Étiquette : humanité

  • La déception d’irritation agacée des deux Ravel trop froids, et pas assez humains, du double CD « Art nouveau – French Chamber Music around 1900 – Lalo – Bonis – Debussy – Ravel » par le Trio Wanderer…

    C’est une bien sévère déception – d’irritation agacée, carrément… – que m’impose la découverte – première audition de ma part de la singulière et stupéfiante – admirable joyau bien trop méconnu ! – «  Sonate pour violon et violoncelle «  M.73, ainsi que du merveilleux « Trio avec piano  » M. 67 de Maurice Ravel, du double CD Harmonia Mundi HMM 902394.95 « Art nouveau – French Chamber Music around 1900 – Lalo – Bonis – Debussy – Ravel » du Trio Wanderer – enregistré à Metz au mois de juillet 2025…

    …

    Alors que m’avait absolument émerveillé, l’interprétation, intense et chaleureuse, elle, et d’humanité éminemment ravelienne – c’est-à-dire humble et retenue… – , de cette singulière « Sonate pour violon et violoncelle » – commencée en février 1921 et achevée par Ravel en février 1922, elle résultait d’une demande-commande, en décembre 1920, du musicologue Henry Prunières à dix compositeurs pour un hommage qu’il désirait rendre à Claude Debussy (disparu le 25 mars 1918) en un numéro spécial de la Revue musicale, le mensuel que Prunières venait de fonder…  – au sein du corpus des œuvres de Ravel – « Cette sonate marque un tournant dans l’évolution de ma carrière. Le dépouillement y est poussé à l’extrême. Renoncement au charme harmonique ; réaction de plus en plus marquée dans le sens de la mélodie « , confia rétrospectivement sur cette œuvre un peu singulière Ravel en son « Esquisse autobiographique« , en 1928… – , par le violoniste Lorenzo Gatto et le violoncelliste Bruno Philippe, au sein du triple éblouissant album Harmonia Mundi HMM 902761.63 « Ravel » de Julien Libeer – enregistré à Bruges en septembre 2024 et Schiedam en décembre 2024 – ,

    ainsi que l’avaient amplement détaillé plusieurs articles enthousiastes de mon blog encherchantbien.fr en date des 25, 28, 31 octobre et 1er, 16 et 20 novembre 2025 ;

    et tout spécialement l’article du 28 octobre, intitulé « Deux transcendants bijoux pas assez reconnus, sublimement servis par les trois interprètes du merveilleux triple album « Ravel – Julien Libeer », que sont Lorenzo Gatto, au violon, Bruno Philippe, au violoncelle, et Julien Libeer lui-même, au piano : la « Sonate pour violon et violoncelle » (1921-1922) et la « Sonate pour violon et piano n°2 » (1923-1927) : chapeaux bien bas, Messieurs les transcendants interprètes !« , dans lequel article j’évoquais, en effet, l’émotion-découverte toute spéciale intensément ressentie à l’écoute, puis ré-écoutes en boucle, de cette stupéfiante « Sonate pour violon et violoncelle » M.73, sublimement servie par le violon de Lorenzo Gatto et le violoncelle de Bruno Philippe – Julien Libeer et son piano en étaient, bien évidemment absents ; mais Julien Libeer avait tenu à la présence de cette œuvre si singulière au sein du corpus Ravel, et tellement extraordinaire, et de cette interprétation si magnifique, intense, profonde et chaleureuse, de ses deux amis en ce triple album d’hommage sien à Ravel…

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    Certes,

    cette assez atypique – dépouillée, à la lisière de l’austérité… – « Sonate pour violon et Violoncelle » M.73 – au départ un tout spécial hommage à Claude Debussy décédé le 25 mars 1918… – est assez cérébrale, mais avec quelle chaleur et profonde humanité – humble, probe, sincère et vraie, et toute de retenue, à la Ravel… – l’incarnent en ce magistral enregistrement Lorenzo Gatto et Bruno Philippe,

    alors qu’aujourd’hui Jean-Marc Phillips-Varjabédian au violon et Raphaël Pidoux au violoncelle en donnent une sorte de spectre-squelette conceptuel, comme décharné, et bien trop froid : peu ravelien à mon goût pour tout dire – je n’en ai hélas pas trouvé de podcast ni vidéo à proposer à l’écoute ici…

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    Quant au bien plus célèbre « Trio avec Piano » M. 67, cet émouvantissime chef d’œuvre luzien que j’aime tant, je trouve que, lui aussi, le Trio Wanderer – avec Vincent Coq au piano – en donne une version en quelque sorte frigorifiée…

    …

    Il est vrai que c’était à Ravel lui-même que Julien Libeer – avec ses chers complices Bruno Philippe et Lorenzo Gatto – consacrait son triple album « Ravel – Julien Libeer » ;

    alors que maintenant le Trio Wanderer – constitué de Jean-Marc Phillips-Varjabédian (Paris, 21 octobre 1965), Raphaël Pidoux (La Garenne-Colombes, 9 août 1967) et Vincent Coq (Saint-Mandé, 30 juin 1963) – , consacre ce double album « Art nouveau – French Chamber Music around 1900 – Lalo – Bonis – Debussy – Ravel » à une réunion de compositeurs dont Ravel ne constitue qu’un élément parmi les autres : « around 1900 » est-il indiqué…

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    Et pour moi les Wanderer passent ici à côté de l’humanité chaleureuse profonde – bien que toujours humble et retenue, éminemment pudique – de Maurice Ravel…

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    Voilà pour cette première réaction d’irritation agacée de ma part à l’égard de ces deux Ravel de ce double album nouveau des Wanderer, trop froids :

    seul le final du Trio de Ravel leur laisse échapper, in fine, un épanchement ravi de tendresse…

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    Ce samedi 31 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Lettre à un ami en pensant à la magnifique humanité vraie de Claude Delay…

    Cher René, 

    cet article d’avant-hier, sobre, et en connaissance de cause… :

    Et en me souvenant de la gratitude qui a été la sienne à la lecture de mon article du 28 décembre 2011, «  », à propos du très beau livre de son mari ; je n’avais hélas pas réussi alors à faire inviter Raoul Tubiana chez Mollat…
    Cf aussi mon article du 10 septembre 2021 «  », sur elle-même et ses propres – magnifiques ! – travaux biographiques : Chanel, les frères Giacometti Alberto et Diego, etc., cette fois-là…
    Nous avons eu naguère quelques contacts téléphoniques – elle ne disposait pas de mail… – ,
    et elle m’avait adressé très gentiment au moins un de ses livres, celui sur Marilyn…
     
    Une femme discrète et magnifique.
     
    As-tu toujours un contact avec Claude Delay ?
     
    Francis
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    Ce jeudi 3 juillet 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Un sublime rétrospectif « L’odyssée des petites îles italiennes » de l’ami Plossu : une incontournable magie d’images saisies toujours avec délicatesse (et puis choisies), à contempler admirativement page après page…

    C’est un sublime rétrospectif _ ainsi que l’indique le choix même du mot « odyssée » ; mais Ulysse n’est-il pas lui-même passé en son périple par ces si sensuelles îles de la Méditerranée aujourd’hui italiennes ?.. _ « L’odyssée des petites îles italiennes« , paru le 16 octobre dernier aux Editions Textuel,

    que je tiens à très chaleureusement saluer aujourd’hui :

    …

    l’Italie de Plossu, de même que la série de ses iles de la Méditerranée _ îles grecques également comprises, bien sûr… _, ainsi que ses sublimissimes « Couleurs Fresson« , constituant _ et de loin parmi mes affections-prédilections en l’œuvre photographique de l’ami Plossu ; cf aussi le podcast (de 50′) de notre entretien à partir de son « L’Abstraction invisible  » en date du 31 janvier 2014, dans les salons Albert Mollat de la Librairie Mollat ; ainsi que mon article, en suivant, du 16 février 2014 : « « … _ mes admirables Plossu préférées…

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    Et c’est, bien évidemment, quasi rien de seulement le dire :

    il faut plutôt passer de longs moments à leur fabuleuse magique contemplation, page après page, image après image, scène après scène ainsi saisies, toujours avec délicatesse, et comme en dansant…

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    Ou ce que Bernard Plossu nous livre, une fois à nouveau en un livre, de l’essentiel de son monde hyper-sensible _ et si délicatement profond, humain, et sensuel…

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    En complément,

    l’écouter effleurer pour nous un peu de son art de regarder _ en toute humilité et pudeur, toujours un minimum à distance _ via l’objectif de son appareil photo, en cette extraordinaire vidéo « Bernard Plossu – Couleurs Fresson » (de 7′ 46) en date du 12 novembre 2015…

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    Ce dimanche 22 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et puis le chapitre « Pour un Prologue » de ce livre « qui voudrait s’appeler « Barricades » »…

    Aux pages 60 à 62 se situe un chapitre intermédiaire _ c’est le septième d’un livre qui, en son « recueil« ,  en comptera finalement onze _ qui nous apprend que _ je cite ; et j’ajoute qu’à la page 9 une avertissante Note de l’éditeur nous prévenait, et c’est important pour l’architecture de ce livre, de ceci : « Certains de ces textes ont été publiés épars dans des revues, il y a longtemps ou non. Comme l’autrice ne se souvient pas toujours ni des circonstances ni des lieux de publication, considérons que les inédits et les autres se rejoignent dans un ordre qui en fait un recueil écrit aujourd’hui » : c’est en effet assez utile de le savoir, même si ça ne change pas grand chose à l’effet toujours sidérant et aussi admiratif que produit sur le lecteur ce nouvel opus d’Hélène Cixous, poursuivant, pour notre jubilation, l’exploration de sa toujours brûlante vivante veine à vif… _ :

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    « Le livre voudrait _ le verbe est ici au conditionnel _ s’appeler Barricades _ et j’ignore encore, à ce stade prématuré de ma toute première lecture, pourquoi ce livre aura in fine un autre titre, comique, lui : « Et la mère pond vite un dernier œuf« …

    C’est un amoncellement _défensif, en un épisode désordonné et improvisé de bric-et-de-broc, sur le champ, à la va-vite, de conflit violent face à des armes offensives potentiellement mortelles… _ de divers objets, matériaux, fragments d’expérience unis entassés-unis _ ajointés, « se rejoignant » dit l’éditeur, dans une même perspective poursuivie, et in fine « unie« , de regard… _ pour résister _ voilà ! _ à des assauts hostiles _

    armée sans armement, sauf à l’édification de pyramides de résistances _ d’encre et de papier _ improvisées _ inévitablement et ludiquement, hic et nunc, là, sur le champ, avec lucidité visionnaire et formidable prestesse : quelles joies de surprises secouantes à jets continus, oui, de lecture à notre tour endiablée ! _,

    des poèmes de street-art,

    la lutte entre des vagues _ en assauts successifs _ de rage, qui se disputent l’idée d’honneur _ et de dignité d’humanité profonde cruellement attaquée.

    Qu’est ce qui est le plus valeureux ? l’émeute, l’insurrection, la révolte, en haut de cet amas convulsif, nue sous un drapeau la révolution, au milieu un orchestre canon, tanks, chevaux, pêle-mêle _ à la Goya du « Dos de Mayo« ,  ou à la Delacroix de « La Liberté guidant le peuple« , ou encore, bien sûr, à la Hugo des « Misérables« , etc. _

    monuments de rêve _ du « Rêvoir« … _

    chateaux forts faibles _ de papier.

     

    Ne vous étonnez pas

    Que le Prologue soit situé ici, au milieu _ un peu incongru, certes, au regard des normes de l’édition, mais le jeu bondissant et constamment renouvelé de la fantaisie de l’écriture d’Hélène est inépuisable _ du chemin des barricades, ne vous étonnez pas, dis-je à mes petits-enfants _ comptant au premier rang de ceux à qui Hélène tient si puissamment à adresser son vital témoignage, pour quand aura passé ce qu’à, une occasion parmi d’autres, Annette Wieviorka a appelé « L’Ere du témoin« … ; car le témoin doit vitalement, chaque fois (cf ici le beau chapitre aussi, précédent, intitulé « Cérémonies », aux pages 51 à 59), être lui-même matériellement passé, transmis, donné, d’une main à une autre.

    Une file de temps nous sépare. Ou raccorde _ on ajointe et on transmet donc. Cinquante ans _ 50 ans ? _ Bien plus. Disons plus d’un demi-siècle s’étend entre mon enfance _ entre 1937 et 1945, rue Philippe, à Oran _ et celle de mes petits-enfants comme celle de mes lecteurs ; et pas du tout le même demi-siècle ou siècle de part et d’autre.

    Le mien est composé de tant de guerres, de ruines, d’extinctions de races, de royaumes, de divisions et convulsions de planètes ! Depuis ma naissance je ne me suis jamais sortie d’un état de mobilisation  _ et c’est absolument capital pour bien saisir l’idiosyncrasie de l’écriture d’Hélène _, d’endeuillement et de colère _ telle celle de l’Achille de « L’Illiade« … Tous les matins avant le jour je crie, je me plains, je crains, je dénonce la destruction _ voilà. Quand le soleil de mes filles se lève, le cours de la vie reprend une innocence, on lit, on rit, on mange le pain du jour

    L’enfance prophétique _ vécue au 54 de la rue Philippe à Oran, donc ; cf, entre divers autres, mon article «   » du 17 novembre 2022… _ ne me quitte pas, je sais tout, je suis en inquiétude _ d’éveil et alerte permanents, comme sur les remparts d’Elseneur et ses fantômes de revenants… _

    Une non-coïncidence se maintient ferme _ au fil de cette vie _entre mon âge à double étage _ celui d’hier et celui de maintenant _

    Chaque année _ dans la maison d’écriture de l’Allée Fustel de Coulanges, aux Abatilles, les mois d’été juillet et août… _ le temps, sa substance résineuse _ chargée de la senteur puissante de ce qui s’écoule, en plaie, des pins blessés de ce jardin enchanteur… _, allume un incendie _ cf ici le merveilleux « Incendire _ qu’est ce qu’on emporte ? » d’Hélène, l’année dernière, 2023 ; avec, par exemple, en témoin, mon article «  » du 27 novembre 2023 ; auquel j’ajoute ici un renvoi à celui, prémonitoire, du 15 juillet 2022, un an auparavant, car je n’ai forcément pas manqué alors de bien penser à Hélène en sa maison et son jardin des Abatilles, si proches du feu qui s’étendait :  »  » … Une réserve de haines fournit le bûcher quotidien _ où flamboie l’écrire magnifique et merveilleux, unique, splendide et somptueux, d’Hélène. Tout un assortiment. _ c’est intéressant, me dis-je _ bigre ! _

    Dans mon campement _ d’éveil et alertes visionnaires _ c’est plein de barricades et de massacres »

    …

    Etc.

    …

    …

    Comme quelques précisions ici jetées sur le papier au très important chapitre « Je veux être aussi criminelle que possible« , des pages 39 à 50…

    …

    Mais tout très effectivement se tient ici et s’ajointe parfaitement en ce « recueil » rapiécé de « textes » peut-être au départ un peu disparates, jetés sur le papier dans le contexte des urgences diverses de circonstances un peu, mais seulement en apparence, en effet disparates, car c’est bien une même unique veine et flamme qui les anime, leur donne vie et passion, et les fait si magnifiquement uniment flamboyer…

    …

    …

    A suivre…

    …

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    Ce mardi 12 novembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa