Étiquette : Domenico Scarlatti

  • Froberger, ou la musique même, par le Duo Coloquintes : Alice Julien-Laferrière, violon, et Mathilde Vialle, viole de gambe _ un pur enchantement

    Au sommet de la musicalité,

    Johann Jacob Froberger (Stuttgart, 1616 – Héricourt, 1667).

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    Johann-Jacob Froberger est un sublime claviériste

    _ à l’égal, mais en un tout autre genre, bien sûr, d’un Domenico Scarlatti !

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    Dans ce CD intitulé Froberger en tête à tête _ le CD Son An Ero 06, enregistré à Morlaix en juin 2015 _,

    le Duo Coloquintes,

    constitué de la violoniste Alice Julien-Laferrière et de la gambiste Mathilde Vialle

    _ merveilleuses de poésie ! _,

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    nous offre une interprétation miraculeuse de poésie, précision et finesse

    d’œuvres interprétées ici en duo _ violon et viole de gambe, sans basse continue _ de Froberger (6)

    et quelques contemporains _ ainsi que quelques pièces (4) demeurées anonymes _,

    tels que Johann Christoff Zieglern (2), Matthias Kelz, Carl Bruegel, Christoph Bernhardt et Johann Jacob Walther.

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    Cette interprétation et cette musique sont un enchantement absolu :

    admirez-ici cette vidéo (de 9′ 48) extraite d’un concert enregistré en public au studio 106 de la Maison de la radio, le 17 octobre 2016.

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    Qui y résisterait ?

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    Ce lundi 8 juillet 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le superbe premier CD Domenico Scarlatti, « Zones », de la jeune Lillian Gordis

    Je vénère Domenico Scarlatti

    et m’enchante de sa musique ;

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    et la porte au pinacle.
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    À la reception du CD Zones de la jeune Lilian Gordis

    _ le CD Paraty 919180 _,

    je suis à la fois extrêmement curieux de le découvrir

    _ l’interprète est élève de Pierre Hantaï

    et est encouragée par Jérôme Hantaï :

    c’est plutôt positif, déjà… _,

    mais aussi terriblement exigeant pour l’épreuve que va passer l’interprétation,

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    car je suis très difficile…

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    Eh ! bien,

    au terme de trois écoutes en boucle cet après-midi,

    et après un tout premier étonnement _ mais c’est normal _ à l’audition de la toute première Sonate de ce CD,

    la Sonate en Ré majeur K. 119

    _ qui me paraît, à cet abord, un poil trop ferraillante _,

    j’apprécie énormément cette interprétation.

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    Ce samedi 15 juin 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un nouvel article sur le Haydn novateur et fantasque de Kristian Bezuidenhout

    Kristian Bezuidenhout

    est un musicien que j’apprécie tout particulièrement

    _ cf mon article du 11 avril dernier :  … _ ;

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    et dont j’ai salué à diverses reprises les superbes incarnations discographiques, 

    dans Mozart, tout spécialement

    _ cf mon article du 11 janvier 2016 :  … ;

    et celui du 28 février 2015 :  … _ ;

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    mais aussi maintenant dans l’œuvre de Joseph Haydn.

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    Et voici que ce jour,

    sur le site de Res Musica,

    sous la plume du critique Alain Huc de Vaubert,

    et à propos du très beau CD Piano Sonatas de Joseph Haydn, par Kristian Bezuidenhout

    _ soit le CD Harmonia Mundi HMM 902273 _

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    paraît un article intitulé Le Haydn novateur et fantasque de Kristian Bezuidenhout.

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    LE HAYDN NOVATEUR ET FANTASQUE DE KRISTIAN BEZUIDENHOUT

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    Joseph Haydn (1732-1809) :

    Sonate en ut mineur Hob XVI : 20 ;

    Variations sur le thème « Gott erhalte Franz, den Kaiser’ » Hob. I, 430, poco adagio en sol majeur d’après le Quatuor à cordes Hob III : 77 (op. 76 N° 3) ;

    Partita (divertimento) en sol majeur Hob. XVI :6 ;

    Sonate en ut majeur Hob. XVI : 48 ;

    Variations (Sonate, un piccolo divertimento) en fa mineur Hob. XVII : 6.

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    Kristian Bezuidenhout, piano forte.

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    1 CD Harmonia Mundi.

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    Enregistré en septembre 2017 au Doopsgezinde Kerk à Haarlem.

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    Notice en français, anglais et allemand.

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    Durée totale : 68:22

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    Bezuidenhout Haydn HM…
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    Moins immédiatement séductrices à l’écoute que celles de Mozart, les sonates pour piano de Haydn semblent _ de loin _ avoir peu intéressé les pianistes pendant de longues années.

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    Hormis les pionniers que furent Lili Kraus, Alfred Brendel et Paul Badura-Skoda sur piano forte, les quarante dernières années ont apporté _ tout de même _ de beaux témoignages avec Glenn Gould _ Hum !!! _, dont ce fut le dernier enregistrement en 1982, Catherine Collard, Patrick Cohen, Marc-André Hamelin, Rudolf Buchbinder _ existe de lui une intégrale des Sonates de Joseph Haydn, chez Teldec _, Ronald Brautigam _ que j’apprécie ! _, Andreas Staier, Paul Lewis, sans oublier la passionnante somme de Christine Schornsheim _ chez Capriccio. Haydn composait au clavier, utilisant son instrument comme un laboratoire, avec un talent certain d’improvisateur. Et si un critique du XIXe siècle qualifiait ses sonates pour piano de « jouet musical », d’autres ont considéré plus tard qu’il avait écrit quarante ans à l’avance les coups de génie d’un Schubert.

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    Dans son texte de présentation, Kristian Bezuidenhout avoue lui-même son peu d’attrait _ au départ _ et sa méconnaissance de la musique pour piano de Haydn jusqu’à cet enregistrement : « … la musique de Haydn est indissolublement associée dans son esprit avec sa façon de la jouer. Haydn est sa musique, sa musique est Haydn ». Oubliant _ c’est-à-dire les mettant à distance _ ses succès dans Mozart, il s’est mis au travail, et le résultat est des plus enthousiasmants. Parmi les 62 sonates pour clavier de Haydn, Kristian Bezuidenhout a choisi quelques unes des plus connues dans un agencement de programme toutefois original. Il commence par la « grande » Sonate n° 20 en ut mineur de 1771 avec ses coups de boutoir vers quelque-chose de nouveau selon les recherches de Carl Philipp Emmanuel Bach _ et l’Emfindsamkeit. Composée par fragments et publiée seulement en 1780, cette sonate constitue le pendant pianistique des sombres symphonies Funèbre n°44 et Les Adieux n°45.

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    Les Variations sur le thème de l’hymne impérial Gott erhalte Franz, den Kaiser, dans la version pianistique réalisée par Haydn lui-même d’après le troisième mouvement du Quatuor op. 76 n°3, s’imposent par leur simple rigueur et leur invention. La Sonate n° 6 en sol de 1760, judicieusement placée en milieu de programme, est jouée avec élan et clarté avec la bonne dose d’ornements et d’arpèges. Destinée à quelque élève néanmoins virtuose, cette sonate constitue en quelque sorte un hommage à Domenico Scarlatti _ l’enchanteur ! _ avec les brusques modulations de majeur en mineur, les extravagances rythmiques et les guirlandes virtuoses.

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    En deux mouvements, la Sonate n°48 en ut majeur de 1789 n’obéit plus à un schéma formel traditionnel. Peut-être l’une des plus personnelles de Haydn, elle s’apparente plus à une fantaisie, voire à une improvisation dans laquelle Krisitan Bezuidenhout se révèle magistral _ oui _, particulièrement dans le fulgurant Rondo presto du second mouvement. Enfin, le disque s’achève par les célèbres Variations en fa mineur de 1793 dans lesquelles le pianiste orne à plaisir avec de subtiles variations de tempo. Il s’agit d’un cycle de doubles variations que Haydn affectionnait et qui a été qualifié par un critique de l’époque d’ « un Andante mélancolique en fa mineur, varié comme seul un maître sait le faire, tant est si bien qu’il s’écoute comme une fantaisie libre ».

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    Le piano forte construit par Paul Mac Nulty _ le mari de Viviana Sofrontisky _ en 2009, d’après un Anton Walter de 1805, révèle une agréable sonorité incisive. Avec ce beau disque, Kristian Bezuidenhout s’inscrit dans la filiation d’un Paul Badura-Skoda, bien qu’il n’en fut pas l’élève.

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    Un enregistrement enchanteur,

    superbement dynamique.

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    Ce mercredi 24 avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La magique incarnation couperinienne de Carole Cerasi en son enregistrement de l’intégrale (10 CDs) des Pièces pour clavecin de François Couperin

    Après avoir inauguré mon écoute

    par les 3 CDS n°4, n°5 et les 2/3 du CD n°6

    du coffret Metronome

    de l’intégrale des Pièces pour clavier

    de François Couperin (1668 – 1733),

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    qui comportaient les Ordres six à douze du Deuxième Livre de Pièces de clavecin (de 1717),

    dans l’interprétation magistrale de Carole Cerasi

    _ comme je m’en expliquais en mon article d’avant-hier : ,

    en suivant les conseils très judicieux, comme je l’ai bien expérimenté !, de Jean-Charles Hoffelé… _

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    j’ai passé ces deux jours-ci à poursuivre mon écoute _ encore mieux qu’enchantée ! _,

    par les sept autres CDs et 1/3

    des Pièces de clavecin

    du Troisième Livre (de 1722) _ comportant les Ordres treize à dix-huit _,

    du Quatrième (et dernier) Livre (de 1730) _ comportant les Ordres dix-neuf à vingt-sept _ ;

    et enfin du Premier Livre (de 1713) _ comportant les Ordres premier à cinq _ ;

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    ainsi que des huit Préludes et de l’Allemande de L’Art de Toucher le Clavecin (de 1716).
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    Eh ! bien, cette réalisation discographique _ en 10 CDs, chez Metronome _ de Carole Cerasi

    est un événement extrêmement important musicalement :

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    les merveilles musicales succèdant au merveilles musicales ;

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    et François Couperin (1668 – 1733) nous apparaissant, rien qu’en cette musique de clavecin,

    comme un compositeur égal

    à Bach (1685-1750) ou à Rameau (1683 – 1764) !

    Et à Domenico Scarlatti (1685 – 1757) _ lui, avare de titres sur ses si aventureuses, fastueuses et toujours brèves, pour lui aussi, étourdissantes sonates !!! _,

    ses contemporains d’à peine d’une génération plus jeunes par l’âge !

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    Pas moins !

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    Tout en finesse et intimité

    _ en son extraordinaire confondante variété ! _ ;

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    et, de fait, chez lui, rien n’est jamais ni attendu, ni mécaniquement prévisible, non ;

    tout est toujours ravissante et tendre et douce éminemment touchante surprise !..

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    Et François Couperin inaugure aussi,

    en ce premier tiers du XVIIIème siècle

    _ je rappelle les dates de ses publications : 1713, 1716, 1717, 1722, 1730 _,

    une expression radieuse

    _ pudique et humble, sans esbroufe ni hyperbole ; mais avec infiniment d’esprit, de tact et de goût ! _

    de l’intimité du vécu et du ressenti

    _ ainsi que du pensé et de l’imaginé-fantasmé, ou tendrement rêvé ;

    mais sans narcissisme aucun, ni complaisance envers soi :

    c’est vers l’altérité toujours, et en son mystère, qu’il se penche,

    en cette sorte de journal noté de sa fantaisie, au fil des jours et des rencontres impromptues advenant…

    …

    tant dans le dessin _ à la pointe hyper-fine : somptuosité des détails, quelle merveille ! _,

    et les couleurs _ raffinées selon d’infinies subtiles nuances : les plus justes qui soient _,

    du monde perçu _ proche, intime, comme un peu plus éloigné, aussi _ par lui,

    que dans la manifestation de ce que lui, idiosyncrasiquement, éprouve,

    ou s’invente

    _ en peinture, on dirait que sa fantaisie vagabonde entre les parcs de Watteau et les intérieurs de Chardin.
    …

    …

    Tel presque un prédécesseur _ en sa promenade _

    et de l’Empfindsamkeit (d’un CPE Bach)

    ainsi que du Romantisme à venir :

    …

    et cela, en une forme brève

    _ sans que rien jamais pèse, ni encore moins pose… _

    parfaitement classique

    du Baroque français !

    …

    Et des goûts réunis

    _ et parfaitement conciliés : ceux de Lully et Corelli… 

    …

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    Ce samedi 26 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa