C’est avec une très vive et très profonde émotion musicale qu’il faut saluer bien bas l’exceptionnelle poésie – wow !!! – du magnifique – une nouvelle fois… – Pierre Gallon en un intense récital –excellemment composé – de musique anglaise de la Renaissance, le CD Harmonia Mundi HMM 902765 « After Dark – A Midnight Fantasia« – le lieu et la date de l’enregistrement ne figurent pas sur le livret… – ,
sur un virginal-muselaar (de Jean Tournet et Emile Jobin : 1973/2013), un clavecin flamand (d’Emmanuel Danset et Julien Bailly, atelier Marc Ducornet : 2020), un clavecin italien (de Philippe Humeau : 2015) ainsi qu’un toy piano (de Claire Berget : 2024) – les prises de son sont confondantes de pureté ! – ,
avec des œuvres splendides de William Byrd (ca. 1640 – 1623), John Dowland (1563 – 1626), John Bull (ca. 1562 – 1628), Richard Edwards (1525 – 1566), Anthony Holborne (ca. 1545 – 1602) et Peter Philips (ca. 1560 – 1628), et quelques anonymes, aussi, ainsi qu’une pièce de Bernard Foccroulle (né en 1953), intitulée « Night« …
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Une merveille de musique !
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Ce samedi 7 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
« La musique de Kurtag rayonne d’intensité », à 100 ans le compositeur hongrois György Kurtag à repris l’écriture de pièces et l’enseignement.
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Le compositeur hongrois György Kurtag, figure aussi majeure que farouchement discrète de la musique contemporaine, fête ses 100 ans ce jeudi et offre, pour l’occasion, un – merveilleux – cadeau aux mélomanes : son deuxième opéra, qui sera créé à la fin du mois à Budapest.
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Kurtag, qui se déplace aujourd’hui en fauteuil roulant, confiait dans une rare interview à un hebdomadaire hongrois en 2017 que le travail de composition pouvait s’avérer « pénible ». Mais il n’a rien perdu de sa vivacité d’esprit ni de sa passion pour la musique, selon son entourage. « Il n’entend plus très bien. Mais en contrepartie, il ressent encore davantage, il perçoit encore plus le monde et la musique », s’émerveille Andras Keller, chef d’orchestre et directeur de Concerto Budapest, lors d’une répétition début février du nouvel opéra en un acte de Kurtag, Die Stechardin. Le livret, inspiré par les écrits et la correspondance du philosophe et physicien allemand Georg Christoph Lichtenberg (1742-1799) – lire ses extraordinaires « Brouillons« , parus en traduction française en avril 2025… – , raconte comment le penseur s’est épris d’une jeune marchande de fleurs de 12 ans, qu’il a d’abord éduquée avant que leur relation ne devienne intime. Maria Dorothea Stechard meurt à 17 ans en 1782, marquant profondément Lichtenberg. Autour de cette histoire véridique Kurtag a composé un opéra-monologue en quatre parties dans lequel l’héroïne retrace son amour, son bonheur et sa fin tragique.
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Après la mort en 2019 de la pianiste Marta Kurtag, son épouse depuis 1947 et interprète-clé de son œuvre, certains proches de Kurtag ont craint pour lui, explique Laszló Göz, tromboniste et directeur du Budapest Music Center, où réside désormais György Kurtag. Mais il s’est remis à composer, « écrivant des pièces de plus en plus vastes et complexes ; il a repris l’enseignement, et aujourd’hui, à 99 ans, il a écrit son deuxième opéra, qui est une sorte de message à Marta » – voilà ! – , ajoute Göz.
Né le 19 février 1926 à Lugoj – aujourd’hui – en Roumanie, Kurtag, magyarophone – voilà – , s’est illustré par ses compositions de forme brève et fragmentée, et son goût pour les mélodies populaires – oui, comme Bartok, Kodaly, et aussi Ligeti… Il a commencé à apprendre le piano enfant, et étudié à Timisoara, avant de rejoindre Budapest après la guerre, où il est admis à l’Académie Franz-Liszt (Zeneakadémia) en 1946. Il y suit des cours de piano, notamment avec Pal Kadosa, de composition avec Sandor Veress et Ferenc Farkas et de musique de chambre avec Leo Weiner.
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Diplômé en piano et musique de chambre en 1951, puis en composition, il reçoit rapidement des distinctions nationales, avant un séjour déterminant à Paris en 1957-1958, où il travaille avec Marianne Stein et fréquente les classes de Darius Milhaud et Olivier Messiaen. De retour en Hongrie, il est répétiteur de la Société philharmonique de Budapest à partir de 1960, puis enseigne à la Zeneakadémia le piano et la musique de chambre. Parmi ses élèves figurent plusieurs interprètes devenus incontournables, dont – les merveilleux pianistes – Andras Schiff et Zoltan Kocsis.
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« La musique de Kurtag rayonne d’intensité, même dans ses moments les plus silencieux et raffinés », explique à l’AFP Gergely Fazeakas, historien de la musique. « György Kurtag est souvent qualifié de maître des formes miniatures. Il est vrai que nombre de ses pièces ne saisissent que quelques minutes, voire moins, d’un fragment d’éternité », dit-il encore lors d’une cérémonie début février à l’Académie Liszt, où Kurtag a reçu un doctorat honorifique avant de diriger une répétition publique de Die Stechardin. Pour rendre hommage au centenaire, qui a un fils également compositeur, György Kurtag Jr. – qui vit, donc, à Bordeaux… – , Budapest accueille une série de célébrations – concerts, projection de documentaires, création audiovisuelle – qui entendent dessiner le portrait d’un artiste dont l’œuvre exigeante a – considérablement – marqué la musique européenne des dernières décennies – absolument !
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Et regardez cette vidéo d’une répétition de ce opéra « Die Stechardin » en date du 7 février dernier, en présence ultra-attentive de György Kurtag…
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Et encore lire le bel hommage que rend ce jour d’anniversaire à Kurtag Dominique Adrian sur le site de ResMusica,
Le monde de la musique célèbre un anniversaire hors du commun, pour un parcours de vie, marqué par la Shoah et la dictature, qui ne l’est pas moins.
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… György Kurtág a cent ans ! Et sa créativité reste intacte, même s’il est désormais privé du soutien précieux de son épouse Márta, décédée en 2019 après presque soixante-dix ans de vie commune. Pendant longtemps, la musique – beaucoup d’intimité – de Kurtág n’était qu’un secret d’initiés ; s’il est devenu aujourd’hui le plus prestigieux des compositeurs, c’est un peu le privilège du grand âge qui en fait le seul survivant de cette génération d’exception qui a bouleversé la vie musicale européenne après 1945 – certes – , mais c’est d’abord parce que sa musique nous parle – oui ! – , ses pièces les plus récentes comme celles qu’il a composées pendant des décennies dans l’anonymat, n’intéressant ni les autorités communistes hongroises, ni l’Europe occidentale qui n’avait guère les moyens de découvrir sa musique, ni beaucoup d’intérêt pour son artisanat modeste et radical – voilà, voilà : tout ce que personnellement j’aime : sans esbroufe d’estrade…
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Kurtág a toujours écrit lentement, dans la douleur. Mais son vaste – oui – catalogue le prouve, il n’a jamais cessé d’écrire, jour après jour – au quotidien des jours, en effet ; et sans rechercher l’approbation des foules… – , loin des modes, loin des ivresses théoriques de l’après-guerre, mais encore plus loin des complaisances éclectiques d’aujourd’hui. Les Játékok (Jeux), courtes pièces pour piano constituant un work in progress depuis des décennies, sont une image de cette écriture au jour le jour – oui ! – , qui prend son sens par la continuité d’un parcours : ce qui affleure dans ces courtes pièces n’est pas étranger à ce que font voir les formes plus grandes, des Kafka-Fragmente (1987) à cet aboutissement de toute une vie qu’est son opéra Fin de Partie (2018).
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On pourra trouver des évolutions, des périodes dans sa production, ne serait-ce que parce que sa célébrité tardive lui ouvre la voie à des moyens, grand orchestre ou opéra, que des décennies de marginalité lui interdisaient. Mais Stele, sa première pièce pour grand orchestre, composée au début des années 1990 avec le luxe que lui offrait le Philharmonique de Berlin, montre bien que l’essence de sa musique ne s’en est pas trouvée changée, toujours tournée vers l’intime – voilà – , vers la réduction à l’essentiel – voilà, voilà – , quand bien même elle prend des dimensions presque cosmiques.
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Solitaire, discret, peu soucieux de placer sa personne au cœur de l’attention médiatique – que de vertus humaines trop rares – , Kurtág n’en est pas moins au carrefour de réseaux d’influences et d’amitiés qui dépassent toutes les frontières. Si sa carrière d’interprète est restée confinée à l’interprétation au piano de ses Játékok et de quelques transcriptions de Bach – aussi, en effet – , son art de l’interprétation a essaimé par son enseignement, de ses élèves de Budapest (András Schiff, Zoltán Kocsis, Miklós Perényi…) aux jeunes musiciens qui continuent à venir travailler avec lui (Benjamin Appl, Anna Prohaska…). Ses amitiés avec les grands compositeurs de son temps, Holliger ou Ligeti, sont une chose, les dizaines d’Hommage à Kurtág que lui ont dédiés des compositeurs de toutes les générations après lui témoignent de la fécondité de son œuvre.
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Commençant son œuvre à un moment où la tentation de la tabula rasa était forte, Kurtág n’a jamais vu sa pratique artistique autrement que dans la continuité de toute la tradition musicale, Webern, Bartók, Bach, mais peut-être plus que tout Beethoven. Lui qui, né en Roumanie dans une famille juive de culture hongroise – comme Bartok ou Ligeti… – , a passé l’essentiel de sa vie en Hongrie – sauf un passage en France, à Bordeaux, auprès de son fils, György Kurtag Junior – , où il est aujourd’hui logé dans les locaux mêmes de l’Académie Liszt, mais en plus du hongrois et du roumain, il a aussi mis en musique des textes en français, allemand, russe, latin et anglais. Sans être pour autant un artiste cosmopolite, il incarne sans doute plus que personne un certain esprit d’Europe centrale – oui – , et même d’Europe tout court – oui, oui – , sans se laisser arrêter par les frontières que notre monde semble si désireux de reconstruire.
C’est une bien sévère déception – d’irritation agacée, carrément… – que m’impose la découverte – première audition de ma part de la singulière et stupéfiante – admirable joyau bien trop méconnu ! – «Sonate pour violon et violoncelle « M.73, ainsi que du merveilleux « Trio avec piano » M. 67 de Maurice Ravel, du double CD Harmonia Mundi HMM 902394.95 « Art nouveau – French Chamber Music around 1900 – Lalo – Bonis – Debussy – Ravel » du Trio Wanderer – enregistré à Metz au mois de juillet 2025…
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Alors que m’avait absolument émerveillé, l’interprétation, intense et chaleureuse, elle, et d’humanité éminemment ravelienne – c’est-à-dire humble et retenue… – , de cette singulière « Sonate pour violon et violoncelle » – commencée en février 1921 et achevée par Ravel en février 1922, elle résultait d’une demande-commande, en décembre 1920, du musicologue Henry Prunières à dix compositeurs pour un hommage qu’il désirait rendre à Claude Debussy (disparu le 25 mars 1918) en un numéro spécial de la Revue musicale, le mensuel que Prunières venait de fonder…– au sein du corpus des œuvres de Ravel – « Cette sonate marque un tournant dans l’évolution de ma carrière. Le dépouillement y est poussé à l’extrême. Renoncement au charme harmonique ; réaction de plus en plus marquée dans le sens de la mélodie « , confia rétrospectivement sur cette œuvre un peu singulière Ravel en son « Esquisse autobiographique« , en 1928… – , par le violoniste Lorenzo Gatto et le violoncelliste Bruno Philippe, au sein du triple éblouissant album Harmonia Mundi HMM 902761.63 « Ravel » de Julien Libeer –enregistré à Bruges en septembre 2024 et Schiedam en décembre 2024 – ,
ainsi que l’avaient amplement détaillé plusieurs articles enthousiastes de mon blog encherchantbien.fr en date des 25, 28, 31 octobre et 1er, 16 et 20 novembre 2025 ;
cette assez atypique – dépouillée, à la lisière de l’austérité… – « Sonate pour violon et Violoncelle » M.73 – au départ un tout spécial hommage à Claude Debussy décédé le 25 mars 1918… – est assez cérébrale, mais avec quelle chaleur et profonde humanité – humble, probe, sincère et vraie, et toute de retenue, à la Ravel… – l’incarnent en ce magistral enregistrement Lorenzo Gatto et Bruno Philippe,
alors qu’aujourd’hui Jean-Marc Phillips-Varjabédian au violon et Raphaël Pidoux au violoncelle en donnent une sorte de spectre-squelette conceptuel, comme décharné, et bien trop froid : peu ravelien à mon goût pour tout dire – je n’en ai hélas pas trouvé de podcast ni vidéo à proposer à l’écoute ici…
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Quant au bien plus célèbre « Trio avec Piano » M. 67, cet émouvantissime chef d’œuvre luzien que j’aime tant, je trouve que, lui aussi, le Trio Wanderer – avec Vincent Coq au piano – en donne une version en quelque sorte frigorifiée…
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Il est vrai que c’était à Ravel lui-même que Julien Libeer – avec ses chers complices Bruno Philippe et Lorenzo Gatto – consacrait son triple album « Ravel – Julien Libeer » ;
alors que maintenant le Trio Wanderer – constitué de Jean-Marc Phillips-Varjabédian (Paris, 21 octobre 1965), Raphaël Pidoux (La Garenne-Colombes, 9 août 1967) et Vincent Coq (Saint-Mandé, 30 juin 1963) – , consacre ce double album « Art nouveau – French Chamber Music around 1900 – Lalo – Bonis – Debussy – Ravel » à une réunion de compositeurs dont Ravel ne constitue qu’un élément parmi les autres : « around 1900 » est-il indiqué…
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Et pour moi les Wanderer passent ici à côté de l’humanité chaleureuse profonde – bien que toujours humble et retenue, éminemment pudique – de Maurice Ravel…
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Voilà pour cette première réaction d’irritation agacée de ma part à l’égard de ces deux Ravel de ce double album nouveau des Wanderer, trop froids :
seul le final du Trio de Ravel leur laisse échapper, in fine, un épanchement ravi de tendresse…
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Ce samedi 31 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
C’est le choc musical éprouve à l’écoute du CD Hyperion CDA 68467 « Morales – Requiem à 5 – Officium Defunctorum « de l’ensemble De Profundis, placé sous la direction d’Eamonn Dougan, qui m’a tout aussitôt conduit chez mon disquaire préféré à la recherche du précédent CD de ce très bel ensemble De Profundis consacré à la musique de Cristobal Morales (c. 1500. – 1550), le CD Hyperion CDA 68415 « Morales – Missa Desilde al Cavallero – Missa Mille Regretz – Magnificat primo toni » , sous les directions d’Eamon Dougan et Robert Hollingworth –un CD enregistré à Londres du 2 au 4 mai 2022.
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Et, miracle, le CD était là, qui n’attendait que moi ; et lui aussi est une enchanteresse merveille
Écoutez-ici le début du Credo de cette Missa Mille Regretz…
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Quel génie exceptionnel de la musique est donc Cristobal Morales ;
et comme est excellent cet ensemble De Profundis, dont le directeur musical est Mark Dourish !
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Une musique pour le Ciel ! D’une douceur, profondeur, intensité qui nous transporte !
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Ce vendredi 23 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa