Auteur/autrice : francislippa

  • Merveilleuse musique et merveilleuse interprétation ! Le CD Shostakovich (Piano Quintet + String Quartet n° 3) du Quatuor Belcea & Piotr Anderszewski

    Qu’il est bon d’être magnifiquement subjugué dès les premières notes des premières mesures de musique par un CD de musique !

    …

    …

    Eh bien, c’est l’expérience d’un tel transport que je viens de vivre dès les premières mesures du premier mouvement (Prelude, Lento) du Quintette avec piano en sol mineur de Dimitri Chostakovitch, par le Quatuor Belcea et Piotr Anderszewski au piano (le CD Alpha 360).

    …

    Une œuvre composée en 1940, et qui valut au compositeur un franc succès, tant auprès du régime (et de Staline), que du public. Ce mouvement, Prélude (de 4′ 46″) , fait d’ailleurs couple avec la Fugue, Adagio, du mouvement qui suit (de 11′ 34″), où tout se ralentit encore et se tend…

    …

    Le livret, sous la plume de Clemens Matuschek, est excellent,

    à faire apparaître le profond double jeu des deux œuvres de ce disque,

    le Quintette de 1940 _ l’URSS n’est pas encore en guerre, et jouit de sa reconquête de la partie orientale de la Pologne, en tant que bénéfice sien du partage avec le Reich nazi de la malheureuse Pologne, à la suite du pacte Molotov-Ribbentrop d’août 1939, qui permit à Hitler d’avoir les mains libres pour attaquer à l’Ouest… _,

    et le Quatuor à cordes n° 3, de 1946, de Dmitri Shostakovich (1906 – 1975), par le QuatuorBelcea et le pianiste Piotr Andreszewski (CD Alpha 360).

    …

    L’appréciation du très lucide _ lui aussi _ collègue compositeur Prokofiev (1891 – 1953) est citée :

    …

    « Je connais des gens qui ont employé les moyens les plus désespérés pour composer une fugue tant soit peu originale. ILs n’y sont que rarement arrivés. Mais la fugue de Chostakovich contient une quantité de choses nouvelles« …
    …

    L’interprétation est, elle aussi, magistrale ;

    celle du pianiste,

    celle des cordes aussi,

    d’une clarté confondante ;

    et avec énormément de sous-entendus les plus ambigus possibles…

    …

    Une citation _ de l’altiste Krzysztof Chorzelski _  avance, à propos de l’Intermezzo, Lento _ à nouveau, d’une incroyable tension dans l’étirement grinçant d’une insupportable douceur ! _, du quatrième mouvement :

    …

    « On a presque l’impression que c’est la dernière issue, une fuite dans la construction d’une fausse idylle. Une atmosphère comme celle du roman de Boulgakov, Le Maître et Marguerite… »

    …

    Pour conclure, superbement ce livret :

    …

    « Pour Dimitri Chostakovitch, le grand succès remporté par cette œuvre eut d’ailleurs, outre sa réhabilitation sociale _ après la terrible déchéance consécutive à la rage de Staline face à l’opéra Lady Macbeth de Mzensk, en 1936 _, un autre effet secondaire agréable, comme il le révéla _ avec infiniment d’humour (grinçant, ici encore) _ à un de ses amis :

    « Sais-tu pourquoi j’ai ajouté une partie de piano au quatuor ? Pour la jouer moi-même et avoir ainsi une raison de voyager pour donner des concerts dans différentes villes et villages. Cela me permettra aussi de voir le vaste monde ! » »…

    …

    …

    Un disque superbe de bout en bout !

    …

    …

    Ce samedi 14 avril 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Philippe Sands, vidéo de la semaine, pour sa présentation de Retour à Lemberg, le 28 mars dernier

    Après la mise en ligne, avant-hier, 11 avril,

    du podcast  (de 55′ 38″) de la présentation par Philippe Sands de son merveilleux Retour à Lemberg,

    …

    C’est la vidéo de ce même entretien (de 55′ 42) qui s’est vue décerner le titre de vidéo de la semaine

    sur le site de la librairie Mollat ce soir.

    …

    Et je suis en train de terminer le peaufinage de mon article sur ce livre,

    commencé de publier le 2 avril dernier :

    «

    …

    Un conseil : lisez ce livre merveilleux !

    …

    …

    Ce vendredi 13 avril 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

     

     

  • La Majesté louis-quatorzième de Michel-Richard de Lalande, par le Poème Harmonique

    Ces derniers temps, la musique françaisse du XVIIéme siècle _ et du XVIIéme un peu prolongé encore… _ revient charmer un peu plus nos oreilles et notre goût…

    Ainsi aujourd’hui ce superbe CD Delalande, versant musique religieuse,

    que viennent nous offrir les musiciens du Poème Harmonique, les chanteurs de l’Ensemble Aedes, et quatre chanteurs solistes, Emmanuelle De Negri, Dagmar Saskova, Cyril Auvity & André Morsch, sous la direction de Vincent Dumestre :

    un CD Alpha 968, intitulé « Majesté« ,

    en un programme de trois grands Motets « pour le Roi Soleil » : Deitatis majestatem, Ecce nunc bénédicite, et Te Deum.

    …

    …

    Ce jeudi 12 avril 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

    …

    …

    P. s. :

    …

    ce samedi 19 mai, un excellent article sur ce CD Majesté de Lalande du Poème Harmonique de Vincent Dumestre,

    sur le site de Res Musica, par Cécile Glaenzer :

    …

    LALANDE PAR VINCENT DUMESTRE : FERVEUR DU GRAND MOTET VERSAILLAIS

    …

    Majesté. Michel-Richard de Lalande (1657-1726) : Grands motets Deitatis majestatem, Ecce nunc benedicite et Te Deum. Emmanuelle de Negri, Dagmar Šašková, Sean Clayton, Cyril Auvity, André Morsch, Ensemble Aedes (Mathieu Romano), Le Poème Harmonique, direction : Vincent Dumestre. 1 CD Alpha-Classics. Enregistré en mai 2017 à la chapelle du château de Versailles. Livret français, anglais, allemand. Durée: 74:32

    …

    Après avoir enregistré les Te Deum de Lully et Charpentier, Vincent Dumestre est de retour à la Chapelle Royale de Versailles pour nous donner à entendre trois grands motets de Lalande dans le lieu même où ils ont été entendus à l’époque.

    …

    …

     

    majesté_lalande

     

     

     

     

     

     

     

     

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    Nommé en 1683 à la Chapelle Royale, Michel-Richard de Lalande compose soixante-dix-sept grands motets _ pas moins ! _ pendant les quarante ans qu’il passe au service du roi, ce qui fait de lui le maître du genre _ oui _ et porte haut sa réputation jusqu’à la fin de l’Ancien Régime _ en effet : ses œuvres continueront d’être données à la Chapelle royale de Versailles ; ainsi qu’au Concert spirituel. Compositeur favori du roi _ oui _, il renouvelle l’écriture orchestrale de Lully _ oui _ en mettant en valeur des instruments solistes au sein de ses œuvres chorales. L’office royal quotidien se déroulait selon un rite immuable, destiné à magnifier la présence du monarque _ c’est cela _ : pendant qu’une messe basse était dite à l’autel _ en bas _, les musiciens de la Chapelle exécutaient des motets sur la tribune _ en haut _ face au roi.

    …

    Les grands motets avec symphonie donnent une véritable image sonore de la majesté des lieux et de l’instant _ oui _, le plus somptueux de tous étant le Te Deum, qui souligne avec éclat les plus grandes réjouissances de la vie de la cour. Le Te Deum de Lalande, composé en 1684 et plusieurs fois remanié _ c’est à noter _, est celui qui sera le plus joué _ oui _ à Versailles, à Paris et dans toute la France jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, passant de l’église au Concert Spirituel où il fut donné plus de trente fois _ pas moins : c’est dire…

    …

    Pour cet enregistrement, Vincent Dumestre a réuni l’orchestre du Poème Harmonique en grand effectif, l’excellent ensemble vocal Aedes de Mathieu Romano, et Emmanuelle de Negri, Dagmar Šašková, Sean Clayton, Cyril Auvity et André Morsch, cinq des meilleurs solistes vocaux du moment. Le résultat sonore est d’une grande plénitude _ parfaitement adéquate à l’esprit de ces œuvres _ : petit chœur de solistes, grand chœur et symphonie instrumentale alternent en une magnifique fresque où les affects du textes _ voilà _ sont parfaitement soulignés _ comme il leur convient. À remarquer, l’accompagnement judicieux du basson _ oui _, très présent tout au long du programme et particulièrement expressif dans l‘Aeternae fac cum sanctis du Te Deum. Dans le deuxième motet, Ecce nunc benedicite, deux chœurs jubilatoires _ oui _ encadrent un émouvant récit _ oui _ des solistes souligné par les instruments. Ici encore, le basson fait merveille _ voilà. La version du Te Deum choisie par Vincent Dumestre s’appuie sur un manuscrit de Lalande où chaque section est précisément minutée _ un document en cela très précieux ! _, ce qui donne un renseignement précieux _ oui ! _ sur les tempi de l’époque.

    …

    Un disque qui fera date _ oui _ dans le paysage du grand motet versaillais _ un genre très singulier en toute l’Europe _ et qui porte bien son titre : Majesté.

    …

  • De très belles photos, sans légende : Gabrielle Duplantier, « terres basses »

    Aux Editions lamaindonne (sic), la photographe Gabrielle Duplantier _ sans plus de précision ! _ publie un livre de photos à dominante sombre,

    et dépourvu de la moindre légende : terres basses, sans majuscules.

    …

    Le titre de l’ouvrage, le nom de l’auteur, et le nom de l’éditeur, n’apparaissent que sur la tranche _ gris plutôt sombre _

    du livre,

    en bleu très clair, et en caractères très inégaux :

    en tout petit pour l’éditeur ;

    en moyen pour le titre ;

    et en plus grand pour le prénom et le nom de l’auteur, munis chacun d’une majuscule.

    …

    Sur la couverture, et sur la quatrième de couverture,

    une grande photo en noir et blanc, collée.

    …

    A l’intérieur, 

    avant la double page en noir, portant à droite le prénom et le nom de l’auteur : Gabrielle Duplantier,

    et juste en dessous, le titre, Terres Basses, tous avec des majuscules cette fois ;

    et sur la page en noir de gauche, et cette fois en très petit, et à peine lisibles, deux inscriptions l’une au-dessus de l’aire, tout à gauche :

    Á Patricia Rosa

    Á Alberto Rosa,

    une photo avec un liseré blanc sur sa gauche sur une page de droite,

    puis sur six doubles pages, six photos couvrant l’ensemble des deux pages.

    …

    Suivent alors pas mal de doubles pages (45) consacrées à une seule photo, sombre pour la plupart, couvrant tout l’espace ,

    et quelques pages uniques (20) portant une photo, avec un liseré blanc.

    …

    Puis, sur une page blanche, en pas très grand, les mots Life is a Light in Matter,

    avec en dessous, en un peu plus petit, le nom de son auteur, A. Rosa.

    …

    Et au verso, pour finir, sur une page blanche de gauche,

    et en bas à gauche,

    les diverses mentions légales :

    dont paru le 7 mars 2018 _ le jour de naissance et anniversaire de mon petit-fils Aurélien.

    …

    Une impression d’étrangeté domine…

    …

    …

    Ce mercredi 11 avril 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa