Étiquette : chef d’oeuvre

  • De Zoltan Kodaly (1882-1967), ce chef d’oeuvre foudroyant qu’est sa Sonate pour violoncelle seul, opus 8 (de 1915)

    Dans un récent article

    _ du 3 septembre dernier :  _,

    …

    je disais le plus grand bien de l’interprétation de Julian Steckel 

    dans 3 chefs d’œuvre pour violoncelle de Zoltan Kodaly,

    ses opus 4 (Sonatine pour Violoncelle et Piano),

    7 (Duo pour Violoncelle et Violon)

    et 8 (Sonate pour Violoncelle seul),

    …

    et tout particulièrement ce chef d’œuvre absolu

    qu’est la Sonate pour Violoncelle seul, opus 8,

    du très très grand Zoltan Kodaly (1882 – 1967).

    …

    …

    Je parlais aussi _ et bien sûr pour m’en réjouir ! _ de la pléthore présente

    _ et tout spécialement en Allemagne _

    d’excellents jeunes violoncellistes.

    …

    …

    Et voici que paraît un somptueux récital

    _ intitulé #CelloUnlimited _

    d’œuvres pour violoncelle seul du XXè siècle,

    …

    dont la Sonate pour violoncelle seul, opus 8, de Kodaly (en 1915),

    par l’excellent Daniel Müller-Schott,

    …

    à côté de la Sonate pour violoncelle seul, opus 134 de Prokofiev (de 1953),

    de la Sonate pour violoncelle seul, opus 25 n° 3 d’Hindemith (de 1922),

    de la Serenade de Hans Werner Henze (de 1949),

    d’une Cadenza du violoncelliste lui -même (de 2018),

    d’une Sonate pour violoncelle seul de George Crumb (de 1955)

    ainsi que du Chant des Oiseaux de Pau Casals (de 1939).

    …

    Et les confrontations de ces œuvres sont, déjà,

    par le fait même de leur mise en réseau,

    passionnantes !

    …

    …

    Voici le commentaire que donne de cette interprétation superlative-ci

    de la Sonate de Kodaly

    par Daniel Müller-Schott

    Jean-Charles Hoffelé en l’article de ce jour de son blog Discophilia,

    …

    sous le titre d’Ivresse  :

    …
    …

    IVRESSE

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    …
    Qui pourrait contester ce fait établi : János Starker s’était, croyais-je pour toujours, approprié la Sonate pour violoncelle seul de Zoltán Kodály. Beaucoup, et les plus grands violoncellistes d’abord à commencer par Paul Tortelier y auront tenté d’y faire entendre d’autres voix, mais enfin Daniel Müller-Schott de son archet aigu, me replonge dans le grand geste épique _ voilà _ que seul jusqu’ici Starker osa incarner _ incarner une oeuvre est essentiel.

    …
    …

    Ce violoncelle doit brûler : dès l’Intrada, il prend feu dans des sonorités admirables et ose le cri, la stupeur, et dans le Finale inhumain, dansera, ivre. Quelle version à couper le souffle où ce si beau violoncelliste, toujours soucieux d’une certaine perfection sonore, s’affranchit de cette attention. Il le peut ; même en forçant son instrument, la noblesse de sa sonorité _ voilà _ résiste, cette touche si sûre, ce son si pur ne peuvent s’abdiquer _ la grandeur est nécessairement oxymorique.

    …

    …

    Le programme de l’album est passionnant, panorama éloquent _ mais oui _ du violoncelle solo au XXe siècle, de l’esquisse _ inachevée, Prokofiev étant mort avant d’avoir pu l’achever _ de la Sonate que Prokofiev voulait écrire pour Rostropovitch au Chant des oiseaux de Pau Casals en passant par la Sérénade déconcertante de Henze ou la Sonate de Crumb dont les pizzicatos disent d’emblée l’étrangeté, en passant par les gestes modernistes de la Sonate d’Hindemith. Mais c’est à l’œuvre de Zoltán Kodály _ un chef d’oeuvre qui vous foudroie _ que vous reviendrez d’abord.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Zoltán Kodály (1882-1967)
    Sonate pour violoncelle, Op. 8
    Sergei Prokofiev (1891-1953)
    Sonate pour violoncelle en
    ut dièse mineur, Op. 134

    Paul Hindemith (1895-1963)
    Sonate pour violoncelle,
    Op. 25 No. 3

    Hans Werner Henze
    (1926-2012)
    Sérénade pour violoncelle
    Daniel Müller-Schott (né en 1976)
    Cadenza
    George Crumb (né en 1929)
    Sonate pour violoncelle
    Pablo Casals (1876-1973)
    El cant dels ocells

    …

    Daniel Müller-Schott, violoncelle

    …

    …

    Un album du label Orfeo C984191
    …

    Photo à la une : le violoncelliste Daniel Müller-Schott – Photo : © Uwe Arens

    …

    …

    Une admirable interprétation-incarnation

    de ce chef d’œuvre émouvantissime

    de Zoltan Kodaly !

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    Ce lundi 23 décembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La merveille d’interprétation du Trio pour piano, violon et violoncelle op. 24 de Mieczyslaw Weinberg par Gidon Kremer, Yulianna Avdeeva et Giedré Dirvanauskaité

    Mieczyslaw Weinberg

    (Varsovie, 8 décembre 1919 – Moscou, 26 février 1996)

    _ et ami de Dmitri Chostakovitch (Saint-Petersbourg, 12 septembre 1906 – Moscou, 9 août 1975) _,

    est un immense compositeur du XXème siècle ;

    dont l’œuvre comporte 154 numéros d’opus

    _ celle de Chostakovitch, 147.

    …

    …

    Depuis pas mal d’années maintenant,

    l’œuvre de Weinberg

    connaît pas mal d’enregistrements discographiques,

    parmi lesquels ceux, admirables, de Gidon Kremer et sa Kremerata Baltica…

    …
    …

    Aujourd’hui paraît un admirable CD _ Deutsche Grammophon 483 7522 _

    sobrement intitulé Chamber Music,

    comportant,

    outre ce chef d’œuvre absolu _ sublime ! _ qu’est le Trio pour piano, violon et violoncelle opus 24 (de 1946),

    interprété par Yulianna Adveeva, au piano, Gidon Kremer au violon, et Giedré Dirvanauskaité au violoncelle,

    …

    3 Pièces pour Violon et Piano

    et la Sonate pour Violon et Piano n° 6, op. 136 bis,

    par Gidon Kremer et Yulianna Adveeva.

    …

    …

    Ce CD est lui-même un chef d’œuvre d’interprétation de cette musique de Weinberg,

    absolument poignante.

    …

    …

    C’est un événement pour la musique.

    …

    Et un CD indispensable.

    …

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    Ce vendredi 29 novembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’enchantement de l’océanique « Funérailles », Suite pour grand orchestre (1930), de Lucien Durosoir : un chef d’oeuvre de paix bouleversant

    J’attendais depuis un certain temps d’écouter enfin

    _ je n’avais pu me rendre à la première audition mondiale de l’œuvre à Pau, à l’auditorium du Palais Beaumont, le 19 novembre 2014, par l’Orchestre de Pau et des Pays de l’Adour dirigé par Fayçal Karoui (l’œuvre y avait été donnée aussi les 20, 22 et 23 novembre suivants) _,

    Funérailles, Suite pour grand orchestre, de Lucien Durosoir,

     

    …

    que le compositeur lui-même considérait comme son grand œuvre !

    _ et dont la composition, à Bélus, ce hâvre paisible, dura de 1927 à 1930.

    …

    Un hommage, dix ans après sa fin,

    aux morts _ à tous les morts _ de la Grande Guerre.

    …

    …

    Voici que le CD comprenant Funérailles

    (avec Sous la pluie de feu, de Philippe Hersant _ une œuvre commandée en célébration des commémorations de la Grande Guerre de 1914 – 1918 ; et Philippe Hersant ayant assisté à la création de Funérailles à Pau le 19 novembre 2014 _

    paraît :

    …

    ce CD Hortus 736 conclut ainsi en resplendissante beauté la collection « Les Musiciens et la Grande Guerre« , dont c’est là le volume 36 et dernier ;

    …

    et j’en suis ébloui !

    et comblé !

    …

    Mieux qu’enchanté ! Transporté en quelque Eden de musique…

    …

    …

    Funérailles est interprété

    _ magnifiquement : quelle ampleur ! quel souffle ! quel extraordinaire rendu de la complexité des voix qui s’entrecroisent !

    _ par le Taurida International Symphony Orchestra,

    en résidence à Saint-Petersbourg, Russie,

    …

    et sous la direction de son chef Mikhail Golikov ;

    l’enregistrement a eu lieu à Saint-Pétersbourg au mois de juillet 2017.

    …

    …

    Une merveilleuse impression de paix

    _ d’après la bataille, et le champ de ruines et de morts qui repose, après le fracas des armes et leur œuvre de destruction : à la Tolstoï de Guerre et paix… _,

    et de joie _ mais oui : la sérénité du travail du deuil ayant triomphé dans l’âme de celui qui se souvient, et compose cet hymne de reconnaissance et hommage _, s’en dégage,

    en ces 40 minutes que dure cette Suite symphonique « pour grand orchestre« ,

    …

    avec une musique, comme toujours chez Durosoir, d’une incroyable _ profuse et lumineuse _ richesse, 

    en l’entrecroisement complexe et pourtant suprêmement évident de ses voix _ instrumentales _,

    avec ses ruptures, ses surprises renouvelées permanentes,

    …

    et le profond sentiment de paix, proprement océanique

    _ l’adjectif m’est plusieurs fois revenu pour rendre justice à l’idiosyncrasie de Lucien Durosoir ! _,

    qui se dégage de ce maelstrom tellement paisible, ou mieux : apaisé, de musique-là.

    …

    Avec, aussi, une étrange et magnifique,

    même si quasi imperceptible _ mais l’art de Durosoir est formidablement présent là… _

    note, ici _ pour la première et unique fois en tout son œuvre, désormais accessible en CDs… _, que j’oserai dire _ iconoclastiquement, j’en ai conscience _ « américaine« , « jazzy » _ mais oui _, bienheureuse, conquise _ mais sans rien qui marque un effort… Le maelstrom de la paix conquise, en toute plénitude, règne, par-delà les chocs des flux qui le composent…

    …

    Et en contraste avec les citations de Jean Moréas (1856 – 1910)

    _ cf ma seconde contribution au colloque Un musicien moderne né romantique : Lucien Durosoir (1878 – 1955), au Palazzetto Bru-Zane à Venise le 20 février 2011 :   _

    placées en exergue de chacune des quatre parties de Funérailles :

    …

    _ « Roses de Damas, où sont vos parfums ?« 

    _ « Je me souviens…« 

    _ « Voix qui revenez... »

    _ « Toc, toc, toc, le menuisier des trépassés…« 

    …

    …

    Une merveille !

    Quel compositeur est Lucien Durosoir !

    …

    Et quel singulier et rasséréné chef d’œuvre que cet océanique Funérailles…

    …

    …

    Il me faut encore ajouter aussi qu’à la toute première audition de ce CD,

    j’ai été surpris de la succession de ces deux œuvres de Lucien Durosoir et Philippe Hersant, Funérailles et Sous la pluie de feu :

    une Suite et un Concerto ;

    …

    j’ai bien eu conscience qu’un changement _ mais en quoi plus précisément ? _ venait de se produire,

    …

    et je me suis tout simplement demandé si la plage qui survenait alors

    constituait une nouvelle partie de Funérailles, mais oui !

    …

    Même si j’avais bien conscience d’un certain allègement de la pâte orchestrale _ que je percevais, et qui venait ainsi, justement, me questionner… _ ;

    toutefois la parenté musicale _ voilà ! _ des plages musicales qui se succédaient

    me frappait tout autant !

    …

    et m’émerveillait même _ voilà…

    …

    …

    Et je dois dire que Sous la pluie de feu, double concerto pour violon et violoncelle, de Philippe Hersant (2018)

    _ une commande de Radio-France, de l’Orchestre de Pau Pays de Béarn et de l’Orchestre National de Lorraine _,

    est aussi une œuvre splendide,

    …

    donnée ici en ce CD dans l’enregistrement-live (le 16 novembre 2018, à l’Auditorium de Radio-France) de sa création,

    par Hélène Collerette, violon, Nadine Pierre, violoncelle, l’Orchestre Philharmonique de Radio-France, sous la direction de Pascal Rophé.

    …

    …

    L’esprit de l’œuvre de Durosoir est en effet très sensiblement présent _ voilà ! continué, renaissant, à mon oreille… _ dans la création de Philippe Hersant ;

    le violon, ici, étant celui de Lucien Durosoir lui-même,

    et le violoncelle, celui de son camarade des tranchées Maurice Maréchal…

    …

    …

    Quelle fécondité  musicale est ainsi celle de Lucien Durosoir ;

    …

    et alors même que Funérailles est d’une singularité

    ultra-puissante

    qui empêche de rattacher cet opus maximum à quelque œuvre musicale que ce soit !

    À rien de connu jusqu’ici !

    …

    C’est un inouï absolu !

    D’une totale, éblouissante et merveilleuse unicité !

     

    …

    …

    Une pierre de touche essentielle de la création musicale du XXème siècle, donc,

    vient ici de surgir et se révéler à nous.

    …

    …

    « Un continent« , avais-je dit dès la première audition du CD Alpha 125 des 3 Quatuors à cordes de Lucien Durosoir, par le Quatuor Diotima _ cf mon article du 4 juillet 2008 : .

    Je ne me déjuge certes pas !

    …

    …

    Et maintenant,

    voici ce chef d’œuvre absolu qu’est la Suite pour grand orchestre Funérailles :

    …

    quel immense cadeau fait là

    à la musique universelle !

    …

    …

    Ce lundi 11 novembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Coup de maître de Simon-Pierre Bestion et La Tempête dans les Vespro della Beata Vergine de Claudio Monteverdi

    Il est bien entendu que pas un seul déchet n’existe

    dans l’œuvre musical de Claudio Monteverdi (1567 – 1643).

    …

    …

    Et il existe bien de superbes interprétations

    de ce chef d’œuvre sien que sont les Vespro della Beata Vergine…

    …
    …

    Mais il faut bien admettre que l’interprétation

    que vient nous en donner Simon-Pierre Bestion et son Ensemble La Tempête

    en un double CD Alpha 552

    …

    est une merveille d’interprétation de ces Vespro,

    …

    dans la splendeur du rendu _ sublime ! _ de l’intensité,

    la ferveur,

    l’intimité,

    l’incroyable variété même,

    de ce chef d’œuvre de Monteverdi

    …

    en une réalisation discographique somptueuse,

    d’une émotion

    qui nous étreint en permanence le cœur…

    …

    …

    Une réalisation discographique indispensable

    …

    et une date marquante de l’interprétation…

    …
    …
    Ce samedi 19 octobre, Titus Curiosus – Francis Lippa