Étiquette : interprétation

  • Un très beau CD « Barbara Strozzi – Il Segreto delle Muse – arie e duetti », par Gabriel Garrido…

    Découvert par hasard,

    un très beau CD Pan Classics PC 19453 « Barbara Strozzi – arie e duetti – Il Segreto delle Muse » sous la direction de Gabriel Garrido – enregistré à Montfrin du 21 au 27 novembre 2022 – , avec les chanteuses Florence Susant, soprano, et Marie-Laure Coenjaerts, mezzo-soprano, et Jasper Bärtling-Lippina à l’archiluth, théorbe et guitare baroque, en un beau florilège d’extraits des Opp. 1 (1644), 2 (1651), 3 (1654), 6 (1657), 7 (1659) et 8 (1664) de Barbara Strozzi (Venise, 6 août 1619 – Padoue, 11 novembre 1677), une figure marquante de l’histoire de la musique – femme libre, intelligente et cultivée, qui a publié plus d’œuvres, et de très grande qualité, que ses contemporains masculins – , me séduit…

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    Et pour qui désirerait vagabonder dans la très vaste, et probablement très inégale, discographie de Barbara Strozzi,

    ce lien à ce site qui lui est consacré : https://barbarastrozzi.com/list-recordings-featuring-barbara-strozzi/

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    Ce mercredi 18 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le nouveau somptueux double CD Bach de Lillian Gordis, au très rare talent absolument transcendant…

    À nouveau, le talent rare et éclatant de Lillian Gordis vient nous proposer un magnifique double CD Bach ATL – A045, cette fois pour le label Artalinna,

    comportant la « Suite anglaise  n°6 » BWV 811 et la « Partita n°6 » BWV 830, ainsi que 6 « Préludes et fugues n°2, 9, 11, 17, 18 et 23 » extraits de la deuxième partie du « Clavier bien tempéré » – enregistré à Haarlem du 8 au 12 janvier 2024… – ,

    sur un superbe clavecin Philippe Humeau d’après des modèles allemands (Barbaste, 1999)… 

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    J’avais consacré 2 articles enthousiastes à son tout premier CD, le CD Paraty PTY 919 180 « Zones » – enregistré à Paris au mois de juillet 2018 – , consacré à Domenico Scarlatti – que je vénère ! – :

    _ « Le superbe premier CD Domenico Scarlatti, « Zones », de la jeune Lillian Gordis« , en date du 15 juin 2019

    et

    _ « Interpréter Domenico Scarlatti : Pierre Hantai et Lilian Gordis…« , en date du 6 janvier 2020…

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    En revanche, j’ai incompréhensiblement laisssé passer son second CD, le double CD Paraty PTY 1521 280 « Bach – Lillian Gordis – harpsichord » – enregistré à Haarlem au mois de novembre 2020 – ,

    sur lequel Christophe Steyne avait pourtant rédigé un article très élogieux pour Crescendo Magazine, « Bach, Partitas et Suites anglaises, trois nouvelles parutions« , en date du 14 décembre 2022.

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    Mais je me suis bien sûr empressé de commander ce double album Paraty PTY 1521 280 à mon disquaire préféré – qui a si bonne oreille…

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    Et pour le moment je m’enchante à écouter et ré-écouter en boucle ce tout nouveau magnifique et presque impérieux – quel talent ! – CD Artalinna « J. S. Bach – Partita N°6 – English Suite N°6 – 6 Préludes and Fugues » :

    Pierre Hantaï ne s’est pas trompé quand il l’a entendu pour la première fois en Californie, et fait venir travailler et s’installer à Paris …

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    Et quant à ce tout nouveau CD Bach ATL – A045 « J. S. Bach – Partita N°6 – English Suite N°6 – 6 préludes and Fugues « ,

    l’excellente oreille du bon Jean-Charles Hoffelé lui a permis de nous adresser ce bel et très juste article « Second arrêt« , en date du 31 janvier dernier, que voici :

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    SECOND ARRÊT

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    Un album pour Paraty (voir ici) montrait Lillian Gordis mettant en regard deux Partitas et deux Suites anglaises. Elle les paysageait déjà avec quatre Préludes et Fugues du Deuxième Livre du Clavier bien tempéré, mais l’aboutissement de ce voyage en Bach en est l’alpha pour Lillian Gordis. La Sixième Partita l’aura fasciné – on le comprend !!! – dès son adolescence, elle en explore le langage savant, les polyphonies roides jusque dans l’enchevêtrement vertigineux – oui – de la Gigue finale, cette fugue aussi folle que magistrale qui déploie une arborescence infinie.

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    Le grand caractère de son jeu, son âpreté verticale, rappellent le vaste geste qu’y imprimait – mais oui ! – Gustav Leonhardt, dont l’ombre rode toujours dans la Doopsgezinde Kerk d’Haarlem où s’est tenu – en effet – l’enregistrement. Cette Gigue qui ne danse pas est comme un autre monde après le Tempo di Gavotta, mais déjà Lillian Gordis y osait ce même ton hautain – oui : elle na pas froid aux yeux… – carrant le mètre à danser. Pourtant le plus beau de cette Sixième Partita reste la Sarabande, laboratoire où Bach fait rendre gorge à la mélodie, Lillian Gordis lui donnant le ton d’un récitatif impérieux – oui, oui.

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    Admirable – oui !!! – par l’aplomb du discours, cet art de faire parler le clavier invite dans les Préludes du Second Livre du Clavier bien tempéré quantité de phrasés inattendus qui n’oublient pas de chanter, et irradie d’une lumière intense – oui – les lacis des Fugues.

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    L’album, dont le livret montre quelques photographies de paysages nord-américains vidés de toute présence humaine capturés par la claveciniste, s’ouvre par la Sixième Suite anglaise, le plus français – oui – des ensembles que Bach composa pour la grande caisse.

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    Est-ce la mise en regard avec le sévère intellect de la Sixième Partita, Lillian Gordis ne sacrifie pas la complexité du discours de la Sixième Suite au seul brio des danses – ses Gavottes font d’abord entendre la singularité du jeu polyphonique, la musette elle-même évoque un mécanisme, la Gigue prise de si haut, avec son trille impératif – oui : quelle présence ! – est soudain sœur de celle de la Sixième Partita – manière de souligner l’ambivalence de l’œuvre, et de nous faire voir Bach, maître des formes, forgeant un modèle à sa propre dialectique qui vise cet improbable : la musique abstraite – et combien charnelle aussi, cependant.

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    Il manque encore – et c’est avec une vive impatience que nous les attendrons… –  au voyage – c’est un ! – les Suites anglaises Nos. 1, 2 et 4, et les Partitas Nos. 2, 3 et 5…

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Johann Sebastian Bach(1685-1750)

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    Suite anglaise No. 6 en ré mineur, BWV 811
    Le Clavier bien tempéré, Livre II (6 Préludes & Fugues : No. 11 en fa majeur, BWV 880 ; No. 17 en la bémol majeur, BWV 886 ; No. 2 en ut mineur, BWV 871 ; No. 9 en mi majeur, BWV 878 ; No. 18 en sol dièse mineur, BWV 887 ; No. 23 en si majeur, BWV 892)
    Partita No. 6 en mineur BWV 830

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    Lillian Gordis, clavecin

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    Un album assorti d’un beau livret du label Artalinna ATL-A045

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    Photo à la une : la claveciniste Lillian Gordis – Photo : © Anatole Diethardt

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    Auquel j’ajoute ici, en addendum et fort bienvenu complément à méditer,
    ce très intéressant bien détaillé article-ci « Second album Bach de Lillian Gordis : perfectionnisme et hédonisme » de Christophe Steyne,
    paru le lendemain, mercredi 18 février, sur Crescendo Magazine  :
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    Second album Bach de Lillian Gordis : perfectionnisme et hédonisme

    par Christophe Steyne
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    Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Partita no 6 en mi mineur BWV 830. Suite anglaise no 6 en ré mineur BWV 811. Préludes et Fugues en ut mineur, mi majeur, fa majeur, la bémol majeur, sol dièse mineur, si majeur BWV 871, 878, 880, 886, 887, 892 [Clavier bien Tempéré, Livre II]. Lillian Gordis, clavecin. Livret en français, anglais. Janvier 2024. Coffret deux CDs 50’59’’ + 64’03’’. Artalinna

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    Nous avions apprécié le précédent album de Lillian Gordis, que d’évidence prolonge – en effet – celui-ci, désormais – pour quelles raisons ?.. – sous label Artalinna. Encore dans Bach, sur le même instrument – oui ! – de Philippe Humeau (1999), toujours capté – aussi – par les micros d’Aline Blondiau dans l’acoustique réverbérée de la Doopsgezinde Kerk de Haarlem. On y retrouve un récital constitué en parallélisme et symétrie, sous la symbolique du chiffre six : rang de la Suite anglaise BWV 811 et de la Partita BWV 830 qui closent chacun de ces recueils, et que dans le programme séparent trois paires de Préludes et Fugues tirés du Wohltempiertes Klavier.

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    Entre interview et dossier de presse, alimentée par maintes citations de la claveciniste franco-américaine, la notice nous rappelle combien celle-ci s’adonna précocement – en son enfance et prime jeunesse en Californie, avant de venir s’installer à Paris – au Cantor, –un répertoire qu’elle joue depuis l’enfance, férue de ses complexes polyphonies. Tôt confrontée « ad nauseam » avec cette ultime Partita, au point de la remiser pendant quinze ans puis, le désir d’en chevir couvant souterrain, d’en faire le déclencheur – voilà – du présent enregistrement.

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    La préface du livret confirme ce dont on se douterait : au gré de voyages, des risques du concert, et d’une naissante activité d’enseignement, l’artiste a mûri. Impliquant, depuis son premier album – Scarlatti, intitulé « Zones« , enregistré pour Paraty au mois de juillet 2018 – , une esthétique entre continuité et rupture, à valeur d’avènement. La poignée d’ans n’a pas compromis cette souveraine ampleur de la sonorité – oui ! – , cette clarté solaire – oui, oui ! – , cette nette articulation. En bénéfice, les passagères raideurs qui amidonnaient le discours se sont assouplies, les audaces parfois alambiquées par des doigts impétueux se sont assagies. Quitte à ce que les Gavottes de la Suite, inhabituellement réfrénées, interpellent par leur retenue ! Quitte à ce que la consécutive Gigue, une des pages les plus tortueuses de Bach, y édulcore son vertige ?

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    Subsistent certes une dose de rubato qui interroge le phrasé (Praeludium BWV 887), cette intelligente urgence de main gauche qui rappelle le mentor Pierre Hantaï – oui : c’est lui qui l’a découverte en Californie et incitée à venir s’installer à Paris. Des vertus se sont parachevées : aisance, rayonnement, équilibre structurel – tout cela est parfaitement juste... On citera ainsi la lucidité architecturale accordée à la Toccata du BWV 830, qui se construit sans hâte, illuminée de l’intérieur, dans le sillage de quelques glorieux aînés (on pense ici à Helmut Walcha). Du drame on entendra certes, comme dans cette Sarabande de la Partita, mais cadré par une supérieure discipline. Même recette pour la Gigue conclusive, dont les obstinations s’éperdent dans une cage dorée.

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    Car l’autorité de – novembre – 2020 – de son précédent double album Bach – demeure mais semble moins spontanée. Engagée sur des rails sûrs, ceux d’une maturité expressive que d’autres atteindraient à carrière révolue. Un patient montage, peaufiné par l’interprète elle-même, contribue à nous laisser admiratif – oui ! – de cet objet perfectionniste – qu’est ce second double album Bach, cette fois-ci pour Artalinna... Inclinant vers un patent hédonisme – mais qui enchante – , même dans la Fugue BWV 892. Que dira-t-on alors de cette jouissive Corrente, qui darde ses moulinets, calcule ses syncopes, dans un luxe expansif ?

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    Non point un Bach vainement décoratif, mais contemplatif, enivré de ses propres beautés – voilà, voilà… Servitude volontaire. Dominées en des palais de plaisir, mais impérieuses : technique et éthique de Lillian Gordis tiennent d’Hercule chez Omphale. Autant dire qu’on en sort captif et captivé – oui ! – , impatient – sans nul doute ! – de l’entendre dompter les sept Toccatas ou par avance gourmand de voluptueuses Goldberg qu’elle pourrait nous offrir.

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    Christophe Steyne

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    Son : 9,5 – Livret : 9 – Répertoire : 10 – Interprétation : 10

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    Et maintenant enchantez vous, vous aussi, à votre tour, à savourer cette merveille-ci,

    chef d’œuvre de Bach

    et somptuosité d’interprétation de cette lumineuse et puissante, tout à fait singulière, Lillian Gordis…

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    Un double CD Artalinna ATL A-045 absolument immanquable !!!

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    Ce mardi 17 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un revival Rameau (suite) : ré-écouter la tragédie en musique « Castor et Pollux » version 1737 de Jean-Philippe Rameau, magnifiquement servie par György Vashegy et ses troupes…

    En forme de reprise rectifiée à mon vraiment trop bref – escamoté ! incompréhensiblement laissé alors en jachère… – article « Un superbe « Castor et Pollux « version 1737, de Jean-Philippe Rameau, de Gyorgy Vashegyi… » en date du 6 septembre 2025, consacré au superbe double CD Alpha 1148 « Rameau – Castor et Pollux – version 1737 » de György Vashegi – enregistré à Budapest du 27 février au 2 mars 1023 – ,

    voici cette reprise améliorée-ci, à l’occasion de l’article de ce jour, 16 février 2026, « Très bon Castor et Pollux par György Vashegy« , sous la plume de Matthieu Roc, sur le site de ResMusica :

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    Très bon Castor et Pollux par György Vashegy

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    Après Dardanus, Les Boréades, Naïs, Les fêtes de Polymnie et d’Hébé, c’est encore un excellent Rameau – mais oui ! – qui nous vient de Hongrie, grâce au dynamique .

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    Il y a bien deux versions du Castor et Pollux de Rameau, celle de 1737 et celle de 1754. La première est plus « lullyste », plus traditionnelle avec un long prologue qui n’avait de circonstance politique valable – encore – qu’en 1737, et la seconde est plus « gluckiste », davantage centrée sur le drame et moins sur les divertissements. Il s’agit ici de la version première, structurée façon Hippolyte et Aricie avec force jeux, troupes légères, interventions surnaturelles, descente aux enfers, deus ex machina etc. Moins enregistrée que celle de 1754, la version de 1737 comptait deux gravures : celle de Harnoncourt en 1972, qu’on qualifiera de pionnière pour pouvoir l’oublier avec respect, et la version de William Christie datée de 1992, qui ne s’oubliera pas vite et que ce nouvel enregistrement de vient concurrencer directement. La notice de présentation fait état des progrès de la recherche musicologique depuis trente ans, mais ce seront bien les qualités d’interprétation – certes – qui feront pencher la balance du mélomane du côté de Christie ou du côté de Vashegyi.

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    Ce qui frappe dès le prologue, c’est la justesse du tempo énergique choisi par le chef hongrois. Ni frénésie, ni alanguissement, mais une joie de vivre et de chanter – fondamentalement racistes, les deux – qui sonne toujours juste, qui fait vibrer les airs, les chœurs et les tambourins, tout en laissant respirer les gavottes. La différence avec les tempi d’oratorio de Christie est frappante. C’est bien la qualité de la direction de , vrai chef d’opéra – mais oui ! – , qui fait la principale réussite de cet enregistrement. Il instaure peu à peu la tension dramatique qui atteint au dernier acte un acmé intense, et qui se résout enfin dans le feu d’artifice cosmique d’un final éblouissant – rien moins ! Les contrastes sont toujours admirables (plaisirs d’Hébé, danses des constellations…), et l’intrigue se déroule sans la moindre chute de tension. Le est superbe de netteté, d’articulation (quel français ! – mais oui… – ) et l’ est excellent. Les cordes sont moelleuses, et les vents parfois impétueux sont parfaitement maîtrisés.

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    S’il faut mentionner quelques petits problèmes, c’est du côté des solistes qu’on pourra les trouver. Dans le rôle de Télaïre, est à la fois géniale et problématique. Il n’y a rien à redire à son style ni à sa diction, mais son émission perpétuellement étranglée donne une certaine acidité à son chant qui surprend toujours un peu au début, à laquelle on s’habitue vite, mais qui donne aussi une dimension dramatique impressionnante. La tension de la voix surexprime la tension morale de Télaïre jusqu’aux limites du supportable, et sa pâmoison au cinquième acte joue alors pleinement le rôle de pivot où se défont les limites du divin et de l’humain. Son interprétation est donc parfaitement congruente – voilà – à la vision très théâtrale du chef d’orchestre. On n’a qu’un seul reproche à faire à dans le rôle du divin Pollux : il est… trop humain ! Toujours aussi magnifique et noble, et il porte dans la couleur de sa belle voix ample sa souffrance d’amoureux malheureux, et la divinité de son personnage se développe au fur et à mesure plus qu’elle n’éclate dès le début. A contrario, dans Castor est immédiatement sublime – oui. La beauté de son timbre, la souplesse de sa ligne de chant font merveille, et son air « séjour de l’éternelle paix » est une splendeur de beau chant et de déclamation  conjointement, et comme il se doit dans l’opéra baroque français. L’eau qui a coulé sous les ponts depuis l’intégrale de Christie n’a pas altéré la distinction et la puissance dramatique de . L’évolution (à peine perceptible) de son timbre va dans le sens du personnage, Phébé un peu plus passionnée, un peu plus déchirée que jadis, et toujours parfaitement dans le style du meilleur Rameau – voilà. A côté de ces vedettes du monde baroque, les « comprimari » sont tous également remarquables. fait une lumineuse Minerve et Constellation. et interprètent des ombres très heureuses, et Attila Varga- Tóth en athlètes et dieux divers sont parfaits.

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    C’est donc une rivalité très crédible pour l’iconique version de William Christie qu’a produite György Vashegyi. Celle de Christie garde intactes toutes ses qualités de pure beauté formelle un peu hiératique – voilà– , et Vashegyi apporte au drame urgence et sang vif – c’est cela. A ce niveau, le choix sera difficile, s’il faut choisir !

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    Rameau est toujours, ainsi aussi justement servi par György Vashegi et ses interprètes, enchanteur… 

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    Ce lundi 16 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Mais moins convaincu par la Sonate Op. 111 du CD « Beethoven – Late Piano Sonatas – Opp. 101 – 109 – 111 – Nikolai Lugansky piano » : pas assez de folie…

    Mais je suis bien moins convaincu par la génialissime Sonate Op. 111 du CD Harmonia Mundi HMM 902441 – enregistré à Moscou au mois de juillet 2020 – « Beethoven – Late Piano Sonatas – Opp. 101 – 109 – 111 – Nikolai Lugansky piano« , à laquelle je ne trouve décidément pas assez de la folie – terminale – qui est pourtant si sublimement la sienne…

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    Regardez ainsi cette vidéo d’un concert à Saint-Petersbourg (d’une durée de 27′ 31).  L’Arietta débute à 9′ 06…

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    Dommage…

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    Ce dimanche 15 février 2026 , Titus Curiosus – Francis Lippa