Auteur/autrice : francislippa

  • Lire, écrire, se comprendre : allers et retours de « bouteilles à la mer » : la vie d’un blog…

    Pour qui écrit-on ? Qui nous lira ? Se comprend-on si peu que ce soit d’un bout à l’autre de la chaîne des paroles et des écritures ? Entre « auteurs » et « lecteurs » ?..

    …

    Vivons-nous même seulement dans un « monde » vraiment « commun« , nous qui semblons, en « cohabitant » pourtant (un peu), en nous croisant pourtant (presque), en un espace (et un temps) plus ou moins « partagé(s) » ?..

    …

    Nos « bouteilles à la mer » rencontrent-elles jamais un de leurs destinataires

    _ qu’il s’agisse d’un livre, sorti d’une « maison d’édition » et (un moment au moins) en vente sur l’étal d’une librairie ;

    ou d’un article, donné à lire sur l’océan (encore plus volatil, probablement : si peu « matérialisé« …) de l’Internet ?..

    …

    A titre d’exemples,

    ceci, en forme d’échanges de courriels…

    …

    Voici le mot de « réponse » de Jean-Yves Tadié, ce jour, à mon article (du 10 mars) sur son livre « Le Songe musical _ Claude Debussy«  :

    « la poétique musicale du rêve des “Jardins sous la pluie”, voire “La Mer”, de Claude Debussy, sous le regard aigu de Jean-Yves Tadié »
    …
    à relier

    _ et pas seulement parce que leurs livres appartiennent à la même très belle collection « L’Un et l’autre« , que dirige Jean-Bertrand Pontalis aux Éditions Gallimard : aux livres si délicats et si soignés, où un « auteur » s’interroge sur la personne d’un « autre« , en son « étrangeté » d’ »altérité » admirable ; et admirée… _

    à la « réponse » de Jean Clair (c’était le 23 avril) à propos de mon article (du 27 mars) sur son « La Tourterelle et le chat-huant« … :

    « Rebander les ressorts de l’esprit (= ressourcer l’@-tention) à l’heure d’une avancée de la mélancolie : Jean Clair »
    …

    De :  Jean-Yves Tadié

    Objet : Rép : Article sur « Le songe musical _ Claude Debussy »
    Date : 23 mai 2009 16:24:17 HAEC
    À :   Titus Curiosus

    …
    Cher Monsieur
    Merci de votre bel article, qui est même un commentaire exhaustif ! Il m’a beaucoup touché par sa précision et son tact si rare.
    Bien à vous
    JY Tadié

    …

     Et le « mot de réponse » de Jean Clair :

    …

    De :   Jean Clair

    Objet : Rép : Article sur « Le Chat-huant et la tourterelle » sur le site de la librairie Mollat
    Date : 23 avril 2009 10:25:35 HAEC
    À :   Titus Curiosus

    …

    Cher Monsieur,
    Je vous ai lu avec le plus vif intérêt _ et même un peu de confusion, car je ne pensais pas que mes petits écrits de fortune puissent être l’objet de pareilles exégèses !
    Permettez-moi de vous remercier, du fond du cœur. Une telle assonance est rare.

    Dans l’attente du plaisir de faire votre connaissance, peut-être .
    Jean Clair
    …
    Tous les deux s’étonnent, semble-t-il, de la « rareté » de la « précision » et de l’ »exhaustivité »
    de telles lectures de leurs livres…

    …
    L’un parle de « tact » ; l’autre d’ »assonance« …
    …
    A relier avec un mot d’esprit, a contrario, à propos des producteurs de films

    aujourd’hui et autrefois,
    lu sur le site du Nouvel Observateur (en ce moment même du Festival de Cannes) :

    …

    « Spécial Cannes : le navet en librairie, la courge à l’écran

    …

    Autrefois, les producteurs de cinéma dévoraient des livres.
    Aujourd’hui, comme les lapins attirés par la lumière des phares, ils se jettent sur les listes des meilleures ventes…
     »

    …

    C’est effrayant !!!
    …
    Parfois, je me demande à qui je cherche donc à m’adresser

    _ tant dans ce blog,
    que dans la vie (et aussi mon métier)…

    …
    A de tels interlocuteurs (tels que Jean-Yves Tadié et Jean Clair), sans doute : plus (= mieux !) « humains » que les autres !..
    Je dois être un incurable optimiste…

    …

    D’autant que de mon métier,

    j’initie ceux qui deviennent maintenant _ hic et nunc : « Hic Rhodus, hic saltus !« … _ adultes

    _ en ce passage (crucial !) de « mineur » à « majeur« , ainsi que le dit Kant en son indispensable « Qu’est-ce que les Lumières ? » _

    au « philosopher« …

    …

    Cf ici mon récent article du 14 mai : « Crétinisation versus “apprendre à vivre” : comment former, à l’école et ailleurs, à l’essentiel ?« …

    …

    Ce sont certes là des messages « personnels« , mais

    savoir

    _ et peut-être rendre (si peu que ce soit) « public » _

    qu’on est un peu lu et un peu compris (des « auteurs« ) comprenant, en ses « articles«  (plus longs, certes, que des « billets« ), les auteurs mêmes,

    fait du bien : à partager aussi…

    …

    Titus Curiosus, ce 23 mai 200

    …

    Post-scriptum :

    …

    Et encore cette (si belle) réponse d’Élie During, le 22 avril dernier, à mon article du 17 avril « Elégance et probité d’Elie During _ penseur du rythme _ en son questionnement “A quoi pense l’art contemporain ?” au CAPC de Bordeaux » à propos de sa belle conférence au CAPC de Bordeaux :

    …

    De :   Elie During

    Objet : Rép : Article sur ta conférence au CAPC du 7 avril
    Date : 22 avril 2009 22:13:28 HAEC
    À :   Titus Curiosus

    …

    cher Titus,
    avant de m’envoler vers les Amériques pour _ une affaire personnelle _, je voulais te remercier chaleureusement pour la manière dont tu as rendu compte de cette soirée-conférence, en y joignant le texte de Bing (quel titre étrange, quand on y songe !). J’ignore quelles œuvres de Tatiana Trouvé ont été montrées à Miami (j’aurais bien aimé y être…).

    …

    En tout cas tu as vraiment inventé un nouveau style du billet :

    c’est une écriture pleine de petites bifurcations, pleine de bricoles

    (j’apprends de Lévi-Strauss que ce mot désignait autrefois les embardées ou les changements de direction brusques de l’animal en mouvement) ;

    une écriture qui s’offre comme une annotation continue d’elle-même, ou plutôt un contrepoint (voilà, nous revenons à la musique) à d’autres voix : la mienne, mais aussi celles de tous les auteurs dont tu fais entendre l’écho au fil de ta plume…

    …

    amicalement,
    e

    …

    C’est magnifique !

    …

    Même si nous avons eu loisir de bavarder à loisir « à bâtons rompus » lors du repas convivial qui a suivi la conférence au CAPC…

  • Lieux communs (ou pas) romains (2) : temps, perception, oeuvre _ le cas exemplaire du « génie » de Goethe se dé-couvrant peu à peu en son (prolongé) séjour romain…

    Pour poursuivre ma réflexion d’hier, « Lieux communs (ou pas) romains : entre peinture et photographie au XIXème siècle « ,

    entamée à partir 1) de ma lecture du livre-catalogue de l’expo « Voir l’Italie et mourir » ; et 2) de l’article du Monde (sous la double signature de Michel Guerrin et Philippe Dagen) « L’Italie en peintures et en photographies : sujets communs, lieux communs » ;

    …

    et la mener un peu plus loin,

    en creusant si peu que ce soit autour des liens se tissant entre temps, perception et œuvre ;

    …

    et à partir de la remarque de cet article (de Michel Guerrin et Philippe Dagen, donc ; experts s’il en est…) autour de ce qui distingue une certaine approche photographique de l’attitude dominante et tentatrice du « cliché« , avec le fait le plus fréquent, sans doute, de succomber au « lieu commun » ;

    …

    attitude _ sinon « posture«  à adopter… _ présente souvent (le plus souvent, du moins…) dans un certain « pictorialisme » des peintres d’abord (avant, à leur suite, les photographes) ; quand ils ne « parviennent » pas vraiment, ni tout à fait, à un style _ et leur style ! _, du moins…

    …

    D’où les dégats endémiques de ce « pictorialisme« -là (des « clichés » dans les têtes !..) parmi les photographes aussi…

    …

    Mais je me souviens d’être parvenu à une remarque similaire lors de ma lecture _ patiente : elle prend, forcément, un certain temps ; surtout crayon (du passionné que je suis : de Rome, entre autres, et tout particulièrement !) en main :

    le « Journal » de « Voyage en Italie » prenant à Goethe lui-même un certain temps

    (soit plusieurs années : d’autant qu’avant de retourner séjourner longuement encore à Rome _ et c’est là, en ce re-tour, seulement, que son regard « devient » vraiment profond ! et perspicace ! après le bousculement pataud, pataugeant, balourd, toujours trop niais, de la première « dé-couverte » ; et la nécessité de l’ »acclimatation« … _, Goethe part visiter, un certain temps aussi, Naples) _ ;

    lors de ma lecture patiente (et crayon en main) du « Journal » de « Voyage en Italie » de Goethe :

    …

    Arrivé à Rome, Johann Wolgang von Goethe commence, effectivement

    _ tout « génie » qu’il est (ou plutôt « est capable d’être » :

    mais même le « génie » doit s’apprendre, en « se désembourbant » : des « clichés« , précisément ! : cf la magnifique formulation de Nietzsche en son « Prologue » d’ »Ainsi parlait Zarathoustra » : « Il faut encore porter du chaos en soi pour donner naissance à une étoile dansante«  !) _,

    …

    Goethe commence par « tomber » _ et « patauger » longtemps, même lui ! _ dans la plupart des « clichés » courant les rues (et les esprits plus encore !!!) sur Rome, en « touriste » (débarquant de la germanique Weimar) qu’il commence par être, lui aussi, à la rencontre

    _ pas encore assez « découverte«  (c’est-à-dire qui soit enfin assez dé-tachée des « clichés« ), justement… _

    des monuments un peu célèbres, déjà , ou depuis presque toujours _ Goethe est un grand lecteur (et des auteurs latins classiques, pour commencer) devant l’Eternel… _ ; et qui « encombrent » encore son regard…

    …

    Mais ce qui va aussi l’aider un peu _ si peu que ce soit : mais c’est le décisif en l’affaire ! _ à se dé-tacher (donc !!!) des « clichés« , et à enfin rencontrer, avec (enfin !) un peu plus de « fraîcheur » (d’artiste « vrai« ), Rome ;

    et pas seulement en la forme pré-formatée de ses plus (et trop) célèbres monuments : à « identifier« , tout d’abord (en « bon élève » qui se souvient « bien » de la « leçon » apprise auprès des premiers « maîtres« …) ; et « re-connaître«  : « ah ! c’est donc cela, le Panthéon ! » ; et ce que va permettre bientôt à grande échelle l’invention, puis la diffusion généralisée, auprès des « touristes », du « Baedeker » ;

    …

    c’est que Goethe aussi dessine

    (et se prépare sans doute même _ il l’écrit en son « Journal » ; avant, plus tard, d’y renoncer… _ à peindre ; en compagnie de plusieurs amis peintres séjournant longtemps, voire s’étant « installés« , à Rome et en la campagne romaine : la tentation d’ »installation » à Rome venant faire le siège aussi de Goethe)

    à Rome ;

    …

    qu’il va,

    à l’instar des glorieux _ et si beaux : quels dessins !!! _ exemples de Poussin, Claude (« Le Lorrain« ) et du Guaspre (Gaspard Dughet, « il Poussinetto » : le neveu même, et romain, lui, de Poussin),

    flaner _ et crayonner _ sur le « motif »,

    notamment dans la si proche (belle) campagne romaine _ par exemple du côté du Pont Milvius, sur le Tibre, et des prés autour de la fontaine de l’Acqua Acetosa ; ou du côté du vieux Pont, aussi, de la Via Nomentana sur l’Aniene ; ou sur le chemin, ombragé de pins, de Tivoli…

    …

    Bref, la perception « vraie » a besoin,

    soit de la contemplation d’un temps réellement calme, pacifié _ pour s’ôter les taies de l’œil obstruant la perspicacité du regard de celui qui passe _ ;

    soit de la bousculade de l’ »événement » « passant » et ne « repassant » pas _ ou la croisée bousculante de « Kairos » ! _,

    …

    ainsi que le remarquent (excellemment) Michel Guerrin et Philippe Dagen à propos des violences (mortelles : pour les hommes comme pour les bâtiments !) du « Risorgimento«  garibaldien :

    …

    à propos des photos _ magnifiques !!! _ des émeutes de Rome (en juillet 1849, par Stefano Lecchi, pages 264-265) ou de Palerme (en juin 1860, par Gustave Le Gray, pages 270 à 273), avec sinon cadavres, du moins ruines toutes fraîches…

    …

    Un livre décidément passionnant à « vraiment » regarder que ce « Voir l’Italie et mourir » !

    …
    Titus Curiosus, ce 23 mai 2009

  • Lieux communs (ou pas) romains : entre peinture et photographie au XIXème siècle

    Un petit dossier sur une partie d’Histoire du regard étranger sur Rome,

    au XIXème siècle, quand, dans les débuts de la photographie,

    les photographes viennent mettre leurs pas dans ceux des peintres

    et sur leurs « platebandes »…

    …

    D’abord, cet échange de courriels avec l’ami Plossu :

    …

    De :   Titus Curiosus

    Objet : « Photographie et peinture dans l’Italie du XIXème siécle »
    Date : 11 mai 2009 18:13:17 HAEC
    À :   Bernard Plossu

    Cc :   Michèle Cohen

    …

    « Photographie et peinture dans l’Italie du XIXème siécle » !
    …
    Il s’agit du catalogue d’une expo qui devrait vous intéresser
    , Bernard, Michèle, au Musée d’Orsay (jusqu’au 19 juillet 2009),
    dont le titre officiel,
    d’après un mot de Gœthe à propos de Naples (dans son « Journal » de « Voyage en Italie« )
    mais pas du meilleur goût,
    est « Voir l’Italie et mourir« 
    …
    …

    Passionnant pour certaines photos :
    …

    une (de Giorgio Sommer, pages 2-3) du quai de Messine avant le tremblement de terre ;
    d’autres _ superbes ! page 186 : le théâtre de Marcellus ! _ d’un nommé Robert Mac Pherson,
    très actif à Rome entre 1957 et 1871 ;

    comme ont pu l’être les frères Alinari à Florence ;
    et bien d’autres encore : à Venise, à Naples ; et ailleurs…
    …
    Sur la peinture,
    si l’œuvre du gallois Thomas Jones (un génie ! à découvrir !!!) est bien évoquée
    (pages 38-39),
    un choix beaucoup trop limité sur les peintres : Granet ou Fabre ne sont même pas mentionnés ;
    Jean-Antoine Constantin, juste évoqué
    (page 43)…
    …
    Le livre de l’expo (sur une idée d’Ulrich Pohlmann et de Guy Cogeval)
    est édité par Flammarion : « Voir l’Italie et mourir » ; et vaut 39 Euros…
    …
    Passionnant !
    …
    Titus

    …

    Ensuite, en réponse à un message d’invitation au vernissage de son expo lot-et-garonnaise :

    …

    De :   Bernard Plossu

    Objet : Re : « Photographie et peinture dans l’Italie du XIXème siécle »
    Date : 11 mai 2009 18:33:27 HAEC
    À :  Titus Curiosus

    …

    Merci du tuyau !

    …

    Je rentre de LUCCA, une merveille !

    et de Sovana, et de PITIGLIANO, superbe village, et de Carrara !
    …
    el B
    …
    Tu penses venir au vernissage de Musée de Gajac, jeudi 14 à 18h, à Villeneuve sur Lot ? Je sais que ce n’est pas à  coté…
    …
    l ‘expo est : les photos de « Avant l’âge de raison » et « Hirondelles andalouses« …
    …

    De :   Titus Curiosus

    Objet : Vernissage à Villeneuve/Lot demain à 18h + Lucca
    Date : 13 mai 2009 06:08:16 HAEC
    À :   Bernard Plossu

    …

    Je ne pourrai pas venir demain à Villeneuve/Lot
    (au vernissage du Musée de Gajac, à 18h),
    étant pris trop tard dans l’après-midi à mon travail.
    Je le regrette bien.

    …

    Pour le livre sur la photo en Italie au XIXème siècle,
    il est très intéressant ; même si un peu frustrant
    parce ce qu’il laisse deviner qui n’a pas été montré…

    Tu verras toi-même.
    Il y a sans doute des recherches à mener à partir de là…
    Par exemple, sur ce photographe Robert Mac Pherson à Rome…

    …
    Sur Lucca,
    il y a un excellent roman de Charles Morgan
    « Sparkenboke« 
    qui se passe à Lucques…
    je l’ai lu il y a longemps ;
    mais je me souviens encore des remparts de Lucques comme il en parlait…
    Il y a longtemps que je n’y suis passé… A re-découvrir, en effet !
    …
    Titus
    …

    Ensuite,

    sur cette expo parisienne,

    ce papier aujourd’hui dans Le Monde,

    avec quelques commentaires miens, au passage :

    …

    « L’Italie en peintures et en photographies : sujets communs, lieux communs« 

    LE MONDE | 22.05.09 | 17h32  •  Mis à jour le 22.05.09 | 17h32

    …

    Les relations entre peinture et photographie au XIXe siècle : sujet classique de réflexion en histoire de l’art _ classique et épineux. Sa difficulté se vérifie tout au long de l’exposition du Musée d’Orsay « Voir l’Italie et mourir« , qui centre la démonstration sur un seul pays et quelques « motifs » : les paysages italiens, les monuments et ruines, les populations, sont d’excellents « sujets » pour les praticiens du daguerréotype ou du tirage papier, comme pour ceux de l’huile sur toile _ cf mon article sur l’expo Granet de l’été 2008 au Musée Granet d’Aix-en-Provence : « François-Marius Granet, admirable tremblement du temps, Aix, Paris, Rome« …

    …

    Ajoutons les relevés et projets réalisés par des architectes français au cours du même siècle, présentés à quelques pas de l’exposition, et ce sont plusieurs centaines de pièces qui sont proposées. C’est considérable, peut-être trop. Et c’est logique, car l’Italie a été le principal séjour des artistes et savants européens aux XVIIIe et XIXe siècles. Combien de voyageurs érudits, collectionneurs plus ou moins scrupuleux, élèves des Beaux-Arts en quête de modèles et écrivains se sont-ils succédé à Rome, Florence et Venise ? Allemands, Anglais, Français, Nordiques, Russes : l’Europe se donnait rendez-vous sur les escaliers de la Trinité-des-Monts et devant la basilique Saint-Marc _ assurément ! pour le « grand tour«  d’avant les vrais débuts dans la vie (sérieuse)…

    …

    UN RAPPORT AU TEMPS DIFFÉRENT

    …

    Le résultat, qui privilégie donc les artistes étrangers aux Italiens, est un peu répétitif, plus à même de satisfaire un public de passionnés _ dont je suis pour ce qui concerne, pour commencer, Rome ! Les photographies dominent _ oui : et c’est tant mieux : pour des découvertes ; le champ de la peinture étant, lui, beaucoup mieux « balisé« … _, alors que les peintures semblent là pour ponctuer le parcours, donner un contrepoint coloré, inviter à comparer _ oui : trop de lacunes graves de ce côté-là…

    …

    Du peintre au photographe, la motivation est similaire _ pour le principal, en effet… Dès les années 1840, les premiers praticiens de la photographie se précipitent à leur tour à Rome, Pompéi, Sienne, partout en somme. L’inventaire photographique de l’Italie n’est qu’un épisode d’une « chronique » _ oui !!! _ qui a commencé à la Renaissance _ sinon plus tôt _ cf le journal de voyage de Pausanias dans la Grèce antique : « Description de la Grèce« …

    …

    L’exposition s’ouvre de façon emblématique sur des toiles magnifiques _ c’est très vrai !!! mais peu nombreuses (et déjà bien connues)… _ de Valenciennes, Jones et Corot. Dans la continuité, les portiques, pins, collines, bergères, tombeaux, le Colisée, les thermes de Caracalla sont photographiés selon des angles que les peintres connaissent depuis longtemps _ certes ! La composition _ oui ! _ ressemble de façon criante à celle des études à l’huile. Les mêmes stéréotypes _ oui ! le plus souvent ; mais pas toujours… _ s’imposent : l’église, la basilique, la brune mélancolique, le gueux héroïque, les feuilles d’acanthe des chapiteaux corinthiens, le marbre exalté par le soleil. Imperturbable, l’accrochage énumère les sujets communs _ dans tous les sens du terme.

    …

    Il y a des photos et des peintures remarquables _ oui ! _ dans « Voir l’Italie et mourir« . Mais que démontre leur rapprochement ? L’antériorité de la peinture sur la photo ? C’est un truisme. La similitude des « motifs » ? Il ne pourrait en être autrement. Il n’y a pas mille façons de regarder, à Rome, le château Saint-Ange depuis la rive opposée du Tibre.

    …

    En fait, et on l’avait constaté dans les rares expositions qui avaient déjà adopté ce principe, le rapprochement au mur de la peinture et de la photographie d’une église ou d’un paysage appauvrit plus qu’il n’enrichit. Parce qu’il incite à ne voir dans les œuvres que des « motifs », des « sujets », alors que l’essentiel est ailleurs _ voyons voir… _, du moins pour les œuvres d’importance, qui échappent au constat.

    …

    Prenons le rapport au temps. Ce qui fascine dans la photographie, c’est ce que le peintre n’a pas le temps de peindre _ tiens donc ! une contrainte féconde : et l’occasion fait alors le larron… C’est le cas pour des événements _ ponctuels ; éphémères… _ : l’éruption du Vésuve demi-heure par demi-heure (Giorgio Sommer), le bombardement de Rome en 1849 (Stefano Lecchi), les combats de Garibaldi et des siens à Palerme en 1860 (Le Gray). Mais c’est vrai aussi, et c’est plus intime, pour la silhouette furtive du touriste, les draps qui sèchent sur le Forum romain _ page 191 ! _, le regard du modèle costumé qui est las de poser en brigand d’opérette. C’est la peinture qu’il faut oublier, ici, pour saisir le sentiment _ sans doute ! _ de ces images.


    « Voir l’Italie et mourir« ,au Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion-d’Honneur, Paris-7e. RER Musée-d’Orsay. Tous les jours, de 9 h 30 à 18 heures ; jeudi jusqu’à 21 h 45 ; fermé le lundi. De 5,50 € à 8 €. Jusqu’au 19 juillet. Catalogue « Voir l’Italie et mourir« , textes collectifs, éd. Musée d’Orsay/Skira-Flammarion, 39 €….

     

    Philippe Dagen et Michel Guerrin

    …

    Article paru dans l’édition du 23.05.09

    …

    Je suis d’accord sur l’essentiel de l’article,

    comme l’indiquaient déjà mes rapides messages à Bernard Plossu…

    La photo permet parfois de nouveaux regards,

    qui ne soient pas des clichés !

    …

    Hein, Bernard ?!?

    …

    Titus Curiosus, ce 22 mai 2009

  • une merveille de délicatesse et profondeur musicale : les oeuvres pour flûte et musette (de Philidor, Hotteterre, Boismortier…) du CD « Le Berger poète », par (et sous la direction de) François Lazarevitch

    A écouter avec ravissement les Couperin _ Louis et François _, Charpentier et Rameau,

    et tout particulièrement dans une récente rafale de CDs étonnamment vivants et magnifiquement justes, tant de rendu de l’esprit que de soin de l’interprétation, par une nouvelle excellente (et extrêmement réjouissante, donc) génération de « baroqueux« 

    …

    _ cf mes articles de musique des 9 et 13 mai : « Trois nouvelles merveilles musicales, encore, de “style français”, en CD : des oeuvres de Gottlieb Muffat, Jean-Philippe Rameau et Gabriel Fauré »

    et « quand les musiciens aiment passionnément la musique : le cas de l’oeuvre de Rameau » ;

    …

    mais aussi, un peu plus lointainement ceux _ puisse l’énumération n’être pas trop décourageante !!! _ des 7 novembre 2008 : « Retour aux fondamentaux en musique : percevoir l’oeuvre du temps aussi dans l’oeuvrer de l’artiste » (sur les « Pièces de clavecin » de François Couperin et Jean-Philippe Rameau) ;

    26 décembre 2008 : « Un bouquet festif de musiques : de Ravel, Dall’Abaco, etc… » (et Berlioz, et Carl-Philipp-Emanuel Bach, etc…) ;

    12 janvier 2009 : « une merveilleuse “entrée” à la musique de goût français : un CD de “Sonates” de Jean-Marie Leclair, avec le violon de John Holloway » ;

    28 janvier 2009 : « Le charme intense de la musique de style français (suite) : avec des oeuvres de Marc-Antoine Charpentier et Georg-Philip Telemann » ;

    30 janvier 2009 : « Douceur (de la musique) française _ ou pas » (en comparant des œuvres de Carlo Graziani _ premier violoncelle dans l’orchestre de La Pouplinièire de 1747 à 1762 _ et Francesco-Maria Veracini) ;

    2 février 2009 : « Le “sublime” de Marc-Antoine Charpentier + la question du “déni à la musique”, en France » ;

    25 février 2009 : « La grâce (et l’intelligence) “Jaroussky” en un merveilleux récital de “Mélodies françaises”, de Jules Massenet à Reynaldo Hahn _ un hymne à la civilisation de la civilité » ;

    10 mars 2009 : « la poétique musicale du rêve des “Jardins sous la pluie”, voire “La Mer”, de Claude Debussy, sous le regard aigu de Jean-Yves Tadié » ;

    21 mars 2009 : « Musique et peinture en vrac _ partager enthousiasmes et passions, dans la nécessité et l’urgence d’une inspiration » (à propos de Rameau, Enescu, Martinů et Fasch : dans des oeuvres, toutes, d’esprit français !) ;

    11 avril 2009 : « “Vive Rameau !” : le “feu” du génie de Rameau en un jubilatoire CD Rameau (”Zoroastre” et “Zaïs”) par Ausonia et Frédérick Haas » ;

    et encore du 18 avril : « Du sublime dans la musique baroque française : le merveilleux “vivier” Marc-Antoine Charpentier…« … _,

    …

    j’aurais pu penser que j’avais « cueilli » la « crème » du meilleur du « Baroque français« …

    …

    Et pourtant je viens de tomber sous le charme intensément fruité, très puissant en même temps qu’infiniment doux et souple

    (et d’une simplissime « évidence » musicale ! bravo !!!),

    d’un CD titré « Le Berger poète » (CD Alpha 148 : « Suites et Sonates pour flûte & musette« ), par Les Musiciens de Saint-Julien, que dirige, de la flûte traversière et de la musette, le très talentueux et merveilleusement inspiré François Lazarevitch ;

    …

    l’article qui vient

    venant comme prendre une place de choix au sein de cette série d’articles sur de très beaux CDs de musique de « goût », plus encore que de « style« , si je puis dire, « français« …

    …

    Et avant que de citer quelques extraits du très remarquablement éloquent « argumentaire » que donne, en avant de chacun des disques des « Musiciens de Saint-Julien« , son ensemble, François Lazarevitch

    _ qui n’a rien d’un vulgaire « musiqueur » distributeur de tonneaux de musique comme d’autres de bière : au baril et à l’hectolitre… _,

    …

    il me faut dire d’abord la qualité du plaisir à écouter un programme aussi magnifiquement « choisi » que parfaitement élégamment, et avec « vie« , « donné«  par les interprètes-instrumentistes des « Musiciens de Saint-Julien« , entourant et donnant la répartie à François Lazarevitch à la flûte traversière et à la musette

    …

    _ le « portail » du CD Alpha 148 donnant à bien contempler (à loisir !) en gros-plan le somptueux « détail » de la musette du « Portrait du Président Gaspard de Gueidan (1688 – 1767) en joueur de musette« , de 1735, un somptueux lui-même tableau du merveilleux Hyacinthe Rigaud

    (1659 – 1743 _ un peintre  véritablement majeur du « premier XVIIIème siècle« … : une exposition « Hyacinthe Rigaud intime » va se tenir très prochainement au musée des Beaux-Arts Hyacinthe Rigaud de Perpignan, du 23 juin au 30 septembre 2009),

    visible (j’ai pu l’y contempler l’été dernier) au spendide Musée Granet d’Aix-en-Provence,

    qu’analyse, avec son brio de « feu d’artifices » coutumier, mon ami de Québec Denis Grenier _,

    …

    et interprètes-instrumentistes que je veux citer :

    Alexis Kossenko et Philippe Allain-Dupré (ami lui aussi) à la flûte traversière, tous deux ; Matthias Loibner, à la vielle à roue ; Lucas Guimaraes Peres, à la basse de viole ; André Henrich, au théorbe, au luth et à la guitare ; et Stéphane Fuget au clavecin.

    …

    On peut assez rarement écouter une musique aussi parfaitement vivante et « vraie« , je veux dire aussi poétiquement juste et tendre, en la moindre des nuances d’un phrasé aussi délicatement fin et lumineux des musiciens.

    …

    Pour (un peu) entrer en la compréhension du « secret » de pareille réussite,

    et avant que Jean-Christophe Maillard, le maître bien connu de la musette (auprès duquel François Lazarevitch a appris cet instrument), ne détaille très compétamment le programme du concert si royalement « choisi » de ce si heureux enregistrement, aux pages 16 à 23 du livret du CD,

    …

    voici quelques extraits bien éloquents de l’argumentaire vif et rapide (en à peine deux pages du livret) de François Lazarevitch,

    sous le titre « Le Berger poète« .

    …

    D’abord, autour des répertoires de la flûte traversière et de la musette

    _ « instruments au rayonnement extraordinaire tout au long de la première moitié du XVIIIème siècle« , dit d’entrée François Lazarevitch en sa présentation, page 12 _

    sous la Régence et le premier Louis XV

    (= entre 1715 et 1740 :

    Louis XV n’a pas encore vraiment entamé, alors, la « ronde« , éclatante, à la Cour de ses brillantes maîtresses ; des sœurs de Mailly-Nesles, la première à paraître officiellement en cet « office« , fut l’aînée, Louise-Julie, comtesse de Mailly, en 1737, seulement… ; la Pompadour n’apparaissant, elle, Jeanne Bécu, qu’en 1745 seulement…),

    …

    ce programme du « Berger poète » « n’évoque en rien l’univers pastoral » effectif (champêtre)… :

    …

    « ainsi même la sonate pour musette extraite du fameux « Pastor Fido » publié par Nicolas Chédeville sous le nom _ usurpé ! _ d’Antonio Vivaldi est intrinsèquement une admirable pièce de virtuosité _ très éloignée du « champêtre » rural !.. _ dans le plus pur style d’une « sonata da chiesa » pour violon« , page 12 toujours…

    …

    C’est que ces instruments « sont attachés » tout symboliquement « à l’image«  _ « de cour« , héritée, via « L’Astrée » d’Honoré d’Urfé et les cours (ainsi qu’« Académies« …) italiennes (ultra raffinées) de la Renaissance, des Grecs et des Romains de l’Antiquité… _ du berger aussi ancienne qu’indélébile.

    …

    Avec cette symbolique forte, importante et particulièrement touchante qui s’attache alors à l’image du berger : ne craignant ni l’isolement ni le silence, la tête tournée vers le ciel, le berger médite sur les beautés de la nature dont il est partie intégrante. Par ses relations privilégiées avec la Nature, sa vie entière avec le mystère de la Création n’est que poésie. Toujours marchant, il est un homme libre, guidant son troupeau en huchant« …

    …

    Cf aussi le fait que « dans la tradition chrétienne, David est un berger ; et Jésus, le Bon Pasteur, né dans une étable, entouré de bergers, est la lumière et le guide de son troupeau« …

    …

    D’autre part, « la musique de Jacques Hotteterre et de ses contemporains est essentiellement française dans l’esprit :

    le rondeau de la « sarabande«  de Pierre Danican Philidor,

    « Le Rossignol en amour » de François Couperin,

    tout comme le « menuet«  ou la « gavotte«  de Jacques Hotteterre

    …des harmonies toujours en suspension,

    des mélodies simples et suaves, finement ornées,

    dont l’épanchement ne va jamais sans retenue.

    …

    Semblant ne vouloir jamais s’imposer _ mais seulement aimablement se proposer… _,

    cette musique _ confie avec beaucoup d’émotion François Lazarevitch page 13 _ me touche délicatement et profondément _ oui ! ces deux caractères sont proprement essentiels ! _,

    comme j’espère qu’elle touchera l’auditeur _ oui, tout autant, à la suite des interprètes !

    …
    Et le chef d’assurer, page 13 du livret :

    « Enfin, le « Berger poète«  symbolise ce que je cherche en musique :

    …

    tenter toujours de tourner le dos à l’effet _ vide _,

    et trouver la vérité simple _ elle est à conquérir _ du son qui n’a pas besoin de se grimer,

    le franc-parler et le naturel de l’articulation _ du phrasé musical _,

    la conscience de la hiérarchie subtile _ à l’infini ; certes _ des notes permettant une clarté de discours et une ornementation improvisée _ libre et vraie ! _ qui fasse sens

    _ le principal est dit ici…

    …

    Une liberté fondée sur une conscience du tempo qu’il faut aiguiser _ oui, au doux fil du tranchant de la « lame«  de chaque instrument… _  jour après jour.

    …

    Chercher ce que peut être « le vray poids »

    _ l’expression est empruntée au grand Georg Muffat, en sa « Préface » au « Florilegium II » de 1698 : « Premières Observations sur la manière de jouer les airs de Ballets à la Française« … _

    de chaque temps musical ;

    et essayer de comprendre toujours mieux _ l’impossible « miracle«  de la « balance« … _ où donner de la liberté et où être ferme »…

    …
    Le livret du même François Lazarevitch à son précédent CD « A l’Ombre d’un ormeau _ brunettes  & contredanses« , des Musiciens de Saint-Julien, CD Alpha 115,

    précise lumineusement ces données et clés d’interprétation d’une musique si délicatement raffinée et tellement poétiquement touchante, dans le si parfait « naturel«  de sa si claire « simplicité«  :

    …
    « Il n’y a nulle si bonne et désirable finesse

    que la simplicité« ,

    reprend-il, page 14 de ce livret-là, de François de Sales.

    …

    Avec ce commentaire-ci, assez éclairant :

    « La simplicité n’est pas la facilité, loin de là _ on veut bien le croire, d’expert ! _ ;

    et ce naturel qui lui est attaché demande un profond et patient travail«  _ délicatement tenu bien discret, avec la plus exquise politesse, de l’évidence de l’auditeur…

    …

    Et « une part importante du paysage musical français du XVIIIème siècle » _ en effet _, « jusqu’ici », « n’a que très peu retenu l’attention.

    …

    C’est qu’il est fragile et discret !

    En lui, pas de tours de force, pas de paillettes, pas d’éclat _ qui époustoufle et tétanise.

    Juste _ et voici l’essentiel ! _ un peu de charme, de la légèreté et de la naïveté _ toute de douceur _ ;

    l’esprit français de toujours, en somme« , page 14 : c’est magnifiquement résumé là !

    …

    Vient alors une excellente explication des sources vives de ce travail :

    « la chanson et la danse _ jamais très loin de la musique française, en effet _ ont en commun de ne pouvoir tolérer le complexe, le « travaillé »…

    Leur fonction même impose _ certes ! _ la simplicité.

    Mais si leur difficulté est invisible, elle est surtout bien réelle ;

    et c’est pour cela que ces mélodies _ objet propre de ce CD Alpha 115 « A l’Ombre d’un ormeau _ brunettes  & contredanses » !.. _ ont aussi été un important vecteur pédagogique dans la formation _ même _ du goût musical« , toujours page 14.

    …

    « Les petits airs sont le lieu privilégié _ précise, alors, d’expert, François Lazarevitch _ pour l’assimilation _ pédagogique musicale _ de l’articulation et du langage des petites notes d’agrément et des doubles élaborés » _ « le double est une variation du couplet d’un air ; cette pratique étant une part essentielle de l’art du goût du chant des XVII & XVIIIémes siècles« , vient préciser alors une note de bas de page…

    …

    « Quant aux danses, aucun précepte, aucune recette ne résumera jamais _ certes : le travail est infini… _ ce qui permet de créer l’impression _ décisive _ de mouvement ;

    comment « marquer (…) si bien les mouvemens de la danse (…) qu’on se sent comme inspirer même malgré soy l’envie _ aux autres _ de danser »… _ indiquait ce même Georg Muffat toujours en sa même importante « Préface » au « Florilegium II » de 1698 : « Premières Observations sur la manière de jouer les airs de Ballets à la Française« …

    …

    C’est en vivant le bal _ oui ! _ et en recherchant cette indicible sensation de communion dans le mouvement avec les danseurs _ oui… _ que l’on y parvient peu à peu« , indique, avec force encouragement, François Lazarevitch, page 15.

    …
    « D’un côté, la beauté de la danse repose _ oui _ sur la cadence, liée à la rigueur absolue _ certes _ du tempo ;

    et de l’autre, le charme des petits airs dépend de la liberté prise souplement _ un terme décisivement crucial _ avec la mesure.

    …

    Et cette rigueur et cette souplesse sont les deux axes _ oxymoriquement conjoints ! _ qui mènent à la maîtrise _ non purement technique seulement : jamais simplement « carrément«  mécanique _ du temps et du phrasé, travail de toute une vie ».., commente ô combien justement ! François Lazarevitch, page 15.

    …
    De cette musique :

    il s’agit de « dépasser le graphique (des notations si « bizarres » _ à la première lecture, au premier « déchiffrage« , de la partition… _) et de tenter de lui donner sens _ vivant ! et vrai ! _ afin de le rendre compréhensible et intéressant _ et même bien davantage : délectable ! _ tant pour l’exécutant que pour l’auditeur », page 15.

    …
    « Depuis lors
    _ il s’agit des commencements de sa formation musicale auprès d’un de ses premiers « maîtres«  de musique : Daniel Brebbia (avec Pierre Boragno ; et Philippe Allain-Dupré ; et Jean-Christophe Maillard ; et d’autres encore…) _,

    ce répertoire n’a jamais quitté mon esprit ;

    …

    et j’aimerais toujours me laisser toucher _ sans ankylose _ par le doux esprit de sa poésie

    et la beauté sobre de ses mélodies,

    …

    antidote aux violences contemporaines », ajoutait encore François Lazarevitch ;

    …

    qui concluait alors :

    « Le travail est là ;

    alors continuons…« 

    …

    En effet… 

    …

    Un disque merveilleux de grâce et poésie musicales

    que ce CD « Le Berger poète : Suites et Sonates pour flûte & musette« , par François Lazarevitch et Les Musiciens de Saint-Julien,

    le CD Alpha 148, à paraître très prochainement…

    …

    Titus Curiosus, le 21 mai 2009