Catégorie : Blogs

  • Ecouter le lumineux jeu apollinien de Francesco Piemontesi dans les deux Concertos pour Piano de Johannes Brahms, Op. 15 (de 1859) et Op. 83 (de 1881), avec Manfred Honeck dirigeant le Gewandhausorchester Leipzig…

    Parce que j’aime beaucoup, beaucoup Brahms (Hambourg, 7 mai 1833 – Vienne, 3 avril 1897),

    ainsi que le jeu du pianiste Francesco Piemontesi (Locarno, 7 juillet 1983) – auquel j’ai consacré jusqu’ici pas moins de 10 articles de mon blog encherchantbien.fr depuis celui en date du 26 décembre 2018 « Un pianiste très éminent, à suivre : Francesco Piemontesi, en un concert Liszt, à Lugano« … – ,

    il m’était difficile de passer à côté des deux récents CDs Brahms de celui-ci, avec Manfred Honeck (Nenzing, 17 septembre 1958) dirigeant le Gewandhausorchester Leipzig fondé en 1781 :

    …

    _ le CD Pentatone PTC 518 7461 « Brahms – Piano Concerto n°2 and Three Intermezzi Op. 117 » – enregistré à Leipzig les 10 et 11 avril 2025, et paru le 19 septembre 2025 – et sur lequel sont consultables les articles de Christophe Huss « «2e concerto de Brahms», Francesco Piemontesi et Manfred Honeck » (Le Devoir, 26 septembre 2025), David A. McConnell « Review: Brahms – Piano Concerto No. 2 – Piemontesi, Gewandhausorchester, Honeck » (The Classic Review, septembre 2025), Patrice Lieberman « Francesco Piemontesi et Manfred Honeck, Brahms aux sommets » (Crescendo Magazine, 27 octobre 2025), Salvatore Sciafani « Transparence et lyrisme : Piemontesi et Honeck font chanter Brahms au Gewandhaus » (ResMusica, 7 novembre 2025) et, en un avis dissonant, Dave Hurvitz « Basically Boring Brahms from Piemontesi and Honeck » (Classics Today.com , 21 mars 2026) ;

    …

    _ et le tout nouveau CD Pentatone PTC 518 7417 « Brahms – Piano Concerto n°1 and Six Pieces Op. 118 » – enregistré à Leipzig les 18 et 19 décembre 2025, et qui vient tout juste de paraître… – , pas encore critiqué en revues…

    …

    Eh bien, j’apprécie beaucoup ce jeu apollinien, fluide et si lumineux, du pianiste tessinois Francesco Piemontesi, qui appartient pour moi à la famille des pianistes auxquels vont mes préférences pour leur absolu naturel, si proche de l’intimité, sans esbroufe, tels un Steven Kovacevich (San Pedro, 17 octobre 1940), un  Aleksei Lioubimov (Moscou, 16 septembre 1944), ou encore un Ronald Brautigam (Amsterdam, 1er octobre 1954), parmi pas mal d’autres…

    …

    Et dans Brahms j’aime beaucoup aussi, bien sûr, l’immense Evgeni Koroliov (Moscou, 1er octobre 1949)…

    …

    De même que je me souviens avec toujours très vive émotion du CD Decca – enregistré à Londres du 20 mai au 1er juin 1962 – de Clifford Curzon avec George Szell dans le Concerto pour Piano n°1 de Brahms…

    …

    À suivre donc, avec très grand plaisir, 

    …

    Ce dimanche 30 août 2026, Francis Lippa – Titus Curiosus

  • Magnifier le magique coffret de 3 CDs DG « Bohuslav Martinů – The Symphonies – Bamberger Symphoniker – Jakub Hrusa » : la célébration de Crescendo Magazine hier, après mon article en date du 21 mai dernier…

    Magnifier le magique coffret de 3 CDs DG 486 7810 « Bohuslav Martinů – The Symphonies – Bamberger Symphoniker – Jakub Hrusa » : la célébration de Crescendo Magazine hier 27 août par Serge Martin « Jakub Hrůša magnifie le puzzle multiforme des symphonies de Martinů« , après mon article « Bohuslav Martinů au pinacle : ses 6 symphonies sublimement interprétées par les Bamberger Symphoniker dirigés par un Jakub Hrůša en état de grâce… » en date du 21 mai dernier,

    tel est ce jour le 21ème article, depuis celui du 25 septembre 2021 « Ecouter les fantasques « Nuits magiques » de Bohuslav Martinů…« ,  que je consacre à ce compositeur que je porte au pinacle, selon mon principe que la plus belle musique fait un immense bien, qu’il importe d’aider à partager le plus largement possible…

    …

    Jakub Hrůša magnifie le puzzle multiforme des symphonies de Martinů

    par Serge Martin

    …

    …

    …

    Bohuslav Martinů (1890-1959) : Symphonie n° 1 H. 289 ; Symphonie n° 2 H. 295 ; Symphonie n° 3 H. 299 ; Symphonie n° 4 H. 305 ; Symphonie n° 5 H. 310 ; Symphonie n° 6 « Fantaisies symphoniques » H. 343.

    Bamberger Symphoniker, Jakub Hrůša, direction. Texte de présentation en anglais. 3 CD DGG 4867810.
    …

    Crescendo avait annoncé cette intégrale Martinů dans ses cinq albums pour passer la semaine du 16 mai dernier. La disponibilité physique du coffret permet d’affiner – voilà – une perception déjà fort favorable. En premier lieu pour la personnalité du chef Jakub Hrůša, qui accomplit depuis plusieurs années de bien belles choses – absolument ! – à la tête de son Orchestre symphonique de Bamberg. Un succès qui lui a valu de prendre la succession de Pappano à Covent Garden. En second lieu parce que l’orchestre de Bamberg – comportant, déjà, de nombreux musiciens tchèques d’origine – a une tradition avec Martinů, dont il a gravé en 1987-1988 la deuxième intégrale des symphonies sous la baguette de Neeme Järvi (après la version historique de Václav Neumann). Ensuite parce que la belle intégrale de Jiří Bělohlávek à la tête de la Philharmonie tchèque n’avait pu être menée à bon port. C’est dire si nous avions besoin – oui – d’un enregistrement bénéficiant de toute l’excellence technique actuelle, mise au service d’un chef qui ait une vision d’ensemble – voilà – de ce superbe massif symphonique en constante mutation – oui.

    …

    Un écho tardif mais concentré de l’art de Martinů

    …

    Paradoxalement, Martinů ne vint que fort tard au genre symphonique. Il a 52 ans lorsque Serge Koussevitzky crée à Boston, en 1942, la première symphonie qu’il lui a commandée. La sixième et dernière symphonie sera achevée en 1953 et créée deux ans plus tard. Toute l’œuvre symphonique de Martinů a donc été écrite sur une durée d’un peu plus de dix ans – voilà. L’époque de leur composition croise la tension des années de guerre – oui – et, après celle-ci, les atermoiements du compositeur pour un retour dans sa patrie, où, redoutant l’influence soviétique, il ne retourna pas, préférant s’installer en France – c’est bien cela.

    …

    C’est dire si cette musique reflète à la fois – voilà, voilà le creuset complexe et riche – la dynamique de la société américaine, l’esprit de finesse de l’impressionnisme français et un chaleureux sentiment national qui s’exprime par le recours à des mélodies populaires et des mouvements de danse.

    …

    Un merveilleux travail de synthèse – exactement !

    …

    Autant de pistes dont Hrůša fait un usage méticuleux – soigneux en même temps que fluide – tout en restituant à l’ensemble sa personnalité très particulière – singulière, en effet. On est fasciné par sa capacité à générer cette indicible rumeur des cordes, que l’on croyait propre à la Philharmonie tchèque mais qui, dès le « moderato » introductif de la 1re symphonie, impose son climat aussi secret qu’obsédant – voilà, voilà.

    …

    Le chef construit également à merveille le climat organique de ces œuvres, suscité par l’accumulation de courtes cellules, motiviques et rythmiques, qui crée un climat d’effervescence – sans pathos – tout au long de l’exécution. Le jeu complexe des répétitions en vient presque à faire de Martinů un précurseur inattendu de la musique répétitive. Une chose est certaine : l’attention minutieuse aux archétypes de l’écriture de Martinů permet au chef de bâtir de passionnants ensembles qui s’imposent autant pour leur mobilité créatrice – oui – que, par contraste, pour la profondeur – voilà : ce sont des mots présents et récurrents en mes propres articles de mon blog encherchantbien.fr – de certains mouvements lents. Il reste chez le compositeur tchèque des accents de mélancolie poignante – oui – , un sens permanent de l’interrogation – oui : rien d’asséné – qu’il faut savoir servir pleinement sans jamais s’appesantir – absolument ! – — et, ici, Hrůša fait merveille – oui !

    …

    L’écriture de Martinů délègue un rôle moteur aux instruments solistes – oui – , particulièrement les bois et les cuivres, qui créent des dialogues, brefs mais pertinents, avec la masse orchestrale, un peu à l’instar de ceux du ripieno et du tutti propres au concerto grosso – oui – , dont le compositeur était d’ailleurs friand. Et ici, les solistes survoltés du Symphonique de Bamberg jouent à fond le rôle de relance pertinente et vivace – oui – de la forme musicale.

    …

    Autant de qualités qui permettent à Jakub Hrůša de s’inscrire sans conteste à la tête de la discographie actuelle de ces symphonies – voilà. On peut alors apprécier le mélange de légèreté printanière et de gravité pensive – oui – de la première symphonie, l’effervescence rythmée de la deuxième, l’engagement déterminé de la 3e avec ses références beethovéniennes en temps de guerre, la joie salvatrice de la libération de la 4e — qui entoure un largo central introspectif —, la force rythmique de la 5e conjuguée à des moments d’éternité dans ses sections lentes – oui, oui. Le tout débouchant sur la prodigieuse synthèse – voilà – de la 6e symphonie, qui récupère et récapitule dans un geste magnifique toutes ces fidélités stylistiques qui font le prix de l’écriture de Martinů – c’est parfaitement dit là. On a rarement été aussi minutieux dans le détail et aussi architecte dans la construction discrète de ces grands ensembles qui ont la discrétion – qualité martinienne : pas de tapage, pas d’esbroufe – de ne pas s’afficher comme tels. Une intégrale qui fait désormais référence – tout à fait : un régal !

    …

    Son : 9 — Livret : 7 — Répertoire : 10 — Interprétation : 10

    …

    Écouter Martinů fait grand bien.

    …

    Ce vendredi 28 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un gisement de documents concernant Henriette Verdalle, son mari Frédéric François Wachsner et son père Paul Verdalle, maire et conseiller général de Navarrenx, en cours d’investigation, avec déjà de premières formidables avancées pour la connaissance de leurs biographies respectives…

    Suite à un courriel adressé à mon blog encherchantbien.fr le 9 juillet 2026 à 19h01 par la conservatrice du patrimoine Marie Sanchez à la recherche d’informations sur le parcours de vie de François-Frédéric Wachsner sur lequel elle a entrepris un travail de fond, auquel j’ai répondu le lendemain 10 juillet, et qui a donné lieu la même journée du 10 juillet à une longue et riche conversation téléphonique entre elle et moi à propos de nos connaissances respectives sur ce sujet précis de ce parcours de vie de François-Frédéric Wachner (Ohlau, 1893 – Navarrenx, 1958), celle de Madame Sanchez allant jusqu’alors jusqu’à l’internement de François-Frédéric Wachsner au camp d’internement des ressortissants allemands de Cepoy (Loiret) en juin 1940, et la mienne commençant, peu après, toujours en 1940 – mais la République ayant cédé la place à L’État français de Vichy ! – , à l’internement par Vichy, et parmi ces ressortissants allemands – la plupart de ceux-ci étant des juifs et des opposants au nazisme réfugiés en France à partir de 1933, afin d’être ainsi protégés et survivre… : par exemple Hannah Arendt, passée elle aussi par le camp de Gurs… – , de ce même François-Frédéric Wachsner arrivé au camp de Gurs le 25 octobre 1940 en un Groupe de Travailleurs Étrangers (GTE),

    ainsi suis-je revenu sur ce dossier toujours en chantier pour moi à la fois du camp de Gurs et de Navarrenx – cf d’abord mon article en date du 10 avril 2017 « A propos de quelques GTE des Basses-Pyrénées entre 1940 et 1943, et de Marcel Brenot, commandant des 182e et 526e GTE« , centré, lui, sur le parcours de mon père le Dr Benedykt Lippa sous l’Occupation, entre 1942 et 1944, et son passage au camp de Gurs ; puis mon article en date du 28 août 2024 « Pour revenir au maire et conseiller général de Navarrenx Paul Verdalle (1860 – 1948) et sa fille Henriette Verdalle (1896 – 1988), un point sur mes recherches entreprises en 2015 sur leur famille originaire de Dognen, les Labourdette…« , centré, lui, sur l’historique de la famille Verdalle – Labourdette à Navarrenx et à Dognen, mais où vient s’insérer le nom de Frédéric-François Wachsner ; ainsi que mon récent article en date du 2 août 2026 « De très prometteuses pistes de recherche sur le devenir de François-Frédéric Wachsner depuis sa présence d’étranger interné au camp de Cepoy (Loiret) : la connaissance de son arrivée d’interné au camp de Gurs, le 25 octobre 1940…«  relançant la recherche centrée cette fois sur Frédéric-François Wachsner, suite à la demande précise de renseignements sur lui, reçue de Madame Sanchez… – ,

    qui vient de formidablement s’enrichir, suite à un coup de fil reçu jeudi 20 août dernier et suivi d’un envoi de 3 documents capitaux pour notre recherche, recherchés et retrouvés parmi bien d’autres en une malle familiale – peut-être celle-la même découverte à Dognen, au domicile de Marie-Madeleine Labarère, veuve de Philippe-Auguste Labarère, le jour de (et suite à) ma visite chez elle, le 13 juillet 2015, et que sont venus rechercher par la suite chez elle à Dognen les petits-enfants d’Henriette Verdalle, qui l’avait déposée là, à leur expresse destination… – :

    …

    _ une photo du diplôme décerné à Fritz Wachsner à l’Université Albertus de Königsberg le 14 février 1922

    et comportant sa date de naissance – désormais ainsi précisée – : à Ohlau, en Silésie, à quelques kilomètres de Breslau, le 9 octobre 1893…

    …

    _ une photo d’une magnifique lettre d’attestation de reconnaissance de Pierre Cassin envers Henriette Wachner-Verdalle, en date du 23 mars 1946,

    dont je retiens ici ceci :

    « Je soussigné Pierre Cassin, demeurant à Paris rue Pergolèse n° 9, atteste ce qui suit concernant Madame Henriette Verdalle, épouse de Monsieur Wachsner.  

    Parent du Président René Cassin, condamné à mort par le gouvernement de fait – et non de droit ! – de Vichy, recherché par les Allemands à Paris, je me suis replié à Navarrenx accompagné de ma femme – Hélène – et de mes deux enfants – Nelly et Jacques – , et peu après notre arrivée en cette ville, courant 1941, nous reçûmes la visite de Madame Henriette Verdalle. Or notre identité – de juifs recherchés par la police de Vichy – était parfaitement connue en ce lieu, et il était parfaitement notoire qu’avant d’être autorisés à y résider, nous avions été contraints de nous présenter au Commissariat spécial de la ville. C’est donc malgré – et si j’estime pouvoir dire à cause de – la suspicion dont nous étions l’objet, que Madame Verdalle vint spontanément nous offrir l’aide morale et matérielle qui nous étaient à ce moment nécessaires.

    (…)

    Madame Verdalle n’hésita pas à nous faire connaître ses sentiment profonds anti-allemands, son dégoût envers les procédés de l’autorité – de Vichy – qui prétendait gouverner la France, son émotion devant les traitements infligés aux minorités raciales, son profond et sincère désir de voir la France libérée de l’oppression allemande avec l’aide de nos alliés anglais et américains, son mépris pour les gens suspects d’esprit collaborateur.

    Sentant combien nous avions besoin d’un réconfort et d’un appui moral, elle nous reçut constamment chez elle – au Vieux-Logis, à Navarrenx – , au mépris des conséquences probables d’une amitié aussi nettement affichée. Son « gaullisme » était d’ailleurs notoire, car elle affichait publiquement ses opinions et commentait les nouvelles données par la radio alliée, qu’elle suivait assidûment.

    (…)

    L’attitude de Madame Verdalle envers nous ne fut d’ailleurs que l’une des manifestations de ses constants efforts en faveur des opprimés et des victimes de l’occupation allemande. Parmi d’autres exemples, je choisirai celui concernant son actuel mari – Francois-Frédéric Wachsner, depuis le 8 décembre 1945 à Navarrenx – , bien qu’elle ait également sauvé des Républicains espagnols, les prenant comme domestiques pour les libérer des camps de Vichy – soit le tout proche camp dit de Gurs – , et que dès l’armistice elle ait favorisé le passage en Espagne d’Israélites désireux de fuir les envahisseurs.

    Sous le prétexte, vis-à-vis des autorités, d’avoir besoin d’un précepteur pour son fils – André Laclau-Barrère, né à Cierp le 4 janvier 1925, qui préparait le baccalauréat chez lui, à Navarrenx – , Madame Verdalle avait décidé de sauver au moins un interné du camp de Gurs où elle allait fréquemment porter des colis aux plus infortunés. À force de patience obstinée et de démarches tant à la sous-préfecture d’Oloron qu’à la préfecture de Pau, elle parvint – grâce au concours décisif du commandant de GTE (du camp de Gurs) Marcel Brenot – de se faire affecter à domicile Monsieur Wachsner qui lui fut désigné comme homme capable et méritant dont la santé avait été très atteinte par son internement.

    Je pus juger immédiatement que le hasard avait bien servi les efforts de cette femme de cœur, car l’interné qu’elle rendait à la vie en le sortant du bagne de Gurs était un homme d’une culture supérieure profondément attaché à la France, sa patrie d’adoption – depuis sa fuite de l’Allemagne nazie en 1933 – qu’il avait servie, et s’engageant pendant les hostilités comme Travailleur Étranger, et d’une haute élévation morale. Lors du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord – au mois de novembre 1942 – , ardent à servir la cause des alliés malgré son état de santé encore mal rétabli, il passa la frontière – d’Espagne – dans des conditions de fatigue surhumaine.

    C’est avec le sens d’un devoir justement accompli que je rapporte les faits susexposés, regrettant de ne pouvoir me remémorer tous les actes accomplis par Madame Henriette Verdalle durant les années de l’Occupation ennemie, mais pouvant certifier qu’elle est l’une des plus belles figures françaises que j’ai rencontrées« …

    …

    _ et une photo d’une attestation officielle du Comité cantonal de Libération de Navarrenx

    reconnaissant « officiellement les nombreux services que Madame Wachsner née Verdalle a rendus à nos mouvements de résistance. Sa conduite de femme républicaine peut être citée en exemple » – un document non daté, mais c’est le 8 décembre 1945 qu’avait eu lieu à Navarrenx le mariage d’Henriette Verdalle et Frédéric François Wachsner…

    Attestation du comité de Libération de Navarrenx.pdf

    …

    Trois éléments probants de l’étape décisive que constitue pour l’avancée de nos recherches la découverte et l’exploration à venir de la malle familiale – conservée et retrouvée à Dognen – d’Henriette Verdalle…

    …

    C’est toujours pas pas, step by step, qu’avance, avec patience et constance dans le suivi et poursuivi, la recherche méticuleuse qui découvre ce que nul ne connaissait et n’avait donné à partager jusque là…

    …

    Ce mardi 25 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Reconnaissance unanime du sublime CD « Fauré – Sonatas for violin and piano – Transcriptions » de Kerson Leong et Jonathan Fournel (CD Alpha 1177), un des sommets discographiques parfaits de cet été 2026…

    Reconnaissance unanime du sublime – écoutez ici – CD « Fauré – Sonatas for violin and piano – Transcriptions » de Kerson Leong et Jonathan Fournel (CD Alpha 1177) – enregistré au Domaine Forget de Charlesoix, à Saint-Irénée, au Québec – , un des incontestables sommets discographiques de cet été 2026, avec la parution ce lundi 24 août du très bel article, sur ResMusica, de Bénédict Hévry « Les Fauré fluides, radieux ou épurés, de Kerson Leong et Jonathan Fournel« ,

    confirmant mon propre vibrant hommage « « Suivre le pouls d’une âme en perpétuel mouvement » : le touchantissime CD « Fauré – Sonatas for Violin and Piano – Transcriptions » des délicatissimes Kerson Leong, violon, et Jonathan Fournel, nous faisant accéder sublimement à la très riche intimité musicale de Gabriel Fauré… » en date du 28 juin dernier, il y a presque deux mois déjà..

    …

    Les Fauré fluides, radieux ou épurés, de Kerson Leong et Jonathan Fournel

    …

    Leur croisement, voici une dizaine d’années à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth et leurs récitals partagés depuis, laissaient présager de belles affinités entre et . Ce premier jalon discographique du duo consacré à en est l’éclatante – en effet – confirmation.

    …

    Quarante ans séparent la rédaction des deux sonates pour violon et piano de : la Sonate n° 1 en la majeur op. 13 (1875), contemporaine des fiançailles rompues avec Marianne Viardot, devance de dix ans celle de Franck écrite d’ailleurs dans la même tonalité, une œuvre spontanée et poétique, d’un pressentiment quasi proustien – oui – et refusée par bien des éditeurs à l’époque au vu de ses audaces textuelles et harmoniques. La plus austère et peu fréquentée Sonate n° 2 en mi mineur op. 108, née aux heures les plus sombres de la Grande Guerre, est dédiée à la reine Elisabeth de Belgique : à la houle du premier mouvement répondent la nostalgique piété de l’andante et la grisaille un rien résignée du final menant à une monumentale coda où les jalons thématiques du premier mouvement réapparaissent soudainement dans leur souveraine majesté – voilà.

    …

    « Poulains » tous deux de l’écurie Alpha Classics, et ont choisi de partager ce programme au vu d’une passion et d’une curiosité communes pour . Dès les premières mesures de l’Opus 13, l’accord est parfait : à la sonorité pulpeuse du violon, à sa magnifique tenue d’archet et à l’élégance fluide de son phrasé – oui – répond la probité absolue, l’efficience dialogique, et l’aération souveraine du jeu – oui – (malgré une prise de son un rien réverbérée) d’un , chambriste d’une sensibilité patentée. Dès l’allegro molto, le tandem témoigne de cet équilibre radieux, de cette générosité confiante, de cette complicité généreuse dans l’élan et la cambrure de la phrase – tout cela d’une parfaite justesse d’appréciation. L’andante laisse se déployer dans sa sophistication expressive une complicité fusionnelle et souveraine – tout à fait. C’est toutefois dans le scherzo allegro vivo que s’imprime la touche poétique la plus fine : un vif-argent magnifiquement articulé, rehaussé par ce minuscule effet d’étincelle du violoniste — un léger appui d’archet sur la dernière note des gruppetti qui fait scintiller le timbre. Le finale, enfin, s’épanouit dans un climat serein et éminemment solaire, celui d’un bonheur sans nuage du jeune Fauré – en l’expression musicale épanouie de son intimité.

    …

    Aborder le Fauré tardif, et en particulier cette Seconde Sonate plus hermétique, exige ascèse et renoncement à tout pathos facile – oui. Là où la tradition française d’il y a un demi-siècle incarnée avec ferveur par le jeune (mentor de Leong à la Chapelle) et un (Warner, 1979) brillant mais moins ductile, appuyait ses effets dans le poids de la corde et l’angularité du clavier, Leong et Fournel choisissent la voie – fluidissime – du souffle épique et de la conjonction parfaite des intentions, nuances et phrasés, dans le plus grand respect de la partition.

    …

    Évitant tout autant le piège d’une rigueur trop verticale, un rien « droite » et amidonnée — à l’instar de la presque trop impeccable version d’ en compagnie de (Harmonia Mundi, 2002, collection « Musique d’abord »), le présent duo noue une filiation oblique avec la clarté aristocratique et la lumière argentée – voilà – d’un (Philips/Decca, 1979). L’archet de et la tenue unie de Jonathan Fournel n’exacerbent jamais inutilement la tension : par leur ampleur de vue, ils élargissent leur vision vers un horizon chimérique – fauréen – , tant au gré de la tempête marine de l’allegro non troppo initial que dans un suffocant andante central d’une pureté cristalline retenue, ou encore au long d’un finale longtemps incertain menant à sa mystérieuse apothéose – voilà. Mais là où l’enregistrement du violoniste belge péchait par une balance d’enregistrement très discutable, renvoyant le piano de dans des limbes ouatées, l’équilibre sonore est ici souverain pour l’établissement d’un dialogue d’égal à égal, aussi pulpeux qu’éloquent – c’est excellemment dit.

    …

    Si, au temps du microsillon, le couplage de ces deux sonates apparaissait comme nécessaire et suffisant, le minutage du disque compact impose désormais de compléter le programme – ici de 69′ 44. Là où certains osent le rapprochement avec la Sonate de Franck (à l’instar de Tedi Papavrami et Nelson Goerner, parus également chez Alpha) ou choisissent, comme ou , l’intégrale des pièces brèves fauréennes augmentée du morceau de lecture à vue composé pour le Conservatoire de Paris, nos interprètes opèrent un tri d’une grande intelligence.
    De ce dernier panel, Kerson Leong et Jonathan Fournel ne retiennent, en guise d’intermèdes entre les deux sonates, que la superbe et juvénile Berceuse opus 16, à juste titre célèbre, mais remettent surtout en lumière la transcription par le compositeur lui-même du délicat et énamouré nocturne so british extrait de la musique de scène pour le Shylock opus 57 de Shakespeare.

    …

    Les deux musiciens se sont aussi visiblement fait plaisir – oui – au gré de quelques autres transcriptions – très – habilement choisies : la volubile Fileuse extraite de la musique de scène pour Pelléas et Mélisande opus 80 dans le brillant arrangement de Leopold Auer, mais aussi plusieurs mélodies adaptées avec art — le célébrissime Clair de lune d’après Verlaine (dans l’ajustement d’, qui redistribue subtilement les lignes entre violon et clavier) ou le pudique Soir op. 83 n° 2 (dans la version d’). Plus remarquable encore : le violoniste canadien y va de ses propres transcriptions de deux  « tubes » absolus du répertoire fauréen – en effet – : Les Berceaux opus  23 n° 1 et Après un rêve opus  7 n°1. Deux réussites totales – absolument !  – , portées par un sens de l’économie, une sobriété de moyen – sans pathos – et une proximité rhétorique absolue avec les intentions du texte littéraire original.

    …

    Mais c’est avant tout par la hauteur de leur vision – oui – , leur complicité d’une élégance sans fard – oui, oui – et un équilibre musical – splendide – magnifiée par une captation quasi-idéale – oui ! – , souverain – voilà – que Kerson Leong et Jonathan Fournel signent ici un très grand disque – et encore mieux que cela ! – , avec, sans l’ombre d’un doute, la nouvelle référence moderne – oui – du couplage des deux sonates de Gabriel Fauré.

    …

    Gabriel Fauré (1845-1924) :Sonates pour violon et piano n° 1 en la majeur op. 13 et n° 2 en mi mineur op. 108.Nocturne op. 57 n° 2 (arr. Fauré). Les Berceaux op. 23 n° 1 (arr. Kerson Leong). Fileuse op. 80 n° 2 (arr. Leopold Auer). Clair de lune op. 46 n° 2 (arr. Albert Périlhou). Berceuse op. 16. Après un rêve op. 7 n° 1 (arr. Kerson Leong). Soir op. 83 n° 2 (arr. Albert Stoessel).

    Kerson Leong, violon ; Jonathan Fournel, piano.

    1 CD Alpha.

    Enregistré au Domaine Forget de Charlevoix, Saint-Irénée, Québec (Canada).

    Notice de présentation en français et anglais (entretiens avec les artistes).

    Durée : 69:44

    …

    Une merveille, et de musique de Gabriel Fauré, et d’interprétation justissime – en la diversité de sentiments des pièces choisies pour ce programme – de Kerson Leong et Jonathan Fournel !

    Et un CD qui ne quitte jamais de très loin la platine : on ne peut pas se lasser de son enchantement…

    …

    Ce lundi 24 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa