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  • Alexei Lubimov au sommet pour les sublimes derniers – sublimes ! – opus 116, 117, 118 de Brahms…

    Voilà : j’aime Brahms,

    et j’aime aussi tout particulièrement les interprétations sur instruments anciens excellemment choisis d’Alexei Lubimov.

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    Et je suis quelqu’un de fidèle.

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    Ayant découvert (et entendu, et admiré !) quelques extraits à la radio donnés sur France Musique, de son tout récent CD NIFCCD 154 – de l’Institut Chopin – « Brahms – Alexei Lubimov – Fantaisies – Rhapsodies – Intermezzi – Klavierstücke« , sur un piano Streicher de 1878,

    je me suis bien entendu précipité sur ce très désiré objet, pour ma joie la plus pure !!!

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    Et, surprise, l’article de ce matin mardi 25 mars de Jean-Charles Hoffelé sur son blog Discophilia, intitulé « Expérimental » – dont je ne partage, pour une fois, pas les frilosités : c’est même tout le contraire !!! –, est consacré à cet extraordinaire CD Brahms – enregistré à Brno, du 6 au 9 février 2024 – d’Alexei Lubimov – né à Moscou le 16 septembre 1944…

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    EXPÉRIMENTAL

    Je sais – et moi aussi ! et je la partage… – la passion d’Alexei Lubimov pour les claviers anciens, cette fois il aura jeté son dévolu sur un étrange pianoforte sorti – en 1878 –  des ateliers viennois de Johann Baptist Streicher, l’un des trop rares grands pianos de concert datant de la fin de son activité, le type même d’instrument que, probablement, Brahms jouait.

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    Pourtant, il pose à l’interprète plus de questions qu’il ne lui apporte de réponses : peu de résonances, peu d’harmoniques, un clavier difficile à dompter, tout cela n’est pas – mais pas du tout – pour déstabiliser Lubimov, l’incite à des audaces d’interprétation – d’une justesse proprement jubilatoire : au parfait seul service des œuvres interprétées, comme cela devrait toujours être le cas pour les interprètes… – qui rendent Brahms soudain austère – pas vraiment : seulement juste et lucide, face au temps qui lui reste… – dans l’Opus 118, heurté et cassant au long des visions qui emportent – sublimement – les sept Fantaisies de l’Opus 116.

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    Violentes jusque dans leurs chants comme morcelés, elles donnent le ton de cet album dérangeant – révélateur ! plutôt… -, passionnant aussi tant cet instrument revêche – c’est excessif –  relit, quasiment de lui-même, des cahiers dont l’hédonisme a disparu – pas tout à fait : Brahms s’y confronte seulement et très simplement, sans œillères, au tout simple tragique nu et sans fards, avec sa part de rude âpreté, de la vie, sans le moindre pathos un peu sucré auto-complaisant ; et son interprère parfait de vérité, Alexei Lubimov, est, lui, en quelque sorte, un anti Arkadi Volodos, archétype pour moi de qui préfère s’écouter lui jouer qu’écouter vraiment et servir avec probité la musique…

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Johannes Brahms
    (1833-1897)

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    7 Fantaisies, Op. 116
    2 Rhapsodies, Op. 79
    3 Intermezzos, Op. 117
    6 Klavierstücke, Op. 118

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    Alexei Lubimov, piano Streicher (1878)

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    Un album du label de l’Institut Chopin de Varsovie NIFCCD 154
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    Photo à la une : le pianiste Alexei Lubimov – Photo : © DRsans fards,

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    Et c’est là absolument admirable de vérité essentielle !

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    Immense merci, Monsieur Lubimov – avec un seul regret : que manque ici, en ce si admirable CD de 80′, l’Opus 119…

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    Ce mardi 25 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ravel et Mozart, ce qui les lie, selon une lucide remarque un peu détaillée de l’excellent pianiste Julien Libeer (« Mozart, l’exemple absolu de Ravel »), au final d’un entretien de présentation de son présent CD « Mozart 1-2-3-4 – solo – duo -trio – quartet », à propos de ce qu’il qualifie d’ »une virée Ravel qui s’annonce pour l’automne »…

    En un entretien avec Pierre-Jean Tribot, intitulé « Julien Libeer face à Mozart« , paru hier 23 mars sur le site de Crescendo Magazine, à propos de la parution le 28 mars prochain de son CD Harmonia Mundi HMM 102699 « Mozart 1 ∙ 2 ∙ 3 ∙ 4. Solo, Duo, Trio, Quartet« , avec Pierre Colombet, violon, Máté Szücs, alto, et Eckart Runge, violoncelle,

    à la question finale de Pierre-Jean Tribot : « Est-ce que vous avez déjà un autre projet de disque en préparation ?« ,

    l’excellent Julien Libeer répond ceci, que je tiens à retenir et signaler ici :

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    « Oui, il y a une virée Ravel – voilà ! – qui s’annonce pour l’automne.

    Mozart ayant été l’exemple absolu – mais oui ! – de Ravel, il paraissait cohérent – et fécond – de travailler sur les deux simultanément – bravo ! – : ce sont deux mondes aristocratiques – oui ! d’une élégance et fluidité toujours parfaites… -, d’une invention mélodique intarissable – oui – , expressive mais jamais vulgaire – en effet ! et c’est aussi à souligner… –, et dont l’absence de coutures visibles – l’art effaçant les moindres efforts de tout le nécessaire inventif travail de l’art – tient du miracle – des qualificatifs d’une justesse d’intuition assez remarquable, et que je tenais ainsi à citer, en ce printemps d’année Ravel 2025.

    Au disque, il s’agira essentiellement d’œuvres pour piano seuls – de Ravel par Julien Libeer, donc… – , mais mes vieux comparses Lorenzo Gatto – violon – et Bruno Philippe – violoncelle – viendront en soutien pour quelques plages«  – de ce futur CD Ravel de l’automne prochain…

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    Voilà donc, avec ce Ravel mozartien à venir – un autre élément, et bien entendu crucial, car très profond et essentiel chez eux deux, est leur semblable dépassement du tragique de la vie, qu’ils intègrent, incorporent, et sublimement dépassent et transcendent comme probablement très peu d’autres, avec cette simplissime naturelle élégance, en dehors d’eux … –, assez prometteur pour cette fin d’ »Année Ravel 2025 » – une retombée un peu utile (et parfois magnifique !) de cette mode un peu mécanique, pour programmeurs de concerts ou producteurs de disques en panne d’inspiration, des commémorations aux dates commodes et faciles à cocher sur les calendriers d’anniversaires…

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    Ce lundi 24 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Comment réaliser un bel hommage à Ravel qui soit aussi assez original : l’exemple à relever du CD « Bertrand Chamayou – Ravel fragments », en son regard renouvelé sur sa modernité…

    Comment réaliser un hommage à Ravel qui soit assez original ?..

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    Un excellent exemple à relever est celui du très intéressant CD Erato 5021732601230 « Bertrand Chamayou – Ravel fragments«  – enregistré aux Studios Miraval du 19 au 21 décembre dernier (2014) – ; que j’ai commencé à effleurer en appendice – « Autre ravelienne chose, mais musicale et discographique celle-là…« , écrivais-je alors – à mon article en date du 7 mars dernier « De nouvelles pistes de recherche à propos des rapports de Maurice Ravel et les Gaudin, amis (Marie) comme cousins (Magdeleine, Edouard, etc.)…« …

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    Et l’article bien détaillé de Jean Lacroix intitulé « Bertrand Chamayou célèbre les 150 ans de Ravel par un hommage kaléidoscopique » paru le 19 mars dernier sur le site de Cescendo Magazine, m’en fournit une très bonne occasion :

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    Bertrand Chamayou célèbre les 150 ans de Ravel par un hommage kaléidoscopique 

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    LE 19 MARS 2025 par Jean Lacroix
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    Fragments. Maurice Ravel (1875-1937) : Extraits de Daphnis et Chloé, La Valse, transcriptions de Maurice Ravel ; Trois Beaux Oiseaux du paradis, Chanson de la mariée, Pièce en forme de habanera, transcriptions de Bertrand Chamayou. Joaquín Nin (1879-1949) : Mensaje a Ravel. Salvatore Sciarrino (°1947) : De la nuit. Alexandre Tansman (1897-1986) : Prélude n° 5 (Hommage à Maurice Ravel). Frédéric Durieux (°1969) : Pour tous ceux qui tombent (Hommage à Maurice Ravel). Ricardo Viñes (1875-1943) : Menuet spectral (à la mémoire de Maurice Ravel). Xavier Montsalvatge (1912-2002) : Elegia a Maurice Ravel. Betsy Jolas (°1926) : Signets (Hommage à Ravel). Arthur Honegger (1892-1955) : Hommage à Ravel, extrait des 3 Pièces. Bertrand Chamayou, piano. 2024. Notice en français, en anglais et en allemand. 61’ 17’’. Érato 5021732601230.

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    Bertrand Chamayou a travaillé au Conservatoire de Paris avec Jean-François Heisser, un élève de Vlado Perlemuter, qui fut proche de Ravel. Il y a une dizaine d’années, il signait, déjà pour Érato, une – excellente – intégrale de la musique pour piano seul de Maurice Ravel, dont on avait aimé, entre autres qualités, la maîtrise technique, la lisibilité et le souci des détails. Dans la notice qu’il signe lui-même – aujourdhui -, Chamayou précise qu’il avait alors laissé de côté l’un ou l’autre inédit, des travaux d’étudiant et des pages de jeunesse, ainsi que des transcriptions de la main du compositeur. Sous le titre Fragments, qui évoque la brièveté, il réunit ici des pages adaptées par Ravel, d’autres qu’il a arrangées lui-même, ainsi qu’un florilège d’hommages par huit compositeurs, du temps de Ravel jusqu’à notre époque. Tout cela forme un kaléidoscope riche et original que Chamayou domine avec facilité et un sens affirmé des différents climats – en effet. On y retrouve – oui – les qualités énoncées pour caractériser l’intégrale de 2015.

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    Transcrits par Ravel lui-même, Chamayou propose plusieurs moments issus de Daphnis et Chloé. On retrouve les sensations presque picturales de l’œuvre symphonique, avec son lyrisme sensuel, sa dimension mystérieusement raffinée et cette ivresse qui naît de la mise en évidence de la lumière et de l’esthétique liée aux rythmes. Le pianiste y insuffle une vie intense, qu’il porte à son comble – voilà ! voilà ! probablement l’acmé de cet hommage-ci… – dans La Valse – cf ce que j’en disais (et surtout donnais à écouter) en ajout terminal à mon propre article du 7 mars dernier « De nouvelles pistes de recherche à propos des rapports de Maurice Ravel et les Gaudin, amis (Marie) comme cousins (Magdeleine, Edouard, etc.)… » : « Ecoutez donc ici le podcast (de 12′ 58) de cette un peu anguleuse – ici – « Valse », notamment – ça dépote !! « … -, version solo impressionnante et envoûtante – oui – de virtuosité – et de modernité, aussi, qui en renouvelle, et de façon très bienvenue, l’approche… _ , à la sonorité généreuse, mêlée à un parfum d’irréalité qui lui confère une aura où la tension est permanente. Chamayou apporte sa propre contribution en transcrivant des mélodies : les Trois beaux oiseaux du paradis, tirés des 3 Chansons de 1915, écrites en temps de guerre, la Chanson de la mariée, l’une des 5 Mélodies populaires grecques de 1904/06, et l’obsédante Pièce en forme de habanera de 1907. Ce sont de petites pièces suggestives et expressives, jouées avec un raffinement sans ostentation.

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    L’idée d’intercaler, entre les pièces ravéliennes, une série d’hommages à lui adressés par d’autres compositeurs, au fil des années, est ingénieuse. Nous faisons nôtres les termes utilisés par Chamayou pour caractériser les accents hispaniques du Mensaje de Joaquín Nin, la douceur énigmatique de l’Elegia de Xavier Montsalvatge, le néo-classicisme lumineux d’Arthur Honegger, ou les cloches envoûtantes d’Alexandre Tansman. – un compositeur que personnellement j’aime beaucoup. Il s’agit, à chaque fois, de brefs morceaux dont l’entrelacement avec les pages ravéliennes crée un climat de complicité, qui trouve, dans le Menuet spectral de 1938 de Ricardo Viñes, proche du compositeur, l’émotion la plus profonde suscitée par la disparition de son ami.

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    Une belle place est réservée aussi à des pages plus contemporaines – accentuant par là une certaine modernité de Ravel, et qui, sans nul doute, lui aurat plue. Elles sont signées Betsy Jolas, qui utilise dans Signets des motifs de la fantasmagorie de Gaspard de la nuit, ou Frédéric Durieux, qui a étudié avec Betsy Jolas et Ivo Malec, et livre en 1997, dans Pour tous ceux qui tombent, un message au climat glacial et blafard – oui – qui fait allusion au Gibet. De son côté, le Sicilien autodidacte Salvatore Sciarrino offre, en 1971, un impressionnant collage de plus de six minutes qui, comme l’explique Chamayou, met bout à bout des bribes d’« Ondine » et de « Scarbo », se jouant de notre mémoire et nous donnant l’impression d’une hallucination.

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    Ce programme original et inédit, conçu avec imagination, est joué par Chamayou avec une fluidité – oui – que l’on trouvait déjà dans son intégrale, à savoir une dimension pointilliste, mêlée à une clarté des lignes – un trait éminemment ravelien ! – et un souci des détails. Une belle manière de saluer cette année dédiée au souvenir de Ravel.

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    Son : 9    Notice : 9    Répertoire : 10    Interprétation : 10

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    Jean Lacroix

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    Un bel hommage ravelien, qui séduit,

    et nous aide aussi, de façon très intéressante, à porter nous-même un autre regard, un peu de biais, sur le génie même, à la fois singulier, mais aussi très français, de Ravel, dans la ligne de son sublime « Tombeau de Couperin« – même si Bertrand Chamayou, en cet hommage, prend plutôt l’angle de son « Gaspard de la nuit« …

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    Ce dimanche 23 mars 2025, Titus Curiosus – Franncis Lippa

  • L’extraordinaire d’intimité bouleversante « Lines of lines – Schubert – Kurtág » de Benjamin Appl et György Kurtag : un sublime bijou tout de sobriété, pour nous accompagner à aller à l’essentiel, nous aussi, de nos vies…

    C’est un bouleversant – d’intensité intime – moment de musique que, avec le saisissant CD Alpha 1145 « Lines of life – Schubert & Kurtág« , viennent nous faire un somptueux cadeau musical le superbe baryton Benjamin Appl  – dont j’ai beaucoup beaucoup apprécié les précédents CDs « Forbidden fruit » et « Schubert – Winterrreise » , avec son compère pianiste James Baillieu (tous deux sont londoniens), pour Alpha, ainsi que le récital « Schubert – Lieder with orchestra« , avec le Münchner Rundfunkorchester dirigé par Oscar Jockel, pour BR Klassik ; cf mon article récapitulatif en date du 10 octobre 2023 : « Le charme extrêmement prenant de Benjamin Appl à nouveau opérant et superbe dans un programme à nouveau original et assez singulier : un bouquet de 19 Lieder de Franz Schubert en des adaptations orchestrales d’Anton Webern (5), Max Reger (7), Alexander Schmalcz (2) et 5 autres compositeurs-orchestrateurs, avec la complicité du chef, natif lui aussi de Ratisbonne, Oscar Jockel, et le Münchner Rundfunkorchester : un album infiniment séduisant de clarté et naturel, justesse et poésie… » ; Benjamin Appl est né le 26 juin 1982 à Ratisbonne, en Bavière : il a été d’abord formé au chant, enfant, au renommé Regensburger Domspatzen… – et le merveilleux – et très singulier : magnifique ! – compositeur – et ici aussi pianiste, pour un lied de Schubert et un lied de Brahms… – György Kurtág, dont l’œuvre tout entier est une très exigeante visée-quête d’accès brefs, forcément, à une sublime éternité hors temps, et à laquelle il parvient !,

    avec ce CD enregistré à Budapest les 23 et 24 mars et 5 et 6 mai 2024, mais très intensivement préparé, à Budapest même, sur une durée de rien moins que douze jours (!) ;

    Gÿorgy Kurtág (né à Lugo, en Transylvaniue le 19 février 1926) était alors, ces douze jours d’ardente préparation et enregistrement – de 1200 prises ! – de mars et mai 2024, un jeune homme d’à peine 98 ans…

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    C’est un article de Dominique Adrian, intitulé « Benjamin Appl à l’école de Kurtág, une inoubliable leçon de musique« , publié sur le site de ResMusica en date du 15 mars dernier, qui m’a fait me mettre en quête immédiate de ce CD désiré ;

    pour ma plus vive et très reconnaissante jubilatoire satisfaction : quel sublime art, et du compositeur Kurtág, et de l’interprète Appl !

    – celui-ci chantant, et merveilleusement !, a capella sur 8 des 21 plages de musique de ce CD : 8 des Lieder de Kurtág ; mais aussi accompagné au piano par James Baillieu sur 6 des plages : pour des Lieder de Schubert ; par Pierre-Laurent Aimard sur 4 des plages : pour des Lieder de György Kurtág sur des poèmes de Ulrike Schuster ; par György Kurtág lui-même au piano, pour les lieder « Der Jüngling an der Quelle » de Schubert et « Sonntag » de Brahms ; et par le tromboniste Csaba Bencze et le tubiste Gergely Lukács pour le lied « Gestalt und Geist » des « Hölderlin-Gesänge« , Op. 35a: No. 3 de György Kurtág…

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    Benjamin Appl à l’école de Kurtág, une inoubliable leçon de musique

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    Le disque publié par Alpha retrace une collaboration unique – oui ! – autour du Lied romantique – 7 Lieder de Franz Schubert et un de Johannes Brahms – entre le jeune baryton et le vénérable compositeur – l’un de 41 ans, l »autre de 98 ans, lors des séances d’enregistrement, en mars et mai 2024, de cet exceptionnel CD…

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    Même le décès de son inséparable épouse Márta en 2019 n’aura pas mis un terme à la créativité de , le dernier survivant de la génération miraculeuse née dans les années 1920 qui, marquée par l’Histoire – et, pour Kurtag, par l’œuvre de Bela Bartok -, a révolutionné la musique après 1945 – et lui, à la différences de bien d’autres compositeurs ses contemporains, il ne passera pas aux oubliettes de la musique… Il n’a notamment pas cessé de recevoir les musiciens désireux de travailler avec lui, comme le baryton , qui a tiré un disque de cette collaboration. Les œuvres de Kurtág lui-même s’y taillent la part belle – 13 plages sur les 21 de musique de ce CD -, naturellement, mais Appl a aussi travaillé avec lui sur le Lied romantique, principalement Schubert – 7 plages -, qu’il avait déjà servi au disque avec un Winterreise très estimable (Alpha, 2021) – avec aussi, je me permets de l’ajouter ici, les lieder « Heidenröslein » et « Gretchen am Spinnrade » aux plages 34 et 35 du très marquant CD Alpha 922 « Forbidden fruit » ; cf mon article « La remarquable singularité du programme, et la parfaite réalisation musicale, du passionnant CD « Forbidden Fruit » de Benjamin Appl et James Baillieu » en date du 30 juillet 2023. Il aura fallu douze jours pleins et 1200 prises pour enregistrer les cinquante minutes de musique du disque, sous la direction de Kurtág lui-même, sans compter le travail préparatoire : on pourrait craindre de découvrir un froid produit de studio, mais c’est un joyau de naturel musical  – voilà ! – qui en sort.

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    Les six fragments des Hölderlin-Gesänge op. 35a – aux plages 8 à 13 du CD -, composés au milieu des années 90 et complétés par deux autres poèmes de Hölderlin – « Das Angenehme diner Welt« , à la plage 3, et « Nun versteh ich den Menschen  erst« , à la plage 5… -, sont la seule œuvre de Kurtág déjà connue, notamment par un enregistrement un peu raide par Kurt Widmer (ECM) : composé pour voix a cappella – seuls un trombone – celui de Csaba Bencze – et un tuba – celui de Gergely Lukacs – viennent ajouter un peu de drame – feutré cependant – dans le troisième fragment. Les mots de Hölderlin, poète maudit – sauf par Heidegger et les philosophes, qui, eux, le vénèrent… – souvent accusé d’hermétisme, qui n’a séduit les musiciens qu’au XXe siècle (de Nono à Holliger) en trouvent toute leur force prophétique – tout simplement, oui !

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    Les autres œuvres de Kurtág présentes sur le disque sont des œuvres toutes récentes, composées en 2022 et 2023, ou du moins révisées pour l’occasion, souvent en rapport direct avec le travail avec Appl : Circumdederunt – impressionnant et splendide ! -, d’abord composé pour le violoncelle de Steven Isserlis, retrouve ici le texte qui l’a inspiré, extrait des psaumes ; Kurtág met en outre en musique quatre poèmes de la poétesse Ulrike Schuster, en une sorte de petit cycle pas forcément achevé, cette fois avec piano – celui de Pierre-Laurent Aimard.

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    Pour cette courte odyssée, est accompagné par trois pianistes, pas moins. , qui connaît Kurtág depuis des décennies, accompagne le chanteur pour la création des pièces sur les poèmes de Schuster, et on entend cette familiarité : il sait que chaque note de Kurtág fait entrevoir un monde à part entière – voilà.

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    Pour l’essentiel des Lieder de Schubert, c’est James Baillieu, accompagnateur habituel – en effet : ils sont tous deux londoniens… – d’Appl, qui est au piano, et on sent dans son jeu autant que dans le chant d’Appl le bénéfice du travail avec Kurtág : le piano est d’une présence étonnante, parce qu’il s’agit ici de musique de chambre et non de simple soutien de la voix. En écho aux pièces de Kurtág, et conformément au titre du disque, le choix des musiciens s’est porté sur des Lieder méditatifs, presque métaphysiques – oui, voire testamentaires… -, entre élégies sur la fragilité des choses humaines et parcours de vie – voilà : « Lines of life » est intitulé le CD… –  : Appl a appris au contact de Kurtág à faire confiance aux notes, et la chaleur de son timbre – oui ! – n’a besoin d’aucun artifice pour habiter comme jamais – oui ! – ce répertoire si connu – de Schubert, tout particulièrement…

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    C’est ce qu’on entend aussi dans deux Lieder de Schubert (Der Jüngling an der Quelle) et de Brahms (Sonntag op. 47 n° 3) accompagnés par Kurtág lui-même : à 98 ans, on ne peut attendre de lui une virtuosité de jeune homme, et on sent ici, au piano de concert, le goût du compositeur pour les sonorités plus dépouillées – sobres et essentielles ! – du piano droit, mais il y montre par l’exemple ce qu’il enseigne depuis des décennies, cette humilité – oui ! – face à chaque note que le musicien doit mériter ; Sonntag de Brahms prend une dimension inédite qui en fait une vraie révélation.

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    Le disque est complété par une interview – de 18′ 18, à la plage 22 – de Kurtág par Appl, en allemand (sa traduction est fournie dans le livret) : on n’y apprend rien de nouveau sur sa biographie ou sa méthode de travail, mais il constitue une bonne introduction de la pensée musicale de Kurtág, toujours aussi éveillée et pertinente.

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    Un CD méditatif et heureux – sur la vie – vraiment extraordinaire !!!

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    Ce samedi 22 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa