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  • Accéder à d’autres musiques du répertoire espagnol de La Grande Chapelle dirigée par Albert Recasens : le CD « Delizie di Posillipo – Musica para el virrey de Napoles, III duque de Osuna »…

    Accéder à d’autres belles musiques du répertoire espagnol de La Grande Chapelle dirigées au CD par Albert Recasens – cf mes articles des : « Des chefs d’oeuvre d’Espagne à découvrir : l’oeuvre vocale en latin du Padre Antonio Soler (1729 – 1783)« , « Découvrir le charme envoûtant de l’oeuvre du compositeur Carlos Patiño (Santa Maria del Campo Rus, 1600 – Madrid, 1675) » et « Continuer à découvrir le charme envoûtant et splendide de l’oeuvre du compositeur du Siglo de Oro, Carlos Patiño (Santa Maria del Campo Rus, 1600 – Madrid, 1675)« , en date du 14 octobre 2018, et des 1er et 2 juillet 2023… – :

    voici ce que vient nous offrir le tout nouveau CD Lauda LAU 027 « Delizie di Posillipo – Musica para el virrey de Napoles, III duque de Osuna » – enregistré à Valladolid les 8 et 9 novembre 2024… et écoutez ici… – ;

    dont m’a fait découvrir l’existence l’article de Cécile Glaenzer « Musiques pour le vice-roi de Naples par La Grande Chapelle » paru le 29 mai dernier sur le site de ResMusica :

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    Musiques pour le vice-roi de Naples par La Grande Chapelle

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    A la croisée des influences espagnoles et italiennes, Naples connaît une vie musicale intense dans les premières années du XVIIᵉ siècle. C’est là que nous emmène dans son voyage à travers l’Espagne baroque.

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    En 1600, Naples est espagnole depuis plus d’un siècle. La cour des vice-rois accueille de nombreux artistes et son rayonnement est grand dans toute l’Europe. Sur la colline – napolitaine – du Pausilippe, les nobles organisent des fêtes somptueuses dans leurs villas. L’activité musicale se développe avec la naissance des premiers conservatorii, fondés au XVIᵉ siècle comme établissements caritatifs destinés à accueillir les orphelins. A l’époque choisie pour ce programme, le vice-roi est le Duc d’Osuna – Pedro Tellez-Gijon, troisième duc d’Osuna (1574 – 1620)… – , personnalité complexe et flamboyante, qui fréquente autant les lieux de plaisir populaire que les salons aristocratiques. Le programme proposé ici est à son image, brassage du madrigal savant et des danses populaires.

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    Après deux disques remarqués qui nous ont amenés dans l’Espagne du XVIIIᵉ siècle, fait donc étape à Naples au début du XVIIᵉ siècle. Le programme de cet enregistrement comporte trois parties : des œuvres vocales pour la chapelle royale – « Nella Real Cappella« … – , des madrigaux de cour –  »Dopo il banchetto« … – , les danses d’un bal au palais – « Festa a ballo in Palazzo« … Les motets sacrés de la première partie sont tous de Trabaci – Giovanni Maria Trabaci (Montepeloso, ca. 1575 – Naples, 31 décembre 1647)… – , le compositeur le plus important à la cour des vice-rois à cette époque. On y retrouve l’écriture polyphonique vénitienne à deux chœurs. Les voix des chanteurs sont magnifiquement timbrées. La deuxième partie s’ouvre sur une danse instrumentale à la fois noble et bien rythmée avec l’arrivée des castagnettes, suivie par deux madrigaux – de Giuseppe Palazzotto e Tagliava (ca. 1587 – 1653) et Scipione Lacorcia (ca. 1585/95 – 1620)… – riches de chromatismes qui rappellent Gesualdo – 1566 – 1613… Les réjouissances de la dernière partie, un bal donné à l’occasion de la guérison du roi Philippe III en 1620, nous ramènent vers la musique d’inspiration populaire. On dispose des textes décrivant précisément la mise en scène éblouissante de ce bal, qui représente l’équivalent des grands ballets de cour français. Remarquables sont les interventions des ensembles de vents, chalemies et sacqueboutes. , avec sa verve habituelle, nous donne ainsi à découvrir une nouvelle facette de la vie musicale espagnole – voilà ! – ,  servie ici par des compositeurs italiens ; et nous saluons le choix d’un programme original et festif – oui – , où de nombreuses pièces sont ici enregistrées pour la première fois.

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    Delizie di Posillipo.Musiques de Giovanni Maria Trabaci (1575-1647), Ettore de la Mara (fl.1609-1620), Pietro Antonio Giramo (fl.1619-1630), Giuseppe Palazzotto e Tagliava (ca.1585-1653), Scipione Lacorcia (ca.1585-1620), Francesco Labardi (1587-1642), Giacomo Spiardo (?).La Grande Chapelle. Direction Albert Recasens.

    1 CD Lauda. Enregistré en novembre 2024 à Valladolid.

    Notice de présentation en français, anglais, allemand et espagnol.

    Durée 58:10

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    Un très beau CD qui vient nourrir notre curiosité musicale…

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    Ce vendredi 19 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    P.s. :

    Et à l’appui de la satisfaction éprouvée à l’écoute de ce bien beau CD proposé par Albert Recasens,

    ce très instructif et très détaillé article-ci « Le Delizie di Posilipo, replanté dans l’apparat festif pour la guérison de Felipe III« , de Christophe Steyne, sur l’excellent site du Magazine Crescendo, paru à la date du lundi 29 juin 2026 :

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    Le Delizie di Posilipo, replanté dans l’apparat festif pour la guérison de Felipe III

    par Christophe Steyne
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    Delizie di Posilipo. Música para el virrey de Nápoles. Œuvres de Giovanni Maria Trabaci (c1575-1647), Ettore de la Marra (fl. 1609-1620), Giuseppe Palazzotto e Tagliavia(c1587-1653), Scipione Lacorcia (c1585-1620), Pietro Antonio Giramo (fl. 1619-c1630), Franceso Lambardi (1587-1642), Andrea Ansalone ( ?-1656)…

    La Grande Chapelle. Albert Recasens.

    Novembre 2024. Livret en espagnol, anglais, français, allemand ; paroles en langue originale, traduction trilingue. 58’07’’. Lauda LAU 027

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    Peu taillé pour l’exercice du pouvoir, Felipe III laissa opérer le Duc de Lerma, qui concéda à Pedro Téllez-Girón y Velasco le gouvernement de la Sicile (1610-1615), puis de Naples, alors sous domination de la branche hispanique des Habsbourg. La cité parthénopéenne s’affirmait comme un des centres européens les plus peuplés – oui ! – en ce début de XVIIe siècle. Lors d’une trouble conspiration contre la République de Venise, le vice-roi, titré Duc d’Osuna, fut suspecté de vouloir affranchir Naples de la couronne espagnole, voire de la détourner à son profit personnel. Ces intrigues et l’accession de Felipe IV en 1621 précipitèrent sa disgrâce et son emprisonnement, jusqu’à sa mort en 1624.

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    De complexion maladive, Felipe III recouvra la santé en 1620, certes brièvement puisqu’il mourut de déshydratation l’année suivante, à l’âge de quarante-deux ans. Avant cette issue fatale, la liesse fut décrétée pour fêter l’heureuse nouvelle. À l’instar des célébrations dynastiques, on organisa offices religieux, banquets et spectacles, d’autant volontiers que ce mois de mars coïncidait avec le carnaval. Par ce protocole, le vice-roi entendait célébrer la guérison du souverain autant qu’exalter la majesté de la cour napolitaine, et opportunément glorifier sa propre stature, voire assourdir les soupçons qui accablaient son obscure diplomatie.

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    C’est à Álvaro de Mendoza, gouverneur de la forteresse du Castel Nuovo, que fut confiée l’organisation d’une festa a ballo à grand renfort de danses et de scénographie. Parent du Mask anglais et du ballet sous Henry IV, ce Delizie di Posilipo boscarecce e maritime faisait écho au palais La Goletta, somptueuse villa de Don Álvaro située sur la colline de Pausilippe, ici investie comme allégorie du Mont Parnasse – voilà. Dans des décors de l’ingénieur Bartolomeo Cartaro résonnèrent des chants de Giovanni Maria Trabaci, de Francesco Lambardi (organiste du vice-roi) et de Pietro Antonio Giramo (compositeur de villanelles populaires), ainsi que la musique de ballet d’Andrea Ansalone et Giacomo Spiardo, ce dernier réglant également la chorégraphie.

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    Le sujet mythologique confronte deux empires, celui sylvestre patronné par le dieu Pan, celui marin de Vénus et Cupidon. Créatures rustiques, comiques et grotesques (bergers, singes et satyres) campent une sphère profane qui s’oppose à la grâce et à la séduction de cygnes et sirènes. L’Amour et le retour de la concorde viendront bien sûr concilier ces deux mondes, au gré d’une danse des chevaliers. Un narrateur et des personnages symboliques (Fortune, Temps, Gloire, Envie) briguaient la connivence avec l’aristocratique audience de l’époque.

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    La disposition spatiale dans la Real Sala contribuait à ce rapport métadiégétique, essentiel pour saisir les ressorts politiques plus ou moins évidents véhiculés par cet ouvrage. Le livret signé de Giambattista Basile s’incarnait dans « des attitudes chargées d’émotion, souvent difficiles à déchiffrer, capables de suggérer à la fois une expression sincère et une ambivalence ironique dans un même geste scénique » signale Nathan Kent Reeves dans son captivant mémoire*. Les limitations du langage sont d’ailleurs au cœur de la louange Lenguas son de este monte, évoquant l’indicible beauté de la nature.

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    Textes et musique furent aussitôt préservés et édités, facilitant la compréhension du public, et favorisant la réhabilitation pour les entreprises d’aujourd’hui. Philip Pickett et son New London Consort s’y étaient déjà risqués (L’Oiseau-Lyre, avril 1988), se limitant au Delizie mais le complétant par quelques appoints, comme une fanfare dérivée de Girolamo Fantini.

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    La réalisation d’Alberto Recasens se déploie dans une perspective élargie, en trois parties – voilà. La première renvoie aux cérémonies religieuses qui se tinrent probablement dans la chapelle du Palazzo Vecchio, par une sélection de psaumes et antiennes de Trabaci, maestro di cappella de la Real Cappella, s’exprimant dans une écriture polychorale sous allégeance des modèles vénitiens. Intitulée « Dopo Il Banchetto » et introduite par une Spagnoletta, la seconde section du programme invite le madrigal polyphonique a capella, dont Naples fut un foyer – dans l’orbite de l’immense génie de Carlo Gesualdo, et c’est bien sûr à relever… La troisième déroule le Delizie et se conclut par un madrigal strophique qui a fait l’objet d’une reconstitution musicologique et se trouve enregistré pour la première fois. Già spiega’l raggio honore l’éveil du printemps et le triomphe de l’amour, donc en lien direct avec le ballo di cavalieri qui le précède.

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    Neuf chanteurs, une vingtaine d’instrumentistes : La Grande Chapelle rivalise sans peine – oui – avec les effectifs du New London Consort et s’avère proche des circonstances historiques, du moins dans leur effet – voilà. D’un côté le studieux collectif britannique, un brin figé et muséal, de l’autre un plateau vivant et charismatique – c’est tout à fait cela… Superbement captée – oui – , la prestation surclasse ainsi son prédécesseur anglais, par sa chaleur, sa suavité et son lustre – oui, oui, oui. Comparons par exemple le Ballo De’ Selvaggi E Delle Simie, sur la seule cornemuse au Henry Wood Hall, et ici délurée sur un – riche – panel d’anches et cuivres.

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    On saluera la somptueuse – oui – rumeur des cornets et sacqueboutes. Aux chirimias, bajoncillos, bombardas, bajóns, l’on admire ici quelques pointures – bien connues et reconnues dans ce répertoire – : Elsa Frank, Adrien Reboisson, Stéphane Tambuy, Jérémie Papasergio. La parure est des plus suggestives – oui – , ainsi le Ballo de cigni aux cordes frottées et triangle, ou le parterre de flautas de pico qui nimbe le dernier tableau. Les basses d’archet de Marta Vicente assurent un confortable élan rythmique, pimenté par les percussions de Pere Olivé Aymerich – tout cela archi-vivant et délicieux.

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    Tant à l’aise – voilà – dans la ferveur des motets que dans la verve des madrigaux et la trame dramatique du Delizie – très contrastés – , l’équipe vocale parachève la réussite – réjouissante, en effet – de cet album. Lequel s’enrichit d’une instructive, profuse notice – de 13 pages, oui – , exemplairement traduite en français par Pierre Élie Mamou. Parrainé par le Centro de Estudios Europa Hispánica et la Fundación Tatiana pour le quatre-centième anniversaire de la disparition du troisième duc d’Osuna, voilà un disque à fêter – voilà ! – pour tout amateur du décorum à la charnière de la Renaissance et du Baroque. Et un digne, splendide tribut à cet événement politico-musical de 1620 qui, comme conclut la présentation de Rodulfo Hazen, connut un retentissement majeur sur les deux rives de la Méditerranée.

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    Christophe Steyne

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    Son : 9,5 – Livret : 10 – Répertoire : 9 – Interprétation : 10

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    [*] Reeves, Nathan Kent, Delights of Posillipo, Terrors of Vesuvius: Music, Spectacle, and Identity in Early Modern Naples. Master’s Thesis, University of Tennessee, 2015 (page 134)

     

  • Goûter le pur enchantement, irrésistible, des sœurs Labèque interprétant la merveilleuse, mais pas encore assez reconnue à son génie propre, Fanny Mendelssohn : la perfection même, festivement naturelle, du jeu…

    Soumettez-vous, vous aussi, à votre tour, au pur enchantement, irrésistible – c’est une pure grâce ! – , des sœurs Labèque interprétant – à la perfection de leur jeu ! – la merveilleuse Fanny Mendelssohn (Hambourg, 14 novembre 1805 – Berlin 14 mai 1847), bien trop dans l’ombre encore aujourd’hui – et on se demande bien pourquoi…  : cf ma question déjà posée dans mes articles des 30 janvier 2022 « L’élégance musicale exaltante, sublime, des Mendelssohn : Felix et Fanny ; et la question de la perception de la singularité de la voix de Fanny…«  et 23 mars 2025 « La délicate et délicieuse difficulté d’attribuer à l’oreille soit à Fanny soit à Felix Mendelssohn leurs merveilleux de poésie « Lieder für das pianoforte » et « Lieder ohne Worte » : le jubilatoire CD Alpha 1119 « Guess Who ? – Fanny et Felix Mendelssohn » de la magicienne Olga Pashchenko ; et la question de la singularité idiosyncrasique de ces magnifiques compositeurs à la jointure du classicisme éternel et du romantisme naissant…« … – de son heureux petit frère Felix (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847) :

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    regardez et écoutez donc simplement ici cette petite vidéo (de 1′ 38) de Katia et Marielle Labèque dans l’Allegretto de la Mélodie Op. 4 n°2 de Fanny Mendelssohn – la pièce se trouve à la plage 2 du CD n°2 « Of a bright garden » de leur indispensable coffret de 3 CDs Deutsche Grammophon « Katia & Marielle Labèque – 55 » paru le 12 juin dernier…

    c’est sublimissime de naturel et de joie…

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    Une façon d’illustrer par un magique exemple musical – cette magie, vous la constaterez vous aussi !.. – , mon article de découverte émerveillée, le 14 juin dernier, « En forme de célébration-partage de leurs 55 ans de magnifique carrière au concert comme au disque, les épatantissimes sœurs Labèque nous offrent un splendide, très riche et absolument délicieux coffret de 3 CDs « Katia et Marielle Labèque – 55 » de 55 plages (26 inédites, enregistrées cette année-ci 2026, et 29 prélevées dans leurs très beaux enregistrements précédents, réalisés entre 2024 et 1970) : une splendide fête !.. » de leur splendidissime coffret de 3 CDs « Katia & Marielle Labèque 55« …

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    Et d’un tel sublime Fanny Mendelssohn par les sœurs Labèque, d’une telle radieuse évidence toute de simplicité, coulant de source vive, délicate et généreuse, nous en redemandons !

    Nous voulons TOUT !!!

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    Oui, j’aime passionnément Fanny Mendelssohn !

    Oui, j’aime passionnément aussi les sœurs Labèque !

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    Ce jeudi 18 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Poursuivre l’approche de l’oeuvre de Johann Helmich Roman (1694-1758) avec le CD « a fancy hattar – Johann Helmich Roman – Assaggi a violino solo » d’Anaëlle Blanc Verdin….

    C’est un échange de courriels avec l’ami Bernard Sève, le 26 mai dernier, qui m’a fait découvrir le très beau récent CD Seulétoile SE 13 « a fancy hattar – Johann Helmich Roman – Assaggi a violino solo » de la violoniste Anaëlle Blanc-Verdin, consacré à certains – les BeRI 311-312-313-317-320-324 – des très singuliers « Assaggi a violon solo » du très original compositeur baroque suédois Johann Helmich Roman (Stockholm, 26 octobre 1694 – Kalmar, 20 novembre 1758) – un CD enregistré à Saint-Germain (Grand Poitiers), du 27 octobre au 2 novembre 2024 ; et paru le 17 octobre 2025 ; et comportant en son livret, aux pages 10 à 17, un « Assagi : dialogue entre une violoniste et un philosophe« , soient Anaëlle Blanc-Verdin et Bernard Sève…

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    Johann Helmich Roman dont je connaissais jusqu’ici le CD Indesens-Calliope IC 038 « Johan-Helmich Roman – A Violino Solo » par la violoniste Sue-Ying Koang – enregistré à Pompigny (Vaud) au mois de mai 2023… – , auquel j’avais consacré mon article « A l’occasion d’un merveilleux et saisissant CD « Johan-Helmich Roman – A Violino Solo » par la violoniste Sue-Ying Koang, redécouvrir l’oeuvre superbe de Johan-Helmich Roman (1694 – 1755), parfois qualifié de « père de la musique suédoise »… » en date du 19 septembre 2024 – qui comportait, lui, les Assagi BeRI 312-313-317, et les Övnings BeRI 332-336-337-339-347-348 – ;

    un article dans lequel j’avais rappelé la présence en ma discothèque personnelle de 3 CDs, ceux de la Swedish Society Discofil SCD 1019 « The Drottningholm Music – Sinfonias – Violin Concerto« , par le Drotningholm’s Chamber Orchestra dirigé par Stig Westerberg – enregistré à Stockholm en septembre 1958, avril 1965 et novembre 1965 ; le CD est paru en 1996… – ; de la Musica Sveciae CAP 21344 « Sonatas and Assagi« , par Jaap Schröder, violin, et Johann Sonnleiter, harpsichord – enregistré à Stockholm en mai 1986 ; le CD est paru en 1987 ; comportant trois autres des Assagi de Roman – ; et Naxos 8-553733 « Music for a Royal Wedding – Drottningholm Music« , par l’Uppsala Chamber Orchstra dirigé par Anthony Halstead – enregistré à Bälsta en avril 1996 ; le CD est paru en 1997.

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    Une musique d’ »Essais » audacieux pour soi-même de la part du compositeur, et non publiés de son vivant, qui vaut assurément le détour…

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    Ce mercredi 17 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Apprendre à rendre l’hommage qu’il mérite au travail primordial et de feu de l’immense Carlos Païta : une flamme vitale…

    Chaleureuses félicitations au bien bel hommage rendu par Crescendo Magazine avant-hier 14 juin par la plume d’Olivier Vrins en son article « Une première monographie primordiale consacrée à Carlos Païta » au très beau travail – primordial, en effet… – d’André Hirt en son « Carlos PaÏta dans le fracas d’un son plein d’épouvante – physionomie musicale d’un chef d’orchestre » – l’expression est empruntée à Dante : « Un fracaso d’un suon, pien di spavento« … – que publie Le Palais des Dégustateurs de l’ami Eric Rouyer – qui me l’a adressé – sur cet interprète hors-normes – et de feu ! – qu’est, pour jamais, l’immense Carlos Païta (Buenos-Aires, 10 mars 1932 – Genève, 19 décembre 2015)…

     
    Dont le rapport aux œuvres symphoniques qu’il choisit d’interpréter est rien moins que charnel et vital…
     
    D’où le schnaps préventif de quelques membres de l’orchestre qu’il dirigeait pour tenir le choc de la performance attendue bien sûr d’eux…
    Quelque chose d’une crainte sacrée ; pas un simple trac ordinaire…
     
    Merci !
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    Voici donc – avec mes modestes farcissures en rouge – ce bel article d’hommage rendu à Carlos Païta et au livre d’André Hirt, d’Olivier Vrins pour Crescendo Magazine :
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    par Olivier Vrins
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    André Hirt : Carlos Païta, dans le fracas d’un son plein d’épouvante. Physionomie musicale d’un chef d’orchestre, Le Palais des Dégustateurs, 2026, 161 p.

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    Qui entreprend de chroniquer le dernier ouvrage d’André Hirt, consacré à Carlos Païta (1932-2015), marche inévitablement sur des œufs. Personne n’a en effet oublié – et le philosophe – qu’est André Hirt – moins que quiconque – les rebuffades, tantôt condescendantes, tantôt féroces, essuyées par le maestro argentin, lacéré par la plume d’une horde de critiques musicaux, « d’ailleurs essentiellement ‘critiques’ davantage que musicaux (il suffit, comme partout, d’un seul pour que d’autres suivent – panurgiquement… – par opportunisme) au mépris du travail des artistes », souligne l’auteur non sans raison.

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    Fort heureusement, le travail d’André Hirt n’appelle que des éloges. Aussi insensé que cela puisse paraître, il signe ici le premier ouvrage, toutes langues confondues – en effet – , consacré à Carlos Païta. Dans ce précieux document, porté par une plume d’une rare élégance et d’une pertinence plus remarquable encore – oui – , se dessine une tentative de réhabilitation – voilà ! – amplement méritée : une hagiographie assumée davantage qu’une biographie consommée. Elle s’inscrit dans le sillage de la réédition, ces dernières années, de plusieurs enregistrements majeurs du chef sous l’étiquette du Palais des Dégustateurs – oui, oui – , auxquels Crescendo n’a pas manqué de faire écho.
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    Également publié avec le soutien du label dirigé par Éric Rouyer, authentique mélomane guidé par la passion et les coups de cœur – si proche, en cela – oui – , de Carlos Païta –, cet essai rédigé par un autre amoureux de la musique avec la complicité d’Alexandre Païta, fils aîné du chef, s’attache à la personnalité volcanique – de braise à jamais – de son protagoniste : un immense artiste à la réputation injustement ternie, qui ne fit pourtant de mal à personne en suivant son chemin de grand bonhomme.

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    Souvent décrié de son vivant pour sa grandiloquence et sa théâtralité, Païta brilla auprès de certaines des plus prestigieuses phalanges du monde sans jamais avoir été titularisé à la tête de l’une d’elles, nouant « de solides amitiés avec les orchestres anglais et belges, de l’amour même », comme aime à le rappeler André Hirt. D’aucuns eurent la chance de voir cette comète solitaire – singulière – qu’était Carlos Païta à l’œuvre sur la scène de la Philharmonie liégeoise, qu’il fréquenta assidument, ou au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Alexandre évoque avec le sourire sa rencontre avec les musiciens de l’institution bruxelloise qui, avant de pénétrer corps et âme dans le monde inspiré du maître argentin, se donnaient du courage en avalant un verre de schnaps – voilà : le chef intimidait... Ne répondirent-ils pas au fils du chef, étonné de leur légèreté : « Nous sommes prêts à jouer à fond pour votre père, et il nous faut un petit coup d’alcool pour avoir assez de vitalité – voilà, voilà – pour tenir le coup ! »

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    Personnalité hölderlinienne, « faustienne » selon André Hirt – dionysiaque, ajouterai-je… – , Carlos Païta était, nous enseigne l’auteur, un idiot musical – mais un « idiot » au sens originel du terme : une voix irréductiblement originale – singulière, tout simplement – , à l’image d’un Glenn Gould ou d’un Sviatoslav Richter ; l’un de ces artistes qui « sont tous finalement rejetés après une brève période au cours de laquelle, stupéfaits, on les salue comme d’étranges phénomènes (et on les célèbre alors comme tels, mais seulement comme tels !) ». Païta demeura toute sa vie en marge du circuit musical institutionnel – voilà, voilà. Ne dirigeant qu’à un rythme modéré, à rebours de la vogue de son époque – et de la nôtre encore –, il n’enregistra qu’une seule fois – voilà – une poignée– seulement – de chefs-d’œuvre. Il sut néanmoins se montrer aventureux, gravant notamment la Pastorale d’été d’Arthur Honegger ainsi que l’Adagio pour cordes d’un compositeur belge mort à vingt-quatre ans, Guillaume Lekeu.

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    Nombreux sont ceux qui, confrontés pour la première fois à la fougue et à la puissance vitale – de feu – de la narration païtienne, souvent tragique, voire catastrophée, en sortirent ébranlés. Le Requiem de Verdi, que je découvris dans mon adolescence sous l’étiquette « Lodia », détonna en moi comme une bombe. D’autres furent secoués par sa lecture des grandes symphonies : la Première de Brahms, la Cinquième de Beethoven, la Sixième de Mahler, les deux dernières de Bruckner, la Fantastique de Berlioz, la Pathétique de Tchaïkovski, voire la Quarantième de Mozart – peut-être moins inattendue sous la baguette du chef latin que ne l’affirme André Hirt, tant cette œuvre compte parmi les plus tragiques, sinon les plus romantiques, du compositeur salzbourgeois, bien plus sombre, en tout cas, que la « Jupiter » qui lui succède au catalogue.

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    Admirateur de Furtwängler, dont l’influence est palpable, et contempteur de Karajan, le maestro n’eut de cesse de privilégier le sens et la vérité – oui – au-delà du « beau son » – séducteur hédoniste. Matador au tempérament sanguin – et le sang est esprit, nous dit Nietzsche en son Zarathoustra... – , esseulé dans l’arène, aux prises avec une œuvre intimidante – voilà: en sa grandeur ou sa sublimité à affronter pour la servir telle quelle – , dont il entend maîtriser – et servir vraiment – le souffle – formidable, intimidant, terrifiant peut-être même – de ses deux – seules – mains tendues, pressenti par Ernest Ansermet pour lui succéder à la tête de l’Orchestre de la Suisse romande, Païta fut un homme de contrastes, volontiers porté à l’hyperbole ; « sa poésie se nouait à la violence comme chez Baudelaire », écrit justement André Hirt – on pourrait aussi se référer à la puissance magistral de Michel-Ange… Une violence qui « n’est pas dirigée contre les êtres ou même les choses, mais porte sur la contrainte de devoir forcer les portes d’un autre rapport au monde – brut, dionysiaque – , un forçage que la musique exige pour elle-même – voilà, tout simplement – au risque de n’être – sinon – qu’un simple divertissement – superficiel, passager, éphémère, de surface seulement – ou l’objet d’une contemplation – désossée, dénervée, vidée de sa vie – pour les esthètes et les conformistes ». Tout est dit, ou presque… – voilà. Carlos Païta est nietzschéen…

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    Au fil de ce livre magistral, qui se lit d’une traite et se relit ensuite par bribes avec plaisir, Hirt interroge la « grandeur » – la force, la puissance – de Carlos Païta : son art, son répertoire, sa dialectique « inesthétique », sa direction exaltante sinon exaltée, sa vision extasiée du son ; telle interprétation mémorable de la Deuxième de Mahler – dont le surnom de « Résurrection » sied si bien à l’héritage du chef argentin – ; telle autre, sublime quoique déroutante par l’extrême rapidité des tempi, de la Neuvième de Bruckner, quitte à questionner, non sans risques, les intentions déclarées du compositeur ; ou encore cette Neuvième enflammée de Beethoven, demeurée dans les limbes. « La brûlure, voici au moins descriptivement un mot qui serait à même de qualifier la musique de Carlos Païta » ; mais une brûlure qui agit comme une catharsis – voilà ce que réalise seul l’art vrai… 

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    Au-delà de la physionomie musicale d’un chef hors normes, ce que André Hirt défend en filigrane de son ouvrage, c’est la liberté artistique dans ce qu’elle a de plus noble et de plus fondamental : le combat des artistes – et cela quel que soit leur art… – imperméables aux pressions commerciales – évidemment, oui ! – , habités par une vision – pure et vraie, sans concessions… – de l’œuvre – même – qui, précisément parce qu’elle est singulière, ne saurait laisser indifférent – certes pas : mais qu’est un art sinon, sans cela : une pure imposture…

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    À l’heure où « l’uniformisation des interprétations est devenue telle que la nouveauté n’est elle-même validée que si elle peut correspondre à un standard, c’est-à-dire à une attente – intéressée, commerciale, marchande – , qui est le ferment du contraire d’une expérience », dénonce André Hirt, Carlos Païta nous donne à entendre « l’inouï ». Un « inouï » que le Palais des Dégustateurs nous donne de redécouvrir. Mieux : de revivre. Cet ouvrage y contribue dans une large mesure.

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    Une attitude vitale d’artiste parente de celle de Lucien Durosoir (1878-1955), qui me tient tant à coeur,

    dès mon article de découverte très très impressionnée de ses sublimes Quatuors à cordes, en date du 4 juillet 2008  « Musique d’après la guerre« …

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    Ce mardi 16 juin 2028, Titus Curiosus – Francis Lippa