Étiquette : Crescendo Magazine

  • Un merveilleux « Du bist schön und lieblich » de Clematis, magnifiquement composé et idéalement réalisé…

    Le CD Ricercar RIC 479 « Andreas Hammerschmidt – Du bist schön und lieblich » de l’Ensemble Clematis, splendidement dirigé par le violon de Stéphanie de Failly et le clavecin et l’orgue de Yoann Moulin, avec Capucine Keller, soprano, et Maxime Melnik, ténor, sur des poèmes très émouvants du « Cantique des cantiques« , est aussi magnifiquement composé qu’idéalement réalisé – enregistré à Centeilles au mois de septembre 2024… – :

    que de merveilleuses musiques sont rassemblées ici !..

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    Écoutez donc ceci…

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    C’est un récent article de Crescendo Magazine, du 6 octobre dernier, et signé Serge Martin, « Des pages séparées d’Hammerschmidt regroupées pour créer un petit opéra imaginaire« , ainsi que la mention du remarquable claviériste qu’est Yoann Moulin, qui m’ont fait connaître l’existence de ce superbe CD, que j’ai alors pu dénicher chez mon disquaire préféré ; jusqu’alors j’avais ignoré son existence…

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    Le voici donc :

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    Des pages séparées d’Hammerschmidt regroupées pour créer un petit opéra imaginaire

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    LE 6 OCTOBRE 2025 par erge Martin
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    Andreas Hammerschmidt (1611-1675). « Du bist schön und lieblich ». Capucine Keller, soprano, Maxime Melnik, ténor ; Clematis, direction : Yoann Oulin – Yoann Moulin ! j’avais compris qu’i y avait eu là erreur de frappe ; et absence de relecture !!! – et Stéphanie de Failly. 2024. Livret en français, anglais et allemand. 63’44. Ricercar-RIC 479.

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    Jérôme Lejeune nous a déjà réservé bien des surprises – mais oui ! – dans ses éditions de musique baroque allemande. Un compositeur apparaît au milieu d’une compilation (dans le 5e volume des « Deutche Barock Kantaten » pour Andreas Hammerschmidt). On le sort ensuite de l’anonymat en lui offrant un panorama complet de sa production : ce fut « Ach Jesus stirbt » avec Vox Luminis. Et puis l’intérêt gonflant, on décide de se focaliser sur un seul versant de sa production. Ici son approche – par Clematis – de l’amour humain au travers du « Cantique des Cantiques ».

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    En fait ce dernier fut tout au long de la Renaissance le livre de la Bible le plus courtisé – voilà – par les compositeurs qui trouvaient dans les textes un érotisme réel – en effet ! – que leur caractère sacré – biblique ! – rendait présentable à des communautés plutôt austères – dans l’Allemagne de la Réforme de Luther… Hammerschmidt ne fait pas exception à la règle et son travail l’amène dans un de ses derniers recueils jusqu’à écrire, avec « Mein Freund ist mein », d’ailleurs sous-titré « dialogus », une véritable scène théâtrale.

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    Jérôme Lejeune va plus loin et conçoit un véritable opéra miniature – oui – à partir de pièces du compositeur entrecoupées de mouvements de danse d’un nouvel inconnu, David Funck – 1648 – 1699 : « On ne sait quasi rien de David Funck, compositeur originaire de Bohème, mais actif en Thuringe« , nous apprend Jérôme Lejeune à la page 15 du CD. Il culmine – ce CD – dans les deux pièces tirées de sa « Kirchen-und Tafel-Musik de 1662 » – d’Andreas Hammerschmidt – , le « dialogus », déjà évoqué et « Ich suchte des Nachts » qui décrit le parcours nocturne de la ville par l’amante à la recherche de son bien-aimé.

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    .Et tout se termine par la même thématique du « Siehe mein Freund », celle fois confiée dans un réel duo à un total inconnu Thomas Strutz – 1621 – 1678 – qui officia sa vie durant à Dantzig. Et une fois de plus, cette découverte est une réelle révélation – oui, oui !

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    Un tel programme n’est pensable que si les interprètes assurent une réelle continuité – en effet – dans la succession de pièces diverses ; et, là, on ne peut qu’admirer – oui, oui ! – la souplesse qui caractérise le travail de l’Ensemble Clematis qui anime ce parcours d’une bonne heure avec une belle flexibilité. Le passage des instruments aux voix se pratique avec une ductilité qui unifie le propos sans jamais le forcer. Cette superbe maîtrise peut alors se mettre au service des deux voix de la soprano Capucine Keller et du ténor Maxime Melnik (on est heureux de le retrouver au disque) qui habitent ces monologues ou dialogues amoureux avec une belle variété, jusqu’aux ornements dans les pages d’inspiration italienne. Mais celle-ci n’est jamais envahissante et la principale vertu de cette interprétation réside dans sa continuité : on impose un climat, souple et agile, et on le perpétue dans sa légèreté tout au long des péripéties.

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    Un véritable régal – absolument ! – qui se déguste dans sa continuité. Quant à Hammerschmidt, une fois de plus, on en redemande – oui, oui !
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    Son : 10 Répertoire : 10 Livret : 10 Interprétation : 9

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    Serge Martin

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    Que de joyaux à redécouvrir et à aussi bien servir ainsi au disque…

    Le travail de Ricercar et Jérôme Lejeune est une fois de plus à relever, et remercier de toute notre gratitude de mélomane passionné et curieux du meilleur…

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    Ce dimanche 19 octobre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une bel hommage à Pierre Monteux pour le 150e anniversaire de sa naissance, par Alain Pâris…

    Hier 4 septembre, sur le site du magazine Crescendo,

    un bel hommage d’Alain Pâris à l’incomparable Pierre Monteux pour le 150e anniversaire de sa naissance – Paris, 4 avril 1875 – Hancock (Maine), 1er juillet 1964 – ,

    très sobrement intitulé : « Pierre Monteux, 150 ans« …

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    Pierre Monteux, 150 ans

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    LE 4 SEPTEMBRE 2025 par
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    En 1961, lorsque l’Orchestre symphonique de Londres fit appel à lui comme chef permanent avec un contrat de 25 ans, on le croyait éternel. Il y avait de quoi : signer un tel contrat à 86 ans équivalait à un bail à vie, un usage assez rare dans un monde où l’usure se fait vite sentir et où les musiciens aiment à voir partir assez rapidement les chefs qu’ils ont tout d’abord encensés. Monteux avait un sens du contact très profond, un grand calme dans le geste comme dans le propos, une compétence que les instrumentistes à cordes appréciaient car il était l’un des leurs – d’abord un instrumentiste : violoniste et altiste !.. – , et une précision – bien française, tempérée…  – encore rare à l’époque des excès du post-romantisme. On a attribué à Toscanini l’exclusivité de cette révolution au profit d’une nouvelle rigueur. Mais Monteux a œuvré dans le même sens. L’histoire semble l’avoir oublié. D’ailleurs, comment imaginer avoir dirigé le répertoire qui était le sien, à commencer par le Sacre du printemps dont il fut le créateur – le 29 mai 1913 – , sans une précision – éminemment ravélienne, elle aussi – qu’ignoraient ses prédécesseurs. Toutefois, limiter les qualités de Monteux à la seule précision rythmique serait – très – réducteur. Son abondante discographie en apporte la preuve. Et s’il fallait se contenter d’un seul exemple, il suffit d’écouter son enregistrement – à Londres – en février 1964 – de La Valse de Ravel avec l’Orchestre symphonique de Londres : souplesse et rigueur font bon ménage, élégance sans le moindre excès, l’art de la juste mesure. Inégalé et, à mon humble avis, inégalable – probablement.

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    Monteux était violoniste de formation – voilà. Il avait roulé sa bosse dans l’orchestre des Folies-Bergère tout en pratiquant la musique de chambre – c’est important, ça aussi… – dans deux des quatuors à cordes français les plus réputés, le Quatuor Geloso et le Quatuor Tracol – que fréquenta aussi Lucien Durosoir, ami de Pierre Monteux. En 1893, Édouard Colonne lui offre le poste de premier altiste dans son orchestre. Pendant une vingtaine d’années – 1893 – 1914 – , il va participer à la création des plus grandes œuvres du répertoire symphonique de l’époque, Debussy, Ravel – oui ! En 1906, Colonne le prend à ses côtés comme chef adjoint. Puis ce seront les Ballets russes où il remplace Pierné dès la deuxième saison et où, en l’espace de trois ans, il porte sur les fonts baptismaux quelques unes des œuvres fondamentales du répertoire symphonique et chorégraphique du XXe siècle : Petrouchka (1911), Le Sacre du printemps (1913) et Rossignol (1914) de Stravinski, Valses nobles et sentimentales (1912) et Daphnis et Chloé (1912) de Ravel, Jeux (1913) de Debussy. La porte des États-Unis s’ouvre à lui : deux saisons au Met, cinq ans à la tête de l’Orchestre symphonique de Boston, et il revient en Europe où tous les grands orchestres font appel à lui, notamment le Concertgebouw d’Amsterdam dont il est un invité régulier. Puis c’est l’Orchestre symphonique de Paris, qu’il quittera en 1938 lassé par les querelles syndicales qui entravent son action. San Francisco l’appelle au pupitre de son orchestre symphonique alors en piteux état. Il y restera dix-sept ans et adoptera la nationalité américaine. Monteux est alors devenu une référence tant pour la connaissance du répertoire français – évidemment ! – que pour bâtir ou relever des orchestres. Toujours à l’affût des œuvres nouvelles, il impose Stravinski, naturellement, avec lequel il reste étroitement lié, mais aussi Poulenc ou Honegger, Villa-Lobos, et chez les Américains, Sessions, Antheil, Creston et bien d’autres. Lorsque la NBC décide de créer un orchestre pour Toscanini à New York, c’est à lui que l’on fait appel pour les concerts préparatoires – voilà – , afin de façonner l’orchestre à la mesure du maestro. À la fin de sa vie, il s’installe dans le Maine – à Hancock – où il fonde une école de direction d’orchestre que fréquenteront notamment David Zinman, Neville Marriner, George Hurst, Michel Plasson ou André Previn.

    À l’occasion d’une série d’émissions sur France Musique qui lui étaient consacrées, j’avais longuement rencontré sa fille Nancy pour tenter de comprendre pourquoi la France avait laissé s’échapper une telle personnalité. Et elle m’avait expliqué que la vie symphonique à Paris entre les deux guerres était devenue ingérable avec un va-et-vient permanent des instrumentistes entre les différentes phalanges, ce qui rendait impossible un travail – vraiment suivi – en profondeur comparable à celui auquel il avait été habitué Outre-Atlantique. Et pourtant, à l’époque, le niveau des orchestres américains était bien inférieur à celui des grands orchestres européens. Il existe un enregistrement de répétition où Monteux fait travailler la Marche funèbre de la Symphonie héroïque de Beethoven à l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam. Quelle leçon !

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    Un très grand Monsieur autant qu’un chef-interprète d’exception !

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    Ce vendredi 5 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La passionnante aventure discographique « Schubert + » de Can Çakmur pour le label Bis : une intelligence lumineuse, ramifiée et rhizomatique, des œuvres…

    Le pianiste turc Can Çakmur – né à Ankara en 1997 – poursuit une passionnante aventure discographique pour le label Bis, intitulée « Schubert +« ,

    au cours de laquelle il se propose d’enregistrer et nous donner à partager à l’écoute les principales œuvres pour piano (hors fragments) de Schubert, auxquelles s’ajouteront, chaque fois, en chacun de ces CDs, des compositions d’autres auteurs – antérieurs, contemporains ou postérieurs – dont la musique présente une parenté, directe ou indirecte – voilà ! selon ce mode actif si fécond d’imageance inventive, ramifiée et rhizomatique, que j’aime tant ! – , avec les œuvres de celui-ci.

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    Et à ce jour, 5 CDs sont d’ores et déjà parus  :

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    _ le CD Bis 2650 « Schubert + Schoenberg » – je ne le possède pas ; et n’en connais que ce qu’en déclare l’article « Can Çakmur éblouissant dans Schoenberg et inégal dans Schubert » de Patrice Lieberman, paru dans le magazine Crescendo du 5 septembre 2023 ; et c’est peut-être cette expression d « inégal dans Schubert«  qui m’avait alors dissuadé, en 2023, de faire l’achat de ce CD… – ;

    _ le CD Bis 2680 « Schubert+ Brahms » – avec de Brahms, les 4 Klavierstücke Op. 119 : ce chef d’œuvre majeur de tout le répertoire pianistique ! – ;

    _ le CD Bis 2690 « Schubert + Krenek » – avec de Krenek, la Sonate pour piano n°2 Op. 59 – ;

    _ le CD Bis 2710 « Schubert + Voříšek + Chopin + Scriabin » – avec de Voříšek, les « Impromptus n° 4 et n°6 » de l’Op. 7 ; de Chopin, les « Impromptus n°1″ Op. 29, « n°2 » 0p. 36 et « n°3 » Op. 59, et la « Fantaisie-Impromptu » Op. posthume 66/ WN 46 ; et de Scriabine, les « Impromptus n° 1 er 2 » de l’Op. 12 – : à propos de ce tout nouveau genre alors, et qui me plaît tant, qu’est l’ »Impromptu » (cf mes précédents articles « Découvrir le courageux talent de Can Çakmur dans les « Impromptus » D. 899 et D. 935 de Franz Schubert dans ses passionnants (et audacieux) CDs Bis 2680 et 2710 – SACD « Schubert + … » : un interprète désormais à suivre… » ainsi que « Ecouter le précédent CD « Franz Schubert – Impromptus – Klavierstücke », enregistré à Lisbonne en 2015, de l’extraordinaire pianiste Ammiel Bushakevitz : le charme fou des « Grätzer Walser » D. 924…« , articles en date du 5 mars 2025 et du 16 mai 2025) ; et ce magnifique CD « Schubert + Voříšek + Chopin + Scriabin » de Can Çakmur s’est ainsi révélé incontourable, et j’y reviendrai, forcément… ;

    _ et le CD Bis 2750 « Schubert + Beethoven« , que je viens juste de me procurer – avec de Beethoven, les « 32 Variations sur un thème original« , Wo080, composées, elles, en 1806… – .

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    L’entreprise de mettre chaque fois en relation ces diverses œuvres est absolument passionnante !

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    De même que ce qu’en indiquent, chaque fois, en chaque CD, les intelligents et lumineux livrets de la plume de Can Çakmur lui-même…

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    Et c’est cette autonomie à l’égard du modèle écrasant qu’était jusque là pour Schubert l’écriture beethovienne de la sonate pour piano, que le jeune Franz Schubert – il est né le 31 janvier 1797  – conquiert, en 1819 – il a tout juste 21 ans – , avec l’écriture tout à fait originale de cette sonate pionnière – à partir de lieder… – qu’est sa Sonate D. 664, que vient lumineusement éclairer pour nous le livret de Can Çakmur ;

    je lis :

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    à partir de cette Sonate en la majeur D. 664, Franz Schubert, « dont le domaine est le lied« , a enfin « trouvé une manière d’aborder cette forme – qu’est la Sonate pour piano – qui lui était propre : parmi les 32 sonates de Beethoven, il n’y en a pas une seule qui commence par la formule « mélodie + accompagnement ». Et aucune sonate de Schubert antérieure à la D. 664 ne le fait non plus. C’st ici que l’extraordinaire talent de compositeur de lieder de Schubert a trouvé le moyen de transformer la nature oppositionnelle de la – traditionnelle – forme sonate en un récit – original, schubertien… – tissé de mélodies – voilà ! – dans lequel les paysages semblent changer progressivement, comme s’ils étaient vus du point de vue d’un voyageur – le wanderer schubertien, qui marche et qui avance… – , sans qu’il soit nécessaire de juxtaposer des éléments – allegro – adagio... – contrastés« …

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    CQFD.

    L’intelligence de lecture des œuvres qu’opère Can Çakmur est vraiment lumineuse…

    Bravo maestro !

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    Ce samedi 13 août 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Quelques avancées concernant mon questionnement sur l’histoire et la généalogie familiales, côté paternel, d’Emmanuel Despax (Suite)…

    Très tôt ce matin, en poursuivant ma recherche, je découvre, sur le site de Crescendo Magazine, un article de Pierre-Jean Tribot en date du 22 juin 2023, intitulé « Emmanuel Despax, après un rêve« , révélant un élément de la généalogie familiale d’Emmanuel Despax qui m’avait jusqu’ici échappé, et qui ne concerne pas son grand-père maternel – et poète – Jacques Charpentreau (Les Sables d’Olonne, 25 décembre 1928 – Paris 13e, 8 mars 2016), mais son arrière-grand oncle – et poète lui aussi – , mais côté paternel Despax, cette fois : Emile Despax (Dax, 14 septembre 1881 – Moussy-Verneuil, 17 janvier 1915)…

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    Je cite donc ici ce qu’Emmanuel Despax, à l’occasion de la publication de son CD  « Après un rêve« , déclare à ce propos :

    « Mon grand-père, Jacques Charpentreau, était poète. Je n’ai jamais possédé son don pour les mots, mais nous partagions un lien fort, forgé entre la poésie de la musique et la musicalité de la poésie. Mon album, Après un rêve, lui est dédié.

    Aussi longtemps que je m’en souvienne, il m’a encouragé sur mon chemin artistique. Lorsque j’étais jeune étudiant, je rendais visite à mes grands-parents à Paris et nous nous asseyons pour prendre un café. Nous parlions pendant des heures de musique, de littérature, de poésie et de politique. J’admirais son intelligence, sa culture, son français exquis, sa mémoire, son esprit. Il m’a fait découvrir les œuvres de grands écrivains tels que Victor Hugo, dont les célèbres mots sur la musique, « Ce qu’on ne peut dire et ce qu’on ne peut taire, la musique l’exprime”, me guident et m’inspirent encore aujourd’hui.

    Il aimait beaucoup le répertoire de la Belle Époque. Ainsi, lorsque j’ai décidé d’enregistrer cette musique, j’ai pensé à lui et à beaucoup de ses propres poèmes inspirés par la nuit. En hommage à lui, j’ai sélectionné certains de ses poèmes, ainsi que des œuvres d’autres poètes qu’il admirait, pour accompagner la musique ; y compris un poème de mon arrière-grand-oncle, Émile Despax, un écrivain talentueux de la Belle Époque.« …

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    C’est donc de cette branche dacquoise des Despax qu’est issu Emmanuel Despax…

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    Emile Despax (Dax, 14 septembre 1881 – Moussy-Verneuil, 17 janvier 1915) a eu deux frères – cf déjà cet arbre généalogique-ci : même incomplet, il est très éclairant ! – qui peuvent donc être l’arrière-grand-père Despax d’Emmanuel : Gabriel-Gustave Despax (Dax, 22 novembre 1878 – Pissos, 9 mars 1922) et Frédéric Despax (Dax, 27 mai 1880 – Roscoff, 6 février 1935) – lire ici le passionnant portrait des 3 frères Despax, en un article détaillé de la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque du 13 février 1935 intitulé « La mort du capitaine de vaisseau Despax« , réalisé à l’occasion du décès de celui-ci, le capitaine de vaisseau Despax, chef d’Etat-Major du vice-amiral Laurent, préfet maritime de Brest…

    Mais Frédéric Despax semblant n’avoir eu qu’une fille, Jacqueline Despax (La Rochelle, 5 avril 1907 – Dax, 14 novembre 1973), et donc pas un fils dont Emmanuel aurait hérité ce nom de Despax, il nous faut donc nous tourner vers la descendance masculine du frère aîné Gabriel-Gustave Despax  (1878-1922), qui fut maire de Dax de 1913 à 1919, et député des Landes de 1919 à son décès, en 1922.

    Or ce dernier a eu deux fils – constituant deux potentiels grand-pères paternels de notre pianiste Emmanuel Despax – , nés de deux mariages successifs, et qui sont d’une part Jean Despax (Dax, 18 mars 1912  – décédé entre Paris et Amiens, le 18 août 1944, et déclaré victime civile de la guerre), et d’autre part Pierre-Raymond Despax (Dax, 5 janvier 1920 – Avallon, 4 avril 2007). 

    Et il semble que si ce dernier, Pierre-Raymond Despax, bien que marié, n’a pas eu de descendance, il se trouve, en revanche, que Jean Despax, époux à Paris 7e le 6 juin 1936 – furent témoins à ce mariage, excusez du peu !, Charles Maurras et Léon Daudet… – de Simone Louise Léopoldine Nouguès (Paris 17e, 4 janvier 1912 – Ollioules, 30 avril 2006), a eu trois enfants, deux filles, Martine Despax (épouse de Claude Bouthier), Maïlys Despax – née en septembre 1938 – (épouse d’Yves Leclerc), et un garçon, François-Henri Despax – dont j’ignore les lieu et date de naissance – , lequel pourrait bien être le père de notre pianiste Emmanuel Despax (né à Paris en 1984)…

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    Le Journal officiel du 21 novembre 1948 déclare que, par un arrêt de contumace de la cour de justice de la Côte d’Or en date du 22 mai 1946, Jean Despax (…), demeurant en dernier lieu à Mâcon, et actuellement en fuite – on ignorait donc alors qu’il était décédé au mois d’août 1944 entre Paris et Amiens... – , a été condamné à la confiscation de ses biens présents et à venir, meubles et immeubles, divis ou indivis, de quelque sorte qu’ils soient, pour activité anti-francaise…

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    Et puis La Loi du 25 octobre 1950 déclare que par un jugement de divorce en date du 7 juillet 1950 entre Mme Simone Louise Léopoldine Nouguès, épouse de M. Jean Despax, demeurant à Paris 252 rue de Rivoli, et M. Jean Despax, demeurant chez Mme Serveau – il s’agit de la sœur aînée de Jean Despax, Geneviève Despax (Dax, 8 mars 1909 – Draguignan, 15 août 1997), épouse, à Paris 16e le 24 aout 1945, de Marcel Serveau (Makeievka en Russie, 4 juillet 1913 – Draguignan, 19 janvier 2000)… – , 199 rue de Vaugirard, ci-devant et actuellement sans domicile connu – le décès de Jean Despax, le 18 août 1944 quelque part entre Paris et Amiens, continuait ainsi d’être au moins officiellement ignoré en 1950… – , il appert que le divorce a été prononcé à la requête et au profit de la femme, avec toutes les conséquences de droit (Etude de Maître Soubrier).

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    Enfin le numéro 2701 de L’Action française du 18 au 31 mai 2006 consacre une bien intéressante notice nécrologique au décès de « son amie fidèle » Mme Jean Despax – sic – , née Simone Nouguès, survenu le 30 avril 2006 :

    « DECES

    Nous avons appris avec peine le décès de notre amie fidèle Mme Jean DESPAX née Simone Nouguès survenu le 30 avril 2006 – à Ollioules (Var). Ses obsèques ont été célébrées dans l’intimité familiale en la chapelle Sainte-Philomène à Toulon le 4 mai.

    Née en 1912 – le 4 janvier, à Paris 17e – , elle était issue d’un milieu littéraire et artistique (son père – Jean Nouguès (Bordeaux, 25 avril 1875 – Paris 16e, 28 août 1932) – était compositeur d’opéras à succès – sur lesquels Ravel a maintes fois ironisé ; cf cette note de Manuel Cornejo à la page 466 du Tome 1 de son édition de la Correspondance de Maurice Ravel : « Ravel raille à plusieurs reprises le prolifique compositeur bordelais Jean Nouguès (1875 – 1932), qui avait moins de difficultés à faire représenter ses opéras que Ravel n’en eut à l’Opéra-Comique avec son Heure espagnole, laquelle patienta de 1907 à 1911. (…) Les plaisanteries sur Nouguès devint être monnaie courante à l’époque à en juger par une lettre de Caplet à Calvocoressi : « Si vous êtes un homme à poigne, vous pouvez me confectionner le livret en moins de temps qu’il n’en faut pour écrire cinq actes de M. Nouguès »… »… ). Étudiante, elle fut très vite attirée par l’Action française où elle se fit la plupart de ses amitiés et où elle rencontra son futur mari, camelot du Roi – voilà : son père,  était député radical des Landes… Elle tint longtemps dans le journal quotidien, avec Yvonne Fayard et Claire Daudet, la rubrique répondant aux questions des lecteurs. Elle approcha ainsi Charles Maurras et Léon Daudet qui acceptèrent d’être les témoins de son mariage, en juin 1936 – le 6 juin 1936.

    Ayant beaucoup souffert de la division – et c’est bien sûr là un euphémisme – des Français pendant et après la guerre, veuve à 33 ans – au décès de son époux, le 18 août 1944, sa veuve, née le 4 janvier 1912, avait 32 ans : est-ce à dire que celle-ci n’a appris l’effectivité de son veuvage qu’un an plus tard, en 1945 ?.. – , elle fit face avec énergie à l’adversité pour élever ses trois enfants – Martine, Maïlys et François Despax – et travailla dans le milieu médical.

    Elle se rapprocha dans les années soixante-dix de la Fraternité Saint Pie X, à laquelle elle resta fidèle jusqu’à la fin à travers ses engagements à la paroisse de Saint- Nicolas du Chardonnet, puis au prieuré Saint-Maximin à Toulon, où elle habita à partir de l’année 2000.

    Nous prions ses enfants, M. et Mme Claude Bouthier – Martine Despax – , Mme Yves Leclerc – Maïlys Despax – , M. et Mme François Despax – François Despax, peut-être divorcé en 1996, à Aix-en-Provence, de Catherine Charpentreau, la mère d’Emmanuel Despax ; et semble-t-il remarié à Marie Delcroix, dont il a eu 7 enfants…  ; tout cela demeure bien sûr à confirmer ! – , ainsi que ses douze petits-enfants et ses quatorze arrière-petits-enfants de croire à notre profonde sympathie et à l’assurance de nos prières »…

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    Voilà donc où j’en suis de mes recherches ce soir – et demeurent encore d’importantes taches aveugles – sur la généalogie côté Despax de cet excellent pianiste qu’est Emmanuel Despax – écouter ici sa belle interprétation, en le CD Signum SIGCD 937 Resonance, de la très belle « Berceuse«  de Lucien Durosoir, avec Jessie Ann Richardson, la violoncelliste du Piatti Quartet (3′ 40)… – , ce 21 août 2025…

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    Ce jeudi 21 août 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa