Au sein du somptueux coffret Warner « David Oistrakh – The Warner remastered edition – The Complete Columbia & HMV Recordings – Premières, Rarities & Live Performances » de 58 CDs et 3 DVDs,
par quel CD débuter son écoute ?
Dilemme de l’embarras du choix…
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Par affinité personnelle essentielle avec le compositeur Karol Szymanowski (Tymochivka, 6 octobre 1882 – Lausanne, 29 mars 1937), pour commencer ma découverte du violon magique de David Oïstrakh (Odessa, 30 septembre 1908 – Amsterdam, 24 octobre 1874) que vient nous offrir ce richissime et indispensable coffret Warner,
mon choix s’est donc porté sur le CD n° 39 « Szymanowski« ,
consacré à la « Sonate pour violon » Op. 9 (avec le piano de Vladimir Yampolsky) _ enregistré live en 1956 _, les « Mythes » Op. 30 (avec le piano de Vladimir Yampolsky) _ enregistré live à Moscou le 27 janvier 1956 _, « Nocturne et Tarentelle » Op. 28 (avec le piano de Frida Bauer) _ enregisté live le 20 février 1964 _, et le « Concerto pour violon n°1« , Op. 35 (avec l’Orchstre Philharmonique National de Varsovie placé sous la direction de Karol Stryja) _ enregistré live le 24 novembre 1961 _ de Karol Szymanowski.
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Et ce CD n°39 est proprement fabuleux ! La pioche, magnifique, est rien moins que merveilleuse.
Car en ces œuvres d’une déjà confondante beauté de Szymanowski, la magie idiosyncrasique du violon de David Oïstrakh est tout simplement la perfection même…
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Et sur la merveille de ce richissime coffret Warner David Oïstrakh,
voici aussi les appréciations un peu détaillées et très judicieuses de Jean-Charles Hoffelé en son article « Le Roi David » en date du 24 novembre dernier sur son site Discophilia,
et de Patrice Lieberman en son article « Le Violon souverain de David Oïstrakh » en date du 6 décembre suivant sur le site du magazine belge Crescendo.
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LE ROI DAVID
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On n’y prendrait pas garde, mais la Russie mise au banc des nations civilisées par le génocide qu’elle commet en Ukraine, finira par faire disparaitre de la mémoire des jeunes mélomanes des artistes légendaires. Qui sait encore dans les moins de trente ans quel violoncelliste fut Daniil Shafran, qui parmi eux peut mettre un son sur le violon de Leonid Kogan ? Youtube s’en charge encore, mais avant bientôt quantité de musiciens de l’ère soviétique ne seront plus même des noms.
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David Oïstrakh lui-même risquerait cette oblitération, ces disques consentis aux labels du monde libre ne sont pas si nombreux, une pincée pour Deutsche Grammophon, une autre pour la CBS, bien plus heureusement pour His Master’s Voice, mais pour un archet aussi rayonnant _ oui _ le legs est relativement mince : 28 CD réédités ici en reprenant les pochettes originales des microsillons en attestent, dérisoire si l’on songe au legs discographique de Yehudi Menuhin.
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Ces gravures que l’on croît connaitre, réservent des surprises : la grande Suite de Taneïev sous la baguette stylée de Nikolai Malko célèbre une partition magnifique et la rencontre de deux Russies, le chef étant un pur produit de l’école impériale de direction d’orchestre. Le Premier Trio de Schubert rappelle, avec éloquence, qu’Oïstrakh était un fou de musique de chambre _ et c’est là bien évidemment capital. Les premières gravures suédoises avec Sixten Ehrling, Concertos de Beethoven et de Sibelius capturent la sonorité d’Oïstrakh dans sa pleine gloire. La Symphonie espagnole avec ses cinq mouvements célèbre l’alliance parfaite de cet archet classique avec la direction lumineuse de Jean Martinon. Tant d’exemples seraient à citer – le Concerto de Brahms deux fois, impossible de trancher entre Klemperer et Szell, Oistrakh y est royal, madeleine personnelle, le Premier Concerto de Chostakovitch dirigé par Maxim, le fils du compositeur – si l’apport décisif de cette édition historique n’était d’abord ailleurs.
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Bruno Monsaingeon, « curator » de l’entreprise, a ouvert la boîte de pandore des archives russes, et glané un trésor _ voilà ! David Oïstrakh sous tous ses visages, et parfois les moins connus. Le virtuose sans esbrouffe rejoignant Kreisler par la pureté du style _ oui ! _ pour un plein disque des œuvres de ce dernier, le chambriste omniprésent, et d’abord pour un ensemble Schumann transcendant, Trios, Sonate, Quatuor (avec le piano de Goldenweiser) et même la Fantaisie dans l’orchestration de la mouture de Kreisler signée Feigin, mais aussi pour trois disques en quatuor ; le divulgateur qui n’hésitait pas à donner les concertos avec leur accompagnement de piano devant des publics éloignés de toute formation symphonique (même celui de Sibelius !), deux pleins CDs d’enregistrements de jeunesse avec la surprise d’un émouvant Concert de Chausson capté en 1939, supérieur à celui que l’on connaissait déjà, tout un récital de 1960. Impossible de tout détailler, mais impossible aussi de ne pas souligner qu’on y gagne un _ absolument magique ! _ album Szymanowski où seule la Sonate est doublonnée face à la gravure de studio, mais ce Premier Concerto à Varsovie avec Karol Stryja, quelle célébration panthéiste ! _ oui.
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Le livret est une mine, les 3 DVD mettent un visage sur ce miracle sonore, le film de Bruno Monsaingeon capturant l’homme et son art : David Oïstrakh est enfin sauvé _ voilà : la transmission, elle aussi, est bien sûr capitale ! _ pour la génération qui vient.
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LE DISQUE DU JOUR
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David Oïstrakh (The Warner Remastered Edition)
The Complete Columbia Recordings
Premières, Rarities & Live Performances
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Œuvres de Ludwig van Beethoven, César Franck, Karol Szymanowski, Jean Sibelius, Edouard Lalo, Max Bruch, Sergei Prokofiev, Aram Khachaturian, Johannes Brahms, Franz Schubert, Giuseppe Tartini, Wolfgang Amadeus Mozart, Sergei Taneiev, Claude Debussy, Manuel de Falla, Eugene Ysaÿe, Piotr Ilitch Tchaikovski, Josef Suk, Henri Wieniawski, Aleksander Zarzycki, Dmitri Chostakovitch
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Un coffret de 58 CD et 3 DVD du label Warner Classics 5054197963520
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Photo à la une : le violiniste David Oïstrakh – Photo : © DR
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Et Puis :
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Le violon souverain de David Oistrakh
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Le 6 décembre 2024
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Cette magie d’incarnation par David Oïstrakh de tels chefs d’œuvre de Karol Szymanowski en ce CD n° 39 de ce coffret,
est proprement sidérante de finesse et justesse !
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Ce mercredi 11 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa







