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  • Superbissime Jean-François Heisser pour une sublimissime « Música callada » de Federico Mompou (1959, 1962, 1965, 1967) aux Récollets hier vendredi 4 septembre : une musique intense et profonde consubstantiellement retenue…

    Oui, c’est un superbissime Jean-François Heisser qui, merveilleusement inspiré, nous a donné, hier vendredi 4 septembre, aux Récollets à Ciboure, une sublimissime  « Música callada » de Federico Mompou (Barcelone, 16 avril 1893 – Barcelone, 30 juin 1987) : une musique consubstantiellement et splendidement retenue – ou musique tue (callar = se taire)…

    Une musique d’une complète intimité, seulement pour soi-même et ses proches, et comme en partie murmurée, et pas pour une salle de concert, destinée à être acclamée…

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    Un récital de Jean-François Heisser, d’une admirable profonde, intense, bouleversante, et justissime, sobriété-nudité, formidablement expressive, sur le piano,

    telle que Mompou expressément le désirait, en ce sommet absolu de son œuvre que sont ces 4 cahiers de « Música callada« , soient 28 miniatures publiées en 1959 (1 à 9), 1962 (10 à 16), 1965 (17 à 21) et 1967 (22 à 28)…

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    Déjà la présentation qu’en a donnée, à son micro, Jean-François Heisser était magnifique, et sans un mot de trop.

    Il nous a dit comment il avait rencontré Federico Mompou, en 1974, lors de l’Académie d’été de Saint-Jacques-de-Compostelle : « Ce fut une expérience bouleversante de voir cet homme maladivement timide, gêné par sa grande taille, vivre au quotidien sa propre musique : la recherche permanente du rubato naturel, du  balancement idéal, du ton juste, nous laissait entrevoir ce monde de la liberté absolue dont on n’ose imaginer qu’on puisse un jour y accéder.« 

    Mompou qui disait avec sa très profonde et idiosyncrasique humilité : « Je ne suis pas un compositeur ; je ne veux pas être un compositeur. je crois, tout simplement, que je suis une musique, une musique dont je suis convaincu que ce n’est pas moi qui la fais, car j’ai toujours la sensation qu’elle vient en moi du dehors.« 

    Et dans le livret de présentation de ce concert de ce vendredi 4 septembre 2026, Hélène Cao très justement commente : « Son langage harmonique, à nul autre pareil, exploite les moindres vibrations du son. Cette sensibilité à la résonance s’enracine dans son enfance – barcelonnaise – car ses grands-parents – maternels : Dencausse – possédaient une entreprise de fonderie de cloches dans la région de Tarbes« .

    Et Hélène Cao de conclure sa notice du livret de présentation de ce si beau concert : « Ravel aurait été sensible à cette musique sans compromis, en dépit de ce qui le sépare de son esthétique – singulière. Si les informations manquent quant à ses relations avec le musicien catalan, on sait du moins que Mompou figure dans son carnet d’adresses et, en juin 1926, sur la liste des invités à la création des Chansons madécasses« .

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    Jean-François Heisser n’a pas manqué de très justement encore recommander la lecture du chapitre intitulé « Le Message de Mompou« , aux pages 157 à 172 du beau recueil de Vladimir Jankelevich « La Présence lointaine – Albeniz, Séverac, Mompou » à qui voudrait pénétrer plus avant dans les arcanes de l’œuvre de Mompou…

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    Et quand avec mon amie Francine Aldin, grande amie de Jean-François Heisser, nous sommes aller le féliciter après le concert – je désirais offrir au magnifique ravélien qu’il est aussi mon « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz » – , je lui ai suggéré de découvrir l’extraordinaire musique de Manuel Blasco de Nebra (1730 – 1784), telle que l’a donnée au disque – Mandala MAN 4847, enregistré à Paris en 1995 ; cf mon article « Musiques de joie : la merveille absolue et irrésistible des Sonatas de Manuel Blasco de Nebra, par Josep Colom«  en date du 10 avril 2020… – l’excellent pianiste catalan Josep Colom – Barcelone, 11 janvier 1947 – , auteur aussi, après Mompou lui-même – indispensable coffret de 4 CDs Brilliant Classics, enregistré à Barcelone, en 1974… – , d’une intégrale de la musique piano de Mompou – coffret de 4 CDs Mandala 5021/24 « Mompou -L’Œuvre pour Piano« , enregistré en décembre 1991, février, mars et juin 1992…

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    Mais, et surtout (!), le 23 octobre 2013, est paru aux Éditions Actes-Sud le livre-disque « Musica callada – Federico Mompou » de Jean-François Heisser,

    qui manque hélas à ma discothèque personnelle : je n’avais pas encore rencontré cette sublime musique de Mompou…

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    Mais hier je l’ai admirée en ce concert émouvantissime de Jean-Francois Heisser aux Récollets de Ciboure !

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    Et sur cette sublimissime « Música callada » de Federico Mompou,

    cf, parmi beaucoup d’autres sur mon blog consacré à Mompou que j’aime tant,

    mon article « Musiques de joie : la Musica callada de Federico Mompou à l’écoute de la quintessence acérée et voluptueuse de l’intime » en date du 11 avril 2020…

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    Ce samedi 5 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Fabuleux concert hier après-midi 3 septembre de Benjamin Alard aux Récollets à Ciboure – Saint-Jean-de-Luz, autour du Concerto pour clavecin et orchestre de Manuel de Falla, et découverte d’un extraordinaire compositeur né en 1968 : José Maria Sanchez-Verdú, avec 3 œuvres commandées par le Festival international de musique et de danse de Grenade, pour un hommage à Falla, et créées le 18 juin 2024 à Grenade par Benjamin Alard lui -même au clavecin…

    Fabuleux concert hier après-midi jeudi 3 septembre 2026, aux Récollets, à Ciboure – Saint-Jean-de-Luz, par Benjamin Alard, clavecin et direction artistique, Gabriel Pidoux, hautbois, et 4 solistes de l’Academie Ravel : Shuyu Yang, flûte, Steven Taeyu Han, clarinette, Hadewych de Vos, violon, et Aurélien Fietta, violoncelle, autour du « Concerto de clavecin « d’Emmanuel de Falla, précédé du « Tantum ergo «  de Tomaso Luis de Victoria – José Maria Sanchez-Verdu – né à Algesiras le 7 juillet 1968 – , de « Las Ínsulas extrañas «  de José Maria Sanchez-Verdú, des Sonates K. 159, 461, 208 et 118 de Domenico Scarlatti, du « Fandango » d’Antonio Soler, des « 12 Variations sur les Folies d’Espagne « de Carl Philipp Emanuel Bach, du « De los Alamos vengo, madre «  de Juan Vasquez – José Maria Sanchez-Verdú…
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    Les 3 œuvres de José Maria Sanchez-Verdú lui ont été spécialement commandées par le Festival international de musique et de danse de Grenade, et pour commémorer les 150 ans de la naissance de Manuel de Falla (Cadix, 23 novembre 1876 – Alta Gracia en Argentine, 14 novembre 1946), en complément du « Concert pour clavecin » de celui-ci, pour le concert donné à Grenade le 17 juin 2024, car c’est en effet à Grenade qu’à vécu plusieurs années Manuel de Falla, et que se trouvent les importantes archives Manuel de Falla.

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    Or le créateur, au clavecin, de ces œuvres de Jose-Maria Sanchez-Verdú, ce soir-là à Grenade, n’est autre que le magnifique Benjamin Alard, entouré alors pour cette création, de Miguel Colom, violon, Fernando Arias, violoncelle, Alonso Octavio, flûte, Angel Luis Sanchez, hautbois et Vicente Alberola, clarinette…

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    Mais la perspective entre le concert de 2024 à Grenade, et le concert de ce 3 septembre 2026 aux Récollets, est totalement inversée : le concert de Grenade honorait Manuel de Falla, alors que le concert d’hier aux Récollets, très justement intitulé «  Manuel de Falla : inspirations et filiations », s’inscrit dans une saison 2026 du Festival et de l’Académie Ravel baptisée « L’Heure espagnole « et honorant l’Espagne…

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    Et ce renversement a été à la fois sidérant pour le public des Récollets recevant ce concert, et plus encore passionnant, car il déplaçait complètement nos oreilles : les œuvres interprétées ne correspondent, en effet, pas du tout à ce que nous pouvions en attendre – et de fait beaucoup, bouleversés, non seulement ne les ont pas reconnues !!! , mais se demandaient même si le programme annoncé n’avait pas été remplacé par un tout autre !!! – ; avant, explications données par Benjamin Alard en a parte après le concert, d’admirer profondément le résultat obtenu :

    notre réception du « Concert pour Clavecin « de Manuel de Falla, s’éclairait, en effet, d’une toute autre lumière, comme si il était le résultat des œuvres l’ayant précédé dans ce concert des Récollets, et tout spécialement les 3 œuvres de José Maria Sanchez-Verdú composées en 2024, et pour le même effectif de musiciens que pour le « Concerto pour  clavecin « de Manuel de Falla : l’une absolument originale, « Las Ínsulas extrañas », et les deux autres, le « Tantum ergo «  et le « De los álamos vengo, madre « inspirées par deux œuvres de Tomás Luis de Victoria (1538 – 1611) et Juan Vásquez (ca. 1500 – ca. 1560), et se déprenant aussi considérablement d’elles…

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    Mais pareil jeu enchanteur de déprise jouait aussi à propos des autres œuvres interprétées hier soir : ainsi en est-il allé pour nos oreilles surprises de la Sonate K. 159 de Domenico Scarlatti , que cette fois seul au clavecin Benjamin Alard a fait suivre à « Las Ínsulas extrañas «  interprétées par lui avec le quintette de ses collègues instrumentistes, me semblait être davantage du  Giacinto Scelsi que du Domenico Scarlatti, de même que « Las Ínsulas extrañas » me semblaient être issues de la plume d’un Steve Reich…

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    Bref l’œuvre de Manuel de Falla, son « Concerto pour clavecin« ,  que nous recevions en cette très sobre et très belle chapelle des Récollets, devenait à la fois extraordinaire, surprenante, et magique, magnifique !!!

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    Oui, l’intitulé choisi pour le programme de ce concert des Récollets, « Inspirations et filiations », était mieux que superbement, superlativement !, rempli et honoré.

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    Et Benjamin Alard, créateur à Grenade le  18 juin 2024, des 3 œuvres redonnées hier à Ciboure de José Maria Sanchez-Verdú, est un interprète mieux que superlatif des œuvres pour claviers – clavecin, orgue, clavicorde, etc. – qu’ils nous fait découvrir ou plutôt redécouvrir comme si nous les entendions et admirions pour la première fois…

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    Benjamin Alard est plus que probablement, avec un Pierre Hantai et un Francesco Corti, le meilleur claveciniste aujourd’hui au monde…

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    Immense merci à lui !

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    A Saint-Jean-de-Luz, ce vendredi 4 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Deux réactions-réponses (par courriels) à mon article de déception-exaspération à l’encontre du très décevant, et même irritant, CD « Le Violon de Rameau » : les réponses d’Eric Rouyer et Antenor…

    Hier 1er septembre, et pour la toute première fois,

    ce ne sont pas des demandes de précisions concernant des recherches généalogiques de la part de lecteurs ayant trouvé mention sur mon blog encherchantbien.fr d’un membre de leur famille sur lequel ils s’interrogeaient et étaient heureux de découvrir des éclairages jusqu’alors inconnus d’eux,

    mais, cette fois, une réaction-réponse à un article d’appréciation musicale, en l’occurrence l’article en date du 29 août dernier « Quand une jolie idée de projet donne un bien décevant résultat musical dans sa réalisation discographique : le très médiocre CD « Le Violon de Rameau » de Théotime Langlois de Swarte et William Christie…« …

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    Un lecteur, Antenor, en effet, m’a adressé hier 1er septembre à 16h 48, le remarquable courriel suivant de remerciement :

    « Merci beaucoup ! Vous avez exprimé clairement ce que je pensais, bien tristement d’ailleurs, sur ce CD, alors que moi-même je suis aussi un idolâtre de Rameau !
    Alors que sa discographie est plutôt rare et précieuse comparée à d’autres géants du baroque, je trouve qu’il faut être bien outrecuidants pour imaginer un violon et un clavecin rendre hommage à l’opulente musique orchestrale de Rameau… Une basse de viole par exemple eut été du meilleur effet ; on sait à quel point Rameau tient à la basse ! Un autre instrument au continuo, pour étoffer une harmonie qu’on sait riche et variée, peut-être plus de cohérence en effet dans l’assemblage, et plus de relief aussi …
    Dans tous le cas, et surtout en ramiste passionné, je partage votre tristesse !« …

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    Mais au-delà de la réponse un peu trop convenue que j’ai rédigée sur mon blog, j’ai plaisir à donner ici la réponse plus personnelle que j’ai adressée hier soir à Antenor ;

    la voici donc :

    …

    Sur ce CD « Le Violon de Rameau » que j’ai vertement critiqué sur mon blog encherchantbien.fr , j’ai reçu, le 29 août dernier, en réponse presque immédiate à l’envoi de mon article très critique à l’égard de ce CD, ce courriel amusé d’Éric Rouyer, le patron du label de disques Le Palais des Dégustateurs, avec qui je corresponds régulièrement, comportant simplement ces mots-ci : « C’est la première que vous sortez ainsi les griffes ?! Si rarement que cela apaise l’esprit … Étonnant ! »…

    Car je préfère en effet me taire plutôt que de dire du mal d’une réalisation artistique, me réservant au plaisir du partage de mes enthousiasmes…
     
    Mais le courriel – d’approbation – que vous avez adressé à mon blog, m’a fait du bien.
    Parfois, il faut dire « Halte là ! », et « Reprenez-vous… ».
    Merci donc de votre commentaire à l’appui de mon cri d’indignation musical…
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    La musique que j’aime est en effet celle de la joie, qui est toujours un peu complexe, et pas au premier degré – avec une nécessaire once (légère et douce, et peut-être avec humour…) du tragique de toute vie, mais sans se plaindre surtout… – , comme chez Mozart ou Monteverdi, et tous les plus grands : Ravel aussi… 
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    Ce mercredi 2 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • La paradoxale très grande réussite du CD « 48° North – Caldara, from Venice to Vienna » de The BanXies sur un programme dans lequel la musique d’Antonio Caldara (Venise, 1670 – Vienne, 1736), compositeur surtout de très nombreux opéras, occupe seulement 9 plages sur les 25 du CD, et avec des pièces seulement de son Op. 1 de Sonates en trio, publié à Venise en 1693, les 14 autres étant dévolues à des pièces de compositeurs qui ont marqué Caldara, d’une façon ou d’une autre, sa vie durant : Legrenzi, Bach, Ferdinand de Médicis, Porpora, Vivaldi, Marini, Froberger, Biber, Muffat et Fux… Un magistral défi magistralement accompli par The Banxhies…

    C’est une paradoxale très grande réussite qu’accomplit le CD Alpha 1260 « 48°North – Caldara, from Venice to Vienna » – enregistré à Paris aux mois de septembre et octobre 2025 – de The BanXies, sur un programme dans lequel d’Antonio Caldara (Venise, 1670 – Vienne, 28 décembre 1736), compositeur surtout de très nombreux opéras, 9 plages seulement sur les 25 du CD, sont consacrées à Caldara lui-même, et, de plus à son opus précoce, son Op. 1 de Sonates en trio, publié à Venise en 1693 – il avait 23 ans… – , chez l’éditeur Giuseppe Sala,

    les 14 autres de ce programme, portant, elles, sur des pièces d’autres  compositeurs, qui ont marqué, d’une façon ou d’une autre, Caldara, ou qu’il a rencontrés, ici ou là, sa vie durant : Legrenzi, J-S Bach, Ferdinand de Médicis, Porpora, Vivaldi, Marini, Froberger, Biber, Muffat et Fux, et qui sont ici magistralement interprétées par The Banxhies, soient Roxana Rastegar et Yaoré Talibart, violons, Suzanne Wolff, violoncelle et Louise Acabo, clavecin et orgue, rejointes, pour 4 pièces de ce programme, par l’organiste Emmanuel Arakélian…

    Un magistral défi magnifiquement accompli…

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    Si seulement deux œuvres, sur les 15 que comporte le programme de ce CD, sont ici données en leur intégralité – la Sonate en trio 0p 1 n°5 en mi mineur d’Antonio Caldara, aux plages 1 à 4 du CD ; et la Sonate en trio en sol mineur K. 320 de Johann-Joseph Fux, aux plages 22 à 25 – , les autres n’étant données qu’en extraits,

    il faut aussi saluer bien bas les interprétations données ici par les Banxhies et Emmanuel Arakélian d’extraits de quelques formidables chefs d’œuvre splendidissimes de la musique – tels la magistrale Toccata II, FVWV 102 de Johann-Jakob Froberger à la plage 16 (4′ 18), ou le Praeludium de la Sonate du Rosaire n°1 « Annunciatio » de Heinrich-Ignaz-Franz Biber, trois extraits du Concerto grosso en sol mineur, de l’« Armonico Tributo«  de Georg Muffat, ainsi que l’Adagio  de la Sonate pour violon en ré majeur de celui-ci, entre autres merveilles, pour n’en citer ici que quelques uns… – dont les réalisations en ce CD rivalisent – rien moins ! – avec les meilleures données au disque jusqu’ici !

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    Et il faut aussi saluer la précision du texte de présentation du CD justifant le parcours de vie, de Venise à Vienne, d’Antonio Caldara, et les diverses rencontres, de personnes ainsi que d’œuvres, ayant marqué celui-ci et son évolution : c’est en 1715 que Caldara est appelé à Vienne comme vice-maître de chapelle de la cour de l’empereur Charles VI, sous l’autorité de Fux, et qu’il s’y installe avec sa famille. « Compositeur favori de Charles VI, il connaît alors sa période la plus féconde. Sa production est immense et son style évolue, conjuguant la virtuosité italienne à la tradition contrapuntique germanique, institutionnalisée par Fux dans son traité Gradus ad Parnassum (1725). Ce style particulier lui vaut une admiration considérable. (…) Malgré une hiérarchie officielle qui place Fux au-dessus de lui, mais un salaire plus élevé pour Caldara (!!!), aucune rivalité ne semble troubler leur collaboration. Fux lui témoigne même son admiration en lui confiant la direction de son monumental opéra Costanza e fortezza à Prague en 1723 – lors d’un de mes voyages à Prague, au cours de la décennies des années 90, et alors que j’étais conseiller artistique de la Simphonie du Marais, j’avais acheté à Prague, et à destination de Hugo Reyne, une édition de la partition de ce monumental et très marquant « Costanza e fortezza«  de Fux… Caldara se retrouve alors à la tête d’un orchestre monumental de deux cents musiciens, réunissant parmi les plus grands virtuoses de l’époque, tels que Johann Joachim Quantz et Giuseppe Tartini, ainsi qu’un chœur de cent chanteurs. (…) Caldara meurt en 1736 à l’âge de 66 ans, après avoir passé les 20 dernières années de sa vie à Vienne. Il est inhumé dans la crypte de la cathédrale, au son des cloches réservées aux princes. Il laisse derrière lui une œuvre immense, et son influence se prolonge bien au-delà de sa génération : si Johann Sebastian Bach et Georg Philipp Telemann  l’admirent de son vivant, les maîtres de la seconde école de Vienne étudieront et copieront plus tard sa musique pour s’en imprégner. Avec la disparition de Caldara, c’est tout un pan de l’histoire viennoises qui s’achève : Charles VI meurt 4 ans plus tard, puis Fux à son tour – en 1741 – ; l’esthétique évolue, et le monde baroque s’efface progressivement au profit d’un nouvel idéal sonore« .   

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    À mon goût personnel, la seconde et dernière Sonate en trio donnée en son intégralité de ce CD, aux plages 22 à 25, la Sonate en trio en sol mineur K. 320 de Johann Joseph Fux, est assez peu intéressante – et plus généralement je ne cache pas que je n’ai jamais vraiment apprécié Fux en CD ; cf par exemple les remarques de mon article « L’étrange cas Johann-Joseph Fux (1660 – 1741) et les très inégales surprises du CD « If Music… » (Purcell – Handel- Fux – Bach) du contre-ténor Jakub Jozef Orlinski, avec le piano très inattendu ici de Michal Biel…«  en date du 8 avril 2026…

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    Et pour Antonio Caldara,

    j’avais beaucoup apprécié le CD Glossa 922514 « Antonio Caldara – Trio Sonatas » d’extraits de ses Sonates en trio Op 1 et Op. 2, d’Amandine Beyer et Leila Schayegh – enregistré du 5 au 7 mai 2014 – ,

    ainsi que le CD Alpha 426 « Maddalena ai piedi di Cristo« , de Damien Guillon et son Banquet céleste – enregistré les 2 et 3 octobre 2017…

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    Il n’empêche que, à la différence du CD « Le Violon de Rameau » qui ma profondément déçu, et même irrité (!) – cf mon article « Quand une jolie idée de projet donne un bien décevant résultat musical dans sa réalisation discographique : le très médiocre CD « Le Violon de Rameau » de Théotime Langlois de Swarte et William Christie… » en date du 29 août dernier… – , ce CD-ci « 48°North – Caldara, from Venice to Vienna » des BanXies suscite mon enthousiasme et emporte ma conviction en dépit de son d’abord très paradoxal hommage ici – surtout à travers diverses marquantes rencontres de son parcours musical de Venise à Vienne… –  à Antonio Caldara, compositeur encore assez mal connu, peut-être du fait qu’il est surtout un compositeur très prolixe d’opéras, difficiles – et très couteux ! – à produire en disques…

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    Et en tout cas, les Banxhies, soient Roxana Rastegar et Yaoré Talibart, violons, Suzanne Wolff, violoncelle et Louise Acabo, clavecin et orgue, sont assurément un ensemble à suivre de très près…

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    Admirez-les ici en cette trop brève vidéo (de 2′ 21) du Grave de la Sonate Op. 1 n°5 d’Antonio Caldara,

    filmée à la Schola Cantorum Basiliensis, par Sergio Flores…

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    Ce mardi 1er septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa