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  • Les Partitas de Bach par Evgeni Koroliov, ou l’ivresse épanouie en même temps que rigoureuse du calme. Une merveilleuse sérénité……

    C’est en 3 superbes CDs Tacet, le double CD Tacet 266 « The Koroliov Series Vol. XXIII«  _ enregistré à Berlin en octobre 2019 et février 2020 _ et le CD Tacet « The Koroliov Series Vol. XXIV«  _ enregistré à Berlin les 18 et 19 février 2020 et à Wernigerode du 4 au 6 juin 2023 _ que le très intègre Evgeni Koroliov (né à Moscou le 1er octobre 1949), nous livre sa magistrale interprétation, sur le piano Steinway D-274, des 6 « Partitas » BWV 825 à 830, un des sommets de tout l’œuvre de Johann-Sebastian Bach…

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    Sur ces albums Tacet des 6 « Partitas » de Bach par Evgeni Koroliov,

    on pourra lire avec profit, afin de se préparer à bien les avoir en bouche, ces deux lucides articles de Jean-Charles Hoffelé, intitulés « Piano Blanc » et « Partitas, volume 2« , en date des 23 février 2021 et 4 février 2025 :

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    PIANO BLANC

    Commencer par la dernière du recueil, la grande Partita en mi mineur, vaut pour aveu _ en effet. Le Bach de Koroliov n’est pas le plus accessible qui soit, son dédain du chant, sa passion pour la polyphonie, sa délectation à se perdre (et nous perdre) dans les complexités de la pensée du musicien et dans la fausse clarté de ses lignes produisent une re-visitation singulière _ oui, mais superbement belle et claire _ du corpus de clavecin.

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    Aucune attention à la nature même de l’instrument _ le clavecin _ pour lesquelles elles furent écrites : rien dans la sonorité, et pas plus dans les agréments, qui évoque tant soit peu le clavecin. La transition par le grand corps du piano, joué avec une certaine économie de pédale malgré tout, met à distance tout souci philologique, mieux, il interdit le charme et cherche l’abstraction _ l’essentiel de l’écriture de Bach, probablement… La vaste Toccata (dix neuf minutes) qui ouvre cette Sixième Partita pose les canons de cette vision singulière : pas de geste baroque, mais un lent déploiement quasi végétal, et qui bannit _ avec une lumineuse rigueur de trait _ tout effet, presque tout discours.

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    Avec cela un piano blanc, qui dans l’Allemande distille une tristesse sourde, plaintive. Rien ne dansera ici _ en effet _, les Courantes, les Sarabandes, les Gavottes, les Gigues elles-mêmes seront des abstractions, mais magiques _ oui ! _ de sons fluides, comme caressées par l’aile du rêve. Quel détachement ! _ voilà !!!

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    Toutes les reprises, toujours, élargissent le discours, et défont ce qu’il pourrait y avoir dans ces musiques de pur charme. Sévères jusque dans la poésie, secrètes plutôt que lyriques, les trois Partitas réunies sur ces deux disques en changent notre écoute, au point que j’ai la sensation de découvrir la célébrissime Première dont le Prélude hésite, s’attendrit, dans un clavier en apesanteur.

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    Etrange premier volume d’une intégrale de ce cahier si couru qui risque bien de demander au finale quatre CDs _ et non: ce sera seulement 3.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Johann Sebastian Bach(1685-1750)

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    Partita No. 6 en mi mineur, BWV 830
    Partita No. 1 en si bémol majeur, BWV 825
    Partita No. 2 en ut mineur, BWV 826

    Photo à la une : le pianiste Evgeni Koroliov – Photo : © DR

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    Evgeni Koroliov, piano

    Un album de 2 CD du label Tacet 265
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    Photo à la une : le pianiste Evgeni Koroliov – Photo : © DR

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    Et puis : 

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    PARTITAS, VOLUME 2

    Ici, Evgeni Koroliov ne retranche rien de la roideur _ rigueur, dirais-je plutôt _ du premier volet : les Partitas sont pour lui des ateliers futuristes _ peut-être _ , il reste indifférent à l’esprit des danses, ne veut voir que les notes, les polyphonies, joue en blanc et noir, éloignant l’esprit du clavecin et surtout ses couleurs _ au profit de ce qu’offre le piano.

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    Cette soif d’abstraction expose le génie textuel de ces trois Partitas, souligne leur perfection formelle sans pour autant que le jeu du pianiste ne soit en rien formaliste _ c’est très juste… _ : il y a dans cette roideur une forme d’aspiration à l’absolu que les micros parfaits _ oui ! oui ! _ des ingénieurs de Tacet capturent dans sa nudité _ et clarté, c’est-à-dire lumière _ même : pédale économe qui renforce encore la parfaite lisibilité _ voilà ! _ de ce qui n’est pourtant jamais une lecture _ absolument ; rien ici de dictatique…

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    Je l’avoue, ce n’est pas mon Bach, mais l’altitude de ce regard, la perfection de la réalisation _ oui ! _, l’exigence d’un intellect si musicien produisent comme un vertige _ et même ce que je qualifierais d’ivresse calme _, soudain les Partitas deviennent des objets abstraits, dont la pure beauté fascine _ oui, et enchante _, troublante quadrature du cercle qui ne pouvait s’incarner que sous les doigts d’un musicien dévolu corps et âme à Bach.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Johann Sebastian Bach(1685-1750)

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    Partita pour clavier No. 4
    en ré majeur, BWV 828

    Partita pour clavier No. 3
    en la mineur, BWV 827

    Partita pour clavier No. 5
    en sol majeur, BWV 829

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    Evgeni Koroliov, piano

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    Un album du label Tacet 266
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    Photo à la une : le pianiste Evgeni Koroliov –
    Photo : © Gela Megrelidze (2008)

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    Une interprétation indispensable,

    même si loin du baroque.

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    Ce lundi 17 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Dans l’attente du CD « Born in Monaco – Bach – Ravel – Liszt » du jeune pianiste Slava Guerchovitch, né à Monaco en 1999, et de son interprétation du sublimissime « Tombeau de Couperin »…..

    L’article « Premiers sillons » de Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia ce samedi 15 février,

    m’a mis en grand appétit de ce CD Odradek Records ODRCD 463 intitulé « Born in Monaco » du jeune pianiste Slava Guerchovitch _ né à Monaco en 1999 _, comportant, entre le « Capriccio sopra la lontanezza del suo fratello dilletissimo » BWV 992 de Johann-Sebastian Bach, et l »Après une lecture du Dante » (No. 7, extrait des « Années de Pèlérinage II, S. 161. Italie ») de Franz Liszt,

    mon œuvre favorite du piano de Maurice Ravel « Le Tombeau de Couperin « …

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    Voici donc cet article assez appétissant :

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    PREMIERS SILLONS

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    La petite nostalgie qui flûte la ritournelle des premières mesures de l’Arioso du Capriccio, le toucher subtil, l’élégance du petit crescendo où transparaît comme un soupir, quelle merveille !

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    Je ne savais rien de Slava Guerchovitch, mais enfin un jeune pianiste qui ose poser au centre de son premier album Le Tombeau de Couperin m’attirait l’œil et bien vite l’oreille.

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    Il m’a cueilli dès le petit poème en six strophes que Bach adresse à son frère, regrets, tendresses, ultimes effusions du départ, motif du postillon et piaffé de sa Fugue, tant d’élégance, des charmes si discrètement touchants promettaient un Tombeau de Couperin de haute volée, car Ravel songeant à l’auteur des Barricades mystérieuses, y atteint au même degré d’intime, et de transposition, que Bach dans son petit concert fraternel.

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    Le délié du Prélude dit déjà les affinités électives entre le jeune homme et cette part faussement lumineuse du piano de Ravel. Derrière le masque des danses, qu’il détaille avec des subtilités vertigineuses, jouant des nuances et du temps, les visages des morts à l’ennemi transparaissent, le ballet des ombres doublant celui des portraits « à la Couperin », jusque dans la Fugue, si piégeuse. Impossible de détailler les merveilles, l’art d’étonner par le détail soudain vu, ces respirations infimes et pourtant souveraines où s’avouent, sans pourtant manquer de pudeur, le texte comme le sous-texte de cette suite si souvent jouée de trop loin, écoutez seulement.

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    Et puis plongez dans les cercles infernaux de la Dante où ce piano soudain se fait orchestre, le pianiste visionnaire, expérience sidérante qui indique un tout grand musicien qui a les moyens de son art.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Born in Monaco

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    Johann Sebastian Bach(1685-1750)

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    Capriccio sopra la lontanezza del suo fratello dilletissimo, BWV 992

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    Maurice Ravel (1875-1937)

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    Le Tombeau de Couperin,
    M. 68

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    Franz Liszt (1811-1886)

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    Après une lecture du Dante (No. 7, extrait des « Années de Pèlérinage II, S. 161. Italie »)

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    Slava Guerchovitch, piano

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    Photo à la une : le pianiste Slava Guerchovitch – Photo : © DR

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    Et en attendant d’écouter sereinement sur ma platine ce CD _ que je me suis empressé de commander à mon disquaire favori _,

    voici ce que youtube nous donne l’opportunité de prendre déjà un peu connaissance, entrecoupé de pubs ;

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    et, en ce superbe et très varié programme du CD,

    j’ai porté mon choix sur ce podcast (de 3′ 29) du « Rigaudon«  _ que j’adore ! _ du merveilleux « Tombeau de Couperin« ,

    le chef d’œuvre de ce sommet de l’œuvre pour piano piano seul de Maurice Ravel…

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    A suivre :

    cette « Année Ravel 2025 » est prometteuse de belles réalisations…

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    Ce samedi 15 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La tendresse désarmante de François Dumont sur le piano Blüthner (1904) de Claude Debussy : son poétique et teinté de mélancolie CD « Debussy – Clair de lune », un choix de pièces intelligent…

    C’est sur le piano Blüthner (de 1904) de Claude Debussy (Saint-Germain-en-Laye, 28 août 1862 – Paris, 25 mars 1918), précieusement conservé au Musée Labenche de Brive-la-Gaillarde, que François Dumont (Lyon, 19 octobre 1985) vient d’enregistrer les 18 et 19 mars 2024 le très intéressant CD La Musica LMU 035 « Debussy – Clair de lune« , pour lequel il a choisi d’interpréter principalement les 3 cycles de Debussy qui lui tiennent le plus à cœur _ plutôt que de proposer immédiatement une réalisation discographique intégrale du piano de Debussy, comme il avait fait en 2012 pour le piano de Ravel, avec son double album Piano Classics PCLD0055 « Maurice Ravel – Complete Piano Music« … _,

    tel donc a été ici son sage choix :

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    la « Suite bergamasque » L82a (de 1890 – 1905), choisie pour son intimité et sa poésie verlainienne,

    les « Estampes » L108a (de 1903), choisies pour leur modernité et leur volupté sonore,

    et « Children’s corner » L 119a (de 1906 – 1908), choisi pour sa tendresse et son humour…

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    Mission musicale et discographique pleinement réussie !

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    Et voici le commentaire qu’en a donné, le 31 décembre dernier, sous le titre « La quatrième corde« , l’excellent Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia,

    mettant très justement l’accent sur l’excellence du choix de ce piano Blüthner de 1904, de Debussy… :

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    LA QUATRIÈME CORDE

    Les _ précieux _ rouleaux laissés par Claude Debussy _ audibles par exemple au sein du coffret Warner Classics de 33 CDs « Claude Debussy – The Complete Works » paru en 2018 : il s’agit des rouleaux de 14 pièces pour piano notés avec le système Welte-Mignon que Debussy enregistra vraisemblablement en novembre 1913… _ montrent une liberté certaine, comme si le compositeur allait à l’encontre des annotations si précises dont il a surchargé ses partitions. L’une des clefs pour l’interpréter était ainsi donnée, le pianiste devant retrouver cette rigueur libre _ voici le juste paradoxe ! _ qui est bien plus qu’un paradoxe. Mais le vrai, au fond le seul mystère, celui de la magie sonore de son toucher _ voilà ! _, demeurait, celui-là même que Walter Gieseking réinventa.

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    François Dumont est poursuivi par une bonne étoile. Après avoir trouvé un splendide Gaveau pour enregistrer les Nocturnes de Gabriel Fauré (voir ici), il aura découvert au Musée Labenche de Brive-la-Gaillarde, le Blüthner que Debussy joua de 1905 à sa mort _ l’instrument même de travail du compositeur constitue ainsi un très judicieux outil de réalisation, au disque comme au concert, au service de l’approche la plus sensible de la justesse rêvée de l’interprétation…

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    Soudain la profondeur harmonique, la complexité de la syntaxe, les jeux de couleurs profondes, moirées _ voilà, voilà ! _, jaillissent d’évidence _ oui ! Secret de la facture des Blüthner, une quatrième corde, qui amplifie l’harmonie, la corse, ajoute un sfumato dans l’étagement des teintes, tout un paysage qui délivre un infini poétique _ impressionniste _ au long de la Suite bergamasque _ admirez ici cette vidéo (de 4′ 05) de « Clair de lune« … _, une tendresse désarmante _ et c’est très important ! _ pour Children’s Corner, des charmes sans sucre et d’autant plus troubles _ oui, oui ; et on mesure ici tout ce qui distingue la personnalité obscure, noire, ombrageuse et tourmentée, d’un Claude Debussy, de celle, mieux dominée, lumineuse et véritablement sublimée, d’un Maurice Ravel… _ pour La plus que lente, puis un abîme de ténèbres ; cette Berceuse héroïque une fois entendue ne s’oublie plus.

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    C’est que François Dumont, qui pense depuis assez longtemps à graver tout l’œuvre de piano _ de Claude Debussy, comme il l’a fait pour tout l’œuvre de piano de Maurice Ravel pour le label Piano Classics en 2012 _, est chez lui ici, il a entendu les leçons _ des rouleaux Welte-Mignon de 1913 conservés _ de Debussy, jeu très libre et d’abord poétique dans les deux suites, mais que paraissent Estampes, et cette liberté prend une dimension supplémentaire : écoutez La Soirée dans Grenade, c’est une peinture de sons, et respiré comme rarement.

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    Puisque le piano est trouvé, le pianiste ne doit pas en rester là, j’imagine déjà dans ce grand meuble _ qu’est ce Blüthner de Brive _ la révolution des Etudes, dont Debussy inventa les fantaisies versicolores et les abimes où sonnent plus d’une fois le clairon des tranchées, sur le noir et blanc de ce Blüthner sorcier _ c’est dit.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Claude Debussy (1862-1918)

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    Suite bergamasque, CD 82
    Estampes, CD 108
    Children’s Corner, CD 119
    Berceuse héroïque, CD 140a
    La plus que lente, CD 128

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    François Dumont, piano
    Enregistré sur le piano Blüthner de Debussy

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    Un album du label La Musica LMU035
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    Photo à la une : le pianiste François Dumont – Photo : © DR

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    Beaucoup de charme poétique _ et teinté de noire mélancolie, aussi _, donc, et d’approche sensible de la vérité debussyste, dans cette belle et fort intéressante réalisation musicale et discographique de François Dumont…

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    Ce dimanche 9 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un admirable « Tombeau de Couperin » par Anshel Brusilow (Philadelphie, 1928 – Dallas, 2018) dirigeant le Chamber Symphony of Philadelphia en 1967, en un extraordinaire coffret de 6 CDs RCA paru en 2023…

    Ma passion pour le ravélien « Tombeau de Couperin » m’a fait chercher à me procurer au plus vite le coffret « Anshel Brusilow conducts the Chamber Symphony of Philadelphia » _ un coffret de 6 CDs RCA 19658792072 paru en 2023 _,

    sur la foi de ma lecture de l’article « Ephémère » paru sur l’excellent site Discophilia de Jean-Charles Hoffelé à la date du 4 février 2024…

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    Anshel Brusilow (Philadelphie, 14 août 1928 – Dallas, 15 janvier 2018) est un musicien bien peu ordinaire, et réellement magnifique !

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    Et le CD « Ravel – Françaix – Ibert » qui comporte ce stupéfiant « Tombeau de Couperin » est magistral de puissance poétique _ comme de prise de son…

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    Mais, avec ce sublime « Tombeau de Couperin » de Maurice Ravel (1875 – 1937), sont présents sur ce magistral CD paru en juin 1969, d’aussi stupéfiants « Sérénade » de Jean Françaix (1912 – 1997), et « Suite symphonique Paris » de Jacques Ibert (1890 – 1962) _ eux aussi en de titanesques prises de son _, rendant à leur tour pleine justice aux extraordinaires instrumentistes de ce Chamber Symphony of Philadelphia, qu’Anshel Brusilow avair su réunir auprès de lui…

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    EPHÉMÈRE

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    Lorsque Anshel Brusilow forma au printemps de 1961 son orchestre de chambre avec ses amis _ voilà : et cela se ressent : quelle formidable cohésion de cet ensemble ! _ de l’Orchestre de Philadelphie, dont il était alors le « concertmaster », se doutait-il des difficultés successives qui allaient mettre un terme prématuré à sa belle entreprise ?

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    Eugene Ormandy ne regardait pas avec toute la bienveillance nécessaire la création d’un orchestre _ autre que le sien, à Philadelphie _ qui, même de format Mozart, proposait une autre saison de concerts symphoniques (même modeste en nombre de soirées, au début cinq par saison durant l’été). Puis les syndicats de musiciens eux-mêmes s’en mêlèrent, interdisant, par un édit, à tout membre du Philadelphia Orchestra de participer à la nouvelle formation.

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    En signe de protestation, Brusilow quitta le pupitre du premier violon, conserva _ auprès de lui _ quelques musiciens frondeurs de l’orchestre, dont le premier violoncelliste William Stokking, Ormandy dans l’immédiat n’allant pas jusqu’à les licencier (ils ne perdaient rien pour attendre), invita quelques solistes freelance et des instrumentistes chevronnés du Curtis, composant un orchestre étoffé qui, à compter de 1966, proposera des saisons complètes.

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    La virtuosité de l’ensemble, son ouverture vers des répertoires que l’Orchestre de Philadelphie maintenait à la marge, le charisme _ voilà ; et comme il se ressent ! _ de leur directeur musical : en une saison le public répondit présent, mais aussi le disque. La RCA, en signant l’Orchestre de chambre de Philadelphie, reprenait pied dans la capitale culturelle de la Pennsylvanie où elle avait régné sans partage durant le magister de Leopold Stokowski.

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    La label au sceau rouge accompagnera le Chamber Symphony jusqu’en 1968, année où l’Orchestre de Philadelphie quitta la Columbia pour revenir dans le giron de RCA, coup d’arrêt brutal alors même que Brusilow sortait rayonnant des sessions d’un fastueux Bourgeois gentilhomme où il avait repris son violon. La formation survivra deux saisons encore, avant de se débander en 1972.

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    Six disques seulement _ mais quels ! Dès les deux premiers la philosophie de l’ensemble et de son directeur était clairement exposée : remettre en évidence des partitions oubliées du grand répertoire (dans ce cas une lecture fabuleuse de poésie et d’élan de la Première Sérénade de Brahms) et illustrer la musique du XXe siècle (créations comprises, pour l’heure la Messe « Come, Creator Spirit » de Richard Yardumian, gloire locale, certes, mais d’abord compositeur inspiré qui répondait ici à une commande de l’orchestre).

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    Suivront un disque Tchaikovski/Arenski d’un fini, d’une élégance, un doublé Cherubini Haydn, vert, enlevé (quel « Il distratto »), un album français ouvert par un ineffable _ oui, oui ! _ Tombeau de Couperin (avec le hautbois de James Caldwell) poursuivi par la rare Sérénade de Jean Françaix avant le Capriccio d’Ibert, et surtout _ oui, oui ! _ sa Suite « Paris », d’une poésie élégante et canaille à la fois _ et c’est absolument merveilleux de vie… Cet album français est une merveille  _ tout simplement ! _ qui n’aurait jamais dû quitter les catalogues, assez dans la veine de ceux que Vladimir Golschmann gravait pour Capitol avec son Orchestre de Saint-Louis.

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    Coda brillantissime chez Richard Strauss (Le Bourgeois gentilhomme, déjà cité) et Wolf pour une Sérénade italienne fouettée.

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    Ai-je jamais pu espérer revoir en CD ces microsillons que je cherchais chez Griffon à Manhattan, souvent en vain ? Les voici, je me frotte les yeux. Non, je ne rêve pas _ et nous non plus…

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Anshel Brusilow conducts the Chamber Symphony
    of Philadelphia

    The Complete RCA Album Collection

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    CD 1
    Johannes Brahms
    0404(1833-1897)
    Sérénade pour orchestre No. 1 en ré majeur, Op. 11

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    CD 2
    Richard Yardumian (1917-1985)
    Come, Creator Spirit
    Lili Chookasian, contralto – Chamber Symphony of Philadelphia Chorale – Members of the Fordham University Glee Club – Members of the Thomas More College Women’s Chorale

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    CD 3
    Piotr Ilyitch Tchaikovski (1840-1893)
    Suite pour orchestre No. 4 en sol majeur, Op. 61, TH 34 « Mozartiana »
    Quatuor à cordes No. 1 en ré majeur, Op. 11, TH 111 (extrait : II. Andante cantabile, version pour orchestre à cordes)
    Anton Arenski (1861-1906)
    Variations sur un thème de Tchaikovski, Op. 35a

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    CD 4
    Luigi Cherubini (1760-1842)
    Symphonie en ré majeur
    Joseph Haydn (1732-1809)
    Symphonie No. 60 en ut majeur, Hob. I:60 « Il distratto »

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    CD 5
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Le tombeau de Couperin, M. 68a
    Jean Françaix (1912-1997)
    Sérénade pour petit orchestre
    Jacques Ibert (1890-1962)
    Suite symphonique, « Paris »
    Capriccio

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    CD 6
    Richard Strauss (1864-1949)
    Der Bürger als Edelmann (Le bourgeois gentilhomme) – Suite, Op. 60b, TrV 228c
    Hugo Wolf (1860-1903)
    Sérénade italienne (version orchestrale)

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    Chamber Symphony of Philadelphia
    Anshel Brusilow, direction

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    Un coffret de 6 CD du label Sony Classical 19658792072
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    Photo à la une : le chef d’orchestre Anshel Brusilow –
    Photo : © Texas University Photography Collection

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    Des interprétations splendidissimes !

    Une fête des sens…

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    Ce samedi 1er février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa