Marie Hallynck, violoncelle, Ronald Van Spaendonck, clarinette et Hervé Joulain, cor,

    en un CD Fuga Libera FUG 585, de 2011.

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    Soit le charme à peine acide de la Mittel-Europa qui me tient à cœur,

    par quelques ancêtres viennois et magyars…

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    Ce jeudi 23 juillet 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : le sidérant de beauté Soave sia il vento, de l’Acte I du Cosi fan tutte de Mozart et Da Ponte, en 1790, à Vienne

    Parmi les sommets de toute la musique d’opéra,

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    le sublime Terzetto Soave sia il vento

    à l’acte 1 du Cosi fan tutte ossia La Scuola degli Amanti,

    de Wolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791)

    et Lorenzo Da Ponte (Ceneda, 10 mars 1749 – New-York, 17 août 1838),

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    un Dramma giocoso in due atti,

    créé au Burgtheater de Vienne le 24 janvier 1790.

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    Quand Fiordiligi et Dorabella,

    accompagnées de Don Alfonso,

    disent adieu à leurs amants Guglielmo et Ferrando,

    qui viennent d’embarquer pour la guerre

    _ la scène se passe à Naples.

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    Et je ne remercierai jamais assez le splendide film La Luna

    _ quelles visions d’une luxuriante Rome tropicale !!! _

    de Bernardo Bertolucci (Casarola, 16 mars 1941 – Rome, 26 novembre 2018),

    en 1979,

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    dont l’héroïne principale _ interprétée par Jill Clayburgh _ est une cantatrice,

    qui nous est montrée se souvenant d’avoir répété avec son vieux professeur de chant, à Parme, ce sidérant de beauté Terzetto de Cosi,

    de m’avoir mis en face, sur l’écran,

    de ce bouleversant climax de toute la musique… 

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    Et je ne sais

    ni quel CD, ni quel DVD, de ma discothèque

    élire comme version préférée de ce sublime Cosi fan tutte

    de Mozart et Da Ponte…

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    Ce samedi 27 juin 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : l’élégance splendide du tendre lullyste megevois Georg Muffat (1653 – 1704)

    Parmi mes compositeurs préférés

    du XVIIe siècle baroque,

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    le tendre et magnifique megevois _ et lullyste _ Georg Muffat

    (Megève, 1er juin 1653 – Passau, 23 février 1703).

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    Parmi les musiciens à s’être rendus à Paris prendre des leçons de Jean-Baptiste Lully

    (Florence, 28 novembre 1632 – Paris, 22 mars 1687)

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    puis à Rome, celles de Bernardo Pasquini

    (Massa di Valdinievole, 7 décembre 1637 – Rome, 21 novembre 1710)

    _ à Rome, où Muffat fut particulièrement séduit par les réalisations de son contemporain Arcangelo Corelli

    (Fusignano, 17 février 1653 – Rome, 8 janvier 1713) _,

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    le savoyard (d’ascendance écossaise) Georges Muffat

    voyagea pas mal entre Savoie, France, Italie, Allemagne et Autriche :

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    en Alsace (Strasbourg, Molsheim et Selestat) ;

    en Italie (Rome) ;

    en Bavière (Ingolstadt) ;

    en Autriche (Vienne, Salzburg) ;

    en Bohème (Prague) ;

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    pour achever sa carrière à Passau, sur le Danube,

    maître de chapelle du Prince-Evêque Johannes-Philipp von Lamberg.

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    Sa musique,

    de style français,

    est d’une splendide élégance,

    et d’une tendresse merveilleusement touchante, et sans excès.

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    De son œuvre _ de très grande qualité _,

    j’ai choisi son recueil inaugural de cinq Concerti Grossi

    _ les premiers de ce genre nouveau à être publiés : avant ceux de Corelli, en 1715... _

    intitulé Armonico Tributo, et publié à Salzbourg en 1682.

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    Et pour l’interprétation discographique,

    _ après écoute attentive de 4 CDs de ma discothèque_,

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    j’ai choisi celle, magnifique, de l’Ensemble 415, dirigé par la violoniste Chiara Bianchini et le claveciniste Jesper Christensen,

    en un superbe enregistrement d’octobre 1995, publié par Harmonia Mundi en 1996 :

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    soit le CD HMC 901581.

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    Georg Muffat,

    ou une des premières réalisations,

    et merveilleusement aboutie,

    de ce que François Couperin

    (Paris, 10 novembre 1668 – Paris, 11 septembre 1733)

    nommera, quelques années plus tard, en 1724, « les Goûts réunis« …

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    Et voici, par l’Ensemble 415,

    le podcast du Concerto n°3, en La majeur ;

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    ainsi que le podcast du Concerto n°4, en mi mineur,

    de cet Armonico Tributo.

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     Ce vendredi 19 juin 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : le romantisme radieux de Johannes Brahms (II) : la puissance sidérante du premier Concerto pour Piano, opus 15, par Clifford Curzon et le London Symphony Orchestra dirigé par George Szell en 1962

    Encore une royale et stupéfiante performance

    que celle du pianiste Clifford Curzon

    (Londres, 18 mai 1907 – Londres, 1er septembre 1982),

    et du chef George Szell

    (Budapest, 7 juin 1897 – Cleveland, 30-7-1970)

    à la tête du London Symphony Orchestra, en mai 1962,

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    pour le Premier Concerto pour Piano et Orchestre, en ré mineur, opus 15,

    de Johannes Brahms

    (Hambourg, 7 mai 1833 – Vienne, 3 avril 1897) ;

    chef d’œuvre dont la première eut lieu à Hanovre le 22 janvier 1959,

    avec Brahms au piano ;

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    soit le CD Decca 417 641-2,

    enregistré à Londres en 1962.

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    J’ai écouté quelques autres interprétations qui me sont tombées sous la main

    dans le désordre de ma discothèque :

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    Rudolf Serkin et George Szell à Cleveland, hier,

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    et aujourd’hui Lars Vogt dirigeant du piano l’orchestre du Royal Northern Sinfonia,

    ou Adam Laloum et Kazuki Yamada dirigeant le Rundfunk SinfonieOrchester Berlin :

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    elles n’ont pas la puissance sidérante

    et de la plus parfaite évidence

    qui convient tant au jeu du piano

    qu’à celui de l’orchestre…

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    C’est somptueux !

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    Qu’on en juge par la jubilation que procure le podcast…

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    Quel éblouissement…

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    Ce jeudi 11 juin 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa