Étiquette : interprétation

  • La question de l’objectif de la justesse à viser, sinon réussir à atteindre, dans les diverses pratiques (composition, interprétation, production, écoute, témoignage) concernant la musique _ en réponse à un courriel d’Eric Rouyer…

    Cher Éric Rouyer,

     
    merci de me faire partager cette bien intéressante correspondance
    notamment avec des interprètes centrés, probablement, sur la « vérité » (ou « justesse ») des œuvres mêmes des compositeurs
    plutôt que sur leur propre carrière d’interprètes, les médias, leur image, leur ego…
    C’est du moins ce que vous, producteur _ du label Le Palais des Dégustateurs _, me semblez attendre d’eux…
     
    Mélomane passionné seulement que je suis, et pas du tout interprète musicien,
    je peux, bien sûr, comprendre les très prégnants soucis d’activités professionnelles des interprètes
    _ dont le parcours (de carrière) en vue de la reconnaissance (par les concerts, par les disques, etc.) est forcément compliqué et stressant.
    Il y faut, en effet, pas mal de courage et de ténacité…
    J’ai côtoyé de près certains d’entre eux : leur expérience m’est ainsi proche…
     
    Mais, de (et en) cette situation de mélomane seulement,
    c’est la justesse d’interprétation des œuvres des compositeurs par leurs interprètes qui personnellement m’intéresse (et que je recherche) en tant qu’écouteur passionné des interprétations, afin d’accéder le mieux possible à la « vérité » même des œuvres, 
    même si cette « justesse » d’interprétation elle-même est forcément, déjà, très complexe,
    donnant lieu à des analyses _ « musicologiques », et non pas strictement musicales… _ fort intéressantes pour l’esprit,
    se situant elles-mêmes, théoriques qu’elles sont, « à côté » des soucis éminemment pratiques, eux, de la perfection du « rendu » des œuvres par les interprètes,
    au disque comme au concert…
    Je pense, par exemple ici, aux analyses et pratiques passionnantes d’un Gustav Leonhardt ou d’un Nikolaus Harnoncourt…
     
    Nous tournons donc ici autour de la question du statut et des enjeux internes (et non contextuels et socio-historiques) de l’ « interprétation » des œuvres musicales,
    qui croise _ autour de ce qu’est écouter, interpréter, composer… _ le questionnement que j’ai eu, au mois d’août 2011, en mes 3 articles _ détaillés _ suivants,
    dont j’ai conservé le souvenir (je désirais en effets faire inviter les auteurs concernés (Martin Kaltenecker, pour L’Oreille divisée ; Christian Accaoui, pour les Éléments d’Esthétique musicale : notions, formes et styles en musique ; Alain Corbellari, pour Les Mots sous les notes…) témoigner de leurs analyses très fines à Bordeaux ; mais cela ne s’est pas fait) :
     
     
     
    Tout cela,
    et des divers points de vue envisagés (compositeur, interprète, producteur, mélomane),
    est assurément important,
    et nécessite, à chaque strate, et pour chacun, d’essayer d’écarter au mieux les facteurs négatifs de parasitage de la justesse :
    que ce soit la justesse de la composition, la justesse de l’interprétation, la justesse de la production, et la justesse de l’écoute, des œuvres ;
    sans oublier la justesse du témoignage a posteriori des interprétations de ces œuvres… 
     
    À chaque strate, importance fondamentale et extrêmement vigilante, sans trop de compromission qui viendrait la gâcher,
    de l’honnêteté et de l’humilité de chacune de ces opérations : composition, interprétation, production, écoute, témoignage,
    de la part du compositeur, de l’interprète, du producteur, de l’écouteur, et du rapporteur témoignant…
    Ce qui est toujours, et chaque fois, à chaque étape, difficile à réaliser et vraiment obtenir ; le chantier étant même infini…
     
    Mais « Tout ce qui est beau est difficile autant que rare »,
    concluait splendidement son Éthique le cher Spinoza.
     
    Merci !!!
    Honnêteté et humilité font partie de votre apanage…
     
    Francis Lippa, à Bordeaux
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    Ce mercredi 6 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Un nouveau bien intéressant CD de Ian Bostridge, consacré à 23 Mélodies d’Ottorino Respighi (1879 – 1936)

    Ce jour, le site Classical Today nous informe,

    en un article de Jens F. Laurson, intitulé « Respighi Songs : Fine, Dry Art With Ian Bostridge« ,

    de la parution d’un CD _ le CD Pentatone 5186 872  _ de 67′

    consacré aux Mélodies d’Ottorino Respighi (Bologne, 9 juillet 1879 – Rome 18 avril 1936) ;

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    Ottorino Respighi à l’œuvre duquel l’édition discographique a assez peu daigné se pencher sur ce volet-là de ses compositions…

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    Or il se trouve que j’apprécie énormément _ cf les divers articles que je lui ai consacrés _ le talent d’interprète de Ian Bostridge ;

    son art _ parfait ! _ de la diction, aussi ;

    ainsi que sa très vaste curiosité et culture musicales…

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    Un interprète de choix, donc.

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    Voici donc cet article

    consacré à ce tout nouveau CD de Ian Bostridge, accompagné ici par la pianiste Saskia Giorgini :

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    Respighi Songs: Fine, Dry Art With Ian Bostridge

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    Review by: Jens F. Laurson

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    respighisongs

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    Artistic Quality: 7

    Sound Quality: 9

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    How does the hackneyed phrase go, “Don’t yuck my yum”? So if you are into the somewhat terse, easy-listening-averse ways of Ottorino Respighi’s art songs, or simply want to discover the composer at the opposite end from the lush bombast of Pini di Roma, by all means, the Ian Bostridge recording (with Saskia Giorgini as accompanist) on Pentatone is a find : Rare morsels, carefully selected, very artfully and meticulously done, with perhaps just a hair too much of studied artistry _ et cela peut se discuter… _, on the label where major-label artists go to record what’s dear to their hearts after they’ve run out of Schubert.

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    Bostridge is ever free of bluster but also does not appear to be as prone to hyper-enunciating as he sometimes does in German, or pecking at select phrases like a hen with an appetite. There’s a bit of 20th-century French mélodie _ certes _ in several of Respighi’s songs, not limited to the three included here that are set to French poetry : In the pointillism of “Egle” for example, or in the lulling lyricism of “Crepuscolo” (both part of Deità silvane). The brittle fragility of Quattro Liriche’s “La naiade” is impressive ; the selections “O falce di luna” and “Notte” from Sei Liriche P90 and P97, respectively, listened to with relaxed care and giving them some time, begin to blossom like a budding flower cut and placed in a glass on the window sill.

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    The four Scottish songs are neat, especially for anyone who cares about the Haydn (or the lesser Beethoven) versions of these, and how they are similar (or different) in flavor and interpretation–although Bostridge really goes for the Scottish like the Alexander Brother Highland Lads with a touch of Groundskeeper Willie (from The Simpsons). A niche recommendation of the first order.

     

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    Recording Details :

    Reference Recording : This one ; Gemma Bertagnolli (Stradivarius)

    • Ian Bostidge (tenor) ; Saskia Giorgini (piano)

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    Un CD au répertoire interprété plutôt rare et très intéressant…

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    Ce samedi 2 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le génie musical opératique, pas assez partagé, de Haendel…

    Ce jour, un article de ResMusica,

    sous la plume de Dominique Adrian,

    intitulé « Amadigi de Haendel à Francfort, une rareté qui ne devrait pas en être une« ,

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    me fait me pencher un peu sur la très regrettable insuffisance de reconnaissance par le public

    de l’éclatant génie opératique de Haendel

    _ ce compositeur adulé par Beethoven…

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    Voici donc ce très intéressant article :

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    Amadigi de Haendel est joué pour la première fois à Francfort dans une mise en scène qui laisse toute leur place aux voix.

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    Ce n’est pas dans la salle principale de l’Opéra de Francfort qu’a lieu la soirée, mais dans le Bockenheimer Depot, construit en 1900, et donc plus ancien que l’actuel Opéra. Cet ancien dépôt de tramways, avec sa belle charpente en bois, sert souvent pour les productions baroques ou contemporaines.

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    On peut compatir avec le metteur en scène Andrea Bernard, auquel le livret ne facilite pas la tâche : quatre personnages seulement, un manque certain de progression dramatique et un enjeu théâtral mal défini _ cela a déjà souvent été reconnu… _, le tout alors que la partition enchaîne des airs plus beaux les uns que les autres _ voilà ! Bernard a choisi de situer l’action dans un centre de cure thermale tenu par Melissa, la magicienne sans cœur (l’organe est dans un bocal soigneusement rangé dans une armoire avec les remèdes) ; le décor unique présente une vaste salle aux carreaux blancs, avec un bassin où Amadigi et Dardano font leurs ablutions. Le metteur en scène a d’abondantes explications pour ce choix dans le programme, mais ni elles, ni l’abondance de symboles avec lesquels il veut relancer le discours, ne parviennent à donner à la soirée la structure dont elle a _ hélas _ grand besoin. La force émotionnelle des airs tombe alors un peu à plat, et on se surprend à se contenter d’en admirer la beauté comme dans un récital _ voilà… Amantes amentes, les amants sont insensés, dit une expression empruntée à Térence sur le fond de scène : et alors ?

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    Un des grands mérites de la soirée est le choix du respect de la musique ; cela devrait être une évidence _ en effet… _, mais on a trop vu d’opéras baroques « améliorés » à coups de ciseaux fourrageant joyeusement dans la partition pour ne pas le signaler – ne manque que le deus ex machina à la fin de l’opéra, ce qui est pardonnable _ puisqu’on a été musicalement mieux que contenté : enchanté ! En raison de la configuration des lieux et du contexte épidémique, l’orchestre est placé derrière la scène – un feuillet distribué aux spectateurs présente les excuses de l’intendant Bernd Loebe pour les inconvénients acoustiques. Dommage pour l’écriture orchestrale de Haendel et ses somptueuses couleurs _ oui _ qui se ressentent encore de ses années en Italie _ en effet : la première d’Amadigi eut lieu à Londres, au King’s Theatre de Hay Market, le 25 mai 1715, alors que Haendel est demeuré en Italie (Florence, Rome, Naples, Venise) de l’automne 1706 à février 1710… _ : les voix ont la vedette plus que nécessaire, mais du moins elles tiennent leurs promesses.
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    Le contre-ténor Brennan Hall a un timbre éminemment poétique et beaucoup de délicatesse ; on aimerait simplement un soutien un peu plus franc, voire, parfois, une puissance qui permettrait d’enrichir le portrait de son personnage ; son ennemi Dardano a la voix abyssale de Beth Taylor, qui impressionne mais ne favorise pas le lyrisme. Les deux sopranos, la vénéneuse Melissa d’Elizabeth Reiter et l’intense Oriana de Kateryna Kasper, sont les plus convaincantes de la soirée, avec un vrai travail d’incarnation _ c’est toujours important. Kasper surtout comprend bien que son personnage n’est pas l’amante de service un peu fade, façon Ginevra dans Ariodante, mais une femme déterminée. Ce qu’on parvient à entendre de l’orchestre met en évidence la qualité du travail effectué, qui a permis aux chanteurs de creuser les émotions de chaque air _ et c’est bien évidemment essentiel. Roland Boër mène la soirée avec efficacité et rythme, et c’est une bonne chose que de voir un orchestre « moderne » _ et non « baroque », voilà _ se plier aussi bien aux sonorités et à la rhétorique de l’orchestre baroque _ de 1715…

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    Crédits photographiques : © Barbara Aumüller

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    Francfort/Main. Bockenheimer Depot. 29-IX-2021.

    Georg Friedrich Haendel : Amadigi, opéra sur un livret attribué à Nicola Francesco Haym.

    Mise en scène : Andrea Bernard ; décor : Alberto Beltrame ; costumes : Elena Beccaro.

    Avec : Brennan Hall (Amadigi) ; Kateryna Kasper (Oriana) ; Elizabeth Reiter (Melissa) ; Beth Taylor (Dardano).

    Frankfurter Opern- und Museumsorchester ; direction : Roland Boër

     

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    Pour ma part,

    je connais seulement le double CD d’Erato _ n° 2292 45490-2 _, en 1991, d’Amadigi dirigé par Marc Minkovski,

    avec ses Musiciens du Louvre,

    et les chanteurs Nathalie Stutzmann (Amadigi), Jennifer Smith (Oriana), Eiddwen Harry (Melissa), Bernard Fink (Dardano) et Pascal Bertin (Orgando)…

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    Ce vendredi 1er octobre 2021, Titus Curiosus  – Francis Lippa

     

  • La délicatesse de l’interprétation du clavier de Girolamo Frescobaldi : quel interprète choisir ?..

    Voici que je reçois ce jour une très courte vidéo _ de 2′ 15, adressée par Il Teatro de la Fenice, de Venise _

    d’un extrait de la Toccata Settima de Girolamo Frescobaldi : très plaisante interprétation, en effet,

    par un Jean Rondeau,

    dont je n’apprécie pourtant pas toujours, les démonstrations un tantinet excessives, et à contresens, de virtuosité,

    à mon goût du moins…

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    Or, il se trouve que j’ai personnellement toujours eu de la difficulté à bien recevoir ces musiques de Frescobaldi ;

    …

    du moins en leurs interprétations discographiques, pourtant nombreuses, auxquelles j’ai pu avoir accès ;

    y compris par les doigts expertissimes du grand Gustav Leonhardt…

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    À preuve, ces deux articles miens :

    …

    surtout celui du 21 décembre 2019 :  ;

    …

    et, à un moindre degré _ et nonobstant l’enthousiasme un peu excessif de son titre… _, celui du 28 avril 2019 : …

    …

    Au moins, ces deux articles-ci, détaillent-ils un peu les raisons de mes réticences… 

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    Frescobaldi : une magistrale interprétation, enfin !, de l’oeuvre de Girolamo Frescobaldi : par le très délié claviériste Francesco Cera

    …
    — Ecrit le samedi 21 décembre 2019 dans la rubrique “Histoire, Musiques”.
    …
    …

    Longtemps, j’ai été désagréablement insatisfait

    des interprétations, au disque, de l’œuvre de Girolamo Frescobaldi

    (Ferrare, 15 septembre 1583 – Rome 1er mars 1643) ;

    …

    que les histoires de la musique présentent pourtant

    comme un brillantissime maillon décisif

    de la musique occidentale :

    …

    Frescobaldi ayant eu pour brillantissime élève le génialissime Johann Jakob Froberger

    (Stuttgart, 18 mai 1616 – Héricourt, 16 mai 1667)

    _ un de mes compositeurs préférés ! _ ;

    …

    mais aussi les excellents Johann Caspar Kerll (Adorf, 9 avril 1627 – Munich, 13 février 1693)

    et Franz Tunder (Lübeck, 1614 – Lübeck, 16 novembre 1667).

    …

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    À peine en avril dernier, enfin, un CD, par Christophe Rousset,

    était parvenu à rompre le _ mon ? _ maléfice ;

    …

    cf mon article du 28 avril dernier :

    …

    …

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    Eh bien ! me voici aujourd’hui très largement comblé, enfin !,

    par un merveilleux coffret de 7 CDs,

    par la grâce du claviériste _ et aussi, à l’occasion, chef de l’Ensemble Arte Musica _ Francesco Cera :

    …

    le coffret Arcana A 463.

    …

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    4 œuvres _ majeures : les principales ! _ nous y sont magistralement

    et dans une merveilleuse évidence _ enfin ! _

    données _ restituées, telles qu’elles auraient pu être jouées à la cour des Este, à Ferrare ;

    mais les Este perdent Ferrare en 1697, à la mort du duc Alphonse II d’Este, décédé sans fils légitime ; Ferrare revenant alors aux États pontificaux sous le pontificat d’Innocent XII Pignatelli, qui refuse de laisser Ferrare à Cesar d’Este, cousin de feu le duc Alphonse II (et descendant d’un bâtard du duc Alphonse Ier et de sa maîtresse Laura Dianti) ; Cesar d’Este héritant seulement de Modène et Reggio… ; Frescobaldi, lui, avait 14 ans en 1597 ; et, à Ferrare, il fut élève, il faut le remarquer, de Luzzasco Luzzaschi… _du maître ferrarais :

    …

    _ les Toccate e Partite Libro Primo (publiées à Rome en 1615)

    _ les Capricci (publiés à Rome en 1624)

    _ le Secondo Libro di Toccate (publié à Rome en 1627)

    _ et les Fiori Musicale (publiées à Venise en 1635).

    …

    …

    Tout y est du plus merveilleux soin,

    à commencer par la variété _ quelles splendides sonorités ! _ des instruments,

    clavecins (au nombre de 5) comme orgues (au nombre de 4),

    choisis,

    pour tel ou tel morceau spécifique.

    …

    …

    Et l’interprétation

    est _ enfin ! et d’un bout à l’autre… _ renversante de beauté :

    chapeau bien bas, maître !!!

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    …

    En matière de préférences personnelles,

    si je puis me permettre très immodestement de les donner ici,

    je dois avouer une certaine prédilection pour la poésie absolument merveilleuse du Secondo Libro di Toccate… :

    …

    est-ce dû à la nature particulière de ces œuvres-ci du compositeur ?

    ou bien au merveilleux délié de leur interprétation _ surtout aux deux clavecins (d’après des modèles napolitains) _ par Francesco Cera ?

    Je ne sais…

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    Ce samedi 21 décembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Sur ce coffret Frescobaldi/Cera d’Arcana, voici aussi, et d’abord, un très détaillé article _ de même date : le 21 décembre 2019 _ de Frédéric Muñoz sur le site de ResMusica :

    « L’oeuvre pour clavier de Frescobaldi par Francesco Cera« …

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    L’œuvre pour clavier de Frescobaldi par Francesco Cera

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    La discographie frescobaldienne pour clavier est déjà riche de grandes interprétations depuis le début des années 70. Pour autant, Francesco Cera, grand spécialiste en la matière, propose une approche novatrice et captivante _ voilà ! _ reposant sur un choix d’instruments historiques ou copies d’anciens, au service d’un jeu basé sur ses propres inspirations et ses nombreuses recherches musicologiques.

    Frescobaldi_Toccate, Capricci, Fiori Musicali_Ensemble Arte Musica_Francesco Cera…

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    La première moitié du XVIIe siècle a vu en Europe l’éclosion d’un style nouveau pour le clavier _ voilà _ au travers de livres de génie : Correa de Arauxo, Jehan Titelouze, Samuel Scheidt, à la suite de l’initiateur flamand Sweelinck, le fameux Orphée d’Amsterdam. Girolamo Frescobaldi (1583 – 1643) fait partie de cette incroyable pléiade de musiciens qui ont édifié un monument unique dans l’histoire de la musique pour clavier. Venu de Ferrare _ sa ville natale, où il avait été l’élève du magnifique Luzzasco Luzzaschi (1545 _ 1607) ; qui fut aussi, à cette élégantissime  cour des flamboyants Este, à Ferrare, le maître du génialissime Carlo Gesualdo (1566 – 1613)… _, Frescobaldi développa son art à Rome et nous laisse une œuvre _ très importante _ importante. Outre le clavier, diverses œuvres vocales ou instrumentales constituent un ensemble impressionnant, présenté en totalité en 2011 dans un coffret de 15 CDs par Roberto Loreggian (Brilliant Classics). Le présent coffret se compose de 7 CDs, dont chacune des pochettes représente un tableau, témoin de l’art pictural romain à l’époque de Frescobaldi. C’est l’historien de l’art Denier Grenier qui a sélectionné ces chefs-d’œuvre, soit une invitation à la musique de l’organiste de Ferrare.

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    L’œuvre pour clavier de Frescobaldi de compose de quatre livres écrits sur une longue période, de 1608 à 1635, comprenant Caprices, Toccate, Partite, Courantes et Ballets, Canzone, Arias, hymnes ainsi que trois messes pour orgue. Cet important ensemble de pièces fut écrit pour diverses destinations, liturgiques ou profanes, et le choix des instruments qui en résulte afin de les interpréter est fondamental _ oui _, l’auteur ne l’indiquant pas toujours. C’est l’écriture même des pièces qui impose un choix logique tourné vers le clavecin ou l’orgue. Dans les livres de Toccate, celles qui sont écrites « pour l’élévation », par leur côté planant destiné à ce moment particulier de l’office, sont naturellement dévolues à l’orgue. D’autres, plus virtuoses et décoratives, s’imaginent volontiers au clavecin. Ce choix reste pour de nombreuses pièces celui de l’interprète, qui peut changer suivant les intégrales à disposition des mélomanes. L’ouvrage de Frescobaldi le plus célèbre de tous est sans doute celui des Fiori Musicali publié en 1635, renfermant trois messes courantes pour clavier : Apostoli, Domenica et Madonna. Ici, la présence de l’orgue est de fait permanente, alternant avec les versets grégoriens harmonieusement chantés par l’ensemble Arte musica et le ténor soliste Riccardo Pisani.

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    Grâce à ses recherches et études échelonnées sur de nombreuses années, Francesco Cera, élève de Gustav Leonardt _ tiens, tiens… _ et de Luigi Ferdinando Tagliavini, offre une vision musicologique et vivante _ oui _ de ces textes par un jeu savant et subtil, porté par des instruments minutieusement choisis, contemporains et en adéquation avec les divers styles de cette musique. Une particularité de cet enregistrement est que les clavecins ont été enregistrés dans une salle qui fut la résidence d’été des ducs d’Este _ voilà ! _ que fréquenta Frescobaldi : une manière de retrouver l’ambiance sonore existant lors de la création de ces œuvres et d’en retirer une inspiration toute particulière _ oui ! _, y compris visuelle par la beauté du lieu _ cf aussi le génialissime testament cinématographique de ce merveilleux ferrarais, lui aussi, qu’a été Michelangelo Antonioni (1912 – 2007) : Al di là delle nuvole (en 1995)… Les instruments sont accordés suivant le tempérament mésotonique couramment en usage à l’époque, ce qui permet un relief indispensable aux multiples couleurs du discours. Les clavecins sont des copies d’anciens, réalisés par de grand spécialistes d’aujourd’hui, de même pour les orgues, historiques qui offrent divers diapasons, du 392 Hz au 465 Hz.

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    Tous ces paramètres concourent à offrir à l’auditeur un produit de premier choix _ et c’est encore peu dire… _, depuis la beauté du coffret avec la reproduction de tableaux anciens, la présence d’un épais livret avec une étude musicologique de l’artiste et une description détaillée des instruments utilisés, jusqu’à l’interprétation humaine et émouvante _ enthousiasmante par là… _ de Francesco Cera, portée par les sonorités colorées et magnifiquement captées des différents claviers.

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    Girolamo Frescobaldi (1583-1643) :

    Toccate (livres 1 et 2) ; Capricci ; Fiori Musicali.

    Ensemble Arte Musica. Riccardo Pisani ténor, Francesco Cera sur cinq clavecins et quatre orgues historiques italiens.

    7 CDs Arcana.

    Enregistré de novembre 2015 à septembre 2018.

    Livret bilingue français anglais.

    Durée : 8h19

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    Voici ensuite mon précédent article, du 28 avril 2019, sur le CD Frescobaldi / Christophe Rousset (Aparté AP 202) de ces mêmes Toccatte…

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    Enfin un CD Frescobaldi idéalement accompli ! par Christophe Rousset

    — Ecrit le dimanche 28 avril 2019 dans la rubrique “Histoire, Musiques”.
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    Jusqu’ici, nul CD Frescobaldi

    _ pas même par la grâce de l’immense Gustav Leonhardt ! _

    ne m’avait véritablement satisfait !

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    de lui, Girolamo,

    le maître (1583 – 1643) vénéré de tant de compositeurs merveilleux

    _ à commencer par Johan Jakob Froberger (1616 – 1667)…

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    Eh bien ! le maléfice vient de se rompre,

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    au moins pour ma satisfaction personnelle ! _ je commençais à désespérer gravement… ;

    ou bien était-ce moi-même qui me révélais incapable de pouvoir apprécier sa musique !!! _

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    avec le CD Aparté AP 202  de Christophe Rousset

    interprétant les Toccate e partie d’intavolatura di Cimbalo, libro primo

    (de 1615, mais données ici dans la version de 1637),

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    sur un clavecin original anonyme de la fin du XVIe siècle,

    remanié par Rinaldo de Bertonis, en 1736…

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    Tout enfin, ici, coule et chante de source…

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    Ce dimanche 28 avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    J’ai donc recherché, puis retrouvé _ parmi les CDs de ma discothèque _, une interprétation _ complète, elle : de 3′ 46 _ de cette même Toccatta Settima de Girolami Frescobaldi,

    par le cher Pierre Hantaï, en 1996, sur un CD Astrée Auvidis E 8585 :

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    tout à fait excellente, elle aussi…

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    Ce mardi 14 septembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa