Catégorie : Musiques

  • La très profonde émotion, bouleversante et même renversante, du triple album « Musiques interdites » d’ActeSix, placé sous la direction magnifique de Samuel Hengebaert : une réalisation discographique considérable…

    C’est une très profonde et très vive émotion, bouleversante et même renversante, que suscite, à son écoute, le superbe triple album Oktav Records – un label fondé en 2020 par Ronan Khalil et Samuel Hengebaert –  « Musiques interdites » d’ActeSix – label fondé lui aussi, par les mêmes, en 2020 – , placé sous la direction de Samuel Hengebaert, et avec les voix supérieurement émouvantes des chanteurs Lucile Richardot, Éleonore Pancrazi, mezzo-soprano, et Edwin Crossley-Mercer, baryton, et consacré aux musiques d’Allemagne « oppressées, interdites et muselées« , de la première moitié du XXe siècle : jusqu’à celles « considérées comme dégénérées (Entarte Muzik) par le IIIe Reich allemand« …

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    Avec des œuvres superbement choisies d’Alban Berg (1885 – 1935), Paul Dessau (1894 – 1979), Hanns Eisler (1898 – 1962), Paul Hindemith (1895 – 1963), Friedrich Holländer (1896 – 1976), Gideon Klein (1919 – 1945), Ernst Krenek (1900 – 1991), Simon Laks (1901 – 1983), Zigmund Schul (1916 – 1944), Erwin Schulhoff (1894 – 1942), Arnold Schönberg (1874 – 1951), Franz Schreker (1878 – 1934), Viktor Ullmann (1898 – 1944) et Ilse Weber (1903 – 1944) ;

    ainsi que – afin d’illustrer la résurgence à ce moment de musiques juives anciennes… – de Gioan Pietro del Buono (ca. 1610 – ca. 1657), Johann Rosenmüller (1617 – 1884) et Salomone Rossi (ca. 1570 – ca. 1630) ;

    en un programme magnifiquement composé, autant que merveilleusement interprété par tous, les trois chanteurs, Lucile Richardot, Eléonore Pancrazi et Edwin Crossley-Mercer – quelles intenses présences en leurs voix !.. – ,  et les instrumentistes parfaits de l’ensemble ActeSix : Adam Laloum – oui – , Alexis Gournel, pianistes ; Omer Bouchez, Éva Zavaro, violonistes; Hélène Desaint, altiste ; Alexis Derouin, violoncelliste ; Julien Beautemps, accordéoniste ; Marie Rouquié, Josèphe Cottet, violonistes baroques ; Samuel Hengebaert, altiste baroque – il est là, et il dirige ! – ; Julie Dessaint, violiste de gambe ; Mélanie Flahaut, bassoniste baroque et flûtiste ; et Eloy Orzaiz, claveciniste et organiste – tous doivent être cités, ils sont magnifiques…

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    Les 3 CDs – d’une durée de respectivement 75′ 24, 54′ 10 et 60′ 14 – sont respectivement titrés : « Allein« , « Herbst » et « Traum« , évoquant l’exil, le temps et le sommeil…

    Et le remarquable texte du livret, très significativement intitulé « Fragment(s)« , sous la signature de Samuel Hengebaert, est lui aussi superbe et très éclairant sur le propos – d’une brûlante actualité aussi ; et je veux citer ici les derniers mots, en forme d’avertissement symbolique, du texte de Samuel Hengebaert à propos d’une histoire qui se répète : « Prophétique et allégorique, immuablement vouée à revenir à l’infini, elle invite à penser notre présent au regard de ce proche passé et sonne comme un avertissement symbolique dans les temps troublés que nous traversons. Quand l’horreur nous éloigne de la poésie, ces musiques interdites ne seraient-elles pas un rempart et un rappel mémoriel contre le retour de l’ignominie ? « … – de ce triple album d’ActeSix de redonner vie, et quelle vie !, à ces compositeurs si tragiquement malmenés, et certains assassinés, par leurs musiques malmenées et interdites, ainsi restituées, ressuscitées… 

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    Une réalisation discographique considérable – une formidable présence poétique et musicale, là, juste devant nous qui assistons à cet émouvantissime concert de fragments, en effet, ainsi raboutés par ce choix d’ActeSix ! enregistré aux Studios de l’ONDIF à Alfortville du 10 au 19 novembre 2024 ; et avec quelle prise de son superlative d’Aline Blondiau !.. – , qui marquera indubitablement, et profond, l’âme de ceux qui l’écouteront  !!!

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    Et regardez ici cette très brève vidéo de présentation (1′ 33) de ce triple album « Musiques interdites » d’ActeSix chez Oktav Records, par Samuel Hengebaert…

    Et appréciez cette autre vidéo, plus détaillée, et très éloquente en la sobriété passionnée de Samuel Hengebaert (5′ 12)…

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    Immense merci pour cette somptueuse magique réalisation !

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    Ce lundi 2 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Parmi les compositeurs actifs en la Rome baroque du Seicento, le parmesan Marco Marazzoli (Parme, ca 1602 – Rome, 1662) : une intéressante parution discographique : « Cantatas of Peace ans Pleasures »…

    Parmi les nombreux compositeurs actifs en la Rome baroque du Seicento – notamment sous le pontificat (1623-1644) d’Urbain VIII Barberini (Florence, 15 avril 1568 – Rome, 29 juillet 1644), mais aussi au service de la reine Christine (Stockholm, 18 septembre 1626 – Rome, 19 avril 1689)… – ,

    on doit remarquer le parmesan Marco Marazzoli (Parme, ca 1602 – Rome, 1662)…

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    D’où l’intérêt musical et discographique du double CD cpo 555 731-2 « Marco Marazzoli – Cantatas of Peace and Pleasures » du Boston Early Music Festival Vocal & Chamber Ensembles, placés sous les directions des Paul O’Dette et Stephen Stubbs –  enregistré à Brème du 2 au 8 août 2024 – qui vient très heureusement compléter une discographie de Marazzoli jusqu’ici assez éparse et disparate…

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    Un compositeur a redécouvrir et interpréter de nouveau, au concert comme au disque, pour faire vivre les fastes musicaux de la splendide Rome baroque…

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    Ce dimanche 1er février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La déception d’irritation agacée des deux Ravel trop froids, et pas assez humains, du double CD « Art nouveau – French Chamber Music around 1900 – Lalo – Bonis – Debussy – Ravel » par le Trio Wanderer…

    C’est une bien sévère déception – d’irritation agacée, carrément… – que m’impose la découverte – première audition de ma part de la singulière et stupéfiante – admirable joyau bien trop méconnu ! – «  Sonate pour violon et violoncelle «  M.73, ainsi que du merveilleux « Trio avec piano  » M. 67 de Maurice Ravel, du double CD Harmonia Mundi HMM 902394.95 « Art nouveau – French Chamber Music around 1900 – Lalo – Bonis – Debussy – Ravel » du Trio Wanderer – enregistré à Metz au mois de juillet 2025…

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    Alors que m’avait absolument émerveillé, l’interprétation, intense et chaleureuse, elle, et d’humanité éminemment ravelienne – c’est-à-dire humble et retenue… – , de cette singulière « Sonate pour violon et violoncelle » – commencée en février 1921 et achevée par Ravel en février 1922, elle résultait d’une demande-commande, en décembre 1920, du musicologue Henry Prunières à dix compositeurs pour un hommage qu’il désirait rendre à Claude Debussy (disparu le 25 mars 1918) en un numéro spécial de la Revue musicale, le mensuel que Prunières venait de fonder…  – au sein du corpus des œuvres de Ravel – « Cette sonate marque un tournant dans l’évolution de ma carrière. Le dépouillement y est poussé à l’extrême. Renoncement au charme harmonique ; réaction de plus en plus marquée dans le sens de la mélodie « , confia rétrospectivement sur cette œuvre un peu singulière Ravel en son « Esquisse autobiographique« , en 1928… – , par le violoniste Lorenzo Gatto et le violoncelliste Bruno Philippe, au sein du triple éblouissant album Harmonia Mundi HMM 902761.63 « Ravel » de Julien Libeer – enregistré à Bruges en septembre 2024 et Schiedam en décembre 2024 – ,

    ainsi que l’avaient amplement détaillé plusieurs articles enthousiastes de mon blog encherchantbien.fr en date des 25, 28, 31 octobre et 1er, 16 et 20 novembre 2025 ;

    et tout spécialement l’article du 28 octobre, intitulé « Deux transcendants bijoux pas assez reconnus, sublimement servis par les trois interprètes du merveilleux triple album « Ravel – Julien Libeer », que sont Lorenzo Gatto, au violon, Bruno Philippe, au violoncelle, et Julien Libeer lui-même, au piano : la « Sonate pour violon et violoncelle » (1921-1922) et la « Sonate pour violon et piano n°2 » (1923-1927) : chapeaux bien bas, Messieurs les transcendants interprètes !« , dans lequel article j’évoquais, en effet, l’émotion-découverte toute spéciale intensément ressentie à l’écoute, puis ré-écoutes en boucle, de cette stupéfiante « Sonate pour violon et violoncelle » M.73, sublimement servie par le violon de Lorenzo Gatto et le violoncelle de Bruno Philippe – Julien Libeer et son piano en étaient, bien évidemment absents ; mais Julien Libeer avait tenu à la présence de cette œuvre si singulière au sein du corpus Ravel, et tellement extraordinaire, et de cette interprétation si magnifique, intense, profonde et chaleureuse, de ses deux amis en ce triple album d’hommage sien à Ravel…

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    Certes,

    cette assez atypique – dépouillée, à la lisière de l’austérité… – « Sonate pour violon et Violoncelle » M.73 – au départ un tout spécial hommage à Claude Debussy décédé le 25 mars 1918… – est assez cérébrale, mais avec quelle chaleur et profonde humanité – humble, probe, sincère et vraie, et toute de retenue, à la Ravel… – l’incarnent en ce magistral enregistrement Lorenzo Gatto et Bruno Philippe,

    alors qu’aujourd’hui Jean-Marc Phillips-Varjabédian au violon et Raphaël Pidoux au violoncelle en donnent une sorte de spectre-squelette conceptuel, comme décharné, et bien trop froid : peu ravelien à mon goût pour tout dire – je n’en ai hélas pas trouvé de podcast ni vidéo à proposer à l’écoute ici…

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    Quant au bien plus célèbre « Trio avec Piano » M. 67, cet émouvantissime chef d’œuvre luzien que j’aime tant, je trouve que, lui aussi, le Trio Wanderer – avec Vincent Coq au piano – en donne une version en quelque sorte frigorifiée…

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    Il est vrai que c’était à Ravel lui-même que Julien Libeer – avec ses chers complices Bruno Philippe et Lorenzo Gatto – consacrait son triple album « Ravel – Julien Libeer » ;

    alors que maintenant le Trio Wanderer – constitué de Jean-Marc Phillips-Varjabédian (Paris, 21 octobre 1965), Raphaël Pidoux (La Garenne-Colombes, 9 août 1967) et Vincent Coq (Saint-Mandé, 30 juin 1963) – , consacre ce double album « Art nouveau – French Chamber Music around 1900 – Lalo – Bonis – Debussy – Ravel » à une réunion de compositeurs dont Ravel ne constitue qu’un élément parmi les autres : « around 1900 » est-il indiqué…

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    Et pour moi les Wanderer passent ici à côté de l’humanité chaleureuse profonde – bien que toujours humble et retenue, éminemment pudique – de Maurice Ravel…

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    Voilà pour cette première réaction d’irritation agacée de ma part à l’égard de ces deux Ravel de ce double album nouveau des Wanderer, trop froids :

    seul le final du Trio de Ravel leur laisse échapper, in fine, un épanchement ravi de tendresse…

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    Ce samedi 31 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • De génialissimes Illuminations de Rimbaud-Britten par le parfait Edgardas Montvidas : totale admiration !

    Le CD Accentus Music ACC 30677 « Chausson – Britten – Poème de l’amour et de la mer « du parfait ténor lithuanien Edgardas Montvidas et des Lithuanian National Symphony et Chamber Orchestra dirigés par Modestas Pitrenas, nous offre une des plus sublimes interprétations des sublimissimes « Illuminations « de Benjamin Britten et Arthur Rimbaud de la discographie ! Un enchantement !!!
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    C’est une fois encore le blog Discophilia de l’excellent Jean- Charles Hoffele qui nous a mis sur la piste de cet exceptionnel CD de chant français – Chausson – Britten – Saint-Saëns, sur des poèmes de Maurice Bouchor, Arthur Rimbaud et Victor Hugo…  – , avec son si juste article « Amour de ténor « du 9 janvier dernier…

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    Et en ce CD ce chef d’œuvre sublimissime de Britten – Rimbaud reçoit une interprétation qui nous transporte d’emblée et totalement au plus haut de l’empyrée !..

    Quelle merveille !!! Et écoutez déjà ceci…
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    Mais déjà il faut d’abord souligner tout ce que le profond génie de Britten vient apporter de somptueux musicalement – quelle splendeur ! –  au génie poétique formidable, explosif et atypique, de Rimbaud, en la sidérante juvénile irrésistible urgence de celui-ci…
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    Et maintenant, avec cet extraordinaire CD, voici, venant s’y ajouter, la tendresse merveilleuse et si rare de l’art du chant et de la voix de miel et d’or d’Edgardas Montvidas, tel un soleil chanté splendide dans les formidables nuées noires zébrées de l’orage rimbaldien, qui foudroie…
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    Ce jeudi 29 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa