Robert Schumann, fervent admirateur pourtant de Liszt, publia en son « Neue Zeitschrift für Musik », en 1839, un compte-rendu assassin des « 12 Grandes Etudes » S. 137, que Franz Liszt avait publiées en 1837 :
Étiquette : interprétation
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L’éblouissante virtuosité des « 12 Grandes Études « de Liszt, en 1837, servie à la perfection par le piano même de Liszt à Bayreuth, un Steingraeber de 1873 , touché par la sensualité chaleureuse, légère et profonde, de la magistrale Aurélia Visovan…
« S’il atteignait des sommets étonnants en tant qu’interprète, le compositeur, lui, restait à la traîne. (…) Lors’il s’affranchit de toute retenue, l’effet, aussi saisissant soit-il, ne compense guère la beauté sacrifiée. (…) Ce sont de véritables études de tempête et de tumulte – des études pour au plus dix ou douze âmes dans le monde ; dans des mains moins aguerries, elles ne susciteraient que le rire »……Soit l’interprète Liszt versus le compositeur Franz Liszt ; « l’effet saisissant, affranchi de toute retenue » versus « la beauté sacrifiée », pour reprendre les mots de Robert Schumann en sa critique……Blessé gravement par cette critique acerbe de Robert Schumann (Zwickau, 1810 – Bonn, 1856), Franz Liszt (Raiding, 1811 – Bayreuth, 1886) – en 1839, ils ont respectivement 29 et 28 ans – attendit rien moins que douze longues années – de 1837 à 1849 – pour achever le chantier qu’il avait donc repris, et transformer ces encore trop méconnues aujourd’hui « 12 Grandes Etudes » S. 137 en les bien plus célèbres – et courues, elles, des interprètes, au concert comme au disque, depuis lors… – « Etudes d’exécution transcendante » S. 139, qu’il publiera, donc, en 1849……Dans un vraiment sublime CD Passacaille PAS 1151 « 12 Grandes Etudes – Liszt » – enregistré du 28 février au 2 mars 2025 dans la Steingraeber Haus à Bayreuth – , et sur le piano Steingraeber (de 1873, restauré) de Liszt à Bayreuth – où Liszt se rendait séjourner auprès de sa fille Cosima (1837 – 1930) et de Richard Wagner (1813 – 1883), mariés en 1870… – , la magique Aurelia Visovan – née à Sziget Matmaliei, en Roumanie, le 20 juin 1990 – vient nous offrir une interprétation fabuleuse, merveilleuse de sensualité chaleureuse, de cette étourdissante – et si affollante pour la plupart des interprètes qui osent venir s’y frotter… – virtuosité lisztienne, qui n’aurait sans conteste pas manqué de ravir l’exigeant Robert Schumann lui-même : la beauté désirée par Schumann est bien maintenant là, éminemment sensible – peut-être aussi bien, mais oui !, que par Franz Liszt lui-même, si jamais Robert Schumann a pu entendre Franz Liszt les jouer lui même au concert ; et pas seulement les lire avec sévérité en partition……Cet enregistrement des « 12 Grandes Etudes » S. 137 par Aurelia Visovan a une durée de 83’ 30 ;quand l’enregistrement – double CD Pentatone PTC 5187 052, enregistré à Lugano en avril et mai 2021 (avec la Sonate en si mineur S. 178) – de leur révision en les « Etudes d’exécution transcendante » S. 139 par l’excellent Francesco Piemontesi – né à Locarno le 7 juillet 1983 : un interprète que j’apprécie particulièrement… – , lui, a une durée de 66’ 06……Un CD d’Aurelia Visovan souverainement magique, à savourer avec une considérable admiration :une absolue révélation !– même pour quelqu’un qui, comme moi, exècre le dévergondage de virtuosité pour la virtuosité (type Grigory Sokolov qui s’écoute jouer…) : un travers auquel sait parfaitement échapper ici, en singulière et tout à fait subtile beauté, la merveilleuse Aurelia Visovan..…Ce vendredi 27 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa -
Se ré-enchanter aux sublimissimes « Sonates du Rosaire » (1678) de Heinrich Ignaz Franz Biber (1644 – 1704) en un sidérant double CD Glossa de Leila Schayegh et La Centifolia…
Lors de nombreuses parutions d’enregistrements discographiques des merveilleuses « Rosenkranzsonaten » de Heinrich Ignaz Franz Biber (Wartenberg, 1644 – Salzbourg, 1704), depuis celui, éminemment marquant, de Reinhard Goebel pour Archiv Production – enregistré à Cologne au mois de janvier 1990 – , j’ai régulièrement consacré divers articles sur mon blog à ces CDs,
le plus récent de ces articles étant celui du 24 février 2023 « Une nouvelle enthousiasmante interprétation des fameuses Sonates du Rosaire, du grand Heinrich-Ignaz-Franz Biber, soit le double CD des « Mystery Sonatas », par Amandine Beyer et Gli Incogniti… » pour l’interprétation d’Amandine Beyer en son double CD Harmonia Mundi HMM 902712.13…
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Et voici que la très excellente violoniste Leila Schayegh vient de nous offrir, avec de sublimes violons – au nombre de 4 : son Andrea Guarneri (Crémone, 1675) et son Dmitri Badianov (La Haye, 2023), et deux Jakobus Stainer (Absam, 1654 et Absam, 1655) qui lui ont été prêtés pour cet enregistrement… – , avec l’ensemble La Centifolia – constitué ici d’Alberto Gaspardo à l’orgue, Cristiano Gaudio au clavecin, Daniele Caminiti au théorbe et à l’archiluth, Brigitte Gasser au liront, et Federico Abraham, au G violone, intervenant selon les réquisits (et les choix de Leila Schayegh) des 15 Sonates réclamant la participation d’un continuo ; l’ultime 16e Sonate, Passagaglia, étant , elle, a violino solo… – , un sidérant double album Glossa GCD 924208 « Rosenkranzsonaten » – enregistré au Kloster Fischinger au mois de novembre 2024 – , d’une stupéfiante mystique intériorité – probablement pour satisfaire les goûts du très exigeant prince-évêque de Salzbourg, Maximilian Gandolf, comte von Kuenburg (Graz, 1622 – Salzbourg, 1687), distincts de ceux du précédent magnifique employeur, intensément mélomane, de Biber, à Olmütz et Kremsier, le flamboyant évêque Carl II von Liechtenstein-Castelcorn (Glatz, 1623 – Olmütz, 1695)… – , dont Leila Schayegh s’explique superbement dans le détail passionnant du livret, aux pages 14 à 18…
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Mais, ayant procédé à une écoute comparative de l’extraordinaire Passagaglia conclusive, a violino solo, par Leila Schayegh – ni podcast ni vidéo disponible pour le moment… – , d’une durée de 9′ 15, en novembre 2024, par Amandine Beyer – écoutez ici – , d’une durée de 7′ 50, en septembre 2022, et par Hélène Schmitt – écoutez ici – d’une durée de 10′ 35, en septembre 2014, en son extraordinaire double album Aeolus AE – 10256,
il me faut avouer que ma préférence va à l’interprétation d’une sensualité mystique encore plus sidérante de la merveilleuse Hélène Schmitt…
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Ce mercredi 25 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
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Une certaine perplexité face à l’interprétation au disque de RossoPorpora (et Walter Testolin) du Sixième Livre de Madrigaux de Claudio Monteverdi…
Comment renouveler en mieux l’interprétation, au concert comme au disque, des plus grands chefs d’œuvre de la musique ?.. Le mélomane passionné est bien entendu toujours disponible pour s’enrichir de telles nouvelles lectures et interprétations…
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Aujourd’hui, le jouissif défi concerne « Il sesto libre de madrigali » (Venise, 1714) de Claudio Monteverdi (1567 – 1643), pour l’ensemble RossoPorpora de Walter Testolin, en le CD Arcana A 580 – tel qu’enregistré à Vicence du 16 au 18 octobre 2017 ; mais pourquoi donc avoir attendu si longtemps avant de le faire paraître et mettre à la disposition des mélomanes discophiles ? Un tel délai fait évidemment question…
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Deux avis assez contrastés sur cette réalisation discographique :
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_ celui de Denis Morrier en son article plutôt mitigé du numéro 7515 du magazine Diapason de ce mois de janvier 2026, à la page 76, dont la conclusion est : « A trop vouloir le repeindre, le trait monteverdien perd de sa force originale« …
_ et celui de Jean-Charles Hoffelé, en son article plus louangeur « Espressivo » de son site Discophilia en date du 19 février dernier :
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ESPRESSIVO
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Un premier album Marenzio – le CD « Marenzio – L’Amoroso & crudo stile« Arcana A 449, enregistré à Bosano du 22 au 25 février 2015 – m’avait surpris en bien, mais je n’attendais pas que Walter Testolin et ses chanteurs – de RossoPorpora – franchissent le Rubicon, osant – c’est dit ! – illico – en 2017 – le Sixième Livre de Monteverdi et ses deux chefs-d’œuvre, les deux Lagrime d’Amante al sepolcro dell’amata et Lamento d’Arianna – soit quelque chose tel qu’un Everest ou un Annapurna de la musique…
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Walter Testolin, dans son éclairant essai qu’il faut lire, souligne le rôle des personnages dans ce Sesto Libro, en collationnant les noms qui apparaissent dans les poèmes ; d’où un théâtre jaillissant qui renouvelle le sens du Lamento d’Arianna par quoi s’ouvre le disque.
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Non plus les adieux de Monteverdi à une forme ancienne, mais l’apparition d’un théâtre des sentiments – voilà ! – qui fera du Lagrime d’Amante cet opus magnum dont découleront les Livres suivants.
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Le Tombeau mental de Caterina Martinelli, la maîtresse de voix et de corps du Duc de Mantoue, emplit les deux grandes suites de madrigaux, faisant un contraste vertigineux avec les pièces éparses et indépendantes qui reconduisent à un pastoralisme comme décalé : écoutez le célèbre Zefiro torna, osé dans des épices dissonantes rarement aussi savoureuses. Ah vite !, la suite !
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LE DISQUE DU JOUR
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Claudio Monteverdi
(1567-1643)…
Il sesto libro de madrigali…
RossoPorpora
Walter Testolin, direction…
Un album du label Arcana A 580
…Photo à la une : les musiciens de l’ensemble RossoPorpora –
Photo : © Michele Truncali…
Pour ma part, je ne suis pas à ce point bouleversé…
…Et je reste fidèle à l’interprétation bouleversante (!!!) de la Venexiana – enregistrée à Roveto au mois de juin 2004 – telle qu’elle disponible dans le CD n°6 du monumental coffret de 12 CDs Glossa GCD 929929 « Claudio Monteverdi – The Complete Madrigal Books – La Venexiana« …
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Ce lundi 23 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
