Étiquette : humanité

  • La merveilleuse humanité Téchiné dans « Les Gens d’à côté », sublimement servie par une immense Isabelle Huppert à son sommet…

    C’est lors de la rédaction de mon article d’avant-hier « Apprécier « La Prisonnière de Bordeaux », tourné à l’automne 2023, dans ma rue, à 50 mètres de mon balcon… » que j’ai découvert, avec grande surprise, l’existence du film d’André Téchiné « Les Gens d’à côté » (sorti sur les écrans en 2024), comportant, qui plus est, le même duo d’actrices Isabelle Huppert/Hafsia Herzi que dans « La Prisonnière de Bordeaux » de Patricia Mazuy (sorti lui aussi en 2024), ainsi que de son précédent film « Les Âmes sœurs » (sorti, lui, en 2023), et qui avaient tous deux échappé à ma vigilance de passionné pourtant de l’œuvre entier d’André Téchiné ;

    et dont je me suis empressé de commander illico presto les deux DVDs….

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    C’est donc avec une très vive émotion que je désire témoigner, ici même, de mon intense admiration, et de l’art de cinéaste si profondément humain d’André Téchiné, et du jeu si subtilement expressif, en toute la complexité du ressenti de son personnage, de l’immense Isabelle Huppert, en ce film d’une très grande sobriété, « Les Gens d’à côté« …

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    Scène d’ouverture

    Les Gens d’à côté s’ouvre par une manifestation policière. Pour cette scène, André Téchiné s’est inspiré de la réalité, du dispositif et des slogans, même si le réalisateur les a revisités et remis en scène. Il confie : « J’avais envie de filmer en ouverture cette part sensible, vulnérable de la police. Cette face cachée est liée à un dysfonctionnement de la profession dont on parle finalement assez peu. »

    « La scène de manifestation est d’ailleurs développée plus tard par une scène de réunion syndicale qui permet de rebondir vers la fiction et d’interroger les raisons du suicide de Slimane, le compagnon de Lucie (Isabelle Huppert). Les médias donnent l’image d’une police justicière et rageuse ; dans le film, la déléguée syndicale pointe la souffrance au travail de ses collègues » – voilà.

    Zone pavillonnaire

    André Téchiné a tourné dans une zone pavillonnaire indéfinissable, entre ville et campagne – dans le Midi. Il précise : « Lucie dit à Julia qu’il n’y a rien pour les jeunes dans cet endroit. Ce sont des endroits périphériques, on ne sait plus trop où on est. C’est tout un tissu avec des centres commerciaux, des pavillons, des zones industrielles, tout ça s’interpénètre. C’est une vie pavillonnaire avec l’inévitable clôture qui définit l’espace de résidence. »

    « Le geste de la fiction était de faire se rencontrer Lucie et Julia puis Yann – le compagnon de Julia et père de la petite Rose – dans ce genre de zone où on ne se rencontre pas. Il m’a semblé que ces endroits ne sont pas tellement montrés au cinéma. Ils méritent qu’on s’y attarde, qu’on les fasse exister, et j’ai l’impression que ces espaces urbains ni campagnards contribuent à cloisonner les gens. »

    Retrouvailles

    Après Les Ames soeurs, Les Gens d’à côté est le second film d’André Téchiné avec Georges Lechaptois à l’image. Le metteur en scène confie précise : « Quelles étaient nos options principales ? Tout simplement filmer ces espaces comme ils sont. Et puis filmer au plus près – voilà ! – les émotions des acteurs, leurs gestes, leurs regards, leurs tremblements dans ces lieux à la fois étranges et familiers. »

    Qui pour les voisins ?

    André Téchiné a très tôt pensé à Hafsia Herzi et Nahuel Perez Biscayart  pour les voisins, et a même écrit le scénario des Gens d’à côté comme une partition en ayant en tête ces deux comédiens : « Pour le mode opératoire du Black Bloc,  frêle et agile, avec le don d’ubiquité de se glisser partout, Nahuel me semblait physiquement correspondre. Et puis pour endosser ce personnage trash dans la tourmente – voilà aussi – , il a pris tous les risques. »

    « Parfois sale, parfois bouffon, parfois défoncé, il a relevé tous les défis d’un rôle dangereux. Pour Hafsia, j’avais vraiment envie de travailler avec elle. Elle a un don inouï pour l’improvisation, elle est quasiment co-autrice des dialogues, elle les change d’une prise à l’autre, elle invente tout le temps, elle a une imagination spontanée, un instinct très sûr », raconte le réalisateur.

    Bonne entente

    Isabelle Huppert et Hafsia Herzi sont, quelques semaines après Les Gens d’à côté, à l’affiche de La Prisonnière de Bordeaux de Patricia Mazuy.

    45 ans après…

    Isabelle Huppert et André Téchiné se retrouvent pas loin de 45 ans – mazette ! – après Les Sœurs Brontë. Le metteur en scène confie : « Elle a une fermeté impressionnante dans le jeu, elle va droit à l’essentiel, et en même temps, elle garde toujours son opacité – c’est magnifiquement juste. On ne sait pas ce qu’elle a dans la tête – voilà. Elle tient debout et elle projette son ombre. Je ne sais pas comment elle fait pour avoir un jeu à la fois aussi précis et aussi mystérieux – voilà son génie !.. J’aime sa relation avec la petite fille : Isabelle n’est pas du tout maternelle avec elle, elle est comme une grande sœur, et elle me donne le sentiment qu’elle a gardé le sens de l’enfance, ça lui donne beaucoup de fraîcheur » – oui, aussi : en permanence elle s’invente dans chaque situation affrontée.

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    Et jeter ici un coup d’œil à la bande d’annonce du film (de 1′ 31)…

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    Ce samedi 8 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Réception hier du très émouvant « La Femme sans visage », recueil de contributions d’amis qu’elle a profondément marqués par son exceptionnelle humanité, à un hommage vibrant à Simone Gipouloux (1914 – 2024), rayonnante en son sourire libre et généreux…

    Pour marquer ma réception très émue hier 6 juillet du très émouvant « La Femme sans visage« , recueil de contributions d’amis que Simone Gipouloux (Toulon, 25 mars 1914 – Talence, 14 février 2014) a profondément marqués par son exceptionnelle humanité, qu’a réunis Monique Bauer – qui n’a pas connu, elle, Simone, mais a été très fort touchée par les témoignages qu’elle a reçus de diverses personnes concernant l’exceptionnelle rayonnante humanité de Simone… – , et que celle-ci m’a adressé,

    voici ce modeste témoignage de ma part à ce superbe et très simple – avec les purs mots du cœur – vibrant hommage rendu par ce petit livre à Simone Gipouloux, si exceptionnellement rayonnante en sa foncière modestie et humour…

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    D’abord, voici ce tout frais petit courriel de remerciement-réception à Monique Bauer, adressé hier à 17h 07 :

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    C’est avec beaucoup d’émotion que je découvre à l’instant le recueil de très beaux et si justes témoignages – de Chantal Cambronne, Josiane Blasquez, Pascale Dewambrechies, Serge Labégorre, Catherine Cessac, Francis Lippa, Janine Molina, Brigitte Lopez ; c’est moi (qui suis né à Libourne le 12 décembre 1947 et fut élève au lycée de Libourne de 1957 à 1964) qui vous ai fait connaitre les liens de Simone Gipouloux avec Serge Labégorre (Talence, 15 décembre 1931 – Bordeaux, 16 avril 2026), libournais, ami proche de Simone et peintre important, qu’elle a soutenu (un imposant très grand tableau de Serge Labégorre figurait déjà, en 1964, en la salle de séjour de Simone à Libourne, comme, ensuite, en sa maison du 99 avenue Georges Clémenceau à Talence…)  ; et avec Catherine Cessac, qui a été son élève à l’automne 1968, et est devenue une musicologue importante, faisant autorité sur Marc-Antoine Charpentier…  – que vous avez réunis dans ce « La Femme sans visage – A la recherche de la Fille de Mai que je n’ai pas connue, Simone Gipouloux », et que vous venez très gentiment de m’adresser.

     

    Me frappe bien sûr – même si cela ne m’étonne pas du tout ! – la très belle concordance de ces divers témoignages, tous très émus et tous très reconnaissants (de ce que la fréquentation de Simone Gipouloux a pu nous apporter, à chacun, de si précieux pour une vie vraiment « humaine » ), concernant Simone Gipouloux, mon professeur de philosophie, l’année de Terminale, au Lycée de Libourne, l’année scolaire 1963 – 1964, et amie depuis, sur sa vraiment extraordinaire « humanité ».
     
    Mais me dérange aussi, un peu, le titre que vous, qui ne l’avez jamais rencontrée – mais avez entendu si chaleureusement parler d’elle, et de son rayonnement si profond… – , avez choisi de donner à ce recueil : « La Femme sans visage – A la recherche de la Fille de Mai que je n’ai pas connue, Simone Gipouloux » – et cela à partir de votre découverte personnelle de l’existence, et surtout des paroles de Simone Gipouloux présentes dans les deux éditions successives, aux Éditions du Bord de l’Eau, en 2004, puis 2018, de « Filles de mai – 68 mon Mai à moi – Mémoires de femmes« , avec une préface de Michelle Perrot… – , car pour la plupart des témoignants-là de ce recueil, Simone Gipouloux n’était certes ni « sans visage », ni « sans voix », si prégnants et marquants, ce visage et cette voix siens ; et nous continuons donc, chacun d’entre nous, tous, maintenant qu’elle n’est plus physiquement là, depuis le 14 février 2014, à la voir et à la regarder, et à l’entendre et à l’écouter, à converser encore avec elle, en continuant à quelques moments de nos vies singulières, de poursuivre, avec jubilation et humour, notre merveilleuse conversation avec elle…
     
    Quant à la « Fille de Mai », Simone Gipouloux l’était encore moins pour moi, qui la connaissais auparavant, dès 1963, et ne l’ai pas connue en mai 1968, ni les années proches qui ont suivi ; ni ne l’ai jamais considérée comme – ni réduite à – une « Fille de Mai » – ce qu’elle a été et demeure évidemment pour vous, à partir d’abord de vos lectures, puis de vos rencontres témoignant d’elle…
     
    Mais je comprends, bien sûr, que ce que vous, Monique Bauer, pouvez avoir entendu de très marquant d’elle, en sa pourtant foncière et fondamentale humilité, ait pu vous mettre ainsi en pareille recherche-quête d’elle, de sa parole vivante, et même de son visage…
     
    Merci beaucoup, donc, de ce beau recueil de témoignages sur l’ « humanité  » souriante et, à ce degré rare-là, rayonnante – et exemplaire, même si c’est sans le moins du monde l’avoir jamais recherché… – , de Simone Gipouloux. 
     
    Francis Lippa,
    vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux,
    élève de Simone Gipouloux en classe terminale de Philosophie au lycée de Libourne l’année scolaire 1963-64,
    devenu professeur de philosophie en lycée, 42 années durant, à son exemple,
    et ami fidèle depuis…

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    Ensuite et surtout ces deux contributions de témoignage personnel de ma part, et à la demande de Monique Bauer en quête du visage et de la voix de Simone Gipouloux – pour elle « Fille de Mai 1968« … – , en date du 20 juillet 2020 pour le premier, et du 11 décembre 2025, pour le second :

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    Simone Gipouloux fut d’abord pour moi ma prof de Philo,
    et probablement la personne dont la rencontre a orienté le plus ma vie ;
    puisque ce que j’ai ardemment désiré, et réalisé, c’est devenir à mon tour, pour d’autres, le modeste maître de philosopher qu’elle a été pour moi.
     
    Ce n’est pas la philosophie que j’admirais, ni devenir philosophe ce à quoi j’aspirais,
    mais bien assumer, comme elle, cette position de montrer comment vivre (et vivre bien)
    nécessite – de chacun et de tous, quel qu’il soit… – cet effort de penser aussi justement qu’on le peut, 
    au plus quotidien du quotidien, avec très grande humilité et une bonne dose d’humour !
     
    À la façon d’Héraclite se moquant de ses admirateurs – surpris ! – le surprenant chez lui, à Éphèse, en train – lui, le philosophe tellement admiré – de faire la cuisine ;
    et leur disant, lui dit « l’Obscur » : « Les dieux sont aussi dans le foyer ».
    Mais oui, c’est bien là qu’ils sont le plus – les dieux…
     
    Ou à la façon des maîtres zen chinois ou japonais, au plus quotidien du quotidien, eux aussi…
     
    Je suis revenu voir Simone Gipouloux à Talence, d’abord rue du Château, une ou deux fois, l’année qui a suivi le bac,
    puisqu’elle avait quitté Libourne, et moi le lycée ;
    puis, dans les années 80 – j’enseignais deux ans de suite au lycée Alfred Kastler, tout proche – , en sa petite maison avec jardin du 99 avenue Georges Clemenceau :
    elle préparait un peu de thé, et nous bavardions un moment, toujours passionnant, avec de la musique dans la pièce ;
    puis ensuite, devenue quasiment aveugle, dans sa chambre de la maison de retraite rue du Lycée,
    où je la surprenais en train d’écouter France-Musique ou France-Culture ; et nous parlions aussi de ses enfants.

    …

    Et puis, en date du 11 décembre 2025,

    en réponse à une demande de complément de témoignage de ma part, émanant de Monique Bauer :

    …

    Simone Gipouloux était rayonnante d’humanité, toujours souriante et accueillante, toujours positive,
    sans jamais la moindre ironie acerbe ou plaintive.
    Ni vanité.
    D’une parfaite modestie et humilité – en son humour inexorablement souriant.
     
    Comme je me représente Montaigne, notre voisin gascon à la formidable conversation.
     
    Et elle a marqué ma vie : j’ai voulu être professeur de philosophie en classe de Terminale à son image d’ouverture formidablement lumineuse et généreuse.
    Une personne rare, et même exceptionnelle.
    Un exemple – d’évidence toute simple mais très forte – de chemin existentiel sûr et heureux.
     
    Et sa figure très amicale demeure très présente en ma pensée.
    Elle m’accompagne régulièrement de sa chaleureuse rayonnante humanité…
     
    Et elle adorait aussi – comme je l’aime, et au quotidien… – la musique.

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    Voilà, très simplement,

    pour donner à partager un peu une modeste trace du rayonnement tellement bienfaisant et jubilatoire, avec son sourire et son humour, de la si chère Simone Gipouloux…

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    Ce mardi 7 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et avant « Esterno notte » tourné en 2022, « Buongiorno, notte » tourné en 2002 : le parcours de réalisation de Marco Bellochio sur l’affaire Aldo Moro (16 mars – 9 mai 1978) : un cinéma profondément humain d’un cinéaste humaniste très grand…

    Avant la passionnante série – cf mon article d’hier « Regard sur le regard de cinéaste, enquêteur incisif, Marco Bellochio en son admirable « Esterno notte », en 6 épisodes d’une heure, sur l’enlèvement le 13 mars 1978, la séquestration, puis l’assassinat, 55 jours plus tard, le 9 mai 1978 d’Aldo Moro…« … – de 6 épisodes « Esterno notte » (d’une durée totale de 5h 37′) tournée en 2022 pour la télévision, sur l’affaire Aldo Moro (16 mars – 9 mai 1978) – longuement détaillée ici sur wikipedia : prendre le temps de le lire, c’est très très intéressant, surtout en le comparant à ce qu’en retient pour sa part, en les focalisations de son regard, Marco Bellochio… – , Marco Bellochio a tourné en 2002, le déjà très remarquable film « Buongiorno, notte » (d’une durée de 102′ 20) – et en cliquant sur ces liens ici en rouge, vous accéderez à la vision de ces deux réalisations…

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    Et la confrontation de ces deux regards, et deux scrupuleuses enquêtes, de Marco Bellochio est en effet remarquablement très intéressante : en 2002, c’est sur le groupe des geôliers, et leur appartement de location, durant les 55 jours (16 mars – 9 mai 1978) de la séquestration, là, d’Aldo Moro, que s’est centrée et tenue pour l’essentiel – il y a aussi, insérées, pas mal de séquences d’images d’archives de ces trois mois de 1978… – la caméra du cinéaste, et d’après un scénario conçu d’après sa lecture du témoignage important, sinon crucial, de la protagoniste brigadiste  Anna Laura Braghetti (Rome 3 août 1953 – Rome, 6 novembre 2025) en son livre « Le Prisonnier, 55 jours avec Aldo Moro«  – paru chez Mondadori en 1998, et en traduction française chez Denoël en 2003 – ; et ici, en ce « Buongiorno, notte« , le personnage d’Anna Laura Braghetti apparaît sous la figure de Chiara, interprétée – excellemment – par l’actrice Maya Sansa – Aldo Moro étant interprété, lui, par l’acteur Roberto Herltzka…

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    En ce film, c’est surtout sur le vécu, un peu évolutif, et loin d’être unanime, des Brigadistes que se penche – via le témoignage , en 1998, à vingt années de distance de l’événement de 1978 – d’Anna Laura Braghetti – le regard de témoin, en 2002, de Marco Bellochio, même si nous assistons aussi au regard de Marco Bellochio, en 2002, sur le prisonnier séquestré qu’est Aldo Moro, au cours de sa séquestration de 55 jours en un réduit minuscule de l’appartement…

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    Sur l’importance des lieux (et de moments) et leur précise reconfiguration dans la vision du cinéaste Marco Bellochio, on pourra se reporter aux très interessants échanges là-dessus en l’entretien avec Olivier Père, pour Arte, en 2024 à Paris…

    De même quant à la force de ses personnages féminins : les brigadistes Chiara (Anna Laura Brighetti) en 2002, Adriana Faranda en 2022 ; mais aussi la très grande Eleonora, l’épouse d’Aldo Moro, in l’épisode sublime « Eleonora » d’ »Esterno notte« …

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    Et je remarque aussi que dans le film « Buongiorno, notte » tourné en 2002, procède en son final à la même double sidérante-renversante lecture consécutive proposée au spectateur des 2 issues alternatives possibles de la séquestration d’Aldo Moro, soit sa libération versus son assassinat, que dans le renversant-sidérant épisode conclusif « La fine » d’ »Esterno notte« , pour l’événement advenu via Caetani, à Rome, le 9 mai 1978, au terme de 55 jours d’angoisses de tous les protagonistes de l’affaire…

    Une séquence aussi sidérante pour les spectateurs que nous sommes, les yeux rivés sur l’écran, que la séquence du Christ baroque descendant de son crucifix une fois que le petit Egardo Mortara lui a ôté les clous qui le fixaient à la croix de son calvaire, au Golgotha, dans le bouleversant, lui aussi, film suivant, tourné en 2023, de Marco Bellochio : « L’enlèvement » – cf mon article « Le combat pour le Droit : le passionnant et très beau film « L’Enlèvement » (« Rapito ») de Marco Bellochio, tourné en 2022, sur la troublante et toujours bien dérangeante affaire Mortara : l’histoire d’Edgardo Mortara (1851 – 1940), enlevé à sa famille juive à Bologne le 23 juin 1856 sur l’ordre de l’Inquisiteur pontifical Feletti… » en date du 13 mai dernier…

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    L’humanité et l’humanisme profond de Marco Bellochio, immense cinéaste – notamment de l’Histoire – , sont très grands,

    et font plus que jamais honneur au cinéma…

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    Ce dimanche 17 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Admirer la merveilleuse finesse d’attention au réel de David Le Breton en son « La Fin de la conversation ? La parole dans une société spectrale »…

    Admirer la merveilleuse finesse d’attention au réel de David Le Breton – né au Mans le 26 octobre 1953, et ami de mon ami Bernard Plossu : ils aiment randonner-marcher ensemble… – en son justissime »La Fin de la conversation ? La parole dans une société spectrale« , paru aux Éditions Métailié, collection Traversées, le 31 mai 2025…

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    C’est ma lecture enthousiaste du «  Peine Kapital : monologue avec l’intelligence artificielle » de mon amie Marie José Mondzain, qui parait demain 3 avril aux Editions La Fabrique – cf le détail de mon article d’avant-hier 31 mars : « De l’auto-décapitation consentie, recherchée et courue, par paresse et lâcheté par refus d’oser penser par soi-même, de ceux qui courent, panurgiquement, têtes baissées et à bride et ventre abattus, se livrer, écervelés décervelés qu’ils deviennent et sont, pieds et mains liés, vers la fausse et très illusoire – cédant à un complaisant très aveuglant mirage ! – sauvegarde mortifère et mortelle, en fait, de la bienheureuse auto-proclamée « Intelligence artificielle » (I. A.) qui prétend gentiment et sans effort de notre part nous guider – il suffit de la suivre : elle sait tout ! et mille fois mieux que nous… – : le très salutaire et archi-nécessaire « Peine Kapital : monologue avec l’intelligence artificielle » de Marie-José Mondzain, qui paraît le 3 avril prochain à La Fabrique…« … – , qui m’a très heureusement mis sur la piste de cette attention, que partage David Le Breton, autres grave danger de la disparition présente de la conversation dans ce que devient notre société numérisée ;

    cette conversation qui m’est personnellement si chère, à l’ère de l’impérialisme galopant et très envahissant, sous couvert d’utilité, commodité et intérêt, du tout numérique…

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    Et je commence ici par tout simplement citer la quatrième de couverte de ce passionnantissime opus de David Le Breton :

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    La fin de la conversation ? La parole dans une société spectrale

    Communiquer n’est pas parler. Il suffit de jeter un coup d’œil sur n’importe quelle rue, n’importe où dans le monde, et de chercher le nombre de passants qui ne cheminent pas les yeux fixés sur leur portable – et qui, aveugles et sourds aux autres passants, vous heurtent et bousculent.Les usages sociaux des techniques de communication ont radicalement changé la vie quotidienne et les modalités de relations aux autres – voilà la réalité sur laquelle il importe de méditer… Elles ont affecté en profondeur l’intimité – dans la famille et l’éducation aussi – et ébranlé particulièrement la conversation qui était la matrice première de la sociabilité. La communication, c’est l’interposition de l’écran dans la relation à autrui, la distance, l’absence physique – et la totale inattention à l’autre, objectivé. Utilitaire, efficace, elle appelle une réponse immédiate et exige une disponibilité absolue. La conversation relève de la gratuité, de la flânerie, elle est une parole partagée. Il s’agit d’être ensemble et de dialoguer en prenant son temps – tout son temps, un temps pleinement à soi…. Si la communication fait disparaître le corps, la conversation sollicite une présence mutuelle – en un échange permanent et hyper-attentif des regards accompagnant l’écoute bienveillante réciproque ouverte sur l’imprévu et l’inouï généreux et gratuit. Le silence dans la conversation est une respiration, dans la communication c’est une panne.

    David Le Breton nous fait prendre conscience du danger de cette nouvelle absence au monde – et à l’altérité d’autrui – et des souffrances – et pathologies gravissimes, meurtrières… – qu’elle provoque. Il nous incite à rester capables d’échanger des sourires avec des inconnus et de parler ensemble de la pluie et du beau temps. Juste rester humains – voilà !

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    Ce jeudi 2 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa