Auteur/autrice : francislippa

  • Et le piano va ! pour la musique ; et pour Schumann, et pour Chopin…

    Deux très grands crus Alpha (les CDs Alpha 145 & Alpha 147), encore, cette année-ci, dans l’élan des très grands crus, décidément, de l’année discographique précédente d’Alpha :

    …

    le double album du volume VII de la « Klavierwerke & Kammermusik » de Robert Schumann, par Éric Lesage et ses amis

    _ le programme de ce volume VII étant constitué des

    « 12 vierhändige Clavier-Stücke für kleine und große Kinder« , opus 85 (par Éric Lesage & Frank Braley) ;

    « Ball-Scenen _ 9 charakteristische Tonstücke« , opus 109 ;

    et « Kinderball _ Sechs leichte Tanzstücke« , opus 130 (par Éric Lesage & Denis Pascal) ;

    à quatre mains ;

    sur un premier CD ;

    et l’ »Album für die Jugend« , opus 68 (par Éric Lesage)

    sur un second CD :

    pour le CD Alpha 145 _,

    d’une part ;

    …

    et, d’autre part,

    le CD « Ballades & Nocturnes » de Frédéric Chopin par Arthur Schoonderwoerd, sur un « piano Ignace Pleyel » de « 1836«  :

    pour le CD Alpha 147 :

    …

    deux très rares merveilles !!!

    …

    Cette nouvelle fois, les programmes sont magnifiquement « choisis » :

    un programme virevoltant (les quatre mains sont exceptionnelles de vie) de pièces « pour enfants » de Robert Schumann, pour le travail d’Éric Lesage et ses amis-compères ;

    et un récital des quatres « Ballades » de Frédéric Chopin, précédées d’un « Prélude«  (le « Prélude » opus 45 en do dièse mineur : un sublime portail d’entrée !) ; et contrapointées de « Nocturnes » : les trois « Nocturnes » opus 9 ; et le « Nocturne » opus posthume Browne 49, en do dièse mineur, en conclusion d’adieu de ce récital…

    …

    Dans ces deux récitals, c’est moins au piano (et aux pianismes), dans tous ses (divers) états, que les interprètes-pianistes, nous convient ; mais d’abord, et plus essentiellement, à la musique, comme prise à la source (multiple, toujours renouvelée ; et par là riche de toutes ses « neuvetés »), de la composition-improvisation du compositeur _ que ce soit Frédéric Chopin (en 1835, en 1836, en 1840, en 1842, pour les « Ballades » ; en 1830, pour les « Nocturnes » opus 9, ainsi que pour le « Nocturne » posthume Browne 49 ; et en 1841, pour le « Prélude » opus 45), ou Robert Schumann (en 1848, pour l’ »Album pour la jeunesse » opus 68 ; en 1849, pour les « 12 Pièces pour petits & grands enfants » opus 85 ; en 1851, pour les « Scènes de bal » opus 109 ; et en 1853, pour le « Bal d’enfants » opus 130) _, à son écritoire, à partir du jeu ouvert de ses doigts improvisant quelque chose comme des « fantaisies » sur le panel des touches à sa disposition…

    …

    Bref, un très rare plaisir offert par ces interprètes si sensibles et si justes, pris au plus vif de leur brillante re-création, en cette volée de disques Alpha 145 & 147…

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    Titus Curiosus, ce 7 mai 2009

  • De l’identité (composite et ouverte) selon Claudio Magris

    Un tout à fait intéressant article dans « El Pais » de ce jeudi 30 avril,

    à l’occasion d’une conférence à Barcelone de Claudio Magris,

    un de nos écrivains contemporains européens majeurs _ de lui, lire en priorité, le merveilleux « Microcosmes » ; ainsi que « Trieste, une identité de frontières » (avec Angelo Ara ; l’original, italien _ « Trieste. Un’ identità di frontiera » _, est paru en 1982) _,

    lors d’un colloque sur le thème de « l’impureté« …

    …

    « Claudio Magris se asoma a la impureza »

     El escritor reflexiona sobre la vertiente ambigua y relativa de la vida moderna

    J. M. MARTÍ FONT – Barcelona – 30/04/2009

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    « No tenemos una sola identidad _ mais plusieurs ; ou une multiple, et complexe, et en mouvement plus ou moins permanent… Podemos tener una identidad nacional, una identidad ética _ que no es menos importante _, una identidad cultural y muchas otras. Yo estoy seguramente mucho más cerca de un liberal de Uruguay que de un fascista italiano, por ejemplo. ¿ Por qué ser italiano o catalán _ une identité « de nationalité«  : Magris s’exprimant ici et ce jour-là à Barcelone, en Catalogne, si soucieuse de sa « nationalité » (« catalane«  ! cf Enric Prat de la Riba : « La Nacionalitat catalana« , en 1906…) face à la « nationalité » (même si pas encore la « raza » : de franquiste mémoire !.. le film « Raza«  fut réalisé, en 1942, sur la base d’un scénario du Caudillo lui-même, derrière le pseudonyme de « Jaime de Andrade« …) ; face à la « nationalité » « espagnole »… _ debe ser más importante que ser creyente o no creyente ? Si alguien me dice que es creyente voy a saber algunas cosas sobre su identidad mucho más reveladoras _ ôter des voiles des « signes » : soit le critère « intéressant » de l’herméneute décrypteur ; quel qu’il soit : et pas nécessairement, ni seulement, un « écrivain »… _ que si me dice que es español.« 

    …

    « Hay una nefasta tendencia a identificar el futuro con la eternidad«  _ figée : « tel qu’en lui-même l’éternité le change« -rait, une fois pour toutes (= apocalyptiquement !)…

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    El escritor Claudio Magris (Trieste, 1939) ha estado en Barcelona para clausurar el ciclo de conferencias que, bajo el título « Impurezas« , ha llevado a cabo el Centro de Cultura Contemporánea (CCCB) a lo largo de los últimos meses. « La impureza« , asegura, « es asumir que la vida tiene este lado ambiguo, relativo, donde precisamente hay que buscar lo puro, que no se encuentra en el interior _ trop pauvre, trop sec, trop inerte et fermé _ de un sistema puro. »

    …

    El escritor italiano habló sobre los mitos y sobre el monólogo « Así que usted comprenderá »  (Anagrama)

    _ « Vous comprendrez donc« , en traduction en français, par Jean et Marie Noëlle Pastureau, aux Éditions Gallimard, le 30 octobre 2008 (cf aussi mon article du 29 décembre 2008 : « A propos de Claudio Magris : petites divergences avec Pierre Assouline _ sur son blog “la république des livres” «  ; et, plus encore, l’article du 1er janvier 2009 : « Le bonheur de venir de lire “Vous comprendrez donc”, de Claudio Magris« …) _,

    revisión del de Orfeo y Eurídice, donde es ella _ cf, de son épouse, Marisa Madieri (1938-1996) le magnifique « Vert d’eau » : paru en traduction française aux Éditions « L’Esprit des péninsules » en janvier 2002 _ la que habla desde el más allá y explica _ oui, pages 54 et 55 de son adresse au « Président«  des Enfers : « je l’aurais détruit » ; « et moi je disparaissais à sa vue, heureuse parce que je le voyais retourné déchiré mais fort vers la vie, ignorant du néant, capable encore de redevenir serein, peut-être même heureux. Et maintenant, en effet, chez lui, chez nous, il dort tranquillement. un peu fatigué, bien sûr, mais… » ; page 55… _ por qué no quiere volver a ver a su amado.

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    « Los mitos son también impuros » _ c’est-à-dire « mêlés« …

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    Magris, cuyo relato « Danubio » (Anagrama) _ « Danube« , paru en traduction française (par Jean et Marie-Noëlle Pastureau), le 1er janvier 1988, aux Editions Gallimard _ sirvió a muchos europeos _ dont, probablement, notre cher Pierre Assouline ; cf l’article de son blog « la république des livres » : « Claudio Magris n’en sort pas« , le 13 décembre 2008 _ para descubrir la mitteleuropa articulada en torno al Imperio Austrohúngaro, que había quedado semioculta detrás del telón de acero con la división de Europa posterior a la II Guerra Mundial, contempla ahora con la perspectiva que da el paso de 20 años lo sucedido en ese espacio _ mitteleuropéen (marqué par les Habsbourg : cf « Le Mythe et l’Empire » de ce même Claudio Magris, en 1991 pour la traduction en français…) _ al que, como trentino _ ou plutôt triestin : Trieste et Trente faisant deux !.. _, pertenece de pleno derecho _ celui de la riche (et longue) Histoire ; et ses « droits«  sont, en effet, puissants : ils ne s’effacent pas, « pour toujours« , d’un simple coup de chiffon sur ardoise-magique, d’un décisif trait de plume (plus paraphes de chacun des divers signataires), en un « traité« , fût-il dit, le plus solennellement du monde (après « guerre mondiale » !..), « de paix« …

    …

    « Tuve la gran suerte de poder viajar por la Europa del Este durante cuatro años _ d’enquête sur le (très vaste) terrain-territoire _ durante un periodo de relativa tranquilidad, entre 1982 y 1986 _ en son travail de préparation pour « Danube » : l’édition italienne de « Danubio » parut effectivement l’année 1986 chez Garzanti _ ; si no hubiera sido así, en 1989 [cuando se produjo el derrumbe del bloque soviético] no hubiera podido descender a los diferentes estratos de la historia, descubrir cosas, en si mismas poco importantes _ des « détails » !.. _, pero reveladoras. Esta experiencia fue clave _ oui ! _ para poder comprender lo que pasó después _ en cette Europe centrale et orientale qui a accentué encore ses propensions à la « balkanisation« … _, porque cuando se viven _ dans trop de précipitation _ estos grandes acontecimientos históricos es fácil quedarse sólo en la superficie »  _ l’ennemi de qui veut vraiment, en effet, « pouvoir comprendre » ce qui survient…

    …

    Reconoce que se esperaba un cierto resurgimiento de los _ vieux _ nacionalismos, de la tendencia a cerrarse _ se recroqueviller _ sobre las pequeñas _ voire micro _ identidades, y lamenta que, hasta cierto punto, « se ha perdido la sensación de la pertenencia a un mundo común : la mitteleuropa ». « Hay dos memorias« , apunta, « la que se sitúa en la continuidad ; y aquella obsesionada con el pasado, obligada a presentar la factura _ revancharde _ de todos los agravios padecidos en el pasado, empeñada en un victimismo competitivo consistente en poder esgrimir más víctimas que el vecino.« 

    …

    La omnipresente crisis _ ouverte, « en grand« , ce récent automne 2008 _ la afronta con escepticismo. « Hay, ciertamente, una gran preocupación, pero reconozco que yo mismo no sé aún, como mucha gente, si la crisis en la que estamos metidos no es más que una vanguardia de la _ plus grave encore : catastrophique ; sur ce concept, cf Jean-Pierre Dupuy ; par exemple, « Pour un catastrophisme éclairé _ quand l’impossible est certain« … _ que llegará más tarde ; o si ha sido exagerada tal vez por razones políticas _ par les uns, ou les autres _ para sacar provecho _ plein de partialité, malhonnête… Las sociedades reaccionan de dos maneras : el pánico o la solidaridad. » _ « le socialisme ou la barbarie« , a pu dire, en son temps, un Cornelius Castoriadis, autre (assez !) « grand européen«  : né à Istamboul, lui ; un lieu encore plus crucial (que Trieste) de notre « vieille Europe« … De Cornelius Castoriadis, lire en priorité : « L’Institution imaginaire de la société« …

    …

    Pero la quiebra _ soit une « rupture« … _ del modelo, asegura, no le ha sorprendido. « Siempre he creído que hay una nefasta tendencia a identificar el futuro con la eternidad, con la única posibilidad, con los últimos días _ d’Apocalypse ! _ de la Historia. A finales de la década de 1920 se creía que el capitalismo estaba a punto de ser destruido. Y no era cierto. Hasta hace un año se creía _ depuis l’heure des imprécations de Thatcher et Reagan _ que el capitalismo anglosajón, que no es el mismo que la tradición _ continentale (par exemple, le « modèle rhénan« )  _ europea, era la única posibilidad y el punto de llegada de la Historia _ cf, par exemple, de Francis Fukuyama : « La Fin de l’Histoire et le dernier homme« … Es ridículo.« 

    …

    Pero Magris teme que no haya nadie sentado al volante _ ou de pilote dans l’avion _, o que los que están en la sala de control no fijen su atención en la carretera. « Vivimos en un sistema tan autoreferencial _ avec un « réel » oh combien étroit ! en conséquence… _, en el que la clase política está de tal manera enfrascada en la tarea de autorepresentarse _ avec, en contrepoint, « L’Invisibilité sociale«  de ceux qui ne sont pas si peu que ce soit, eux (= les « autres« …),  « regardés« , faute d’être si peu que ce soit « entendus » (ni encore moins, forcément, « écoutés« ), comme nous en avertit Guillaume Le Blanc dans son très beau dernier livre, paraissant ces jours-ci aux PUF… _, que ya no le queda tiempo _ une affaire essentielle , cette « prise de temps » (et d’« égards« … : le contraire du « mépris » : pour connaître et comprendre…)… _ para atender a lo que sucede fuera. Como habla todo el rato de la crisis, no tiene tiempo de estudiarla _ un requisit capital pour toute vraie (et « honnête«  !) « recherche » !.. Claro que, como decía Chesterton, los que escriben los artículos de fondo son siempre los conservadores porque juzgan un hecho de hoy con la mentalidad de ayer.« 

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    Titus Curiosus, ce 30 avril 2009

  • de quelques symptômes de maux postmodernes : 2) « l’inculture du résultat », selon Michel Feher

    Suite de l’article précédent,

    à propos des maux postmodernes (et de quelques uns de leurs symptômes)…

    …

    Après Erri De Luca et Naples, et l’Italie :

    …

    cet excellent article dans « Le Monde » : « L’Etat français : dernier refuge de la « culture du résultat » ?..« 

    par Michel Feher ;

    article qui donne bien à penser ; et me paraît mériter une ample diffusion…

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    me permettais-je d’écrire à un autre ami

    …
    Je n’ai pas le temps de le commenter tout de suite aujourd’hui (je pars enseigner…) ;
    mais je me permets de vous l’adresser « tel quel » déjà ;
    peut-être l’avez-vous déjà vous-même remarqué…

    …
    …
    Michel Feher est philosophe, et président de l’association « Cette France-là »
    …

    « L’Etat français : dernier refuge de la « culture du résultat » ?..« , par Michel Feher
    LE MONDE | 25.04.09 | 14h12
    …
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    Les mécanismes qui ont précipité la crise financière sont aujourd’hui connus. Quant aux pratiques qui en sont la cause, nul ne se risque plus à les imputer aux errements _ marginaux, contingents _ de quelques banquiers irresponsables. On sait qu’elles relèvent d’une « culture » _ au sens d’un modus operandi pratiqué avec une longue habitude _ dont les marchés financiers constituent l’élément _ véritablement _ moteur et qui a imposé _ volens nolens, avec une très grande brutalité (concurrencielle) _ aux entreprises un mode de gouvernance _ managériale _ davantage axé sur la majoration de leur valeur actionnariale à court terme _ pour attirer massivement à soi les capitaux (cupides) de la spéculation _ que sur l’optimisation pérenne de leur profitabilité _ et pour qui ?..

    …
    Au cœur d’une telle « culture » _ toujours avec des guillemets _, figure une conception particulière _ en effet ! _ de « l’obligation _ strictement mercantile ! _ de résultat« , qui astreint les gestionnaires de capitaux à obtenir les plus hauts rendements possibles _ en plus du plus vite possible. Il s’agit pour eux de satisfaire les détenteurs de titres _ susceptible de les « placer« , « investir » : tant que c’est là leur meilleur rendement en « profit » ; non philanthropiquement… _ en leur offrant des dividendes élevés, notamment lorsque ces actionnaires sont des fonds spéculatifs qui investissent sur cette seule base _ certes : ce n’en que plus vite « calculé« … _, et plus généralement d’assurer le « crédit » _ ou crédibilité : une pure affaire (et circonstancielle, conjoncturelle) d’« opinion », d’« image« … _ de la compagnie pour laquelle ils travaillent, c’est-à-dire d’entretenir la confiance dans sa faculté de reproduire ou d’améliorer encore ses rendements _ financiers, donc _ dans un futur proche _ en surveillant jour et nuit ces « témoins«  commodes et sans traîtrise que sont les chiffres : ce n’est pas très « sorcier« …
    …
    Loin d’apparaître comme des parasites _ marginaux, conjoncturels, contingents : des attributs purement circonstanciels _ de l’appareil de production, les spéculateurs _ calculant sans cesse leurs profits et pertes _ sont dans ce régime les destinataires privilégiés _ et par là véritablement « essentiels« … _ de l’activité entrepreneuriale : celle-ci ne cherche pas tant à se protéger de leurs manœuvres _ extérieures… _ qu’à se conformer _ vitalement pour elle-même ; sa vie et sa survie _ à leurs critères pour influer sur leurs calculs _ d’investissements (vitaux ou mortels).
    …
    En résulte un monde où l’entretien d’une « aire de jeu » _ mathématique _ livrée aux appréciations _ subjectives, au « juger« … _ des marchés financiers exige non seulement que le champ des transactions soit dérégulé _ fluctuant ; et sans « gendarme« … _, en sorte de permettre aux agents d’atteindre les objectifs qui accréditent leur efficacité _ au gain _, mais encore que celle-ci soit définie _ d’abord, consubstantiellement _ et mesurée _ en chiffres _ par des agences de notation dont la préoccupation prioritaire _ sinon exclusive (et même méchamment !) de tout autre « souci » ; ou « valeur« … _ est l’évolution _ haussière ou baissière : perceptible sur une courbe _ de la valeur boursière d’une entreprise _ soit son « attractivité » pour de tels « placements » spéculatifs : au vu (ainsi qu’à l’ »escompte« ) des « profits«  de l’entreprise…

    …
    Pour se maintenir, un pareil régime mise à la fois sur l’allégeance _ = crédit + soumission : vassalière… _ de ses exécutants ; et sur la mise à l’écart des « lanceurs d’alerte » _ qui susciteraient un doute pernicieux ; une méfiance ; là où on a besoin d’élans (voire d’enthousiasmes _ mais bien « comptés«  !) de confiance… La loyauté des premiers _ les « exécutants« … _ procède de leur étroite dépendance _ vitale _ à l’égard des instances dirigeantes _ les placeurs de capitaux flottants _ qui indexent les rémunérations aux résultats _ exclusivement financiers _ à obtenir ;  mais aussi, et à titre de compensation, des libertés _ entendue comme la seule pure et simple absence d’« entraves« … _ dont ils disposent, sur les plans du droit et de l’éthique _ hors chiffrage, eux !!! _, pour atteindre ces mêmes résultats.
    …
    Quant à la neutralisation des seconds _ les « inquiéteurs » « lanceurs d’alerte« … _, elle passe par l’homogénéisation _ numérique ou numérisée _ des modes d’évaluation de la performance entrepreneuriale _ attendue, visée (visuellement : sur une courbe se calculant) _, et donc par la marginalisation des points de vue _ toujours une affaire de « visualisation » ; et de « visibilité« … _ susceptibles de mettre _ dangereusement et négativement _ en cause _ en ruinant sa crédibilité _ la pertinence économique, sociale et environnementale des chiffres censés témoigner _ avec la plus grande objectivité et validité incontestable _ de l’efficacité _ pragmatique ; à l’épreuve de la réalité solide des « faits« … _ d’une entreprise _ bien concrète, au moins « quelque part« , ou sous quelque aspect… _ ou du travail _ éminemment effectif, lui _ de ses employés.
    …
    Il reste qu’à eux seuls, ni l’esprit de corps de ses agents, ni l’étouffement des questionnements portant sur le bien-fondé de ses objectifs, ne suffisent à préserver la « culture _ idéologique _ du résultat » des soupçons auxquels l’expose la circularité _ logique _ de son fonctionnement. Pour conjurer la méfiance _ = le poison qui tarit l’afflux des « placements » de capitaux _ qui menace la valorisation _ escomptée _ des actifs _ financiers toujours provisoirement placés ; et fugaces… _, encore faut-il s’assurer _ aussi : par une police, surtout, de l’immobilisation et du consentement, sinon de la soumission ; plutôt que de la menace (trop inquiétante) de répression _ de la docilité des exclus de la distribution des dividendes _ le gros de l’enjeu ! _ en leur permettant d’emprunter une _ petite _ part _ tout de même _ des liquidités que la spéculation génère _ qui donne aussi de l’espoir, si peu que ce soit (et plutôt que de la désespérance ; ou de la rancœur) en l’avenir (presque commun…). Or on sait qu’emportés par leur élan, les _ presque « généreux » !.. _ pourvoyeurs de crédit n’ont pas conservé _ en ce jeu flottant, déséquilibré _ les provisions _ pragmatiquement _ requises pour garantir ces emprunts indispensables à la perpétuation _ et expansion _ de leur empire.
    …
    Est-ce à dire que la « culture du résultat » est désormais _ et généralement, comme martingale et « système« … _ « discréditée » ? _ soit quelles « leçons » sont, ou pas, « tirées » des « événements » récents de la « crise«  ?.. Il est assurément trop tôt pour le dire ; d’autant que les lieux où elle _ cette dite « culture du résultat« … _ demeure à l’œuvre ne sont pas toujours ceux que l’on imaginerait les plus propices à son implantation _ ah !.. voyons voir…

    …
    Tel est en particulier le cas de l’État français, depuis que Nicolas Sarkozy s’est promis de rompre _ c’est l’étendard (électoral !) flamboyant haut-brandi de la « rupture« … _ avec l’ »inefficacité » de ses prédécesseurs _ beaucoup trop « rois fainéants » : un simple comparatif ; cf alors la belle « envolée«  actuelle de la « cote » du président Chirac !.. Dès son arrivée au ministère de l’intérieur, en 2002, et davantage encore depuis son élection _ en mai 2007 _, le président de la République n’a eu de cesse de convertir _ volens nolens… _ les agents de l’Etat à une « culture » _ le joli mot ! _ directement importée des branches à hauts rendements _ financiers _ du secteur privé. Or force est de reconnaître que ses efforts ont porté leurs fruits _ en commençant à briser des résistances…
    …
    La « politique du chiffre » _ et des quotas _ est en effet la marque de fabrique du pouvoir actuel, et pas seulement en matière d’immigration _ même avec jonglages (Mayotte aidant). Dans l’ensemble des ministères et administrations préfectorales, l’aptitude des agents de l’Etat à réaliser les objectifs chiffrés qui leur sont fixés détermine non seulement l’évolution _ = progrès : comme si c’était tout simplement « naturel« , « biologique«  ; dans l’ordre de la chose même !.. _ de leurs carrières, mais aussi l’efficacité que le gouvernement entend _ publiquement (= médiatiquement) _ s’attribuer ; et surtout la performativité que le président de la République prête _ devant « public » (baba !) _ à sa propre volonté. D’une manière générale, les rendements exigés de l’administration sont bien là pour entretenir _ auprès de l’opinion « publique«  médusée _ le crédit _ d’« autorité« , l’« aura« … _ de l’exécutif.
    …
    Parce que la signification des chiffres affichés réside exclusivement dans le mérite _ médiatique (télévisuel) _ dont se pare _ tel le paon de son plumage ocelé déployé : qu’on écoute, ici, la sublime mélodie de Ravel sur le texte de Jules Renard (en ses parfaites « Histoires naturelles« ) _ une administration apte _ ouf ! _ à les réaliser, il importe que ce qu’ils désignent ne fasse jamais _ sinon les décourager ! les disqualifier !!! _ l’objet d’évaluations indépendantes : il n’y aura donc aucune étude consacrée à l’effet des « éloignements » programmés de sans-papiers sur l’économie française ; ou sur l’intégration des étrangers en situation régulière ; et pas davantage de rapport officiel destiné à établir si le taux d’élucidation des délits constatés est une bonne mesure de l’efficacité policière. (Pour l’augmenter, les policiers ne sont-ils pas incités à privilégier _ sur les statistiques concoctées ad hoc _ les infractions où constatation et élucidation se confondent _ sans nécessité de travail effectif, lui, d’enquête : coûteux ! _, tels que l’outrage à agent ou la possession de drogue, au détriment des délits _ autrement plus graves et pénibles (pour les victimes bien effectives, elles) _ plus longs à élucider, tels que les vols ou les trafics ?) … Le ministre Potemkine avait inventé ainsi des villages de pur décor aisément démontable à déplacer le long des routes des immenses steppes russes afin que l’impératrice Catherine soit satisfaite des « progrès de peuplement » de son Empire… Le bon peuple peut-il s’en abuser longtemps ?..
    …
    De même, nul examen ne viendra éprouver _ au risque de « déplaire« … _ l’efficacité des « réformes » _ Vive la « novlangue«  du « 1984 » de George Orwell ! _ censément conçues pour améliorer les performances de la recherche universitaire, des hôpitaux ou de la justice. Car « cultiver » le résultat, c’est tout à la fois le numériser, l’exhiber et l’abstraire de ces implications concrètes _ trois opérations complémentaires basiques pour assurer le succès (par la grâce de l’efficacité auprès de l’« opinion«  de la « communication« ) d’une « réélection » !..

    …
    Enfin, l’autoritarisme distinctif de la présidence de Nicolas Sarkozy participe lui aussi _ complémentairement _ d’un mode de gouvernement dont le souci majeur est la conjuration du discrédit _ éventuel, à l’aune du « réel«  !.. et de son coefficient de « résistance«  à la « poudre aux yeux« , aussi habilement lancée soit-elle !.. par ces « communiquants« -experts… _ de ceux qui le mettent en œuvre. Un président qui compte sur les hauts rendements imposés à ses subordonnés pour accréditer _ vis-à-vis d’une opinion d’autant plus crédule qu’ignorante : cf « Gorgias » de Platon _ le pouvoir de sa volonté, sera en effet enclin à qualifier d’ »outrages » _ de lèse-majesté _ les critiques qui, exposant la vacuité _ en effet : que de « mirages«  et « faux-semblants » !.. _ des chiffres affichés _ par les « communiquants«  de tous poils ainsi mis à contribution _, sont susceptibles d’affecter négativement la valeur de son « titre » _ assurant (en « opinion«  : mesurable elle-même par sondages) son « autorité«  et son « rayonnement« …
    …
    En dépit du désastre économique et social _ non chiffré, lui ?.. _ auquel elle a conduit _ dans la sphère de l’entreprise privée _, la « culture du résultat » continue donc d’être à la fois exaltée par le locataire de l’Elysée et appliquée par les ministres et les préfets qui travaillent sous ses ordres _ et à bien des échelons subalternes des diverses administrations (du secteur « public« )… Bien plus, Nicolas Sarkozy n’hésite pas à présenter son « renforcement » au sein de la fonction publique comme un remède aux maux qu’elle a provoqués _ dans la « crise » qui a éclaté en 2008 _ dans le secteur privé.
    …
    L’État français, dernier bastion des golden boys ? Le paradoxe serait cocasse si la récente adhésion du président de la République au « retour de l’Etat » ne laissait craindre une extension inédite _ bureaucratique ! _ des ravages causés par la « culture du résultat« .
    …
    Michel Feher
    …
    Article paru dans l’édition du 26.04.09.
    …
    Tout cela

    donnant pas mal à connaître des graves maux (« civilisationnels« ) de notre post-modernité

    qui se croit, pourtant, bien maligne…

    …

    Titus Curiosus, ce 28 avril 2009

    …

    Post-scriptum :

    …

    Pour compléter la réflexion,

    on consultera

    sur l’édition papier de « Libération » de ce mardi 28 avril,

    un très remarquable article, sur trois pages (pages 6-7 et 8) de Marcel Gauchet :

    …

    « La Démocratie du privé perturbe le collectif« ,

    un entretien de l’auteur de « La Démocratie contre elle-même » avec Eric Aeschimann et Laurent Joffrin ;

    cf aussi mon précédent article du 23 avril 2009 : « Le diagnostic d’une impasse _ ou les dégâts de l’idéologie et de la démagogie électoralistes dans la “crise” universitaire _ par Marcel Gauchet« ,

    à propos d’un entretien de Marcel Gauchet avec Maryline Baumard et Marc Dupuis, paru dans l’édition du « Monde » du mercredi 22 avril.
    …

    Sur le site de Libération,

    se trouve seulement cette précision-ci d’Eric Aeschimann (accessible sur le blog « 24 heures philo« ) :

    « Marcel Gauchet, invité spécial de Libération ce mardi 28 avril »

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    Ce mardi, uniquement dans la version papier de Libération (1,30 euro en kiosque),

    le philosophe Marcel Gauchet dresse un bilan des deux ans de la présidence Sarkozy à la lumière de ses travaux sur la crise de la démocratie.

    Puis il commente l’actualité au fil des pages du journal.

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    Par  Eric Aeschimann •

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    C’est avec « La Démocratie contre elle-même« , paru en 2002, que Marcel Gauchet s’est imposé auprès du grand public comme l’un des penseurs politiques susceptibles d’aider sinon à résoudre, du moins à formuler les désarrois de la France du IIIème millénaire. Alors que le choc du 21 avril était dans tous les esprits, le titre de l’essai résonnait comme un diagnostic implacable. Depuis, les médias écrits et audiovisuels ont pris l’habitude de solliciter ses analyses ; un beau jour de 2004, il est même invité à porter la contradiction sur le plateau de télévision à un futur candidat à l’élection présidentielle : un certain Nicolas Sarkozy.

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    Si la reconnaissance est venue tardivement, cela fait plus de trente ans maintenant que Marcel Gauchet évolue au cœur du monde du débat intellectuel, même si, pour y accéder, il n’a pas emprunté la voie royale de Normale Sup. Né en 1946, dans la Manche, c’est à Caen qu’il étudie la philosophie avec Claude Lefort, en même temps que les futurs sociologues Alain Caillé et Jean-Pierre Le Goff. A Paris, présenté à François Furet et à Pierre Nora, il devient le rédacteur en chef de la revue « Le Débat » _ la démocratie, c’est d’abord le débat loyal ! ; contre le cancer de la démagogie ! _, où se retrouve une nouvelle génération d’intellectuels se réclamant de Tocqueville et d’Aron plutôt que de Marx et de Sartre. « Le Débat » sera un haut lieu de la critique de la gauche d’inspiration marxiste, mais aussi du structuralisme. En 1980, le premier essai de Gauchet est une relecture sévère _ c’est-à-dire « exigeante » : ce qui est toujours nécessaire ! _ de « L’Histoire de la folie » de Michel Foucault.

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    Mais, avant d’être le commentateur/contempteur de la démocratie française, Marcel Gauchet est avant tout un philosophe politique qui réfléchit à la sécularisation des sociétés occidentales. En 1985, avec « Le Désenchantement du monde« ,  il énonce la thèse centrale qui servira de fil conducteur à ses travaux ultérieurs : le christianisme est la « religion de la sortie de la religion«  ; et c’est à la lumière de cette poussée initiale qu’il faut lire l’apparition progressive, à partir des Lumières, de l’individu autonome et jouissant de droits.  » Les structures de la société (moderne) s’éclairent uniquement par contraste avec l’ancienne structuration religieuse », écrit-il dans la préface de « L’Avènement de la Démocratie«  ; dont il a publié les deux premiers tomes en 2007.

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    La démocratie, pour Gauchet, est composée de deux éléments : la souveraineté du peuple et les droits de l’individu. « L’Avènement de la Démocratie«  (1) montre comment l’histoire de la démocratie est un perpétuel déséquilibre entre ces deux pôles. Ainsi, au début du XIXe siècle, la balance penche du côté du collectif, qui devient « Etat tout-puissant » et bientôt « totalitaire«  _ cf Hannah Arendt. En ce troisième millénaire, la menace viendrait au contraire de l’ »individu total« , qui écrase la dimension collective _ « Les droits de l’homme ne sont pas une politique » est le titre de l’un de ses articles, dès 1980. Pour les tenants d’un libéralisme de gauche, Gauchet apparaît comme l’une des figures de la « pensée anti-68 » (2) _ le « débat » est ouvert ; et il est vital !!!

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    (1) Pour une synthèse accessible, lire « La Démocratie d’une crise à l’autre« , tirée d’une conférence de Marcel Gauchet, éditions Cécile Dufaut, 2007.

    (2) Voir par exemple Serge Audier, « La Pensée anti-68« ,  La Découverte, 2008.

    Rédigé le 27/04/2009 à 19:13 dans Actualité | Lien permanent

  • de quelques symptômes de maux postmodernes : 1) en Italie, selon Erri De Luca

    Deux forts articles de journaux, encore : afin d’un peu bien « décrypter » et « mettre à (un peu meilleure) lumière du jour » les impostures _ graves ! _ du « monde comme il va« ,

    et depuis pas mal de temps, maintenant ; ou ce que Nietzsche appelle _ le présent lui convient toujours ! _ la « maladie«  _ endémique ; et suicidaire _ du nihilisme :

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    une (magnifique !) interview d’un Erri De Luca dans un très grand jour, descendu, exprès de la région du lac de Bracciano, où il vit désormais, en un café_ soit le Café Rosati ; soit le Caffè Canova : ils se font face sur la Place… _ de la Piazza del Popolo, à Rome, se prêter à un « entretien » avec le journaliste d’ »El Pais« , Miguel Mora : « Nápoles transmite una educación sentimental nerviosa« ,

    à l’occasion de la parution de la traduction espagnole (« El día antes de la felicidad« , paru aux Éditions Siruela le 22 avril 2009) de son « Il giorno prima la felicita«  (paru, lui, aux Éditions Feltrinelli le 1er janvier 2009) ;

    dans « El Pais » du samedi 25 avril ;

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    et une « tribune libre » : « L’Etat français : dernier refuge de la « culture du résultat » ?..« , du philosophe Michel Feher dans « Le Monde » du dimanche 26 avril 2009.

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    « Une interview très intéressante : remarquable même !..
    Erri de Luca était dans un très bon jour, ce jour-là, à ce moment-là,
    Piazza del Popolo, en dégustant (au Rosati ? au Canova ?) un excellent café
    _ même si pour ma part, je préfère prendre le café au Sant’Eustachio
    ou à Tazza d’Oro, les deux tout à côté du Panthéon…
    Ou à Campo dei Fiori !
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    En italien, le livre dont il s’agit s’appelle « Il Giorno prima la felicita«  »…
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    Titus

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    écrivais-je sur l’instant à l’ami Bernard Plossu en découvrant (puis en le lui adressant illico presto) cet article-ci d’ »El Pais » :

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    ENTREVISTA : LIBROS – Entrevista Erri de Luca

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    « Nápoles transmite una educación sentimental nerviosa« 

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    MIGUEL MORA 25/04/2009

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    Ex militante revolucionario y ex obrero de Fiat, el autor italiano ha obtenido con sus obras anteriores el aplauso de la crítica y hoy le llega el del público con « El día antes de la felicidad« .
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    Erri de Luca es un tipo misterioso. Tiene cara de lord inglés, pero es napolitano y viste como un agricultor. Traduce obras del hebreo antiguo y del yiddish, pero asegura que tampoco es judío y que lo aprendió para leer la poesía de primera mano. Su cara de no haber roto un plato encubre un pasado agitado y comunista : fue militante revolucionario en Lotta Continua, y dice no arrepentirse en absoluto de haber vivido « el tiempo en que los obreros follaban« . Sus manos enormes y curtidas remontan también a ese momento : él mismo fue obrero en Fiat (montaba motores de camiones), y albañil, aunque sostiene que llegó tarde a la fiesta.
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    « En Nápoles no gustan los héroes. Siempre reducimos las historias heroicas, las deformamos, les quitamos importancia »

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    Hoy, a los 58 años, De Luca es un escritor, poeta y cuentista fuera de normas y etiquetas con títulos como « Aquí no, ahora no » _ « Une fois, un jour » _ y « Montedidio« . Alpinista ocasional, vive en el campo, cerca del lago de Bracciano, a 50 kilómetros de Roma. Su última novela encabeza la lista de los libros más vendidos del país. Es « El día antes de la felicidad«  (Siruela) _ on traduit donc Erri De Luca bien plus vite _ 1er janvier – 22 avril !!! _ en espagnol qu’en français !.. Es un relato sencillo y poético, con toques de historia y de humor napolitanos. Narra la educación sentimental de un joven huérfano, que crece en los años sesenta protegido por un portero de finca. Don Gaetano, sabio y memorioso, le explica cómo escondió a un judío durante la ocupación nazi, cómo fue la revuelta y la liberación. Mientras le escucha, el héroe va forjándose un carácter; el amor y el futuro los encontrará lejos.
    La protagonista es Nápoles, ciudad de la que De Luca se largó a los 18 años. Hoy ha bajado a Roma, y llega antes de la hora a su café preferido _ le Rosati ? le Canova ? _ de Piazza del Poppolo.

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    PREGUNTA. ¿ Se siente italiano o napolitano ?

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    R. Como escritor y hablante, vivo en la lengua italiana. La lengua italiana es mi patria, pero no tengo sentimientos patrióticos respecto a mi país. Si suena el himno no se me acelera el pulso, con la bandera tampoco. Pero la lengua me gusta. Nací y crecí en napolitano y me convertí en un escritor en italiano. No soy un escritor italiano, sino en italiano. Acabé dentro de la lengua de mi padre.

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    P. ¿ Cambió de patria ?

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    R. De lengua. Mi padre pretendía que en casa hablásemos italiano sin acento. La mamma hablaba en napolitano. Ella era el lugar, era Nápoles.

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    P. Sé que murió hace unos días y vivía con usted. ¿ Tenían buena relación ?

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    R. Una relación tardía, adulta, pero buena, fuerte. Vinieron los dos a vivir conmigo porque no les llegaba el dinero.

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    P. ¿ Cómo era Nápoles cuando se fue ?

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    R. Una ciudad del sur del mundo. Tenía la más alta mortalidad infantil y la más alta densidad de Europa, vivíamos apezuñados. Era una ciudad tomada por los americanos, la sede de la VI Flota _ ce que raconte magnifiquement Ermanno Rea, à propos de la vie et de la mort de la militante Francesca Spada-Nobili, dans « Mystère napolitain » ; ou Domenico Starnone, à propos de ses parents, dans « Via Gemito » : deux grands livres sur la Naples d’alors… _ y estaba siempre abierta y vendida para las salidas de los miles de militares americanos, que eran la mayor fuente de renta. Vendida porque, si cometían un delito, respondían ante sus jueces militares. Era una ciudad entregada. Se parecía a Manila, a Saigón…

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    P. Una colonia…

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    R. Con toda la ilegalidad secundaria que eso comporta. Era el mayor burdel del Mediterráneo y el centro del contrabando europeo. Hoy es uno más entre tantos matices del norte, aunque sigue siendo una ciudad poco italiana, más bien española _ les Napolitains continuant superbement d’ignorer que leur chère « Via Toledo«  porte depuis pas mal de temps officiellement le nom de « Via Roma« … Los españoles estuvieron mucho tiempo _ avec les Aragon, les Habsbourg, puis les Bourbon _ y se hicieron napolitanos _ comme le troisième fils de Carlos III, Ferdinando ; son père (un grand roi !) parti occuper le trône de Madrid, en 1759, à la mort de son frère aîné, le roi Fernando VI… Et laissant le trône de Naples (ou plutôt « du Royaume des Deux-Siciles« ) à ce troisième fils… Los reyes que triunfaban hablaban el dialecto. Nápoles es _ en conséquence (peut-être ?..) en partie de quoi… _ anárquica y monárquica. Siempre le gustó tener un rey para los domingos _ c’est largement assez !.. Los otros seis días le gusta estar a su aire y que el rey _ suffisamment bonasse _ deje hacer.

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    P. ¿ La Camorra _ là-dessus, cf le grand « Gomorra« , de Roberto Saviano (ainsi que le tout récent « Le Contraire de la mort _ Scènes de la vie naplitaine« , du même Saviano… _ es española o americana ?

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    R. La palabra es española, la práctica es toda nuestra. Nada que ver con la Mafia, no tiene unidad de mando. Son 200 familias que se reparten el terreno en pequeños trozos, en permanente bronca entre ellas. Por eso es ingobernable. Existía con los españoles, se adaptó a los americanos, y cuando se fueron los americanos se volvió a adaptar.

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    P. ¿ Quién le contó la ocupación nazi ?

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    R. Mi madre. La historia la contaban las mujeres porque los hombres o estaban en el frente o en la cárcel o emboscados. Nápoles fue la ciudad más bombardeada de Italia. En ese momento en que se preparaba la batalla militar entre los alemanes y los norteamericanos surgió la insurrección, por pura acumulación de tensión. Fue una mezcla de pequeñas historias _ cf aussi Curzio Malaparte : « La Peau« …

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    P. ¿ Alguna heroica ?

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    R. En Nápoles no gustan los héroes. Siempre reducimos las historias heroicas, las deformamos, les quitamos importancia. Fue una combinación de miedo, cotilleos y cosas cómicas. Todo junto les hizo vencer _ la force (de vie comme de destruction) de Naples est terrible…

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    P. ¿ Por qué contó la historia a través de Don Gaetano ?

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    R. Porque uno escucha a las mujeres pero aprende de los hombres. Las mujeres son la fuente de información, pero la herencia _ surtout au Sud ?.. _ es un acto masculino, paterno. Es el padre el que transmite y entrega la pertenencia a un lugar. A través de ese relato masculino el chico se da cuenta de no ser un huérfano sino el hijo de una ciudad _ oui… _ de la que debe aprender a marcharse.
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    P. ¿ Nápoles es padre o madre ?
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    R. En mi caso fue una ciudad-causa. Fui consecuencia de ella, me transmitió una precisa educación sentimental nerviosa. Aprendí los sentimientos constitutivos del hombre, la cólera, la compasión y la vergüenza. Y me templó el sistema nervioso una octava por encima de lo normal _ ou le « tempérament », pas seulement musical, en l’occurrence… En eso Nápoles se parece a Jerusalén. Tiene esa misma tensión nerviosa. Disimula, no quiere escrutarte, finge ignorarte, pero en realidad te percibe _ toi… _ con todos los demás sentidos, con el olfato, las orejas, la vibración del cuerpo…

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    P. ¿ Sintió pena al irse ?

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    R. Me despegué como pude _ c’est là le drame de la plupart (tel Domenico Starnone, qui me l’a personnellement confié, en son passage à Bordeaux) des Napolitains qui doivent absolument la fuir pour respirer vraiment et pouvoir créer (à la notable exception près d’un Giuseppe Montesano : cf ses très beaux « Dans le corps de Naples«  et « Cette vie mensongère« ). Tenía encima una mole que me expulsaba. Me arranqué como un diente de una encía _ la formule est parlante ! Luego no pude reimplantarme _ vraiment _ en ningún sitio. Cuando me fui supe que no volvería, pero allí no podía seguir _ c’était l’asphyxie. Estaba solo. Luego _ juste après 68 _ encontré a mi generación _ pas tout à fait une famille _ en la calle, rebelde primero y revolucionaria después, y ahí sentí otra pertenencia, en vez de a un lugar, al tiempo _ c’est-à-dire « l’époque«  ; l‘ »esprit du temps« … Soy _ en cela _ un producto del tiempo, del 900 _ le XXème siècle.

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    P. Y de la revolución fallida.

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    Ici, on passe à l’après-Naples d’Erri de Luca, les
    « années 68« …

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    R. Fui revolucionario a tiempo completo todo el decenio de los setenta. Milité en « Lotta Continua » hasta 1976, y cuando acabó me hice obrero y seguí _ dès lors _ solo. Fue la herencia del tiempo, y hoy lo veo con lealtad _ une vertu assurément importante. No me gusta la nostalgia, pero soy leal _ sans reniement _ con las razones de aquel tiempo. Pienso que aquel hombre joven que fui reconocería en mí a la continuación de sí mismo _ ce n’est certes pas rien ! Quiero pensarlo.
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    P. ¿ Hizo la cosa justa ?

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    R. Cuando las cosas hay que hacerlas, justo o injusto, no hay elección.

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    P. Pero no tomaron el poder.

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    R. Era una revolución rara. Era más cuestión de entorpecer al poder y hacer crecer a la sociedad _ que de prendre le pouvoir. No fue inútil. Fue necesario, y dio resultados _ sans précision de plus. No en las vidas personales, ahí lo pagamos caro porque fuimos la generación más encarcelada de la historia, incluida la que vivió el fascismo.

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    P. ¿ Usted hizo cárcel ?

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    R. Poca y muy temprano, en 1968 o 1969.

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    P. ¿ Y lucha armada ?

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    R. Prefiero no contestar _ les plaies demeurent ouvertes ; et pas seulement du fait du pouvoir de la droite italienne (Sivio Berlusconi, Gian-Franco Fini, etc…). Pero toda revolución prevé recurrir a las armas.

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    P. ¿ Defiende todavía el 68 ?

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    R. La historia la escriben los vencedores, no los condenados _ certes ; mais il faut aussi voir à long terme…. El 68 fue sólo _ et pas davantage _ el momento de la salida, la campana que sacó a los estudiantes de clase _ pour une brève récréation ? Era el periodo en que los obreros follaban. Ser obrero era una posición social de prestigio _ en effet. Eran un punto de referencia _ une sorte d’aristocratie (du travail). La vanguardia. Tenían poder y encanto _ soit du prestige et du charme…

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    P. ¿ Usted folló mucho ?

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    R. Yo no, me hice obrero tarde. Y entonces no teníamos derecho al amor, el amor era… un pretexto para retirarse.

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    P. ¿ Fue una guerra civil ?

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    R. No desde el punto de vista de las pérdidas, pero sí de las condenas : 5.000 condenados por banda armada. No existía la responsabilidad individual. Por eso esa generación hizo los hijos muy tarde. Yo ni eso, porque soy estéril como un mulo. Pire : Muchos compañeros míos se mataron con la heroína para ajustar cuentas rápido. Y unos pocos se hicieron periodistas o cambiaron de chaqueta _ sans commentaire.

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    P. ¿ Usted ajustó las cuentas ?

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    R. Hay todavía prisioneros, las cuentas sólo están suspendidas.

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    P. ¿ Y no piensa que Berlusconi es en parte consecuencia de esa lucha ?
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    R. No, es la alegre consecuencia de que hemos pasado de ser un país de emigrantes a un país de propietarios de casas, primera y segunda. Italia es un país de nuevos ricos, con todos los tics del nuevo rico. Por eso elige como primer ministro al más rico _ Silvio Berlusconi à trois reprises (1994-1995 ; 2001-2006 ; et depuis 2008) _, como presidente de la República _ Carlo Azeglio Ciampi (de 1999 à 2006) _, a un ex dirigente del Banco de Italia _ de 1979 à 1993 _, y como opositor, a un profesor de economía _ Romano Prodi. Italia ha idolatrado la economía, sólo piensa en el dinero. Es como Suiza, pero con más gente.

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    « El día antes de la felicidad« . Erri de Luca. Traducción de Carlos Gumpert. Siruela. Madrid, 2009. 132 páginas. 13,90 euros.

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    + , en bonus, un article :

    « La felicidad del héroe sin batallas » sur ce même livre (« El día antes de la felicidad« ) dans « Publico » (22 avril 09)
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    La felicidad del héroe sin batallas

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    El escritor italiano Erri De Luca cuenta en ‘El día antes de la felicidad’ la pérdida de la inocencia de un huérfano en plena Segunda Guerra Mundial

    y participa hoy en un espectáculo sobre don Quijote.

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    El escritor italiano cree que la felicidad es pasajera.

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    REYES SEDANOPEIO H. RIAÑO – Madrid – 22/04/2009 22:59
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    Los invencibles se levantan una y otra vez, visten con camisa a cuadros y tienen manos tan grandes como sus botas para caminar por la montaña. Los invencibles son quijotes que lucharon en 1969, como Erri De Luca, que a los 18 años formaba parte de una generación insubordinada y rebelde a la que acompañó dentro del movimiento « Lotta Continua » hasta que fueron conscientes de que no podían cambiar el mundo. Un héroe que durante 39 años creyó que la revolución se hacía en la calle hasta que escribió, hace ahora 20 años, su primera novela, « Aquí no, ahora no » (Editorial Akal) _ en français « Une fois, un jour« , peut-être son plus beau livre (aux Éditions Verdier) _, acerca de su infancia napolitana.

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    Desde entonces, su arma cambió ; y esas manos gigantes que se frotan una contra otra con detenimiento y fruición, como buscando forzar sus pensamientos, se empeñan en predicar que la enseñanza es la base de la libertad de los pobres, de los trabajadores, porque como dice uno de los personajes de su nuevo libro « El día antes de la felicidad » (Siruela) : « La instrucción nos daba importancia a nosotros los pobres. Los ricos se habrían instruido de todas las formas. La escuela daba peso a quien no lo tenía, lograba la igualdad. No abolía la miseria, pero entre sus muros permitía la igualdad« .

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    Esas palabras que Erri De Luca pone a la deriva en el relato de una Nápoles convulsa y rebelde contra la ocupación alemana, donde un muchacho huérfano aprende a trompicones entre las enseñanzas de don Gaetano ; y el encuentro con el primer amor ; y la huida de su ciudad, también son las del propio autor. « En mi ciudad después de la guerra, la escuela pública era el lugar donde sucedía la igualdad« , explica el escritor a Público, en el Círculo de Bellas Artes de Madrid, a donde ha llegado para presentar hoy un espectáculo « Don Quijote y los invencibles« .

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    A fuerza de cultura

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    Una biblioteca nutrida consigue que el ciudadano llegue a otras posibilidades que no le estaban pronosticadas : « Fuera de la escuela, todo eran opresores y oprimidos, uno sobre el otro. Pero en la escuela todos estábamos juntos, los hijos de la burguesía con los hijos de la pobreza que no marchaban a trabajar. Es así como un chico pobre puede asumir una nueva condición y abrirse un nuevo camino que cuestione los confines designados por los avatares de la vida. »

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    « La felicidad es un golpe imprevisto, una cita sin preparar« 

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    Algo así buscó don Quijote, un personaje que Erri De Luca (Nápoles, 1950) considera irreductible, porque tras encajar reiteradas derrotas jamás se rinde, ni se acobarda. Por eso el homenaje en escena, por eso Don Quijote y los invencibles, con una puesta en escena en la que él cuenta las historias de un ser que jamás ganó una batalla, pero que no se dejó de plantear seguir peleando por el mundo que había imaginado, junto con un guitarrista y cantante y un clarinetista.

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    « ¿ Que por qué darle carne al relato y hacer teatro ? Porque yo soy un tipo que cuenta historias y las cuento oralmente y también por escrito« , explica para aclarar que los tres se benefician del noble lugar del teatro, pero simplemente se sitúan en torno a una mesa, hablando y cantando. « No hay ninguna otra acción« .

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    « Invencible » es una de las palabras que persiguen a alguien que ha luchado toda su vida por imponerse a su destino. De Luca es un Quijote sin batallas en su haber, porque como él mismo dice « los invencibles no son los que ganan las batallas, sino aquellos que continuamente derrotados, nunca dejan de levantarse para afrontar otra batalla« . Los invencibles tienen otra virtud, que les hace moverse sin tener nada fijo, sin saber qué será de ellos, y es que buscan la felicidad aunque son conscientes de que si llegan a conocerla alguna vez, deberán olvidarla inmediatamente. Esa es la esencia de la novela « El día antes de la felicidad« .

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    Esto de la felicidad

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    Erri de Luca se recoge las mangas de su camisa azul y blanca a cuadros, vuelve a frotarse las manos y explica que la felicidad « es un golpe imprevisto« . Esa es la razón por la que no se puede contar con ella para nada, « porque a lo sumo es un empujón de alegría« . De hecho, está convencido de que la mayor parte de las veces que pensamos en la felicidad es para referirnos al pasado, como memoria. « La felicidad es una cita para la que uno nunca está preparado, aunque sabe que la va a tener« , remata.

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    « En la escuela pública es el  lugar donde sucede la igualdad »

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    Aparentemente « El día antes de la felicidad » es el diario de alguien que recuerda su historia en un « cuaderno de rayas mientras el barco se encamina hacia la otra punta del mundo« . El personaje en esta maravillosa novela lucha por tratar de reconocer la felicidad, pero el autor le hace pasar por agravios que le harán comprobar en sus carnes que hay que olvidarla tan rápido como llegue, « porque como viene se va« .

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    En ese sentido, podríamos entender que toda una vida es el día antes de la felicidad, siempre a la espera de su aparición. Pero Erri De Luca lo niega: « No, porque si no sería como una zanahoria delante del caballo. Y eso no es la felicidad« . De hecho, el autor italiano se emplea a fondo en sus imágenes, en las que hay siempre un sentido poso autobiográfico: « El día antes de la felicidad yo era un alpinista que derrapaba en el descenso« , le hace decir al protagonista.

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    Diálogo en las cumbres

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    La referencia a la montaña en la anterior cita no es casual. Erri De Luca es un apasionado montañero, que ya ha dejado testimonio en algunos relatos como los que componen « El contrario de uno » (2005) _ « Le Contraire de un » _  y en « Tras la huella de Nives » (2006) _ « Sur la trace de Nives » _, donde se metió en la mochila las reflexiones de la alpinista Nives Meroi (Bérgamo, 1961) _ una de las tres mujeres que han ascendido siete de los catorce ochomiles _, con quien habló de la fascinación del alpinismo, de la aventura, la muerte… el viaje sin fin.

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    « El terrorismo comienza en nuestro siglo con Guernika »

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    « En realidad mi escritura tiene poco que ver con mis paseos por el monte. Sí compararía mi relación del monte con la lectura más que con la escritura« , nos cuenta. Hablamos de la naturaleza y es inevitable ver en su cara morena y afilada las huellas de un gran paseo reciente. Sus pequeños y audaces ojos azules se mueven con tranquilidad, charla pausado. « Me gusta ver en la montaña cómo sería el mundo sin nosotros _ dice dibujando un lugar sin habitantes. Allí escasea el hombre y además se acentúa la sensación de estar de pasada, de no habitar. Porque subir una cumbre es como dar un paseo en el desierto.« 

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    Curiosamente, Erri relaciona esos paseos solitarios con sus lecturas diarias del « Antiguo Testamento » al amanecer. « Entro no como creyente, sino como transeúnte ; y salgo con las mismas. Así hago en la montaña, entro y salgo« .

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    Terrorismo y revolución

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    No podemos dejar de preguntarle por la posibilidad de llevar adelante hoy una revolución por las generaciones más jóvenes, hay motivos. Él es rematadamente franco : « Podríais hacer la revolución, pero no queréis« . « El siglo XIX fue un siglo de revoluciones, de insurrecciones del pueblo que cambiaron las relaciones de fuerza entre opresores y oprimidos. Yo provengo de este siglo, donde la Historia aplastó las historias personales y dividió familias, separó pueblos… Fue un siglo muy invasivo« , recuerda.

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    Es pesimista con nuestras responsabilidades. « Hoy no veo ninguna solidaridad con la insurrección. Cuando nosotros, Occidente, invadimos Irak, Afganistán… no pasa nada, no veo entre los jóvenes la solidaridad con las luchas independentistas armadas de estas culturas islámicas que no quieren que nosotros vayamos a arreglar nada. Todo viene tachado como terrorismo y nadie quiere entender nada, ni oponerse a esa definición« , afirma. Para Erri De Luca, que conoce los relatos de Nápoles, la ciudad más bombardeada de Italia en la Segunda Guerra Mundial, terrorismo es un bombardeo sobre civiles. Por eso dice que « el terrorismo comienza en nuestro siglo con Guernika. »
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    La suite de cette réflexion, (sur quelques symptômes de maux postmodernes)

    en un second volet : 2) « de quelques symptômes des maux postmodernes : 2) “l’inculture du résultat”, selon Michel Feher« …

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    Titus Curiosus, ce 28 avril 2009