Catégorie : Histoire

  • A propos de Suzanne Blanché (1896-1958) et Ramiro Arrué (1892-1971) : un hommage…

    Le 28 octobre 2021,

    à l’occasion du cinquantenaire du décès de Ramiro Arrue (Bilbao, 20 mai 1892 – Saint-Jean-de-Luz, 1er avril 1971),

    un article « HOMMAGE AU PEINTRE RAMIRO ARRUE » s’est fait l’écho de l’hommage que la municipalité de Saint-Jean-de-Luz, en la personne de Laurence Ledesma, adjointe au Maire déléguée à la culture et au patrimoine, a rendu au célèbre peintre de la basquitude Ramiro Arrue,

    ainsi qu’à son épouse la luzienne Suzanne Blanché (Saint-Jean-de-Luz, 29 janvier 2896 – Saint-Jean-de-Luz, 2 octobre 1958)

    – ici  la plus à gauche sur cette photo prise le 24 août 1930,

    et qui est conservée désormais au Palazzetto Bru-Zane à Venise… : 

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    Maurice Ravel entouré d'amis | Bru Zane Mediabase

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    Voici donc cet hommage d’octobre 2021, au cimetière d’Aïce Errota :

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    À l’occasion des 50 ans de la mort de Ramiro Arrue (1892-1971), la ville de Saint-Jean-de-Luz rend hommage au peintre basque le plus célèbre au monde. Ce jeudi 28 octobre 2021, Laurence Ledesma, adjointe au Maire déléguée à la culture et au patrimoine, a fleuri sa tombe au cimetière Aice Errota.

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    Portrait de l’artiste

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    Né à Bilbao en 1892, Ramiro Arrue découvre très jeune, la peinture en compagnie de ses trois frères, Alberto, Ricardo et José, artistes également.

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    Après quelques années parisiennes, il s’établit en 1917 à Saint-Jean-de-Luz et devient Membre de l’association des artistes basques puis du « Groupe des Neuf ». Il participe activement à la vie artistique locale et conserve, en pleine période surréaliste, une grande simplicité de trait reconnaissable par tous.

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    En 1925, il reçoit la médaille d’or à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs de Paris pour son tableau « Le Fandango ».

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    Après avoir été accueilli au Albert Hall de Londres, il séjourne aux Amériques (Montevideo, Buenos Aires…) où son œuvre est restée très célèbre.

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    En 1929, il épouse Suzanne Blanche (petite-fille de Madame Faustin Malbos – née Marie Geneviève Beltscher (Saint-Jean-de-Luz, 31 mars 1843 – Saint-Jean-de-Luz, novembre 1939) – , libraire de la rue Gambetta) qui sera – son épouse, Suzanne – l’une de ses grandes sources d’inspiration.

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    Ramiro ARRUE (1892-1971)

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    Toute sa vie, il peindra inlassablement le Pays Basque, et exécutera un grand nombre d’affiches, de travaux publicitaires, de décors et de costumes – très admirés aujourd’hui !

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    Malgré tout, il passe les dernières années de sa vie dans le plus grand dénuement et la plus grande solitude, échangeant ses tableaux contre des repas et meurt à 79 ans. Il est enterré au cimetière d’Aice Errota.

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    Autoportrait – Ramiro Arrue
    Collection Ville de Saint-Jean-de-Luz
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    Tombe de Ramiro Arrue au cimetière Aice Errota
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    SES ŒUVRES

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    Je ne veux pas que l’on organise une exposition de mes œuvres après ma mort. Le goût actuel pour la peinture ne me serait pas du tout favorable, aussi, ce n’est pas la peine d’aller au-devant d’un échec. D’autre part, mes tableaux sont éparpillés de tous côtés et il serait trop compliqué de les réunir, d’autant plus que je ne serai pas là pour faire un choix… écrivait-il trois semaines avant sa mort.

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    Le 29 septembre 1972, la ville de Saint-Jean-de-Luz honore l’artiste en lui dédiant la place située près de son ancien domicile – sur laquelle se trouve la villa Mirentxu, de la famille Gaudin – et acquiert 63 œuvres lors de sa succession.

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    « LE FANDANGO » EXPOSÉ AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE BILBAO

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    De novembre 2021 à mars 2022, le musée des Beaux-Arts de Bilbao accueillera « le Fandango » pour une exposition baptisée « L’œuvre invitée ». Le célèbre tableau sera exposé en miroir avec une œuvre de José Arrue, reconstituant ainsi le Pavillon du Pays basque français présent à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925.

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    Le Fandango – Ramiro Arrue
    Collection Ville de Saint-Jean-de-Luz

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    Ce vendredi 3 octobre 2025; Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La découverte in extremis de ma journée luzienne de lundi 29 septembre, à travailler avec Martine Blandin, la lectrice-correctrice du texte à faire parvenir à l’imprimeur du « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel » à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz : la découverte de l’identité de la personne située la plus à gauche sur la photo du dîner conclusif de la journée de festivités diverses, à Ciboure et à Biarritz, le 24 août 1930, d’hommages à Maurice Ravel : Suzanne Blanché, l’épouse de Ramiro Arrué…

    Lundi dernier 29 septembre, dix heures non-stop de travail hyper-assidu chez moi à Saint-Jean-de-Luz, pour établir la version finale à faire parvenir illico presto à l’imprimeur du « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel » à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz, qui doit paraître ce mois d’octobre-ci pour Jakintza à Ciboure…

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    Une question qui a déjà été abordée précédemment avec mon co-auteur, Guy Lalanne, le président de Jakintza, revient ainsi sur le tapis – soulevée par la curiosité tenace et archi-légitime de Martine Blandin – : qui est donc la personne située le plus à gauche sur la photo bien connue de 7 personnes, dont Maurice Ravel, prise à ce qui fut probablement le dîner conclusif, après le concert donné à l’hôtel du Palais à Biarritz, le soir du 24 août 1930 ?

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    Soumise par mes soins – il y a donc quelque temps déjà – au regard archi-expert de Manuel Cornejo, celui-ci avait été formel, il ne s’agissait certainement pas d’Hélène Jourdan-Morhange, comme l’avait lestement prétendu l’auteur pas assez rigoureux de ce « Ravel – Portraits basques » bourré de bien trop d’erreurs – et lequel ne voulait rien entendre d’avoir pu commettre, lui, mazette !, des erreurs !..

    Qui donc alors était cette personne ? Guy Lalanne s’était demandé, étant donné le bras de son voisin sur la photo, Jacques Thibaud, posé sur l’épaule de cette élégante dame, s’il ne pouvait pas s’agir là de Madame Jacques Thibaud, présente elle aussi, auprès de son mari le brillant violoniste, tout le long de cette journée d’hommages rendus à Maurice Ravel, à Ciboure, le matin, comme à Biarritz, le soir, de cette mémorable journée de festivités raveliennes du 24 août 1930…

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    Lundi soir dernier 29 septembre, au final de notre harassante journée de 10 heures non-stop de travail de mise au point du texte, vers 20h 20, j’ose tenter de joindre au téléphone Manuel Cornejo, même si je sais qu’il est, particulièrement en ce moment, très très pris…

    De fait, pas de réponse au bout de fil ; rien que le répondeur…

    Suivi un peu plus tard de la réception d’un rapide sms explicitant la présente indisponibilité à me répondre, de l’ami Manuel Cornejo…

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    Mais la très fine Martine Blandin, la scrupuleuse lectrice-correctrice, m’avait confié peu avant ce coup de fil de 20h 20, qu’elle avait une hypothèse à soumettre, empruntée justement à un texte trouvé, par sa vive curiosité en alerte, sur Internet, de Manuel Cornejo lui-même, affirmant que le document que constitue cette photo qui était conservé au Palazzetto-Bru-Zane à Venise – jusque-là Martine Blandin ignorait tout de cette institution – , parlait d’une certaine « Madame Blanchet, amie luzienne mélomane » : un bel indice de recherche à ouvrir…

    Mais Martine Blandin me confie aussitôt qu’elle soupçonne que, sous cette mention d’une « Madame Blanchet, amie luzienne mélomane« , pourrait se cacher en fait une certaine Suzanne Blanchet (ou Blanché), luzienne en effet, et épouse, ajoute-t-elle, elle l’a découvert, du très fameux peintre de la basquitude Ramiro Arrué…

    Un ami avéré, lui, de Maurice Ravel, lequel lui a même dédicacé « À Ramiro Arrue Maurice Ravel : cordial souvenir » une photo (cliché Henri Manuel) d’eux deux parmi la foule assistant à la partie de pelote au fronton de Ciboure au matin de ce même 24 août 1930,

    ainsi que prend soin de l’indiquer, aux pages 2596-97  de la Correspondance, écrits et entretiens de Maurice Ravel (édition Gallimard-collection Tel, de mars 2025), Manuel Cornejo, en une précieuse note de bas de page : « Ramiro Arrue (1892-1971) ayant assisté aux cérémonies comme un cliché le prouve qui le réunit avec Maurice Ravel dans le public lors de la partie de pelote basque« …

    …

    Là -dessus, Martine Blandin regagne son domicile provisoire à Socoa, sur ce questionnement un peu plus précis, mais demeuré en suspens de confirmation de la part de Manuel Cornejo à ce moment...

    …

    Mais voilà que, à 23h 54, toujours ce lundi 29 septembre, Manuel Cornejo m’adresse le courriel décisif de réponse suivant :

     » Cher Francis,

    Bonsoir,

    En hâte, l’information sur Mme Blanchet – selon cette orthographe-ci – vient du site internet du Palazzetto Bru Zane de Venise https://www.bruzanemediabase.com/mediabase/documents/maurice-ravel-entoure-damis institution qui conserve un exemplaire du cliché en question. Il est possible – voilà ! – que le nom de Blanchet soit inscrit au verso du cliché conservé – sic. Le responsable scientifique est Etienne Jardin : etienne.jardin@gmail.com

    Le cliché fut d’abord reproduit dans la première édition du livre de Jankélévitch sur Ravel aux éditions Rieder en 1939, mais avec pour seuls noms – alors, en 1939 – en légende de la planche X : Maurice Ravel, Mme Barrientos, Mlle Madeleine Grey, Jacques Thibaud – Jankélévitch évite de citer le nom de cette « Madame Blanchet » qui ne lui parle pas…

    En grande hâte, amitiés,

    Manuel ».

    …

    Et à 23h 57, il se trouve que je dors..

    Mais toujours travaillé par cette question, je me réveille vers 4h 00, et consultant alors mon portable posé sur la table de nuit, je découvre alors stupéfait la teneur de ce courriel de minuit de l’ami Manuel.

    …

    Et quelle formidable surprise pour moi que cette mention des noms et du Palazzetto Bru-Zane et surtout Étienne Jardin ! 

    …

    Et à 4h 23 , j’adresse dare-dare le courriel suivant à Guy Lalanne et Martine Blandin :

    « Voici la réponse de Manuel Cornejo – je la retransmets telle quelle… – à la question que je lui ai adressée hier soir, sur son répondeur, à 20h 20,

    en l’assortissant du commentaire suivant :

    L’extraordinaire de cette affaire est que je connais très bien Étienne Jardin  : c’est lui qui a été rien moins que le correcteur de mes 2 contributions au colloque sur le compositeur Lucien Durosoir (1878-1955) qui s’est tenu au Palazetto Bru-Zane à Venise les 19 et 20 février 2011 ; et nous continuons depuis lors de correspondre…  
    J’ai cherché aussi à faire inviter Étienne Jardin en 2022 chez Mollat pour un entretien avec lui à la Station Ausone ; mais hélas sans succès : son passionnant livre « Exposer la musique Le festival du Trocadéro (Paris 1878) » (aux Éditions horizonsd’attente, en 2022) a été jugé un peu trop pointu pour intéresser un public suffisamment nombreux pour remplir la Station Ausone où ont lieu les enregistrements de conférences et entretiens, comme celui que j’ai eu, le 17 avril dernier avec Manuel Cornejo sur son édition de la Correspondance de Ravel… Une pile d’exemplaires du livre sera cependant bien exposée au rayon Musique de la librairie Mollat…
    Et en mon article « Ecouter Anne-Charlotte Rémond présenter, en son Musicopolis, « L’Exposition de 1878, un panorama musical de son époque », à partir du passionnant travail d’Etienne Jardin en son « Exposer la musique _ Le Festival du Trocadéro (Paris 1878) » » en date du 12 novembre 2022, on trouvera des liens aux 4 précédents articles, en date des 17 juin, 22 juin, 1er juillet et 5 juillet 2022, que j’ai consacrés, sur mon blog encherchantbien.fr  , à ma lecture commentée du très riche travail qu’offre l’enquête parfaitement originale de ce livre d’Étienne Jardin…
    Étienne Jardin est aimable et très compétent.
     Je vais donc immédiatement lui demander à lui aussi l’origine de la présence de ce nom de Mme Blanchet sur cette photo conservée au Palazzetto Bru Zane !
    Et en cherchant sur les archives de mon blog le nom d’Étienne Jardin, on trouvera la mention des divers articles que je lui ai consacrés, à propos de ses travaux de recherche, ou bien dans lesquels simplement je le mentionne…. 
    À suivre…
    Francis »
    …

    Et à 4h 25, dans la foulée de mon enthousiasme, j’adresse à l’ami Manuel Cornejo le courriel suivant :

    « Merci, cher Manuel.

    Étienne Jardin est un ami à moi !

    C’est lui qui a été le correcteur des articles de mes 2 contributions au colloque sur Lucien Durosoir au Palazetto Bru-Zane à Venise en février 2011…

    Nous continuons de correspondre.

    J’avais cherché à le faire inviter chez Mollat pour un entretien à la Station Ausone.
    Mais son livre « Exposer la musique Le festival du Trocadéro (Paris 1878) » avait été estimé trop pointu pour pouvoir réunir suffisamment de public à la Station Ausone…

    Je vais donc lui adresser un courriel à propos de cette photo du 24 août 1930 conservée au Palazetto Bru-Zane…

    À suivre…

    …

    Et il me faut ajouter surtout que Suzanne Blanché (Saint-Jean-de-Luz, 21 janvier 1896 – Saint-Jean-de-Luz, 2 octobre 1958), épouse (le 16 mars 1929 à Saint-Jean-de-Luz)  du fameux peintre Ramiro Arrué (1892-1971) – consulter ici son acte de naissance sur lequel ont été rajoutées les dates de son mariage, en 1929, et de son décès, en 1958… – , est aussi liée de près à Dominique Hiriart (1849-1926), qui a été témoin à la fois au mariage des parents de Suzanne : Joseph Blanché et Marie-Thérèse Malbos, à Saint-Jean-de-Luz, le 17 février 1892 – consulter ici l’acte de leur mariage – , ainsi qu’à sa naissance, le 21 janvier 1896 – éplucher ici l’acte de naissance de Suzanne Blanché – , à Saint-Jean-de- Luz ; les Hiriart domiciliés au 30 rue Gambetta, et les Blanché domiciliés au 34 rue Gambetta, étaient aussi des voisins…

    Et Dominique Hiriart (1849 – 1926) est le cousin au second degré de Marie Delouart (1840 – 1917), la mère de Maurice Ravel (1875 – 1937) ; et il est aussi le père de Magdeleine Hiriart (1875 – 1968), l’épouse de Charles Gaudin (1875 – 1910), la grand-mère paternelle de mon amie et correspondante luzienne Maylen Gaudin-Lenoir (1942)…

    Le monde est petit….

    Francis »

    …

    Et mardi soir, en réponse à mon envoi d’un courriel à Guy Lalanne indiquant ces découvertes de l’identité de Suzanne Blanché, fille  de Joseph Blanché et Marie-Thérèse Malbos, libraire à Saint-Jean-de-Luz, et épouse du fameux Ramiro Arrué, Guy me répondra, enthousiaste :  « J’ai bien connu la librairie Malbos qui était dans une rue perpendiculaire à la rue Gambetta vers le marché à proximité du magasin Hiriart« .

    …

    Et de retour à Bordeaux mardi après-midi, et ayant un peu repris mes esprits,

    c’est à 5h 27 ce mercredi 1er octobre que j’adresse le courriel suivant à l’ami Étienne Jardin :

    …

    « Cher Étienne,

    de retour à Bordeaux de 3 jours passés à Saint-Jean-de-Luz et Ciboure d’ultimes mises au point avec la lectrice-correctrice, Martine Blandin, du texte de mon livre avec Guy Lalanne « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel » à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz, qui doit partir incessamment chez l’imprimeur, le nom de Suzanne Blanché (orthographe correcte) est finalement apparu afin de réussir à légender correctement une des photos prises lors des festivités d’hommage à Maurice Ravel le 24 août 1930…
     
    Et c’est mon ami l’infatigable Manuel Cornejo qui a relevé sur le site du Palazetto où est conservée la photo le nom de cette « Madame Blanchet », en réalité Suzanne Blanché, épouse de Ramiro Arrué, grâce au légendage d’un exemplaire de cette photo conservée en effet au Palazzetto…
     
    Voici la question que j’ai, cher Étienne, à te poser :
    qu’en est-il du légendage de cette photo conservée au Palazzetto ?
    Et de la présence de ce nom mal orthographié (pour quelles raisons ?..) « Mme Blanchet » ?
    pour désigner la luzienne Suzanne Arrué, née Blanché…
     
    Les autres personnes présentes sur cette photo sont :
    le violoniste Jacques Thibaud, Maurice Ravel, la chanteuse Maria Barrientos, Mesdames Turgeon mère et filles (qui sont-elles donc ?..) et la chanteuse Madeleine Grey…
    La photo pourrait avoir été prise au restaurant « La Réserve de Biarritz », situé en fait sur le territoire limitrophe de la commune d’Anglet, le soir du 24 août 1930…
     
    Le repas de midi de ce 24 août 1930, organisé par Charles Mapou, avait eu lieu, lui, au restaurant « La Réserve » de Ciboure : Guy Lalanne possède même le plan de table des convives dessiné de la main de Charles Mapou, et que lui a aimablement remis Jérome Cézard, un des petits-fils de celui-ci – le luzien Jérôme Cézard (né à Saint-Jean-de-Luz le 12c avril 1976) est en effet le fils de Micheline Mapou (Paris 16e, 15 juin 1913 – Saint-Jean-de-Luz, 4 mai 2004) et Maurice Cézard (Paris 7e, 23 juin 1914 – Évreux, 27 janvier 1983)… Cf ici mon article « Qui sont les membres de la famille de Charles Mapou présents au déjeuner festif de 26 convives, organisé à la Réserve à Ciboure le 24 août 1930 en l’honneur de Maurice Ravel…«  en date du 23 avril dernier.
    Et le concert du soir de ce 24 août, s’était tenu, lui, à l’Hôtel du Palais à Biarritz,
    pas très loin du restaurant « La Réserve de Biarritz« , qui se situe un peu plus haut sur le plateau, non loin du phare de Biarritz…
     
    Bien à toi, cher Étienne,
     
    Francis,
    à Bordeaux« 
    …
    Avec alors cette réponse d’Étienne Jardin, magnifique, à 9h 40 ce mercredi matin 1er octobre :

    « Cher Francis,

    Merci pour les nouvelles. 
    Pour répondre à ta question : une copie de la photo en question se trouve dans le fonds des éditions Leduc que nous avons récupéré il y a quelques années. Au dos de cette photo, de la main de Madeline Grey – voilà ! – il y a une identification – par Madeleine Grey elle-même – des différentes personnes présentes, notamment cette « Mme Blanchet, amie mélomane de Saint Jean-de-Luz ».
    La faute – d »avoir ignoré qu’il s’agissait de Suzanne Arrué, née Blanché – vient donc d’ici – en fait de Madeleine Grey, l’autrice du légendage griffonné au verso de la photo – , mais je vais corriger la page Bru Zane Mediabase selon tes découvertes – avec, au départ, la lecture, puis les très justes intuitions de recherche, de Martine Blandin : et c’est ensuite, et pour obtenir confirmation, que je vous ai joints, Manuel Cornejo et toi-même, cher Étienne, et que j’ai recherché avec les outils de recherche dont j’ai un usage familier les généalogies de Suzanne Blanché (fille de Joseph Blanché et son épouse Marie-Thérèse Malbos) et de Ramiro Arrué ; Suzanne Blanché et Ramiro Arrue se sont mariés à Saint-Jean-de-Luz le 16 mars 1929…
    Amitiés,
    Etienne »

    …

    Avec aussi, en forme de cerise sur le gâteau de ces divers féconds échanges, ce beau courriel conclusif de Martine Blandin, magnifique interlocutrice !, reçu ce mercredi 1er octobre à 12h 31 :

    « Bonjour Francis,

    Que de lecture ce matin ! – certes. Tout ce que vous m’avez envoyé est absolument passionnant ! Quand on commence à tirer un fil…, toute la pelote suit – voilà ! Ce qui est pour le curieux un indice devient aussi pour lui une piste ouverte de recherche !
    J’ai découvert beaucoup de choses
    – oui ! – ces derniers jours, dont l’existence du Palazzetto Bru-Zane et le site. Et c’est le seul endroit je crois qui mentionnait – parce que celui qui le gère, l’ami Étienne Jardin, est ultra-compétent, hyper-sérieux et parfaitement rigoureux – le nom de « Mme Blanchet, amie mélomane à Saint-Jean-de-Luz« , alors que cette photo circule partout, avec de fausses informations (dans la Revue musicale de décembre 1938, la légende est seulement « Maurice Ravel entouré d’un groupe d’amis« ) – sans parler du légendage défectueux de cette photo à la page 234 du trop désinvolte « Ravel – Portraits basques«  : bourré d’erreurs..
    Mais encore fallait-il faire le lien
    – tout est là ! – avec Suzanne Blanché-Arrue, et je crois quand même, en toute modestie, que c’est moi qui l’ai supposé d’abord – mais oui ! Vous en avez eu l’idée… Encore fallait-il en avoir la preuve – apportée d’une part par mes recherches généalogiques menées illico presto sur la biographie et la famille de la luzienne Suzanne Blanché (c’est moi qui ai découvert l’orthographe correcte de son nom de jeune fille) ; puis, d’autre part, par mes échanges sur le vif de demandes de précisions avec mes amis les formidables chercheurs que sont Manuel Cornejo et Étienne Jardin…
    Donc, nous avons bien travaillé ensemble ?
    – très bien même, avec cette très belle découverte sur Suzanne Arrué, dont la famille luzienne était amie avec les luziens et voisins Hiriart, cousins, et ce n’est pas peu,  des Delouart-Ravel…

    J’aime bien la devise : « La RAVELOPHILIE est un BONHEUR ! »…

    Martine Blandin ».

    …

    …

    Voilà comment en prenant soin de nous parler et d’échanger avec le plus de précisions possibles nos connaissances et nos intuitions de recherches avec des amis à la fois curieux, rigoureux et compétents, nous parvenons en toute modestie et humilité vraies à aider à faire progresser, pas après pas, step by step, pièce après pièce, patiemment et avec suivi, la connaissance…

    Et c’est en effet passionnant.

    …

    Ce mercredi 1er octobre 2025, Titus Curiosus- Francis Lippa

  • « Sur le pouvoir des frêles lucioles de l’Art », ou de quoi retenir un instant Monsieur le Bourreau le moment : pour partager l’émotion de l’entretien bouleversant de Claudia Cardinale avec René de Ceccatty du 15 janvier 2004…

    En modeste apostille à mon article d’hier 25 septembre, cet envoi-ci aux amis afin de partager un pas plus loin l’émotion de l’admirable entretien cité de Claudia Cardinale et René de Ceccatty :
    …
    …
    L’entretien de René de Ceccatty avec son amie Claudia Cardinale du 15 janvier 2004, que celui-ci vient de m’adresser en réponse à mon courriel « Tristesse », 
    est magnifique,
    tant celle-ci sait y creuser très profond, rétrospectivement – et c’est tellement difficile à effectuer avec pareille lucidité ! – , sur son parcours, et personnel, et d’actrice et comédienne.
    La beauté ne fut pas que sur son visage, ni en son jeu…
    …
    J’en ai tiré, à mon modeste tour, ce petit article-ci à partager :
    …
    Et hier soir j’ai regardé – à nouveau ! – ce joyau qu’est Le Guépard de Visconti, donné le soir même en hommage à Claudia Cardinale sur la 2 :
    sur le temps (et la vie) qui passe (et vieillit et finit par trépasser) et l’Histoire, et ses indurations – et pas qu’en Sicile en 1860…
    Et sur la beauté qui demeure magiquement aussi par les traces un peu durables bien que fragiles de l’Art véritable
    – littérature, cinéma, photographie, peinture ; musique aussi ! – ,
    au moins pour qui a un peu appris à saisir – Kairos un peu aidant – les trop rares occasions (et moyens ténus) de les contempler – et comme s’y tenir et retenir un peu – à leur toujours très furtif passage – relire ici les formidables mots de Montaigne en commentaire (merveilleux !) à la terrible expression de « passer le temps« , au final (en apothéose magnifique) de l’ultime chapitre de ses Essais : livre III, chapitre 13 : « de l’expérience« …
    …
    Le souvenir a lui aussi sa vie – complexe – , et ressuscite (ou préserve un peu), un instant ou un moment – c’est très variable – , la magique présence radieuse de certaines personnes un peu durablement rencontrées, puis éloignées, ou disparues – Eurydice pour Orphée…
    …
    Je pense aussi à la brève apparition – en image rapide : fantomatique, forcément, mais aussi à  dimension (spinozienne) d’éternité !.. ; et lire ici les pensées lucidissimes de mon amie Marie-José Mondzain : « Homo spectator – voir, faire voir« , « Images (à suivre) – de la poursuite au cinéma et ailleurs« , etc. – du personnage de l’épouse disparue que joue Claudia Cardinale – dont se souvient le personnage (il va mourir bientôt, nous dira a posteriori la courbe s’aplatissant de l’électro-encéphalogramme du plan ultime du film romain cette fois…) interprété ici, à nouveau, par le grand Burt Lancaster – dans le magique lui aussi Violence et passion,
    cet autre chef d’œuvre (en forme de reprise testamentaire et crépusculaire – par rapport au solaire Guépard sicilien initial… –) si marquant du grand Visconti…
    …
    Vivre, et ne pas seulement passer et disparaître…
    Ce que peut donner à partager le miracle des lucioles – j’emprunte l’image à Pier-Paolo Pasolini… – de l’Art à son meilleur…
    …
    Francis
    …
    …
    Très simplement, voilà.
    …
    Ce vendredi 26 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Une question : pourquoi le choix du prénom de Maurice pour Maurice Ravel ?

    Pour quelles raisons le prénom de Maurice a-t-il été choisi á la naissance à Ciboure le 7 mars 1875  du petit Joseph-Maurice Ravel ?

    …
    La famille paternelle Ravel de l’enfant est originaire de Savoie et de Suisse, notamment du Valais. Or c’est dans le Valais qu’à été martyrisé, vers 303, sous l’empereur Diocletien, Maurice d’Agone : saint-Maurice.

    …

    Et c’est le 22 septembre qu’est fêtée la saint-Maurice.

    …

    Or l’unique lettre retrouvée jusqu’ici de la main de Marie Delouart adressée à son fils Maurice, est datée du 22 septembre 1916, à l’occasion, précisément de cette fête de la saint-Maurice ; elle se trouve à la page 811 de la nouvelle édition de la Correspondance de Maurice Ravel que vient de nous procurer, cette année 2025, Manuel Cornejo.

    …

    C’est donc d’un saint tout spécialement honoré en Valais, à Saint-Maurice (Agaune), mais aussi en Savoie, à Bourg-Saint-Maurice (en Haute Tarentaise), que Marie Delouart (1840 – 1917) a désiré donner le prénom, originaire par son martyre, en 303, d’une région qui est celle de son mari, Pierre-Joseph Ravel (1832 – 1908)…

    …

    Une remarque qui éclaire un peu l’incongruité de la mention d’un Joseph-Maurice Ravel (??) comme parrain en absence de l’enfant Maurice Ravel,

    remplacé comme parrain sur les fonts baptismaux de l’église saint-Vincent de Ciboure, le 13 mars 1875, par le cousin cibourien de Marie Delouart, Simon Goyenague (1821 – 1890).

    La marraine de l’enfant étant sa tante maternelle cibourienne elle aussi Gracieuse Billac (1824 – 1897)…

    …

    Ce mercredi 10 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa